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Une histoire d'Internet


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1 réponse à ce topic

#1 Sedenion

Sedenion
  • Invités

Posté 31 octobre 2010 à 01:04

Nous faisons, ou serions tentés, de faire l'erreur de considérer internet comme un média, c'est vrai et faux. A vrai dire, si on s'en tient à la définition originelle d'un 'média', alors oui, internet est un média, mais dans l'esprit de chacun, lorsqu'on prononce ou entend le mot "média" ce n'est pas à ça que nous pensons. Par média, nous entendons en premier lieu : la presse, la télévision, la radio et nous pouvons pousser le concept jusqu'à l'édition littéraire, le cinéma, le théâtre... Le point commun de ces médias c'est leur topologie. Tous ces médias sont des sources d'information centralisées qui irradient, diffusent dans un seul sens : de l'émetteur, vers les récepteurs.


La topologie de ces médias favorise leur contrôle par les autorités, non seulement par l'intermédiaire des organismes de censure légaux (le CSA par exemple), mais aussi et surtout plus sournoisement par l'intermédiaire d'un système quasi automatique de sélection naturelle et d'adaptation. A la télévision, comme à la radio, les débats sont organisés par des médiateurs qui prennent sur eux la responsabilité des personnes qu'ils invitent et à qui il donnent la parole. Si le médiateur invite ou laisse dire une chose que son patron (ou l'état) n'apprécie pas, le médiateur risque tout simplement d'être remplacé par un autre, plus attentif ou plus discipliné. Que ce soit les intervenants d'un débat politique ou les témoins mis en scène dans les reportages, lorsqu'on ne leur demande pas tout simplement de réciter un texte, sont simplement sélectionné ou coupés au montage selon ce qu'ils racontent. Ce n'est plus un secret pour personne. Il existe ainsi une forme de hiérarchie pyramidale de l'expression : L'état ou le patron autorise le médiateur ou le journaliste à s'exprimer, et lui même autorise tel ou tel leader d'opinion, témoin ou information à être diffusée ou débattu dans des cadres strictes, sous son autorité à lui. Si une "bavure" est commise, le "contrevenant" est soit rappelé à l'ordre, soit éjecté. Pour éviter ce genre de mésaventure, les intéressés n'ont pas d'autres choix que d'adhérer, s'auto-censurer, ou simplement changer de métier. Le sommet de la pyramide garde ainsi le contrôle sur ce qui est dit au pied de la pyramide et le modèle de diffusion de l'information est bel et bien sauvegardé (avec quelques imperfections) dans un circuit ouvert du sommet vers la base, dans un seul sens, dans une seule direction. Ce modèle s'applique évidemment également à l'édition ou au cinéma, mais dans une moindre mesure.


Le problème d'Internet dans sa forme actuelle, c'est que sa topologie est complètement différente voir complètement opposée à ce modèle pyramidale. Internet, n'est pas centralisé, aucune hiérarchie n'existe pour filtrer l'information qui est diffusé, mais pire, tout le monde peut s'y exprimer quand il veut et pour une durée indéfinie. Les implications peuvent paraitre triviales pour quiconque a d'une certaine manière grandi avec internet, mais pour le sommet de la pyramide de l'ancien monde, cette "chose" est non seulement inacceptable, mais d'une dangerosité indicible. Pour comprendre la terreur qui s'empare d'eux lorsqu'on dit le mot "internet", il faut se mettre à leur place et transposer le problème au média dits "classiques". Imaginez par exemple :

    * Un journal télévisé, diffusant un reportage avec certains témoignages recueillis, puis soudain, un membre du public se lève et s'insurge "non, ça ne s'est pas passé comme ça, j'y étais", puis un autre d'abonder dans son sens "en effet, moi aussi"...
    * Un magasine avec un chroniqueur qui énonce son opinion, puis un membre du public se levant et prenant la parole pour le contredire, le contre-argumenter, puis un second, et un troisième.
    * Un débat politique avec deux intervenant choisi débattant d'un sujet, puis un membre du public se levant et démontrant que chacun des deux intervenants se trompent, puis un second, et un troisième.
    * Un expert choisi par la rédaction énonçant son analyse, contredit dans la foulée par un autre expert qui était dans le public, puis un second de prendre partis, et un troisième, ect...


