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Le mariage sacré, l'union interdite


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195 réponses dans ce topic

#181 atrahasis

atrahasis

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Posté 10 mai 2012 à 11:14

Syl dit :

qui est la divinité supreme?

Je l'ai dit. Les personnages de Dieu et de Satan se mélangent, se confondent, cela engendre beaucoup de confusion. Il faut s'y attendre puisque le but de Satan est de se faire passer pour Dieu.

#182 syl

syl

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Posté 10 mai 2012 à 16:15

et si l'énergie de vie  (qui donne la vie à toute chose, plan parfait etc )  était   .....
et qu'en fait  le contre ballant négatif  est l'expression de l'énergie "déséquilibrée, défectueuse".....?

#183 atrahasis

atrahasis

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Posté 13 mai 2012 à 14:08

Syl dit :

et si l'énergie de vie était (...) déséquilibrée ?

Bonne question en fait. Je vais essayer d'y répondre.

Bien avant d’intervenir ici, au début où je découvrais par moi-même ce sujet, j’avais clairement identifié la déesse, mais pas Satan.
(petite remarque : perso j’utilise ce nom en tant que désignation du principe masculin, parce que la déesse certains chrétiens l’identifient à Satan également, ce qui n’est pas faux dans le sens où on l’entend.  (De là découle une seconde remarque : ce qui en amènera d’autres à demander « et si ils ne seraient pas en fin de compte une seule et même entité ?» - ce à quoi je réponds d’avance par la négative mais la démonstration prendrait trop de place)).

Ainsi donc je représentais les choses à ce moment-là comme une histoire de couple divin qui se serait chamaillé, jusqu’à faire monter la mayonnaise, comme parfois le font les couples, ce qui aurait provoqué un important déséquilibre au niveau de la création. Les adorateurs se seraient ainsi divisés entre partisans du dieu masculin et les autres partisans de la divinité féminine. Chaque dieu se proclamant créateur unique. L’idée était amusante.

Mais j’ai vu que cela ne tenait pas. Il m’a suffi de progresser dans les recherches en religion, de découvrir les croyances des sectes lucifériennes, de découvrir les croyances des peuples primitifs, et d’en faire le rapprochement, d’en dégager les idées communes, pour voir que tout ce substrat religieux, même si certains cultes ou traditions sont (en apparence) exclusivement réservés à un pôle plutôt qu’à l’autre, tous adoraient non pas une divinité, mais deux, et que les deux étaient complémentaires. Ce sont les deux piliers de la Franc-Maçonnerie et aussi de l’arbre des Séphiroth de la cabbale. Le troisième pilier étant le chemin à suivre pour l’initié se réaliser, ou autrement dit on peut y voir le temple.
Et ces deux-là sont bien opposés à tout ce que contient la révélation des Écritures. Dieu/Allah, même s’il est appelé « le Père » par les chrétiens et les juifs, n’a pas de genre.

Maintenant ce n’était qu’une éventualité par laquelle j’étais passé. J’avais cherché aussi du côté d’un dieu unique réunissant tous les attributs, à la fois bon et mauvais, divisé en lui-même, bref déséquilibré. Il y aurait moyen d’imaginer quelque chose ainsi à partir des croyances zoroastriennes. Inutile de dire que ça serait compliqué à concevoir tout en collant à la réalité de l’histoire des religions.

En dehors de cela, je ne conçois pas d’autres éventualités tangibles liées au thème du « déséquilibre ».

Faut-il encore rappeler la pertinence des concepts que je développe ? Si tu les mettais en pratique tu les vérifierai par toi-même dans l’art, l’histoire, religions… etc.

J’ose espérer que ta question ait pu trouver satisfaction.


#184 syl

syl

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Posté 13 mai 2012 à 20:20

Satan pour moi n'existe pas.....tel qu'il a été décrit.....
il est l'expression du déséquilbre qui atteint la création du vrai père créateur.....
donc il ne provient pas du créateur car celui ci lorsqu'il crée il crée parfait.....et l'énergir universelle lorsqu'il y en a assez et que nous sommes prompts à la recevoir....intervient librement sur les problèmes et les corrige...

alors d'où vient le déséquilibre? du fait que l'énergie est détournée .....(d'après moi lol)


mais là lol c'est un éloignement de ton post ;-)

.....................fin de la parenthèse et mes excuses....

#185 atrahasis

atrahasis

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Posté 15 mai 2012 à 18:42

Lorsque je parlais des 3 piliers, ou des deux colonnes et du temple, je pensais notamment à cette photo :

Image IPB
Quand Aleister Crowley inventait l’humour maçonnique.

Ses deux bras représentent les deux colonnes, son personnage au centre représente le temple, et figure à côté son oeuvre majeure.
Comme quoi on peut être sacrificateur d'enfants et en même temps avoir de l'humour.

Bref continuons.

La symbolique du chiffre sept

Le chiffre sept est avant tout un chiffre mystique, il est connu par la plupart des peuples primitifs et, comme nous le verrons, c’est dans le chamanisme que nous trouverons sa signification (bien que nous en avons déjà parlé, ce sera l’occasion d’approfondir).

Pour commencer, on remarque une volonté délibérée d’exprimer ce chiffre sept partout dans nos représentations humaines.
Ainsi ce chiffre correspond :

Mythes symboles et superstitions
• La rose aux sept pétales.
• Le nombre de têtes de certains monstres comme l'Hydre de Lerne.
• Le nombre de péchés capitaux
• Pour la statue de la Liberté, à New York, les sept rayons de la couronne représentent les sept mers et continents.

Dans la Bible
• La Menorah ou chandelier à sept branches.
• Les sept dons chrétiens du Saint-Esprit.
• Le nombre de jours dans une semaine
• Le nombre de sacrements dans la religion catholique.
• Le nombre d'Archanges de l'Apocalypse
• Le nombre de têtes de la bête de l'Apocalypse
• Le nombre 7 apparaît lui-même 77 fois dans la Bible.

Dans les autres traditions
• Le nombre traditionnel des Sept merveilles du monde.
• Le nombre traditionnel des astres et des métaux qui leur sont liés : fer = Mars, cuivre = Vénus, plomb = Saturne, étain = Jupiter, mercure = Mercure, argent = Lune, or = Soleil).
• Le nombre d'Athéna pour Proclos et Pythagore, et par extension le nombre de la philosophie.
• Le nombre de chakras, de villes saintes dans l'Hindouisme (c'est le chiffre sacré par excellence).
• Le nombre de principes de base du Bushidō.
• En numérologie, le 7 représente la Vie intérieure.

Sciences
• Le nombre de couleurs de l'arc-en-ciel.
• Le nombre de sphères dans le système de Ptolémée.

Géographie
• Septentrion = Nord. Ce terme vient de la Petite Ourse, appelée par les Romains Sept Triones (les sept bœufs). Cette constellation, qui contient l'Étoile Polaire, indique le Nord et contient sept étoiles.
• Les Sept mers, expression utilisée dans l'Antiquité et le Moyen Âge pour désigner métaphoriquement l'ensemble des mers connues.
• Les Sept continents.
• Les cités construites sur sept collines incluent :
Bath en Angleterre,
Saint-Étienne en France,
Pretoria capitale de l'Afrique du Sud,
Rome, capitale de l'Italie, voir Les sept collines de Rome,
Istanbul, ville de Turquie (chaque colline a une mosquée),
Cincinnati dans l'Ohio, Lynchburg en Virginie, Somerville au Massachusetts trois villes des États-Unis.

Sports et jeux
• C'est le nombre de joueurs dans une équipe de handball.
• Sept est vu comme un nombre chanceux dans beaucoup de cultures occidentales, et dans la culture japonaise
• Dans la plupart des jeux vidéo Sonic, sept est le nombre d'émeraudes du Chaos.
• Le numéro sept est la somme des deux faces opposées d'un dé ; c'est aussi la somme la plus probable quand on joue avec deux dés

Culture et littérature
Moyen Age
• De septem septenis, Jean de Salisbury (vers 1115-1180).
• Les sept arts libéraux (ou septivium)
• Les sept vertus, les sept péchés capitaux, les sept sacrements.

Littérature moderne
• 7 est le nombre de romans de la série Harry Potter, publiée par l'écrivaine J. K. Rowling
• Le Clan des Sept, série de romans de jeunesse de Enid Blyton.
• Les Sept Piliers de la sagesse, le livre de T.E. Lawrence (dit Lawrence d'Arabie).
• Dans le manga Dragon Ball, Sangoku et ses amis doivent retrouver les sept boules de cristal.
• Les Sept Boules de cristal, album de la bande dessinée Les Aventures de Tintin.
• Les 7 Vies de l'épervier, série de bande dessinée en sept tomes d'André Juillard et de Patrick Cothias.
• Sept, série de bande dessinée en sept tomes publiée chez Delcourt.

Etc… Etc…
Sans oublier les sept notes de musique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sept

Pour revenir sur un plan ésotérique, je voudrais ajouter, en plus de la Ménorah, le sceau de Salomon. En effet ça n’a pas été dit, mais l’hexagramme exprime également ce chiffre : 6 triangles extérieurs + le centre, tout comme la Ménorah. En fait si vous regardez, ces deux symboles expriment la même idée :

Sceau de Salomon :
« En effet, les deux triangles sont supposés désigner l'un la Matière qui monte vers l'Esprit, l'autre l'Esprit qui descend vers la Matière, donc les deux substances de l'Univers (Esprit et Matière) se rencontrent en complétant grâce à deux forces (l'une qui fait descendre, l'autre qui fait monter). »

Ménorah :
« Le Chandelier à sept branches symbolise donc le point de rencontre entre deux mondes (matériel et spirituel) »

On retrouve encore cette caractéristique dans la fleur de vie, où le chiffre sept est abondamment représenté :

Image IPB
La Fleur de Vie (à gauche) et la Graine de Vie (à droite)

Bien entendu, l’Arbre de Vie de la Kabbale est dérivé de la Fleur de Vie. (lire http://www.lespacear...s-origines.html)

De même le sceau de Salomon est effectivement un symbole solaire et saturnien. Comme on l’a vu, Jupiter et Saturne sont équivalant. De même Baal est à la fois Saturne, Jupiter et le Soleil. Il est aussi lié à la constellation d’Orion. Si l’on revient à la photo de la stèle du Baal au Foudre, nous voyons que la posture du dieu représente la constellation :

Image IPB
Stèle du Baal au foudre.

Image IPB
Constellation d’Orion : l’image du guerrier/chasseur se superpose.

On trouve encore d’autres divinités représentées dans cette posture, par exemple :

Image IPB
Shadrapha est une divinité phénico-punique de la santé, de la guérison. Il possède en outre des fonctions de fécondation. Vénéré particulièrement en Afrique du Nord, il y fut assimilé à Liber Pater. (wikipédia)

Et nous retombons encore sur le chiffre sept. Les anciens ne devaient distinguer, à l’œil nu, que ses sept étoiles les plus brillantes. Extrait de wikipédia :

Orion

Image IPB

Ses sept étoiles les plus brillantes forment un nœud papillon (ou un sablier) facilement identifiable : quatre étoiles très brillantes forment un rectangle caractéristique au milieu duquel se trouve un alignement de trois autres étoiles, les "rois mages", qui constituent une signature remarquable.
http://fr.wikipedia....(constellation)

Il en va de même pour la constellation Ursa Major :

La Grande Ourse
La Grande Ourse est à l'origine du terme « septentrional » : les Romains appelaient cette constellation septem triones c'est-à-dire « les sept bœufs de labour » qui tournent toujours autour du nord. (…) Dans l'astronomie hindoue, on l'appelle aussi Sapta Rishi (les sept sages), et en persan, Haft Awrang (les sept trônes). En astronomie chinoise, ses sept étoiles principales correspondent à l'astérisme Beidou, un des plus anciens astérismes utilisés (hormis les loges lunaires, dont l'orientation était utilisée pour suivre le cycle des saisons.
http://fr.wikipedia....wiki/Ursa_major

Idem aussi pour la constellation des Pléiades. Ces trois constellations étaient les plus connues du monde primitif. Je vous recopie ici en exclusivité le chapitre que J.G. Frazer y a consacré dans Le Rameau d’Or :

Les Pléiades

Citation

Les Pléiades
La constellation des Pléiades joue un rôle important dans le calendrier des peuples primitifs, aussi bien dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud ; en fait, pour des raisons qu’on ne saisit pas à première vue, il semble que les sauvages aient accordé une plus grande attention à cette constellation qu’à aucun autre groupe d’étoiles ; en particulier, ils ont généralement fixé les époques des différentes opérations de l’année agricole d’après les observations qu’ils ont faites de son lever ou de son coucher héliaques. (…)

En premier lieu, il est digne de remarque que les Pléiades ont été l’objet de l’attention particulière des sauvages de l’hémisphère austral, qui ne se livrent pas à l’agriculture et qui, par conséquent, ne sont pas poussés à l’observation des astres par ce stimulant, comme le sont les peuples parvenus au stade agricole de la société. Il ne fait guère de doute, en effet que, dès les premiers âges, la nécessité pratique de fixer les saisons propices aux semailles et aux plantations a fait plus qu’une curiosité purement spéculative pour favoriser la connaissance de l’astronomie, en obligeant les sauvages à interroger la grande horloge céleste afin d’y trouver l’indication des saisons de l’année. Or, parmi les sauvages les plus primitifs qui nous soient connus se trouvent les aborigènes d’Australie, dont pas un, à l’état originel, n’a jamais pratiqué l’agriculture. Cependant, on nous dit que « à leur façon, ils adorent les astres du ciel et croient que certaines constellations règlent les phénomènes naturels. Ils ont des noms pour ces constellations ; ils chantent et dansent pour s’attirer la faveur des Pléiades (Mormodellick), constellation adorée d’un groupe comme étant dispensatrice de la pluie ; toutefois, si elle tarde à tomber, ils ne sont pas longs à l’accabler de malédictions au lieu des bénédictions. » Selon un auteur, dont le témoignage sur d’autres points de croyances australiennes est sujet à caution, certains aborigènes de la Nouvelle-Galles du Sud prétendaient que le soleil n’était pas la source de la chaleur, parce qu’il brille également en hiver quand la température est froide ; ils considéraient les Pléiades comme la cause véritable de la chaleur, attendu que, lorsque la chaleur augmente en été, cette constellation monte de plus en plus dans le ciel, pour atteindre sa plus grande élévation au plus fort de l’été, puis redescend en automne, lorsque les jours se refroidissent, pour disparaître complètement ou presque aux regards de l’hiver. (…)

