L'argent est ce que nous en pensons
#1
Posté 28 décembre 2009 à 22:08
Peter KOENIG
Conférence à Gilly et séminaire à Wépion - Octobre 03.
- Comment être plus satisfait par rapport à l'argent quel que soit son montant ?
- Dans les projets, spectre du budget : le budget a plus de pouvoir que les buts auxquels les gens croient. Or l'argent a été créé pour nous aider à créer ce qu'on veut obtenir. Qu'est-ce qui se passe que l'argent provoque le contraire, nous empêche d'aller vers nos objectifs au lieu de nous y aider ?
Combien de rêves repousse-t-on jour après jour pendant des années ? On a l'idée de d'abord amasser assez d'argent et donc de travailler beaucoup et on espère qu'à un moment donné, un jour, on aura accumulé assez d'argent pour faire ce qu'on veut.
L'argent est sensé nous aider dans le sens de nos objectifs, or il fait le contraire … Comment cela se fait-il ??? C’est … à cause de … nous-mêmes …
- Polarisation de l'argent dans le monde : de moins en moins de personnes ont de plus en plus d'argent et de plus en plus de personnes ont des dettes.
Réflexion sur comment fonctionne l'argent, sur l'incidence de l'argent sur les processus humains. Etude des rapports entre l'argent et nos individualités. Notre rapport à l’argent a une incidence sur la société et ce qui se passe dans la société a des répercussions sur nous.
- Expérience : simulation du système d'argent dans le monde. Miroir de la réalité de ce qui se passe au niveau de l'argent dans le monde.
· Prendre de l'argent dans son sac et le tenir de la main droite. Observer ce qui se passe en soi, écouter ce qui se passe au niveau du public, l'émotion dans la salle.
· Qu'est-ce que je tiens dans ma main droite ? Papier, métal, plastique, rien … Observer ce qui se passe en soi : envie de le remettre dans le sac, appréhension, peur du voisin, …
Après tous les débats économiques sur l'argent, Peter et son équipe se sont demandés : "Qu'est-ce que l'argent ?"
C'est un moyen, une aide, un confort, un souci, un pouvoir, échange, liberté, sécurité, valeur, bonheur, extase, succès, énergie, source de jalousie, de haine, moyen de corruption, problème, amour, justice, défi, illusion, nécessité de vie, créativité, autonomie, …
· L'argent est toutes ces notions en même temps … donc, qu'est-ce que l'argent ? Comment l'argent peut-il fonctionner ? Qu'est-ce qu'il peut bien être en étant toutes ces choses en même temps ?
· Passer l'argent qui est dans votre main droite dans votre main gauche, puis dans la main droite de votre voisin de gauche. Pourquoi tant d'excitation parce qu'on serre un morceau de papier dans sa main ? Qu'est-ce que vous avez donné à votre voisin de gauche ? Votre liberté ? Votre pouvoir ?
Comment vous sentez-vous avec ce que vous avez reçu ? Est-ce que ça vous brûle les doigts parce que vous ne l'avez pas gagné ? Et ceux qui sont seuls ? Et ceux qui n'ont rien reçu ? D'où viennent toutes ces réactions ? Car ce qu'on a fait, c'est juste déplacer un morceau de papier ou de la monnaie.
· Ma proposition : nous prenons un morceau de papier blanc, un compte en banque, on prend une qualité de notre existence et nous projetons cette qualité sur le morceau de papier. Cette projection qui va au-delà du morceau de papier nous revient comme expérience concrète celle-là. Nous avons la conviction que l'argent est ce que nous pensons qu'il est depuis le début.
Par exemple, j'ai l'idée que l'argent est ma sécurité. Si j'ai conscience de ce que je fais, j'achète une police d'assurances, je calcule les risques qui peuvent m'arriver dans la vie et l'argent soutient ma sécurité. Ce n'est pas l'argent qui est ma sécurité. J'ai conscience de mon besoin de sécurité et j'achète une assurance.
Si, pour moi, l'argent est ma sécurité, alors je projette ma sécurité sur l'argent et alors, je ne l'ai plus en moi. Je vais courir derrière l'argent dans l'espoir qu'en courant derrière, je vais accumuler assez d'argent pour répondre à mon besoin de sécurité. Mais ça ne fonctionne pas parce que nous avons sorti la sécurité de nous-mêmes et aucune quantité d'argent ne pourra nous combler point de vue sécurité.
#2
Posté 29 décembre 2009 à 12:12
napo, le 28 décembre 2009 à 22:08, dit :
Non l'argent n'est pas tout cela, l'argent n'est pas une fin, l'argent n'est que moyen. Si tu englobes l'amour et l'autonomie dans le "dieu argent" alors je ne suis pas étonné d'autant de divorces.
