Il convient de s'interroger sur la raison de cet échec : les révolutions ont toujours été comme une fièvre de quelques uns. Une fois passé l'effet de changement, la majorité des gens ne faisant pas la révolution (n'oublions pas que les revolutionnaires de 1789 n'etaient que 30 000, la majorité du peuple de Paris était complètement indiffèrente) ont demandé un retour de l'ordre qui n'existait plus depuis la révolution. Ainsi, le peuple a fait cesser la terreur de Robespierre et l'a envoyé à la guillotine, elle a fait cesser la révolution des jeunes et des ouvriers de 68 en allant dans la rue soutenir Ge Gaulle.
La révolution permanente n'existe pas, tout peuple aime l'ordre, et aspire, après les fièvres révolutionnaires, à y retourner.
Le terme meme de révolution durable est un paradoxe, elle ne doit pas etre juste le fait de renverser un pouvoir en place, casser ou bruler des symboles de l'ordre renversé. Elle doit etre une prise de conscience, générale, qui fonctionne comme la chute d'une ligne de dominos. La seule révolution est intérieure, tout un chacun doit faire un renversement de paradigme.
Il est évident que la république, la démocratie, n'est que le pouvoir d'une caste majoritaire qui écrase la minorité. ce système de la dictature de la majorité n'est pas une solution.
Maintenant, quelle révolution ?
Celle de l'unité, contre le chacun pour soi.
On pense tous que la situation ne peut pas durer, qu'il va se passer quelque chose à l'avenir. On ne sait pas quoi, mais les signes extérieurs sont là. Il convient donc de se demander, quand "ca va péter" : allons nous prendre les armes, nous entretuer pour de l'essence, de l'eau et de la bouffe ? Ou ne pouvons pas nous entraider, créer des réseaux de distribution des biens élémentaires, et créer des micro sociétés du partage, qui agissent les uns avec les autres, et non dans le "chacun pour soi" qui est le crédo de notre monde actuel.
Il ne s'agit pas d'etre naif, s'unir après cette crise ne fera pas arreter la violence, mais si cette révolution des consciences vers une revolution pacifique s'étend telle une chute de dominos, untel influencant untel influencant untel, il est évident que la violence diminuera.
Je sais que croire en cela, de tout mon coeur et mon ame, m'amènera des critiques :
Mais alors, si on s'en prend à tes gosses, tu feras quoi ? Je répondrai qu'etre pacifique n'empeche pas de créer les moyens de se défendre, par contre elle interdit d'attaquer. La nuance est importante, essentielle. La meilleure défense c'est l'attaque et oeil pour oeil, dent pour dent, sont des maximes du passé. La violence engendre la violence, la haine engendre la haine, et si un nombre déterminé n'arrete pas ce cycle, personne n'arretera. Il suffirait peut etre de 10% de pacifiques, dans ce monde post crise, qui osent faire le premier pas, et arretent de se comporter comme on voudrait qu'ils se comportent (dans une crise, la réaction normale est de péter un cable), et je pense que cela pourrait marcher.
Les indignés l'ont montré, une révolution pacifique est possible. Elle n'a pas marché sur le long terme, car les discussions passionnantes entamées dans les tentes n'ont débouché sur rien, cela a juste été un moment d'union provisoire, ensuite chacun a repris son boulot et sa vie normale. C'est pourquoi je pense hélas que la révolution pacifique ne peut se concrétiser qu'après une grave crise, quand les gens seront obligés de passer à la seconde étape, celle de la concrétisation, en voyant qu'ils ne pourront retourner dans la situation d'avant (reprendre leur travail, consommer, vivre une vie relativement tranquille avec les problèmes de tout un chacun).
Mais cette utopie montre bien qu'un autre monde est possible.
Les grecs manifestent, mais cela n'empeche pas le parlement de voter les lois qui les feront souffrir. Et pourtant, le peuple grec a un moyen de faire une révolution pacifique, de faire péter le système de manière indolore, sans casser ni foutre le feu : juste en retirant son argent des banques. pas de vitre brisées, pas de morts, mais un système qui s'effondre sur lui meme, celui du "tout argent". D'ailleurs, en ne payant pas en masse les péages, ni les transports en communs, ni les impots, le peuple grec a déja compris qu'on peut tuer un système sans violence. Une éclaircie timide.
Ce système pacifique est à inventer, il n'a jamais existé.
Une vraie démocratie, une vraie liberté, egalité, et fraternité, qui ne soient pas qu'en droit, mais en fait.
Je ne peux que l'espérer, de tout mon coeur. Déjà je me prépare, j'essaie de combattre la violence qui est en moi, car toute révolution durable car pacifique, commence par soi meme, je suis mon principal ennemi, pour créer ce monde apolitique, sans parti, sans vainqueur ni vaincu, sans soumis et dominant.
Je sais, mon idée fait très segolène Royale (fra-ter-ni-té), et fera sourire beaucoup de gens ici, consternés par cet abyme de ce qu'ils diront bétise. Mais pour agir, il faut d'abord le penser, le rever. Tout acte commence d'abord par l'espoir, et la pensée transfomatrice. Après seulement, on se lance dans l'inconnu, on invente ce qui n'a jamais été fait, une véritable révolution, un changement à 180 degrés qui ne revienne pas à son point d'origine.
J'y crois, c'est ma dernière barrière contre le suicide, j'ai perdu espoir dans ce monde actuel, mais pas en l'etre humain (les gens, ma femme, mes enfants), que nous saurons tous aller plus loin que notre coté animal nous pousse à etre. On me dira "une révolution pacifique, quand t'as la dalle ?", je dirai qu'il n'y aucune raison de vivre si on est pas foutus de s'unir, s'entraider pour survivre dans un monde ou les biens essentiels à la survie manqueront, ou plutot seront inégalement répartis (c'est déjà le cas, n'oublions pas que nous produisons pour 10 milliards de gens, mais que nous jettons une part importante de cette bouffe, non consommée, pour ne pas provoquer une baisse des cours de matières premières).
"t'as le droit de rever, mais un reve n'est rien face à une arme" : je sais, mais le pouvoir des armes n'est rien, juste celui de la vengeance. L'arme ne fait que détruire, je crois que le reve, qui lui construit, est finalement le plus fort.
Certains hommes, minoritaires, on montré la voie de la révolution pacifique : Gandhi, Luther King.
Ils l'ont payé de leur vie avant de concrétiser leur but. Mais leur mort, leur sacrifice, leur martyr, a au contraire inspiré des millions de gens à travers le monde. Ainsi les Mandela, ainsi les mère Teresa.
Ils ont été des inspirateurs, des éveilleurs, après leur mort, nous voyons des armées de gens pacifiques, inspirés par leur exemple. Ainsi, celle noire-americaine, qui simplement en refusant de céder sa place dans un bus à un blanc. Ou dans cet état americain ou les noirs ont arretés tous de prendre le bus, ont eu le courage d'aller tous à pied a travail ou ont fait la greve de la consommation : les lois racistes ont été alors balayées !
Ce message a été modifié par Magnus - 01 juillet 2011 à 20:17.











