Voici un texte que j'ai découvert lundi ou mardi dernier, que j'ai trouvé extrêmement intéressant et qui pourrait trouver sa place ici en continuité avec ce qui a déjà été développé, dans le sens qu'il fait part de l'aspect virtuel (sans consistance) de la plupart des enseignements spirituels actuels, de l'importance d'utiliser son Intellect (bon il utilise une majuscule et ça, ça m'agace un peu) dans la démarche comparative des différentes religions afin d'avoir une vue panoramique qui permettrait de "retrouver les véritables principes de la pratique spirituelle".
Monsieur Sherlock (

)souligne aussi les obstacles générés par les relations "maitres/disciples" souvent unilatérales, et souligne l'importance de ne pas rester à s'enfermer chez soi pour pratiquer, puisque la diversité et le mouvements permettent une ouverture (c'est l'interprétation personnelle que je fais de cet apport).
Je mets les passages qui m'ont particulièrement touchée :
Citation
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1. Notre triste état.
Pour la plupart d’entre nous, nous ignorons même que nous évoluons dans un état pitoyable, qu’il soit subjectif ou environnemental. Stimulés par les modes de vie ambiants, nous croyons au fond que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que rien n’a réellement d’importance. Il suffit de se distraire avec différents hochets mentaux , la spiritualité étant le plus raffiné d’entre eux.
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3. L’imposture des enseignements spirituels actuels.
Sans doute pour cette raison, les Maîtres authentiques qui s’adressent aujourd’hui au plus grand nombre en disent très peu et sont très avares d’enseignements véritablement efficients. Connaissant probablement l’état lamentable de nos canaux et la faiblesse de notre complexion, ils préfèrent rester discrets afin de ne pas paniquer les foules. La plupart des gens ne s’en aperçoivent même pas et sont très contents comme cela, car ils ont peu étudié et pas pratiqué le temps nécessaire pour réaliser le tragique de la situation. Il leur est donc impossible de s’aviser des raisons qui ont conduit et entretiennent leur sort. Le souci de nivellement se comprend pour assurer la paix sociale et favoriser une certaine harmonie, mais s’avère problématique pour les progrès personnels des individus. D’où notre cri de révolte, non pour faire la révolution, mais pour trouver des solutions avant qu’il ne soit trop tard. Les discours rassurants ne nous protégeront pas des affres du bardo, sujet d’ailleurs peu au goût du jour. Les enseignements collectivisés à destination des groupes nombreux négligent dans leur principe la relation directe et personnelle entre Maître et disciple, quoi qu’on en dise. Cela conduit à une relation univoque, dans laquelle le disciple donne une partie de son temps, de son argent et de lui-même, mais ne reçoit pas en retour ou très difficilement un engagement réciproque qui scelle explicitement une relation de proximité personnelle. Le Saint Esprit ou Shaktipat ne descend pas dans n’importe quelles conditions. Il doit être sollicité suivant des règles précises. Dans le Christianisme, Dieu existe sous la forme de trois Personnes distinctes mais unies et d’égale importance, où chacune dépend de l’autre dans une relation de réciprocité. Quel meilleur exemple pour comprendre la phénomène des fameuses « relations interdépendantes » ? Dans la relation entre le Maître et le disciple fondée sur l’amitié spirituelle, l’Amour surgit spontanément lorsqu’est reconnue réciproquement l’égalité fondamentale de nature entre l’élève et le professeur. Les deux demandent conjointement à Dieu sa bénédiction, afin d’ouvrir leurs cœurs à l’amour universel. L’un donne et l’autre reçoit, mais les deux participent à l’unité de l’Esprit. Cette bipolarité est indispensable. Autant Dieu peut refuser sa grâce à un personne isolée, autant la conjugaison de deux verbes implorants dans un but altruiste ne peut rester sans réponse. Tel est le principe universel du darshan, sous ses multiples formes. C’est sans doute pour cela que Jésus a dit que tout ce qui se fera en son Nom serait bon et saint. Si on refuse cette circulation en va-et-vient, le courant peinera à s’établir dans sa plénitude entre les personnes, et la pédagogie divine fait place à la scolastique mortifère.