Pas besoin d'argent pour un sourire, ni pour un calin, ni pour concevoir un enfant, ni pour s'entraider dans un couple. Celles et ceux qui voient derriere ces gestes simple et gratuit l'ambition de l'argent, si derriere l'amour c'est l'argent qui compte alors il est préférable que la personne reste seule afin d'éviter de répandre chagrin, tristesse et désillusion autour d'elle.
La richesse c'est les amis, la famille, la nature, les arbres, les plantes, les animaux, la tendresse, l'échange, la joie, ....
Non l'argent n'est rien de tout cela. L'argent est désillusion, injustice, paresse, solitude, égoisme, ....
John.
#3
Posté 29 décembre 2009 à 12:41
Exemple : la voiture est ce que nous en pensons ! ........... n'empêche que la voiture ça nous sert à aller d'un point A à un point B ..... mais on peut aussi passer un week-end à parler de ce que l'on pense de la voiture , de la psychologie du rapport à cet objet ...... et alors ? La voiture ça restera un moteur avec un volant des roues et un système de freinage !
#4 respire
Posté 29 décembre 2009 à 12:50
c' notre perte a tous ..........
#5
Posté 29 décembre 2009 à 17:47
et divisé (colloïdal), il rétablit l'intégrité de l'être. L'avoir tue l'être.
Il faut être vigilant comme Argos, Argus (personnage de la mythologie grecque), surnommé Panoptès (c.-à-d. qui voit tout),
qui avait cent yeux, dont cinquante étaient ouverts, pendant que le sommeil fermait les cinquante autres.
Héra lui confia la garde d'Io, qu'elle venait de changer en vache (la bourse)
mais Hermès (big boss de la FED) endormit le gardien au son de sa flûte,(théorie économique)
et lui coupa la tête.(crash financier) Héra transporta les yeux d'Argus sur la queue du paon,
ou le métamorphosa en cet oiseau.(renflouement des banques)
#6 Didier
Posté 30 décembre 2009 à 10:24
Dans un système de troc, il faut trouver une personne qui a envie de carottes ET disposée à les échanger contre des clous en fer, qui sont précisément ce que le producteur de navets est disposé à échanger contre ses navets.
Dans un système monétarisé, il suffit d’aller vendre ses carottes au marché, et d’utiliser le produit de la vente pour acheter des navets.
Afin d’éviter une pénurie résultant d’un tel blocage, les hommes en étaient venus à considérer que des biens de consommation ayant une durée de vie suffisante pouvaient être troqués, même s’ils ne devaient servir que comme contrepartie dans un autre échange. C’était là les ferments d’un équivalent universel tel que peut l’être l’argent. Autrement dit, l’argent était une véritable amélioration du système de troc !
L’argent était non seulement accepté partout, mais il était durable puisqu’il existait toujours après que le bien eut été consommé, et pouvait donc être réutilisé plusieurs fois. Il était également fractionnable (essayez de couper un mouton en deux. Mais surtout, tout pouvait être considéré comme de l’argent, pour peu que l’imagination lui confère ce statut. C’est ainsi que la finance a inventé le crédit.
Cependant, c’est relativement au système de troc que l’argent permet une telle fluidité des échanges.
La nature propre de l’argent est d'être quantifié, et tout ce qui possède une quantité est une limite. Selon la fonction naturelle de l’argent, il s’agit d’une limite à la consommation. Une fois que l’argent a été admis comme seul principe de l’échange et que le troc a été interdit, le phénomène s’inverse : s’il n’y a pas d’argent, il n’est pas possible d’échanger, même si les deux parties ont des biens à échanger. C’est bien pour cette raison que des systèmes d’échanges locaux, des activités d’entraide et de bénévolat se sont développées en palliatifs du système économique.
L’inconvénient principal du troc est simplement déplacé. Notre producteur de carottes peut certes vendre ses carottes sur le marché pour pouvoir acheter des navets. Mais s’il n’arrive pas à vendre ses carottes, il n’aura pas de navets.
Et dans les deux cas, l'échange s'arrête une fois que le plus riche a satisfait ses besoins. L’autre continuera à manquer, même si le plus riche possède ce qui lui manque.
L'argent étant une limite au droit à "consommer", il crée une hiérarchie de consommateurs.
En tant que limite, ses conséquences sont celles auxquelles on peut s'attendre : pas d'argent pour créer des logements, payer à manger, payer des soins à un conjoint malade.
*
L'argent ou le troc sont en réalité des manifestations d'un seul concept : la valeur. La valeur d'échange a été inventée par l'homme comme garantie de ne pas se faire léser dans l'échange. Or, nous savons tous que le capitalisme n'est pas juste, et que le méritants ne sont pas les plus riches. Bien au contraire, puisque la valeur existe et qu'elle est censée être juste, les riches s'en servent pour affirmer qu'ils sont méritants.
