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Le peak oil


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165 réponses dans ce topic

#151 yoananda

yoananda

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Posté 04 octobre 2011 à 19:13

Voir le messageMatrix, le 30 septembre 2011 à 14:31, dit :

C'était le point 6 qu'y m'intéressait, parfait merci yoananda!
http://lachute.over-...e-85809578.html
cet article sur l'actu dans l'aviation devrait t'intéresser. N'hésite pas a contacter le bloggueur pour lui demander son avis. Il connait très bien le domaine (entre autre).
Si tu as une réponse, fais nous un retour ici, ca serait sympa.
Les bisounours m'ont tuer

#152 Matrix

Matrix

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Posté 04 octobre 2011 à 22:13

Merci yoananda, ce blog est très bon un humour gras me convenant parfaitement et je lui ai envoyé un message! :cartonnes:
“Les problèmes sont des opportunités en vêtements de travail”  Henry Kaiser

#153 yoananda

yoananda

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Posté 06 octobre 2011 à 13:11

Je voulais parler d'un sujet un peu "négligé" concernant le pic pétrolier.
L'économie actuelle est totalement dépendante du pétrole. Si vous voulez mettre en place une éolienne par exemple, ce qui déterminer son coût de revient, et sa rentabilité, c'est au final le coût des machines qu'on utilise pour transporter, assembler, et mettre en fonction tout le matos. Pour tout ca il faut du pétrole. Et même pour nourrir le conducteur de la machine il faut du pétrole.

Bref, l'économie a un besoin vital du pétrole.

Le pétrole, ce qui détermine son coût a lui, au final, c'est : avec un baril de pétrole d'énergie, combien je peux récupérer de barils supplémentaires.
On appelle ca "EROEI" (energy returned on energy invested"
Au début du pétrole, avec un baril d'énergie on en récupérait une centaine. Puis dans les années 80 on est passé a 30, a partir du premier pic pétrolier (pic pétrolier onshore et pic pétrolier per capita).
Maintenant, ce chiffre continue de diminuer.
Ce qui signifie que le prix du pétrole augmente.

Qu'est-ce que l'EROEI cache exactement ? Pour extraire un baril de pétrole il faut
  • prospecter, trouver de nouveaux gisements
  • quand on en trouve il faut creuser plusieurs puits, parfois 10 parfois 100 avant d'en trouver un qui produit
  • ensuite il faut environ 15 ans pour le mettre en production
  • ensuite il faut transporter ce pétrole (pipeline, bateau, etc...)
  • puis il faut le raffiner
  • et enfin, et la ou je voulais en venir : il faut sécuriser l'approvisionnement
c'est pas le tout de forer un puits il faut ensuite que le pipeline ne soit pas percé par des rebelles (super facile de percer un trou dedans), il faut que le pays d'ou on l'extrait soit suffisamment stable politiquement parlant, et si on est américain, il faut qu'il soit vendu en dollar.

Ce dernier point est systématiquement ignoré des calculs. Pourtant le pétrole qui va rester utilisable pour la société civile, c'est après que les militaires se soient servis pour sécuriser l'approvisionnement.
Ce n'est pas vraiment du pétrole disponible pour l'économie (du moins la civile ... car en effet les militaires sont payés, mangent, etc...).
Et comme le prix du pétrole est déterminé (aussi) par l'offre et la demande, si les militaires en consomment plus, ca augmente l'offre, ca le rends plus cher.

Hors quand on voit le budget du pentagone et le couts des guerres Irak/Afganistan et autre, on comprends vite que ce n'est pas un facteur négligeable.
Et qui l'est de moins en moins vu que maintenant les pays arabes sont instables et qu'il faut aller sécuriser encore plus le pétrole la bas.

Tout ca pour dire si on rajoute qu'un part croissante du pétrole mondial va a la chine et aux pays exportateurs (qui se le gardent de plus en plus pour eux même), on comprends vite qu'il en reste de moins en moins pour la société civile, notamment Européenne.

