Philosophie esoterique transmillénaire: qu'est-ce qu'on nous c
#1
Posté 08 octobre 2009 à 18:48
J'ajoute qu'au risque de bafouer les règles je me présenterai un peu plus tard, écrivant sous le joug d'une pulsion interrogatrice sans en avoir les moyens temporels!
Mon problème donc, où plutôt "ce sur quoi j'aimerai l'avis de personnes éclairées" est le suivant:
Au fil de ma reconstitution de ce puzzle parsemé de pièges qu'est l'histoire, j'en suis venu à la conclusion qu'il existe, logiquement encore aujourd'hui, une insondable tradition ésotérique orale non divulguée au commun des mortel qui parcourrait l'histoire, cachée derrière la philosophie de bibliothèques pour une raison ou une autre. Ce que j'entends par là est très simple:
En fait j'ai commencé à me poser des question lorsqu'une personne fort cultivée que je ne citerai pas m'a expliqué que, selon certaines théories (école de tübingen pour les intéressés), Platon, big boss Platon, n'aurait révélé dans ses dialogues qu'une philosophie d'introduction à la celle qu'il ne transmettait qu'oralement dans son académie. Théorie établie sur une citation d'Aristote qui attribue à Platon une pensée - très significative - qui n'a jamais été divulgué ou que ce soit. Rien de bien méchant me direz vous, et pourtant! Là ou cela devient intéressant, c'est quand on prend du recul:
Tout d'abord, il faut savoir que Platon tire son enseignement, ou du moins sa "Philosophie", de Socrates, ce fameux Socrates tant admiré, vénéré, encensé, reconnu comme le "père de la philosophie", Socrate qui est lui de tradition Pythagoricienne (école considérée comme une secte, en passant), Pythagore qui le tire -entre autre - de Thales, qui le tire, - je simplifie énormément - de l'Égypte et des sciences summériennes. Quel est le fil commun me direz-vous? Une certaine philosophie idéaliste (pour les non philosophes, c'est une philo ou "l'idée" prime sur le réel) qui justement reste plus que floue dans l'histoire officielle. A partir de là, on peut penser qu'il y a une certaine forme de "continuité" dans les idée transmises, je rappelle, de manière cachée et ellitiste (pytha: secte extremement fermée, socrates: rien écrit, Platon: enseignant oral uniquement, depuis, au moins, l'égypte (je ne remonte que jusqu'à là, pas eu le temps de fouiller plus loin). Ça, c'est donc la partie -6000 <-> ~-400. Et là on ça devient énorme, c'est quand on sait que toute la philosophie occidentale n'est, je cite, "qu'une suite de notes en bas de pages aux dialogues de Platon" (Whitehead), y comprit le christianisme qui reconnait en Platon le seul "Paien" digne d'intéret (et donc à ses "idées") en lui accordant le titre de "prophète avant l'heure".
Dooooonc, pour résumer, on peut soupçonner une tradition ésotérique remontant à au moins l'égypte ancienne et transmise sous nos yeux aux personnes disons.. eclairées?
Enfin bref, s'il y a des philosophes mieux armés que moi, des historiens ou tout simplement des personnes qui voient de quoi je parle, j'aimerai avoir votre avis, notamment sur "quelle est la tradition?".
Merci d'avance!
Claude Rochet, Le nihilisme aujourd'hui, extrait de Gouverner par le bien commun.
#2
Posté 08 octobre 2009 à 20:37
Les présocratiques (tel Héraclite, dont on n'a reçu que quelques fragments) sont, par contre, fascinants et certains penseurs (notamment Heidegger) ont eu le courage de retourner à l'origine de la philosophie.
La tradition ésotérique véritable peut être retrouvé à partir de la philosophie, elle se transmet également dans d'autres courants de pensée. Elle se transmet avec ou sans maîtres.
Comme le disait l'alchimiste Grillot de Givry, dans son ouvrage Le Grand Oeuvre:
Citation
Le premier, c’est la Voie spirituelle de la contemplation mystique ; c’est l’anagogie, l’extase ; L’autre c’est la voie du raisonnement, de l’objection et du doute, le chemin des sophistes et des logodaedales.
Choisis celui dont tu veux recueillir les fruits, et garde-toi de toute erreur.
