Le conflit, lorsqu’il engendre l’agressivité, la peur et la violence (physique ou verbale) est le contraste perçu dans l’ego (on s’identifie à l’une des deux informations en conflit).
L’humour est le conflit, perçu sans l’ego.
Déclenchement du rire :
L'humour est provoqué par un accident dans le cerveau. Un paradoxe, deux informations apparemment en conflit, est perçu, et de ce choc émotionnel naît le rire, comme manifestation physique de l’absurdité de la perception des contraires.
Pour résumer, le mental ne pouvant digérer une information inattendue et paradoxale se neutralise lui-même. Il disjoncte. Et cet accident est finalement l'une de nos plus curieuses sources de plaisir. Plus une personne rit, plus son état de santé s'améliore. Cette activité ralentit la vieillesse et réduit le stress.
Ex. :
Le gag de la personne qui se prend une porte : paradoxe entre la maladresse d’une personne (légèreté) et le fait que c’est douloureux, dangereux (gravité). On est pris entre la moquerie et l’empathie.
On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Parce que l’identification s’en mêle. Lorqu’on est identifié à l’une des deux informations contraires, l’équilibre est rompu. On ressent le besoin de protéger une des deux affirmations. Par définition, quelque chose que l’on protège, c’est qu’on l’estime en danger. Si on pense que c’est en danger, on ressent une forme de peur.
Le paradoxe entre la légèreté, et la gravité ; la confiance (de ce qui est) et la peur, penche vers la gravité, la peur. Et celui qui aurait pu rire d’une chose, est émotionnellement engagé dans l’une des deux parties du paradoxe, a peur pour l’idée (le soi identifié) et ressent le besoin de la protéger.
Au lieu du rire, c’est l’indignation, la susceptibilité, la tension qui est générée.
« L’insoutenable légèreté de l’être ».
Ainsi, on pourrait dire que plus l’être est léger, plus il est apte à rire de tout.
Mais il y a aussi une bonne nouvelle, l’humour est plus fort, car il est plus profond puisque déclenché au-delà du mental. C’est, comme les larmes, une manifestation physique immédiate de l’émotion : c’est magique !
De plus, il est communicatif !
Vous ne vous êtes jamais surpris à rire d’une chose que pourtant, vous trouviez gravissime ?! C’est le début de la fin de ce lien d’identification.
Les bienfaits du rire
En fait, le centre nerveux responsable du déclenchement du rire est le même que celui qui provoque les pleurs (localisé dans le tronc cérébral).
Le rire exprime une émotion – en ce sens qu’il la pose à l’extérieur: on parle d’éclat ou d’explosion de rire. Il implique donc une tension antérieure et s’achève sur une sensation de relâchement bienfaisant. Le rire est libérateur.
« L’humour est un déguisement sous lequel l’émotion peut affronter le monde extérieur ».
Tony Mayer
Lors du rire, l’hypothalamus, centre de contrôle à la base du cerveau, produit des endorphines: ces morphines naturelles ont des propriétés anti-douleur et calmantes.
L’humour, c’est la séparation acceptée. Quand le jeu des contradictions ne provoque plus le conflit intérieur, mais est transformée en acceptation de deux informations pourtant contradictoires.
Il est bon de se demander quelles sont nos limites en matière d’humour pour savoir encore, sur quel niveau on se bloque, on s’identifie.
Personnellement, il y a des années, je ne supportais pas qu’on me vanne sur mon physique. En fait, j’en riais jaune, par politesse, mais cela me blessait intérieurement. Et pour cause, j’avais encore beaucoup de mal avec l’acceptation de mon apparence. Aujourd’hui je ne ressens plus cette gêne. Faire peur aux petits enfants dans la rue ne me dérange plus, au moins ils ne me font pas chier les marmots !
L’humour dissous nos esprits dogmatiques.
