(avant on ne faisait pas tout un foin pour une baston dans les écoles)
Même ici, ce genre de témoignage de "contestataire" va faire tâche parmi les chercheurs de "paix et d'harmonie" !
Mon propos n'est pas de justifier la violence généralisée. Mais la, il s'agit de personnes consentantes, avec des règles et des limites bien précises. Et tout de même, je ne peux m'empêcher d'ironiquement apprécier cette "tâche" dans notre belle et immaculée société.
Il y a quand même quelques belles perles dans ce témoignage qui ne fera jamais la une ! lol
J'entends a la radio en ce moment "Renan Luce", on est bien loin de ce nouveau Pierre Perret, et de ce modèle d'homme aseptisé qu'on nous inculque (Benabar aussi qui passe juste après).
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http://www.lyonmag.c...oligan-lyonnais
Citation
Les supporters de foot organisent de plus en plus de fights : des batailles contre les fans adverses. Lyon Mag a rencontré un des leaders des fighters lyonnais. Un témoignage exclusif.
“Je suis né à Lyon et j’ai grandi dans une famille modeste. Mon père était artisan et ma mère, fonctionnaire. On habitait alors juste à côté du stade de Gerland. Et le foot a très vite pris une place essentielle dans ma vie. Dès l’âge de 6 ans, j’ai commencé à jouer au FC Gerland puis au FC Lyon. Mes parents aussi adorent le football, surtout ma mère d’ailleurs, qui est une fan de l’OL. Je me souviens parfaitement de mon premier match à Gerland. J’avais 7 ans. C’est mon père qui m’avait emmené. On jouait contre Gueugnon. Et l’OL avait gagné 7-1 ! Un grand souvenir. Mon père m’a ensuite emmené régulièrement voir des matchs. Chaque fois à Jean Bouin. A l’époque, c’était vraiment pas cher. Pour les enfants, c’était même souvent gratuit.
A 10 ans, je suis allé pour la première fois voir un match sans mon père. Avec des copains. Et j’ai commencé à m’intéresser aux supporters. Cette ambiance, ces cris, tous ces drapeaux, ces odeurs de merguez grillée... Tout ce folklore autour du match me fascinait. Je me souviens qu’un jour j’ai assisté à une bagarre entre des supporters et des CRS. En rentrant chez moi, j’étais surexcité. Mes parents avaient eu du mal à me calmer. J’ai alors décidé de me rapprocher des supporters les plus acharnés de l’OL. Leur réputation violente ne me faisait pas du tout peur. Au contraire. Et à 18 ans, j’ai intégré les Bad Gones, le plus fameux groupe de supporters de l’OL et j’ai commencé à faire mes premiers déplacements chauds et notamment le derby à Saint-Etienne. Le déplacement à l’extérieur, c’est ce qui fait les vrais supporters.
J’ai alors découvert des supporters ultras et tout de suite je me suis senti en phase avec eux. Pour nous, l’Olympique lyonnais c’est notre histoire, notre culture... Et quand on défend l’OL, on défend notre ville, notre identité. C’est aussi une forme de rébellion dans une société normalisée où les gens ont une petite vie bien rangée : se marient à 25 ans, achètent leur Laguna, habitent leur petit pavillon de banlieue... Nous, on s’en branle de ce modèle. Nous les ultras, on est les derniers porte-parole d’une société libre, qui se bat contre le politiquement correct. Contrairement à ce qu’affirment les pubs Benetton, on n’est pas tous pareils. Chaque ville est différente et on revendique cette différence. Et on est prêts à se battre pour défendre nos couleurs.
Cette violence fait partie du foot. Et on aime la violence. Pour nous un match se gagne sur trois territoires : sur le terrain dans les tribunes et dans la rue. Dès qu’on a passé le péage de Villefranche au nord ou celui de Vienne au sud, c’est comme si on passait en terre ennemie. Et on veut que les gars en face se disent : “Les Lyonnais arrivent.” Et qu’ils aient peur.
