Aller au contenu


Les faces cachées des colonisations


  • Please log in to reply
40 réponses dans ce topic

#31 napo

napo

    Chercheur de lumière

  • Modérateurs
  • 2 838 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : Belgikistan

Posté 07 juin 2011 à 13:32

Ha, ok ! Je n'ai pas "mis les pieds" sur le topic de Marine Le Pen :piout: je m'en fous de ce qu'elle pense tout autant que je m'en fous du discours des politiciens :aureole7:

Je n'ai pas dit que tu procédais à des attaques personnelles :piout:

Personnellement, je ne vois pas beaucoup d'aspects positifs à la colonisation puisque les conditions de vie des pays colonisés sont pires qu'avant.
L'argument des écoles de France est exactement le même que pour le peuple français : "regarder comme les humains étaient malheureux avant, sans l'école, sans médecine (et sans vaccin, lol), sans technologie, sans l'aide sociale et sans les banques" :aureole7:
La vérité est un pays sans chemin (krishnamurti)

#32 Catarineta Tchi Tchi

Catarineta Tchi Tchi

    commodarum benignitate

  • Modérateurs
  • 2 770 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : En forêt
  • Intérêts : Et bla bla bla, et bla bla bla et on s'en fout.

Posté 07 juin 2011 à 13:38

Citation

Je n'ai pas dit que tu procédais à des attaques personnelles :piout:

Oh tu sais, cela peut m'arriver, dans un moment d'égarement... :P mais je préfère passer en mp :) et en douceur, juste histoire de ne pas tendre l'autre joue quoi.
:)

Citation

Personnellement, je ne vois pas beaucoup d'aspects positifs à la colonisation puisque les conditions de vie des pays colonisés sont pires qu'avant.
L'argument des écoles de France est exactement le même que pour le peuple français : "regarder comme les humains étaient malheureux avant, sans l'école, sans médecine (et sans vaccin, lol), sans technologie, sans l'aide sociale et sans les banques" :aureole7:

Bah en fait, j'ai même tendance à penser qu'y trouver des aspects positifs est le résultat d'une idéologie dangereuse et irréaliste. Quelle que soit la mesure dans laquelle ou on a cherché à aider ces pays (l'enfer est pavé de bonnes intentions, à leur décharge, cela était probablement nourri de bonnes intentions), ce ne fut jamais gratuit.
Jamais.
Et en effet, les résultats sont là.
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#33 Regbar

Regbar

    Chercheur

  • Membres
  • 360 Messages :
  • Localisation : France

Posté 07 juin 2011 à 14:11

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 12:56, dit :

Comment t'esquivvvve !!! :D

Le nazisme n'a rien à voir avec la colonisation. Tu cites un argument émotionnel.
Il y a une différence entre cacher les causes des problèmes, notamment d'immigration, de la France, et d'exposer une guerre inter juifs dont qui n'a rien à voir avec le sujet ici.
Désolé mais non, je n'esquive pas : La diffamation, qu'elle soit interdite contre un nazi, par exemple, ou qu'elle soit interdite pour un harki, ou pour toute autre personne, évoque exactement la même chose. La loi contre la diffamation interdit les attaques personnelles contre quelqu'un, par exemple de salir la réputation de quelqu'un au motif qu'il aurait été un ancien nazi ou un harki, etc. (Même si cette réputation est vraie, il est quand même interdit de diffamer.) En revanche, l'enseignement des aspects positifs ou négatifs n'est pas concernée par une loi contre la diffamation : Il est interdit de diffamer un ancien nazi, pourtant il est bien évidemment autorisé d'enseigner les aspects négatifs du nazisme. Et cela se fait tous les jours, heureusement.

De la même manière, il est interdit de diffamer contre un harki ou quelque autre personne. En revanche, il n'est pas interdit d'enseigner les aspects négatifs de la colonisation en France. La loi de 2005, comme je l'ai écrit plus haut, demande aux enseignants d'aborder aussi les aspects positifs (ce que je désapprouve, du reste). Ce n'est pas une question d'opinions subjectives mais de fait. Si une loi avait interdit d'aborder les aspects négatifs de la colonisation, je me demande même si elle aurait passé le Conseil Constitutionnel ou la Cour Européenne tellement une telle loi est inconcevable en France.


Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 12:56, dit :

C'est précisément une des raisons pour laquelle j'ai cessé d'enseigner l'économie, quand j'ai réalisé le vaste foutoir que c'était, mais je pense qu'un topic la encore pourrait y être dédié. :D

Si je peux me permettre, tu fais un amalgame entre progrès technologique c'est à dire la création, l'innovation, et la croissance d'un pays. La création est la base, elle demande uniquement l'énergie du créateur. Le progrès technologique appliqué au pays, c'est la mesure dans laquelle le pays va mettre en place ces progrès : on entre alors dans l'industrialisation, la fabrication à grande échelle.. etc. Et pour ce faire, il faut de l'investissement. Tu peux inventer un truc, si tu n'as personne pour investir dans la fabrication, la distribution et la pub même pour ce truc, ta création a peu de chances de voir le jour.
Donc c'est à dire non pas l'énergie d'un ou plusieurs génies, mais de l'argent pour acheter matières premières, biens de fabrication (et innovation dans ce sens et fabrication, j'ai aussi bossé pour deux fabricants de machines outils :D, j'en ai fait des trucs crois moi !) et de la main d'oeuvre.
Je suis d'accord avec cela. Mais cet argent, ce capital monétaire, Jacques Marseille a montré que dans le cas français, les colonies ont plus coûté qu'elles n'ont apporté pour ce pays. Au moment du début de la Révolution industrielle, la somme du capital monétaire dans les pays européens n'étaient pas particulièrement énorme (en raison du financement des guerres, notamment). C'est le commerce surtout, et non l'esclavage et la colonisation, qui a permis une accumulation plus importante qu'avant.


Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 12:56, dit :

Ton raisonnement est plus qu’insensé. La balance commerciale n'est pas liée directement à la croissance d'un pays dans le sens ou tout dépend de la politique du dit pays : investissement, politique de l'emploi... etc.
Mais, avec la mondialisation (je te conseille le livre "la mondialisation, comprendre pour agir" qui n'est pas exhaustif mais donne de bonnes pistes de recherche), les pays se sont rapidement transformés en VRP internationaux.

Aujourd'hui, la balance des usa est déficitaire :

et ils sont en crise.

La Chine a une balance excédentaire et en plus de redistribuer, ils achètent des terrains en Afrique.

cqfd
Deux exemples ne font pas une démonstration. En plus, tu mentionnes le déficit commercial des Etats-Unis. Or, les Etats-Unis sont déficitaires depuis plus de 30 ans :

Image IPB

Source : http://perspective.u...=NE.RSB.GNFS.ZS

Or, s'il existait un lien clair entre croissance et balance commerciale, ce déficit américain aurait provoqué une récession sur toute cette période, ce qui n'est évidemment pas le cas, comme chacun sait.

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 12:56, dit :

La croissance économique d'un pays n'est pas seulement liée à la balance commerciale. Il est lié à beaucoup de facteurs, auxquels je ne crois plus. Mais nous ne sommes pas dans un topic économie, mais dans un sujet relatant les vérités cachées de la colonisation. On va pas faire 10 sujets à chaque hs que tu fais, merci.
Je ne le vois pas comme un hors-sujet dans la mesure où cette question est très liée à ce dont nous discutons, puisque certaines personnes estiment que l'économie est un jeu à somme nulle, ce qui est bien évidemment faux. Même si bien sûr les entreprises sont en concurrence, mais c'est un jeu à somme positive.

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 12:56, dit :

La dette du sud envers le nord n'est-elle pas un appauvrissement du sud ? Ou un moyen, entre autre moyen, de les garder sous gouvernance occidentale ?
Je suis bien d'accord avec cela : Raison pour laquelle je suis favorable à ce que chaque peuple puisse disposer de lui-même.

#34 Catarineta Tchi Tchi

Catarineta Tchi Tchi

    commodarum benignitate

  • Modérateurs
  • 2 770 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : En forêt
  • Intérêts : Et bla bla bla, et bla bla bla et on s'en fout.

Posté 07 juin 2011 à 14:22

Merci Regbar pour tes commentaires.
Je te laisse réfléchir au sujet des attaques personnelles et de la diffamation.

Je poste ici un article de 2005 concernant une rapide analyse des programmes scolaires en matière de colonisation, qui correspond à nos débats de l'époque.

Citation

19 décembre 2005
Esclavage et colonisation dans les programmes scolaires

A ma connaissance et sauf erreurs ou oublis involontaires , les questions de l’esclavage et de la colonisation sont évoquées dans les programmes scolaires selon les modalités décrites ci-dessous. Les passages entre guillemets sont tirés de différents Bulletins Officiels de l’EN consultables sur le site du ministère.

ECOLE ELEMENTAIRE
cycle 3
Du début des temps modernes à la fin de l’époque napoléonienne – L’époque des découvertes : « la planète désormais accessible mais l’apparition d’une nouvelle forme d’esclavage ».

COLLEGE

classe de 5e
Les grands voyages de découvertes et maritimes – « La destruction des civilisations amérindiennes et la constitution des premiers empires coloniaux  font l’objet d’une étude synthétique »

classe de 4e
« La comparaison de cartes du monde en 1815 et en 1914 permet de mettre en évidence le phénomène colonial, sans entrer dans les détails chronologiques mais en évoquant les multiples raisons qui rendent compte de l’expansion mondiale des puissances industrielles, les formes diverses de cette expansion et les tensions internationales qu’elle suscite ».

classe de 3e
Les principales étapes de l’évolution des relations internationales depuis 1945 (monde bipolaire, décolonisation...).

LYCEE
classe de seconde
Les fondements du monde contemporain – La Révolution et les expériences politiques en France jusqu’en 1851 : « Une attention particulière est accordée à l’exclusion persistante des femmes dans la vie politique et à la difficile abolition de l’esclavage ».

classes de première ES et L
Le monde, l’Europe, la France du milieu du XIXe siècle à 1945 – L’Europe et le monde dominé : échanges, colonisation, confrontation : « on s’interroge sur les causes de l’expansion européenne et la diversité des formes (économiques, politiques, culturelles). Cette expansion est un phénomène complexe : elle rencontre des résistances, elle nourrit des échanges et influe sur les cultures européennes ».

classes de terminales L et ES
Le monde, l’Europe, la France de 1945 à nos jours – Le monde de 1945 à nos jours : « on analyse l’émancipation des peuples dominés, les difficultés économiques et sociales auxquelles les états nouvellement indépendants sont confrontées ». La France de 1945 à nos jours : « on présente l’enjeu de la décolonisation ».

classe de terminale S
Le monde contemporain – Colonisation et indépendance : « ce thème englobe la période qui va du milieu du XIXe siècle aux années 1960. Il permet d’étudier un phénomène majeur de l’histoire humaine, sinon dans sa totalité, du moins sur une durée significative. On présente les grands traits des conquêtes coloniales, l’organisation des empires, les modalités de la présence et de l’influence européenne, les modes d’exploitation économique ».