Il n'y aura plus de croissance en Europe. C'est fini. Si vous comprenez ça, vous comprenez que toutes les politiques basées sur la croissances sont vouées a l'échec, brutal qui plus est.
Depuis 1980 on est dans la crise du pétrole. Mais c'était caché par de la dette et des gadgets. Maintenant, depuis 2008 on est dans la phase "publique" de la crise, mais c'est encore "soft". On va pas tarder (je pense) a rentrer dans la phase hard. (on en voit déjà les prémices).

Les militaires, d'après ce que j'ai lu en sont conscient. Ils estiment pour 2015 les gros troubles sociaux, y compris changement de régime politique au coeur de l'Europe, etc...

En effet, les élections de 2012 vont être déterminantes quand à la suite, notamment en ce qui concerne la dette et donc il se peut qu'il y ait une rupture a ce moment la (tea party / FN qui fassent basculer le fragile équilibre du pouvoir d'alternance gauche/droite).
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#154 le cereale killer

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Posté 06 octobre 2011 à 15:05

petite info à rajouter au post précédent: l'EROEI des fameux agrocarburant, est parfois de moins de 1 !!! ce qui veut fire que l'on consomme plus d'énergie pour le produire qu'il n'en fournie... on fait en fait un transfert d'énergie, puique l'EROEI est calculé en baril EQUIVALENT PETROL, le baril produit peut l'avoir été avec de l'éléctricité, du charbon, du gaz etc, en fait tout ce qui rentre dans la chaîne de production.

sans compter qu'en plus les agrocarburants privent de leur nourriture de base certaine populations, comme c'est le cas au mexique avec le maïs vendu aux USA !!! mais bon ça c'est secondaire, on s'en fout, du moment que les hummers roulent...

et à propos de prix du pétrole, yves cochet disait quelque chose de très juste, l'erreur qui a été faite depuis le début est de n'avoir pris en compte que le côté humain dans le prix, à aucun moment on ne s'est dit qu'il faudrait compter le facteur "géologique", en faite pour lui il aurait fallu prendre en compte la durée de formation du pétrole pour en fixer le prix, qui est extremement longue à l'échelle humaine, mais celà aurait permis d'utiliser le pétrole de façon beaucoup plus résonnée, car finalement le pétrole aussi est une energie renouvelable, il n'y a que l'echelle qui soit disproportionnée pour l'économie humaine... malheureusement nous sommes dirigés par des terraplatistes qui ont pensé et qui pensent encore qu'il n'y aura jamais de problème d'approvisionnement, au pire le pétrole sera remplacé par autre chose...
« Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. » (Kenneth Boulding)

"Le pétrole est appelé huile de roche. L’absence de pétrole est appelée huile de coude…" (Anne ONYME)

#155 yoananda

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Posté 10 octobre 2011 à 22:50

Finalement, on aura dépensé le pétrole pour :
  • aller chercher les croissants le matin en 4x4
  • mettre des clims l'été dans les appart, les magasins et les voitures
  • faire Paris-Newyort en 3H de concorde
voila, ... qu'est-ce qu'on en a de plus d'avoir cramé tout ce pétrole ?
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#156 le cereale killer

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Posté 10 octobre 2011 à 23:07

Voir le messageyoananda, le 10 octobre 2011 à 22:50, dit :

Finalement, on aura dépensé le pétrole pour :
  • aller chercher les croissants le matin en 4x4
  • mettre des clims l'été dans les appart, les magasins et les voitures
  • faire Paris-Newyort en 3H de concorde
voila, ... qu'est-ce qu'on en a de plus d'avoir cramé tout ce pétrole ?



pleins de technologies... dont on n'aura que faire sans loooooooooooooooool

Ce message a été modifié par le cereale killer - 10 octobre 2011 à 23:08.

« Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. » (Kenneth Boulding)

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#157 lecampsert2

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Posté 18 octobre 2011 à 06:44

qu'est-ce que vous pensez de la vidéo sur ce site?

http://mondefutur.com

#158 yoananda

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Posté 18 octobre 2011 à 10:30

Voir le messagelecampsert2, le 18 octobre 2011 à 06:44, dit :

qu'est-ce que vous pensez de la vidéo sur ce site?

http://mondefutur.com
vision très simplifiée, mais bon, relativement juste.
Les bisounours m'ont tuer

#159 yoananda

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Posté 19 octobre 2011 à 10:58

http://www.lemonde.f...89882_3234.html

le peak oil ? mais ou ca ? lol
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#160 jean59

