Le nucléaire brûle ou fond
#1
Posté 30 décembre 2010 à 19:43
passerait si les 441 centrales nucléaires de la planète étaient vidées de leur personnel...
Alan Weisman ne se préoccupe guère de savoir pourquoi cela se produirait, mais voici une
cause possible:
http://www.onnouscac...post__p__357596
Voici quelques passages:
Les centrales (p271-272)
Imaginons qu'on les prévienne suffisamment à l'avance pour qu'ils aient le temps de
fermer la centrale en bloquant toutes les tiges dans le coeur du réacteur afin de stopper la
réaction et d'interrompre la production d'électricité. La centrale désertée, sa connexion au
réseau sera automatiquement coupée. Des génératrices de secours d'une autonomie de sept
jours prendront le relais pour assurer la circulation du liquide de refroidissement, car
même si la fission est interrompue dans le coeur du réacteur, l'uranium continue de se
décomposer, générant environ 7% de la chaleur d'un réacteur actif. Chaleur qui suffirait à
mettre sous pression l'eau qui circule dans le coeur. De temps à autre, une soupape de
sûreté rejettera l'eau surchauffée avant de se refermer une fois la pression diminuée.
Cependant, chaleur et pression augmenteront à nouveau, et la soupape devra encore jouer son
rôle.
Puis, à un moment donné, surviendra un problème: épuisement de la réserve d'eau,
dysfonctionnement d'une soupape ou extinction des pompes de secours. Et alors le liquide de
refroidissement ne circulera plus. Dans le même temps, le combustible restera quant à lui
très chaud. Il fera bouillir l'eau dans laquelle il baigne. En tout au plus quelques
semaines, le sommet du réacteur se retrouvera à l'air libre et entrera en fusion.
Si tout le monde disparaît ou s'enfuit, 441 centrales nucléaires, nombre d'entre elles
dotées de plusieurs réacteurs, continueraient brièvement de fonctionner en mode automatique,
le temps pour chacune de surchauffer. Comme les programmes de réapprovisionnement en
combustible sont généralement conçus de sorte que certains réacteurs se régénèrent pendant
que d'autres sont éteints, il y a de grandes chances pour que la moitié d'entre eux brûlent
pendant que l'autre moitié fondra. Dans un cas comme dans l'autre, l'émission de
radioactivité dans l'air sera proprement gigantesque et perdurera, pour ce qui est de
l'uranium enrichi, dans les temps géologiques.
Après l'explosion de Tchernobyl, la quantité de radionucléides était si élevée en
Scandinavie qu'on préféra sacrifier les rennes plutôt que de les manger. En Turquie, les
plantations de thé reçurent de telles doses que les Ukrainiens utilisèrent des sachets de
thé turcs pour calibrer leurs dosimètres. Si après notre départ nous laissons les bassins de
refroidissement de nos 441 centrales nucléaires s'assécher, et le coeur de leurs réacteurs
fondre et brûler, alors les nuages qui couvriront la Terre seront nettement plus
insidieux.
Les déchets (p268-270)
La masse totale de déchet nucléaire à haute activité produite par les 441 centrales de la
planète avoisine les 13000 tonnes. Le combustible nucléaire usagé est jusqu'à un million de
fois plus radioactif qu'avant son utilisation. Au cours de son passage dans le réacteur, il
s'est mis à se transformer en éléments plus lourds que l'uranium enrichi: par exemple des
isotopes du plutonium et de l'américanium. Or ce processus se poursuit dans les décharges,
où les tiges usagées échangent des neutrons tout en rejetant des particules alpha et beta,
des rayons gamma et de la chaleur.
Si les humains venaient à disparaître subitement, l'eau des bassins de refroidissement
aurait tôt fait de bouillir et de s'évaporer. Une fois le combustible usagé en contact avec
l'air, sa chaleur enflammera le revêtement des tiges de combustible, déclenchant un incendie
radioactif qui dégagera des nuages de cendres radioactives à travers le continent.
Les ogives (p258-259)
Si nous quittions cette planète du jour au lendemain — autrement qu'en nous réduisant
nous-même en poudre, cela va sans dire — nous laisserions derrière nous quelques trente
mille ogives nucléaires intactes. En notre absence, elles n'ont pas la moindre chance
d'exploser.
En revanche, ce qui ne manquera pas de se produire, c'est la corrosion des entrepôts dans
lesquels sont stockés ces bombes, qui se retrouveront dès lors exposées aux éléments. Le
plutonium 239 de ces armes a une demi-vie de 24110 ans. Donc, quand le cône d'un missile
balistique intercontinental se sera désintégré au bout de 5000 ans, la plupart des 4,5 à 9kg
de plutonium qu'il contient ne se seront pas dégradés. Ce plutonium rejettera des particules
alpha — des groupes de protons et de neutrons suffisamment lours pour être bloqués par la
fourrure ou la peau, mais dont les effets sont dévastateurs pour la créature qui les inhale
(chez l'homme, une dose d'un millionième de gramme peut provoquer un cancer des poumons).
-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-°-
www.moncancer.info
xxx.linguistmail.com
#2
Posté 15 mars 2011 à 20:09
Voici ici la confirmation que ces combustibles contiennent bien du plutonium en plus de l'uranium...
Citation
Mon lien
#3
Posté 02 mai 2011 à 21:59
Fleur de Diamant, le 15 mars 2011 à 20:09, dit :
Voici ici la confirmation que ces combustibles contiennent bien du plutonium en plus de l'uranium...
l'emploi du MOX n'est pas une révélation ! je ne vois pas en quoi ce lien ajoute une "confirmation" à ce qui est déjà connu ... et n'a jamais été caché, à savoir que les centrales nucléaires récentes utilisent du MOX.
Pour ma part je ne vois pas de lien direct entre tremblements de terre et mox ...
#4
Posté 02 juillet 2011 à 21:36
les armes nucléaires et l'énergie nucléaire !!!
pris à la légère par les ignorants et les inconscients !!!
conséquence sur les corps subtils
sur notre corps astral
et aussi au niveau des peuples extras terrestres !!!
Mon lien
à plus !!!
#5
Posté 02 juillet 2011 à 22:07
caribbeanblue, le 02 juillet 2011 à 21:36, dit :
Ayé. Avec de telles assertions, assénées de façon aussi péremptoire et parfaitement gratuites puisque jamais étayées, tout, absolument tout est possible !
Ainsi, par exemple, il est évident que lorsque Belle-Maman n'a pas ingurgité ses deux litres d'eau pour la journée, la nocivité de ses mixions ne peut que perturber mon travail intellectuel et donc porter atteinte à l'élan vital de mon orchidée préférée, complètement amoureuse de moi.
Visiblement, l'obscurantisme a encore de beaux jours devant lui...
Mes pensées pour Hamza al-Khatib, 13 ans, torturé à mort par les sbires du boucher de Damas.
#6
Posté 02 juillet 2011 à 22:14
Pytheas, le 02 juillet 2011 à 22:07, dit :
Ayé. Avec de telles assertions, assénées de façon aussi péremptoire et parfaitement gratuites puisque jamais étayées, tout, absolument tout est possible !
Ainsi, par exemple, il est évident que lorsque Belle-Maman n'a pas ingurgité ses deux litres d'eau pour la journée, la nocivité de ses mixions ne peut que perturber mon travail intellectuel et donc porter atteinte à l'élan vital de mon orchidée préférée, complètement amoureuse de moi.
Visiblement, l'obscurantisme a encore de beaux jours devant lui...
mais c'est belle maman qui m'a dit d'écrire tout ça
elle m'aurait mentis , mince alors ,
si j'aurais su j'aurais pas venu
#7
Posté 03 juillet 2011 à 09:41
Citation
De gros panaches noirs de fumée qui se sont échappés de la centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, ont vite semé la panique chez les riverains, hier. «Un incendie s'est déclaré dans une partie non nucléaire des installations», a indiqué EDF, précisant «qu'il n'y avait aucune conséquence radiologique sur l'environnement et la population. Les flammes ont été rapidement maîtrisées et il n'y a pas eu de blessés.
Mon lien
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#9
Posté 03 juillet 2011 à 11:35
Citation
France Info - Hier, 18:32
Un incendie a touché un transformateur à l’arrêt du site nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, cet après-midi vers 15h30. Le feu a été maîtrisé vers 16h. Ce transformateur est à l’arrêt, et situé hors zone nucléaire.
Un incendie a touché la centrale nucléaire EDF du Tricastin, dans la Drôme, ce samedi vers 15h30.
Ce soir EDF confirme un incendie sur le transformateur principal de l’unité de production n°1, situé hors zone nucléaire. Les sapeurs pompiers sont rapidement intervenus, le feu a été circonscrit peu avant 16h.
EDF indique qu’il n’y a aucune conséquence pour l’environnement ni pour la population.
Mais l’entreprise n’indique pour l’instant aucun détail sur les dégâts ni sur l’origine de l’incendie.
Aucune conséquence, moui, mais je viens de voir à la télé l'un des responsables du site nucléaire du Tricastin dire que de toute façon ils ne pouvaient pas intervenir plus vite, car "ya moins de monde" qui travaille le Week End sur le site. Autrement dit, le Week End les centrales disposent de moins de personnel que la semaine ? Donc la sécurité n'est pas la même en semaine que le week end, et que donc il y a moins de risque le week end que en semaine ? lol
Je sais pas si le nucléaire fond ou brule mais si une centrale brule le week end, on va tous fondre... lol
#10
Posté 03 juillet 2011 à 23:13
karaghiozis, le 02 mai 2011 à 21:59, dit :
Les vieilles centrales aussi malheureusement.
A Fukushima le réacteur 3 qui a été équipé en MOX a 34ans!
#12
Posté 11 juillet 2011 à 19:39
Libertie, le 11 juillet 2011 à 16:39, dit :
- 100 personnes evacuées, ce n'est pas 100 personnes contaminées.
- la fuite d'uranium était dans une entreprise voisine, et c'est un bac de retention en plus de la fuite
- le reacteur 1 a été arrété le 2 juillet
- le transfo qui a pété alimentait normalement les circuits à l'arret
- c'est vrai, les expertises sont en cours
- la grue est a cote de la tranche 4 depuis plusieurs semaines et est utilisée pour des travaux de rénovation de la toiture de la salle des machines (turbine, alternateur...). Elle a passé plusieurs semaines entre les transfos des tranches 1 et 2 auparavant
- le reacteur 1 a ete arrete pour rechargement, c'etait prévu depuis plusieurs mois
etc, etc... si vous avez besoin d'infos fiables sur Tricastin (dans la mesure ou vous voulez bien me faire confiance) je me ferai un plaisir de vous les apporter. Mais laissez tomber Agoravox: ce sont des incompétents, des andouilles ou des menteurs.
#13
Posté 11 juillet 2011 à 20:54
DDL, le 11 juillet 2011 à 19:39, dit :
Est-ce qu'il y avait danger ? (ils auraient pu tomber)
Comment s'est fait leur récupération ? Y a-t-il eu des modifications depuis ?