De même, les Abipones du Paraguay, qui ne semaient ni ne moissonnaient, regardaient néanmoins les Pléiades comme l’image d’un de leurs ancêtres. Comme cette constellation est invisible dans l’Amérique du Sud pendant plusieurs mois de l’année, les Abipones croyaient que leur ancêtre était malade et ils avaient une peur terrible qu’il ne mourût. Mais quand la constellation faisait sa réapparition au mois de mai, ils saluaient le retour de leur ancêtre de cris joyeux et de la musique endiablée de leurs flûtes et de leurs trompes, et le félicitaient d’avoir recouvré la santé. Le jour suivant, ils partaient tous à la recherche du miel sauvage, dont ils faisaient une boisson qu’ils aimaient beaucoup. Après quoi, au coucher du soleil, on se mettait à festoyer, et la fête durait toute la nuit à la lueur des torches, pendant qu’une sorcière, qui présidait la cérémonie, agitait sa crécelle et dansait. Mais tout se passait de manière décente, les sexes ne se mélangeaient pas. Les Mocobis du Paraguay considèrent aussi les Pléiades comme leur père et créateur. (…) Chez les Indiens Lenguas du Paraguay, aujourd’hui encore, on associe le lever des Pléiades avec le début du printemps ; on célèbre à cette époque, des fêtes d’un caractère complètement immoral. (…) Les Indiens Omaguas du Brésil attribuent aux Pléiades une influence spéciale sur la destinée humaine. Un nom brésilien des Pléiades est Ciyiuce, c’est-à-dire « Mère des altérés ». La constellation, nous dit-on, est connue des Indiens de tout le Brésil ; il semble même qu’elle soit adorée par quelques tribus du Matto Grosso. Dans la vallée de l’Amazone, il existe un certain nombre de dictons populaires qui se rapportent à elle. Ainsi on dit que dès les premiers jours de son apparition dans le ciel, alors qu’elle ne dépasse guère l’horizon, les oiseaux, et en particulier les oiseaux de basse-cour, dorment sur les basses branches ou sur les perchoirs, et que, à mesure qu’elle monte, ils montent également plus haut ; qu’elle apporte beaucoup de froid et de pluie ; et que, lorsque la constellation disparaît, les serpents perdent de leur venin ; que les roseaux destinés à la fabrication des flèches doivent être coupés avant l’apparition des Pléiades, sans quoi ils seront vermoulus. D’après la légende,  les Pléiades disparaissent en mai et réapparaissent en juin. Leur réapparition coïncide avec le renouveau de la végétation et de la vie animale. Aussi la légende dit-elle que tout ce qui apparaît avant la constellation renaît, c’est-à-dire que l’apparition des Pléiades marque le début du Printemps. (…)

Les indiens du Pérou « appelaient les Pléiades Collca (le tas de maïs) ; les Péruviens, aussi bien ceux de la Sierra que ceux de la côte, voyaient dans cette constellation le prototype de leurs provisions de blé tant chéries. Elle faisait croître leur maïs et était adorée en conséquence ». Quand les Pléiades apparaissaient à l’horizon le jour de la Fête-Dieu ou aux environs, les Indiens célébraient leur principale fête de l’année ; ils adoraient la constellation, « pour que le maïs ne se dessèche pas ». Contigu au grand temple du Soleil, à Cuzco, se trouvait un cloître où donnaient de vastes salles. L’une de ces salles était dédiée à la Lune, et une autre à la planète Vénus, aux Pléiades et à tous les autres astres. (…) Il semble que les Aztèques aient attaché une grande importance aux Pléiades, car ils avaient fixé la date de la plus solennelle et la plus impressionnante de toutes leurs cérémonies religieuses de façon qu’elle coïncidât avec l’époque où cette constellation se trouvait au milieu du ciel à minuit. La cérémonie consistait à allumer un feu nouveau sacré sur la poitrine d’une victime humaine, la dernière nuit d’une longue période de cinquante-deux ans. Ils croyaient qu’à l’expiration d’une de ces périodes les astres cesseraient leur révolution et le monde lui-même finirait. Aussi, quand le moment critique approchait, les prêtres surveillaient du haut d’une montagne le mouvement des étoiles, et particulièrement celui des Pléiades avec la plus grande anxiété. Quand on voyait cette constellation franchir le méridien, la joie était grande ; car on savait que le monde disposait d’un nouveau répit de cinquante-deux ans. Immédiatement on jetait à terre, sur le dos, le plus brave et le plus beau des prisonniers ; on lui plaçait sur la poitrine une planche de bois sec, et l’un des prêtres produisait du feu en faisant tourner un bâton entre ses mains sur la planche. Dès que la flamme jaillissait, on ouvrait d’un coup de couteau la poitrine de la victime ; on lui arrachait le cœur, qu’on jetait dans le feu en même temps que le reste de son corps. Des coureurs partaient à toute vitesse porter le feu nouveau dans tous les coins du royaume pour rallumer les feux morts ; car, dans tout le pays, on avait éteint tous les feux pour se préparer à ce rite solennel.

Les Indiens Pieds-Noirs de l’Amérique du Nord « connaissent et observent les Pléiades ; c’est sur ces astres qu’ils règlent leur fête la plus importante. (…) Lors de l’assemblée générale de la nation, il y a une danse de guerriers, qui passe pour représenter la danse des sept jeunes gens qu’on identifie avec les Pléiades. En effet, les Indiens prétendent que les sept étoiles de la constellation étaient sept frères qui veillaient la nuit sur le champ de la semence sacrée et dansaient tout autour pour rester éveillés pendant les longues heures de ténèbres. Selon un autre légende que raconte les Pieds-Noirs, les Pléiades sont six enfants ; ils étaient si honteux de ne pas avoir de petites peaux jaunes de jeunes buffles qu’ils s’en allèrent de par les plaines, et finirent par être enlevés jusqu’au ciel. « On ne les voit pas quand la lune brille, alors que les jeunes buffles sont jaunes (le printemps, époque de leur honte) ; mais tous les ans, quand les veaux brunissent (automne), on peut voir toutes les nuits dans le ciel les enfants perdus ». On remarquera que cette version du mythe n’admet que six étoiles dans la constellation, et vraisemblablement beaucoup de sauvages n’en voient pas davantage, ce qui ne prouve guère en faveur de l’acuité de leur vision, puisque chez nous, nous dit-on, les gens doués d’une vue exceptionnellement bonne peuvent en distinguer sept. Chez les Indiens Pueblos de Tusayan, ancienne province d’Arizona, l’apogée des Pléiades sert souvent à déterminer la date favorable pour commencer un rite nocturne sacré, qui comprend, en particulier, une invocation aux six divinités qui passent pour gouverner les six quartiers du monde. L’auteur qui rapporte le fait ajoute : « Je ne peux pas en expliquer la signification, et je ne vois pas du tout pourquoi, dans tout le monde stellaire, ce faible groupe d’étoiles de petite grandeur est plus important que tout autre. ».

(…) De toutes les constellations, il semble que ce soient les Pléiades et la ceinture d’Orion qui soient les plus familières aux indigènes du détroit de Bougainville. (...)
Nous avons vu que dans la Grèce antique les fermiers coupaient leur blé quand les Pléiades se levaient au lever du soleil en mai, et qu’ils labouraient leurs champs quand la constellation se couchait au lever du soleil en novembre. L’intervalle compris entre ces deux dates est d’environ six mois. Les Grecs et les Romains fixaient le début de l’été d’après le lever héliaque des Pléiades et le début de l’hiver d’après leur coucher héliaque. Pline considérait le coucher des Pléiades en automne comme le moment le plus favorable aux semailles des céréales, en particulier du froment et de l’orge ; et il nous dit qu’en Grèce et en Asie on semait les récoltes au coucher de cette constellation.

Ainsi donc, dans le monde entier, on a associé les Pléiades à l’agriculture, et en particulier au semailles et aux plantations. La raison de cette association réside vraisemblablement dans la coïncidence du lever ou du coucher de la constellation avec le début de la saison pluvieuse ; les hommes ont dû, en effet, apprendre très vite, que la meilleure, sinon la seule époque favorable aux semailles et aux plantations est le moment de l’année où les semences ou les racines nouvellement confiées à la terre se trouvent vivifiées par des averses abondantes. Cette même association des Pléiades avec la pluie semble suffisante pour expliquer leur importance même aux yeux des sauvages qui ne labourent pas le sol ; tout ignorantes que soient ces peuplades, en effet, elles ne peuvent guère manquer de remarquer que les fruits sauvages croissent plus abondamment, et qu’en conséquence eux-mêmes trouvent davantage de nourriture, après une forte chute de pluie qu’après une longue période de sécheresse. (…)

(Le Rameau d’Or, T3, J.G. Frazer, p. 394-399)

Les Sept Soeurs, les Pléïades

Citations tirées de La Doctrine Secrète

• 1. "Les Pléiades sont les épouses supposées des sept Rishis de la Grande Ourse. Elles sont aussi les nourrices du Dieu de la Guerre Mars, le commandant des armées célestes."
• 2. "Les Pléiades sont le groupe central du système de l'astronomie sidérale.
• a. Elles se trouvent dans le cou du Taureau, la constellation du Taureau.
• b. Elles sont par conséquent dans la Voie Lactée.
• c. Elles sont considérées (et Alcyone en particulier) comme le point central autour duquel tourne notre univers d'étoiles fixes."
• 3. "Le nombre sept est étroitement associé à la signification occulte des Pléiades, six qui sont présentes et la septième qui est cachée."
• 4. "Les Pléiades étaient à un moment donné les Atlantides ; elles étaient associées à l'Atlantide et ses sept races."
• 5. "Un des cycles les plus ésotérique est fondé sur certaines conjonctions et certaines positions respectives de la Vierge et des Pléiades."

http://esopedia.urob...e.net/Pléiades


Plus loin encore, dans l’ancienne mésopotamie, les Anunnaki sont parfois comptabilisés au nombre de sept :

Les Annunaki étaient sept juges de l'enfer (nether world), les enfants du dieu Anu, qui a également siégé devant le trône de Ereshkigal (l'épouse de Nergal), elle était la fille de Déméter, Perséphone grecque, Proserpine romaine, gnostique Koré dans d'autres mythologies. Les Annunaki sont considérés par certains comme les 'destins' (anglais:"Fates") sumérien, où ils attendaient aux portes de l'enfer pour juger les âmes nouvellement arrivées. Les «destins» ont été associés à la Grande Ourse, ou les Pléiades (sept soeurs) qui étaient semblables aux sept Hathors. Ananké le satellite de Jupiter qui est 14e dans la distance de la planète [Grec Ananké, mère de Adrastée (alias une déesse Némésis du destin, Egyptien Shait), distributeur des récompenses et des punitions, par Jupiter, de Ananké, la nécessité]. Adrasteia et Ida étaient des nymphes et des filles du roi de Crète, qui s'occupait de Zeus dans une grotte quand il était bébé. (…)

Anu avec sa coiffe à cornes était le dieu du Ciel de la Mésopotamie. Il a été appelé An par les Sumériens, il était suzerain des dieux, leur père et protecteur. Anu était distant, le dieu céleste qui n'était pas intéressé par l'humanité et ne s'implique pas beaucoup avec eux. Ses soldats étaient les étoiles, une partie de la Voie Lactée (voie d'Anu) a été sa route personnelle. Il était censé habiter dans la constellation de la Grande Ourse, Ursa Major.

http://www.onnouscac..._30#entry401342

A suivre.

Ce message a été modifié par atrahasis - 15 mai 2012 à 19:00.


#186 atrahasis

atrahasis

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Posté 17 mai 2012 à 03:01

Le mythe d’Oannès : les Sept Sages

Restons dans la culture mésopotamienne et portons notre attention vers un mythe civilisateur que certains d'entre-vous connaissent peut-être, hélas trop souvent mal interprété.
Je recopie ici quelques extraits à partir de "Lorsque les dieux faisaient l’homme" (Jean Bottéro & Samuel Noah Kramer) avec le mythe en intégralité, puis j'y ajouterai quelques considérations.

Citation

Les Sept Sages
Ce mythe, dont Enki / Éa était pareillement le protagoniste, n’a pas été encore recouvré, comme tel, dans la masse des tablettes cunéiformes exhumées depuis pas loin de cent cinquante ans du sous-sol de l’Iraq et de ses alentours immédiats, et peut-être la malchance voudra-t-elle qu’on ne le retrouve jamais, comme c’est apparemment le cas de maint autres. Nous en avons tout de même un compte rendu assez clair et complet. Il nous vient d’un lointain descendant des antiques lettrés de Mésopotamie : Bérose, attaché au grand temple de Bêl (Marduk), à Babylone, et qui, vers 300 avant notre ère, peu après la conquête du Proche-Orient par Alexandre (330), s’était donné pour tâche de mettre en grec, dans ses Babyloniaka notamment, les principales traditions de son pays sur les origines du monde et sa plus vieille « histoire ». Son œuvre, pour dire le vrai, ne nous a pas été conservée ; on n’en a réuni encore qu’un certain nombre de fragments rapportés par des auteurs anciens. Mais c’est déjà beaucoup.

Car Bérose est un auteur sérieux : vu le conservatisme puissant qui a toujours animé ses compatriotes, ce qu’il raconte, et que n’importe qui pouvait du reste vérifier, de son temps, pour peu qu’il interrogeât les compétences locales, a les plus grandes chances de nous restituer – à peine déformé, çà et là, le cas échéant, par l’usure du temps et de la tradition – ce que l’on se transmettait, autour de lui, depuis des siècles. (…)


En Babylonie, quantité d’hommes venus d’ailleurs s’étaient installés dans la Chaldée (partie littorale de la Basse-Mésopotamie), où ils menaient une existence inculte, pareils à des bêtes. Une première année, alors, apparut là, sur le rivage, un monstre extraordinaire sorti de la mer Rouge et appelé Oannès. Son corps entier était celui d’un poisson, avec , sous la tête (de poisson), une autre tête (humaine) insérée, ainsi que des pieds, pareils à ceux d’un homme – silhouette dont on a préservé le souvenir et que l’on reproduit encore de notre temps. Ce même être vivant, passant ses jours parmi les hommes, sans prendre la moindre nourriture, leur apprit l’écriture, les sciences et les techniques de toute sorte, la fondation des villes, la construction des temples, la jurisprudence et la géométrie ; il leur dévoila pareillement la culture des céréales et la récolte des fruits : en somme, il leur donna tout ce qui constitue la vie civilisée. Tant et si bien que, depuis lors, on n’a plus rien trouvé de remarquable (sur ce chapitre). Au coucher du soleil, ce même monstre Oannès replongeait en la mer pour passer ses nuitées dans l’eau : car il était amphibie. Plus tard apparurent d’autres êtres analogues… (Babyloniaka I : dans P . Schnabel, Berossos, p. 253 s.).

Il en cite, en effet, un peu plus loin, au début du livre II de son même ouvrage (ibid, p. 261 s.), six autres par leur nom, plus ou moins héllénisé : il rattache leur apparition à chacun au règne de l’un des souverains locaux « antérieurs au Déluge ». Ils n’avaient fait, ajoute-t-il, qu’ « expliciter tout ce qu’Oannès avait sommairement dit ».

