Je viens de lire cet article très intéressant :
Citation
Ce caillou est-il une météorite ?
Après celle trouvée en 1983 dans le fond de la rivière de l’Est par Patrick Bachèlery, une seconde météorite a peut-être été découverte au volcan, sur les pentes du piton Chisny, en lisière de la plaine des Sables. Géologue, fin connaisseur de notre Piton de la Fournaise, Patrice Huet, est à l’origine de cette découverte. Des analyses sont actuellement en cours dans un laboratoire du CNRS afin de confirmer les premières observations déjà très détaillées de Patrice Huet.
Dans la nuit de samedi à dimanche de la semaine dernière, “une boule de feu” traverse le ciel de notre île aux alentours de 19h30. Le phénomène est visible d’un peu partout. Pour les astronomes, au-delà du côté spectaculaire, il s’agit ni plus ni moins que d’un météore ou d’un de ces bolides qui très régulièrement traversent l’atmosphère terrestre.
L’ŒIL EXERCÉ DU GÉOLOGUE
Patrice Huet n’est pas astronome mais géologue, attaché à la Maison du volcan. “Je me suis équipé pour observer les phénomènes lumineux du ciel nocturne, explique-t-il. Ce sont des caméras à très haute sensibilité. Un enregistrement automatique se déclenche dès qu’il y a une variation de la luminosité. Cela m’a permis entre autres d’enregistrer un phénomène extrêmement rare, il s’agit de “Gigantic Jets”, des phénomènes qui se produisent au-dessus des cumulo-nimbus entre la troposphère et l’ionosphère”. Mais ce n’est pas seulement en observant le ciel que Patrice Huet fait des découvertes extraordinaires. En tant que scientifique de la Maison du volcan, il accompagne régulièrement des groupes sur le terrain. “Je ne regarde pas seulement les paysages mais aussi ce qu’il y a au bout de mes chaussures”, confie-t-il. Il y a huit mois, Patrice Huet prospecte sur les pentes du piton Chisny, cet imposant cône volcanique en lisière de la plaine des Sables, sur l’un de ses flancs qui regarde la route forestière conduisant du Pas des Sables au Pas de Bellecombe. Autour de lui, tout n’est pratiquement que minéral à l’exception d’une maigre végétation. Il faut vraiment avoir l’œil exercé du géologue pour distinguer sur le sol une roche totalement différente des millions de mètres cubes de cailloux qui se trouvent à cet endroit. Patrice Huet se penche et ramasse une minuscule roche. “Je l’ai mesurée et pesé très précisément par la suite, explique le géologue. Elle mesure cinq à six centimètres et pèse 70 g.” Patrice Huet affiche la prudence du scientifique mais s’il se refuse à affirmer qu’il s’agit d’un objet céleste tant qu’il n’aura pas eu le retour des analyses, sa connaissance profonde des minéraux lui permet tout de même d’avancer qu’il s’agit bel et bien d’une météorite. “Celle de Sainte-Rose est une météorite pierreuse (chondrite)”, explique-t-il. “Celle que j’ai trouvée dans la plaine des Sables s’apparente à une météorite mixte (ferro-pierreuse, sidérolithe)”.
Un souhait : l’exposer à la maison du volcan
Les deux fragments peuvent-ils provenir d’un même bolide qui se serait désintégré dans le ciel de notre île ? “C’est impossible, affirme Patrice Huet. Leur composition respective est très différente.” Depuis combien de temps la météorite, si météorite il y a, dort-elle au pied du Chisny. “Moins de 1 000 ans, indique le géologue. La dernière éruption du Chisny remonte à 900 ans.” Pour en avoir le cœur net, Patrice Huet, a envoyé un échantillon de 2 g dans un laboratoire du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en métropole, le seul avec celui du Muséum d’histoire naturelle de Paris à pouvoir établir avec certitude s’il s’agit ou non d’une météorite. En attendant, le géologue conserve précieusement son petit bout de roche. “Si les résultats confirment mes premières analyses, j’enverrai un échantillon pour la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Dans la mesure où les échantillons reçoivent comme nom de baptême celui de la commune où ils ont été trouvés, ce pourrait être la deuxième météorite de Sainte-Rose. Je souhaite qu’elle soit exposée à la Maison du volcan et non pas comme celle de Patrick Bachèlery qu’elle se perde dans les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris”
Alain Dupuis avec François Martel-Asselin
Après celle trouvée en 1983 dans le fond de la rivière de l’Est par Patrick Bachèlery, une seconde météorite a peut-être été découverte au volcan, sur les pentes du piton Chisny, en lisière de la plaine des Sables. Géologue, fin connaisseur de notre Piton de la Fournaise, Patrice Huet, est à l’origine de cette découverte. Des analyses sont actuellement en cours dans un laboratoire du CNRS afin de confirmer les premières observations déjà très détaillées de Patrice Huet.