Observations

L’histoire de la colonisation, si elle n’est pas absente des programmes scolaires, intervient tardivement dans le cursus des élèves :

- rien à l’école élémentaire : pour les enfants, le Maghrebin, c’est toujours le méchant Sarrasin vaincu par Charles Martel ou le fourbe des Croisades.

- En collège, la constitution des « premiers empires coloniaux », évoquée très rapidement en fin de 5e (le plus souvent, dans les derniers jours de juin...) porte essentiellement  sur les empires espagnols et portugais.  Le « phénomène colonial » est étudié en 4e  sous l’angle singulièrement réducteur des « raisons qui  [en] rendent compte », ce qui tend à privilégier le point de vue du colonisateur tel que l’exprime alors, par exemple, Jules Ferry dans son discours sur les « races supérieures [qui] ont le devoir de civiliser les races inférieures » (28 juillet 1885). En 3e, les guerres de décolonisation prennent place dans le contexte limitatif de la guerre froide.

- Ce n’est finalement qu’à partir de 15-16 ans, en lycée, que l’élève est mis en contact avec la colonisation, mais essentiellement sur une période tardive de l’histoire, du milieu du 19e siècle aux années 1960.

Ce choix de programmation permet de pointer deux lacunes de taille :
- l’absence quasi totale dans le cursus scolaire de la traite des Noirs et, plus généralement de l’esclavage ; rien sur le Code noir (Colbert, 1685), sur le commerce triangulaire, rien non plus sur la situation des Antilles. Les élèves de 4e sont sans doute bien surpris d’apprendre qu’en 1848 Victor Schœlcher abolit un esclavage qu’on leur avait caché jusque là...
- Plus fondamentalement, ces tentatives partielles et disparates d’enseigner la colonisation à l’école butent sur l’occultation absolue (mise à part une très brève incursion du côté des Amérindiens en classe de 5e) de l’histoire des continents et des peuples dominés : les élèves français quittent le système scolaire sans avoir la plus petite connaissance des civilisations millénaires d’Afrique ou d’Asie.

Une sensibilisation des enfants, un éveil aux mondes autres qu’européens éviterait pourtant les fantasmes racistes et constituerait sans doute, mieux qu’une loi ou un arsenal inutilement répressif, un salutaire contrepoison aux ratiocinations délirantes sur « les aspects positifs de la colonisation ».

Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#35 Regbar

Regbar

    Chercheur

  • Membres
  • 360 Messages :
  • Localisation : France

Posté 07 juin 2011 à 14:32

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 14:22, dit :

Je poste ici un article de 2005 concernant une rapide analyse des programmes scolaires en matière de colonisation, qui correspond à nos débats de l'époque.
Merci, Catarineta Tchi Tchi, pour ces quelques détails pour alimenter le sujet dont nous avons discuté. Il me semblait bien que la colonisation était toujours évoquée au collège et au lycée, notamment dans ses aspects négatifs, et qu'aucune loi n'interdisait cette évocation. Le contraire m'aurait vraiment beaucoup étonné et j'aurais trouvé cela surréaliste. :aureole7:

Ce message a été modifié par Regbar - 07 juin 2011 à 14:35.


#36 Catarineta Tchi Tchi

Catarineta Tchi Tchi

    commodarum benignitate

  • Modérateurs
  • 2 770 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : En forêt
  • Intérêts : Et bla bla bla, et bla bla bla et on s'en fout.

Posté 07 juin 2011 à 14:35

Voir le messageRegbar, le 07 juin 2011 à 14:32, dit :

Merci, Catarineta Tchi Tchi, pour ces quelques détails pour alimenter le sujet dont nous avons discuté. Il me semblait bien que la colonisation était toujours évoquée au collège et au lycée, notamment dans ses aspects négatifs. Le contraire m'aurait vraiment beaucoup étonné et j'aurais trouvé cela surréaliste. :aureole7:

Arf tu m'adores toi hein :D
Oui moi aussi j't'adore !  :sourire:
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#37 Catarineta Tchi Tchi

Catarineta Tchi Tchi

    commodarum benignitate

  • Modérateurs
  • 2 770 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : En forêt
  • Intérêts : Et bla bla bla, et bla bla bla et on s'en fout.

Posté 07 juin 2011 à 14:52

Tu vas être doublement heureux, la loi de 2005 n'existerait plus :

Citation

L’histoire de France retiendra qu’un certain 23 février 2005, la majorité parlementaire U.M.P. a tenté d’imposer au peuple français une loi scélérate insultante pour les peuples colonisés et néo-colonisés. Tout a été dit sur cette loi qui, dans son article 4, prévoit de reconnaître officiellement « les aspects positifs de la colonisation française en Algérie et en Outre-Mer ». Tout ? Non, presque tout, car les premières victimes de la colonisation étant les peuples déportés en tant qu’esclaves dans les Amériques pour les rentabiliser, on relèvera que l’article 4 de cette loi tombe implicitement lui-même sous le coup de l’article 5 de la loi TAUBIRA reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’Humanité.