Un incident du même type à Nogent en 1999 n'avait-il pas servi de leçon ?
#14
Posté 12 juillet 2011 à 00:29
DDL, le 11 juillet 2011 à 19:39, dit :
Dans ce cas peut-tu m'expliquer cet article de Le Point:
Nucléaire au Tricastin: 100 employés "légèrement contaminés" à la centrale EDF
"100 employés de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) ont été "légèrement contaminés" mercredi par des radio-éléments qui se sont échappés d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur numéro 4, à l'arrêt pour maintenance, a indiqué la direction d'EDF." ...
Ou bien celui là de l'Express :
100 employés de la centrale du Tricastin contaminés
DDL, le 11 juillet 2011 à 19:39, dit :
"une fuite d’une solution contenant de l’uranium s’est produite le 8 juillet à 6h30 dans une usine du site nucléaire du tricastin à Bollène (vaucluse) et une partie s’est déversée dans des rivières. Ces 30 M3 contiennent 12 grammes d’uranium par litre, ce qui revient à dire que 360 kg d’uranium ont été relâchés dans la nature, ce qui correspond d’après la Criirad à 9 millions de becquerels.Ce bâtiment (usine Socatri) du site nucléaire s’occupe particulièrement de la maintenance et du démantèlement de matériel nucléaire. L’accident est du au débordement d’un des réservoirs de la station de traitement des solutions uranifère, à la suite d’un problème d’étanchéité."
Rien à voir bien sur ....
DDL, le 11 juillet 2011 à 19:39, dit :
- le reacteur 1 a ete arrete pour rechargement, c'etait prévu depuis plusieurs mois
Mince alors, pile le même jour que l'incendie du transfo ... mais ça n'a surement rien à voir
DDL, le 11 juillet 2011 à 19:39, dit :
Je ne suis pas tout a fait sur que les menteurs soient ceux que tu désigne ...
Pour des infos fiables sur Tricastin (et sur Fukushima), je vous conseille le site de Next-up.
http://www.next-up.o...d/Tricastin.php

Et pour DDL :
Questions à EDF et à l’ASN (demandes transmises à l’ASN le 03 07 2011) :
- Quelle est l’origine exacte de l’arrêt du réacteur n°1 ? (Cet arrêt survient seulement après 8 mois d'exploitation suite au précédent arrêt normal du 3 juillet au 12 août 2010 pour maintenance et rechargement du combustible. Une période si courte entre deux arrêts est totalement inusitée.)
- Quelle est l’origine de l’explosion du transformateur non alimenté, puisque l’alternateur était à l’arrêt ?
- Le transformateur qui a explosé, puis brulé était-il le nouveau chargé en huile minérale ou végétale ou bien celui
d’origine chargé en pyralène ?
- L’explosion et l’incendie sont-elles dues suite aux travaux d’ETDE de démantèlement du transformateur ?
Ce message a été modifié par dj_kroket - 12 juillet 2011 à 01:18.
#15
Posté 12 juillet 2011 à 21:13
- Le 8 septembre 2008 le déchargement du réacteur N°2 a eu des petits soucis. Deux assemblages combustibles sont restés suspendus pendant plus d'un mois au dessus du réacteur.
Est-ce qu'il y avait danger ? (ils auraient pu tomber)
Comment s'est fait leur récupération ? Y a-t-il eu des modifications depuis ?
Petits soucis.... ouais, bon. Tout à fait exact. Lorsqu'on procède à un déchargement d'un réacteur, aprés retrait du couvercle de la cuve, on retire ensuite ce qu'on appelle "les internes supèrieurs" pour accéder aux éléments combustibles. Et c'est lors du soulèvement de ces internes qu'un des éléments est resté accroché, entrainant un élément voisin avec lui. Le soulèvement a été stoppé, de mémoire à une hauteur d'une vingtaine de centimètres.
Ca s'est produit lors de deux arrèts consécutifs sur ce réacteur, et au même endroit en plus ! Dans les deux cas les interventions ont été evidement stoppées net et il a fallu fabriquer un outillage spécifique pour résoudre le problème. Schématiquement, je passe sur les détails, les éléments ont été "sécurisés" (bloqués) par des barres métalliques glissées (sous eau évidement !) entre le sommet de la cuve et les internes. Aprés quoi, on a "titillé" les internes au moyen du pont polaire du BR jusqu'à ce qu'ils se décrochent. Enfin, aprés dépose des internes, les éléments ont été retirés sans autre aléas.
Le risque était évidement qu'ils se décrochent tout seuls durant les jours qui on précédé l'intervention, avec endomagement possible des crayons combustibles. A parler franchement, en se décrochant de 20 cm, je doute que le combustible ait pu ètre endommagé par la chute. Le risque était ailleurs, à savoir au cours de la "chute" que des morceaux de grilles d'entretoises soient arrachées et partent se balader dans le circuit ou ils auraient pu faire des dégats plus tard. Ces éléments évidement n'ont pas été rechargés, et leurs voisins expertisés. Je ne sais pas (faudrait que je vérifie, manque de temps) si les éléments voisins ont été rechargés ou pas. Quand à la cause de l'incident, autant que je sache, il y avait un défaut sur les internes "infèrieurs" cette fois, la partie sur laquelle repose les éléments, qui fait que ces éléments étaient légèrement mal positionnés. et celà a suffi. La réparation a été faite évidement. Il n'y a eu aucun problème lors du dernier déchargement.
"100 employés de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) ont été "légèrement contaminés" mercredi par des radio-éléments qui se sont échappés d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur numéro 4, à l'arrêt pour maintenance, a indiqué la direction d'EDF." ...
Toujours exact. Cette tuyauterie a échappé aux balayages et contenait des traces de radioéléments. Excuse moi d'avoir l'habitude du risque, mais c'est vrai, la contamination a été "légère" d'aprés nos critères. On voit pire que çà tous les jours............................................
"une fuite d’une solution contenant de l’uranium s’est produite le 8 juillet à 6h30 dans une usine du site nucléaire du tricastin à Bollène (vaucluse) et une partie s’est déversée dans des rivières. Ces 30 M3 contiennent 12 grammes d’uranium par litre, ce qui revient à dire que 360 kg d’uranium ont été relâchés dans la nature, ce qui correspond d’après la Criirad à 9 millions de becquerels.Ce bâtiment (usine Socatri) du site nucléaire s’occupe particulièrement de la maintenance et du démantèlement de matériel nucléaire. L’accident est du au débordement d’un des réservoirs de la station de traitement des solutions uranifère, à la suite d’un problème d’étanchéité."
Eh ben tu vois ? Tu le met toi-même, çà s'est passé à la Socatri, une des entreprises du site. Le problème vis-à-vis des médias, c'est que dès qu'on dit Tricastin, automatiquement on pense EDF alors qu'il y a pas mal d'entreprises qui n'ont rien à y voir. Il y a Georges Besse, le CEA et quelques autres, plus ou moins Areva, plus des sociétés prestataires complètement indépendantes de la centrale elle-même. Faire l'amalgame est du niveau de TF1, c'est à dire pas bien élevé. Et pour ètre précise, il s'agit d'une fuite sur une des tuyauteries associées à un réservoir de stockage, joint à une inétanchéité de sa rétention. Le raccourci est injustifié. C'est comme si on disait que Total pourrit la ville de Feyzin parce que Rhone Poulenc voisin (ils existent encore RP ? Et pis flute !) a des fuites dans ses cochonneries.
Juste encore deux commentaires: si le réservoir faisait 30 m3, ce n'est pas (je crois........) 30 m3 qui sont partis dans la nature ! Et puis juste pour vous faire peur.... 9 millions de becquerel ? Bof; c'est pas grand chose. Le premier m3 de fluide primaire venu en véhicule ordinairement plusieurs milliards !
"l’explosion inexpliquée d’un transformateur, suivie de son incendie le 2 juillet 2011"
Mince alors, pile le même jour que l'incendie du transfo ... mais ça n'a surement rien à voir"
Bin si ? Primo, ce n'est pas "le" transfo qui a pété, mais un de ses poles. Au niveau public, un transfo, c'est un boitier, plus ou moins gros, les trois phases (ou une phase, c'est selon) et leurs enroulements primaires et secondaires dans la même boite. Sur les gros machins de 225 ou 400 Kv, "le" transfo est divisé en trois, chaque phase ayant ses enroulement primaires et secondaires, chaque pole étant casematé et indépendant par rapport aux autres. Deuxio, un transfo, çà marche dans les deux sens. Si en marche normale, la centrale evacue sa puissance via ce circuit, à l'arrêt, dans la phase dite "d'arret à chaud" comme c'était le cas pour la tranche 1, c'est ce transformateur qui alimente la centrale. Il était donc en marche. Maintenant, pourquoi le pole a pété, c'est toujours en investigations.
- Quelle est l’origine exacte de l’arrêt du réacteur n°1 ? (Cet arrêt survient seulement après 8 mois d'exploitation suite au précédent arrêt normal du 3 juillet au 12 août 2010 pour maintenance et rechargement du combustible. Une période si courte entre deux arrêts est totalement inusitée.)
Le réacteur 1 a été arrété dans la nuit du 2/07 comme prévu pour renouveler son combustible. C'était planifié depuis longtemps, ce que vous pouvez vérifier facilement si vous fouinez un peu (moi je manque de temps pour vous coller les liens !). Et puis objection: il tournait depuis dix mois et demi, durée de cycle normale et ordinaire. Je ne sais pas d'ou sort ce chiffre de huit mois ? Par rapport à la date du 4/5 citée plus haut ? il s'agissait d'un arrêt fortuit d'une quinzaine de jours sur incident, comme il en arrive de temps en temps, et qui nous a bien fait ch...r.
- Le transformateur qui a explosé, puis brulé était-il le nouveau chargé en huile minérale ou végétale ou bien celui
d’origine chargé en pyralène ?
C'était de l'huile minérale. Les transfos du site ne sont plus charges en pyralene depuis quelques années. Et ils n'ont rien de nouveau ! (sauf l'un des poles de la TR2 qui a pété l'an dernier). Je pourrai vous dire depuis quand éventuellement.
- L’explosion et l’incendie sont-elles dues suite aux travaux d’ETDE de démantèlement du transformateur ?
Bin non, puisqu'il était en service à ce moment là... Je n'ai pas entendu parler de démantèlement (mais je ne suis pas forcément au courant de tout !) ? D'ou tu sort çà ?
Voilà, a votre disposition pour d'autres précisions. A+
#16 luimeme
Posté 15 juillet 2011 à 12:14
DDL, le 12 juillet 2011 à 21:13, dit :
- Le transformateur qui a explosé, puis brulé était-il le nouveau chargé en huile minérale ou végétale ou bien celui
d’origine chargé en pyralène ?