Dans la nuit de samedi à dimanche de la semaine dernière, “une boule de feu” traverse le ciel de notre île aux alentours de 19h30. Le phénomène est visible d’un peu partout. Pour les astronomes, au-delà du côté spectaculaire, il s’agit ni plus ni moins que d’un météore ou d’un de ces bolides qui très régulièrement traversent l’atmosphère terrestre.
L’ŒIL EXERCÉ DU GÉOLOGUE
Patrice Huet n’est pas astronome mais géologue, attaché à la Maison du volcan. “Je me suis équipé pour observer les phénomènes lumineux du ciel nocturne, explique-t-il. Ce sont des caméras à très haute sensibilité. Un enregistrement automatique se déclenche dès qu’il y a une variation de la luminosité. Cela m’a permis entre autres d’enregistrer un phénomène extrêmement rare, il s’agit de “Gigantic Jets”, des phénomènes qui se produisent au-dessus des cumulo-nimbus entre la troposphère et l’ionosphère”. Mais ce n’est pas seulement en observant le ciel que Patrice Huet fait des découvertes extraordinaires. En tant que scientifique de la Maison du volcan, il accompagne régulièrement des groupes sur le terrain. “Je ne regarde pas seulement les paysages mais aussi ce qu’il y a au bout de mes chaussures”, confie-t-il. Il y a huit mois, Patrice Huet prospecte sur les pentes du piton Chisny, cet imposant cône volcanique en lisière de la plaine des Sables, sur l’un de ses flancs qui regarde la route forestière conduisant du Pas des Sables au Pas de Bellecombe. Autour de lui, tout n’est pratiquement que minéral à l’exception d’une maigre végétation. Il faut vraiment avoir l’œil exercé du géologue pour distinguer sur le sol une roche totalement différente des millions de mètres cubes de cailloux qui se trouvent à cet endroit. Patrice Huet se penche et ramasse une minuscule roche. “Je l’ai mesurée et pesé très précisément par la suite, explique le géologue. Elle mesure cinq à six centimètres et pèse 70 g.” Patrice Huet affiche la prudence du scientifique mais s’il se refuse à affirmer qu’il s’agit d’un objet céleste tant qu’il n’aura pas eu le retour des analyses, sa connaissance profonde des minéraux lui permet tout de même d’avancer qu’il s’agit bel et bien d’une météorite. “Celle de Sainte-Rose est une météorite pierreuse (chondrite)”, explique-t-il. “Celle que j’ai trouvée dans la plaine des Sables s’apparente à une météorite mixte (ferro-pierreuse, sidérolithe)”.
Un souhait : l’exposer à la maison du volcan
Les deux fragments peuvent-ils provenir d’un même bolide qui se serait désintégré dans le ciel de notre île ? “C’est impossible, affirme Patrice Huet. Leur composition respective est très différente.” Depuis combien de temps la météorite, si météorite il y a, dort-elle au pied du Chisny. “Moins de 1 000 ans, indique le géologue. La dernière éruption du Chisny remonte à 900 ans.” Pour en avoir le cœur net, Patrice Huet, a envoyé un échantillon de 2 g dans un laboratoire du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en métropole, le seul avec celui du Muséum d’histoire naturelle de Paris à pouvoir établir avec certitude s’il s’agit ou non d’une météorite. En attendant, le géologue conserve précieusement son petit bout de roche. “Si les résultats confirment mes premières analyses, j’enverrai un échantillon pour la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Dans la mesure où les échantillons reçoivent comme nom de baptême celui de la commune où ils ont été trouvés, ce pourrait être la deuxième météorite de Sainte-Rose. Je souhaite qu’elle soit exposée à la Maison du volcan et non pas comme celle de Patrick Bachèlery qu’elle se perde dans les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris”
Alain Dupuis avec François Martel-Asselin
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