C’est ici que la déréliction de la Voie de l’Absolu est particulièrement dangereuse ; mais sache, pour t’éclairer dans ton choix, que tout ce que la science nous enseigne, en des milliers de livres, tu peux l’acquérir en quelques secondes par l’illumination mystique, parce que ton esprit, se trouvant face à face avec l’Absolu saisit alors la Clef de l’harmonie universelle.
Et cette Clef, les livres ne te la donneront jamais !
La tradition est accessible à tous ceux qui sont capables de chercher sincèrement, l'âme avide. On parle souvent de la nécessité d'un maître pour progresser sur le chemin de l'éveil, mais il faut avant tout s'interroger sur la nature dudit maître. Qu'est-ce qu'un maître ?
Cette tradition est à la fois écrite, orale mais avant tout silencieuse.
Ce message a été modifié par nng nng - 08 octobre 2009 à 20:38.
Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. »
Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî
#3 Didier
Posté 08 octobre 2009 à 20:56
Citation
Attention quand même aux inversions de sens. L'idéalisme prétend que les choses sont la matérialisation des idées. C'est la caverne chez Platon, ou le Verbe qui se fait chair dans la Genèse. Je précise que je me situe absolument dans cette filiation. Ca ne signifie pas que le raisonnement sur les choses est déconnecté des choses elles-mêmes.
A l'inverse, le rationalisme ou le matérialisme prétendent que c'est le monde réel qui est à l'origine des idées. Ainsi toutes les idées qui nous viennent sont nécessairement vraies, et il n'est pas nécessaire de les soumettre aux faits.
Ce que Kant "l'idéaliste" reproche à la "raison pure" est justement de ne pas tenir compte des faits.
Evidemment les profs de philo n'ont aucun scrupule à nous faire confondre le matérialisme et le "sens du concret", et à nous faire croire que le rationalisme a quelque chose à voir avec la méthode scientifique. La plupart des gens ont des notions faussées et même inversées des positions relatives du matérialisme et de l'idéalisme.
Citation
cf ce que j'écris plus haut. La philosophie occidentale est largement aristotélicienne, rationaliste et marxiste. On peut même dire n'importe quoi-t-iste d'ailleurs avec les courants de la seconde moitié du 20ème siècle, structuralisme, essentialisme, etc. Thomas d'Aquin a ignoré superbement Platon et tout misé sur Aristote pour fonder la scolastique chrétienne. Whitehead se trompe lourdement.
Citation
Platon, la gnose chrétienne (PD Ouspensky), la mystique soufie, le bouddhisme zen, René Guénon, Raymond Abellio. Commencer par Ouspensky. Abellio pour les lecteurs habitués.
A éviter : la philosophie occidentale du Moyen-Age à aujourd'hui, la kabbale, les religions actuelles sous leur forme extérieure, la gauche, la droite
#4
Posté 08 octobre 2009 à 22:22
Je me contente de lire vos échanges, avec vraiment beaucoup d'intérêt, mais il y a cependant une pitite question que je me pose, et dont la réponse me permettrait de m'endormir moins bête :
Scepticus, le 08 octobre 2009 à 18:48, dit :
Lorsque tu dis le christianisme, parles-tu de celui-ci dans son ensemble, ou ne serait-ce pas plus particulièrement le catholicisme romain qui n'accorde ses faveurs qu'à un seul "païen", en l'occurrence Platon ?
Il me semble, mais peut-être suis-je dans l'erreur, que tout le christianisme n'est pas aussi réducteur sur ce sujet...
Fin bon, je ne demande qu'à des fins d'améliorer ma "culture générale", hein... Je ne voulais pas vous couper dans votre élan
Si cela ne marche pas : Aimer plus fort encore…
Remlug
Je désapprouve ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.
Voltaire (dixit Evelyn Hall)
#5
Posté 08 octobre 2009 à 22:25
Didier tu as l'air pas mal calé sur le sujet et moi, aussi comme toi, je me situerais dans l'idéalisme.
Il existe bien une connaissance ancienne qui date d'avant l'Égypte ancienne, Hermes Trimégiste oui par exemple. Pour moi ensuite c'est venu aux grec et aux babyloniens formant des écoles "Gnostique" (qui n'ont pas marché) et aussi transmis aux juif du temps de Jésus, puis aux franc maçons, et illuminatis grâce aux croisades mais je ne suis pas sur de tout ça...
Quel est cet tradition? je dirais qu'elle est de montrer la vérité aux personnes prêtent à l'entendre. Mais que désire tu?