C'était de l'huile minérale. Les transfos du site ne sont plus charges en pyralene depuis quelques années. Et ils n'ont rien de nouveau ! (sauf l'un des poles de la TR2 qui a pété l'an dernier). Je pourrai vous dire depuis quand éventuellement.
- L’explosion et l’incendie sont-elles dues suite aux travaux d’ETDE de démantèlement du transformateur ?
Bin non, puisqu'il était en service à ce moment là... Je n'ai pas entendu parler de démantèlement (mais je ne suis pas forcément au courant de tout !) ? D'ou tu sort çà ?
si il a été construit après 1987 , il n'y en a pas; sinon il vidange et insère une nouvelle huile, mais qui ce mélangera avec le noyau et les parties métalliques contaminées,
ce qui fait qu'une concentration en ppm reste.
je démonte les transfos, je sais ce qu'il y a dedans
si il était au pcb, ne respirer pas les fumées , au-delà de 300°c , c'est cancérigène: vous avez des rufanes.
alors les employés de la centrale.....
lien d'une courte vidéo sur les centrales nucléaires et les tremblements de terre...inquiétants:
http://www.dailymoti...e-trembler_news
Ce message a été modifié par luimeme - 15 juillet 2011 à 12:15.
#17
Posté 15 juillet 2011 à 13:09
luimeme, le 15 juillet 2011 à 12:14, dit :
si il était au pcb, ne respirer pas les fumées , au-delà de 300°c , c'est cancérigène: vous avez des rufanes.
alors les employés de la centrale.....
...........
#18 luimeme
Posté 16 juillet 2011 à 11:15
DDL, le 15 juillet 2011 à 13:09, dit :
oui, exact furannes.
il reste des vieux transfos en international, des estimations ont été faites, on a du boulot en principe jusqu'en 2025.
mais généralement ce sont des transfos peu pollués, (après 1 ou 2 remplacement d'huile de son existence),
on a une partie classé en "transfos vert" de moins de 50 ppm susceptible de reconditionner, et l'autre partie pouvant monter jusqu'à 2000 ppm en général, de ce que j'ai pu voir, à détruire.
le plus pollué rencontré, très rare: 1 million de ppm, provenant d'espagne.
la pollution est due aux vandalismes , les voleurs de cuivre, ils sont obligés d'ouvrir les vannes de vidange...1 transfos suffit à polluer les cours d'eau pendant des siècles.
#19
Posté 16 juillet 2011 à 16:32
Je lis le début du texte d'Alan Weisman:
"Imaginons qu'on les prévienne suffisamment à l'avance pour qu'ils aient le temps de
fermer la centrale en bloquant toutes les tiges dans le coeur du réacteur afin de stopper la
réaction et d'interrompre la production d'électricité."
Grosse erreur, c'est l'inverse qu'il faut faire pour interrompre la réaction en chaîne, sortir les barres d'uranium qui produisent non pas de l'électricité, mais une source de chaleur qui dégage de la vapeur qui fera tourner des turbines qui entraineront des génératrices qui elles produiront de l'électricité.
#20
Posté 16 juillet 2011 à 17:53
Proudhon, le 16 juillet 2011 à 16:32, dit :
Je lis le début du texte d'Alan Weisman:
"Imaginons qu'on les prévienne suffisamment à l'avance pour qu'ils aient le temps de
fermer la centrale en bloquant toutes les tiges dans le coeur du réacteur afin de stopper la
réaction et d'interrompre la production d'électricité."
Grosse erreur, c'est l'inverse qu'il faut faire pour interrompre la réaction en chaîne, sortir les barres d'uranium qui produisent non pas de l'électricité, mais une source de chaleur qui dégage de la vapeur qui fera tourner des turbines qui entraineront des génératrices qui elles produiront de l'électricité.
Ca va peut etre vous surprendre, mais l'un des réacteurs les plus sur était le surgénérateur, du moins sur ce plan. Car le sodium pouvait monter jusqu'à plus de 700 °C ce qui donnait un délai plus important pour relancer les circuits de sauvegarde. En réalité, c'est le cout du bazar qui l'a condamné, ainsi qu'une maitrise, disons "perfectible" de la tenue des matériaux en présence de sodium fondu.
#21
Posté 16 juillet 2011 à 22:46
DDL, le 16 juillet 2011 à 17:53, dit :
hum .... le plus sûr??? alors juste sur ce petit point là alors parce que pour le reste....
Il ne faut quand même pas oublier que le sodium s'enflamme au contact de l'air!
Alors quand on sais le nombre de fuites qu'il y a dans nos centrales conventionnelles.....
#22
Posté 17 juillet 2011 à 09:35
dj_kroket, le 16 juillet 2011 à 22:46, dit :
Il ne faut quand même pas oublier que le sodium s'enflamme au contact de l'air!
Alors quand on sais le nombre de fuites qu'il y a dans nos centrales conventionnelles.....
Simple analyse; potentiellement, çà ne m'enthousiasme pas plus que çà.
#23
Posté 17 juillet 2011 à 22:08
DDL, le 17 juillet 2011 à 09:35, dit :
Simple analyse; potentiellement, çà ne m'enthousiasme pas plus que çà.
Le surgénérateur est surtout sur-dangeureux!
Une solution bien plus prometteuse est la fusion propre.
"très peu de gens savent qu'à plus haute température se situent des réactions de fusion ( Lithium-hydrogène à 500 millions de degrés et Borr-hydrogène à un milliard de degrés ) qui, ne produisant que de l'hélium et n'engendrent aucune radioactivité ni déchêts ! Avec la Z-machine ( deux milliards de degrés ) ces températures viennent d'être très largement dépassées"
#24
Posté 25 juillet 2011 à 20:49
DDL, le 12 juillet 2011 à 21:13, dit :
#25
Posté 27 juillet 2011 à 13:19
Trouvé sur le site de Jean Pierre Petit.
Témoignage de Mr Hirado NORIO technicien chaudronnier rédigé en en 1996 (mort du cancer en 1997)
Je ne suis pas militant contre les centrales nucléaires
J’ai travaillé pendant 20 ans dans des centrales nucléaires. Il y a toujours des polémiques sur les centrales nucléaires où les personnes disent qu’ils sont pour ou contre, ou alors que c’est dangereux ou pas.
Mais aujourd’hui, je veux simplement vous raconter ce qui se passe dans les centrales. Vous allez comprendre qu’il y a une grande différence entre la réalité et l’idée que vous en avez. Vous allez en même temps découvrir que les centrales nucléaires irradient (contaminent) tous les jours de plus en plus de personnes et sont à l’origine de discriminations.
Vous allez certainement découvrir des choses que vous n’avez jamais entendues. S’il vous plaît, lisez mes textes jusqu’à la fin et réfléchissez par vous-même. Quand on parle des centrales nucléaires, beaucoup de gens parlent du plan de construction. Mais personne ne parle des travaux effectués. Sans connaître le chantier, on ne peut pas savoir la réalité des centrales.
J’ai fait ma formation de tuyauteur dans les ensembles industriels et les grandes usines chimiques. J’ai été embauché pour construire (participer à la construction des) les centrales nucléaires à la fin de mes vingtièmes années, puis j’ai longtemps travaillé comme chef de chantier. Je connais presque tout sur les centrales nucléaires, plus qu’un simple employé ne pourrait jamais savoir.
La sécurité, une perspective chimérique
L’année dernière, le 17 Janvier 1995, il y eut un grand tremblement de terre à Kobé. Et le peuple japonais a commencé à s’inquiéter si les tremblements de terre ne présentaient pas de danger pour les centrales nucléaires japonaises. Résisteront-elles vraiment contre tous les tremblements de terre? Ce n’est pas du tout sûr. Le gouvernement et les compagnies d’électricité soulignent que les centrales sont bien conçues et construites sur des sols bien stables. Mais c’est une perspective chimérique.
Le lendemain du séisme, je me suis rendu à Kobé. Les nombreuses relations entre les dégâts à Kobé et la problématique des centrales nucléaires m’ont dérouté. Jusqu’à ce jour, qui avait imaginé que les rails du Shinkansen et les poteaux de l’autoroute pourraient tomber?
En général, nous imaginons que les constructions des centrales nucléaires, du Shinkansen ou des autoroutes sont soumises à des contrôles rigoureux de l’administration. Mais à Kobé, nous avons découvert des coffrages laissés dans les poteaux en béton du Shinkansen. Les armatures de l’autoroute avaient été mal soudées: (elles avaient été collées par le métal de la soudure mais les bords de l’armature eux-mêmes n’avaient pas été fusionnés). Elles ont toutes été disloquées avec le séisme.
Pourquoi une telle chose s’est-elle produite? Parce qu’on a accordé trop d’importance au plan, au bureau, mais on a négligé la surveillance sur le chantier. Si ce ne fut pas la cause directe, on peut dire que cette négligence a provoqué l’ampleur de la catastrophe.
Les centrales nucléaires construites par des gens sans qualification
Comme pour les constructions de Kobé, il y a aussi trop d’erreurs humaines dans les centrales nucléaires. Par exemple, connecter des tuyaux en laissant des outils à l’intérieur. Il n’y a pas beaucoup d’ouvriers très compétents. Ils n’arrivent pas à suivre parfaitement un plan de construction bien conçu. Ce plan chimérique part de l’idée que ce sont des ouvriers experts qui le réalisent, mais nous ne nous sommes jamais posé des questions sur la qualité des ouvriers et leurs conditions de travail.
Pour les centrales nucléaires comme pour les autres chantiers, la main d’œuvre et même les inspecteurs sont constitués par des gens sans qualification suffisante. C’est compréhensible qu’un grave accident se produise dans les centrales nucléaires, les Shinkansen ou sur les autoroutes.
La conception du plan des centrales nucléaires est bien faite. Il y a de nombreuses mesures de protection et de secours de prises. S’il y a quelque chose qui fonctionne mal, ça s’arrête comme il faut. Mais ce n’est qu’au niveau du plan. Les travaux de construction mal faits fragilisent ce plan.
Par exemple, pour construire une maison, même si le plan est dessiné par un dessinateur de première qualité, si elle est construite par des charpentiers et des plâtriers qui ne sont pas compétents, on aura des fuites d’eau et des cloisons mal installées. Malheureusement cette maison ce sont les centrales nucléaires japonaises.
Avant, il y avait toujours un contremaître qu’on appelle «Boushin» pour superviser les travaux. Il avait encore plus d’expérience que le chef de chantier qui était moins âgé que lui. Le Boushin était fier de son travail et il considérait l’accident et la négligence comme une honte. Il savait bien sûr la dangerosité de l’accident.
Depuis environ 10 ans, il n’y a plus de manœuvres compétents. On ne demande aucune expérience au moment du recrutement. Les ouvriers sans compétence ne savent pas le danger de l’accident. Ils ne savent même pas quels sont les travaux non réglementaires et mal faits. C’est la réalité des centrales nucléaires japonaises.