Toutefois, qu’on l’approuve ou qu’on la désapprouve, le mérite de cette loi aura été d’avoir réveillé les consciences des colonisés et des néo-colonisés en ouvrant le débat sur le rôle de la France en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et plus singulièrement en Outre-Mer durant plusieurs siècles de colonisation aux quatre coins du monde.

C’est alors qu’on a vu monter au créneau quelques archéo-intellectuels de l’hexagone, historiens, hommes politiques, journalistes plus ou moins révisionnistes, voire franchement négationnistes, pour prendre fait et cause pour cette loi dont ils retiennent le principe : la colonisation et ses bienfaits. Qu’il me soit permis hic et nunc de leur poser quelques questions élémentaires parmi tant d’autres :

Tout d’abord, est-ce à l’Etat de dire ou de dicter l’Histoire ?

La réponse, tout le monde la connaît. D’ailleurs, même le député U.D.F. François ROCHEBLOINE s’est prononcé en ces termes : « Il ne relève pas de la compétence des législateurs de vouloir gommer les aspects négatifs de la colonisation et affirmer que le rôle de la présence française outre-mer puisse être qualifié de globalement positif sans que les travaux relevant d’une démarche scientifique n’aient établi ces faits ».

D’autres déclarations émanant cette fois de Lionel LUCA (U.M.P.) méritent des réponses : « Cet article cherche [...] surtout à rendre hommage aux combattants de nos territoires qui ont défendu la France durant toutes les guerres du XXe siècle. » Monsieur LUCA pense sans doute affranchir ainsi la France d’une autre loi de la honte : celle de 1959 dite de cristallisation qui a transformé les pensions militaires des ex-Français en indemnités viagères, non indexables. Ainsi, lors des fins, des milieux et des débuts de mois difficiles, les familles africaines de ces héros de l’armée française, à défaut de pouvoir garnir leurs assiettes et celles de leurs enfants de maïs, de manioc ou de sorgho, pourront toujours consommer de l’hommage !!! Si ça ne nourrit pas vraiment son ancien combattant, ça nourrira au moins son colonisateur.

Ensuite, Monsieur LUCA, grand spécialiste des lapalissades, affirme que « S’il n’y avait pas eu la colonisation, ni Léon BERTRAND, ni Azouz BEGAG ne seraient ministres de la République française » ; mais comment peut-il savoir qu’ils ne seraient pas ministres ou nommés à d’autres hautes fonctions dans leurs pays respectifs non colonisés ?

Enfin, comment ne pas demeurer interloqué par le tristement fameux «  prix du livre d’Histoire » décerné en catimini par le Sénat français au négationniste Olivier PETRE-GRENOUILLEAU ? Ce fait récent démontre une fois de plus s’il en fallait, comment les politiques outrepassant leurs prérogatives, tentent d’imposer au pays des Droits de l’Homme une histoire officielle : la leur.

Ensuite, puisque l’évidence est là, pourquoi veut-on gommer les aspects négatifs de la colonisation et notamment les crimes qui l’accompagnèrent ?

JPEG - 111.4 ko
EXTERMINATION DES AFRICAINS PAR L’ARMEE FRANCAISE

La vérité est qu’une certaine classe politique française a honte de son passé colonial et refuse d’en endosser l’héritage historique : exit la répression du marronnage en Martinique en 1671, exit les travaux forcés du chemin de fer du Congo-océan en 1928, exit le pillage et l’incendie d’Abomey au Dan Xomé en 1892 par le colonel français Dodds, exit aussi la répression et le massacre des militants malgaches par l’armée française (2000 morts) en 1947, exit encore le massacre des militants algériens du F.L.N. à Paris en octobre 1961, exit, exit ... etc. etc.

Évidemment, ces crimes et massacres coloniaux pour les instigateurs de cette loi, sont passés par pertes et profits pour la bonne conscience des colonisateurs et de leurs émules qui tentent d’édulcorer cet héritage en occultant l’accablante réalité.

En effet, c’est oublier que derrière son idéologie fondatrice - «  mission civilisatrice de la France » - se cachent l’expansionnisme territorial, la captation dolosive et l’exploitation des richesses et des ressources humaines et économiques, l’expropriation, l’infériorisation et l’humiliation des femmes et des hommes corvéables à merci dans les pays occupés, l’institutionnalisation du code de l’indigénat qui nie tous les droits - même les plus élémentaires - au colonisé, les nombreux crimes et génocides coloniaux, sans parler de l’ethnocide, de la traque et de l’assassinat des nombreux nationalistes s’opposant à la mise sous le joug de leurs pays.

C’est toute cette face cachée de la colonisation française que cette loi négationniste tente de nier en imposant SA vérité à la conscience - et pire encore - à l’inconscient collectifs.

En réalité, si la colonisation a officiellement disparu et que plusieurs Etats anciennement colonisés sont devenus « indépendants », il ne s’agit que d’indépendances nominales. Le colonialisme se perpétue, notamment par ses aspects négatifs : captation, exploitation et pillage des richesses, élimination physique (assassinats ou exils) ou politique des opposants par les dictatures prédatrices mises en place, soutenues et armées par les anciens colonisateurs (exemples du Congo, du Tchad, du Cameroun, de la Centrafrique, du Togo ...) Qui ignore en effet que les politiques africaines s’élaborent dans les officines françafricaines sur fond d’influences barbouzardes et mafieuses ? Ainsi, il apparaît nettement que la glorification des périodes sombres passées n’a d’autre but que de légitimer celles présentes et peut-être à venir.

