yoananda, le 27 novembre 2009 à 12:37, dit :
Oui, c'est clair, je te suit complétement jusque la.
Mais ce n'est pas clair ce que tu proposes à la place. Comment régler les échanges, et surtout, gérer la "fractionnabilité" de ceux-ci ?
Bonjour, mon deuxième message
Alors voici ce que je propose moi : je vous le copie tel quel ( avec la petite "morale" du début sur les critiques faciles. C'est un texte que j'ai pondu au début de la crise ... je n'avais aucunes connaissances économiques , philosophiques et historiques sur le sujet. Même pas lu marx et thomas More ... comme quoi. C'est pour moi de la pure logique ( suis amateur d'échecs ). Merci, à nombreux d'entre vous de m'avoir éclairé sur ces divers sujets.
Mon utopie
Avant toute chose, je tiens à dire que mon système n’est pas parfait, qu’il comporte certainement des problèmes de taille. Il est différent et demande donc une largeur d’esprit. J’ai essayé de le « désutopiser » au maximum. Avant de le critiquer ou de faire une remarque demandez-vous si d’une part, ce n’est pas « mieux » que maintenant et d’autre part si ce qui semble ne pas fonctionner est différent de maintenant. Aussi, ne vous focalisez pas sur un détail pour rejeter un ensemble d’idées. Chaque détail a certainement sa propre solution.
Fin d’un monde économique …
Certains disfonctionnements mondiaux sont en grande partie dus au fait que les forces politiques dirigeantes sont liées d’une façon ou une autre aux désirs des entreprises.
Dès lors, de nombreuses incohérences sont présentes tant au niveau sanitaire, humanitaire, qu’écologique. La suppression du lobbying étant impossible tant que la cupidité humaine existera, il faut dès lors arriver à contourner cette dernière en instaurant un nouveau système de récompense du travail fourni qui lui est contrôlable à 100 % et non échangeable
Mon utopie se base sur le libre échange et démonétise complètement tout ce qui a, actuellement, une valeur économique. Ca peut paraître assez énorme de penser que tout peut être gratuit mais donner une valeur à des objets reviendrait à faire de l’économie et donc permettre aux vices humains de ressurgir sans modération. Le système actuel met plus en avant les vices que les vertus … nous allons essayer d’inverser cette tendance. Nous avons été éduqués dans un monde économique ce qui implique que nous vivons avec un certain type de valeurs. En évoluant dans un nouveau concept, nos faits et gestes, nos motivations et visions des choses s’adapteront elles aussi à ce nouveau concept.
J’ai scindé mes propos en quatre thèmes : Le travail, la production, le contrôle, les recherches et la technologie. Chaque thème est divisé en deux catégories ; « Aujourd’hui » qui représente un état actuel des lieux et « demain » qui représente ce que pourrait être le monde de demain en se basant sur mon utopie.
1 Le travail
Aujourd’hui :
Chaque personne travaille un nombre d’années défini par la loi. Cette personne obtient une rémunération pour ce travail qui lui permet de survivre et de ne plus travailler si celle-ci est importante. Si elle ne travaille plus pour une raison quelconque, cette rémunération diminue ou est nulle. Certains métiers sont durs et mal rémunérés alors que d’autres sont plus agréables et beaucoup mieux rémunérés. Ce déséquilibre provoque des numerus clausus dans certains jobs et un manque de main d’œuvre dans d’autres. Certains métiers ne profitent pas à la collectivité car rétribués au noir. D’autres sont inhumains et ne respectes pas les droits de l’homme. Il est possible de perdre tout le fruit de son travail par malchance ou par des événements exceptionnels (crise économique, guerre, accidents, etc… Beaucoup de personnes souhaitant travailler ne le peuvent pas. Toute une classe de travailleurs ne produit rien et sert juste au fonctionnement des règles de l’économie. (Comptabilité, marketing, publicité, trésorerie, fiscalité, trading… )
Demain :
Le travail ne sera plus rémunéré. Chaque travailleur devra travailler un certain nombre d’années afin de rendre service à la communauté avant d’être, pour le reste de sa vie en vacances. La durée d’un travail sera déterminée en fonction de différents facteurs tels que l’investissement physique, intellectuel, l’impact sur la santé, les contraintes psychologiques et familiales, etc…
Ces critères seront déterminés par la moyenne des avis d’un ensemble de personnes compétentes et seront susceptibles d’être remaniés en fonction du manque de main d’œuvre dans un secteur.
Ex : un balayeur de rue devra travailler 20 ans en tant que tel alors qu’un photographe de mode en fera 32.