Par exemple à la centrale de Fukushima de TEPCO, nous avons démarré la centrale en laissant un bout de fil de fer et on a échappé de peu à un grave accident qui aurait pu avoir une répercussion sur le monde entier. L’ouvrier savait qu’il avait fait tomber ce fil de fer mais il ne savait pas à quel point la conséquence de son acte était dangereuse. Dans ce sens, une centrale nucléaire toute neuve construite par ces gens incompétents est aussi bien dangereuse qu’une vieille centrale.
Depuis qu’il n’y a plus beaucoup d’ouvriers compétents, on a standardisé la construction des centrales. Ça veut dire qu’ils ne regardent plus le plan mais ils montent simplement des pièces préfabriquées en usine, en assemblant la pièce numéro 1 avec la pièce numéro 2 comme dans jeu de dominos. Alors ils ne savent plus ce qu’ils sont en train de construire et à quel point ces travaux doivent être précis. C’est une des raisons pour lesquelles le nombre d’accidents et de pannes augmente dans les centrales nucléaires.
Dans la centrale nucléaire, il y a aussi le problème de l’irradiation qui empêche de former les successeurs. Quand on travaille dans la centrale nucléaire, il fait très sombre et chaud et avec la protection c’est impossible de parler. Alors les ouvriers se communiquent par gestes. Comment peuvent ils dans ces conditions transmettre leurs savoir faire? En plus, on envoie d’abord les gens compétents travailler et ils s’exposent très vite à la quantité de radioactivité annuelle autorisée et ne peuvent plus travailler, ça accentue encore l’incompétence des ouvriers.
Par exemple pour les soudeurs, ils fatiguent leurs yeux en travaillant. Après 30 ans, ils ne peuvent plus faire de travaux précis et ils ne trouvent plus d’embauche dans la pétrochimie. Et c’est comme ça qu’ils arrivent aux centrales nucléaires.
Vous avez peut-être une fausse image comme quoi les centrales nucléaires sont quelque chose de très sophistiqué. Mais ce n’est pas une construction aussi sûre qu’on l’imagine.
Je pense que vous avez bien compris pourquoi les centrales nucléaires sont construites par des gens incompétents et que ça ira de pire en pire.
Les contrôles et les inspecteurs d’apparence
Vous pensez peut-être que les contrôles rigoureux évitent des problèmes même si les ouvriers des chantiers ne sont pas assez compétents. Mais ces systèmes de contrôle sont encore problématiques. Pour les contrôles japonais, les inspecteurs viennent vérifier la construction déjà achevée. C’est la raison pour laquelle ça ne marche pas. Il faut venir regarder les travaux en cours, sur place.
Les inspecteurs doivent être spécialistes de la soudure s’ils sont les inspecteurs pour la soudure. Et ils doivent être capables de montrer le travail correct aux manœuvres, en disant: Non, il ne faut pas faire comme ça. Regardez comment je fais. S’ils ne savent pas comment faire les travaux, comment ils peuvent faire des contrôles corrects? En l’état actuel, ils auditionnent l’entreprise qui a commandé la construction et celle qui l’effectue, et ils leur demandent de fournir les papiers nécessaires. Voilà le système de l’inspection aujourd’hui.
Il y a quelques années, on a eu des accidents dans les centrales nucléaires très souvent. Alors le gouvernement a décidé d’envoyer des conseillers de sécurité spécialisés dans chaque centrale nucléaire pour donner l’autorisation du démarrage après la construction ou du redémarrage après les contrôles réguliers. Je savais que ces conseillers ne connaissaient pas grande chose du nucléaire mais je n’imaginais pas à quel point.
Quand j’ai fait une conférence à Mito, il y a un homme du Ministère de la science et la technologie qui s’est présenté en public en disant: «Je me sens tellement mal à l’aise d’avouer ce fait, mais je ne connais rien du nucléaire», et il a continué: «De la peur d’être irradiés, les inspecteurs n’ont pas voulu travailler dans les centrales en marche. Comme on vient de supprimer des places dans le ministère de l’agriculture avec le remaniement gouvernemental, ils ont envoyé des fonctionnaires qui donnaient des conseils aux éleveurs du ver à soie ou de la sériole (poisson), sans aucune formation. Voilà pourquoi les conseillers qui n’y connaissent rien du tout, donnent l’autorisation du démarrage dans toutes les centrales. Le conseiller de la centrale de Mihama, contrôlait la qualité du riz jusqu’à il y a 3 mois».
Cet homme a raconté une telle histoire en donnant les noms de ces conseillers. Est-ce que vous pouvez avoir confiance en l’autorisation de démarrage accordée par tous ces gens qui n’y connaissent rien?
Quand il y a eu un grave accident dans la centrale de Fukushima de TEPCO qui a entraîné le démarrage du système de refroidissement de secours, le quotidien Yomiuri a publié un article «Le conseiller spécialisé n’a pas pu participer à l’équipe de la centrale». Effectivement c’était le journal qui lui a appris la nouvelle de ce grave accident le lendemain matin. Pourquoi le conseiller n’était au courant de rien? Parce que tous les gens de TEPCO savaient qu’il n’y connaissait rien du tout. Dans la pagaille totale, ils n’avaient pas le temps de lui expliquer de A jusqu’à Z. Donc l’équipe ne lui a même pas demandé de venir sur place.
Au-dessous de ces fonctionnaires irresponsables du ministère, dans la hiérarchie nucléaire, il y a le service de l’inspection nucléaire. Ce sont des gens du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui ont pris leur retraite et sont embauchés dans ce service. Ils occupent des postes importants et enrichissent le service en demandant des contrats à des anciens subordonnés. Ils n’ont jamais travaillé dans ce domaine. Ils possèdent tous les pouvoirs sur l’inspection de la centrale nucléaire et on ne peut rien faire sans leur autorisation bien qu’ils n’y connaissent rien. Ils viennent au contrôle mais, bien sûr, ils ne font que regarder. Malheureusement, ils ont quand même un pouvoir colossal. Encore au-dessous de la hiérarchie, il y a les compagnies d’électricité et les trois fabricants de réacteurs nucléaires qui suivent: Hitachi, Toshiba et Mitsubishi. Moi, j’ai travaillé chez Hitachi. Après les fabricants, il y a encore des sous-traitants de la construction dont j’ai parlé tout à l’heure. Ca veut dire qu’au dessus des fabricants, ils ne sont pas compétents et au dessous des fabricants non plus, il n’y a pas beaucoup de gens compétents. C’est aussi pour cela que les compagnies d’électricité ne peuvent pas expliquer les détails au moment des accidents.
Je disais toujours, avant et après ma retraite, qu’il faut que ce soient des organismes compétents et indépendants qui s’occupent de l’inspection mais non pas des entreprises nationalisées ou des services où les anciens fonctionnaires du ministère travaillent. Et indépendants de l’influence du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui préconise l’installation des centrales nucléaires. Je disais qu’il fallait réclamer toujours des conseillers qui ont de l’expérience et des inspecteurs qui contrôlent et expliquent sur le chantier pour trouver des mauvaises soudures ou des travaux mal faits. Mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a changé. Vous voyez à quel point les centrales nucléaires japonaises sont administrées avec irresponsabilité et approximation!
Le plan antisismique bâclé
Après le grand séisme de Kobé, on a très vite vérifié le plan antisismique de toutes les centrales nucléaires du Japon. Le résultat absurde publié en septembre 1995 disait que toutes les centrales résisteront aux tremblements de terre de n’importe quel niveau. Au moins pour celles dont je me suis occupé pour mon travail, les premières centrales nucléaires, on n’avait pas prévu le grand tremblement de terre. C’est aberrant de confondre les nouvelles et les vieilles centrales pour leur résistance contre les tremblements de terre, en disant de n’importe quel niveau. En 1993 quand il y a eu le séisme de degré 4, la centrale numéro 1 d’Onagawa s’est arrêtée automatiquement suite à l’augmentation subite de la puissance. C’était un accident très grave. Très grave parce que la centrale qui a été construite en 1984 pour que ça s’arrête à un degré de sismicité 5 s’est arrêtée avant d’atteindre le niveau. C’est comme si le blocage du frein a arrêté la voiture subitement sur l’autoroute sans appuyer sur le frein. Tohoku EPC ne reconnaît pas la gravité de la chose en disant «tant mieux si ça s’est arrêté». Mais l’affaire n’est pas si simple. Si l’arrêt s’est effectué au degré 4 bien qu’il avait été conçu pour que ça s’arrête au degré 5, on ne peut pas nier la possibilité que ça ne s’arrête pas au degré 5. C’est un signe qu’il y a des choses qui ne fonctionnent pas comme prévu.
La centrale de Fukushima s’est arrêtée également d’une façon imprévisible au moment du séisme en 1987. Au Japon, il y a 10 centrales qui sont du même modèle. C’est vraiment terrifiant quand on pense au danger que les tremblements de terre présentent vis-à-vis des centrales nucléaires.
Le contrôle régulier est fait également par les gens incompétents
On arrête à peu près tous les ans les réacteurs pour procéder au contrôle régulier. Dans le réacteur nucléaire, la pression de l’eau chaude et de la vapeur monte de 70 à 150 atmosphères, mais ce n’est pas une simple eau chaude car la température monte jusqu’à 300°C, elle circule très vite et use les tuyauteries. Au moment du contrôle régulier, on ne peut pas éviter la nécessité de changer des tuyaux et des soupapes qui sont des fois usés jusqu’à la moitié de leur épaisseur. Mais l’irradiation accompagne inéluctablement cette procédure.
Le démarrage du réacteur émet plein de radioactivité et de radiations. Les gens qui y travaillent subissent des radiations. Avant de se rendre auprès du réacteur, ils se déshabillent et se mettent en combinaison de protection. Peut-être vous imaginez que cette combinaison protège le corps de la radioactivité mais en réalité, ce n’est pas le cas. La preuve, on place le radiamètre, sous la combinaison, sur le gilet. La combinaison de protection est un simple vêtement de travail qui sert à ne pas emporter la radioactivité à l’extérieur mais il ne protège pas les manœuvres de l’irradiation. Donc après le travail, ils doivent se mettre en slip pour vérifier s’ils ne sont pas contaminés. Si la radioactivité reste uniquement sur la peau, c’est ce qu’on appelle la contamination externe, on peut l’enlever presque entièrement avec la douche. Ils se lavent minutieusement jusqu’à ce qu’ils ne soient plus radioactifs avant de sortir dehors.
Les manœuvres mettent aussi des chaussures qui ont été préparées par l’entreprise mais on n’est pas sûr de trouver la bonne taille. Alors, leurs pas sont mal assurés. En plus ils doivent mettre un masque qui couvre la tête. Ils travaillent avec ces combinaisons et l’angoisse de la radioactivité. Pratiquement, personne ne peut faire de bon travail avec cet équipement. C’est complètement différent d’un chantier normal.