Ce message a été modifié par Jihon Da Silva - 08 octobre 2009 à 23:25.
#6
Posté 09 octobre 2009 à 08:50
La simplicité est la clef.
Si élitisme il y a, c'est en ce sens qu'il existe, pour réserver ce qui est précieux à ceux qui ont su faire de la place en eux pour l'accueillir.
Inutile de chercher a remonter le fil historique alors qu'il s'agit simplement de retrouver le cours de la vie en toi.
Bref, si tu as soif, écoute ta soif, elle te conduira à la source, mais ne perds pas de temps à regarder les arbres et forêts qui poussent grâce à la source si tu es pressé de la trouver pour te désaltérer.
Dis autrement :
Prends ton bâton de pèlerin et marche au lieu de bavarder à propos du sentier
#7
Posté 09 octobre 2009 à 09:51
Citation
chez moi c'est 2 bises et chez toi?
y a qu'une tradition ,celle qui donne les outils à l'homme d'évoluer ,de s'épanouir et de tenir son "rôle"
d'être conscient de ses potentialités et de les honorer, pour la plus grande joie de ce dernier et de ceux qui l'entourent
en général on appelle tradition, dans le sens noble du terme, une connaissance basée sur le vécu des ancêtres ,une connaissance utile et protectrice
protectrice...on est bien loin de cette "tradition cachée" dont tu parles qui sous-entend un pouvoir usurpé au reste de l'humanité
maintenant...je comprends ton parcours
tu te poses des questions et c'est normal (bienvenu au club)
j'suis pas une philosophe lol ,ni historienne ,mais je partage avec toi mes questionnements et la résultante de ces derniers
tout ça pour dire que ,comme toi, j'ai été intriguée par cette fameuse "tradition" ,cette connaissance cachée qui m'apporterait la toute puissance lol
entre toi et moi ,c'est que le début du travail ,le petit doigt que l'on pointe timidement sans avoir conscience que c'est tout notre être qui va être broyé
broyé dans ses certitudes , bafoué dans ses repères
tout ça est si complexe...
la base de la philosophie occidentale dont tu as parlé est pour moi une infiltration ,elle ne correspond pas à la Tradition
il n'y a pas d'élitisme dans la Tradition ,simplement de la discrétion
la Tradition ne s'offre qu'à celui qui la cherche ,parce que cela découle d'un long processus ,d'un énorme travail sur soi et son environnement
elle ne se trouve que parce qu'on est motivés et actifs et non passifs et en attente d'un gâteau tout cuit et pré-mâché
elle s'acquiert avec la maturité et le contrôle des possibilités qu'elle offre ,un contrôle naturel jamais aux dépends d'un autre être vivant
je crois qu'on peut la trouver partout ,ou tout du moins beaucoup de chemins mènent à elle
oui, la trouver n'est pas le plus difficile ,le plus difficile c'est de l'honorer.
#8
Posté 09 octobre 2009 à 13:51
Concernant mes incohérences, titres pompeux et autres amalgames, je vous prie de m'excuser, il n'y aucune vanité affirmative la-dedans, seulement du tâtonnement fort incertain et une forte excitation mal contrôlée!
A propos des réponses, il semble clair que je manque de matériel pour aller plus loin, je vais donc noter soigneusement le tout et retourner à mon "travail" comme certaines personnes plus sages que moi me l'ont aimablement rappelé (vous savez ce que c'est, on aperçoit une bougie, puis l'on s'enflamme!)
Merci encore, je reviendrai peut être sur ce topic d'ici quelques temps, au plaisir de vous lire dans d'autres!
Claude Rochet, Le nihilisme aujourd'hui, extrait de Gouverner par le bien commun.
#9 Didier
Posté 10 octobre 2009 à 09:11
Citation
Quel est cet tradition? je dirais qu'elle est de montrer la vérité aux personnes prêtent à l'entendre. Mais que désire tu?
Il y a de vieux historiens qui donnent quelques indices sur ce que pensait Pythagore. L'Egypte avant Pythagore je sais pas. Ce Hermès ne me semble pas être à la base de la culture religieuse égyptienne.
Ce n'est pas dans ce sens-là qu'on travaille le mieux. En général, je découvre après coup que des formulations anciennes correspondent exactement à ce que j'ai trouvé par une autre voie. Elles me servent surtout d'encouragements, de confirmations que je vais dans la bonne direction.