Il est tout a fait envisageable de changer d’orientation, de boulot. Le temps presté au service de la communauté sera comptabilisé en fonction du facteur multiplicateur propre au métier. Les études ne seront pas comptabilisées comme temps de travail rendu à la communauté par contre un multiplicateur temps inférieur à 1 sera attribué à l’ensemble des métiers qui en découlent. Aussi avoir suivi de plus longues études permet un plus grand éventail de métiers.
La production
Aujourd’hui :
Nous réglons l’offre en fonction de la demande et ce par anticipation. Avoir une offre et des stocks bien supérieurs à la demande produit une dévaluation des prix qui n’est pas très commercialement favorable à l’entreprise. Certain diamants sont détruits ou stockés pour maintenir leur valeur. Il en va de même avec de nombreux autres produits. La rareté réelle ou non d’une matière, d’un produit, augmente son prix et le désir humain de se l’approprier pour marquer sa différence. La concurrence et le protectionnisme provoquent des tensions avec des conséquences contraires à l’humanisme. Nous consommons en fonction de nos moyens. Celui qui n’en a pas ne consomme pas et meurt. Certains pays vivent au dessus de leurs moyens et d’autres bien en dessous. Certaines personnes produisent plus qu’elles ne consomment et d’autres profitent de cette surproduction pour ne rien produire. Nous consommons et produisons des produits inutiles, malsains, dépassés technologiquement, périmés, dangereux mais … rentables et profitables pour une minorité. Ce que nous consommons est produit intensivement sur des territoires parfois non propices à ce type de production et de plus parcourt souvent de longs trajets non rectilignes avant de nous parvenir.
Demain :
L’offre est produite en suffisance par rapport à la demande. Si elle ne suit pas, elle devra être adaptée. Tout est gratuit !!! On va au magasin et on se sert. Le gaspillage est un problème actuel et le sera aussi demain. Des lois, anti-gaspillage et anti-surconsommation devront être établies dans un premiers temps et seront de moins en moins nécessaires par la suite puisque les mentalités changeront. Si tout le monde est capable « financièrement » de faire des excès, il n’y plus de raisons d’en faire.
Si les stocks d’un produit ou d’une matière tendent à se vider trop rapidement, on limitera leur accès, leur utilisation ainsi que le temps pour les obtenir afin d’éviter une pénurie. S’ensuivra une adaptation des moyens mis en place à leur production pour combler ce manque. La règle du premier enregistré premier servi fera loi (il y a moyen de trouver mieux). Le luxe sera démocratique. Des aspects tels que la performance, l’utilité, la rapidité de production feront office de modèles standard. Diverses adaptations de ce modèle standard seront disponibles pour combler une majorité des goûts de la population. Le boycott technologique n’aura plus de raison d’exister car c’est un rejeton de l’économie. Les denrées rares comme l’or et l’eau seront partagées de la manière la plus équitable possible tout en privilégiant l’aspect de nécessité. L’or n’est pas nécessaire en tant que parure mais par contre il l’est peut-être bien plus pour les industries hospitalières, spatiales etc… ainsi la rareté sert à la communauté. L’eau est davantage nécessaire dans les pays chauds que froids, les besoins étant différents.
Le contrôle
Aujourd’hui :
Dans les pays civilisés, nous contrôlons les citoyens via des législations. Ces législations nous imposent des règles de vie en communauté. Si un citoyen ne respecte pas une des règles, il est réprimandé. En fonction de la gravité de son anticonformisme, il se voit infliger des peines économiques et pénales allant d’une petite amende à l’enfermement à vie voire dans certains pays la peine de mort. En Europe nous avons la séparation des pouvoirs qui permet une plus grande neutralité des jugements. Cette séparation des pouvoirs ne fait pas règle dans tous les états. Malgré cela, les politiques peuvent voter de nouvelles lois qui seront appliquées par les magistrats. Les politiciens sont élus d’une part en fonction de leurs connaissances mais aussi et surtout en fonction de leur popularité. Cette dernière découle soit de leurs longévité soit de leur capacité à entretenir et créer une image de marque via leur fortune personnelle ou des sponsors. Les magistrats sont désignés par l’état mais pas dans tous car dans certains pays ils sont élus par le citoyen. Le système législatif est très complexe car il fait face aux disfonctionnements de notre société et ceux-ci sont multiples tant d’un point de vue économique que social. Nous avons plutôt tendance à résoudre un problème par l’ajout de nouvelles lois plutôt que de le solutionner en s’attaquant à sa cause.