En plus, plus que 95% des personnes qui s’occupent de ce travail n’ont aucune expérience. Ce sont des agriculteurs et des pêcheurs désœuvrés en dehors de la saison. Ces gens qui n’ont pas d’expérience, travaillent sans savoir le danger que ça représente.
Par exemple, pour serrer une cheville avec un écrou, on dit au manœuvre «serrez la en diagonale, sinon ça fuit». L’opération se déroule dans une zone de radiations contrôlée, un endroit très dangereux plein de rayonnements. Les manœuvres amènent le radiamètre. Mais comme la quantité de radiations varie d’une pièce à l’autre, la durée du temps acceptable en minutes change chaque fois.
Avant de rentrer au chantier, on explique aux ouvriers le travail d’aujourd’hui et la durée de ce travail décidée en fonction de la quantité autorisée journalière d’irradiation. S’ils vont travailler au chantier où on peut rester 20 minutes, on leur donne une minuterie qui sonne au bout de 20 minutes en disant «Vous devez sortir quand ça sonne». Mais ils ne sont pas munis d’une montre car elle serait polluée par la radioactivité. Ils doivent donc deviner le temps restant. C’est comme ça qu’on les envoie au travail.
Là-bas, ils n’arrivent pas à se concentrer pour serrer la cheville car ils se demandent toujours combien de temps est déjà passé. Est ce que c’est 10 minutes? Ou peut-être déjà 15 minutes? Ils ont très peur de l’alarme de la minuterie, cela les fait plus que sursauter. Le bruit de l’alarme est assez fort pour rendre tout pâle quelqu’un qui ne l’a pas jamais entendue. Quand ça sonne, ils ont déjà reçu une irradiation équivalente à des dizaines de radiographies. C’est bien normal qu’ils ne puissent pas fournir des prestations assez correctes comme tout simplement serrer des chevilles en diagonale. Pouvez-vous imaginer les conséquences?
Le déversement de radioactivité dans la mer
Le contrôle régulier se fait souvent en hiver. Mais à la fin du contrôle, on verse dans la mer des tonnes d’eau contaminée par la radioactivité. Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de poissons pêchés en bordure des îles nipponnes que l’on peut manger sans craindre le risque de la contamination radioactive. La mer du Japon est déjà contaminée par la radioactivité.
Ce n’est pas uniquement au moment du contrôle régulier que l’on effectue le rejet d’eau irradiée dans la mer. Pour baisser la température que la centrale dégage, au Japon, on utilise l’eau de la mer. Elle devient de l’eau chaude qui contient de la radioactivité. Ainsi on rejette des tonnes d’eau par minute à la mer.
Même s’il y a des accidents dans les centrales nucléaires, les états déclarent immédiatement qu’il y n’a aucun problème. D’ailleurs, les compagnies d’électricité essayent de les cacher. Avec la population japonaise très peu sensible à ce sujet, la mer du Japon se pollue sans cesse. On lave d’abord les vêtements de protection couverts de radioactivité à l’eau. On la déverse également dans la mer. La quantité de la radiation mesurée à l’orifice d’évacuation est très élevée. Savez-vous que des sites d’élevage de poisson se trouvent à proximité? Ainsi, les gens qui cherchent la nourriture de bonne qualité doivent être intéressés par la sûreté des centrales nucléaires. Si on n’agit pas tout de suite, on ne pourra plus trouver de poissons qui ne sont pas contaminés.
Il y a quelques années, à l’exposé du procès qui demandait l’arrêt de la centrale de Shiga dans la préfecture d’Ishikawa, une vieille colporteuse de 80 années toute déconcertée, a raconté cette histoire. «Je ne connaissais rien de la centrale nucléaire jusqu’à maintenant. Mais aujourd’hui, une jeune dame qui était toujours fidèle a refusé mes algues. Elle m’a dit Je suis désolée mais je ne peux plus acheter vos algues. La centrale de Shiga a démarré aujourd’hui. Je ne connaissais rien au nucléaire, mais maintenant je sais ce que c’est. Qu’est ce que je vais devenir alors? » Même aujourd’hui, on continue de polluer la mer du Japon sans que vous le sachiez.
Le plus horrible, c’est l’irradiation interne (la contamination)
Dans le bâtiment de la centrale, tout devient radioactif et émet des radiations. Parce que les radiations peuvent traverser même une paroi de fer d’une grande épaisseur. Les radioéléments qu’on reçoit sur la peau, la contamination externe c’est horrible, mais le pire c’est la contamination interne.
Par exemple, la poussière. Une simple poussière qui se trouve n’importe où devient radioactive dans une centrale nucléaire à cause de la radioactivité qu’elle reçoit. Le fait d’inspirer cette poussière radioactive par le nez ou la bouche, c’est de la contamination interne. En faisant le nettoyage dans la centrale, on est exposé le plus, au danger de la contamination interne. Avec cette contamination interne on reçoit les radiations de l’intérieur du corps c’est beaucoup plus dangereux que l’irradiation externe, car le corps est en contact direct avec la source des radiations.
Les radioéléments sont évacués du corps au bout de environ 3 jours par la voie transpiratoire et urinaire. Mais pendant ces 3 jours, ils restent dans le corps. En plus, quand on parle d’élimination, c’est un langage humain, il en reste toujours un peu, et ça c’est très dangereux. Même si ce sont des petites quantités à la fois, elles s’accumulent dans le corps.
Vous devez le savoir, si vous avez déjà visité une centrale nucléaire, c’est très bien nettoyé où il y a des accès au public. Peut-être le guide vous a même vanté «regardez, comme c’est propre». Mais c’est bien normal. Ça serait dangereux s’il y avait de la poussière radioactive dans l’air.
Moi, j’ai développé un cancer à cause de la contamination interne que j’ai reçu plus que cent fois. Quand le docteur m’a diagnostiqué un cancer, j’avais très peur. Mais je me suis rappelé ce que ma mère disait toujours «rien est plus grand que la mort». Ca m’a donné envie de faire quelque chose. Alors, j’ai décidé de mettre au jour tout ce que je connais des centrales nucléaires.
Rien à voir avec le chantier normal
La radioactivité s’accumule. Même si ce sont des petites quantités, si vous travaillez 10 ans dans une centrale, vous accumulez la radioactivité de 10 ans et c’est très dangereux. Le règlement pris par le gouvernement exige de ne pas dépasser la limite de 50 millisiverts (mSv) par an. Cela veut dire que l’on peut tout faire si on respecte cette limitation.
Par exemple, les travaux au moment du contrôle régulier demandent environ 3 mois. Donc on divise la limite de 50 mSv par cette durée des travaux pour avoir la limite autorisée journalière. Mais, dans un endroit où il y a beaucoup de radiations, on ne peut travailler que 5 à 7 minutes par jour. On ne peut pas faire grand chose avec si peu de temps. Alors on rassemble les temps de travail sur 3 jours ou une semaine afin de travailler 10 ou 20 minutes de suite, bien que ce soit une méthode inadmissible. Au moins, si les ouvriers savaient qu’il y a un grand risque de leucémie ou du cancer… Mais les compagnies d’électricité n’avertissent d’aucun de ces risques.
Une fois, une grande vis qui se trouvait sur le réacteur s’est desserrée quand la centrale nucléaire était en plein fonctionnement. Comme la centrale émet une colossale quantité de radioactivité en état de marche, on a préparé 30 personnes pour serrer une seule vis. Ils ont fait la queue devant la porte. Ils devaient courir jusqu’à la vis qui se situait à environ 7 mètres de là. Après 3 secondes, l’alarme sonnait. Il y eu même des ouvriers qui ont passé tout leur temps ouvrable en cherchant la clé. Finalement, ça a coûté 4 millions de yens, l’équivalent de salaire de 160 personnes, pour faire uniquement quelques tours de vis.
Vous vous demandez peut-être pourquoi on n’a pas arrêté la centrale pour serrer la vis. Mais la compagnie d’électricité veut l’éviter autant que possible car l’arrêt d’une journée de la centrale lui cause des milliards de perte. La radioactivité est quelque chose de très dangereux, mais pour l’entreprise, l’intérêt financier passe avant la sécurité humaine.
Le lavage de cerveau «absolument sûr» qui dure 5 heures
Les gens qui travaillent où il y a de la radioactivité s’appellent les ouvriers nucléaires. Au Japon, 270.000 personnes ont déjà travaillé comme ouvriers nucléaires, dont la plupart dans les centrales nucléaires. Ainsi, 90.000 personnes y travaillent aujourd’hui. Tous ces gens assurent le fonctionnement des centrales nucléaires, comme le contrôle régulier qui a le lieu une fois par an, en subissant de la radioactivité.
Avant de commencer à travailler dans les centrales nucléaires, on donne aux ouvriers 5 heures de cours de formation sur la sécurité face aux radiations. Le but de ces cours est tout d’abord d’atténuer leur angoisse. On ne leur dit jamais qu’il y a des dangers. L’Etat surveille la quantité de la radioactivité et donc il n’y a pas de danger, «les anti-nucléaires parlent du risque de cancer et de la leucémie à cause de la radioactivité mais ce sont que des gros mensonges, si on respecte bien les normes imposées par le gouvernement il n’y a aucun problème». Un tel lavage de cerveau dure 5 heures.
Les compagnies d’électricité procèdent à ce lavage de cerveau également avec les gens qui habitent à côté des centrales. Elles font venir les personnes connues pour faire des conférences, elles donnent des cours de cuisine, ou insèrent des encarts publicitaires imprimés en couleur dans les journaux. Peut-être les accidents dans les centrales angoissent les habitants, mais grâce à toutes ces propagandes de l’Agence de sécurité nucléaire, ils ne peuvent pas penser autrement que «nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire pour avoir suffisamment d’électricité».
Moi-même, pendant presque 20 ans en tant que responsable de terrain, j’ai procédé au lavage des cerveaux, une plus grande manipulation mentale que celles d’Asahara et d’Oume, vis à vis des ouvriers. Je ne sais pas combien de personnes j’ai tué. Il y a des gens qui me demandent si les ouvriers ne sont pas inquiets. Mais comme ils ne sont pas avertis des dangers de la radioactivité ou de la contamination, la plupart ne sont pas inquiets. Ils ne pensent même pas que c’est à cause de leur travail dans les centrales, quand ils tombent malades. Tous les ouvriers sont irradiés quotidiennement. Le travail des responsables consiste de cacher cette réalité à ceux-ci et à l’extérieur de la centrale. Si les ouvriers ou même n’importe qui s’inquiète du problème de l’irradiation, vous n’êtes pas digne d’être responsable sur place. Ainsi, sont les conditions de travail dans les centrales nucléaires.
J’ai exercé un tel travail longtemps. Il m’arrivait souvent que je ne pouvais plus le supporter sans aide de l’alcool et j’en buvais de plus en plus. Ainsi, je me posais souvent des questions. Pourquoi, et pour qui, il faut vivre des jours plein de mensonges? Au bout de 20 ans, je me suis aperçu que mon corps lui même était déjà gravement détruit par les radiations.