Sur internet il n'y a pas de temps de parole à respecter et il n'y a pas de nombre de page limité. Tout à fait différaient du système pyramidale, ou l'information est diffusée du sommet vers la base et strictement du sommet vers la base, sur internet l'information est diffusée de partout vers partout, la diffusion est omni et bidirectionnelle en tout point du réseau. A la grande différence du système pyramidale ou l'information doit être avalisé par des autorités successives avant d'être diffusés, sur internet l'information est d'abord diffusée, et ensuite seulement, peut faire l'objet d'une censure par une autorité.


Comme s'insurgeait sottement un représentant de l'état à propos d'internet "on ne peut quand même pas permettre à n'importe qui de dire ce qu'il veut sur internet !". En effet, pour eux, et selon leur façon de voir le monde, c'est tout à fait inacceptable. Il ne faut pas se leurrer, ce qui leur fait peur, ce n'est pas que des personnes puissent dire ou exprimer des opinions jugés illégales, mais bien que les gens s'habituent à ce mode d'expression participatif et égalitaire qui cassera tôt ou tard l'illusion de l'utilité et de la pertinence du sommet de la pyramide. En se concertant et s'informant elle-même et par elle-même, la masse populaire se dédouanera spontanément et naturellement des différentes mesures de contrôles imposés par le système pyramidale. Parallèlement, elle apprendra que contrairement à ce qu'on a essayé de lui faire croire, une telle topologie n'est pas synonyme de chaos mais au contraire l'opportunité formidable de l'émergence de nouvelles formes d'organisations sociales décentralisés et réellement démocratique, et pour les plus rêveurs et en avance sur leur temps, l'esquisse d'une civilisation anarchiste au sens noble du terme. Ça peut prendre une ou plusieurs générations, mais ça arrivera, il ne le savent pas encore, ils veulent l'empêcher, mais ça arrivera.


L'erreur stratégique majeur du sommet de la pyramide, c'est d'avoir cru qu'Internet était comme la télévision ou la radio. Impossible pour eux d'imaginer qu'un tel dispositif existait, qu'une telle "hérésie" pouvait voir le jour. Ils avaient vaguement eu l'expérience des radio libres, mais les radio libres étaient facile à faire taire, facile d'y réinstaurer des mesures de contrôle hiérarchisée sur le modèle de la télévision. En prime, la radio impose un temps de parole limité, tout le monde ne peut pas s'exprimer de partout et en même temps, si dérapage il y'a, il est facilement corrigible, un démentis, de plates excuses, peu importe, c'est facile. Internet, ils ne l'ont pas vu venir, c'était trop loin de leur conception du monde, trop au dessus de leurs têtes et trop énorme, en dehors de leur entendement, c'est pour ça qu'ils l'ont laissé passé si longtemps, c'est pour ça qu'ils ne s'en sont pas méfiés avant. : Tel les indigènes d'Amérique centrale qui voyaient les sillons dans l'eau sans "voir" les navires espagnols, ils ne l'ont tout simplement pas compris et pas vu pour ce que c'était.


Le modèle pyramidale est si profondément ancré dans leur conscience que lorsque le premier problème juridique sérieux s'est posé sur internet, ils ont montré et prouvés qu'ils avaient tout compris à l'envers, ou plutôt, dans le sens naturel de leur perception du monde. Riche d'enseignement, cette affaire, l'affaire Altern, n'en fut pas moins un gros coup dur et le point de départ d'une dénaturation d'internet. L'affaire Altern fit jurisprudence - et le juge n'a sans doute pas mesuré le poids de son jugement à l'époque - et il fut conclu, en terme simples que : si quelqu'un dit quelque chose de répréhensible par la loi sur internet, alors c'est l'hébergeur qui est tenu responsable et doit supprimer le contenu répréhensible dans les plus brefs délais, sous peine d'être inquiété par la justice. D'aucun trouverait cette décision assez pratique, puisque dans le cas où vous dites une connerie sur votre skyblog, vous n'êtes en théorie point inquiétés, puisque c'est à l'hébergeur que revient la responsabilité de vous fermer le clapet, et si toutes fois il ne le fait pas, c'est lui qu'on condamne, et pas vous. En fait, ici, on comprends bien que l'hébergeur - qui fournit de l'espace disque - est implicitement perçu et considéré comme un intermédiaire hiérarchique qui donne la parole à un intervenant, exactement comme à la télévision. A partir de ce point de l'histoire, les hébergeur avaient donc implicitement le rôle d'intermédiaire de validation et donc d'autorité de censure, et devaient donc veiller à faire taire les impertinents à qui ils fournissaient de l'espace disque. Mais fut-ce réellement réfléchit et mesuré ? Pas du tout. En réalité, à l'époque, ni la plaignante ni le juge n'ont compris ni réalisé qu'ils étaient non pas face à une rédaction de presse ou une chaine de télévision, mais tout simplement face à un particulier, un gamin qui avait fait une page perso. Comme le seul modèle connu à l'époque était le cas de figure où le plaignant portait plainte contre une rédaction qui avait autorisé la diffusion d'une information, il fallait retrouver et reconstruire ce modèle par dessus le nouveau paradigme. Et c'est donc tout naturellement que l'hébergeur fut considéré comme l'autorité qui autorise ou censure, et le particulier comme le pigiste. Il ne fallait rien de plus que de la bêtise et de la vénalité pour casser les premiers axes fondamentaux de la liberté d'expression sur internet et réinstaurer le modèle de diffusion de l'information pyramidale.