Enfin, les nostalgiques de la colonisation peuvent-ils nous convaincre de son rôle positif ?

Ils nous parlent de routes, de chemins de fer, d’hôpitaux, d’écoles, de ponts, de progrès socio sanitaires ... qui auraient été entrepris en Afrique dans l’intérêt du dominé. Tout observateur averti des réalités africaines relèvera bien sûr que la réalisation de ces infrastructures n’avait d’autre but que de faciliter l’accès aux zones reculées et souvent inhospitalières pour l’occupant à des fins de meilleure exploitation des ressources agricoles et minières.

Quant aux hôpitaux, même si le colonisé y était reçu, il est clair qu’il ne l’était pas par humanisme : le maître ne faisait rien d’autre que de maintenir en état son outil de travail, comme il aurait emmené son chien de garde ou son bœuf chez le vétérinaire ou encore sa charrue à réparer chez le forgeron ...

Par ailleurs, dire que sans la colonisation l’Afrique n’aurait pas bénéficié des avancées sociales et sanitaires, c’est nier la capacité des Africains à développer des dynamiques internes ou endogènes afin de parvenir à leur propre développement. C’est oublier également que lors de leurs premières incursions sur les terres africaines au XVe siècle, les Européens trouvèrent un continent structuré aux plans politique, juridique, économique, sanitaire et social.

Que ces thuriféraires de la colonisation laissent tomber masques, artifices et justifications oiseuses ! Les textes de la Conférence de Berlin (1884/1885) sont là : l’unique objectif - affiché - était d’aller chercher des matières premières en Afrique pour faire tourner l’industrie européenne alors en plein essor.

La balkanisation outrancière issue de ces accords éhontés ne correspond à rien d’autre qu’au partage d’un gâteau nommé Afrique que les puissances colonisatrices de l’époque se sont âprement disputé afin d’éviter une débâcle économique inéluctable et sans précédent due à l’abolition de l’esclavage.

Ainsi, pendant l’esclavage on déportait les Africains pour les faire travailler sur d’autres terres occupées, l’abolition intervenant et amenant son lot d’interdictions (traite, déportation, gratuité du travail ...) il suffisait alors de s’installer carrément sur les territoires de ces mêmes Africains et de les faire trimer sur place. Il est vrai qu’on les payait d’une aumône, mais comme il n’était plus question de les nourrir ... En outre, si la colonisation avait quelque aspect positif, pourquoi VERCINGETORIX s’est-il battu à la tête de son armée de Francs ? Les Romains n’avaient pourtant d’autre intention que d’apporter la civilisation aux « Gaulois barbares » !

Pour revenir à l’histoire récente, la mission dont s’était auto investi HITLER dans sa folie barbare n’était-elle pas « civilisatrice » selon lui ? Le dictateur du III° Reich ne prétendait-il pas lui-même apporter la civilisation aux peuples d’Europe considérés comme inférieurs et indignes de porter les valeurs de la prétendue « race supérieure » ? Puisque c’est à cette logique que les laudateurs du colonialisme nous ramènent, poussons ce raisonnement absurde jusqu’au bout et demandons-nous pourquoi l’expansionnisme nazi n’aurait pas eu a posteriori des aspects positifs ? En effet l’économie, la technologie et la culture allemandes étaient plus avancées que celles des autres pays d’Europe et notamment de la France.

L’intrusion coloniale n’est rien d’autre qu’un viol : viol des terres, viol de la culture, viol des identités et il est regrettable qu’au pays auto proclamé des droits de l’Homme on en soit réduit en 2006 à expliquer que le viol d’une femme par exemple - même si le coupable tente de réparer en offrant mariage et tout l’or du monde - demeure un crime. On notera bien sûr qu’en l’occurrence pour le cas qui nous intéresse, c’est la victime qui a donné ses richesses.

En d’autres termes, quel que soit le degré de « bienfait » ( ?) de la colonisation, la nature ne change pas : il s’agit d’un crime du droit des peuples, c’est-à-dire d’un crime contre l’Humanité.

Comment ne pas relever d’ailleurs la contradiction entre l’esprit de cette loi scélérate et les déclarations du Président français qui, lors de sa visite à Madagascar en juillet 2005, reconnaissant a posteriori le rôle négatif de la colonisation dans les massacres coloniaux survenus dans cette île en 1947 a évoqué « le caractère inacceptable des répressions engendrées par le système colonial [...] Rien ni personne ne peut effacer le souvenir de toutes celles et ceux qui perdirent injustement leur vie » Certes, le président CHIRAC a souhaité la « suppression » de l’article controversé en saisissant le Conseil Constitutionnel, mais ne nous leurrons pas, il a tout simplement voulu se débarrasser d’un boulet électoral.

La suppression de cette loi ne ferme pas le débat ; peut-on se satisfaire de ce revirement tactique ? Les peuples esclavisés et colonisés ont pris acte, mais ne tombons à nouveau dans le « syndrome de SCHOELCHER », il est temps d’ouvrir le vrai débat sur la colonisation et sa déclinaison contemporaine, le néo-colonialisme.

