napo, le 29 juillet 2010 à 07:39, dit :
Sédénion, ton raisonnement est juste, sur le fond - l'argent n'est qu'un outil - mais dans la pratique, comment fais tu, toi, pour en être aussi détaché ?
Je suis tout à fait disposée à t'écouter mais donne moi un témoignage de TON expérience.
Déja il n'est pas question que je me pose comme modèle car à mon avis on peut être beaucoup plus détaché de l'argent que je ne le suis, en plus je pense que ça mériterais vraiment un autre topic. Comment je fais, je ne sais pas. Ce que je peux expliquer c'est comment je vois les choses. Deja il est à noter que j'ai eu la chance de ne jamais en manquer, même si ma jeunesse (surtout quand j'étais très jeune) a été ponctué par quelques angoisses lié à l'argent directement issu de mes parents, qui eux, s'angoissaient pour les fins de mois, je n'ai jamais eu à souffrir du manque d'argent comme ça a pu arriver à beaucoup. En fait d'une certaine manière, pour moi, c'est un peu comme si l'argent poussait sur les arbres. Non pas que je sois riche, mais je ne relie pas l'argent que je gagne avec les efforts que je fournis où les affaires que je conclus (à plus forte raisons que je ne suis pas commercial). Lorsque je fournis un effort, c'est parceque ça me plais, parceque je le juge légitime, relativement en dehors de toutes question d'argent. De la même manière, je n'ai travaillé à l'école pour obtenir des bonnes notes que très peu de temps, j'ai assez rapidement dit merde au système que j'ai jugé totalement absurde (je pense que c'est assez lié en fait).
L'argent est donc pour moi, au fond, tout à fait à part, il ne fait partie de mon existence que comme un paramètre dont il faut tenir compte lorsque je dois payer mes facture ou souhaite m'acheter quelque chose d'utile, ou d'inutile (oui ça m'arrive). Je travaille pour gagner de l'argent, mais je ne travaille pas uniquement dans l'optique de gagner de l'argent. J'ai quitté un job potentiellement mieux payé mais aux conditions de travailles pourrie pour travailler dans un milieu que je juge plus agréable à vivre mais moins bien payé, et au taff tout le monde se fout gentilement de ma gueule parce que j'ai demandé une paye ridicule à l'embauche alors que j'aurais facilement pu demander 200€ de plus, c'est un simple choix des priorités, est-ce que j'ai besoin de ces 200 € de plus ? Non, pas pour le moment. A quoi ça me servirait de gagner de l'argent si mon travaille me lessive, me déprime et me rend incapable de profiter de mon temps libre ?
Parallèlement, je modère mon niveau de vie, et j'établie ce dont j'ai vraiment besoin, et ce qui est superflus, ce que je juge être "du luxe". Beaucoup de personne veulent toujours plus de luxe, une plus belle voiture, une plus grande maison, un electroménagé plus perfectionné, et finalement pouvoir montrer à quel point ils sont riches et on réussis leur vie... De mon coté, si je choisi d'habiter une maison plus grande, ça serait pour de pures questions de confort et de bien-être, pas pour montrer que je suis riche, et je considère ça pour ce que c'est, c'est à dire "confort++" et non pas "nécéssité". De la même manière, si je m'achète un ordinateur, ça serait "caprice++" et non pas "nécéssité". Je reste toujours dans l'optique de juger ce qui m'est nécéssaire et utile, et ce qui fait partie du superflus. Je m'autorise du superflus, mais je sais que c'est du superflus. Je m'autorise du confort, mais je sais que c'est du confort. Il m'est arrivé de resté de longues périodes avec pas mal d'argent sur mon compte, sans trouver un seul moyen de le dépenser utilement, j'avais tout ce dont j'avais besoin, et je n'avais pas envie de céder à de quelconque caprices, car je savais que ça ne m'apporterais rien de plus, ça n'égayerais pas ma vie pour autant, ça ne ferais pas de moi quelqu'un de plus heureux. De la même manière, certaines personnes préfèrent faire leur courses chez les discounter mais d'un autre coté dépensent des sommes folle en forfait de téléphonie mobile. La encore, c'est une question de priorité, je préfère bien manger, et éteindre mon portable. Je préfère m'acheter du matériel de qualité, mais pas souvent, plutôt que de me racheter un lecteur DVD tous les ans. En bref, je m'afforce de vivre au niveau de mes moyens et pas au dessus, et je me contente de ces moyens. Beaucoup de personnes vivent au dessus de leur moyens, car elles veulent avoir l'air riche, car elle veulent avoir ce sentiment qu'elles sont riche... au final, elles se foutent dans la merde... il suffit d'observer un peu la logique sur un plan psychologique et 'éthique' pour comprendre comment et pourquoi les choses tournent ainsi pour elles. (pfiou,, sacré pamphlet, j'espère que j'ai pas trop parlé de moi inutilement... )
napo, le 29 juillet 2010 à 07:39, dit :
Par exemple, pour te connecter à ce site, tu as besoin d'un ordinateur (que tu as payé), d'une connexion internet (que tu payes chaque mois), d'un abonnement à une compagnie d'électricité (que tu payes chaque mois) et tu habites très certainement dans un appartement ou une maison (tu payes un loyer chaque mois). Pour pouvoir assurer rien que ces frais fixes cités comme exemple, il te faut de l'argent, non ?