Vouloir à tout prix tout lire, retracer l'Histoire, ça fait des érudits, pas des chercheurs.
De toute façon, on comprend plus facilement les textes de la Tradition quand on en suit déjà l'esprit. C'est pour cela qu'on dit que la Tradition n'est pas pour tout le monde, ou encore "que celui qui a des oreilles entende". (C'était facile non ?)
#10
Posté 10 octobre 2009 à 13:02
Enfaite je dirais, chacun sa voie..
Certain atteindent l'Éveil en étudiant les plantes, d'autres en regardants les étoiles.
Moi mon chemin est un peu passé par l'histoire, je dois dire que j'essayais de comprendre quelque chose et j'en ai compris une autre, une réalité et une compréhension plus profonde de l'univers. Et en effet j'ai pu lire des choses qui confirmais mes intuitions et autres.. De toutes façon, je ne pense pas que le chemin qu'on empreinte soit vraiment le fruit du hasard. On a parfois de bonnes inspirations, d'après moi..
Donc chacun sa route, il suffirais de répondre au question sans forcément calé son avis
#11
Posté 12 octobre 2009 à 02:35
je pense également qu'il existe une Tradition dont découlent toutes les autres, jusqu'à atteindre parfois un niveau de dégénérescence très élevé notamment dans l'époque moderne.
Mais il y à quelque chose qui me gêne un peu dans tout ça, c'est le lien communément établi entre la gnose et l'initiation avec cette prétendue Tradition qui paraît aux premiers abords alléchant, mais n'est ce pas justement la connaissance, offerte par le serpent , qui a entrainé notre chute originelle?
Au point de vue ésoterique il en est tout autre, en effet c'est la chute de l'Eden (qui est un état) qui nous a donné la connaissance du Bien et du Mal , alors pour "retourner à la source" et à cet état, il faudrait effectivement supprimer cette connaissance, autrement dit, ne plus différencier le Bien du mal et sortir de l'emprise du démiurge qui est le monde manifesté(subtil,physique) du Bien et du Mal(que seul l'homme et certaines influences subtiles différencient et qui n'existe pas au point de vue universel), dont chacun découlent inévitablement de l'Unité qui, dans tous les déséquilibres qu'elle contient contribue au parfait équilibre total.
ce qui veut simplement dire que le mal n'existe pas (cela est vrai pour le monde non manifesté mais pas dans notre cas)
raisonner comme cela revient à supprimer toute morale, et c'est précisément ce qui me gêne dans la gnose.
Prétendre à l'illumination sans la grâce divine comme le prétendent beaucoup d'ésoteristes avec la seule connaissance, relève de la négation de Dieu
Introversion, retour à 'l'état primordial', exploration de soi, recherche du 'centre' où l'on coïncide avec l'unique Essence : combien perdent ainsi leur âme en croyant la trouver
pour moi donc, il ne faut pas se fondre dans l'univers et trouver son "centre" mais tendre au maximum vers le Bien, le Juste qui seul est voué à durer pour l'Eternité.
merci de me corriger si je me suis trompé, je débute dans le domaine
au plaisir de lire vos interventions
Ce message a été modifié par N4ts - 12 octobre 2009 à 02:39.
#12
Posté 12 octobre 2009 à 07:06
N4ts, le 12 octobre 2009 à 02:35, dit :
je pense également qu'il existe une Tradition dont découlent toutes les autres, jusqu'à atteindre parfois un niveau de dégénérescence très élevé notamment dans l'époque moderne.
Mais il y à quelque chose qui me gêne un peu dans tout ça, c'est le lien communément établi entre la gnose et l'initiation avec cette prétendue Tradition qui paraît aux premiers abords alléchant, mais n'est ce pas justement la connaissance, offerte par le serpent , qui a entrainé notre chute originelle?
Au point de vue ésoterique il en est tout autre, en effet c'est la chute de l'Eden (qui est un état) qui nous a donné la connaissance du Bien et du Mal , alors pour "retourner à la source" et à cet état, il faudrait effectivement supprimer cette connaissance, autrement dit, ne plus différencier le Bien du mal et sortir de l'emprise du démiurge qui est le monde manifesté(subtil,physique) du Bien et du Mal(que seul l'homme et certaines influences subtiles différencient et qui n'existe pas au point de vue universel), dont chacun découlent inévitablement de l'Unité qui, dans tous les déséquilibres qu'elle contient contribue au parfait équilibre total.
ce qui veut simplement dire que le mal n'existe pas (cela est vrai pour le monde non manifesté mais pas dans notre cas)
raisonner comme cela revient à supprimer toute morale, et c'est précisément ce qui me gêne dans la gnose.