Il est temps pour l’Empire colonial d’assumer son passé et d’ouvrir la réflexion afin d’amorcer durablement la réconciliation entre les différentes composantes multiraciales de la France.

- Par Lawoetey-Pierre AJAVON - Enseignant-chercheur à Cayenne

Un vrai débat politique, économique et social en tenant compte l'histoire. Les peuples ne sont pas dupes et sans culpabiliser, il nous faut cesser tout système d'ingérence envers les anciennes colonies (ce qui est aujourd'hui difficile vu les guerres intestines qui occupent ces pays et leur envie, désormais, d'être à l'image des pays dit "riches").
Bref le mal est fait...
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#38 The Cell

The Cell

    Chaos dans l'âme, Necron en arme.

  • Membres
  • 644 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : Perth Australia

Posté 07 juin 2011 à 15:50

Voir le messageRegbar, le 07 juin 2011 à 09:01, dit :

Lorsque Bill Gates a développé par son travail et par son génie l'informatique d'aujourd'hui, il n'a appauvri personne.



Je crois que Bill Gates a surtout eu le génie de prendre les idées ou logiciels d'autrui pour lui...


Au delà de la colonisation africaine, de la France en Afrique, de la Belgique ou encore des UK... Je voudrais parler de l'aspect négatif au delà de l'argent mais de la destruction d'un peuple. Je voudrais témoigner de cette horrible chose qui est la colonisation. Moi en tant que FRANCAISE qui a été élevé en France dans une école Française comme tous les Français de France.  Moi qui est très très peu entendue parler de la colonisation à l'école ni du résultat sur le peuple assouvie. je voudrais donner mon témoignage. Ne connaissant que très peu la colonisation (pas étudié à l'école que cela en déplaise à certain) j'ai vu comme beaucoup de ma génération la guerre NORD ET SUD avec Patrick S. Ou encore le film Racine. et j'ai vu l'esclavage à partir de ces films. Je ne connaissais donc pas la colonisation mais j'ai commencé à apprendre suite à ces films. J'ai cherché et compris la résultante mais je n'AVAIS JAMAIS VU LE RESULTAT!

Aujourd'hui, je marche dans la rue et je vois le résultat d'année et d'année de colonisation, de guerre et de souffrance. Je marche dans la rue et je me dis qu'au final le pays colonisateur est bien content de voir le peuple originel du pays sous le dicta de l'alcool. Le déracinement, la perte de repère. La culture qui est totalement perdue. Les enfants volées, violé(e)s, esclaves... La religion obligatoire la perte de leur langue, la perte de leur nom. Les écoles spécialisés pour réapprendre avec peu de moyen une culture que très peu connaisse. Je vois la HAINE dans leur yeux et je vois pas de honte dans les occupants. Je suis en Australie et celui qui aura été vivre là bas pourra témoigner comme moi. Pourtant pas si effrayant mais totalement perdu. Lorsque l'on est blanc marchant dans ce monde et que l'on voit ce que la colonisation a fait sur les générations d'Aborigène je peux vous dire que j'en ai honte. Cela me choque et je ne me cache pas, j'accepte l'énervement qu'ils peuvent avoir contre nous. Malgré que je ne sois pas la responsable mais quelque part je le suis en vivant ici et en acceptant le postulat que nous avons pris leur terre et que le monde entier l'accepte. La reconnaissance sans accord ni signature mais juste la reconnaissance du mal sur eux a été faite en 2008 si j'ai bonne mémoire. Ils ont des centres, des réserves pour se croire libre, ils ont des maisons pas trop cher et de l'aide mais beaucoup d'alcool et pas d'aide psychologique pas de reconnaissances de la population pas d'accès à leur véritable racine et terre. Pendant ce temps là l'Australie blanche utilise les richesses du pays pour son propre compte. Le Commonwealth est content de voir autant de joie parmi les compatriote migrant et vivant là depuis bien longtemps.

Après avoir vu cela je ne suis pas sûre que de parler de positif ne soit pas plus que déplacé.


Quand à dire que les les anglais ont apportés le thé donc maintenant c'est bien pour l'Asie...Que peut on savoir de l'évolution d'un peuple sans notre interférence et sans lui changer sa culture. Juste dire non objectivement que parce qu'ils meurent plus tard ou on plus d'argent alors cela a été positif? Sur le critère du blanc nous nous basons donc?
Comme les pays dit sous développé et qui souhait se développer différemment que nous occidentaux. Pas de modernisation pour eux et alors?

Non il ne faut pas aller chercher ou dire qu'il y a du positif dnas la colonisation. Vous ne savez pas se qui pouvait ensuite leur arriver sans notre venue. (qui d'ailleur notre venue merci à eux car sinon, pffiouttt plus de réserves de rien du tout pour le naturel (Gaz, pétrole, charbon, or, diamant, cuivre, fer,.....)

Ce message a été modifié par The Cell - 07 juin 2011 à 16:13.

Faut faire comme avec les scorpions qui se suicident quand ils sont entourés par le feu, faut faire un feu en forme de cercle, autour d’eux, comme ça ils se suicident, pendant que nous on fait le tour et on lance de la caillasse de l’autre côté pour brouiller… Non ?… Franck Pitiot, Kaamelott, Livre I, Heat, écrit par Alexandre Astier.
Nous sommes tous ignorant de cette chose inconnue.

