Merci Prosodie, très heureux de voir que ce texte a suscité de l'intérêt. Dans le même ordre d'idée, voici une interprétation de l'évangile selon Saint Jean (écrite il y a un an ou deux) et qui évoque aussi la "Génèse".
« L’évangile selon Saint Jean. »
« Au commencement était le Verbe »
Le commencement dont il est question ici ne désigne sûrement pas une époque particulière, Dieu étant dit « Eternel » l’idée même d’un commencement temporel est peu probable. Ce commencement semble être « le point » à partir duquel le monde se déploie, le monde extérieur se manifeste. S’il en est ainsi, la création du monde ne s’est pas faite à un moment donné dans le passé mais se manifeste ici et maintenant dans chaque instant.
« Le Verbe » serait donc la première expression dans le processus de création.
« Et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu »
Il n’y a pas de séparation entre cette première expression de la réalité et l’infini.
« Tout fut par Lui »
Il est à l’origine de toutes les expressions du monde, à partir de Lui, l’univers se déploie…
« Et rien de ce qui fut ne fut sans Lui »
Voici une nuance probable avec la phrase précédente qui laisse entendre que les choses, même celles qui apparaissent très éloignées de la source, du point de création (les ténèbres), sont aussi de même essence que le Verbe.
« Le Verbe était la vie et la lumière des hommes. »
Ce plan fondamental est notre source intérieure de lumière et de vie.
Le mot « lumière » peut exprimer la joie, le bonheur mais aussi notre capacité à percevoir la réalité telle qu’elle est. Nous retrouvons la confirmation de cela dans une autre culture où il est dit que la nature profonde de l’homme est « Sat-chit-ananda », « Etre, conscience et béatitude » le mot « conscience » traduisant ici l’aptitude à percevoir ce qui est vrai.
Nous retrouvons aussi cet aspect dans cet épisode du « Mahabharata » qu’est « La Bhagavad Gîta » où Khrisna dit ceci à Arjuna :
« Pour le bhramane (prêtre) illuminé (éveillé) l’intégralité des Védas (dans ce contexte, enseignements spirituels mis en mémoire) na pas plus d’utilité qu’un puit dans un lieu inondé de toute part. »
Ainsi donc, « le Verbe » est notre lumière, de lui émane enseignement et bonheur.
« Et la lumière brille dans les ténèbres »
Cette source, conscience éveillée en nous, est éveillée même si nous croyons en être séparés.
Cet aspect est également confirmé par les enseignements orientaux.
« Et les ténèbres ne l’ont point comprises »
Si les ténèbres ont cette capacité de comprendre ou de ne pas comprendre, c’est qu’ils ont une identité. Celle-ci est séparée de la source, ne la comprend pas et ne l’accepte pas.
« Il y eu un homme appelé Jean, il n’était pas le verbe mais était envoyé par lui. »
Lorsqu’on lui demanda qui il était, il répondit :
« Je suis la voix qui crie dans le désert : »
Je suis conscient qu’à l’endroit où se déroule la scène, le désert domine et que cela peut signifier aussi « je crie et personne ne m’entend », mais l’image du désert revêt un autre sens dans la démarche spirituelle. Quoi qu’il en soit Jean est dit être envoyé par « le Verbe »
Cela signifierait : « Je suis l’expression de ce niveau fondamental, où rien n’est encore créé (vide comme un désert). A travers moi, le Verbe s’exprime. »
Et cette voix, que nous dit-elle???
Elle nous dit :
«Aplanissez le chemin du seigneur »
Préparez-vous pour que puisse venir à vous la conscience éveillée, pour que votre source puisse se manifester à vous. Faites les changements nécessaires dans votre vie…
D'autres écrits de même type sont disponibles sur mon blog sur la spiritualité laïque :
http://www.u-blog.ne...ritualitelaique
A bientôt