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Posté 19 octobre 2011 à 16:44

il nous font croire que nous sommes seul responsable de notre malheur, à cause de l’insuffisance de notre intelligence,de nos  efforts. Ainsi, au lieu de nous révolter contre le système économique, l’individu s’auto - dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…je suis sur qu'il reste beaucoup de pétrole et pour longtemps , il y a des décennies  que nous sommes conditionnés pour accepter le prix exorbitant du carburant , personne ne bougera dans l' hexagone et ils le savent très bien en haut , de toute façon  nous sommes conditionnés pour tout accepter  , et le pire est a venir !

#161 le cereale killer

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Posté 19 octobre 2011 à 18:23

il reste effectivement beaucoup de pétrole, à vrai dire autant qu'on en as déjà consommé, l'important est de savoir à quel débit ce qui reste va sortir de terre, et combien celà coutera de l'extraire !!!

je ne pense pas qu'il y est besoin de culpabiliser les gens pour qu'ils n'agissent pas, il suffit qu'ils n'ai pas d'intérêt à le faire, l'individualisme est là pour ça, tant que ça ne me touche pas, j'ai beau voire les injustices à la télé, voire que mon voisin est dans la merde... qu'est-ce que j'y peut ???
« Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. » (Kenneth Boulding)

"Le pétrole est appelé huile de roche. L’absence de pétrole est appelée huile de coude…" (Anne ONYME)

#162 yoananda

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Posté 22 octobre 2011 à 18:53

RIP les algues OGM qui produisent du pétrole.
http://petrole.blog....-panne-dalgues/

Citation

- le peak oil ? mais ou ca !


- Mais la ! devant ton nez je te dis !

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#163 Prema

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Posté 11 novembre 2011 à 09:44

Edit modo: Topic combiné

L'âge du pétrole arrive à sa fin.

Historique et avenir de l'énergie fossile la plus prisée au monde.

En rassemblant des images d'archives, des documents de la NASA et des extraits de films, le réalisateur Ray McCormack et le journaliste Basil Gelpke prévoyaient déjà, il y a deux ans, la crise du pétrole dans laquelle nous sommes entrés. Dans un tour du monde d'experts, leur documentaire montre comment, en 150 ans, l'homme a presque épuisé des réserves qui ont mis plusieurs millions d'années à se constituer. Ce constat soulève des questions inquiétantes pour l'avenir proche : combien de pétrole reste-t-il ? Se pourrait-il qu'une guerre éclate entre des pays s'arrachant les dernières réserves ? La recherche se tourne vers de nouvelles sources d'énergie, pour que l'on puisse un jour pallier l'épuisement de ces ressources non renouvelables. Ainsi, au-delà de l'avenir du pétrole et de son histoire, le film s'interroge sur la question énergétique dans sa globalité, sans doute la plus importante et la plus complexe de notre époque, dont il expose avec clarté et rigueur les paramètres écologiques, économiques et politiques.

Documentaire

Ce message a été modifié par Trintawak - 11 novembre 2011 à 09:52.

Si le climat était une banque il serait déjà sauvé.
Hugo Chavez

#164 LeCurieux

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Posté 20 décembre 2011 à 23:44

Début du déclin de l'extraction en 2015, ça sent le sapin et la cire pour la suite... source LeMonde.fr

20 décembre 2011
Le pétrole déclinera peu après 2015, selon un ancien expert de l’Agence internationale de l’énergie



Olivier Rech a élaboré les scénarios pétroliers de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) durant trois ans, jusqu'en 2009. Il conseille aujourd'hui d'importants fonds d'investissements pour le compte de La Française AM, un gestionnaire d'actifs parisien.
Ses pronostics sur l'avenir de la production mondiale de pétrole sont aujourd'hui beaucoup plus pessimistes que ceux publiés par l'AIE...

Olivier Rech, responsable des questions pétrolières au sein de l'Agence internationale de l'énergie de 2006 à 2009.



Quels sont vos pronostics ? Commençons par les pays producteurs en dehors de l'Opep [qui représentent 58 % des extractions et 23 % des réserves mondiales].
Hors Opep, les choses sont claires : sur 40 millions de barils par jour (Mb/j) de pétrole conventionnel extraits des champs existants, on est face à un déclin annuel de l'ordre de 1 à 2 Mb/j.