Cette tradition, évidemment mythologique, est confirmée par une tablette cunéiforme en akkadien, retrouvée à Uruk en 1959-1960 (W. 20030, dans H.J. Lenzen, XVIII. vorläufiger Bericht über die… Ausgrabungen in Uruk / Warka ; p. 44 ss.), d’époque séleucide, mais qui a les plus grandes chances de consigner une liste bien plus ancienne : elle rapporte, elle aussi, entre autres, le nom de sept personnages dans lesquels, pour peu qu’on tienne compte des déformations phonétiques imposées par le passage du sumérien à l’akkadien au grec, et des accidents de la tradition manuscrite, on reconnaît ceux de Bérose. Le premier, par exemple, Oannès chez celui-ci, a pour nom U.an.na (Adapa, « le sage », était son surnom). Chacun d’eux est censé avoir joué, auprès d’un des monarques antédiluviens, le rôle d’Apkallu, terme sumérien (ab.gal) akkadisé qui s’entendait de personnalités, humaines sans doute, mais plus ou moins surnaturalisées et fabuleuses, dont la prérogative essentielle était de représenter à la fois des « très-intelligents » (ainsi peut s’entendre leur dénomination sumérienne), des « super-experts » en toutes sortes de techniques, en même temps que des enseignants et diffuseurs de leurs propres secrets en la matière (comp. XV, § 5) : ce que nous appelons, en somme, des héros civilisateurs.

Plus d’un document y fait allusion (…) Nous y pressentons assez bien qu’autour de chacun d’eux s’était développé tout un appareil légendaire, concernant leurs hauts faits, leur mode particulier d’existence, et même leur aspect ichtyanthrope. Or, lorsqu’il s’agit d’eux, Enki/Éa tient constamment le premier rôle. Car les Apkallu, il n’y a, sur ce point, aucun doute, étaient des créatures de ce dieu : et c’est ici que se révèlent et le sens, et le poids du mythe qui les concerne. (…) Le nombre sept fait partie de l’idéologie et du vocabulaire hiératique des mythes et des rites. La relation des Sept Apkallu avec la « mer » : le golfe Persique, est obscure à nos yeux (…)

Nous nous arrêterons ici devant l’incompréhension des auteurs à tenter d’expliquer ce mythe. Et, s’il est permis, nous avancerons une hypothèse audacieuse qui a probablement échappé à ces savants. En effet l’« Eau », ou par ailleurs « la mer », porte un riche double-sens et ce depuis les temps les plus anciens. L’« Eau » ou « la mer » possèdent une allégorie similaire et celle-ci désigne « l’au-delà ». C’est ici une clé de lecture que peu connaissent et qui vous est livrée. Dans le texte de Genèse, Dieu sépare les Eaux d’En-Haut d’avec les eaux d’en-bas. De même le voyage astral, comme on l’a vu, était appelé « la sortie d’eau ». Mais pour revenir spécifiquement à notre contexte, un vers de l’"Épopée d’Erra" vient confirmer cette interprétation :

Ces Sept Apkallu de l’Apsû, « carpes » saintes,
Qui, pareils à Éa, leur maître,
Ont été adornés par lui d’une ingéniosité extraordinaire…


Or le terme Apsû, ou Abzu (AB = trou, Zu = Connaissance, sagesse, savoir ; en clair « l’abîme ») désigne le monde souterrain, ou autrement dit le monde des morts.
Nos Sept Sages ne viendraient pas de l'océan comme beaucoup l'ont pensé jusqu'alors, mais plutôt « de l'au-delà ».

Remarquez pour terminer, cette histoire a plusieurs analogies avec le Livre d’Énoch (anges civilisateurs venus apporter les sciences et techniques à une époque antédiluvienne).

Déjà il apparaît que ce chiffre sept revêt plusieurs sens : il désigne tantôt les sept niveaux des cieux et/ou les sept niveaux des enfers, tandis qu’ailleurs il désigne sept individus ou créatures "angéliques". Il nous faudra encore approfondir.

Image IPB
Des êtres en costume de poisson autour d’un « pilier de lumière » - probablement une représentation archaïque de l’Arbre de Vie -, à sa cime le dieu suprême.

Image IPB

Ce message a été modifié par atrahasis - 17 mai 2012 à 03:08.


#187 Aethelfyrth

Aethelfyrth

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Posté 21 mai 2012 à 00:17

Voir le messagesyl, le 10 mai 2012 à 16:15, dit :

Posté 10 mai 2012 à 17:15
et si l'énergie de vie (qui donne la vie à toute chose, plan parfait etc ) était .....
et qu'en fait le contre ballant négatif est l'expression de l'énergie "déséquilibrée, défectueuse".....?

Voir le messageatrahasis, le 13 mai 2012 à 14:08, dit :

Syl dit :

et si l'énergie de vie était (...) déséquilibrée ?

Bonne question en fait. Je vais essayer d'y répondre.

Bien avant d’intervenir ici, au début où je découvrais par moi-même ce sujet, j’avais clairement identifié la déesse, mais pas Satan.
(petite remarque : perso j’utilise ce nom en tant que désignation du principe masculin, parce que la déesse certains chrétiens l’identifient à Satan également, ce qui n’est pas faux dans le sens où on l’entend.  (De là découle une seconde remarque : ce qui en amènera d’autres à demander « et si ils ne seraient pas en fin de compte une seule et même entité ?» - ce à quoi je réponds d’avance par la négative mais la démonstration prendrait trop de place)).

Ainsi donc je représentais les choses à ce moment-là comme une histoire de couple divin qui se serait chamaillé, jusqu’à faire monter la mayonnaise, comme parfois le font les couples, ce qui aurait provoqué un important déséquilibre au niveau de la création. Les adorateurs se seraient ainsi divisés entre partisans du dieu masculin et les autres partisans de la divinité féminine. Chaque dieu se proclamant créateur unique. L’idée était amusante.

Mais j’ai vu que cela ne tenait pas. Il m’a suffi de progresser dans les recherches en religion, de découvrir les croyances des sectes lucifériennes, de découvrir les croyances des peuples primitifs, et d’en faire le rapprochement, d’en dégager les idées communes, pour voir que tout ce substrat religieux, même si certains cultes ou traditions sont (en apparence) exclusivement réservés à un pôle plutôt qu’à l’autre, tous adoraient non pas une divinité, mais deux, et que les deux étaient complémentaires. Ce sont les deux piliers de la Franc-Maçonnerie et aussi de l’arbre des Séphiroth de la cabbale. Le troisième pilier étant le chemin à suivre pour l’initié se réaliser, ou autrement dit on peut y voir le temple.
Et ces deux-là sont bien opposés à tout ce que contient la révélation des Écritures. Dieu/Allah, même s’il est appelé « le Père » par les chrétiens et les juifs, n’a pas de genre.


Une idée "amusante".  Certes, mais si vous aviez pris la peine de creuser au niveau culturel et archéologique, sans vous laisser influencer par un substrat culturel occidental qui biaise automatiquement toute recherche, vous auriez compris que cette chamaillerie est à la base d'un boulversement radical qui engendra non seulement les polythéismes patriarcaux mais ensuite tous les cultes monothéistes destructeurs.

Il me semble qu'une interprétation est toujours sujette à caution, or nous avons à notre disposition plusieurs chose, et ce d'un point de vue totalement neutre et je pense assez incontestable:

D'un chamanisme universel et plutôt matricarcal, suivi d'un boulversement majeur nommé la sédentarisation;

Des preuves d'une culture tendant vers une primitive mondialisation très ancienne des cultes polythéistes, avec des royautés instituées sur un modèle relativement
semblable, avec des différences culturelles;

Et pour finir le monde des religions du livre que vous sembler connaître si bien, presque trop...


Or il me semble que vous omettez une part importante qui rend pour moi votre interprétation bien trop orientée:  La Déesse nourrissait ses enfants à loisir et le dieu la respectait autrefois, il ne tentait pas d'imposer une forme de hiérarchie à tous les niveaux.  Et le combat fut perdu, les implications et conséquences... nous les connaissons.

La définition de l'équilibre universel différera selon les chercheurs, mais il y a quelque chose d'incontestable:  un sauvage ne travaillera que 6 à 10 heures par semaine pour trouver sa nourriture dans un milieu naturel propice non altéré, qu'en est-il dans une société organisée?

L'équilibre est rompu, la troisième voie du profit personnel nous préoccupe plus que tout quoi qu'on puisse en dire.


Le fruit du serpent, qui est bien pourri, nous ronge de l'intérieur et nous sommes devenus aveugles au point de diviniser des bouts de papiers contenant l'essence même du mensonge et de la corruption.  C'est si simple et évident, que je ne comprends pas comment vous n'avez pas pu discerner que l'absence de patriarcat et de système clanique traditionnel est une voie salvatrice qui fut éradiquée voici au moins 8000 ans dans d'atroces souffrances.

A moins que vous ne puissiez fixer le passé d'un regard neutre?

#188 syl

syl

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Posté 21 mai 2012 à 07:18

Aethelfyrth, tu mets en évidence le chamanisme.....ce qui rejoint ce que j'ai essayé de montrer par rapport à la fresque de denver....les 3 femmes qu'il y a dans le cercueil montrent en fait ce qui a été "utilisé"pour atteindre l'objectif....et non pas ce qui va être "détruit" à l'avenir. et pour lui, c'est la "sagesse" qui a été la carte maitresse donc on comprend mieux la représentation dessinée.

et celui qui remporte est toujours le Meilleur .....donc le protégé de Dieu....élu de Dieu. (même si au fond si on lit l'histoire on se rend compte que cet être était pas forcément une bonne personne lol).

Pour moi il faut donc regarder les textes , les tableaux...tels qu'ils sont. et accepter de ce fait la diversité de la Vie....et qu'il puisse y avoir eu des races différentes (peu nombreuses!) qui sont arrivées en même temps que "notre problème"ce ne sont pas elles le problème. il faut accepter le fait que les divinités anciennes etc ...puissent être des êtres "réels" sauf que les histoires les ont transformé en des dieux , des déesses....
et regarder comment ils sont décrits ou leurs symboles etc....
on se rendrait compte que cela ne va jamais bien loin : dragon, serpent, lion, chat ...taureau....vache....bien sur ils ne sont pas "ça" ----> c'est leur symbole mais dans leur apparence il y a quelque chose de cela...

je pense comme toi....on cherche trop des "secrets" sacrés à droite à gauche....et si c'était beaucoup plus simple? en fait , si tout simplement il fallait lire les symboles tels qu'ils sont juste en mettant "ce-ceux qu'ils représentent".
peut être nous nous rendrions compte qu'il n'y a rien de ....DIVIN....dans tout cela....que d'énormes mensonges, de la manipulation. d'effroyables rivalités et combats.
Bien sur que les vérités nous sont dites sauf que comme on nous cache une partie....que l'on a tout rendu "inatteignable" , trop "au dessus" du commun des mortels, qu'on nous a fait aussi très peur ....nous n'arrivons pas, nous n' ACCEPTONS pas que cela puisse être aussi simple.....banal.....

et pendant ce temps, les déséquilibres s'amplifient....nous sommes presque tous dans l'effort que nous demande la survie....nous enfonçons dans l’égoïsme de la survie....

Par contre comme atrahasis le fait....il me montre personnellement en mettant certains mythes à jour le déroulement de cette "grande oeuvre"...qui n'est que l'histoire de l'asservissement de notre planète....de la lutte de certains pour se disputer "des choses dites magiques" ce qui a entrainé des mythes et de nouvelles religions (au derrière identique)  ...pour moi, je le dis , ils ont été tous dans l'erreur et certains le sont encore aujourd'hui....

en dehors de cela....oui il est possible que certaines races se soient adaptés à la terre...et qu'elles veulent elles aussi pourvoir y vivre en Paix...
la destruction de la terre n'arrangerait ni nous, ni elles.....Mariage Sacré? bien obligé......nous sommes devenus inter dépendants lol  le monde d'en bas n'est il pas identique au monde d'en haut ?
Union Interdite? pour désigner que nous sommes cotes à cotes...pas identiques pour être croisés....mais main dans la main aujourd'hui pour survivre...

pour moi le symbole templier des deux cavaliers sur un même cheval.....représente cela.....il y en a 1 qui ne peut être vu ....

Toutes mes excuses à toi Atrahasis.....pour ce développement d'idée dans du hors sujet...mais c'est vrai que j'essaye d'alerter les chercheurs sur des choses qu'il me semble urgente d'aller "lever"... c'est une piste non explorée...mais qui peut être changerait le cours de l'avenir....

#189 atrahasis

atrahasis

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Posté 21 mai 2012 à 16:46

Bonjour Aethelfyrth

Je vois bien ce que vous voulez dire, il y a un livre dans ma bibliothèque qui s’intitule « Avant les dieux, la Mère universelle » par Françoise Gange. Il développe votre argumentaire, à savoir la pré-existence d’un culte à la Grande Déesse bien avant l’émergence des religions telles que nous les connaissons. Et puis survient le déluge qui donne lieu à une fracture importante : l’avènement du patriarcat. La Déesse est alors diabolisée, attaquée par le nouvel ordre du Père dominant qui tentera d’effacer son souvenir et se fera passer pour le Commencement. S’en suit une dynamique nouvelle marquée par les guerres, les conquêtes, la convoitise des ressources devenues rares et la soumission de la femme. C’est dans cet ordre d’idée que s’installe le polythéisme, l’émergence des dieux et des héros, et enfin quelques temps plus tard le monothéisme, mais toujours dans cette optique du Père dominant et guerrier dans laquelle s’inscriraient les religions des Écritures. Tout cela est du reste assez solide, il serait difficile voir malhonnête de le contester.  

Alors pour y répondre… tout d’abord je suis bien d’accord que mon raisonnement se construit sur un parti-pris pour les religions révélées ; c’est normal à la base je suis chrétien, et je dis bien à la base car je ne défends aucune forme de culte voué à quelconque divinité. Je préfère de loin une philosophie marquée par le bon sens à n’importe quelle religion, attendu que celles-ci ont été établies par des hommes dans le but de répondre à certaines problématiques de l’époque tout en recyclant un fond cultuel commun et qui de plus se doivent d’être suivie à la lettre sans poser de questions. Mon intérêt est la recherche de la Vérité.

Les Écritures ont suivi cette dynamique d’intégration religieuse or je pense que ce conformisme est justement une erreur et que les Écritures à la base contiennent un message assez différent et comble de l’ironie plutôt anti-religieux. Différent et non des moindre car une fois dégagé de ce substrat j’y vois beaucoup de bon sens et une grille de lecture tout à fait originale, qui est rarement développée alors qu’elle permet d’entrevoir une réalité nouvelle capable d’expliquer bien des choses dont notre enjeu ici sur terre.