En effet, j’ai tendance à dire que pour faire de l’humour, il faut avoir dans le cœur le sentiment du condamné, dans le couloir de la mort, ou au bord du gouffre, prêt à mourir, acceptant cette mort. On pourrait penser que c’est triste. Mais non, on ne parle pas ici de mort physique, mais d’exécution d’une idée dogmatique ; une idée à laquelle on pourrait s’identifier. C’est la laisser mourir, la sacrifier sur l’autel de l’humour, et ainsi initier ou confirmer son détachement égotique à l’idée en question.
Exemple de dogme.
Rire de Dieu : Ou combien cela est difficile pour la plupart d’entre nous ! Et c’est compréhensible. Dieu est une belle rumeur (C. Aleveque plus bas) mais surtout le résultat de notre croyance face à nos peurs (dont la mort, rire de la mort ?), et son explication… Les dessins caricaturaux de Mahomet en sont un bon exemple… on ne peut pas rire de tout.
Dans ce sens, alors que la plupart des gens voient en Dieu une solution, pour ma part, il s’avère que c’est un problème, tant que c’est un dogme : une idée figée à laquelle on s’identifie.
Rire de l’amour : Celui qui d’indigne car il considère l’amour comme un sujet grave. L’amour aussi n’est pas un dogme, c’est un fait, c’est.
Or "Quand quelqu'un affirme avec Insistance qu'il ou elle est orienté vers le Coeur, c'est parce qu'il ou elle ressent son Manque de Coeur, et qu'il ou elle en a Peur. C'est un Fait dont il ou elle se refuse à prendre Conscience".
Osho
L’amour n’a pas plus besoin d’être défendu, que Dieu lui-même !
Rire de soi :
Aaaah le soi. Rire de soi c’est accepter les informations contradictoires sur soi même. Par exemple, nous sommes tous intelligents et bêtes à la fois (ceux qui ne le savent pas encore, je leur souhaite de le réaliser). On a tendance à se considérer, égotiquement, intelligent… c'est-à-dire à s’attacher à notre intelligence et à mépriser notre bêtise.
Lorsque quelqu’un se moque de notre bêtise, on a peur pour notre intelligence. Alors que rire de notre bêtise, c’est accepter les deux faces d’une même pièce : il faut parfois être bête pour être intelligent, le jeu des contrastes existe aussi en nous. Si nous ne sommes jamais bêtes, pouvons nous véritablement être intelligent ? (ombre et lumière, tout le toutim… ça percute ?).
L’humour dans les relations humaines.
Aaaah, l’humour c’est le sexe du cœur ! (j’avais envie de l’écrire… mais je suis incapable de l’argumenter).
Dans une relation, humour est donc une forme de perception du conflit. Moins l’ego est engagé, plus, lors de désaccord, de conflit, vous êtes en mesure d’user d’humour.
Nous rendant plus souples, l’humour huile l’engrenage mécanique des relations humaines. Il facilite la communication.
L’humour est également un gage de confiance. Lorsqu’on ne connaît pas notre interlocuteur, il est parfois périlleux de faire de l’humour. Par contre, lorsqu’une relation est installée, on peut faire de l’humour tout en jaugeant les limites de l’autre, éventuellement, pour ne pas froisser sa susceptibilité (là où l’ego existe, où on s’est identifié, voir le billet sur l’ego, spectre de notre identification). Dans une excellente relation de confiance avec l’autre, il n’est même plus nécessaire de jauger, car si la confiance est profondément installée, même choqué, l’autre n’a pas de raison de vous en vouloir, puisqu’il sait intimement que ce n’est pas pour blesser.
« Où il n'y a pas d'humour, il n'y a pas d'humanité, où il n'y a pas d'humour, il y a le camp de concentration. » de l’esprit !
Ionesco
Alors moi je clame : cessons ce monde de « Plus on est de fous, moins y’a de riz » pour un monde dans lequel « plus on est de fous, plus on rit ».
Bien humoureusement, votre humble servitateuse !
Ce message a été modifié par Catarineta Tchi Tchi - 01 février 2011 à 13:44.




