Prétendre à l'illumination sans la grâce divine comme le prétendent beaucoup d'ésoteristes avec la seule connaissance, relève de la négation de Dieu
Introversion, retour à 'l'état primordial', exploration de soi, recherche du 'centre' où l'on coïncide avec l'unique Essence : combien perdent ainsi leur âme en croyant la trouver
pour moi donc, il ne faut pas se fondre dans l'univers et trouver son "centre" mais tendre au maximum vers le Bien, le Juste qui seul est voué à durer pour l'Eternité.
merci de me corriger si je me suis trompé, je débute dans le domaine
au plaisir de lire vos interventions
L'arbre de la Connaissance du Bien et du Mal ou arbre de Science est, selon la tradition, a distinguer de l'arbre de Vie.
Heinrich von Kleist (un écrivain allemand du XVIIIe siècle) a formulé une idée poétique intéressante dans son petit texte "Sur le théâtre de marionnettes":
Citation
....— Par conséquent, lui dis-je un peu songeur, nous devrions manger une fois encore du fruit de l’Arbre de la Connaissance, pour retomber dans l’état d’innocence ?
....— Sans aucun doute, me répondit-il ; c’est le dernier chapitre de l’histoire du monde.
L'homme, déchu, subit en permanence le supplice de Tantale: la Science ne le rassasie pas, quels que soient les efforts que l'homme fait, la Nature est toujours inaccessible, on ne peut jamais se l'approprier, la posséder. Même le développement de la technique n'y fait rien: nous ne possédons toujours aucune vérité absolument certaine.
On ne peut croquer le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal que si l'on si l'on s'efforce de regarder en arrière ou, pour le dire différemment, vers soi. Seule la Grâce est à même de convertir le regard de celui qui cherche des phénomènes du monde sensible vers la réalité du soi. D'où la subtile exhortation d'Altus: "Prie, lis, lis, relis, travaille et tu trouveras".
Le Bien et le Mal sont, d'un point de vue absolu, arbitraires (ou poétiques) et permettent de structurer le monde de la pensée (sans préjugé, pas de pensée). La société de l'Ancien Régime était caractérisée par une répartition en trois corps étonnamment similaire avec la structure des castes que l'on peut trouver chez les hindous. Grosso-modo, on a ceci: le peuple (des pauvres serfs aux grands bourgeois), subordonné aux Nobles (pouvoir temporel), subordonnés au Clergé (pouvoir spirituel). Le pape, pontifex maximus (Grand faiseur de pont) a la responsabilité de l'Eglise (religion vient du latin religere, relier) qui tend fait le lien entre la Loi divine poétique et les hommes, à unifier le monde de façon organique. La seule façon de justifier la structure d'une civilisation, c'est par le Divin: les voies du seigneur sont impénétrables et seule cette impénétrabilité divine est à même de supporter, d'être à la base d'un univers.
Un peu tout le contraire de ce qu'on observe aujourd'hui, le projet moderne s'étiolant peu à peu dans la dissolution des valeurs: l'homme cherche le vrai encore et toujours, hypnotisé par son obsession, travaillant à en perdre haleine avec une foi absurde. Cet état de fait correspond au mythe de Babel, cette tour que l'homme a voulu ériger pour devenir à son tour Dieu. L'homme sans Dieu est sans projet, l'homme sans projet s'effondre.
Comme tu l'as souligné, N4ts, nombreux sont les pseudo-ésotéristes qui, dans leur approche maladroite de la gnose, se sentent dans l'obligation de manifester leur compréhension théorique de l'absence de fondement aux valeurs, quitte à devenir complètement hypocrite vis-à-vis de soi-même (autant les gourous et pseudo-maîtres qu'une une bonne partie de la "faune spiritualiste"). L'erreur provient de la confusion entre forme (apparence physique ou verbale - discours) et essence (être). Lorsque la connaissance est intégrée, nul besoin de saper l'autorité du monde.
Le modernisme, lui, tend à saper l'autorité du monde afin de trouver, dans ses ruines, la connaissance. C'est le monde à l'envers.