Selon vous, on est donc proche du déclin de 5 % par an de la production existante évoqué par Shell ?
Oui, c'est à peu près ça.

Et pour la production des pays de l'Opep [42 % des extractions et 77 % des réserves mondiales] ?
C'est plus difficile à dire, les données sont toujours aussi opaques, on reste dans le brouillard. Je remarque néanmoins que les banques Barclays et Goldman Sachs estiment que les capacités de production non-utilisées de l'Opep, notamment celles de l'Arabie Saoudite, sont bien moins importantes que ce qui est annoncé officiellement.

De nombreux nouveaux projets de production sont actuellement en cours de développement. Que faut-il en attendre ?
En effet, il y a de nouveaux projets au large du Brésil, du Ghana et de la Guyane. Le golfe du Mexique est encore loin d'être épuisé. L'Arctique, c'est plus incertain, mais il y a un vrai potentiel pour le gaz naturel. Cependant, il faudra compter encore une décennie avant d'en voir sortir une production significative, éventuellement de pétrole.

Alors le pic et le déclin de la production mondiale de pétrole, c'est pour quand, selon vous ?
Il est toujours délicat d'avancer une date précise. Les taux de récupération des champs existants augmentent. Aux Etats-Unis, la production à terre décline très lentement (il faut dire qu'ils forent comme des fous là-bas). C'est une erreur de sous-estimer le savoir-faire des ingénieurs spécialistes du forage.

Compte tenu de tous ces facteurs capables de retarder un déclin, quelle est votre conclusion ?
On restera certainement en-dessous des 95 Mb/j pour l'ensemble des pétroles conventionnels et non-conventionnels.

Donc, vous êtes nettement plus alarmiste que l'AIE et que Total, le plus pessimiste des groupes pétroliers, qui évoque la possibilité de maintenir la production sur un plateau situé aux alentours de 95 Mb/j jusqu'en 2030.
C'est exact. La production se trouve déjà sur un plateau depuis 2005, autour de 82 Mb/j. Il me paraît impossible d'aller beaucoup plus loin. Puisque la demande, elle, devrait continuer à augmenter (sauf, peut-être, si la crise gagne les économies émergentes), je m'attends à voir les premières tensions d'ici 2013-2015.


Et ensuite ?
Ensuite, d'après moi, ce sera un déclin de la production sur la période 2015 à 2020. Un déclin pas forcement rapide d'ailleurs, mais un déclin, ça semble clair.

Vous dites « pas forcément rapide ». Pourquoi ?
Tout va dépendre du rythme auquel les filières de pétroles non-conventionnels vont pouvoir se développer. La transformation du charbon et du gaz naturel en carburant liquide restera infinitésimale. Pour les biocarburants de première génération, je pense qu'on est déjà proche de la limite maximale. En ce qui concerne la seconde génération, on en est encore au stade des pilotes industriels. Pour arriver à une production significative à l'échelle mondiale, de 2,5 Mb/j mettons, il faudra compter encore un quart de siècle.

Tout cela sera insuffisant pour compenser le déclin des champs existants de pétrole conventionnel, d'après vous ?
Insuffisant, oui.

Ce message a été modifié par LeCurieux - 20 décembre 2011 à 23:45.


#165 Llewaragorn

Llewaragorn

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Posté 30 janvier 2012 à 21:56

Shell : il faut quatre Arabie saoudite en plus d’ici dix ans

J'ai d'abord cru qu'il y avait une énorme coquille dans cet article du Financial Times.. Mais non. Son auteur, Ed Crooks, chef du service industrie aux Etats-Unis, m'a fait part de son propre effarement. Pas d'erreur, son papier contient bien une très grosse bombe, sans doute à fragmentation. (Shell chief warns of era of energy volatility, par Ed Crooks)




Le PDG de Shell, Peter Voser, déclare :« La production des champs existants décline de 5 % par an à mesure que les réserves s'épuisent, si bien qu'il faudrait que le monde ajoute l'équivalent de quatre Arabie saoudite (sic) ou de dix mers du Nord dans les dix prochaines années rien que pour maintenir l'offre à son niveau actuel, avant même un quelconque accroissement de la demande. »

Quatre Arabie saoudite ? En dix ans ? 40 millions de barils par jour (Mb/j) à mettre en production, soit presque la moitié de la production mondiale actuelle... !?