L'affaire Altern c'était un bon début, mais ils ont vite compris que ça n'était vraiment, mais alors vraiment pas suffisant. En effet, même si il était devenu facile de faire supprimer une page ou un site sur simple menace de procès à l'hébergeur (et c'est monnaie courante), encore faut-il

    * tomber sur la fameuse information pour savoir qu'elle existe et demander sa suppression
    * que l'hébergeur ne soit pas localisé dans un lointain pays encore libre
    * que l'information ne soit pas répliquée en de si nombreux endroits que la supprimer du réseau relèverait de la pure folie.

C'est à partir de là qu'ils ont réalisé le vrai soucis qu'ils avaient, qu'ils se sont urinés dessus en observant l'énorme géocroiseur qui leur fonçait droit dessus, et qui, non, décidément, n'était pas un reflet dans la lentille. Alors ils ont décidé, de concours avec quelques complices de leur ancien système (médias, majors, imbéciles de passage, etc... ) qu'ils savent utiliser à leur avantage pour progressivement, mais surement, déconstruire internet pour le re-canaliser en forme de pyramide. Il leur faut refaire internet avec les principes de validation et de censure implicites et automatiques tels qu'ils existent actuellement dans les média classiques comme la télévision, la presse et la radio. L'amusant est qu'ils n'y arriveront pas, mais qu'ils vont tout faire pour essayer. Ils sont en grand danger, le nombre de personne sachant utiliser internet autrement que comme une simple télévision grandi de jour en jour et disposent de l'appuie de nombreuses personnes prêtes à informer et expliquer pour contrer l'effet anesthésiant des canaux d'information classiques. La brèche est ouverte, et même si elle n'est pas encore béante, qu'elle n'est pas bien visible de tout le monde, elle existe.

Ce message a été modifié par Sedenion - 31 octobre 2010 à 01:13.


#2 Chercheur aussi

Chercheur aussi

    Chercheur d'idées

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Posté 31 octobre 2010 à 06:04

Sédénion ,

Que pourrions nous espérer de meilleur , qu'espères -tu en définitive ? L'avènement de la conscience universelle sans doute ? Le paradis ici et maintenant ? Et crois-tu sincèrement qu' internet mieux que le reste puisse faire advenir celà ?
Dis aujourd'hui toute la vérité sur internet et tu seras surpris du flop que tu vas faire .
Déjà il faudrait la savoir , ensuite que ta " pillule rouge " quelqu'un ressente vraiment viscéralement l'absolue nécessité de l'avaler , ensuite qu'il ne soit pas tout seul avec toi et que la controverse qui en suivrait ne finisse pas par noyer le poisson sous les théories et contre-théories .
Si la technique devait réveiller le monde çà serait fait depuis belle lurette or bien souvent elle ne fait que l'asservir d'avantage .
C'est rare les chiens qui redeviennent loups .
Mais je peux me tromper ,il te suffit pour celà dans ton prochain message de profiter d'internet pour annoncer l'ultime vérité et comme une traînée de poudre elle se répendra avant que " contrôle " n'aie pû réagir .
A l'intérieur , la matrice est à l'intérieur . Voilà , j'ai dit la vérité . Maintenant si " contrôle " ne me détecte pas , demain j'aurai fait le tour de la planète et après demain Eldorado enfin .  :chamaille: naïf Sédénion .
Ne lâche pas le morceau mon gars ,t'as un truc mais qui pousse sur les gonds de la porte .

Ce message a été modifié par Chercheur aussi - 31 octobre 2010 à 06:06.