#39 Regbar

Regbar

    Chercheur

  • Membres
  • 360 Messages :
  • Localisation : France

Posté 07 juin 2011 à 17:19

Voir le messageThe Cell, le 07 juin 2011 à 15:50, dit :

Aujourd'hui, je marche dans la rue et je vois le résultat d'année et d'année de colonisation, de guerre et de souffrance. Je marche dans la rue et je me dis qu'au final le pays colonisateur est bien content de voir le peuple originel du pays sous le dicta de l'alcool. Le déracinement, la perte de repère. La culture qui est totalement perdue. Les enfants volées, violé(e)s, esclaves... La religion obligatoire la perte de leur langue, la perte de leur nom. Les écoles spécialisés pour réapprendre avec peu de moyen une culture que très peu connaisse. Je vois la HAINE dans leur yeux et je vois pas de honte dans les occupants. Je suis en Australie et celui qui aura été vivre là bas pourra témoigner comme moi. Pourtant pas si effrayant mais totalement perdu. Lorsque l'on est blanc marchant dans ce monde et que l'on voit ce que la colonisation a fait sur les générations d'Aborigène je peux vous dire que j'en ai honte. Cela me choque et je ne me cache pas, j'accepte l'énervement qu'ils peuvent avoir contre nous. Malgré que je ne sois pas la responsable mais quelque part je le suis en vivant ici et en acceptant le postulat que nous avons pris leur terre et que le monde entier l'accepte. La reconnaissance sans accord ni signature mais juste la reconnaissance du mal sur eux a été faite en 2008 si j'ai bonne mémoire. Ils ont des centres, des réserves pour se croire libre, ils ont des maisons pas trop cher et de l'aide mais beaucoup d'alcool et pas d'aide psychologique pas de reconnaissances de la population pas d'accès à leur véritable racine et terre. Pendant ce temps là l'Australie blanche utilise les richesses du pays pour son propre compte. Le Commonwealth est content de voir autant de joie parmi les compatriote migrant et vivant là depuis bien longtemps.

Après avoir vu cela je ne suis pas sûre que de parler de positif ne soit pas plus que déplacé.


Quand à dire que les les anglais ont apportés le thé donc maintenant c'est bien pour l'Asie...Que peut on savoir de l'évolution d'un peuple sans notre interférence et sans lui changer sa culture. Juste dire non objectivement que parce qu'ils meurent plus tard ou on plus d'argent alors cela a été positif? Sur le critère du blanc nous nous basons donc?
Comme les pays dit sous développé et qui souhait se développer différemment que nous occidentaux. Pas de modernisation pour eux et alors?
Je suis bien d'accord avec ton message. En fait, aucun participant sur ce topic, du moins jusqu'à présent, n'a soutenu que la colonisation a été positive (le message d'introduction au topic est trompeur par rapport aux interventions qui ont suivi puisque personne n'a mis en avant les aspects positifs). En ce qui me concerne, j'ai "juste" dit que, en tous cas, on ne peut pas dire que le Nord a appauvri le Sud suite à la colonisation, et j'ai "juste" dit que, selon moi, la très grande partie de la richesse matérielle dont les pays occidentaux jouissent aujourd'hui, n'est pas le résultat de la colonisation mais que cette croissance est venue plus tard, principalement grâce au progrès technologique.

#40 The Cell

The Cell

    Chaos dans l'âme, Necron en arme.

  • Membres
  • 644 Messages :
  • Genre : Femme
  • Localisation : Perth Australia

Posté 07 juin 2011 à 17:44

Voir le messageRegbar, le 07 juin 2011 à 17:19, dit :

Je suis bien d'accord avec ton message. En fait, aucun participant sur ce topic, du moins jusqu'à présent, n'a soutenu que la colonisation a été positive (le message d'introduction au topic est trompeur par rapport aux interventions qui ont suivi puisque personne n'a mis en avant les aspects positifs). En ce qui me concerne, j'ai "juste" dit que, en tous cas, on ne peut pas dire que le Nord a appauvri le Sud suite à la colonisation, et j'ai "juste" dit que, selon moi, la très grande partie de la richesse matérielle dont les pays occidentaux jouissent aujourd'hui, n'est pas le résultat de la colonisation mais que cette croissance est venue plus tard, principalement grâce au progrès technologique.


Et sur ça je suis en accord ;)
Faut faire comme avec les scorpions qui se suicident quand ils sont entourés par le feu, faut faire un feu en forme de cercle, autour d’eux, comme ça ils se suicident, pendant que nous on fait le tour et on lance de la caillasse de l’autre côté pour brouiller… Non ?… Franck Pitiot, Kaamelott, Livre I, Heat, écrit par Alexandre Astier.
Nous sommes tous ignorant de cette chose inconnue.

#41 milka2011

milka2011

    Expert

  • Membres
  • 131 Messages :

Posté 07 juin 2011 à 17:59

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 07 juin 2011 à 13:25, dit :

Est ce le rôle du parlement, d'écrire l'histoire ?

http://www.dailymoti...-reactions_news

René Vautier (petite bio plus haut) et divers témoignages de la colonisation.



Je ne sais pas ce que cela vaut, mais cela fait partie du débat.