*
Le concept de valeur et l'argent sont conçus dans un but, et parviennent à ce but, mais également à son opposé.
Ce n'est pas particulier à l'argent si on sait observer.
Les lois et les tribunaux servent à réguler les sociétés, mais ne rendent pas la "justice".
Tout tend à manifester son pouvoir de manière duale. C'est une loi de la nature (et le sujet du bouquin que je suis en train d'écrire).
napo
Citation
Je ne sais pas si c'est un exemple. Je n'en ai pas trouvé d'autre que la "garantie".
#7 respire
Posté 30 décembre 2009 à 15:47
napo
Citation
Par exemple, j'ai l'idée que l'argent est ma sécurité. Si j'ai conscience de ce que je fais, j'achète une police d'assurances, je calcule les risques qui peuvent m'arriver dans la vie et l'argent soutient ma sécurité. Ce n'est pas l'argent qui est ma sécurité. J'ai conscience de mon besoin de sécurité et j'achète une assurance.
Je ne sais pas si c'est un exemple. Je n'en ai pas trouvé d'autre que la "garantie".
la seul garantie vraiment sure, c' nous qui nous nous la procuront ,avec nos moyens et quand je dis moyen , je ne parle pas d'argent, la garantie de l'argent c' illusoire quand on y regarde bien, on crois que ca nous securise( securise de quoi? ) mais c' faux on est pas plus en securité , on nous le fait juste croire ........... l'argent c' qu'ilusion et compagnie : )
Ce message a été modifié par respire - 30 décembre 2009 à 15:50.
#8 Sathyne
Posté 30 décembre 2009 à 18:09
Une voiture a pour attribution de permettre plus de mobilité, l'argent, si j'ai bien compris, de faciliter la mobilité des échanges commerciaux, et bizarrement, ils deviennent les attributs des divinités actuelles que je nommerais "tout-m'est-dû".
Je dis ça en regard du comportement d'une patientelle particulièrement dotée d'argent (et encore c'est peu de le dire : je parle carrément de "grosses fortunes françaises" voire, européennes) qui étrangement sont les plus enclins à rechigner pour payer leur prothèse dentaire et tenteront d'autres moyens pour en débourser un minimum de leurs... si grosses bourses.
C'est dingue, mais j'ai remarqué que c'était souvent le cas.
Je ne sais comment les divinités obtinrent certains attributs qui les suivent pour les identifier dans les représentations qui en sont faites : sans doute en rapport avec leurs légendes et actes héroïques.
Toujours est-il que ces objets au fil du temps sont devenus les représentants de ces héros, qui peuvent dormir sur leur lauriers.
Puisque grâce à ces attributs, "tout leur est du".
La valeur de leurs actes fut détournée au profit de leurs expressions réduites en objets.
Je me trompe ? Je crois que pour l'argent c'est la même chose, d'un objet de mobilité (un véhicule) il est devenu un objet statique et virtuel, un pouvoir fictif qui octroierait d'entrée cet accès au suprême statut du Tout M'est Dû.
Et s'y soustraire en laissant à d'autres l'utiliser, l'échanger, le récolter, à sa place, tout en récoltant les fruits du système, est aussi une manière de se placer dans la catégorie divine des "ToutM'estDû".
Ce message a été modifié par Sathyne - 30 décembre 2009 à 18:13.
#9
Posté 30 décembre 2009 à 18:17
Le roi Salomon, qui jouissait de tout ce que l’argent pouvait offrir à son époque, reconnaissait que placer sa confiance dans les biens matériels n’est pas la voie d’un bonheur durable. Il a déclaré:
"Doux est le sommeil de celui qui sert, qu’il mange peu ou beaucoup ; mais l’abondance du riche ne le laisse pas dormir.
Il existe un malheur grave que j’ai vu sous le soleil : des richesses qu’on garde pour leur grand propriétaire, pour son malheur.
Et ces richesses ont péri à cause d’une occupation funeste, et il est devenu père d’un fils alors qu’il n’y a rien dans sa main.
Comme on est sorti du ventre de sa mère, nu l’on s’en ira de nouveau, comme on est venu ;
et on ne pourra rien emporter pour son dur travail, qu’on puisse emmener avec sa main."
Il suffit que survienne une faillite bancaire ou l’inflation pour se trouver sans ressources, qu’éclate une violente tempête pour voir son patrimoine immobilier réduit à néant. Les polices d’assurance ont beau pallier dans une certaine mesure les pertes matérielles, il n’en existe aucune qui compense les pertes affectives. Actions et obligations peuvent quant à elles perdre toute leur valeur du jour au lendemain en cas de krach boursier. Enfin, même un emploi lucratif peut disparaître rapidement.
Quoique la course à l’argent soit un trait dominant de notre époque, elle produit rarement le véritable contentement. “Il peut sembler normal d’être obsédé par l’argent, écrit David Sylvester dans le Detroit Free Press, mais je ne vois dans ce matérialisme qu’un signe de notre malaise.”