Je préciserais que je ne loue pas mon appartement, je me suis endetté pour l'acheter (oui c'est mal, ça fait tourner les banques, je sais), c'est un choix personnel de l'avoir acheté plutot que de payer un taulier chaque mois. Au final, ça me revient moins cher car les mensualités du crédit sont bien inférieures au prix que je payerais si je louais. Ici, il faut néanmoins précisément que j'ai eu de la chance, et que j'ai été sur ce coup aidé financièrement par mes parents, et que j'ai sans le faire exprès fait une très bonne affaire, et je suis parfaitement conscient que c'est un luxe dont tout le monde ne peux pas profiter. Mais cette "facilité", je l'avoue, je pense, contribue justement à ce détachement que j'ai vis à vis de l'argent. De fait, n'éyant jamais été "acculé" financièrement, je n'ai pas développé de "traumatisme" vis à vis de ça, de sensation de "manque" ou de "détresse".
napo, le 29 juillet 2010 à 07:39, dit :
Une certaine somme que tu dois impérativement trouver ! Après, viennent toutes les autres charges, la bouffe pour toi et tes enfants si tu en as, le chauffage, les frais de transport (voiture, autobus, métro), enfin tu vois ce que je veux dire.
Tu ne peux pas y échapper. Comment gagnes tu ta vie ? Et comment te sens tu par rapport à la façon dont tu gagnes ta vie ? Décidément ce terme "gagner sa vie" me fait grincer les dents

Eh bien je crois que justement, le truc principal, c'est que je n'ai pas le sentiment de GAGNER MA VIE... Je vie, tout simplement, et je reste simplement conscient que pour vivre, il faut effectivement avoir de l'argent qui rentre en banque, de mon point de vue, l'argent rentre en banque simplement "comme ça", car les personnes qui m'emploient me payent. En fait, je suis psychologiquement d'avantage dans une sorte de perspective "communiste", c'est un peu comme si l'argent qui tombait en banque m'était simplement destiné pour subvenir à mes besoins, si il y'en a plus tant mieux, si il y'en a moins, tant pis. Lorsque je travaille, je ne le fais pas en me disant "je gagne mon pain". Je vais au travaille, parce que ça me permet de gagner de l'argent (si non je glanderais chez moi hein, c'est évident), mais je n'ai pas choisi mon travail en fonction de ça. Je suis prêt à faire des sacrifices sur mon budget et donc mon niveau de vie "financier" pour avoir le loisir de travailler dans un cadre qui ne me pourrie pas l'existence et qui réponds suffisamment bien à mes aspirations éthiques. Il se trouve que c'est plus important à mes yeux d'être en paix avec moi-même et de faire un boulot agréable dans une ambiance agréable, plutôt que de vendre mon âme au diable, rentrer chez moi crevé, mais être riche à ne pas savoir qu'en foutre. Et j'ai travaillé dans des secteur où "vendre son âme au diable" n'était pas si loin de la vérité... je l'ai très mal vécu, et pourtant j'y ai croisé la-bas des tas de personnes très motivés à faire des heures supplémentaires et se défoncer les nerfs dans le seul objectif de "gagner leur prime" tendue comme une carotte alléchante par la direction : Chacun son truc, moi, ça me donnait envie de gerber.
