Posté 03 juin 2011 à 11:18
de LCI :
"Sa fiche d'identité est désormais établie. Mais cela n'indique pas d'où elle vient, ni comment combattre efficacement sa propagation. L'Escherichia coli à l'origine d'une flambée épidémique meurtrière en Allemagne est une nouvelle souche bactérienne hautement toxique ; le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), basé à Stockholm, a confirmé jeudi ses caractéristiques : E. coli "0104:H4 (Stx2-positive, eae-négative, hly-négative, ESBL, aat, aggR, aap)". Le 29 mai, donnant déjà le type de la bactérie, l'ECDC avait souligné qu'elle était très rare, et que jusqu'alors, "un seul cas" de contamination concernant "une femme en Corée en 2005" avait été rapporté dans une publication scientifique. "Cette souche n'avait jamais été observée dans une situation épidémique auparavant", a renchéri Aphaluck Bhatiasevi, porte-parole de l'OMS, ajoutant que l'organisation attendait d'autres informations en provenance des laboratoires.
Dans les cas les plus graves, l'infection dégénère en syndrome hémolytique et urémique qui entraîne une destruction des cellules sanguines et des atteintes rénales. Une infection difficile à traiter : des scientifiques chinois, qui ont analysé le génome de la souche qui a fait 18 morts et contaminé 1500 personnes dans une dizaine de pays européens, ont noté qu'il contenait des gènes qui rendent la souche résistante à certaines classes d'antibiotiques. Dans un communiqué, ils ont précisé que cette bactérie était liée à une autre souche d'E. coli, l'EAEC 55989, qui a été précédemment isolée en Afrique centrale. Un membre du centre américain de prévention et de contrôle des maladies, le docteur Robert Tauxe, voit dans cette souche l'une des plus meurtrières jamais recensée. "Nous ne comprenons pas pourquoi elle est si résistante", a-t-il déclaré, estimant qu'il n'y avait aucun signe attestant que les antibiotiques puissent être efficaces. Les experts de l'Union européenne disent avoir été surpris par l'ampleur de l'épidémie, qui a atteint les Etats-Unis avec trois cas signalés. Tous les malades habitent en Allemagne ou reviennent d'un séjour dans ce pays.
Face à l'épidémie, la Russie a interdit jeudi l'importation de légumes frais en provenance de l'Union européenne, provoquant une vive réaction de Bruxelles. "Ce qui se passe dans l'Union européenne depuis un mois n'arrive même pas dans les pays africains", a dénoncé Guennadi Onichtchenko, directeur de l'agence russe de défense des consommateurs, avant d'ajouter que "la législation sanitaire européenne tant louée (...) ne marche pas". Et de marteler : "Nous voulons des explications. S'ils nous disent demain que la crise est réglée, que l'origine de la maladie est connue et que, par exemple, c'est la salade qui est en cause, alors nous interdirons les importations de salade et autoriserons tout le reste". Un porte-parole de la Commission européenne a répondu que le commissaire à la Santé John Dalli enverrait "une lettre aux autorités russes dans les heures qui viennent pour dire que c'(était) disproportionné".
Mais pendant que les experts s'efforcent de découvrir comment a pu naître cette souche mutante et meurtrière, apparemment si difficile à combattre, d'autres découvertes similaires inquiètent les experts. Notamment celle d'une nouvelle souche de staphylocoque doré résistante, annoncée dans la revue britannique The Lancet Infectious Diseases. Cette nouvelle souche de SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) "pose potentiellement un problème de santé publique", a souligné Mark Holmes, spécialiste en médecine vétérinaire à l'Université de Cambridge, lors d'une conférence de presse jeudi à Londres. Non pas parce qu'elle a été détectée dans du lait de vache : la pasteurisation tue la bactérie et il n'y a quasiment aucun risque de contamination humaine par la nourriture, a-t-il souligné. La véritable inquiétude provient du fait que le test génétique de dépistage couramment utilisé (PCR ou réaction en chaîne par polymérase) ne permet pas d'assurer que la nouvelle souche est résistante à la méticilline.
Ce qui veut dire que si un laboratoire s'en tenait à ce seul test, la résistance à la méticilline pourrait passer inaperçue, conduisant à un traitement antibiotique inapproprié et à une aggravation de l'état du malade. Or le staphylocoque doré est responsable de maladies graves, voire mortelles : intoxications alimentaires, infections suppurées, septicémies. Autre enseignement de l'étude : les bovins sont soupçonnés d'être à la source de la bactérie, motivant une vigilance accrue pour les personnes travaillant à leur contact dans les fermes. Parallèlement, des tests menés sur des échantillons humains au Danemark et au Royaume-Uni, ont montré la présence de la nouvelle souche dans 51 échantillons."
Pas un problème mais 2, la souche mutant apparue qu'une fois, et une nouvelle souche de staphylocoque doré !
"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux" (benjamin Franklin)