Pour en revenir à la problématique du matriarcat/patriarcat ce serait une erreur que de  croire que les propos de l’auteur de « Avant les Dieux, la Mère universelle » soient neutres également. Libre à vous de croire ce que vous voulez, pour ma part la démonstration qui a été établie fait autorité car elle relève justement du bon sens (et encore là, libre à vous de ne pas être d’accord). Remarquez que peu d’auteurs vous livrerons l’interprétation que j’y prête alors qu’au fond elle est tout aussi rationnelle ou raisonnable. Récemment je suis tombé sur cet article (en anglais désolé) http://nabiy4america...lot-of-babylon/
qui montre que la chanteuse Madonna est la réincarnation de Isis/Ishtar, la grande prostituée de Apocalypse. Cela pourrait faire sourire les incultes, moi j’y vois confirmation de ce que je pense : la Grande Déesse est la déesse Lumière des illuminatis, Lilith la déchue, Isis/Marie/Diane l’illuminée, la Marianne des Franc-Maçons, la Baphomet des Templiers (encore qu’ici c’est plus un symbole hermaphrodite), la Vénus des peuples anciens… etc symbolisée par autant de femmes à travers l’histoire, la culture et les religions. Alors si la Grande Déesse était concrètement Dieu comment cela se fait-il qu’aucun de nous ne sommes au courant de ce fait ou encore pourquoi ces gens se donnent-ils tant d’énergie à afficher ce symbolisme encore à notre époque si ce n’est une forme d’adoration à peine dissimulée envers une entité démoniaque ? A moins encore que Madonna soit le Messie qui nous montre la voie, je ne sais pas ? La Mère universelle est la mère des dieux, ce qui est très différent que d’être la mère de l’humanité.

Cet antagonisme entre le Père ou la Mère est pour moi monté de toute pièce afin de nous présenter un faux-choix entre choux vert et vert choux, ces deux possibilités étant biaisées d’avance. Le culte de la déesse concrètement n’est pas incompatible avec le patriarcat puisqu’elle a toujours continué à être adorée malgré cela.

Désolé enfin si vous avez vu de l’agressivité dans mes propos, ou alors trop de légèreté avec des mots mal choisis. Je n’ai rien contre vous et j’apprécie la culture dont vous faites preuve, seulement de défendre mon opinion me fatigue et je serai heureux de terminer le sujet. Je reconnais que tout ceci est compliqué et donc qu’il est possible que j’ai pu me tromper en quelques endroits, même s’il est difficile de savoir à quel moment.

(syl il n’y a pas de mal ton raisonnement est  bon et je suis en partie d’accord – dans le fond plutôt que dans la forme – mais tu le sais bien.)

Ce message a été modifié par atrahasis - 21 mai 2012 à 17:25.


#190 syl

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Posté 22 mai 2012 à 09:24

pour moi il est normal dans leur fonctionnement et avec lequel objet qu'ils ont en main, qu'ils désignent une grande prêtresse....
ben pk pas? madonna n'a rien à voir avec isis-ishtar  pour moi lol par contre elle est identique à isis: elle sert peut être avec dévotion ce dieu, le protège?
il faut pour moi le savoir seule "le féminin" est plus ou moins hors de danger......lol ;-)

que veux tu.....? ce serait intéressant de nous montrer à nous mêmes qui est notre "créateur" ....qu'est ce ce que l'on nomme "le souffle de vie" etc...? peut être cela remettrait enfin nos pendules à l'heure....

manière déjà de réaliser.....que c'est toujours à peu près la même chose qui se déroule mais à plus grande envergure....et que les proportions commencent à être très graves jusqu'à anéantir notre petit monde...

#191 atrahasis

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Posté 22 mai 2012 à 16:24

Il y a besoin de clarifier après le lien donné en exemple : Madonna n’est PAS la réincarnation de Isis/Ishtar ni la grande prostituée de Apocalypse. C’est une initiée, une illuminati, une possédée, une magicienne, bref on pourrait utiliser beaucoup de termes dépendemment que l’on parle de sa classification ou de sa spécialisation. Sur scène c’est là qu’intervient son rôle d’actrice et son personnage fait référence à la Déesse. Toutes ses provocations sur scène et ailleurs sont symboliques. Si l’on retrace son parcours, elle s’est depuis toujours assimilée à ce personnage. Elle a un certain temps fait partie de la Kabbale, voir ce reportage :
http://www.dailymoti...bale-1sur2_news
(la partie 1 suffit) qui explique assez mal les liens occultes de la chanteuse avec ce courant d’idée, alors qu’il retrace pourtant son parcours exhubérant, et la kabbale qui se résume à ce « centre de la kabbale » qui est montré comme une secte seulement intéressée par l’argent et l’image de marque de ses adhérents. Néanmoins le journaliste a raison d’évoquer l’effet de mode passager, en 2011 elle rejoignait l’Opus Déi (http://www.staragora...kabbale/419626.) toujours fidèle à elle-même.

Ce message a été modifié par atrahasis - 22 mai 2012 à 16:26.


#192 atrahasis

atrahasis

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Posté 24 mai 2012 à 07:43

Les sept couleurs de l’arc-en-ciel

Citation

(…) Cependant on choisit généralement de considérer que l'arc-en-ciel comprend quelques couleurs dominantes, en nombre fini. Ce nombre varie de 3 à 9 selon les cultures. Aristote discernait trois couleurs1, Plutarque en mentionne quatre2. Aujourd'hui en occident le nombre généralement retenu est sept, fixé par Isaac Newton : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. Ce nombre sept a en partie été choisi à cause de l'analogie entre la lumière et le son, la gamme musicale comprenant sept notes par octave. Il correspond aussi approximativement au nombre de couleurs qu'un individu moyen peut discriminer dans le spectre lumineux(3).

Le plus critiqué des choix de Newton est de faire de l'indigo une couleur principale, alors qu'il correspond à une gamme de fréquences très étroite. Souvent, dans les figurations symboliques des arcs en ciel, on préfère donc l'éliminer pour ne garder que six couleurs, qui ont l'avantage de consister en trois couleurs (rouge, bleu, jaune) pouvant générer les trois autres par synthèse soustractive. Les sept couleurs retenues par Newton gardent cependant une forte influence culturelle. On peut citer par exemple le comic Green Lantern dans lequel les anneaux à super-pouvoirs existent dans les sept couleurs de l'arc-en-ciel (plus le noir).

http://fr.wikipedia....iki/Arc-en-ciel

L’arc-en-ciel est un symbole très présent dans la thématique illuminati, il figure sur de nombreux logos ainsi que sur la fresque de l’aéroport de Denver. Nous verrons plus tard l’idée derrière ce symbole, en attendant contentons-nous de remarquer sa division en sept gammes de couleurs. Cette représentation est erronée, elle a été fixée par sir Isaac Newton qui voyait la septième couleur dans l’indigo afin de coïncider avec un matériel « culturel ». Concrètement il contient six couleurs.

Cela n’a pas empêché d’autre mystiques de rapprocher ce symbolisme à celui du Sceau de Salomon : à savoir six couleurs plus une qui est la somme de toutes les autres (le blanc) :

Citation

(…) Fixer arbitrairement le nombre des couleurs de l'arc-en-ciel à sept n'a donc pas de sens. Mais alors d'où provient l'introduction de cette septième couleur et quelle est sa signification ?

Image IPB

Si nous plaçons les trois couleurs primaires aux sommets d'un triangle pointant vers le haut et les trois couleurs composées aux sommets d'un triangle inversé de sorte que chaque couleur fondamentale soit opposée à sa complémentaire, nous obtenons le sceau de Salomon. Ce sceau définit sept zones composées de six triangles colorés et d'un hexagone central incolore. Le spectre de l'arc-en-ciel pouvant être visualisé par la réfraction de la lumière solaire à travers un prisme, la zone centrale ne peut représenter que la source de la manifestation (des couleurs), à savoir la lumière “blanche”.

Une autre forme de représentation des couleurs primaires et composées consiste à tracer six rayons joignant le centre de l'hexagone aux six sommets du sceau et à leur attribuer les couleurs des six triangles. La lumière “blanche” occupe alors la zone située à l'intersection des six rayons et symbolise le Centre.
Le Centre figure le Principe, la lumière “blanche” à la source des couleurs primaires et complémentaires. En réalité, il représente le septième rayon du soleil dont le sens a été perdu au cours des âges et qui nous est parvenu, de manière édulcorée, sous la forme de la septième couleur de l'arc-en-ciel (indigo).

http://users.skynet..../colour0-fr.htm

On retrouve les sept couleurs dans le logo de la marque Apple.

Image IPB

Il s’agit du premier logo de la société, baptisé le logo « rainbow ». http://www.edibleapp...the-apple-logo/
On peut y voir la célèbre  pomme d’Apple (croquée - une référence des plus explicites au fruit défendu), elle contient les six couleurs de l’arc-en-ciel. Le fond, blanc, est la synthèse (6+1=7).

A sa mort en octobre 2011, les médias n’ont pas manqué de faire passer son fondateur Steve Jobs pour « un dieu » ce qui est certainement très porteur de sens. En langage populaire et figuré Steve Jobs était effectivement ce que l’on pourrait qualifier de dieu moderne mais le logo de son entreprise témoigne qu’il faut aussi le concevoir au sens propre.

Dans le New Age ou encore la Théosophie on rencontre fréquemment ces sept couleurs avec souvent derrière la même idée. Par exemple :

Citation

Sept Rayons. Rayon : l'un des sept courants de force du Logos ; les sept grandes lumières. Chacun est l'incorporation d'une grande Entité cosmique. Les sept rayons peuvent être subdivisés en trois rayons d'aspect et quatre rayons d'attribut. (…)
Ces noms sont simplement choisis parmi beaucoup d'autres et caractérisent les différents aspects de force par lesquels le Logos se manifeste.

(source : "Initiation Humaine et Solaire" d'Alice Bailey)
http://esopedia.urob...net/Sept_rayons

Citation

Ces 7 rayons composent notre auréole de lumière. Les couleurs proviennent de la défragmentation de la lumière spirituelle.

Chaque rayon est gouverné par un Chohan (prononcer kohan comme dans Archange) qui est le maitre de l'intégrité de l'énergie.
Un Archange est chargé de veiller à la distribution des énergies de ce rayon.
Les anges distribuent l'énergie individuellement, en fonction de la demande.
Chacun est relié à un ou plusieurs rayons en fonction de son œuvre quotidienne. (...)

http://amourdelumier...page.php?page=9

Ce message a été modifié par atrahasis - 24 mai 2012 à 08:31.


#193 atrahasis

atrahasis

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Posté 24 mai 2012 à 08:46

… et on en vient aux sept archanges.

Les sept archanges de la tradition judéo-chrétienne

Dans la Bible, le seul ange qualifié d’archange est Michaël. Le nombre des anges n’est pas clairement établit. Pourtant au sein des trois religions il n’a pas manqué de personnes pour représenter une septade d’anges principaux, qualifiés parfois d’archanges. Beaucoup de chercheurs pensent que cet emprunt est dû à une influence perse. Dans la religion de l’ancien Iran, le zoroastrisme, il y avait sept saints immortels : les Amesha Spentas.

Citation

Les Archanges :

Leur nom est tiré du grec "arkhaggelos" et signifie "messagers principaux".
Il n'est fait mention dans la Bible que des seuls Raphaël, Gabriel et Michaël et ceux-ci n'apparaissent qu'à partir de 200 av jc seulement.

Raphaël est cité dans le livre de Tobie :

"Le Saint-Ange du Seigneur, Raphaël, fut envoyé pour guérir Tobie et Sara dont les prières avaient été prononcées en même temps en présence du Seigneur." (Tobie 3; 25).

Gabriel est cité dans plusieurs textes :

"...Et j’entendis la voix d’un homme au milieu de l’Ulaï ; et il cria et dit : Gabriel, fais comprendre à celui-ci la vision." (Daniel 8,16)
"...Je parlais encore en priant, et l’homme Gabriel que j’avais vu dans la vision au commencement, volant avec rapidité, me toucha vers le temps de l’offrande de gâteau du soir." (Daniel 9,21)

Michaël est également cité dans plusieurs textes :

"...Mais le chef du royaume de Perse m’a résisté vingt et un jours, et voici, Micaël, un des premiers chefs (Sarims),vint à mon secours : et je restai là, auprès des rois de Perse." (Daniel 10,13)

"...Et en ce temps-là se lèvera Micaël, le grand chef, qui tient pour les fils de ton peuple ; et ce sera un temps de détresse tel, qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps-là. Et en ce temps-là ton peuple sera délivré : quiconque sera trouvé écrit dans le livre". (Daniel 12,1).

La tradition judéo-chrétienne place ces trois Archanges parmi les "sept Anges qui se tiennent devant Dieu" :

"Et je vis les sept Anges qui se tiennent devant Dieu, et il leur fut donné sept trompettes."
(Apocalypse 8,2) :

"Je suis Raphaël, l'un des sept Anges qui se tiennent toujours prêts à pénétrer auprès de la gloire du Seigneur" (Tobie 12,15).

C'est le Livre apocryphe d'Hénoch, datant probablement du 2ème siècle av. J.-C., qui fixera le nom et la fonction de ces sept Archanges selon un procédé qui consiste à joindre le suffixe "El" (= "Dieu") à une racine désignant la fonction ou la qualité angélique :

"...Voici les noms des saints Anges qui veillent :
Uriel, l'un des saints Anges, celui du monde de terreur ;
Raphaël, l'un des saints Anges, celui des âmes des hommes ;
Raguel, l'un des saints Anges, pasteur du monde des luminaires ;
Michaël, l'un des saints Anges, préposé aux meilleurs des hommes, à la garde du peuple ;
Saraqiel ou Sariel, l'un des saints Anges, préposé aux esprits des enfants des hommes qui pèchent en Esprits ;
Gabriel, l'un des saints Anges, préposé au paradis, aux serpents et aux Chérubins ;
Remeiel, l'un des saints anges, que Dieu a préposé sur ceux qui se lèvent.
De ces Archanges ce sont les sept noms ".

(Livre d'Hénoch 20, 1-8)

Dans ce même Livre figure une autre liste de quatre Archanges seulement :

"… Après cela je demandai à l'Ange de paix qui marchait avec moi et me montrait tout ce qui est caché : "Quels sont ces quatre visages, que j'ai vus et dont j'ai entendu et écrit la parole ?" Et il me dit : "Le premier est le miséricordieux et le très patient Michaël ; le second qui est préposé à toutes les maladies et à toutes les blessures des enfants des hommes, est Raphaël ; le troisième, qui est préposé à toute force, est Gabriel ; et le quatrième, qui préside au repentir, pour l'espoir de ceux qui hériteront la vie éternelle, son nom est Phanuel." Ce sont là les quatre Anges du Seigneur des Esprits, et les quatre voix que j'ai entendues en ces jours".
(Livre d'Hénoch 40)

Un peu plus tard, selon le Rouleau de la guerre (livre des Esséniens de Qmran), les tours de combats étaient sous la protections des quatre Anges Mikhael, Raphael, Gabriel et Sarî'el.
Et la tour syrienne de 'Umm'el-Gimâl (en 412) avait pour protecteurs : Gabriel à l'est, Mikhael =à l'ouest, Raphael au sud, et Uriel au nord.