En 2001, j’ai quitté les Bad Gones et le virage nord de Gerland car ils voulaient éradiquer la violence. Bref, il n’avaient plus la contre-culture des ultras. C’était devenu un groupe bien gentil. Je suis alors parti au virage sud et on s’est regroupés à une cinquantaine de supporters indépendants. Ne pas faire partie d’un groupe, c’est la liberté, on n’a pas de comptes à rendre au club. Et on peut organiser nos bagarres tranquillement en marge des matchs. Mais à cause des flics et de la surveillance, c’est devenu plus difficile de se battre près du stade. C’est pour ça que les fights sont nées. C’étaient il y a environ 2 ans. On a alors décidé d’organiser nos bagarres dans des endroits plus éloignés et plus discrets. La fight c’est en fait une réaction contre la répression.
Une fight, c’est super bien organisé. On contacte par téléphone ou par internet le responsable d’un groupe adverse et on lui propose un rendez-vous. S’il est OK, on dit combien on va être, en général une cinquantaine, on lui demande combien ils seront, on précise les règles : sans armes, on ne s’acharne pas sur un mec à terre... Et dès qu’on sait que la fight va avoir lieu, on ne pense plus qu’à ça toute la semaine. Car la violence du week-end est une vraie libération. Puis arrive le jour du match. Si on est nombreux, on se pointe par petits groupes dans le quartier pour ne pas se faire repérer par les flics. On est tous habillés sobrement, sans aucun signe distinctif style maillots ou écharpes de l’OL. Mais on envoie des éclaireurs : des gars à pied, en vélo ou en scooter chargés de repérer les lieux et nos adversaires.
On s’organise alors pour la bagarre : on met les plus costauds en première ligne, ceux qui feront la première charge, la plus violente. Devant on met aussi ceux qui ne se sont jamais fait coincer par les flics, qui n’ont pas de casier judiciaire. Si on est nombreux, on se regroupe par bandes de potes pour qu’au moment de la baston, on reconnaisse ceux de notre bande. Sinon dans l’hystérie générale, on risque de se taper dessus entre nous. Ce qui arrive parfois !
Quand on repère la bande adverse, l’adrénaline commence à monter très, très fort. Le meilleur moment c’est quand on finit enfin par les voir et les entendre. Ils sont là, ils avancent en criant... Le contact va bientôt avoir lieu. Et soudain, c’est le choc, très violent : coups de poing, coups de pied... T’as pas le temps d’avoir mal, tellement t’es excité. Et ce n’est pas une question de force physique. Je n’ai pas un gabarit très imposant, je mesure seulement 1,72 m pour 73 kilos. En fait, c’est dans la tête que ça se passe.
En général, une fight ça ne dure pas très longtemps, moins d’une minute. Un des deux groupes prend rapidement l’ascendant sur l’autre. Et ceux qui ont le dessous prennent la fuite. On relève les blessés et on se tire. Mais le lendemain, tu as mal partout et tu mets souvent plusieurs jours à t’en remettre. Et parfois, tu es bien abîmé. En août 2006 à Nice, on s’est retrouvés dans une ruelle de la ville, coincés par une bande de Niçois, armés de tessons de bouteille. Résultat, j’ai eu le crâne ouvert, une triple fracture du nez... J’ai eu deux mois et demi d’arrêt de travail. Dans ces cas-là, tu dis au médecin que tu es tombé dans l’escalier !
Quand on fait 4 ou 5 fights dans la saison, on est content ! Car les clubs contre qui on peut organiser des fights ne sont pas nombreux : Paris, Lille, Nancy, Metz... Des clubs qui ont des groupes d’indépendants et surtout en qui on peut avoir confiance car on sait que la fight sera réglo, qu’il n’y aura pas de débordements, pas de mecs armés... Contre Saint-Etienne par exemple, on n’organise jamais de fights, la haine est trop forte et ça pourrait vraiment dégénérer. Je n’ai pas envie qu’il y ait un mort et me retrouver pour 30 ans en tôle. Pareil avec les Niçois, on refuse de sa battre contre eux car ils se battent avec des armes. Pourtant, cette année, on s’est battus contre eux mais ce n’était pas programmé. Le conflit a démarré par hasard. C’était le 15 septembre 2007. Ce jour-là, on allait soutenir l’OL à Metz. On était une cinquantaine d’indépendants dans un bus Et on s’est arrêtés faire une pause sur une aire d’autoroute à Beaune. Mais là, on est tombés nez à nez sur des ultras niçois qui allaient supporter leur équipe à Auxerre, et qui faisaient le plein ! Quand ils ont vu des Lyonnais, ils se sont précipités. On est alors descendus, et comme on était bien plus nombreux qu’eux, on les a assiégés dans leur bus, on a pété toutes les vitres et on leur a piqué leur bâche. Dans le code ultra, perdre sa bâche où il y a le nom de son groupe, c’est ce qu’il y a de pire. Résultat, depuis, avec les Niçois, c’est très tendu. Ils sont même venus nous provoquer lorsqu’on a joué à Monaco le 15 mars, et on s’est battus sur une plage du Cap-d’Ail. Avec des pierres, des lance-fusées... Typiquement la bagarre qui ne me plaît pas, où je ne prends pas mon pied. Moi, je veux me battre à mains nues, comme un homme.