Dans le présent système, il faut de l’argent pour se procurer les nécessités de la vie. Cependant, beaucoup de gens désirent avoir un compte en banque important, car, pensent-ils, c’est une sécurité. Pourtant, les événements récents montrent que ce n’est pas le cas. Ainsi, lors de la grande crise économique de 1929, des milliers de banques dans le monde ont dû fermer leurs portes et beaucoup de gens qui y avaient déposé de l’argent subirent des pertes importantes. Un économiste déclara récemment : “Le système bancaire laisse apparaître une détérioration constante depuis la Seconde Guerre mondiale.” Comme un bloc de glace qui fond au soleil, l’argent n’a cessé de se déprécier à cause de l’inflation. Il suffit d’un mot pour résumer l’histoire de l’argent : insécurité.
#10
Posté 30 décembre 2009 à 20:30
dans lequel poussait cette humanité de demain.
Des phrases de Saccard lui revenaient, des lambeaux de théories sur la spéculation.
Elle se rappelait cette idée que, sans la spéculation, il n'y aurait pas
de grandes entreprises vivantes et fécondes, pas plus qu'il n'y aurait d'enfants,
sans la luxure.
Il faut cet excès de la passion, toute cette vie bassement dépensée et perdue,
à la continuation même de la vie.
Si, là-bas, son frère s'égayait, chantait victoire,
au milieu des chantiers qui s'organisaient, des constructions qui sortaient du sol,
c'était qu'à Paris l'argent pleuvait, pourrissait tout, dans la rage du jeu.
L'argent, empoisonneur et destructeur, devenait le ferment de toute végétation sociale,
servait de terreau nécessaire aux grands travaux dont l'exécution
rapprocherait les peuples et pacifierait la terre. Elle avait maudit l'argent,
elle tombait maintenant devant lui dans une admiration effrayée :
lui seul n'était-il pas la force qui peut raser une montagne, combler un bras de mer,
rendre la terre enfin habitable aux hommes, soulagés du travail,
désormais simples conducteurs de machines ? Tout le bien naissait de lui,
qui faisait tout le mal. Et elle ne savait plus, ébranlée jusqu'au fond de son être,
décidée déjà à ne pas partir, puisque le succès paraissait complet en Orient
et que la bataille était à Paris, mais incapable encore de se calmer,
le coeur saignant toujours."
Zola, L’argent, p.283
#11
Posté 30 décembre 2009 à 20:53
Combien de rêves repousse-t-on jour après jour pendant des années ? On a l'idée de d'abord amasser assez d'argent et donc de travailler beaucoup et on espère qu'à un moment donné, un jour, on aura accumulé assez d'argent pour faire ce qu'on veut.
L'argent est sensé nous aider dans le sens de nos objectifs, or il fait le contraire … Comment cela se fait-il ??? C’est … à cause de … nous-mêmes …
C'est cette partie du texte ci-dessus qui m'a interpellée.
Ordinairement, on aurait tendance à penser qu'effectivement pour réaliser un projet il faut accumuler de l'argent en travaillant beaucoup. Apparement, de ce que je comprends, il n'en serait rien, le problème étant à l'intérieur de nous
#12
Posté 30 décembre 2009 à 21:04
#13
Posté 30 décembre 2009 à 21:54
napo, le 30 décembre 2009 à 20:53, dit :
L'argent est sensé nous aider dans le sens de nos objectifs, or il fait le contraire … Comment cela se fait-il ??? C’est … à cause de … nous-mêmes …[/i]
C'est cette partie du texte ci-dessus qui m'a interpellée.
Ordinairement, on aurait tendance à penser qu'effectivement pour réaliser un projet il faut accumuler de l'argent en travaillant beaucoup. Apparement, de ce que je comprends, il n'en serait rien, le problème étant à l'intérieur de nous
Je pense que si nous sommes vraiment porteurs d'un projet , l'argent , même s'il est un élément nécessaire à sa réalisation , ne sera considéré que pour ce qu'il est réellement c'est à dire un moyen .
L'argent n'est pas là pour aider , il est là pour réaliser ce projet qui doit effectivement maturer et s'élaborer en nous puisqu'il vient de nous ! A partir du moment où l'on considère l'argent comme une aide , on commence déjà à lui donner une autre importance et petit à petit cette importance risque de nous détourner du projet .
Quand je parle de projet , je ne parle pas des "rêves" que la publicité ou les politiques martellent via les médias pour formater nos esprits .
Celà dit , pour qu'un projet se concrétise , ça représente quand même beaucoup de travail ! ......... enfin , c'est comme ça que je vois les choses .
#14
Posté 30 décembre 2009 à 23:19