Par exemple, je suis conditionné à être poli: qu'à cela ne tienne, je serais poli. Avant de changer les aspects de mon caractère qui me déplaisent je chercherai, sans les modifier, à les comprendre. C'est ce que Gurdjieff le nommait rappel de soi (cf. Ouspensky "Fragments d'un enseignement inconnu"). La compréhension consiste à une généalogie spirituelle des objets, comportements et idées: on retourne en esprit sur les lieux de sa propre Genèse et ainsi faisant, on se fond dans la Suprême réalité (d'où le "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux" inscrit à l'entrée du temple de Delphes).
Je dis beaucoup de chose en peu de lignes, j'espère que ça n'est pas trop confus.
Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. »
Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî
#13
Posté 12 octobre 2009 à 12:55
"ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse"
cette vision de la gnose est une preuve d'intellect et de jugement juste
Ce message a été modifié par N4ts - 12 octobre 2009 à 15:02.
#14 Didier
Posté 12 octobre 2009 à 22:16
Citation
connaissance DU BIEN ET DU MAL
topic de réponse : ICI
Citation
Il faut souvent lire les concepts de deux manières, l'une à l'usage de Dieu, l'une à notre propre usage. Les êtres humains sont peu qualifiés pour savoir ce qui est "Bien et Mal" ou "moral et immoral". Il érige souvent ses goûts personnels en valeurs. Le Bien sera la cause politique qu'il a choisi de servir, le Mal le camp d'en face. Si on aime l'idée du métissage, être favorable à l'immigration est vécu comme "bien" et la défense de la pureté de la race comme "mal". Et réciproquement.
Il existe en revanche une dualité d'ordre divine, avec deux polarités. L'une tend à faire voir les choses de manière objective, l'autre à prendre ses désirs pour des réalités. Nous avons chuté et relevons de la seconde. De manière assez phénoménale d'ailleurs.
Citation
Pas du tout. Cela vise à te faire prendre du recul par rapport à ce que tu appelles "morale". Il ne s'agit pas de piquer leur sac aux vieilles et de violer les chiens.
En tant qu'être humain, tu vis de toute manière dans un monde régi par des tas de "morales" plus ou moins puissantes. Il sera difficile de ne pas en adopter quelques-unes. La différence est que tu adopteras ces morales avec la conscience de leur caractère arbitraire et de leur simple conformité à tes goûts. Les autres sont persuadés que Cloclo c'est bien et Johnny c'est mal.(Et réciproquement aussi...)
Citation
De de "Dieu" là sûrement.
#15
Posté 13 octobre 2009 à 02:27
je vais d'ailleurs commencé un livre sur la symbologie, "Symboles de la science sacrée" de R.Guénon, histoire de rassembler ce qui est épars
en effet je ne suis pas encore réellement familiarisé avec l'ésotérisme, qui m'intéresse pourtant énormément, si quelques personnes ont des écrits ou auteurs à me conseiller, avec plaisir, pour fixer de bonnes bases ( inutile de me conseiller sur le néo spiritualisme, le spiritisme et autre pseudo-métaphysique pour le moins fantaisiste)
#16
Posté 13 octobre 2009 à 07:21
je vais écrire selon ma propre expérimentation
Un mystère est le fonctionnement de l'homme sur 3 temps en 1
le jour de la naissance/le jour de la mort et le jour de la renaissance
la renaissance est tourné comme résurrection pour certaines croyances
hors la renaissance est également celle de l'union, d'avec son double féminin, âme soeur ou que sais je ? qui est l'éternité , étincelle type bing bang ou érection pour rester dans le même schema reproductible ; en parabole
cette union ne se maitrise pas avec une technique , s'est elle qui nous rappel , à la condition de se tourner dans sa direction pour notre quête qui est non quête de définition.
les 3 temps sont le passé, le présent et le futur , ceux ci se retrouvent dans toutes les traditions de façon dissimulés
Citation
On ne peut croquer le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal que si l'on s'efforce de regarder en arrière
la Nature est toujours inaccessible, on ne peut jamais se l'approprier, la posséder
s'est notre nature primordialedes trois temps non corrompus pas les illusions.
