La finalité d'un être mangeur de viande est toujours de dévorer l'autre, le végétarien a stoppé le système en lui-même, il a fait le chemin et il a su pourquoi il le faisait. Souvent le végétarisme se transmet familialement, ce qui est tout à fait normal, on ne confond plus les valeurs alors ! Quand on est végétarien, on a fait un chemin dans son corps, dans son propre corps, dans ses propres cellules, on leur a appris un nouveau message, et ce nouveau message est différent de l'ancien. Un végétarien devient de plus en plus sensible, il se raffine, il se raffine réellement et se rend apte à des perceptions peu connues et peu révélées. L'amour des animaux devient vivant et éclate dans la conscience et le coeur, on entre dans un système étrange et douloureux à la fois de compassion envers le monde animal et la perception de l'environnement. Cette fête qu'on accorde alors aux plus petits de la création, c'est une fête partagée parce que c'est une fête amoureuse, tendre, attentive et experte.
Ils ne comprendront pas tant qu'ils seront comme ils sont, c'est vrai, et pourtant je dis.
Il y a fête dans l'entourage des végétariens souvent parce qu'ils ont appris à vivre autrement et leurs combats sont des combats d'esprit et de sensibilité. J'ai ravalé souvent la vanité d'impétueux contestataires des différences : le végétarisme gêne parce que c'est une différence, et une différence agissante, une différence qui transmute !
La notion même de "différent" est une gestion incapable de l'uniformité : on veut le faire mais on n'y parvient pas, les choses se passent autrement, il y a toujours des dissidents dans un système qu'on croît collectif. Avoir peur du végétarien c'est avoir peur d'une mutation en soi, en toi, en qui le vit, en l'autre qui se montrera peu à peu différent et qui concevra peu à peu le monde différemment ! Personne ne peut plus contrôler, on le vit chacun dans son côté, dans sa famille, dans son entente avec ses propres choix, le vent souffle et le vent souffle partout, mais tous ne nous réagissons pas pareil au vent.
La meilleure façon de savoir pourquoi l'on devient végétarien est de savoir pourquoi on ne l'est pas. La question est contenue dans la réponse, s'il n'est plus question pour les végétariens de vivre de la vie et de la mort d'un autre, et de sa chair et de son sang et de sa souffrance, c'est aussi que l'habit qu'ils ont pris dans le monde n'est plus le même !
Ce message a été modifié par Bibile - 06 mars 2010 à 15:06.












