Vont-ils aussi inventer un vaccin aussi tueur que celui contre la grippe 1 et que le Gardasil ?
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NDM-1. Derrière ce nom barbare se cache une “super bactérie” résistante aux antibiotiques. Une menace en provenance d’Inde qui oblige les autorités françaises à recommander un dépistage systématique des personnes hospitalisées à l’étranger. Les nombreux échanges avec Maurice invitent la Réunion à redoubler de prudence.
C’est en 2009 que l’on entend pour la première fois son nom. La bactérie est alors identifiée chez un patient suédois ayant été hospitalisé en Inde. Il s’agit d’une entérobactérie (bactérie qui se développe dans le tube digestif) produisant une enzyme dénommée New Delhi metallo-bêta-lactamase (NDM-1). Sa particularité : elle résiste à pratiquement tous les types d’antibiotiques, y compris les carbapénèmes, généralement réservés aux urgences et au traitement des infections multi-résistantes. Mais ce n’est pas le plus grave. Comme l’explique le Dr Nathalie Lugagne-Delpon, présidente de la fédération pour l’hygiène hospitalière et la lutte contre les infections nosocomiales (Felin), “quelques bactéries sont également résistantes à la plupart des antibiotiques”. À la Réunion, l’acinetobacter baumannii a déjà ainsi contaminé des centaines de patients hospitalisés (lire par ailleurs). “Ce qui est surtout inquiétant, c’est que ce gène de résistance aux antibiotiques est transmissible à toutes les bactéries existantes, par simple contact entre molécules, explique le Dr Lugagne-Delpon. C’est ce qu’on appelle un gène sauteur. C’est comme une résistance contagieuse qui a la possibilité de contaminer l’ensemble des bactéries d’un corps, avant de passer ensuite à une autre personne.” Le 11 août, la revue The Lancet a publié une étude sur la diffusion de ces bactéries dans le monde, révélant que la NDM-1 avait été isolée chez 37 patients au Royaume-Uni, dont certains avaient voyagé en Inde ou au Pakistan pour y subir une opération de chirurgie esthétique. Trois Australiens et deux Français, qui ont été hospitalisés en Inde, ont été récemment infectés, faisant craindre une propagation mondiale et une surmortalité. D’autant plus que selon les spécialistes, il n’y aura pas de nouveaux antibiotiques disponibles avant dix ans.
LA RÉUNION EN AVANCE SUR LE DÉPISTAGE
Face à cette menace, la direction générale de la Santé (DGS) recommande à tous les établissements de santé un dépistage systématique de cette bactérie “chez des patients ayant séjourné dans un hôpital étranger”. Une pratique développée depuis déjà trois ans à la Réunion et à Mayotte, en raison du nombre important de rapatriements sanitaires effectués chaque année. 600 patients sont ainsi dépistés tous les ans à l’hôpital de Bellepierre. La menace que représente la NDM-1 incite en outre les spécialistes à mettre en garde tous les établissements de santé de l’île. “On va faire un rappel pour le dépistage et les mesures d’hygiène et on va alerter aussi les laboratoires”, indique le Dr Lugagne-Delpon. La prudence est d’autant plus de mise que les évacuations sanitaires en provenance de Maurice sont régulières à la Réunion. “Des Mauriciens peuvent ramener dans nos hôpitaux la bactérie, après avoir été hospitalisés en Inde”, reconnaît le Dr Lugagne-Delpon. La chef de service d’hygiène hospitalière au CHR Félix-Guyon ne cède malgré tout pas à la panique : “D’autres bactéries multirésistantes existent et l’homme a bien survécu.” Rappelons encore que les antibiotiques n’existaient pas il y a à peine 100 ans. “Nous payons une certaine arrogance vis-à-vis de la toute-puissance de la science, dénonce le Dr Lugagne-Delpon. L’antibiotique est bénéfique mais c’est aussi une bombe à retardement. À cause d’une mauvaise utilisation des antibiotiques, les bactéries sont devenues de plus en plus résistantes.”
Marie Payrard
- Entre harmonie et pathologie Les bactéries sont des microorganismes unicellulaires qui colonisent tous les types de biotopes rencontrés sur terre (sol, eau, air, déchets radioactifs, animaux…). On estime qu’il y aurait entre 4 et 6 mille milliards de milliards de milliards de bactéries dans le monde. Sur notre seule peau, ils seraient 1 012. La plupart vivent en harmonie avec notre corps et nous sont donc très utiles, notamment pour la digestion. D’autres sont néfastes. Elles se retransmettent par l’air, l’eau, le sol et les substances corporelles telles que le sang, les matières fécales, l’urine et les sécrétions. Leur arrivée dans notre corps déclenche une réaction de notre système immunitaire. Les antibiotiques aident alors notre système immunitaire à lutter contre ces bactéries pathogènes.
- Résistance aux antibiotiques La résistance aux antibiotiques est aussi ancienne que les antibiotiques eux-mêmes. Elle est souvent due à une utilisation trop large et inadaptée des antibiotiques en milieu hospitalier mais aussi en ambulatoire. Ces résistances peuvent également survenir lors du non-respect par le patient de la posologie et de la durée du traitement. La France détient, en Europe, le record du taux de résistance aux antibiotiques, soit 50 % pour la pénicilline et 28 % pour la méticilline utilisées respectivement contre le pneumocoque et le staphylocoque doré, qui constituent les principales bactéries à l’origine des infections nosocomiales. Et la large utilisation de certains antibiotiques fait craindre le développement encore accru de résistances.
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Une première alerte le 17 août dernier...