Plus tard, le Concile de Rome en 745 et le Concile d'Aix-la-Chapelle en 789 interdiront de fabriquer de nouveaux noms d'anges en dehors de Michel, Gabriel et Raphaël qui sont révélés dans la Bible :
- Mikha'el ("Qui est comme Dieu") est celui qui maintient Satan vaincu en enfer.
- Gabriel ("Dieu s'est montré fort") est le messager de Dieu.
- Rapha'el ("Dieu guérit") guérit les hommes.

Cela n'empéchera pas les septs archanges du Livre d'Hénoch d'être mis en rapport avec les sept planètes par les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans :

Image IPB

On remarquera que cette tradition des sept Archanges vient probablement d'une influence des sept Ameshas Spentas ("Saints Immortels") de la religion Zoroastrienne :

- Spenta Mainyu ("Saint Esprit")
- Vohu Manah ("Bonne pensée")
- Asha Vahista (Vérité, justice)
- Kshatra Vairya (Empire divin)
- Spenta Armaïti (Dévotion, sagesse)
- Haurvatat (Eau, santé)
- Amretât (Eau de jouvence).

http://atil.ovh.org/...polytheisme.php

Citation

Les Amesha Spentas sont les saints immortels du zoroastrisme. Ils appartenaient probablement au panthéon des anciens dieux perses antérieur à la naissance de Zarathoustra. Selon une théorie, bien que le réformateur religieux ait dénoncé les anciens dieux, il aurait assimilé les Amesha Spentas dans ses enseignements en les considérant comme différents aspects d'Ahura Mazda, le seul et unique esprit, en perpétuelle opposition avec l'esprit du mal, Angra Mainyu
Egalement connus sous les noms d'Amecha Spena ou Amchaspends, les Amesha Spentas étaient au service d'Ahura Mazda, le « Dieu Suprême ». Chacun d'entre eux régnait sur un aspect de la réalité, par exemple une catégorie d'êtres vivants ou une période de l'année.
Par exemple Vohu Mano régnait sur les animaux utiles, notamment le bétail. Quant à Spenta Mainyu, qui régnait sur l'espèce humaine, il est tantôt considéré comme un des Amesha spentas, tantôt identifié à Ahura -Mazda lui-même.

http://mythologica.fr/perse/amesha.htm

Mais plus concrètement :

Citation

Amesha Spentas, du zende. Amshaspends. Les six anges, ou Forces divines personnifiées comme dieux, qui servent Ahura Mazda qui en est la synthèse et le septième. Ce groupe des Amshaspends est un des prototypes des "Sept Esprits" des Catholiques romains, ou Anges, avec Michel pour chef, ou l'Armée Céleste : les "Sept Anges de la Présence". Ce sont les Constructeurs, les Gouverneurs du Monde des Gnostiques (Cosmocratores) et ils sont identiques aux Sept Prajâpatis, aux Sephiroth, etc... etc... (V.).
(source : "Glossaire Théosophique" d'Héléna Blavatsky)
http://esopedia.urob.../Amesha_Spentas

Il nous faudra ensuite parler du Zoroastrisme, sujet difficile qui nous ramènera à Mithra.

A suivre.

Ce message a été modifié par atrahasis - 24 mai 2012 à 08:48.


#194 atrahasis

atrahasis

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Posté 25 mai 2012 à 16:50

Les sept planètes

Citation

• 1. "Il y a sept planètes principales, les sphères des sept Esprits qui les habitent. Ces sept Esprits sont :
• a. Les sept groupes principaux de Dhyan Chohan.
• b. Les sept Rayons Primordiaux."
• 2. "Il y a seulement sept planètes spécialement reliées à la Terre, et douze maisons, mais les combinaisons possibles de leurs aspects sont innombrables... Chaque planète peut être considérée par rapport aux autres planètes sous douze aspects différents."
• 3. "Les noms des planètes sont utilisés et appliqués dans le même ordre, toujours et partout."
• 4. "Les sept régents planétaires (Logoï planétaires) sont "les Sept Fils de Sophie (La Sagesse)."
• 5. "Pour Pythagore, les forces étaient des entités spirituelles, des Dieux, indépendants des planètes et de la matière, telles que nous les voyons et les connaissons sur Terre, et elles sont les régents du Ciel Sidéral."
• 6. "Les sept Fils de Lumière – appelés du nom de leurs planètes et souvent identifiés avec elles – à savoir Saturne, Jupiter, Mercure, Mars et Vénus, et à présumer, le Soleil et la Lune."
• 7. "Les planètes croissent, changent, se développent et évoluent graduellement."
• 8. "Platon représenta les planètes comme étant mues par un Recteur intrinsèque (...) identifié à sa demeure, tel un batelier à son bateau."
• a. "Les planètes n'étaient pas des masses inanimées, mais des corps agissants et vivants."
• b. "Les planètes étaient des intelligences rationnelles circulant autour du soleil."
• 9. Les sept planètes ont comme Esprit suprême la Fortune et la Destinée qui maintiennent l'éternelle stabilité des lois de la nature au sein de la transformation incessante et de l'agitation perpétuelle. L'éther est l'instrument ou l'intermédiaire au moyen duquel tout est agencé."
• 10. "Les sept Dieux sont divisés en deux triades et le soleil.
• a. Triade inférieure – Mars, Mercure et Vénus.
• b. Triade supérieure – la Lune, Jupiter et Saturne (la Lune représentant une planète cachée).
• 11. "Saturne, Jupiter, Mercure et Vénus sont les quatre planètes exotériques ; les trois autres qui doivent rester sans nom (Pluton et deux autres planètes cachées A.A.B.) étaient les corps célestes en communication astrale et psychique directe, moralement et physiquement, avec la Terre ; elles étaient ses Guides et ses Gardiens.
Les orbes visibles fournissent à notre humanité ses caractéristiques extérieures et intérieures, et leurs régents ou Recteurs lui donnent ses Monades et ses facultés spirituelles.
• 12. "La Trinité était représentée par le Soleil (le Père), Mercure (le Fils) et Vénus (le Saint Esprit)."
• 13. "Il y avait sept tabernacles prêts à être habités par les Monades sous sept conditions karmiques différentes."
• 14. "On dit que chaque race, dans son évolution, est née sous l'influence de l'une des planètes."
• 15. "La tradition des 70 planètes qui président à la destinée des nations est fondée sur l'enseignement cosmogonique occulte suivant lequel en dehors de notre propre chaîne systémique de planètes mondiales, il y en a de nombreuses autres dans le système solaire."
• 16. "L'esprit de la planète est tout autant un créateur dans son propre royaume que l'Esprit qui est aux cieux (il s'agit ici de la vie de la forme et de la vie de l'âme de la planète A.A.B.)."
• 17. "Les sept planètes sont les frères du Soleil et non pas ses fils."
• 18. "Les Esprits planétaires sont les esprits auteurs de la forme des étoiles en général et de la planète en particulier. Ils gouvernent les destinées des hommes qui sont nés sous l'une ou l'autre de leurs constellations."
• 19. "Chacune des planètes (dont sept d'entre elles seulement sont appelées sacrées parce qu'elles sont régies par les régents ou Dieux supérieurs) (...) est un septénaire (...)"
• 20. "Le tableau suivant est suggestif :
• a. Dieu le Père – 1er Logos – Feu électrique – La Grande Ourse – Le Soleil.
• b. Dieu le Fils – 2ème Logos – Feu solaire – Sirius – Vénus et Mercure.
• c. Dieu le Saint Esprit – 3ème Logos – Feu par friction - Les Pléiades - Saturne.
• 21. "L'Esprit planétaire est un autre terme pour le Logos d'une planète, qui est l'un des "sept Esprits devant le Trône de Dieu" et par conséquent l'un des sept Hommes célestes. Il est sur l'arc évolutif de l'univers, et il a franchi de nombreuses étapes au-delà de l'étape humaine. L'Entité planétaire est sur l'arc involutif et elle est une entité de degré très inférieur. Elle constitue la somme de toutes les vies élémentales de la planète."
(…)

(source : "Traité sur les Sept Rayons - Astrologie Esotérique" d'Alice Bailey, pp.642-648)
http://esopedia.urob...e.net/Planètes

Dans la Grêce antique, nous avions vu grâce à Robert Graves que les Titans étaient une réplique des divinités des sphères planétaires (rappel) :

3. Les Titans («seigneurs») et les Titanides avaient leurs répliques dans l'astrologie babylonienne et palestinienne où ils étaient les divinités gouvernant les sept jours de la semaine sacrée régie par les planètes ; ils ont peut-être été introduits par la colonie canaanite ou hittite qui s'établit dans l'isthme de Corinthe au début du second millénaire avant J.-C. (voir 67.2) ou même par les premiers Héllènes. Mais lorsque le culte du Titan fut aboli en Grêce et que la semaine de sept jours cessa de figurer dans le calendrier officiel, certains auteurs augmentèrent leur nombre : ils devinrent douze, afin probablement qu'ils correspondissent aux douzes signes du Zodiaque. Hésiode, Apollodore, Stéphanos de Byzance, Pausanias et les autres ne sont guère d'accord sur leurs noms. Dans la mythologie babylonienne les maîtres des planètes de la semaine, c'est-à-dire Samas, Sin, Nergal, Bel, Beltis et Ninibe étaient tous mâles à l'exception de Beltis, la déesse de l'Amour : mais dans la semaine germanique, que les Celtes empruntèrent à la Méditerranée orientale, Dimanche, Mardi et Vendredi étaient gouvernés par des Titanides par opposition aux Titans qui gouvernaient les autres jours; lorsque ce système arriva en Grêce pour la première fois, venant de Palestine, on décida d'adjoindre une Titanide à chaque Titan et d'en faire des couples comme on l'avait fait pour les fils et les filles d'Éole (voir 43.1) ainsi que dans le mythe de Niobé (77.I) afin de sauvegarder les intérêts de la déesse. Mais les quatorzes ne tardèrent pas à devenir un groupe hétéroclite de sept. Les puissances planétaires étaient les suivantes ; le Soleil, pour l'inspiration ; la Lune, pour la magie ; Mars, pour la croissance ; Mercure, pour la sagesse ; Jupiter, pour la loi ; Vénus, pour l'amour ; Saturne, pour la paix. Les astrologues de la Grêce classique adoptèrent le principe des Babyloniens et attribuèrent les planètes à Hélios, Sémélé, Arès, Hermès (ou Apollon), Zeus, Aphrodite, Cronos - dont les équivalents latins mentionnés ci-dessous sont encore utilisés pour désigner les jours de la semaine en français, en italien et en espagnol.

Les mythes grecs – T1

Les Titans sont les fils/filles d’un couple primordial : Ouranos et Gaïa.

#195 atrahasis

atrahasis

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Posté 25 mai 2012 à 17:04

Faisons une légère synthèse avant de continuer.

Dans le large éventail des conceptions religieuses et mythologiques que nous avons vu, nous retrouvons  systématiquement cette représentation archétypale du Dieu principal et des sept planètes, généralement : le Soleil, la Lune et les astres ou les étoiles.

Des peuplades primitives aux civilisations avancées, des croyances de l’inde au moyen et proche-orient, des amériques, de l’Afrique, du zoroastrisme au judaïsme jusqu’au New Age… disons-le : s’étendant  à toutes les religions et courants philosophiques - nous auront encore l’occasion de le vérifier ailleurs-,   nous retrouvons le même motif central, une uniformisation d’une même structure archétypale, une même représentation intemporelle d’un dieu central et d’une armée céleste, qui est sa cohorte d’anges. A la base, si nous avons une forme d’astrolâtrie, le culte est capable d’évoluer, de s’adapter et de changer de forme. Si les objets du culte sont parfois repris à l’identique, je pense au sceau de Salomon qui est plutôt universel, leur symbolisme en tout cas reste le même, exprime la même idée sacrée d’élévation vers les cieux. Le chiffre sept est redondant, mais peut connaître des variantes. Derrière ce chiffre se cache le nombre de cieux/enfers mais aussi des entités « vivantes » comme on peut le voir : Éons, Archanges, Amesha Spentas, rayons de l’arc-en-ciel, esprits du Logos, Planètes… Ils correspondent aussi aux sept Séphiroths de l’Arbre de Vie. Rappelons que la Cabbale enseigne que l’Arbre de Vie est le chemin par lequel la divinité est descendue sur terre et en prenant le même chemin il est possible de remonter jusqu’à la Source, et de devenir en quelques sortes, « à l’égal de Dieu ».

Ainsi nous pourrions dire vu sous un certain angle que nous retrouvons systématiquement les mêmes dieux et qui se font adorer partout sur la terre depuis une très lointaine époque.

Le zoroastrisme est conforme à ce schéma mais il enseigne une chose sensiblement différente : les sept esprits planétaires n’y sont pas les fils/filles de la divinité suprême mais ils sont en quelques sortes une émanation de la divinité suprême Ahura Mazda. Le zoroastrisme ne se voulant pas une religion polythéiste, ces esprits deviennent sept aspects différents de la divinité principale. Ce dieu finalement, on le verra, c’est toujours le même…

Imaginez dans tout ce fatras religieux uniformisé si le véritable Créateur venait à s’exprimer, serait-il écouté ou bien se pourrait-il que son message soit assimilé au reste des croyances, noyé dans l’amas abyssal de philosophies religieuses prônant l’expérience extatique et l’élévation de l’homme au-dessus de la qualité humaine - jusqu’à  toucher le Ciel ? C’est le point de vue que j’ai adopté pour expliquer les trois religions monothéistes, en tout cas en ce qui concerne les textes. Une autre religion souvent méconnue pourrait avoir subi le même destin c’est peut-être le cas pour le zoroastrisme. Mais, comme vous le verrez, il est délicat de trouver l’explication la plus raisonnable.

Avant d’exposer la signification du chiffre sept sous d’autres faces, arrêtons-nous un instant sur ce curieux monothéisme qui a grandement influencé les trois autres.

Image IPB
Une représentation de Zoroastre. On remarque les rayons autour du prophète qui traduisent une certaine uniformisation au culte solaire.