Maintenant qu'on a eu un aperçu de l'influence moderne et matérialiste de l'Occident sur le reste du monde, un petit coup d'oeil sur l'influence des musulmans et hindoue sur l'Occident :

En ce qui concerne les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences naturelles et les sciences mathématiques. Pour les premières, nous savons avec certitude que certaines d’entre elles ont été transmises par la civilisation islamique à l’Europe qui les lui emprunta d’une façon complète. La chimie par exemple, a toujours gardé son nom arabe, nom dont l’origine remonte d’ailleurs à l’Égypte ancienne, et cela bien que le sens premier et profond de cette science soit devenu tout à fait inconnu des modernes et perdu pour eux.

Pour prendre un autre exemple, celui de l’astronomie, les mots techniques qui y sont employés dans toutes les langues européennes sont encore pour la plupart d’origine arabe, et les noms de beaucoup des corps célestes n’ont pas cessé d’être les noms arabes employés tels quels par les astronomes de tous les pays. Ceci est dû au fait que les travaux des astronomes grecs de ‘antiquité, tels que Ptolémée d’Alexandrie, avaient été connus par des traductions arabes en même temps que ceux de leurs continuateurs musulmans. Il serait d’ailleurs facile de montrer en général que la plupart des connaissances géographiques concernant les contrées les plus éloignées d’Asie ou d’Afrique ont été acquises pendant longtemps par des explorateurs arabes qui ont visité de très nombreuses régions et on pourrait citer beaucoup d’autres faits de ce genre.

Pour ce qui a trait aux inventions qui ne sont que des applications des sciences naturelles, elles ont également suivi la même voie de transmission, c’est-à-dire l’entremise musulmane, et l’histoire de « l’horloge à eau » offerte par le Khalife Haroun-el-Rachid à l’empereur Charlemagne, n’a pas encore disparu des mémoires.

En ce qui concerne les sciences mathématiques, il convient de leur accorder une attention particulière sous ce rapport. Dans ce vaste domaine, ce n’est pas seulement la science grecque qui a été transmise à l’Occident par l’intermédiaire de la civilisation islamique, mais aussi la science hindoue. Les Grecs avaient aussi développé la géométrie, et même la science des nombres, pour eux, était toujours rattachée à la considération de figures géométriques correspondantes. Cette prédominance donnée à la géométrie apparaît clairement, par exemple dans Platon. Il existe cependant une autre partie des mathématiques appartenant à la science des nombres qui n’est pas connue, comme les autres sous une dénomination grecque dans les langues européennes, pour la raison que les anciens Grecs l’ont ignorée. Cette science est l’algèbre, dont la source première a été l’Inde et dont l’appellation arabe montre assez comment elle a été transmise à l’Occident.

Un autre fait qu’il est bon de signaler ici malgré sa moindre importance, vient encore corroborer ce que nous avons dit, c’est que les chiffres employés par les Européens sont partout connus comme chiffres arabes, quoique leur origine première soit en réalité hindoue, car les signes de numération employés originairement par les Arabes n’étaient autres que les lettres de l’alphabet elles-mêmes.

Si maintenant nous quittons l’examen des sciences pour celui des arts, nous remarquons que, en ce qui concerne la littérature et la poésie, bien des idées provenant des écrivains et des poètes musulmans, ont été utilisées dans la littérature européenne et que même certains écrivains occidentaux sont allés jusqu’à l’imitation pur et simple de leurs oeuvres. De même, on peut relever des traces de l’influence islamique en architecture, et cela d’une façon toute particulière au Moyen Age; ainsi, la croisée d’ogive dont le caractère s’est affirmé à ce point qu’elle à donné son nom à un style architectural, a incontestablement son origine dans l’architecture islamique, bien que de nombreuses théories fantaisistes aient été inventées pour dissimuler cette vérité. Ces théories sont contredites par l’existence d’une tradition chez les constructeurs eux-mêmes affirmant constamment la transmission de leurs connaissances à partir du Proche-Orient.

Dans ce rapide exposé, il faut mentionner spécialement un autre domaine, celui de la philosophie, où l’influence islamique atteignit au Moyen Age une importance si considérable qu’aucun des plus acharnés adversaires de l’Orient ne saurait en méconnaître la force. On peut dire véritablement que l’Europe, à ce moment, ne disposait d’aucun autre moyen pour arriver à la connaissance de la philosophie grecque. Les traductions latines de Platon et d’Aristote, qui étaient utilisées alors, n’avaient pas été faites directement sur les originaux grecs, mais bien sur des traditions arabes antérieures, auxquelles étaient joints les commentaires des philosophes musulmans contemporains, tel qu’Averroès, Avicenne, etc.

La philosophie d’alors, connue sous le nom de scolastique, est généralement distinguée en musulmane, juive et chrétienne. Mais c’est la musulmane qui est à la source des deux autres et plus particulièrement de la philosophie juive, qui a fleuri en Espagne et dont le véhicule était la langue arabe, comme on peut le constater par des oeuvres aussi importantes que celles de Moussa-ibn-Maimoun qui a inspiré la philosophie juive postérieure de plusieurs siècles jusqu’à celle de Spinoza, où certaines de ses idées sont encore très reconnaissables.

(René Guénon, Apercus sur l’ésotérisme islamique et le taoisme, publié originellement dans la revue El Marifah, et traduit de l’arabe pour être publié dans la revue Etudes Traditionnelles, en 1950).


En espérant que ça cassera un peu les idées reçues

Bonne soirée

Ce message a été modifié par milka2011 - 07 juin 2011 à 18:35.