Et je conclurais quand même : j'estime avoir de la chance, je sais que tout le monde n'est pas dans ce cas et que beaucoup sont obligés de faire des boulots pénibles pour être payé une misère. Je n'estime pas que ce soit foncièrement normal, a toutes fin, tout le monde devrait être payé décemment, et au final, payé au moins en partie selon la pénibilité du travail accomplis et l'utilité de son travail. On peut citer les éboueurs ou les gens qui récurent les chiottes. Que je sache, si ils n'étaient pas là, on vivrais dans la merde, et ils méritent donc tout naturellement d'être payé en conséquence, et c'est d'autant plus révoltant lorsqu'on observe la paye de certains boulots qui au final, sont parfaitement inutiles... prenez par exemple : conseillé marketing, ça, ça devrait être payé une misère.
Parallèlement, comme je l'ai expliqué un peu avant, j'ai l'habitude de filer des coups de main purement gratuitement, pour sortir les gens de leur merde ou les informer. Il se trouve que je fais en gros la même chose dans le cadre de mon travail. Comment je pourrais associer quelque chose que je fais gratuitement d'un coté, au fait de gagner de l'argent de l'autre ? Ça me semblerait totalement absurde. Et je suis bien content de ne justement pas être dans cette optique où je fais un truc qui me fait purement chier, juste pour gagner de l'argent. D'un autre coté, si mon travail ne me faisais pas chier du tout, j'éprouverais quelques scrupules à être payé pour le faire, j'établis donc un équilibre entre ces deux contraintes.
Pour information, je travaille dans le support technique aux utilisateurs, et il serait hors de question pour moi que j'aide ces personnes uniquement parcequ'on me paye pour le faire (même si parfois ça me fait chier de les aider). Certes, "nous" vendons un service, mais j'ai surtout à coeur de les sortir de la merde (et de les éduquer pour qu'ils arrêtent de me faire chier et d'être cons). Je connais assez bien les différents styles de "rapport à l'argent" que peuvent avoir les gens pour avoir travaillé dans une vraie hotline grand public, où les gens appellent pour réclamer leur tribu, leur remboursement, menacer de ne pas payer parce que le service n'était pas bon, se plaindre que c'était trop chère, qu'ils étaient dans la misère desespérés (ouais, ils s'abonnent à l'ADSL mais sont dans la misère, voyez le problème ?) ou, dans les cas les plus cocasse, se comporter comme de véritables enculés et des rois du monde sous prétexte "qu'ils me payaient". L'argent n'achète pas tout, il m'est arrivé de le faire comprendre à certains.
Et d 'ailleurs, pour avoir assez bien compris comment les choses fonctionnent globalement, à force d'avoir 20000 personnes différentes au bout du fil, je sais que la plupart des gens sont des rapiats qui veulent le beurre, l'argent du beurre et la crèmerie, toujours prêt à payer moins cher, pour finalement s'étonner qu'on leur vend de la merde, oubliant complètement les valeurs élémentaires, et le fait que oui, pour fabriquer quelque chose, il faut payer des gens, que pour produire quelque chose, il faut des matières premières, qui est extrait par d'autres gens, et que plus on abaisse le prix, et plus la qualité diminue, car on diminue les effectifs, et les effectifs sont donc crevés, travaillent de manière de moins en moins inefficace dans des conditions toujours plus pourrie. Si vous achetez de la nourriture discount, y'a pas de miracle, c'est marqué dessus, la pizza trois fromage, il y'a 10% de formage dedans, le reste, c'est du chimique ou de la flotte. Au final c'est une réaction en chaine, car on abaisse les salaires pour réduire les coups, et comme on est moins bien payé, on veut toujours tout moins cher, donc les entreprises doivent baisser les coups, faire encore moins cher, et donc réduire encore les budgets sur les salaires, la sécurité et la maintenance, et donc ça tombe plus souvent en panne, c'est plus vite cassé, donc il faut racheter, mais moins cher car on a plus d'argent, et ainsi de suite...
Au delà de ça, il est évident que certains grands groupes s'en mettent plein les fouilles sur le dos des consomateurs ET de leurs employers, néanmoins je tiens à souligner l'état globalement pourrie de la psychologie des gens qui se comportent globalement comme de vrais enfants gâtés et toujours mécontent de leur situation financière. Si vraiment on a pas les moyens, et bien on choisi ses priorités, on ne s'abonne pas à canal+, on ne prends pas un forfait mobile 150€ par mois, on n'achète pas un écran plasma. On peut souligner au passage discourt totalement absurde des syndicats qui se battent pour "le pouvoir d'achat"... ils feraient mieux de se battre pour des conditions de travail décentes...
Ce message a été modifié par Sedenion - 29 juillet 2010 à 11:17.