Qui va sauver les ouvriers du nucléaire?
Une fois, dans la centrale de Fukushima de TEPCO, un ouvrier s’est blessé gravement le front avec un polissoir automatique. Comme il saignait beaucoup, on a appelé l’ambulance pour l’emporter à l’hôpital de toute urgence. Pourtant, ce blessé était plein de radioactivité. TEPCO s’est tellement précipité qu’ils n’ont pas ôté ses combinaisons de protection ni l’ont lavé à l’eau. Les secouristes connaissant peu de la contamination radioactive, alors ils l’ont fait entrer dans l’hôpital sans enlever la radioactivité. Les secouristes ont été contaminés, l’ambulance a été contaminée, le docteur et les infirmières ont été contaminés, et les clients de l’hôpital ont été contaminés, et ils sont sortis de l’hôpital avec de la radioactivité... Cet événement a pris une telle ampleur qu’il a mis une ville entière dans la panique. Ils voulaient tout simplement sauver aussi vite que possible un homme qui portait une grande blessure. Mais comme la radioactivité ne se voit pas, personne n’a eu le temps de penser à la contamination radioactive.
Avec une seule personne, c’était déjà une grande panique. Si un grand nombre d’habitants devenait contaminé par la radioactivité à cause d’un grave accident, qu’est ce que ça pourrait donner? Pouvez-vous l’imaginer? Vous devez vous sentir concerné. Il s’agit de tout le monde au Japon.
L’accident de la centrale Mihama a été une mauvaise surprise
J’ignore si vous ne le savez pas ou si vous n’êtes pas simplement intéressés, mais les centrales nucléaires japonaises ont déjà connu plusieurs accidents qui doivent faire peur à tout le monde. Ils pourraient être équivalents à ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl. Par exemple, en 1989 dans la centrale de Fukushima Daïni, la pompe de recyclage a volé en éclats. C’était un accident qui n’était jamais été arrivé dans le monde jusqu’à alors.
Ainsi, l’accident de la centrale de Mihama de la compagnie de l’électricité du Kansai en 1991, avec l’éclatement d’une canalisation, a été un accident très grave. Il a rejeté une énorme quantité de radioactivité directement dans l’air et dans la mer.
L’accident de Tchernobyl ne m’a pas beaucoup surpris. En construisant des centrales nucléaires, je savais qu’on ne peut pas éviter une telle catastrophe. «Par hasard, c’est arrivé à Tchernobyl. Par hasard, ce n’est pas arrivé au Japon». C’est ce que j’ai pensé. Mais au moment de l’accident de Mihama, la peur a fait flageoler mes jambes et je ne pouvais pas me lever de ma chaise.
On peut dire que cet accident a été très grave car on a dû démarrer le système de refroidissement de secours à la main. Ce système de refroidissement est le dernier rempart pour protéger la sécurité de la centrale nucléaire. Si ce système ne marche pas, il ne reste plus rien à faire. Cet accident où il a fallu utiliser le système de refroidissement de secours est pour moi comme un autocar qui roule à 100km par heure sur l’autoroute avec 120 millions personnes à bord, dont le frein de service ne fonctionne pas, ni le frein à main, et enfin on réussit à l’arrêter en le précipitant contre le rocher.
Au moment de l’accident, l’eau radioactive qui se trouvait dans le réacteur s’est échappée dans la mer et on était sur le point que le cœur se retrouve à sec. Toutes les soupapes de sécurité, autrement dit les innombrables mesures de précautions dont le Japon était fier, n’ont pas donné suffisamment d’effet et un autre Tchernobyl aurait pu se produire à 0,7 seconde près. Heureusement, un ouvrier expérimenté était là, bien que ce fut le samedi. Le système d’arrêt automatique n’ayant pas fonctionné, c’est lui qui a jugé la gravité de la situation et arrêté manuellement le réacteur. Ainsi, on a échappé de justesse à un grave accident qui aurait pu concerner le monde entier. On peut dire que tous les japonais, ou même, tous les humains ont eu vraiment de la chance ce jour-là.
Cet accident a été causé par une mauvaise installation d’une des entretoises qui sert à tenir les milliers de tuyaux d’un diamètre de 2mm pour qu’ils ne se touchent pas à cause de la vibration. C’était un défaut de construction. Cet accident a en même temps dévoilé l’incertitude des contrôles systématiques, car personne n’a remarqué cette mauvaise installation pendant plus de 20 ans. On s’est également aperçu que les ouvriers du chantier pratiquaient des choses que le concepteur n’a jamais pu imaginer comme: si c’est trop long on le coupe, si c’est trop court on l’allonge.
L’accident de Monju
Le 8 décembre 1995 à Kouga du département de Fukui, il y a eu un accident grave, une fuite de sodium dans le surrégénérateur de Monju, du Centre de recherche des réacteurs et des combustibles nucléaires. Ca faisait déjà plusieurs fois qu’on avait des accidents à Monju. D’ailleurs, on m’a appelé au chantier de Monju, 6 fois, car mes anciens subordonnés y sont devenus directeurs ou superviseurs ou ouvriers de la construction de Monju et ils m’appelaient chaque fois qu’ils avaient des problèmes. A l’époque, j’avais déjà pris ma retraite, mais je ne pouvais pas laisser tomber car je savais que même un seul accident est inacceptable dans les centrales nucléaires.
Un jour, on m’a donc demandé de venir au chantier de Monju, car ils n’arrivaient pas à emboîter les tuyaux. En arrivant, j’ai bien constaté que tous les tuyaux qui sont préfabriqués comme ceux qui sont faits sur commande étaient de la bonne taille et installés en respectant le plan. Mais ils ne pouvaient tout de même pas les emboîter. J’ai beaucoup réfléchi mais je n’arrivais pas à trouver la cause. En cherchant toute la nuit, j’ai enfin compris. Monju était construit par plusieurs fabricants comme Hitachi, Toshiba, Mitsubishi et Fuji. Et chaque fabricant employait des normes de plan différentes.
Pour dessiner les plans, chez Hitachi où j’ai travaillé, on négligeait moins que 0,5mm. Mais chez Toshiba et Mitsubishi, on l’arrondissait à la valeur supérieure. Et chez Nihongenken on arrondissait à la valeur inférieure. Ce n’est que 0,5mm, mais quand il y a 100 fois, ça fait une grande différence. C’est pour cela qu’on ne pouvait pas emboîter les tuyaux bien que tous respectaient le plan.
Comme ça n’allait pas, on leur a fait refaire des pièces. C’était le prestige du pays qui était en jeu. Pour ça, on ne dépensait jamais trop d’argent.
Pourquoi une telle chose est arrivée? Parce que chaque entreprise gardait ses savoir-faire et ses propres informations. Ils n’ont pas discuté pour se mettre d’accord sur la façon de traiter ces 0,5mm, pour garder leurs secrets. Je suppose aussi qu’ils n’ont rien non plus discuté sur le thermomètre qui a été la cause directe de l’accident de 1995.
Dans n’importe quel ensemble industriel, on installe le même type de thermomètre dans les tuyauteries. Mais je n’ai jamais vu de thermomètre qui était aussi long que celui de Monju. Je suis sûr qu’il y avait quelqu’un qui avait remarqué que c’était dangereux au moment de la construction. Mais il n’a rien dit car ce n’était pas son entreprise qui s’en occupait et il n’en était pas responsable.
Le fabricant du surrégénérateur était formé d’une équipe composite comme le Centre de recherche, lui même était une équipe composite des compagnies d’électricité. Dans une condition pareille, l’accident est inéluctable. Je ne vois pas comment ça ne pouvait pas arriver.
Ce qui est encore incroyable, c’est que le gouvernement ne le reconnaît toujours pas comme un accident bien que ça a été un accident très grave. Il a expliqué que «il y a eu un phénomène» comme pour l’accident de la centrale de Mihama. Peu après l’accident de Monju, j’ai été appelé par le Conseil Général de Fukui. Dans le département, on compte 15 réacteurs nucléaires. Ce sont les députés du parti Libéral-Démocrate qui les ont acceptés et je leur disais toujours «S’il y a un accident, ce sera de votre faute. Ceux qui étaient contre le nucléaire ne sont pas responsables». Et bien cette fois-ci, ils m’ont demandé conseil en disant «Cette fois, on a décidé de se battre contre le Centre de recherche. On ne peut plus fermer les yeux».
Je leur ai dit d’abord «C’est un accident. Il ne faut pas se laisser duper par le mot phénomène». A la télévision, au moment du compte rendu fait par le Centre de recherche au Conseil Général, le porte-parole du Centre a employé le mot «le phénomène de cette fois-ci», et aussitôt un député a crié «Non, c’est un accident!». Mais, si on n’avait rien dit, le Centre et le gouvernement l’auraient passé comme un simple phénomène. Non seulement les riverains, mais aussi tout le monde doit faire attention à ce mot qui présente les choses à la légère.
Les peuples comprennent les choses d’une façon complètement différente selon qu’on dit un accident ou un phénomène. C’est parce que le gouvernement joue avec les mots que le peuple japonais n’est pas sensible au risque d’accident nucléaire, c’est une tromperie
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Le plutonium japonais dans les armes nucléaires françaises?
Le plutonium qu’on utilise dans le surrégénérateur de Monju est extrait, sur commande du Japon, à partir du recyclage effectué en France. Le recyclage du combustible nucléaire consiste à extraire du plutonium des déchets d’uranium, déjà brûlés dans les centrales. Le plutonium est une matière que l’on peut produire uniquement de manière artificielle.
A Monju, on utilise environ 1,4 tonnes de plutonium (à la fois dans le réacteur). La bombe de Nagasaki contenait environ 8kg de plutonium. Alors, combien de bombes nucléaires peut-on produire à partir du plutonium de Monju? Le plutonium est une matière très dangereuse qui est capable de provoquer le cancer des poumons à partir de quantités très faibles. Sa demi-vie radioactive est de 24.000 ans, presque l’éternité (pour nous). C’est ainsi que l’on a choisi le mot Pluton: le nom du roi des Enfers, pour sa racine. On a bien raison de le considérer comme la matière la plus dangereuse du monde.
Mais combien de gens savent qu’il y a une grande probabilité pour que le plutonium japonais ait été utilisé dans les essais nucléaires français effectués dans le Pacifique Sud jusqu’en 1995? Dans le centre de recyclage français, ils ne distinguent pas le plutonium destiné aux armes nucléaires du plutonium à utiliser dans les centrales. C’est donc quasiment sûr que du plutonium japonais a été utilisé dans les essais nucléaires.
C’est la raison pour laquelle le gouvernement japonais ne pouvait pas déclarer ouvertement son opposition contre les essais nucléaires français. Si le Japon voulait arrêter la France, c’était très facile. Il lui suffisait de renoncer au contrat de recyclage. Mais il n’en a rien fait.
