Cassiopée, le 11 février 2011 à 08:46, dit :
Si tu cuisines, et que tu prépares quelque chose qui rend tout le monde malade, est-ce qu'au prochain repas tu vas t'obstiner a resservir le même plat??? non ça ne viendrait à l'idée de personne. Seulement chez les industriels, si!! ils continuent encore et toujours à nous servir le même plat empoisonné en disant que si on est malade c'est pour tout autre chose mais pas à cause de leur plat, et ils essaieront de prouver qu'en reprenant de ce plat on sera moins malade.
Je garde ce passage, je pense qu'il résume en 3 lignes ta pensée.
Mais je trouve çà foutrement manichéen (désolé). Pour le coup (re désolé), je trouve le bisounours fort à propos. Disons aussi le calinours pour nos amis du Québec.
Tu parles d'industriel et de plat (préparé ??) donc c'est le mal absolu. Mais la réalité est plus complexe et ça ne se résume pas au méchant industriel (M. Burns ??)
TOUS les composés que nous ingérons sont potentiellement toxiques à partir d'une certaine dose. Plus ou moins forte, plus ou moins bien évaluée dans un premier temps.
Les pommes de terres, ce sont des solanacées, et donc potentiellement dangereux. Certaines variétés ont été interdites après 10, 20 ans (ou plus) de commercialisation quand on s'est aperçu que certains composés dépassaient vraiment ce qui était tolérable. Ces mêmes variétés sont parfois encore autorisées ailleurs, vous avez de fortes chances de tomber dessus sur un fish and chips en Irlande, par exemple. Et là, c'est la faute aux industriels ? Au lobby de la patate ? Non, ça doit faire autant rêver que casser du Monsanto, ou autre firme incarnat le mal.
L'aspartame est probablement incriminable à une certaine dose (quoi que certains études sont franchement risibles). La stévia arrive en force, et notre recul toxicologique dessus est faible. Les bobos se ruent déjà dessus car c'est naturel. Et dans 10 ans, quand la législation sera plus dure sur le produit, on dira quoi ? Que le lobby de l'aspartame a eu la peau des pauvres paysans de stévia ? La bonne blague.
Le monde n'est pas noir et blanc, il est perpétuellement gris.
Le législateur a un boulot pas facile: déterminer quelle dose est acceptable, et éventuellement définir des seuils d'utilisation dans des produits manufacturés en tenant compte de ce qu'un individu moyen (et même sortant de la norme ou de la moyenne) peut ingérer sans risques majeur. Le risque zéro ( au point de vue mathématique) est une hérésie, une utopie. Ce risque zéro, c'est l'absence de toute nourriture, de toute respiration, de toute confrontation avec l'environnement. J'aurai aimé que le reportage de Robin montre que la notion de DJA est complexe, et que ça concerne TOUT ce qui nous entoure. Malheureusement, le reportage ne va pas dans ce sens.
Ha oui, Robin nous dit que les phytos, c'est le mal. Sans doute le bio, c'est bon, hein.
Et bien prenons la roténone: c'est un insecticide d'origine naturelle. En conventionnel, il n'est plus utilisé en pratique depuis des lustres pour 2 raisons: son efficacité est franchement moyenne, et en plus ça flingue tout ce qui bouge: le nuisible, la coccinelle qui passe à coté, et l'abeille un peu plus loin (mais bon, c'est plus facile de parler du gaucho, surtout il est prudent de garder des oeillères). En conventionnel, il est interdit depuis 2009. En bio, il a été prolongé jusqu'à 2011 parce qu'il n'existe pas d'alternatives, et que le paysans bio sans roténone, et bien il est très très mal (et de toute façon, les alternatives bio n'existent toujours pas, donc ca va être la catastrophe en 2012). Ce produit à un DL50 (je parle même pas de DJA) de quelques milligrammes par inhalation (je vous parle même pas de l'ingestion). Et là, c'est quoi ? C'est le lobby industriel qui empoisonne ses ouailles ? C'est vrai, c'est le lobby bio.
On peut critiquer la méthode de calcul des DJA, et la remettre en cause ou la trouver pas assez sécuritaire. Ca, on pourrait en discuter.
Mais alors, on supprime tout dans notre alimentation.
Un exemple: La DJA correspond au centième ou au millième de la dose sans effets mesurée, elle même forcément plus faible que la dose létale 50 (DL50: dose qui tue 50% d'une population).
On pourrait donc calculer une DJA pour le café, par exemple, mais elle n'existe pas (sans doute la faute au lobbying du café). Figurez vous qu'avec environ 50 tasses de café dans la journée pour un individu de poids moyen, on arrive à la dose LETALE 50. En clair, dès la première tasse, on dépasse déjà la DJA (si elle existait). On interdit le café ?
E tout est à l'avenant. D'ou mon propos, que je ne répèterais jamais assez: MM Robin est une marchande de peur, mais certainement pas une marchande d'information vaste, objective et non orientée. Elle vend ce que le spectateur veut, et ça marche très bien, et ça permet de vendre des bouquins. Pourquoi se priverait elle de profiter de la crédulité du téléspectateur ? En plus, ça lui vaut la reconnaissance et presque une stèle en son honneur. Mais moi, je trouve çà malhonnête.