Ex : Il y a beaucoup d’accidents sur une voie rapide et glissante. Nous allons mettre des radars et des panneaux préventifs (contrôle) plutôt que de renforcer l’adhérence de la route à cet endroit bien précis (solution). L’un coûtant moins cher à l’état que l’autre puisqu’il produit des ressources financières via les amendes pour excès de vitesse. La première approche étant politique et financière la seconde étant scientifique et sociale.
Demain :
Le système judiciaire sera nécessaire et fera face aux mêmes problèmes diminués de ceux liés à l’économie. Cette dernière supprimée et l’accès aux ressources étant plus démocratique, la haine raciale, les conflits sociaux, la guerre, l’avidité, l’envie,… seront moins présents et permettront d’alléger la justice. Au plus le système est juste, au moins la justice est indispensable.
La base de mon utopie est le temps de travail. Qui décidera du temps de travail et qui le contrôlera ? Je pense que la séparation des pouvoirs est une bonne chose. La démocratie également … or j’estime que tant que l’accès à la publicité (pour soi-même) a un prix, une sorte de présélection naturelle sur base de l’argent des candidats fausse complètement les règles d’égalité des chances. Nous vivons donc dans une démocratie mais nous élisons des candidats présélectionnés. Si tous les candidats jouent avec les mêmes cartes, nos élections seront plus démocratiques car davantage dirigées vers la personne en elle-même plutôt que son image de marque.
Nous élirons donc l’ensemble des membres qui dirigeront le système de contrôle du temps de travail. La séparation des pouvoirs distinguera dès lors la justice, le contrôle du temps de travail et la politique. Le temps étant une « valeur » non falsifiable, facile à contrôler et non transmissible, dès lors, toutes les tricheries seront immédiatement connues du grand public. Si un politique tente de réduire sont temps de travail , un calcul simple basé sur son entrée et sa sortie en fonction multiplié par le facteur temps s’appliquant à ce type de travail révèlera directement la supercherie.
Comment réprimander ? L’argent étant en quelque sorte comparable au temps de travail, nous allongerons dès lors ce temps de travail en guise de sanction. La prison reste d’application pour les sanctions plus importantes.
Les recherches et la technologie
Aujourd’hui :
Seulement +- 4 % du PIB de l’Europe est investie dans la recherche. C’est très peu ! La science est pourtant la solution à de nombreux problèmes coûteux. Seulement le protectionnisme des grosses entreprises tend à freiner cette progression simplement pour préserver leurs parts de marché et empêcher la concurrence de se développer. De plus, la science n’est pas toujours positive pour l’humanité car utilisée de manière à engendrer du profit coûte que coûte.
Quelques exemples connus de tous: Macdo, bombe H, pesticides, pollution au C02 , OGM , vaccins…
Demain :
Tout sera possible et envisageable. Plus de boycott des grosses entreprises visant à fermer le marché. Nous mettrons au service de la science la masse humaine nécessaire et indispensable aux progrès de l’humanité. Beaucoup de projets existent et ne demandent qu’à être mis en application afin de voir si ils fonctionnent ou peuvent être améliorés. L’homme est parfois contre la technologie surtout la robotisation qui, plus efficace que lui, le met à la rue en lui piquant son job. Dans ce cas, pourquoi ne pourrait-il pas être reformé pour un autre job tout en continuant à comptabiliser son temps de travail lié au job précédent. Au plus la machine remplace l’homme, au plus l’homme pourra s’orienter vers des tâches plus lucratives participant au bien-être de toute la communauté. L’homme sera au service de la science, la science au service de l’humanité et non du profit.
La natalité :
La natalité reste quand à elle une question très polémiquée difficile de réellement savoir si nous sommes vraiment en surpopulation mondiale ou non.
Je pense personnellement qu’il est probable que oui si on se base sur notre capacité actuelle à extraire, utiliser et recycler les ressources planétaires en fonction de sa régénération propre. Dès lors, un contrôle des naissances me parait une solution mieux adaptée qu’une diminution forcée de la fécondité des femmes ou de l’infertilité des hommes et bien meilleure encore que le recours à une guerre, une pandémie, ou une crise économique.
Aussi, il faut agir de manière sensée à contrario de l’empire chinois qui en interdisant de manière drastique les naissances tout en favorisant celles des bébés de sexe masculin aurait pu se retrouver avec un problème démographique assez conséquent si il n’avait pas pris des mesures adéquates pour résoudre ce problème d’égalité des sexes.
Maintenant place à vos commentaires qui j'espère seront tout autant constructifs que destructifs.
Ce message a été modifié par interlude - 01 décembre 2009 à 01:00.