Le marché du recyclage nucléaire prend la deuxième place dans l’ensemble des transactions commerciales entre ces deux pays. A quoi cela sert de crier «non aux essais nucléaires» sans savoir cette réalité? Le Japon avance son statut de seul pays irradié. Mais nous avons certainement contribué indirectement à irradier les habitants de Tahiti et à contaminer l’Océan Pacifique.
La communauté internationale a déjà abandonné le plutonium. Il n’y a que le Japon qui persiste à essayer de produire de l’électricité avec une matière si dangereuse. Ils essaient maintenant d’utiliser le combustible MOX, mélange d’uranium et de plutonium, dans les réacteurs ordinaires. Mais c’est excessivement dangereux, c’est un peu comme brûler de l’essence dans un chauffage à fioul. Les centrales n’ont pas été conçues pour brûler du plutonium. La fission nucléaire du plutonium dégage beaucoup plus d’énergie que celle de l’uranium. C’est pour cette raison qu’on l’utilise pour fabriquer la bombe atomique.
Le Japon est un pays qui ne possède pas beaucoup de ressources énergétiques naturelles. Mais cela ne justifie pas une telle erreur. Si l’on n’arrête pas les centrales nucléaires, si l’on n’abandonne pas le plutonium, le nombre des gens irradiés va augmenter partout dans le monde.
Le Japon qui n’ose pas interrompre le projet
Dans le monde, le temps de l’énergie nucléaire est bientôt terminé. En février 1996, les Etats-Unis ont déclaré leur projet de diminuer le nombre de centrales nucléaires américaines de moitié d’ici 2015. Le président a également ordonné d’arrêter l’extraction du plutonium. Il est si redoutable qu’ils ont arrêté même les recherches scientifiques.
Les Etats-Unis, comme l’Angleterre et l’Allemagne, ont déjà arrêté les centrales surrégénératrices où l’on brûle du plutonium comme celle de Monju. L’Allemagne a stoppé celle qu’elle avait achevée (Kalkar) et a construit un parc de loisir (Wunderland) à la place. La plupart des pays ont renoncé car ils ont compris que c’est impossible de produire de l’électricité à partir du plutonium. Le gouvernement japonais doit savoir qu’il a commis une erreur. Mais il n’a pas encore abandonné le plutonium. Il a même annoncé la reprise du projet.
Pourquoi le Japon n’abandonne pas? Parce que c’est un pays qui n’a pas assez de courage pour interrompre les projets déjà votés. C’est vraiment dangereux, mais je peux vous donner beaucoup d’exemples montrant ce caractère du gouvernement.
La politique nucléaire du Japon est vraiment mal organisée. Le gouvernement n’a pas réfléchi aux conséquences. Il espérait toujours que la situation s’arrangerait avec le temps. Il était toujours irresponsable dans ses décisions. Des décennies sont déjà passées, et il n’a même pas trouvé de solution pour traiter ses déchets nucléaires.
Un autre problème: auparavant, il y avait toujours beaucoup d’étudiants dans le domaine de l’énergie nucléaire. Désormais, les jeunes ne choisissent plus cette spécialité, qui a disparu de presque toutes les universités, comme de l’Université de Tokyo. Les étudiants ne veulent même plus faire de recherche fondamentale dans ce domaine.
Ainsi les laboratoires de recherche d’Hitachi et Toshiba ont été réduits par trois. Ils se consacrent plus pour la recherche sur les turbines à gaz de la cogénération, des réacteurs plus efficaces pour produire de l’électricité et de l’eau chaude en même temps. Même les fabricants commencent à abandonner le nucléaire.
Mr Takehisa Shimamura, ancien chef du Centre du nucléaire, a publié un livre intitulé «Le sermon du nucléaire». Il y écrit: «Le gouvernement japonais s’amuse à justifier ses actes du passé sans réfléchir. Ce n’est pas qu’il n’y a pas assez d’électricité. C’est qu’il possède trop d’uranium et de plutonium inutiles, l’uranium et le plutonium qu’il n’a pas osé refuser. Et maintenant, pour prouver qu’il ne produit pas des armes nucléaires, il construit de plus en plus de centrales, la démonstration de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire». Je pense qu’il décrit très bien la nature de ce pays.
On ne peut ni démonter, ni démolir
La première centrale nucléaire commerciale au Japon a démarré en 1966 dans la commune de Tokaido, dans le département d’Ibaraki. C’était un réacteur anglais d’une puissance de 160 mégawatts. Depuis, des centrales américaines ont été installées, et le Japon s’est même mis à construire ses propres centrales. Actuellement, 51 centrales nucléaires fonctionnent dans ce petit pays, la plus grande étant de 1.350 mégawatts.
On les a mises en route sans savoir concrètement comment les démonter ni les démolir, ni comment traiter leurs déchets. Le réacteur en acier, bien que d’une grande épaisseur, se fragilise à cause des quantités colossales de radioactivité, on les avait donc construites pour une exploitation de 10 ans, après quoi le démantèlement et la démolition étaient prévus. Mais en 1981, on s’est aperçu que les plans de démantèlement et de démolition de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait alors fonctionné 10 ans, n’étaient pas du tout réalisables. Le Parlement a même discuté sur le fait que ce réacteur ne pouvait plus résister aux rayonnements ionisants.
A l’époque, j’ai participé aussi à la recherche de solutions. Nous avons tous les jours étudié différents modes de démolition. Mais nous avons seulement compris que, pour démonter et démolir cette centrale nucléaire pleine de radioactivité, des dépenses représentant plusieurs fois le budget de sa construction seraient nécessaires, et qu’une irradiation trop importante des ouvriers serait inévitable. Car on ne peut travailler que quelques dizaines de secondes près du réacteur si l’on veut respecter la norme.
Tout est réalisable sur le papier, mais concrètement, les ouvriers doivent tout faire à la main, avec l’irradiation que cela implique. On ne peut donc rien faire avec cette radioactivité, ni démonter, ni démolir la centrale. Certaines personnes parlent d’envoyer des robots, mais les nombreuses recherches n’ont pas encore réussi à produire des robots qui ne se dérèglent pas à cause de la radioactivité.
Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours.
Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup.
Le réacteur nucléaire de 100 kilowatts destiné à la recherche s’est arrêté suite à une fuite de radioactivité dans l’Université Industrielle Musashi à Kawasaki, dans le département de Kanagawa. On estime qu’il aurait fallu 2 milliards de yens pour la réparation et 6 milliards de plus pour le démantèlement. Le budget annuel de l’Université ne suffit même pas pour la démonter. Ils sont donc obligés de l’arrêter et l’entretenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de radioactivité.
Si cela avait été un grand réacteur de 1.000 mégawatts, on n’aurait vraiment rien pu faire.
La surveillance et l’entretien après la fermeture
Pourquoi on ne peut pas démonter une centrale nucléaire? Comme elle fonctionne avec de l’eau et de la vapeur, on ne peut pas la laisser sans entretien après l’arrêt. Elle se rouillerait très vite et il y aurait des fuites de radioactivité par des trous. Un seul démarrage avec du combustible nucléaire suffit pour polluer la centrale. Et une fois polluée, on ne peut plus la laisser se reposer, ni la démonter, ni la démolir.
Il y a beaucoup de centrales nucléaires qui ont été fermées dans des pays développés. Elles sont fermées car ils ne peuvent pas les démonter ni les démolir. Fermer une centrale nucléaire, ça veut dire qu’on arrête de produire de l’électricité et qu’on retire le combustible. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.
Actuellement, le Japon compte 54 réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité, 51 en fonctionnement et 3 en construction. Il y en a plusieurs qui sont trop dangereux pour continuer à les exploiter. Il ne faut pas oublier les réacteurs pour la recherche possédés par des universités et des entreprises. Donc dans tout le Japon, il y a 76 réacteurs, de 100 kilowatts à 1.350 mégawatts.
Mais je me demande si les compagnies d’électricité vont continuer à surveiller sérieusement les centrales fermées qui ne produisent plus d’électricité ni d’argent. D’un autre côté, elles cherchent à construire de nouvelles centrales et à agrandir celles qui sont déjà construites. Par exemple, elles veulent ajouter un 5ème réacteur sur le site de Hamaoka qui se trouve sur un endroit très dangereux par rapport à la faille qui provoque souvent des tremblements de terre dans la région de Tokai. A Fukushima, elles ont ajouté un nouveau réacteur sur le terrain de football. Pour des nouvelles installations, elles veulent construire des centrales à Makimachi dans le département de Nigata, Ashihama du Mie, Kaminoseki du Yamaguchi, Suzu du Ishikawa, et Ooma et Toudu d’Aomori. Elles envisagent d’avoir de 70 à 80 réacteurs d’ici 2010. J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou.
Bientôt, la fermeture des vieilles centrales nucléaires va sûrement venir. C’est un grand problème. Imaginez des centrales nucléaires fermées qui apparaissent partout dans le Japon dans l’avenir assez proche. Vous ne pensez pas que c’est non seulement inquiétant mais macabre?
Les déchets nucléaires qu’on ne sait même pas traiter
Il faut aussi parler des déchets nucléaires qu’on produit chaque fois qu’on fait tourner les réacteurs, ça veut dire tous les jours. En parlant déjà des déchets nucléaires de faible activité, il y en a 800.000 fûts dans le Japon. On utilise le mot faible mais il y en a qui sont tellement forts en radioactivité qu’on peut recevoir la dose létale en restant uniquement 5 heures à côté.
Depuis le démarrage de la première centrale nucléaire au Japon jusqu’en 1969, dans toutes les centrales, on mettait tous les déchets nucléaires dans des fûts et les jetait dans les mers à proximité. A l’époque, c’était normal. Quand je travaillais dans la centrale de Tokai du département d’Ibaraki, les sous-traitants emportaient les fûts en camion et ils les jetaient au large de Chiba en bateau.
Mais justement c’est avec cette histoire que j’ai commencé à douter qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans les centrales nucléaires. Les fûts métalliques se rouillent au bout de 1 an dans la mer. Je me suis demandé ce qui se passerait avec les déchets nucléaires qui étaient dans les fûts et les poissons qui habitent dans la mer.
Maintenant, on rassemble les déchets nucléaires à Rokkasyo dans le département d’Aomori. Ils prétendent surveiller 3 millions de fûts de déchets nucléaires pendant 300 ans. Mais je me demande déjà s’il existe le fût qui fait de l’usage pendant 300 ans. Et durera-t-elle aussi cette entreprise sous-traitante pendant si longtemps? Qui peut assurer tous ces problèmes?