Citation

Le Zoroastrisme
La Bonne Pensée, la Bonne Parole et la Bonne Action

Mazdéisme, zoroastrisme et manichéisme
Fondé par Zoroastre (appelé aussi Zarathoustra), un prophète iranien du VIe siècle avant J.-C., le zoroastrisme apparaît comme une tentative d'organiser le domaine divin en deux camps: d'un côté se trouve le Bien, le Seigneur Sage, Ahura Mazda, qui incarne la lumière, la vérité, et de l'autre, le Mal, qui représente l'aspect destructif des choses. Le zoroastrisme devint la religion officielle de la Perse et subit des transformations au cours des siècles, Ahura Mazda donnant naissance à des frères jumeaux Ormazd (le Bien) et Ahriman (le Mal) qui devaient régner alternativement sur le monde jusqu'à la victoire finale du Bien. Le zoroastrisme a profondément influencé les religions révélées du Proche-Orient : judaïsme, christianisme et islam.
Même si le zoroastrisme a pratiquement disparu en tant que religion, il reste un élément important de la civilisation iranienne, et qui a joué un rôle important dans l'histoire politique et religieuse du Proche-Orient pendant plus d'un millénaire et fait partie intégrante du patrimoine culturel et historique de l'humanité. Il reste aujourd'hui environ 300.000 zoroastriens dans le monde (200.000 en Inde - Bombay -, et 90.000 en Iran essentiellement dans la ville de Yazd).
Il existe une diaspora également en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. (Citons à titre anecdotique quelques zoroastriens contemporains célèbres comme le chef d'orchestre Zubin Mehta et le chanteur de rock Freddie Mercury par exemple).

Le mazdéisme
Fondé par Mazdak au Ve siècle, le mazdéisme est une tentative de rendre le manichéisme plus souriant. On retrouve le Bien et le Mal en conflit, mais avec quelques accommodements. La rigueur à l'égard du sexe et des biens notamment est assouplie, Mazdak militant pour une forme de communisme des biens et de partage des femmes. Cette doctrine ne plut que très modérément au clergé et à l'élite zoroastriennes orthodoxes, mais la conversion du roi sassanide Kavadh à la fin du Ve siècle lui donna une grande impulsion. Toutes les religions qui la supplantèrent par la suite, du christianisme à l'islam, s'employèrent à effacer jusqu'à la dernière trace du mazdéisme et des mazdéens.
Son origine remonte aux tribus indo-européennes des 2ème et 1er millénaires avant JC. Le mazdéisme possède une étroite parenté avec l'ancienne religion indienne décrite dans les Veda. Le dieu suprême, Ahura Mazda ou Ormazd (Varuna, en Inde), est entouré de divinités, les Amesa Spenta. Cette religion est donc polythéiste. La société des hommes, quant à elle, est tripartite : prêtres, guerriers et agriculteurs-éleveurs. Le feu et le "haoma" - boisson enivrante - sont les deux éléments principaux de culte. Le sang d'un animal, souvent un boeuf, sert aux sacrifices.

Le zoroastrisme à son origine
Cette religion est issue des anciennes croyances mazdéistes réformées par Zarathoustra (Zoroastre, en grec). Originaire de l' "Iran" oriental, elle naît entre 1000 et 600 avant JC, donc avant les grands rois achéménides. La vie de Zarathoustra est relatée dans des chants (les "gâthâ") qui font partie du livre saint "l'Avesta". De la vie du prophète Zoroastre, ou Zarathoustra, on ne sait pas grand-chose. Si ce n'est qu'il transforma le mazdéisme (du dieu Ahura Mazda) polythéiste en religion monothéiste.
Contrairement au mazdéisme, le zoroastrisme est une religion monothéiste : Ahura Mazda est un dieu bon, à l'origine de toutes choses. Sous lui, règnent deux "Esprits" jumeaux :
- Spenta Mainyu, le Saint Esprit et
- Ahra Mainyu, plus connu sous le nom de Ahriman, le Mauvais Esprit.

Ces jumeaux symbolisent la lutte entre le Bien et le Mal, entre la Lumière et les Ténèbres. Ils se livrent à un combat cosmique et, finalement, le Bien l'emportera. Ce dualisme est fondamental : l'homme choisit librement la voie qu'il va suivre. Si ses pensées, ses actes et ses paroles sont exemplaires, il sera récompensé après sa mort par une place dans le royaume d'Ahura Mazda. En effet, au moment du Jugement dernier, une grande ordalie ("jugement de Dieu") par le feu et le métal fondu, présidée par Ahura Mazda, châtiera les méchants et les bons accèderont à la résurrection spirituelle.

Zarathoustra est un adversaire farouche des anciennes pratiques mazdéistes :
o    la mort d'un animal dans la souffrance, car totalement incompatible avec la bonté de Dieu auquel il est sacrifié,
o    le choix du bœuf pour ce sacrifice, car totalement incompatible avec la sagesse de Dieu : le bœuf est en effet l'auxiliaire indispensable aux travaux agricoles et c'est le symbole du monde animal,
o    le "haoma", car il égare les hommes quand ils sont ivres.

Evolution du zoroastrisme sous l'empire perse achéménide (550-331 av. JC)
Rappelons, par ordre chronologique, quelques grandes étapes et grands noms de cette période :
- Cyrus II le Grand
- Darius 1er
- 509 av. JC : proclamation de la république romaine
- 500 av. JC : construction de Persépolis
- 490 av. JC : défaite des perses contre les grecs à Marathon
- Xerxès Ier
- Invasions d'Alexandre le Grand
- 331 av. JC : mort de Darius III
- 330 av. JC : incendie de Persepolis

Les pratiques des mages vont influencer le zoroastrisme
En effet, en Médie (partie de l'Iran actuel au sud-ouest de la mer Caspienne), ils forment une caste aux fonctions politiques et religieuses héréditaires depuis des siècles. Comme les achéménides ont conquis la Médie, ces mages vont constituer naturellement le clergé de la nouvelle dynastie.
Très conservateurs, ils refusent la réforme prônée par Zarathoustra. Le sacrifice des animaux est maintenu et l'on boit à nouveau en quantité non raisonnable le "haoma" ...
Et plusieurs anciens dieux font leur réapparition :
Anâhita, à l'origine de l'eau et des fleuves,
Mithra, à l'origine du soleil et dieu de la guerre. Il préside les sacrifices de taureaux et les rites liés au "haoma" ...

Le manichéisme
Fondé par Manès (215-275 ap. J.-C.), un citoyen de Ctésiphon tout juste devenue la capitale de l'empire sassanide (226-651), le manichéisme est une forme hérétique du zoroastrisme. I1 repose sur un dualisme radical de type gnostique: la Lumière cherche désespérément à se dégager des Ténèbres et de la matière qui l'oppriment. Pour sauver les âmes des Ténèbres, Dieu envoie des prophètes - Bouddha, Zoroastre, Jésus, puis Mani - pour leur montrer le chemin à suivre, chemin austère fait de jeûne, de continence et de repas végétariens. Croyant à la prédestination, le manichéisme influença également le christianisme, avec lequel il se trouvait en concurrence. Mani fut persécuté par les Sassanides.
Au 3ème siècle après JC, donc sous l'empire sassanide (224-642 ap. JC), le prophète Mani enseigne en "Iran" une nouvelle doctrine associant le zoroastrisme, le christianisme et le boudhisme.Né en 216 ap. JC, Mani est élevé en Babylonie (l'Iraq actuel). A 24 ans, après une première révélation de Dieu, il part pour un voyage apostolique qui le conduit à travers toute la Perse jusqu'à la vallée de l'Indus. A son retour, Shâpur Ier l'autorise à prêcher dans tout l'empire. Cependant, le grand prêtre Kartir organise des persécutions générales contre les manichéens et Mani meurt en prison en 277 ap. JC, à l'âge de 61 ans. Contraints à l'exode aux confins de l'empire sassanide, les manichéens émigrent vers l'Egypte et l'Asie centrale.

Evolution du zoroastrisme sous l'empire perse sassanide (224-642 ap. JC)
Le zoroastrisme devient une véritable religion d'Etat. Une théocratie s'organise autour des mages. Le plus actif est le prêtre Kartir que l'on retrouve sous les règnes de Shâpur Ier (241-272 ap. JC), Bahram Ier (273-276 ap. JC) et Barham II (276-293 ap. JC), donc contemporain du prophète Mani. Il s'attaque aux doctrines "hérétiques", donc, entre autres, aux manichéens. Le zoroastrisme jusqu'à nos joursAprès la conquête arabe et l'arrivée de l'islam, les zoroastres (ainsi que les juifs et les chrétiens d'ailleurs) sont reconnus comme "Gens du Livre". Cependant, au 8ème siècle ap. JC, le durcissement de l'islam entraîne des conversions massives. Les zoroastres qui ne veulent pas renier leur religion sont obligés d'émigrer vers l'Inde : ce sont les parsis. Aujourd'hui, il ne reste que quelques dizaines de milliers de zoroastres en Iran, principalement à Ispahan, Yazd et Kerman. L'article 13 de la constitution iranienne leur garantit la liberté de culte.
.
Source : "Iran, de la Perse ancienne à l'Etat moderne" de Helen Loveday, éd. Olizanes, Guides Olizane, Découverte, 2001, 288 p.
http://oloumi.jurisp...ran/zoroast.htm

Les Sassanides règnent sur l'Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que politique et religieux.
La dynastie sassanide marque la période de gloire du zoroastrisme, qui est alors élevé au rang de religion d'État. Sassan lui-même était préposé au temple de la déesse Anāhitā à Istakhr.
(wikipédia)

Citation

L'enseignement
Le trait le plus marquant de l'enseignement de Zarathushtra est sans doute son insistance sur la religion personnelle. A tout être humain appartient le choix du bien et du mal. L'homme sera jugé en fonction du choix qu'il aura fait, quel que soit son statut social. Ce nouveau principe lui valut à l'époque de nombreux ennuis avec le clergé et les princes en place qui s'octroyaient à eux seuls le paradis. Les humains ayant choisi le bien iront au ciel et ceux ayant choisi le mal iront en enfer.
Dieu, aussi appelé le Seigneur Sage (Ahura Mazda) est le créateur de toutes choses. Il est l'ami des hommes et est d'une débordante générosité. Le mal lui est étranger. Ce mal est le fait de l'Esprit Destructeur, (Angra Mainyu), violent et destructeur. Il règne sur les enfers et est l'ennemi de Dieu. Il n'est nullement un ange déchu, ce qui aurait pour conséquence, en dernier ressort, la responsabilité de Dieu sur le mal. Dieu a créé le monde et les hommes pour l'aider à lutter dans son combat permanent contre le mal.

Image IPB
Représentation de Fravahar, symbole de la religion zoroastrienne. Souvent identifié à Ahura Mazda, ce symbole pourrait en fait représenter la gloire du roi des Perses. Ahura Mazda étant un pur esprit, il n'existe pas de représentation. Sculpture en relief à Persépolis.

Dieu a également créé de nombreux êtres célestes les Amesha Spentas où Généreux Immortels qui représentent des entités abstraites: Bonne pensée (Vohu Manah), Dévotion (Armaiti), Ordre universel (Asha Vahishta), Pouvoir (Kshathra), Santé (Haurvatat) et Immortalité (Amererat). Ce sont en fait des idéaux auxquels le juste doit aspirer. En participant à la puissance de Dieu, l'homme, en menant une vie dévote et ordonnée, accède à l'immortalité. Chacun de ces Généreux Immortels doit protéger l'une des six créations constituant la Bonne Création de Dieu (le bétail, le feu, la terre, le ciel, l'eau et les plantes). De la même façon, chacune de ces créations doit représenter un Généreux Immortel lors des cérémonies importantes. Chaque représentant céleste a donc un représentant terrestre et inversement. De la même façon, l'Esprit saint (Spenta Mainyu) est représenté dans les cérémonies par le prêtre.

http://maratray.chez...ions/zoroas.htm

Zoroastre se soulève contre le mithraïsme, à une époque où plus au sud le peuple hébreu rejetait les sacrifices sanglants du culte idolâtre de Baal et d’Astarté. Or Mithra est aussi Baal.

Citation

Quels ont été les raisons de la révolte de Zoroastre contre les croyances et les rites religieuses de son époque, c’est-à-dire contre le mithraïsme ?
A travers les tablettes datant de l’époque de Cyrus le Grand, imprégnée de la pensée de Zoroastre, on peut apercevoir qu’il considérait Ahuramazda comme créateur de la terre et du ciel et l’adorait. De même, selon le témoignage de Hérodote, historien grecque, les Iraniens de l’époque étaient monothéistes et critiquaient le polythéisme. Ceci constitue la raison du soulèvement de Zoroastre contre le mithraïsme, religion des Iraniens avant lui et qui n’était pas monothéiste. De même il haïssait la tradition de sacrifice des animaux, très courant dans le mithraïsme. Il condamnait également la consommation de boissons enivrantes “ Haoma ” qui empêche l’homme de réfléchir avec clarté et qui avait cours dans le mithraïsme. Pour ces raisons, muni de sa philosophie et de sa doctrine, Zoroastre  se souleva contre le mithraïsme.

Les fondements de la doctrine de Zoroastre
Zoroastre a fondé sa doctrine sur la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action. Il s’était rendu compte que  toute l’évolution du monde était basée sur l’action et la réaction. Car la réponse à toute attitude charitable était la bonne action. Par conséquent dans la société si les gens s’adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s’ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal. Par conséquent un voleur ne doit pas s’étonner à devenir lui-même victime de vol et subir la rancune. Zoroastre n’a jamais adoré un Dieu qui aurait instauré sur terre son appareil de commerce, échangeant des parcelles du paradis avec ses créatures. Son créateur n’est pas un marchand et n’a nul besoin de l’adoration de ses créatures. Le Créateur de Zoroastre est le guide de ses créatures pour qu’ils connaissent une existence agréable, remplie de bonté. C’est pourquoi la doctrine de Zoroastre est fondée sur la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action. Et parce que dans cette doctrine toute personne munie de la bonne pensée doit choisir librement la juste voie, et que la culture et l’intelligence de l’homme constitue la partie la plus importante de la bonne pensée, par conséquent, les adeptes de cette doctrine doivent se forcer à acquérir les sciences et la culture de leur époque. Ainsi, la philosophie et la doctrine de Zoroastre resteront à jamais dynamiques et à l’abri de toute tendance rétrograde.