et en "arrière " d'où le "souvenir ou le rappel" en direction de ce futur qui est notre vrai passé en notre état actuel, futur qui nous rappel notre véritable nature primordiale
Un futur(vrai nature primordiale) qui n'est pas actualisé dans le present , va devenir " le faux passé " notre illusion/ croyance du moment
le faux passé est l'univers du mental, d'avec lequel nous cheminons
pour retrouver sont vrai passé , il faut s'orienter donc vers le futur, vers les ténèbres , sans science si ce n'est que s'est la science de son secret
le livre des morts Egyptien
tout est dit là
Citation
remonte à la nuit des temps : nuit(tenebre) des 3 temps , avant, pendant et après la mort
dans le christianisme nous retrouvons les 3 temps en 1
Citation
Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous.(mort)
Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, donne-nous la paix.(renaissance)
Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir (soumission a son futur) ; mais dis seulement une parole et je serai guéri.
Le corps du Christ.
Amen.
"ainsi soit il" qui est cette parole dont nous sommes l'acteur pour le rappel
Dans Islam Coran
Citation
ect...
dans Islam le pacte primordiale d'avec la question qui a été posé a l'adam
Dieu dit
-Ne suis je pas ton seigeur ?
et adam repond
-oui bien sur
nous pouvons rajouter oui bien sur "mon amour" s'agissant de l'âme soeur , ce double
dont Iblis refusera de s'incliner dans le sens de se soumettre a sa véritable nature
pour se vivre d'avec ses illusions dans l'univers de sont mental
passé non actualisé qui deviendra égrégore , qui prendra réalité dans le présent du cheminant
Citation
En tant qu’archétype de la matrice maternelle (regressus ad uterum), la grotte et la caverne, comme la matrice, symbolisent les origines, les renaissances, ceci surtout au proche-orient [7]. Elle est donc le lieu de naissance, de regénération et d’initiation comme nouvelle naissance, mais aussi un lieu de passage de la terre vers le ciel, ou du ciel vers la terre, ainsi que le lieu où se fait un passage des ténèbres à la lumière [8].
Guénon explique : mort et naissance sont les deux faces d’un même changement d’état et ce passage d’un état à un autre doit toujours s’effectuer dans l’obscurité. Pour ce, la caverne est liée au voyage souterrain et elle est comparée à la baleine de Jonas [9]. Notons cependant que nous traiteront ici d’une caverne en montagne, ou du moins au dessus du niveau de la terre (pour la grotte), et non d’une caverne souterraine telle celle de Platon [10] qui représente le niveau inférieur. La sortie de la caverne platonicienne correspondrait à l’entrée dans la caverne que nous traitons, qui symbolise l’éloignement du monde des ombres et des habitudes.
La caverne est aussi le lieu d’une troisième naissance : la seconde étant une initiation aux petits mystères, relevant du domaine psychique, tandis que la troisième est l’initiation aux grands mystères, une renaissance spirituelle, précédée d’une seconde mort, non pas au monde profane mais au cosmos. C’est cette troisième naissance qui est une résurrection. Enfin, Guénon ajoute que, « pour que cette résurrection, qui est en même temps la sortie de la caverne, puisse avoir lieu, il faut que la pierre qui ferme l’ouverture du sépulcre (caverne) soit enlevée » [11], ce qui est en accord avec la fin de l’histoire des gens de la caverne (que ce soit dans les textes chrétiens de Jacques de Voragine ou Jacques de Saroug ou dans les textes musulmans d’exégèse coranique).
Enfin, Guénon souligne le caractère électif de l’initiation, en affirmant que seuls ceux qui sont aptes à entrer dans la caverne peuvent y avoir accès
[12].
Ce message a été modifié par pop-corn - 13 octobre 2009 à 08:17.
#17
Posté 13 octobre 2009 à 22:00
Citation
Guénon est déjà une très bonne base qui ouvre énormément de perspectives
Un autre auteur sérieux qui a bien dépoussiéré les "sciences de l'esprit" et qui n'a pas été cité est Rudolf Steiner, plus tourné vers le Christianisme ésotérique
Pas toujours évident de suivre le fil de son raisonnement, mais on n'a rien sans rien, surtout dans ce domaine
#18
Posté 15 octobre 2009 à 18:17
-" La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley
-"Histoire de la philosophie occulte " d'Alexandrian.
Sans prêcher pour une chapelle particulière, ces auteurs discernent bien le fil tenu de la tradition dans les méandres de la pensée et de l'histoire.










