à RONANOR
Chose promise, chose due.
Il y a quelques années, je me suis amusé à jouer au théologien en prenant une fable de La Fontaine, la plus courte pour alléger mes explications, "Le Renard et les Raisins" et j'ai fait la démonstration que cette fable était inspirée par Dieu.
Je vous demande de lire ce texte avec beaucoup d’attention et surtout de sérieux. C’est l’exemple même de ce qu’on peut entendre tous les dimanches matins sur France 2 à l’heure de la messe.
A titre d'info,je précise que ce texte a déjà été publié sur d'autres forums.
Le Renard et les Raisins :
(rappel du texte original)
Certain renard gascon, d'autres disent normand,
mourant presque de faim, vit au haut d'une treille
des raisins, mûrs apparemment,
et couverts d'une peau vermeille.
Le galant en eût fait volontiers un repas
mais comme il n'y pouvait atteindre:
Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour les goujats.
Fit-il pas mieux que de se plaindre?
Analyse du texte ou exégèse théologique :
Il faut regarder cette oeuvre dans son ensemble, ce qui est aisé compte tenu de ses faibles dimensions. On en déduit donc, en premier lieu, que le message qu'elle contient doit être riche en informations condensées. Ensuite on remarque que le renard symbolise un homme puisqu'il parle, et que cet homme est en prise avec une convoitise hors de sa portée, convoitise à laquelle il ne donnera pas suite. Voilà l'impression d'ensemble.
Mais cette convoitise n'est pas un simple caprice, une envie passagère qu'on peut facilement dissiper, non, le renard est mourant de faim. La nourriture est donc une nécessité vitale et, cependant, devant la difficulté de l'entreprise ce philosophe va se dire; "
Bah! ces raisins que je vois vermeils ne sont certainement pas mûrs! Je les crois même indignes d'un homme de ma qualité, de l'homme galant et délicat que je suis." Et il poursuivra son chemin, cherchant fortune ailleurs.
De tout temps la vigne a été le symbole de l'abondance. Si l'auteur inspiré a placé cette abondance au haut d'un certain lieu, la rendant
inaccessible à quiconque, même à un mourant, c'est pour nous faire percevoir dans cette image parabolique le dessein de Dieu concernant l'avenir eschatologique de l'homme. Dieu, nous le savons, a rendu l'homme mortel. C'est le prix de la faute originelle mais, lorsque la mort aura racheté définitivement cette faute, rien ne nous dit que l'homme ne se retrouvera pas au coeur du jardin de l'abondance, apte dès lors à goûter aux raisins de la vigne éternelle.
Voilà ce que nous apprenons d'abord, en première lecture de cette fable:
l'homme est mourant en bas, la vigne est éternelle en haut. Cet espoir qui, ici, nous est donné, complète la Genèse et nous réconforte dans l'accomplissement de notre punition.
Le texte nous laisse apercevoir un autre aspect des rapports entre Dieu et sa créature. Cette dernière, durant l'accomplissement de sa peine, est-elle abandonnée par Dieu jusqu'à la mort? Non ! En effet, n'avez-vous jamais senti cette présence divine aux périodes difficiles de votre vie? N'avez-vous jamais bénéficié de certaines 'coïncidences' que d'aucuns mettent au compte du 'hasard'? L'auteur inspiré nous dit:
'le mourant de faim vit au haut d'une treille...' Dieu ne cache pas sa treille. Il s'ensuit que, parfois, un grain de raisin se détache et nous échoit, c'est
la grâce !
Mais comme il n'y pouvait atteindre:
ils sont trop verts, dit-il, etc. Ce passage est riche d'enseignements à divers titres:
- d'abord, il nous dit que le renard n'y pouvait atteindre. Atteindre à quoi? A la treille visible et inaccessible? Non, nous avons vu que seule la mort était l'épreuve préalable nécessaire à la possession définitive. Au raisin à la peau vermeille? Bien sûr! Ce n'est pas interdit. Si des grains viennent à nous par la volonté de Dieu, l'homme peut accéder à certains de ces grains. Mais quand cela presse, ce qui semble le cas, il ne faut pas attendre que des grains tombent tout seuls, il convient de faire soi-même un effort: Aide-toi et le ciel t'aidera!
Il faut d'abord VOULOIR pour POUVOIR ensuite. On nous dit qu'il en eût fait volontiers son repas, cette formulation est-elle l'indice d'une volonté créatrice d'un pouvoir actif? Non. Il y a une différence entre
j'en ferais volontiers mon repas et
j'ai faim! Il y a fort à parier que ce renard rusé (gascon) aux raisonnements subtils et ambigus (normand), n'est pas plus mourant de faim que vous ou moi. Il voulait hypocritement apitoyer la treille en espérant peut-être la chute de quelques grains! Mais son peu d'empressement à trouver une solution est bien significatif d'une tentative de rouerie. Démasqué, il n'a plus qu'à partir en se consolant comme il le peut:
Ils sont trop verts...
- ensuite, nous avons confirmation une fois encore du Verbe créateur de Dieu. Souvenez-vous dans la Genèse, tout acte créateur est précédé de
Dieu-dit. "
Il dit" est une parole d'action. Or, dans ce texte, et ce n'est pas par hasard, nous trouvons avant la fuite du malin renard l'expression "
dit-il" qui n'est pas une parole d'action, mais une négation de l'action, ce qui est confirmé par les faits: renard n'a rien, il s'en va.
- Et enfin, l'auteur inspiré nous lance plaisamment, pour conclure:
Fit-il pas mieux que de se plaindre? Pour sûr! Il valait mieux qu'il s'en allât sur cette pirouette philosophique plutôt que de rester au pied de la vigne à se lamenter sans rien tenter, ou encore à manifester son mécontentement contre Dieu, de se plaindre auprès d'un juge ! Entre ces deux possibilités : se plaindre ou se leurrer soi-même, le point d'interrogation que pose l'auteur, en conclusion de son récit, n'ouvre-t-il pas une autre voie? Ne propose-t-il pas un troisième choix? N'est-il pas plus profond que nous le supposons. N'y avait-il vraiment pas mieux à faire? C'est-à-dire tenter un effort personnel ? Certainement que si. Dans une situation identique, il y a mieux à faire : il nous faut trouver une pierre, bâtir un échafaudage, bref tout mettre en oeuvre pour nous élever au haut de la treille, vers Dieu. Nous rendre digne de lui, de sa grâce par l'accomplissement d'un acte qui nous coûte quelque peine. Voilà l'enseignement ultime de ce récit, ce à quoi nous sommes tous conviés pour bénéficier de l'aide divine en attendant la rédemption future.
Aide-toi dans les voies de Dieu, et Dieu t'aidera dans tes desseins.
Pour conclure, j'attirerai l'attention sur le nom de l'auteur:
La Fontaine, qui est très certainement un pseudonyme sous lequel l'auteur inspiré se dissimule pour nous faire savoir qu'il est avant tout la
source de Vie éternelle, la Parole active de Dieu.
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Devant une telle démonstration je me suis attribué la grappe d'Or des Exégètes.
Le temps de l'écriture donne une chance supplémentaire à la réflexion.