Et puis, parlons des déchets nucléaires de haute activité. C’est le déchet qui reste après l’extraction du plutonium du combustible usé. Le Japon commande cette extraction à l’Angleterre et à La France. En 1995 la France a retourné 28 barres de déchets de haute radioactivité. Ce sont des mélanges de déchets de haute radioactivité et de verre enfermés dans un container métallique. J’ai entendu que le fait de rester 2 minutes à côté de ce container suffit pour tuer quelqu’un. Le gouvernement dit qu’il va garder ces barres fortement radioactives pendant 30 ou 50 ans tout en les refroidissant à Rokkasyo du département d’Aomori et les transporter quelque part ailleurs pour les enfouir en profondeur. Quelque part qu’il ne sait pas encore où ça pourrait être. Dans tous les autres pays, ils planifient l’enfouissement des déchets nucléaires de haute radioactivité, mais il y en a aucun qui l’a déjà accompli. Personne ne connaît la solution.
Pour le bâtiment de la centrale nucléaire elle même, le gouvernement japonais envisage de la fermer hermétiquement pendant 5 ou 10 ans et l’enterrer en dessous du terrain où la centrale a été, après l’avoir démolie en petits morceaux et mis en fûts métalliques. C’est un projet très optimiste mais la démolition d’un seul réacteur donnera des dizaines de milliers de tonnes de déchets plein de radioactivité. Comment peut-on trouver la place pour tous ces déchets dans un pays où on manque même de place pour jeter les ordures ménagères? En tout cas, c’est bien clair que le Japon sera encombré de déchets nucléaires un jour. Il faut faire quelque chose. Il faut qu’on arrête les centrales nucléaires aussi vite que possible.
Il y a environ 5 ans, j’ai été faire une conférence sur mon travail à Hokkaido. Quand j’ai dit «on va continuer à surveiller les déchets nucléaires pendant 50 ans ou 300 ans», une collégienne a levé sa main. Elle a crié «J’ai une question. En parlant de la surveillance des déchets qui dure 50 ou 300 ans, est ce que c’est vous qui allez le faire? Non, ce n’est pas vous, les adultes d’aujourd’hui, c’est nous, la prochaine génération, et les générations qui suivent. Mais nous, nous n’avons pas envie de le faire !» Est-ce que quelqu’un peut donner une réponse à cette fille?
Quand on dit «surveiller 50 ans ou 300 ans», peut-être ça vous donne l’impression que tout sera fini au bout de ces durées. Mais s’il y a toujours des centrales nucléaires qui fonctionnent, ce sont des 50 ans et 300 ans qui se renouvellent pour toujours.
L’irradiation et la discrimination affreuse des habitants
Le gouvernement et les compagnies d’électricité ont menti pendant des dizaines d’années en disant que les centrales nucléaires japonaises n’avaient jamais émis de radioactivité à l’extérieur. Mais depuis quelque temps, ils ne peuvent plus continuer leurs mensonges.
Il y a de la radioactivité qui sort des cheminées très hautes des centrales nucléaires. Très précisément, c’est la compagnie qui la rejette volontairement. Comme elle la rejette 24 heures sur 24, les habitants à côté prennent de la radioactivité tout au long de l’année
J’ai reçu une lettre d’une jeune femme de 23 ans. J’ai vu des traces de larmes sur l’enveloppe. Elle m’a écrit «J’ai trouvé un travail à Tokyo et rencontré un homme. Nous nous sommes fiancés et nous avons déjà fini la pré-cérémonie du mariage avec la famille. Mais il a subitement rompu nos fiançailles. Il m’a expliqué que ce n’est pas du tout de ma faute et il aimerait bien aussi se marier avec moi. Mais ses parents se sont aperçus que j’ai grandi à Atsuga dans le département de Fukui et qu’il y a plus d’enfants leucémiques à côté des centrales nucléaires. Comme ils n’ont pas envie d’avoir leur petit enfant leucémique, ils ne sont plus d’accord avec notre mariage. Dites-moi, pourquoi je dois subir une telle chose?». Qui a droit de faire vivre un tel drame à cette jeune femme? En plus, je connais plein d’autres histoires pareilles.
Cette histoire n’est pas arrivée à côté d’une centrale nucléaire. Elle est arrivée à Tokyo. Est ce que vous pouvez approuver sans aucun souci le mariage entre un homme qui a déjà travaillé dans les centrales nucléaires avec votre fille ou la femme qui a vécu à côté d’une centrale nucléaire comme elle avec votre fils? Les jeunes doivent également se sentir concernés car vous pouvez très bien tomber amoureux de quelqu’un d’irradié. Je sais qu’en parlant de cette discrimination, je pourrais provoquer encore plus de discrimination. Mais il faut que je vous informe. Pour les gens qui sont déjà opposés aux centrales nucléaires, j’aimerais bien que ce problème soit un de leurs arguments et pas seulement parce qu’ils ont peur des accidents. Ce n’est pas seulement la Nature et la santé humaine que les centrales nucléaires détruisent, elles détruisent aussi le cœur des hommes.
Puis-je avoir des enfants?
Pour finir, je vous raconte une histoire qui m’a beaucoup choqué. Une histoire qui m’est arrivée au cours d’une conférence organisée par le syndicat des instituteurs à Kyowa de Hokkaido qui se situe à côté de la centrale Tomari. Je ne manque pas d’en parler chaque fois. J’aimerais bien que vous vous rappeliez de cette histoire même si vous oubliez les autres.
La conférence a eu lieu le soir. Il y avait environ 300 personnes, à peu près moitié de parents et moitié d’instituteurs et professeurs. Mais il y avait aussi quelques collégiens et lycéens car ils pensaient que les centrales nucléaires sont des problèmes de leur génération et pas seulement ceux des adultes.
Une fois que j’ai eu fini mon discours, j’ai demandé s’il y avait des questions. Une fille de deuxième année de collège a levé sa main en pleurant et elle s’est exprimée:
«Vous, les adultes qui se sont réunis ce soir, vous êtes tous des menteurs et des hypocrites. Je suis venue ici aujourd’hui pour voir quelle tête vous faites. Les adultes d’aujourd’hui, notamment ceux qui sont là, vous êtes toujours en train de faire semblant d’agir pour les enfants pour tous les choses. Le problème des pesticides, les terrains de golf, les centrales nucléaires. Moi, je vis à Kyowa juste à côté de la centrale de Tomari. Je reçois de la radioactivité sans cesse. J’ai lu qu’à Sellafield en Angleterre, à côté de l’usine nucléaire, il y a plus d’enfants leucémiques qu’ailleurs. Moi, en tant que fille, je rêve de me marier un jour. Est ce que je peux avoir des enfants?»
Cette fille a demandé en pleurant aux 300 adultes qui se trouvaient devant elle. Mais personne ne pouvait lui répondre.
Elle a continué: «Si vous savez que les centrales nucléaires sont dangereuses, pourquoi vous n’avez pas manifesté au moment de la première construction? Pourquoi vous ne manifestez que maintenant? En plus, vous avez même laissé construire le deuxième réacteur. Je préfère ne pas avoir d’électricité qu’avoir la centrale nucléaire». Justement, le deuxième réacteur de la centrale Tomari venait d’entamer sa mise en route.
«Je ne comprends pas pourquoi vous faites cette conférence si tard. Si j’étais un adulte qui avait des enfants, j’arrêterais la centrale même au risque de ma vie». Elle a ajouté en pleurant «Maintenant avec le deuxième réacteur, je reçois 2 fois plus de radioactivité. Mais je n’abandonnerai pas Hokkaido».
Je lui ai demandé si elle avait déjà confié son inquiétude à sa mère ou à son professeur. Elle m’a répondu «Je sais que ma mère et mon professeur sont ici aujourd’hui. Je ne leur ai jamais posé des questions. Mais entre les filles de la ville on en parle tout le temps qu’on ne peut pas se marier ni avoir des enfants».
Les professeurs n’étaient pas au courant que leurs élèves ressentaient une telle inquiétude.
Ce ne sont pas uniquement les 8 ou 10 km de rayon autour de la centrale qui sont concernés. Beaucoup de collégiens et lycéens ressentent la même chose dans la zone des 50 ou 100 km autour de la centrale. J’aimerais bien que vous pensiez toujours à ces jeunes.
On ne peut jamais être en sécurité si la centrale nucléaire ne disparaît pas.
J’espère que vous avez bien compris ce qu’est une centrale nucléaire, en lisant ce texte.
Certainement, l’accident grave de Tchernobyl a aussi effrayé beaucoup de Japonais. Mais j’imagine que beaucoup de gens, surtout ceux qui habitent au loin, dans les grandes villes, ont peur de manquer d’électricité si on ferme les centrales nucléaires.
Mais c’est le résultat des propagandes qu’ils font en dépensant beaucoup d’argent. «Les centrales nucléaires, c’est une utilisation pacifique de l’énergie atomique» «Vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Les accidents n’arriveront jamais dans les centrales nucléaires japonaises» «Le Japon manque de sources d’énergie. Les centrales nucléaires nous sont indispensables». Ce sont des propagandes du gouvernement et des compagnies d’électricité. Et la réalité, comme l’accident de Monju, ils essayeront toujours de la cacher.
C’est bien vrai que les centrales nucléaires produisent de l’électricité. Mais j’ai constaté en travaillant 20 ans, avec mes yeux et même avec mon corps qu’elles fonctionnent toujours en irradiant les ouvriers. Et puis les gens qui habitent à côté souffrent, en se débattant entre ceux qui sont pour et contre avant l’installation, et en étant irradiés et discriminés après la construction.
Vous ne devez pas croire qu’un accident dans une centrale nucléaire ne provoque pas des terribles conséquences, ni qu’il n’y a pas de problème si jamais l’accident arrive, ni que c’est une utilisation pacifique!
Non, tout cela n’est pas vrai. Ce n’est pas pacifique s’il y a des ouvriers qui meurent à cause de l’irradiation, comme moi, et des gens qui souffrent à côté des centrales. En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr.
En plus, même si le nucléaire produit de l’électricité en ce moment, l’entretien des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années demandera une énorme quantité d’électricité et de pétrole. C’est sûr que ça demandera plus d’énergie qu’on en a produit jusqu’à maintenant grâce au nucléaire. D’ailleurs, ce sont nos descendants qui seront obligés d’entretenir toutes les centrales fermées et leurs déchets.
Pour toutes ces raisons, je vous demande de regarder le visage de vos enfants et vos petits-enfants tous les matins, et réfléchir si le Japon peut continuer à construire des centrales nucléaires. Ce n’est pas uniquement le risque de l’accident, mais il y a aussi le risque du tremblement de terre. Le désastre irrémédiable va arriver si on continue ainsi. Je veux que vous sachiez cette réalité.
Je manifeste pour ne plus construire de centrales nucléaires. Je suis contre les nouvelles installations de centrales nucléaires avec conviction. Et je pense qu’il faut arrêter celles qui sont en fonctionnement.
Tant que les centrales nucléaires existeront, la tranquillité n’existera pas sur la Terre.
Laissons la Terre jolie pour nos enfants.
Hirado NORIO
Traduction du Japonais en Français effectuée par Tomomi DUFILS en avril 2011