Bien entendu, Shell ne fournit pas la moindre précision pour étayer cette surenchère... cataclysmique. Peter Voser se contente de rappeler qu'il faut « entre six et huit ans » pour développer tout nouveau projet pétrolier ou gazier important. Tout ça afin de poser que « nous allons vers une grande volatilité inévitable (...) des prix de l'énergie en général. » Peter, tu donnes l'heure.

Et M. Voser d'enfoncer le clou : « Nous allons très probablement voir apparaître des difficultés dans l'équilibre offre-demande, et donc une hausse des prix de l'énergie sur le long terme. Je crois qu'il faut nous y faire. »  Là, las, le clou n'est qu'à moitié enfoncé : le patron de Shell ne donne certainement pas la pleine mesure de ce que risque d'imposer le besoin de remplacer... quatre Arabie saoudite en dix ans !

En novembre 2010, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) évoquait discrètement la nécessité de développer l'équivalent de la production de "seulement" deux Arabie saoudite avant 2020, juste pour compenser le déclin des champs existants. Déjà un défi fantastique, sans doute chimérique d'après de nombreux spécialistes (géologues, ingénieurs, militaires, financiers, etc.)

Voilà maintenant que Shell double la charge : presque la moitié des capacités de production mondiales à remplacer... en dix ans ! (Bon OK, je me calme avec la ponctuation.)

N'empêche : par quel tour de force inouï l'industrie serait-elle capable de compenser en si peu de temps le déclin apparemment plus rapide encore qu'annoncé de bon nombre des régions pétrolifères les plus anciennes et les plus généreuses, et cela avec du pétrole difficile d'accès et lent à produire (en eau très profonde au large du Brésil, avec les schistes fracturées aux Etats-Unis et les sables bitumineux canadiens, peut-être demain en Arctique, ou même avec les agrocarburants et la transformation de gaz naturel en carburant liquide) ?

Les propos tenus par le PDG de la Shell prouvent assez son propre manque d'optimisme...

* Le pourcentage de déclin annuel de la production mondiale existante mis en avant par Shell est bien plus lourd que les 2 % habituellement mentionnés. Mais 5 %, ce n'est pas un rythme invraisemblable : la production de brut européenne (essentiellement la mer du Nord) chute en moyenne de 6 % par an depuis dix ans.

* Avec un déclin de 5 % par an sur 10 ans, on arrive à un manque en 2021 de 33 ou 36 Mb/j, selon qu'on retient la production actuelle de brut, 82 Mb/j, ou la capacité maximale théorique "tous liquides" (pétroles + agrocarburants), 90 Mb/j. Cela fait bien grosso modo dix mers du Nord et un peu moins de quatre Arabie saoudite.

Le discours des compagnies pétrolières occidentales devient vraiment étrange et inquiétant. A croire qu'après avoir feint pendant des années d'ignorer le sérieux du problème posé par le pic pétrolier, plusieurs majors jouent maintenant à qui sera la plus alarmiste.

Pourquoi un tel revirement ?

Les grandes compagnies occidentales sont désormais en manque chronique de réserves fraîches de pétrole. Y compris les firmes américaines, puisque la production des Etats-Unis, ancien premier exportateur et aujourd'hui premier importateur mondial, décroît depuis plus de quarante ans.

Les puissances coloniales ont projeté très loin leurs forces pour accéder à leur fix de brut : d'abord les Britanniques en Perse et en Irak, puis les Américains en Amérique Latine et en Arabie saoudite, la France, enfin, en Afrique de l'Ouest et du Nord.

Mais depuis une ou deux décennies, ça coince de plus en plus. Même le n°1 américain, Exxon, n'est parvenu à remplacer que 95 % du pétrole qu'il a pompé un peu partout dans le monde au cours des dix dernières années.
Source 1      Sources 2

#166 Llewaragorn

Llewaragorn

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Posté 30 janvier 2012 à 21:57

désolé, je vu trop tard c'est un doublon