Posté 30 novembre 2010 à 10:43
une petite recherche:
NEBOUKADNETSAR, NEBOUKADRETSAR
(de l’akkadien, “ Ô Nebo, protège l’héritier ! ”).
Deuxième souverain de l’Empire néo-babylonien ; fils de Nabopolassar et père d’Awil-Mardouk (Évil-Merodak) qui lui succéda sur le trône. Neboukadnetsar régna 43 ans (624-582 av. n. è.),. Les historiens l’appellent Neboukadnetsar II, afin de le distinguer d’un autre monarque babylonien du même nom qui régna bien avant lui (du temps de la dynastie d’Isin).
Les renseignements historiques révélés par les inscriptions cunéiformes actuellement disponibles complètent quelque peu le récit biblique sur Neboukadnetsar. On y lit qu’en la 19e année de son règne Nabopolassar rassembla son armée ; c’est aussi ce que fit son fils Neboukadnetsar, qui était alors prince héritier. Apparemment, les deux armées opéraient indépendamment. Après le retour de Nabopolassar à Babylone, moins d’un mois plus tard, Neboukadnetsar combattit victorieusement en territoire montagneux, puis il revint à Babylone avec un butin considérable. Au cours de la 21e année du règne de Nabopolassar, Neboukadnetsar marcha sur Karkémish avec l’armée babylonienne pour y combattre les Égyptiens. Il mena ses forces à la victoire. Ces événements se déroulèrent en 625 av. n. è.. —
Les inscriptions rapportent aussi qu’en apprenant la mort de son père Neboukadnetsar rentra à Babylone et monta sur le trône le premier jour d’Éloul (août-septembre). Au cours de cette année-là, celle de son avènement, il retourna au Hattu et “ au mois de [Shebat] [janvier-février 624 av. n. è.], il emporta à Babylone le lourd tribut du [Hatti] ”. (Chroniques mésopotamiennes, par J.-J. Glassner, Paris, 1993, p. 199.) En 624 av. n. è., dans la première année officielle de sa royauté, Neboukadnetsar mena de nouveau ses forces dans le Hattu ; il s’empara de la ville philistine d’Ashqelôn et la saccagea . Durant les deuxième, troisième et quatrième années de son règne, il dirigea encore d’autres campagnes dans le Hattu. Ce fut sans doute durant la quatrième année qu’il assujettit Yehoïaqim, roi de Juda (2R 24:1). La même année, Neboukadnetsar conduisit ses troupes en Égypte. Les deux belligérants subirent de lourdes pertes au cours de l’affrontement qui s’ensuivit.
Ses constructions. Parallèlement à ses nombreuses victoires militaires et aux dimensions immenses qu’il donna à l’Empire babylonien conformément aux prophéties (voir Jr 47-49), Neboukadnetsar construisit énormément. Pour satisfaire les désirs de sa femme mède, qui avait le mal du pays, il aurait construit les Jardins suspendus, considérés comme une des Sept Merveilles du monde antique. De nombreuses inscriptions cunéiformes de Neboukadnetsar encore existantes font mention de ces constructions, notamment des temples, des palais et des murailles qu’il érigea. Voici un extrait d’une de ces inscriptions :
“ Je suis Neboukadnetsar, roi de Babylone, reconstructeur de l’Esagila et de l’Ezida, fils de Nabopolassar. Pour protéger l’Esagila, afin que nul ennemi puissant et nul destructeur ne s’emparent de Babylone et que la ligne de bataille ne puisse approcher l’Imgour-Bel, rempart de Babylone, [je fis] ce qu’aucun roi avant moi n’avait fait ; à l’endroit de l’enceinte de Babylone je fis une enceinte avec un solide rempart au côté est. Je creusai un fossé et atteignis le niveau de l’eau. Puis je vis que la muraille que mon père avait fait bâtir était trop petite. Je construisis avec du bitume et des briques une forte muraille qui, telle une montagne, ne pourrait être ébranlée, et je la reliai à la muraille de mon père ; je posai ses fondations sur le sein des enfers ; j’élevai son sommet comme une montagne. Le long de cette muraille, afin de la consolider, j’en bâtis une troisième ; comme base du rempart protecteur, je posai des fondations en briques et je le construisis sur le sein des enfers et posai ses fondations. Les fortifications de l’Esagila et de Babylone je consolidai, et j’établis le nom de mon règne à jamais. ” — Archaeology and the Bible, par G. Barton, 1949, p. 478, 479.
Ces paroles cadrent bien avec la déclaration prétentieuse que fit Neboukadnetsar juste avant de perdre la raison : “ N’est-ce pas là Babylone la Grande que moi j’ai bâtie pour la maison royale par la force de ma puissance et pour la dignité de ma majesté ? ” (Dn 4:30). Cependant, lorsqu’il retrouva ses facultés mentales en accomplissement du rêve d’origine divine où il avait vu l’arbre abattu, Neboukadnetsar dut reconnaître que Jéhovah peut humilier ceux qui marchent avec orgueil. — Dn 4:37 ;
Un homme très religieux. Tout indique que Neboukadnetsar était extrêmement religieux. Il bâtit et embellit les temples de nombreuses divinités babyloniennes. Il pratiquait surtout le culte de Mardouk, le principal dieu de Babylone, à qui il attribuait ses victoires militaires. Apparemment, il déposa dans le temple de Mardouk (Merodak) des trophées de guerre, notamment les récipients sacrés du temple de Jéhovah (Ezr 1:7 ; 5:14). Dans une inscription, Neboukadnetsar déclare : “ J’ai construit une maison pour ta gloire, ô sublime MERODAK. [...] Qu’elle se remplisse des nombreux tributs des rois des nations et de tous les peuples ! ” — Records of the Past: Assyrian and Egyptian Monuments, Londres, 1875, vol. V, p. 135.