Pour autant qu’on s’est avisé de la nécessité de la présence physique du Maître et non pas sa virtualité abstraite, il n’est pas pour autant aisé de d’aller vivre aux pieds d’un Maître dans un ermitage isolé ou un monastère. Nous manquons généralement des mérites suffisants, et ceux qui s’y sont essayés ont réalisé que la proximité se payait de conditions drastiques à respecter. Et ceux qui suivent le chemin du seva tombent pour la plupart dans une forme d’esclavage spirituel (et matériel) consenti, où ils accumulent sans doute des mérites, mais semblent se condamner à renaître pendant de nombreuses vies au service du maître sans comprendre ce qui leur arrive. Par ailleurs, l’idéologie du travail règne dans moult communautés spirituelles, où les emplois du temps minutieusement réglés donnent beaucoup de place aux travaux quotidiens, mais peu à la pratique elle-même. Mais qu’est–ce qui est le plus important en fin de compte ?
Si l'on décide de rester chez soi à pratiquer tranquillement son mantra et à faire du yoga, on risque très vite de stagner. En effet, par expérience, nous avons pu constater que le mantra ne se développait pas tout seul par génération spontanée. Il lui fallait un milieu propice impliquant une forme de communauté. Autrement, la nature spirituelle de l’individu, au départ volatile, peine à s'incarner. Il lui faut un contact avec les autres pour se stabiliser et s’amplifier. Le yoga indien a été largement dépouillé de sa sève spirituelle dans sa transmission aux occidentaux. Il est certes efficace pour une bonne santé, mais incomplet, imprécis et même très dangereux lorsqu’il est approfondi pour nous amener à la claire lumière. En effet, les méthodes efficaces ont été élaborées et testées dans un milieu profondément différent du nôtre et pour des êtres ayant une morphologie spécifique. Elles ne peuvent donc être transposées telles quelles et sans adaptations de fond, dans un souci de profond renouvellement et de bénéfice aux êtres. Nous pouvons en dire autant du bouddhisme tibétain, efficace pour les tulkous tibétains qui bénéficient d’une éducation exceptionnelle (mais pour combien de temps encore ?) mais manifestement incapable de répondre à la transmutation biologique du substrat humain formaté par la modernité. Aussi, les techniques de pointe comme le « dzogchen », l’advaïta ou les tantras supérieurs s’adressent à des pratiquants de grande capacité - et non à de pauvres hérissons comme nous. La plupart d'entre nous ont perdu une part de leurs qualités vitales et de leur scintillement naturel, au profit d'une mentalisation toujours plus compliquée qui détruit les qualités inhérentes à l’état humain. Le réceptacle sur lequel les enseignements sont censés être infusés devient inapte à une telle opération, car il tend lui-même à devenir virtuel et purement informel, à l’image de tout ce qui compose la civilisation occidentale. Compris sur la base de cette nouvelle réalité virtuelle qui s’est substituée au monde sensible, les enseignements deviennent un piège plutôt qu’un remède. Loin de réaliser la vacuité de notre esprit et des phénomènes, nous tendons vers la dissolution dans un bardo semblable à celui de l’état intermédiaire. Pratiquement, des personnes honnêtes qui s'impliquent sérieusement et avec sincérité depuis parfois plusieurs décennies dans les enseignements obtiennent peu ou pas de résultats probants. Et le drame, c’est que leurs enseignants qui ne se sont pas impliqués personnellement les laisse dans ce désarroi en esquivant le problème à sa racine, même lors d’«entretiens privé» . Il y a donc une supercherie manifeste qui appelle une réaction et des solutions, car aucune situation déséquilibrée ne peut perdurer éternellement.
4. Reconstitution de la Tradition originelle multiplicatrice.
Devant cette situation critique, nous pensons que le dialogue et la réflexion interreligieuse sont la meilleure solution. Non pas au niveau superficiel comme il est d’usage, mais au niveau profond, celui des pratiques spirituelles. En effet, nous avons constaté que toutes les voies sont incomplètes par définition, afin de rendre obligatoire la présence du Maître, et que chaque religion semble détenir un morceau d'un puzzle géant qui aurait été disloqué et nous serait arrivé par morceaux. Aucune ne dispose d'une vue d'ensemble et chacune se croit totale par elle-même, si bien que les fausses interprétations sont obligatoires et les disciples fourvoyés. L'idée d'une coopération multiplicatrice est envisagée avec suspicion et horreur. A qui profite le crime ? Comme il manque la perspective d'ensemble, les parties sont biaisées elles aussi et l'absurde devient raison. Le mythe de la Religion primordiale a donc sans doute un sens, à condition de ne pas être saisi et objectivé. Il n'y a pas eu de Tradition primordiale réalisée historiquement, (nous n'avons aucune trace dans les annales ni les récits mythiques toujours particularisés et adaptés à un peuple), mais le Nom divin de la Tradition originelle existe nécessairement dans l'Intellect divin, et nous pouvons le découvrir si nous nous appliquons.