Chez nous, il y a de tout : des étudiants, des chômeurs, des chefs d’entreprise... Mais pas de délinquants. On a entre 18 et 37 ans. Il y a des mecs d’extrême-droite, d’extrême-gauche, des apolitiques comme moi... Moi, j’ai 30 ans, j’ai une femme, un petit garçon, je travaille dans le bâtiment mais je ne me vois pas du tout décrocher. Récemment, j’ai raté une bagarre contre des Parisiens. Je me suis senti vraiment mal de laisser mes potes aller seuls au carton. Bref, je suis accro. Pourtant aujourd’hui, je suis fiché chez les RG, je suis classé comme un hooligan de série C, les plus dangereux, j’ai déjà été interdit de stade trois mois... Mais je continue. Même si autour de moi, personne ne comprend. Ma mère par exemple est horrifiée, elle me répète que je suis “débile”. Mais la fight, c’est moi. J’ai besoin de ça. Je fais de la boxe, de la lutte-contact, de la musculation... Mais ça ne me suffit pas. Chacun a ses drogues : alcool, tabac, coke... Nous, c’est les fights. Car c’est dans ces moments-là que tu te sens vraiment vivant.
Mais il faut relativiser. Je préfère me battre avec des ultras comme moi plutôt qu’être un père de famille qui trompe sa femme ou un patron qui délocalise. Sans parler de ces politiciens qui condamnent notre violence alors qu’ils sont mal placés pour nous faire la morale parce qu’ils mentent, ils piquent dans la caisse...
Aujourd’hui la répression n’a jamais été aussi forte contre nous. Tous les moyens sont bons. On peut même se faire interdire de stade alors qu’on n’a rien fait ! Bref, il y a une justice à deux vitesses pour les supporters. On fait même la chasse aux banderoles qui ne sont pas politiquement correctes. En fait, on fait peur. Pourtant qu’est-ce qu’on fait de mal ? On se bat, on se défoule... Et on emmerde ceux qui vont au match de foot comme s’ils allaient à un spectacle. On emmerde le foot business et ses dérives...
Mais ceux qui veulent nous interdire les fights devraient faire attention. Car aujourd’hui, les fights, c’est de la violence contrôlée. Mais si on nous cherche vraiment, on peut vraiment devenir méchants.”
Propos recueillis par Aymeric Blanc
Sa plus belle fight
“Le dimanche 16 avril 2006, on jouait à Paris contre le PSG. A mon avis c’est la première fight en France. Ce jour-là, on est allés défier les hooligans parisiens chez eux. Personne n’avait jamais osé faire ça, car, niveau baston, les Parisiens sont clairement les meilleurs. On est partis tôt le matin de Lyon à 50 dans un bus. Une fois arrivé sur Paris, j’appelle un indépendant parisien et je lui propose une fight. Le Parisien, tout excité qu’un groupe vienne enfin les défier, me répond : “OK, on arrive !” On les a attendus dans un parc à environ un kilomètre du Parc des Princes. La nuit commençait à tomber. Tout à coup, on a commencé à les entendre mais sans les voir. Ils criaient “PSG Hooligans” en tapant dans leurs mains... C’était vraiment impressionnant. On s’est alors regardés en se disant qu’ils devaient vraiment être nombreux. Et franchement on avait la trouille. Et puis on les a vus, ils étaient au moins une centaine ! Deux fois plus que nous. Un grand moment ! Mais la trouille s’est vite transformée en adrénaline. Et puis, on est allés au contact. Et ça a été très violent. Et rapide. 15 secondes à peine. Car on a vraiment dérouillé ! On a alors pris la fuite et ils nous ont poursuivis jusqu’au stade. Ce jour-là, on a montré à toute la France que les supporters lyonnais avaient des couilles.”