Fravahr
Fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre. Très succinctement, on peut indiquer que Fravahr est l’esprit de l’homme pré-existant à sa naissance et qui perdurera après sa mort. Il ne peut se substituer au Dieu ou à Ahouramazda. Certains auteurs ne veulent pas admettre que, contrairement à la plupart des religions, Zoroastre n’a pas conçu une figure ou une statue pour le Créateur. Aucune partie des Gathas ne fait allusion au visage de Ahuramazda.
Dans Yasna 31, 8, il affirme :
“ Ô Mazda, lorsque je t’ai cherché avec mon intelligence et je t’ai regardé avec mon cœur, j’ai compris que tu es le début et la fin de toute chose, tu es la source de l’intelligence, tu es le créateur de la vérité et de la pureté et tu es le juge des actes de tous. ”

http://zoroaster.net/france.htm


Mais le zoroastrisme est une réaction au mithraïsme et lui emprunte de nombreux éléments. Nous pouvons déduire que les Amesha Spentas sont la récupération des sphères planétaires du culte de Mithra.
Enfin l’article de wikipédia présente une bonne synthèse :

Citation

Histoire du Zoroastrisme
Le zoroastrisme est une des premières religions monothéistes, instituée par les livres qui enseigne donc comme origine de l'univers Dieu, créateur de l'ordre survenant du rien initial, créateur des mondes.[réf. nécessaire] Il est envisagé par les historiens que le zoroastrisme ait pu avoir une influence notable sur le judaïsme lorsque les Perses prirent Babylone au VIe siècle, là où avait été déportés de nombreux Hébreux. Les Perses, qui leur rendirent la liberté, bénéficient d'ailleurs d'une image positive dans les textes bibliques.
Zoroastre prêchait parmi l'Humanité la morale, c'est-à-dire l'ensemble des jugements et des règles légitimes reposant sur le dualisme primordial opposant le Bien et le Mal, transcendance immatérielle provenant de Dieu créateur.
Le principe zoroastrien est qu'il y a depuis les genèses un esprit saint (Spenta Mainyu) ou esprit de Dieu ainsi qu'un esprit mauvais (Angra Mainyu) incréé au fondement de toute volonté. Ces deux esprits inspirent chaque être doué d'une âme. Il est conseillé de se soumettre devant le feu comme symbole divin et de respecter la Nature. Selon Zoroastre, le pire péché de l'Homme est le mensonge.
Pour certains, la nommation "Zoroastre" est un grade symbolisant la plus haute distinction en tant que religieux. Pour d'autres encore, Zoroastre est connu au travers de la littérature de la Grèce antique comme étant un mythe.
Dans l'Histoire, la religion zoroastriste s'inscrit comme une réforme de la religion pratiquée par des tribus de langue perse qui se sont installées dans l'Iran occidental entre le IIe et le Ier millénaire av. J.-C.. Compte tenu des considérations géographiques, la comparaison du zoroastrisme avec la religion indienne et la religion sémitique est utile pour comprendre sa genèse.


La religion pré-zoroastrienne
La religion de la période pré-zoroastrienne d'Iran et la religion indienne avaient une divinité appelé Mitra par les Indiens et Mithra par les Iraniens (où th est prononcé comme en anglais), qui est, entre autres, une divinité solaire. Cette idole a évolué de manière très divergente chez ces deux peuples. Dans la réforme zoroastriste, Mithra a annexé une partie des fonctions exercées auparavant par des divinités éliminées du panthéon, comme Varuna, voire transformées en "archidémons", comme Indra. En revanche, pour certains dont François Cornillot, le Mitra "originel" se serait scindé en trois divinités, Mitra, Aryaman et Varuna chez les Indiens, tandis qu'il aurait gardé son unité chez les Iraniens. La plupart des spécialistes rejettent cette théorie. Ex-divinité souveraine, il était devenu le "fils" et le premier des "archanges" d'Ahura Mazdā, qui semble avoir été dérivé de Varuna. Éliminé dans la première religion zoroastrienne, le culte de Mithra a été réintroduit par les réformes ultérieures.[réf. nécessaire]
La Perse antique, sous la dynastie des Achéménides, n'était plus purement mazdéenne : elle vénérait autant Mithra qu'Ahura Mazdā. Les Grecs considéraient ce dernier comme équivalent à Zeus, leur dieu céleste. Selon Hérodote (I, 131), la coutume des Perses « est de monter sur les plus hautes montagnes pour offrir des sacrifices à Zeus, dont ils donnent le nom à toute l'étendue du ciel ». Quant à Mithra, il était étroitement apparenté au Soleil.
Il faut remarquer que le terme ahura est étroitement apparenté à l'indien asura. Dans le Rig-Veda, le mot asura représente une catégorie d'êtres, dieux ou démons, dont le premier est Varuna.
Le culte du *sauma était commun aux Indiens et aux Iraniens. Ce terme est devenu soma chez les premiers et haoma chez les seconds. Au sens propre, ce mot désignait une plante, l'éphédra[réf. nécessaire], que l'on utilisait pour préparer une boisson hallucinogène.Pensant qu'elle permettait aux dieux de conserver leur immortalité, on la leur offrait lors de sacrifices. Les participants en buvaient eux-mêmes et accédaient au monde divin, à une « immortalité provisoire ». Dans une langue iranienne parlée à l'est de l'Afghanistan, le wakhī, l'éphédra est appelé yimïk, terme provenant de *haumaka-. Selon le Rig-Veda, l'élément de base du soma est un champignon[réf. nécessaire], substitution qui s'explique par le fait qu'en Inde, il n'y a pas d'éphédra[réf. nécessaire].
Dans l'actuel Turkménistan méridional (ancienne Margiane), l'archéologue russe Viktor Sarianidi a fouillé les ruines d'un bâtiment dit de «Togolok-21». Il s'agissait d'un temple où l'on pratiquait le culte du feu et où l'on préparait le haoma. Ce bâtiment faisait partie d'une culture, dite bactro-margienne, datée de -2200 à -1700, qui s'étendait à l'est jusqu'à la Bactriane, le long du cours de l'Amou-Daria. Sur tout le territoire de cette culture, on a trouvé des amulettes avec des représentations de lutte entre des serpents et des dragons ayant une attitude nettement agressive, avec des yeux énormes et une gueule grande ouverte. C'était une représentation primitive[réf. nécessaire] de la lutte entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort, qui caractérisait la religion indo-iranienne et que le zoroastrisme conserverait. Il semble que la culture bactro-margienne ait plutôt été indo-aryenne. Elle contenait également un « substrat » culturel non indo-européen difficile à cerner, comme le prouve le fait même de construire des temples : les vrais Indo-Iraniens[réf. nécessaire] ont longtemps préféré les sanctuaires en plein air.


Le zervanisme
Les fondements de cette école sont contenus dans l'enseignement de Zarathushtra lui-même, puisqu'il affirme que le Bon et le Mauvais Esprits étaient jumeaux. Les Achéménides se sont posé la question[réf. nécessaire] de savoir qui était leur père. Certains pensaient que c'était l'Espace (Thwasha en avestique), d'autres que c'était le Temps (Zrvan). La seconde opinion s'est imposée et les Sassanides l'ont adoptée dès le début de leur dynastie.
Le zervanisme est une doctrine philosophique[réf. nécessaire], mais elle s'est teintée de mythes. On raconte que Zurvān, le dieu primitif, faisait des sacrifices dans l'espoir d'obtenir un fils. Puisqu'il n'obtint rien durant un millier d'années, il eut des doutes sur l'utilité de ses sacrifices. Le fils tant espéré arriva enfin. Ce fut Ahura Mazdā, dont le nom était prononcé Ohrmazd à l'époque sassanide[réf. nécessaire]. Mais les doutes de Zurvān dotèrent Ohrmazd d'un jumeau qui était Ahriman (Angra Mainyu). Les Iraniens considèrent soit que Zurvān a tout seul donné naissance aux jumeaux, soit que c'est sa femme Khvashīzagh qui les a mis au monde. Ahriman sortit le premier. Son père lui demanda : « Qui es-tu ? ». Ahriman lui répondit qu'il était son fils, mais Zurvān répliqua : « Mon fils est d'une odeur suave, et il est lumineux, et toi, tu es ténébreux et puant ». Ohrmazd s'étant présenté et ayant une odeur suave, Zurvān le reconnut pour fils. Mais puisqu'Ahriman était sorti le premier, il put dominer le monde et Ohrmazd fut obligé de lutter contre lui. On pensait que sa victoire aurait lieu 9 000 ans plus tard.
Les zervanistes ont de la sorte une conception pessimiste du monde[réf. nécessaire]. Contrairement à Zarathushtra, ils attribuent une mauvaise nature aux femmes. Dès leur création par Ohrmazd, elles se rendirent auprès d'Ahriman. Celui-ci leur ayant permis de demander ce qu'elles voudraient, Ohrmazd craignit qu'elle ne voulussent avoir des rapports avec les « justes » et qu'il n'en résultât du mal pour eux. Il eut alors l'idée de créer le dieu Narsāï et le mit tout nu derrière Ahriman afin d'orienter vers lui le désir des femmes. Ce fut effectivement ce qui se produisit.
La théologie zervaniste est connue par des textes comme le Bundahishn et par des témoignages d'Arabes. On sait ainsi que la Lumière a produit un certain nombre de personnes[réf. nécessaire] faites de lumière, d'une nature divine, et que Zurvān était la plus grande d'entre elles. Il fait également partie d'une tétrade : Ashōqār « celui qui rend viril », Frashōqār « celui qui rend éclatant », Zarōqār « celui qui rend vieux » et Zurvān, qui regroupe ces trois aspects puisqu'il comprend la puberté, la maturité et la vieillesse. Parfois aussi, on lui donne deux aspects, qui sont le Temps illimité (Zurvān akanāragh) et le Temps à la longue domination (Zurvān dērang-khvadhāy) correspondant à une période de 12 000 ans.


Le zoroastrisme à l'époque Achéménide
Article détaillé : Religion de la Perse achéménide.
Cyrus le Grand et la plupart des souverains de la Perse antique, ont voulu éviter d'imposer leur religion lors des conquêtes. Au contraire, ils ont laissé aux peuples le libre choix de leur foi et l'ont respecté. C'est sur la base de cette doctrine que lors de la conquête de Babylone la charte des droits des nouveaux sujets de Cyrus le Grand stipulait : « Je n'ai autorisé personne à malmener le peuple et détruire la ville. J'ai ordonné que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés. J'ai ordonné que quiconque reste libre dans l'adoration de ses dieux. J'ai ordonné que chacun soit libre dans sa pensée, son lieu de résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne doit persécuter autrui ».
Alexandre le Grand, après la défaite des Achéménides, ordonna d'incendier les bibliothèques de la Perse, pensant ainsi détruire la pensée zoroastrienne. Mais désirant, cependant, faire profiter les Grecs de la science et de la philosophie des Iraniens, il ordonna de traduire, avant de les faire détruire, un nombre important de traités se trouvant dans les bibliothèques. Ces traités ont constitué une partie des fondements de la science et de la philosophie occidentale. .


Le zoroastrisme sous les Sassanides
On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse, en 224, commence la période de gloire du zoroastrisme : il devient très officiellement religion d'État. Le grand-père d'Ardashēr I, le fondateur de cette dynastie, avait été préposé au temple de la grande déesse iranienne Anāhitā, dans la ville de Stakhr (non loin de Persépolis). À son fils Shapur I, Ardashēr déclare : « Ô mon fils, la religion et l'État sont sœurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'État et l'État est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu. »
Les prêtres de rang supérieur étaient alors appelés des mōbadh. La Perse était divisée en districts ecclésiastiques confiés à des mōbadh. Tous étaient placés sous l'autorité du mōbadhān mōbadh, qui était l'équivalent exact du shahanshah dans le domaine laïc, c'est-à-dire du « roi des rois », l'empereur des Perses. Cette unification fut surtout l'œuvre du mōbadh Kartir, dont la carrière commença sous le règne de Shapur I et qui devint mōbadhān mōbadh sous le règne de son successeur. À un rang inférieur, se trouvaient les mōgh, terme qui est devenu magus chez les auteurs gréco-latins, puis mage en français, et qui a servi à désigner tous les prêtres iraniens. Les mōghān mōgh étaient des préposés des grands temples.
Certains considèrent que le zoroastrisme joua en Perse un rôle encore plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge2, tant la religion imprégnait la vie des gens.


Le zoroastrisme et l'arrivée de l'islam
L'arrivée des conquérants arabes qui a eu lieu lors de l'expansion de l'islam, au milieu du VIIe siècle, a provoqué la défaite des sassanides. L'islam considère parfois les zoroastriens comme Gens du Livre, au même titre que les juifs et les chrétiens3,
La majorité des Perses se convertirent donc graduellement à l'islam, mais il subsiste encore aujourd'hui une communauté zoroastrienne en Iran (environ 40 000 fidèles) essentiellement dans la ville de Yazd. Cette œuvre d'oppression se poursuivit longtemps en Iran, jusqu'à l'époque du Chah Reza Pahlavi, qui mit officiellement fin à l'oppression contre les zoroastriens et les adeptes des minorités religieuses.
Aujourd'hui il n'y a plus, environ, que 250 000 zoroastriens dans le monde, essentiellement en Inde (les Pârsî), en Iran et dans les diasporas aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Le zoroastrisme reste, cependant, un élément important de la civilisation iranienne, et a joué un rôle important dans l'histoire politique et religieuse du Proche-Orient pendant plus d'un millénaire. Par ailleurs de nombreuses traditions iraniennes ainsi que le calendrier iranien ont des origines zoroastriennes. Des éléments de cette religion survivent dans le parsisme, un développement autonome du zoroastrisme dans le monde, qui se situe aujourd'hui en Inde. (…)

L'Avesta

Les Gāthās
La partie la plus ancienne de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, est constituée d'hymnes, les Gāthās, censés avoir été composés par Zoroastre lui-même. Il y apparaît nettement comme un prêtre. Ahura Mazdā lui aurait donné la mission de rénover l'ancienne religion, s'affirmant comme le seul dieu du Bien, incarnation de la lumière, de la vie et de la vérité. Zoroastre condamne le culte du haoma (étant entre autres, le culte de sacrifice du Taureau qui est l'animal le plus sacré reconnu par Zoroastre), ainsi que la pratique des sacrifices sanglants, Ahura Mazdā étant immortel par lui-même. Il enlève au Feu sa condition divine pour en faire un symbole concret de la Lumière. Ce n'est désormais plus en tant que dieu que le Feu est vénéré, mais en tant qu'aspect éminent d'Ahura Mazdā.
L'enseignement de Zoroastre se présente sous la forme de dix-sept hymnes.
Un combat cosmique entre Aša, la « Vérité » (pehlevi : Ahlāyīh) et Druj, le « Mensonge » (pehlevi : Druz) est présenté comme base de toute existence. C'est un paradigme comparable au combat entre le « bien » et le « mal », l'« ombre » et la « lumière ». Les deux forces en présence sont Ahura Mazdā (Ohrmazd), alias Dieu, et Ahriman : le Bien et le Mal incarnés.
Zoroastre décrit Ahura Mazdā en une série de questions rhétoriques : « Qui établit la course du Soleil et des étoiles ? », « Qui nourrit et abreuve les plantes ? », « Qui créa l'ombre et la lumière ? », « À travers qui existent l'aurore, le crépuscule et la nuit ? » (Yasna 44, 4-6).

