Agitateur, le 26 mai 2011 à 11:20, dit :
Non, non, je ne parle pas uniquement des morts nés.
Mais moi non plus.
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PS: tu parles de prêtres, c'est les registres paroissiaux et c'est plus ancien. Je te parlais de registre de mairie, tenus par "l'officier" municipal, dans un passé assez récent ( fin 19° début 20° )
Ce que je dis pour les prêtres est parfaitement valable pour les officiers municipaux et les registres de mairie. Dans ce que j'ai dit, il suffit de remplacer le prêtre par l'officier municipal, et le raisonnement est identique. Le médecin antidatait la naissance du bébé avorté, puis faisait venir l'officier municipal pour constater la mort (ou alors lui communiquait l'évènement par lettre). Et voilà. Le bébé avorté était considéré comme né depuis 3 semaines alors que ça faisait seulement quelques heures.
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L'avortement à l'époque, ça me laisse un peu perplexe ( mis à part le contexte WW2 avec le mari loin qui est susceptible de revenir un jour....et ça ferait mauvais genre de lui présenter le petit dernier né 3 ans après le départ du bonhomme...) Je ne dit pas qu'il n'y en avait pas, mais faut pas se cacher une chose: les gosses, c'était la caisse de retraite, et des bras pour aider. Le contexte sociologique n'a rien à voir avec les naissances désirées / non désirées d'aujourd'hui.
Pas exactement. Déjà, les filles étaient considérées comme étant plutôt un poids. Donc, dans un bon nombre de cas, elles étaient carrément sacrifiées à la naissance. Ou alors, on les nourrissaient trop peu et elles dépérissaient naturellement. A Rome par exemple, on ne conservait que la fille ainée. Les cadettes étaient sacrifiées. Et c'était tout à fait légal. Évidemment, au 19ème et début du 20ème, ça ne l'était plus. Mais ça devait certainement encore pas mal se pratiquer.
Par ailleurs, même pour les garçons, il y avait évidemment un rapport optimal nombre de garçons/taille de l'exploitation au delà duquel ça n'était plus intéressant du tout d'avoir encore des enfants. Parce qu'il faut pouvoir nourrir la famille, et en plus vendre la récolte. Pour donner un exemple extrême, avoir 30 enfants pour une exploitation de 4 hectares, c'est évidemment beaucoup trop. Donc, sans aller jusque dans des chiffres pareils, probablement qu'au delà de 6 ou 7 enfants, vu que les exploitations n'étaient pas grandes pour le commun des mortels, une bouche en plus, c'était une bouche en trop. Donc, à partir de là, on se mettait à avorter. Et comme les moyens de contraception étaient peu efficaces, et en plus pas forcément connus de grand monde, les grossesses défilaient les unes après les autres.
Et puis, évidemment, il y avait toutes les grossesses liées à une tromperie, ou à une mésalliance, qui poussaient le mari (dans le cas où il arrivait à être au courant), et surtout les parents à faire avorter la femme ou la fille (plus facile, dans le cas de la fille ayant une grossesse alors qu'elle n'était pas encore mariée).
Donc, il y avait beaucoup de raisons poussant les parents à faire avorter la femme enceinte, voir à tuer l'enfant après la naissance dans le cas de la naissance d'une fille. Et il devait donc y avoir une grande quantité de bébés considérés comme morts peu de temps après la naissance, qui avaient en fait été avortés, voir tués après la naissance.
Et comme je l'ai déjà dit, certains cas devaient en fait être des fausses couches, là aussi avec une date de naissance antidatée.
Concernant les infanticides de filles, c'est peut-être pour ça qu'il y avait une quantité de prêtres et autres ecclésiastiques aussi nombreuse. Avec un ratio, homme/femme trop important, on pouvait constituer une caste de prêtres pléthorique (on était même un peu obligé de le faire).
Tout ça pourrait aussi expliquer un certain nombre de morts en couche des femmes. En fait, dans pas mal de cas, il pouvait simplement s'agir d'avortements ayant mal tourné.
Et du coup, la mortalité natale et néonatale importante de l'époque s'expliquerait de cette façon là. La mortalité natale et néonatale était très importante parce qu'ils s'agissait en fait d'avortements, d'infanticides, de fausses couches maquillées, etc... Ca n'aurait rien à voir avec des problème de médecine primitive et d'infections microbiennes. En considérant ces morts comme ce qu'ils étaient vraiment, à savoir des avortements, infanticides, etc..., la mortalité natale et néonatale devait être en fait relativement proche de la mortalité natale et néonatale moderne. Et donc, l'espérance de vie dans les temps anciens doit être largement sous estimée à cause de ça. Et elle doit être loin de s'être autant améliorée qu'on le dit. Elle a du s'améliorer, c'est sûr, mais pas autant qu'on le fait croire.
Et on pourrait penser que si demain, les moyens de contraception et l'avortement étaient interdits, et que les mêmes problèmes de trop grande quantité d'enfants, de faible valeur des filles, d'absence d'aides sociales, etc..., se posaient, on verrait la "mortalité natale et néonatale" regrimper en flèche.
Ce message a été modifié par aixur - 26 mai 2011 à 20:25.