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6. Solitude du véritable chercheur.
Il faut savoir que les maîtres ne vous aideront pas sur cette voie, du moins pas de manière externe ou visible. En effet, ils nourrissent quantité de disciples dont la foi est fondée sur le rejet des autres écoles, et ne peuvent se dédire. Cependant, nous ne perdons pas grand chose. En effet, les maîtres prennent des disciples qui ont des capacités variables et leur donnent en fonction de leur capacité. Mais ne les font jamais changer de capacité. En effet, pour faire progresser une personne en fonction de sa capacité, il faut qu'elle ait confiance dans le maître, ce qui signifie qu'elle n'ira pas voir ailleurs, et ne posera pas trop de questions. Elle considérera que le maître est l'alpha et l'oméga. Cela permettra à un certain aspect de la transmission de passer, celui qui lui convient. Malheureusement, elle n'aura pas accès dans cette vie à l'aspect supérieur.
A l’inverse, la démarche qui procède par union avec ses propres représentations (et donc avec le monde), possède intrinsèquement le pouvoir de nous faire changer de capacité. Pour cela, la recette est simple. Il faut repousser tous les jours les limites étriquées de notre esprit. Ce qui n’est possible qu’en allant voir ailleurs, en voyageant, physiquement ou en esprit. Le concept en est extrêmement simple, mais la pratique est difficile.
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La voie par union est la seule qui s'attaque nommément à cette peur fondamentale en invitant les « apprentis » à s'unir à ce qui est étrange et étranger dans l'appréciation de la différence, et non dans la tentative de tout ramener à une simplicité relative et totalitaire. En fait, il n'y a aucune méthode qui fonctionne par elle-même en dehors de la méthode exposée ici. Si nous refusons de nous unir à ce qui est différent, à la façon des amants dans un couple divin, nous ne voyons véritablement pas comment il est possible de réaliser sa nature puisque l'illusion fondamentale source de tous les maux est la séparation. C'est l'imposture de toutes les religions et des voies, qui se prétendent vraies en elles-mêmes, mais qui ne fonctionnent que par transmission du maître, transmission qui n'a plus vraiment lieu aujourd'hui, comme nous l'avons découvert avec tristesse.
Conclusion :
A l’heure actuelle, non seulement les enseignements spirituels sont dévoyés par simplification, mais à supposer qu’ils ne le soient pas, ils s’adressent à des pratiquants dont les caractéristiques subtiles sont différentes des nôtres. De plus, la « transmission » spirituelle, en se massifiant, est devenue une imposture. Pour le chercheur sincère, la solution ne consiste pas à s’enfermer dans sa coquille en se répétant comme un mantra que « tout est parfait », mais à faire usage de son Intellect, en comparant entre elle les différentes traditions pour retrouver les véritables principes de la pratique spirituelle grâce à une vue d’ensemble à la fois vaste et détaillée, et de sa Sensibilité, en recherchant l’union avec tout ce qui est différent, plutôt que l’enfermement dans une forteresse de certitudes et d’auto-satisfaction qui nie la valeur d’autrui et des systèmes de pensée différents.
Article complet trouvé sur ce
site.
Qui dirige en fin de texte sur la source qui demande malheureusement un abonnement payant pour la lecture complète.
Il y a quand-même un truc qui m'enquiquine. C'est qu'il dit qu'il faut un cadre particulier et privilégié pour développer et approfondir ces pratiques.
Certes.
Mais il parle aussi de l'intérêt de la diversification, alors, que justement, c'est bien dans notre quotidien banal parmi les autres et dans des situations pas toujours confortables qu'on peut avoir l'occasion de rencontrer des éléments et situations diversifiées puisqu'à l'insu de nos choix et attentes (d'où l'inter activité et son moteur principal : l'inattendu).
Et c'est comment on réagira face à des situations qui nous sont étrangères (il souligne bien l'importance de découvrir l'étrange étranger -l'autre-) dans notre quotidien, que l'on pourra vérifier si nos pratiques, recherches, développements personnels, ne se résument qu'à ce blabla virtuel stigmatisé par les channels, ou à l'inverse, qu'on saura en faire quelque chose de concret.
Ce message a été modifié par Sathyne - 08 janvier 2010 à 22:40.