D'autres immortels de premier plan sont Geush Urvan, défenseur des animaux et Sraōša (pehlevi : Srōš) « Obéissance ».
Les Gāthās parlent des relations entre Ahura Mazdā et six catégories divines appelées les Amesha Spenta, Immortels bénéfiques. Ce sont :
•    Vohu Manō : Bonne Pensée (Vohu Manu ; pehlevi : Wahman), « bonne âme » : le principe du « bon » ;
•    Asha Vahishta : Meilleure Rectitude (Ašəm, après Ašəm Vahištəm ; pehlevi : Ardwahišt) : « droit », vérité et incarnation de ce qui est « vrai », « bon » et « juste », la loi et les règles) ;
•    Xshathra Varya : Empire désirable (Xšaθra- Vairya- ; pehlevi : Šahrewar) : « meilleure règle », le pouvoir et le royaume d'Ahura Mazdā, gardien des métaux) ;
•    Spenta Armaiti : Bénéfique Pensée parfaite (Spɚnta- Ārmatay- ; pehlevi : Spandarmad) : « pensée sacrée » : l'immortelle incarnation de la Terre) ;
•    Haurvatāt : Intégrité (Haurvatat : « perfection ») ;
•    Ameretāt : Non-Mort (Amərətatāt (; pehlevi : Amurdād) : « immortalité », le gardien de la nourriture et des plantes.

Ces Immortels ne sont pas dissociables les uns des autres dans les Gāthās et ne sont pas personnifiés ; on peut les considérer presque comme des concepts philosophiques. Il ne s'agit pas de polythéisme.
Très proche de Vohu Manō, se trouve Spenta Mainyu, l'Esprit bénéfique, lequel est opposé à Angra Mainyu, l'Esprit mauvais, incarnation des ténèbres et de la mort. Bien qu'ennemis, ces deux Esprits sont jumeaux. À l'époque des Sassanides, Spenta Mainyu sera identifié à Ahura Mazdā. Angra Mainyu est aidé par des démons, les daēva. Leur nom provient de l'ancienne dénomination indo-européenne des dieux, prononcée deva en sanskrit et avestique, qui a acquis un sens négatif dans la totalité du monde iranien (en faisant référence à la force du mal gouvernée par Angra Mainyu, avec une double face qui est le symbole du mensonge, contrairement au monde indien qui a gardé son sens positif), donc à une époque assez reculée. N'ayant plus de mots pour désigner les (bons) dieux, les Iraniens ont dû en inventer un autre, qui a été yazata (« digne d'être adoré »). Les six Amesha Spenta sont qualifiés de yazata.

http://fr.wikipedia....ki/Zoroastrisme

Le Zoroastrisme a été déclaré religion d’Empire chez les Perses au VIè siècle av jc, probablement sous le règne de Cyrus le Grand pour l’avoir pratiqué, sinon de ses successeurs directs de source certaine. En -539 c’est ce même Cyrus II qui capture Babylone. Par cette conquête c’est le peuple hébreu qui est libéré de son exil. Le grand roi leur permet de regagner la terre palestinienne. Ceux-ci le remercieront en le considérant comme un Messie,
Esaïe 45 :
1 Ainsi parle l'Éternel à son oint, à Cyrus,
2 Qu'il tient par la main, Pour terrasser les nations devant lui, Et pour relâcher la ceinture des rois, Pour lui ouvrir les portes, Afin qu'elles ne soient plus fermées; Je marcherai devant toi, J'aplanirai les chemins montueux, Je romprai les portes d'airain, Et je briserai les verrous de fer.


Il semble certain qu’il y ait eu échange de culture lors de cet épisode, pour les sept Archanges notamment, mais cela va bien plus loin, sans toutefois être en mesure de fixer des limites fiables. L’enseignement du zoroastrisme est curieusement proche de celui des religions du Livre, la doctrine est plus personnelle, l’individu est responsabilisé et la morale y est très élevée. Il n’est alors pas étonnant que les musulmans y reconnaissent la même racine que partage leur religion, comme pour les chrétiens et les juifs. C’est à partir de là que sans détour d’autres y voient carrément le prototype complet des religions monothéistes, ce à quoi il ne faudrait pas aller trop vite en conclusion du fait des incertitudes qui pèsent sur ce courant religieux qui a été pratiquement éteint et a dû subir des influences.

Les zoroastriens sont en effet parfois reconnus comme faisant partie des « gens du Livre » :

Les gens du Livre ou ahl al-kitâb (arabe : اهل الكتاب) sont ceux à qui, selon le Coran, les messages divins ont été révélés à travers un livre révélé à un prophète1. Le terme "gens du Livre" (Am HaSefer) est également employé dans le judaïsme, où il se rapporte aux juifs.[réf. nécessaire]
En islam, le concept s'applique aux peuples monothéistes dont la religion est fondée sur des enseignements divins à travers un livre révélé à un prophète et enseigné par ce dernier1. Pour les musulmans orthodoxes ceci inclut au moins tous les chrétiens, juifs (karaïtes et samaritains inclus), et les sabéens (généralement identifiés aux mandéens). Le concept s'étend parfois aux Zoroastriens qui bénéficient de ce statut de par leur livre saint, l'Avesta1. (wikipédia)
Mais il subsiste aussi de nombreuses différences. Il manifeste un dualisme très dur, exagéré, et a toujours conservé la pratique du culte du feu, étrangère aux autres monothéismes. D’autres différences encore :

Similitudes dans la croyance
Les diverses religions (sauf le zoroastrisme) des gens du Livre ont beaucoup en commun:
•    Elles reconnaissent un dieu unique.
•    Elles ont en commun certains textes religieux.
•    Elles ont en commun de nombreux prophètes, comme Abraham.
•    Elles croient en la vie après la mort, au jugement dernier, au paradis, à l'enfer (sauf le judaïsme, voir Sheol), aux anges.
•    Elles partagent des croyances semblables concernant la Genèse, en particulier la vie d'Adam et Ève et le jardin d'Eden.

http://fr.wikipedia....i/Gens_du_Livre

Nous ne sommes hélas pas en mesure d’apporter une explication satisfaisante concernant cette filiation et de toute manière cela appartient aux scientifiques.

D’un autre côté une autre filiation, tout aussi directe, relie le zoroastrisme à Mithra.

Ce message a été modifié par atrahasis - 25 mai 2012 à 17:09.


#196 atrahasis

atrahasis

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Posté 25 mai 2012 à 17:16

Retour sur Mithra

Citation

Mithra est le nom d'une divinité d'origine indo-iranienne, adoptée par la suite dans le monde gréco-romain, et dont le culte, appelé mithriacisme ou religion de Mithra, passe généralement pour être une dérivation du Mazdéisme. Aux yeux des Perses, ce dieu était le premier des anges ou Izeds, ou comme une personnification d'Ormuzd lui-même, considéré comme principe générateur perpétue et rajeunit le monde. C'était l'lzed du Soleil, et, comme tel, le dieu de la lumière. En conséquence, il était l'ennemi des ténèbres, d'Ahriman et des Démons ou Devs, le dieu qui fécondait la Terre, et résumait en lui toutes les forces productives de la nature. On le considérait aussi comme le médiateur de la création. Espèce de providence, Mithra parcourait incessamment l'espace, voyant tout, entendant tout, gardant toutes les créatures, donnant la prospérité aux hommes, de même que la fertilité à la Terre  ; il pesait les actions humaines, à l'entrée du pont qui conduit à l'éternité. On l'invoquait trois fois par jour; un des mois de l'année lui était consacré, et dans chaque autre mois, un jour.
Originaire de l'Iran, le culte mithriaque se répandit dans la haute Asie et en Asie Mineure, d'abord par les conquêtes de Darius, fils d'Hystaspes, puis par les bouleversements qui suivirent la mort d'Alexandre. Sous les Lagides, il s'introduisit en Égypte. Enfin, il pénétra en Italie après les guerres du Pont et de Cilicie  vers 67 av. J.-C., et plus tard, bénéficiant de sa forte implantation dans l'armée romaine, il s'étendit jusque de ville de garnison en ville de garnison jusqu'en Gaule et en Germanie ainsi que l'ont prouvé divers monuments relatifs à ce culte découverts dans ces contrées. Longtemps proscrit, il finit par obtenir une grande faveur, surtout sous les règnes de Claude, de Néron et de Commode.
Dans l'empire romain les adorateurs de Mithra formaient comme une société secrète. Les initiés étaient soumis à des épreuves très rigoureuses, après lesquelles on leur conférait une sorte de baptême. On les marquait ensuite d'un sceau, puis ils étaient couronnés et armés. Cette dernière cérémonie terminée, les assistants les saluaient du titre de frères d'armes. Toute la confrérie mithriaque se divisait en sept degrés ou grades, selon le nombre des planètes, formant une échelle aux sept échelons, et placées sous la protection de sept divinités (Saturne , Vénus , Jupiter , Mercure , Mars , la Lune , le Soleil ). Ces grades étaient, en allant des plus bas aux plus élevés, ceux des soldats, des lions ou hyènes, des corbeaux, des griffons, des perses, des soleils et des pères. Ceux qui parvenaient à la plus élevée portaient le titre de pater patratus ou grand pontife. Les mystères mithriaques se célébraient dans des grottes et dans des antres. A Rome, le temple de Mithra était creusé sous le mont Capitolin. Il paraît que d'abord on offrait au dieu des sacrifices sanglants. Les Perses lui sacrifiaient des chevaux; on prétend que l'empereur Commode lui immola des hommes. Plus tard, ces sacrifices sanglants furent remplacés par une oblation de pain, d'eau et de vin. Ce culte fut détruit au IVe siècle. (A19).


Le Mithra iranien
Dans les anciennes inscriptions perses, il fait partie, avec Ahura Mazda et Anahita, de la triade des divinités protectrices des Achéménides. Un grand nombre de noms théophores de l'époque achéménide (Cumont, Textes et Monuments relatifs au culte de Mithra, p. 76, n° 1 et suiv.), quelques passages des historiens grecs (Hérodote, 1, 131, etc.) attestent l'antiquité, l'importance et la continuité de son culte. Il donnait au roi, prêtre ou acteur, un privilège singulier (Ctésias et Douris). La fête des Mithrakana, célébrée le 16e jour (consacré à Mithra) du 7e mois, mois de Mithra (17 Septembre - 17  octobre), donnait lieu à des cérémonies pompeuses (Strabon, 11, 14, 530 c); elle continua à être célébrée dans la Perse musulmane sous le nom de Mihragân. Enfin, Mithra est un des dieux de l'Avesta . Tout un Yasht lui est consacré (Mihir, Y.10); mais il est relégué, avec les autres divinités de la nature, parmi les esprits subordonnés, les Yazalas.
Mithra est la lumière distincte du Soleil, de la Lune et des étoiles; lumière vivifiante, créatrice, bonne. Son nom Mihir signifie l'ami - et de là dériverait le sens que l'on donne généralement aussi bien au nom qu'à la fonction de Mithra : il serait le dieu de l'engagement mutuel et, dans une acception plus large, celui de "l'accord entre les parties du cosmos". C'est le côté moral de sa nature qui a surtout été développé par les Zoroastriens.  

« La lumière qui voit tout est l'emblème de la vérité, et c'est surtout comme témoin universel que Mithra est devenu l'incarnation céleste de la conscience et de la vérité. [...]. Témoin des contrats, il observe qui les garde et qui les viole, il châtie ceux qui mentent à Mithra (Mithrô-Druj) » (Darmsteter, Zend Avesta, II, 141, 142).
L'on fait serment en son nom (Plutarque, etc.). C'était encore un dieu guerrier et victorieux (invictus dans les inscriptions latines). C'est par erreur que Hérodote (1, 131) invente un Mithra femelle.  

Propagation du culte de Mithra
Si Mithra a souffert de la formation de l'orthodoxie zoroastrienne, il a trouvé des adorateurs dans le monde sémitique, grec et latin; il y éclipsa Ahura Mazda et les autres dieux avestiques. Il s'est formé, à  l'Ouest de l'Iran, une religion de Mithra qui n'est plus complètement iranienne. Les mages entrèrent d'abord à la suite des conquérants perses dans les provinces de l'Asie antérieure. Le culte de Mithra s'implanta dans la Mésopotamie avec celui d'Anahita, et ils s'y naturalisèrent si bien que certains auteurs leur ont attribué une origine assyrienne (Bérose, Nonnos, Hérodote, etc.). Mithra avait un temple à Babylone, et, à l'époque romaine, la Chaldée était la terre sainte des Mithriastes (Lucien). Les Achéménides introduisirent le culte de Mithra en Arménie (Strabon, Dion Cassius, etc.), en Cappadoce (Strabon) et dans le Pont (Strabon). Les dynastes d'Asie Mineure, plus ou moins Perses ou même Achéménides, les Mithridates, se faisaient des titres de noblesse de leurs dévotions iraniennes; Antiochus de Commagène élevait une statue à Mithra-Helios-Hermès (Inscr. de Nimrud-Dagh).  (…)

Les formes archaïques du culte de Mithra
Les plus anciens documents qui nous en restent sont postérieurs aux conquêtes des Perses. L'Avesta est une édition sassanide d'un texte qui n'est peut-être pas antérieur aux Arsacides. Les mystères de Mithra ne nous sont connus que par des documents gréco-latins dont les plus anciens datent du Ier siècle de notre ère. Peut-être y avait-il une Bible mithriaste ou, tout au moins, mazdéenne, un Avesta rudimentaire : Basile, Eznig l'Arménien, disent formellement que les mages n'avaient pas de livres. Pausanias (v, 27, 5) a vu les mages de Hiérocésarée de Lydie lire dans un livre des hymmes barbares. Mais il n'y avait pas un ensemble canonique, exclusif de livres sacrés. Si dans quelques cérémonies on prononçait des incantations en langue sacrée, il y avait des hymmes mithriaques en langue vulgaire (Firmicus Maternus, De errore profanarum religionum, c. 4). L'écrit mithriaste dont s'est inspiré l'auteur du traité d'Isis et d'Osiris était d'origine cappadocienne. Jamais un livre sacré n'a empêché une religion d'emprunter à ses voisines. Il est naturel que dans la propagation et dans l'établissement du culte de Mithra en Mésopotamie, en Asie Mineure, etc., la légende du dieu, la liturgie et la théologie de ses prêtres se soient modifiées et enrichies. Pour l'époque lointaine des empires assyrien et achéménide, il est difficile d'en avoir la preuve. A l'époque romaine, on voit le culte de Mithra se transformer en culte du Soleil, se doubler d'une philosophie-stoïcienne (Dion Chrysostome, Orat., XXXVI, 39 et suiv.). Dans les monuments mithriastes, tout ce qui peut dire rapproché d'une légende ou d'un type de divinité grecque (p. ex. Gigantomachie) s'hellénise. De même en Asie Mineure, Mithra a revêtu le costume d'Attis. (…)

Image IPB
Statue de Mithra, date inconnue, Musée Pio-Clementino, Vatican.
Le jeune adolescent au bonnet phrygien rappelle Attis.


Mithra chasse le taureau, il le prend, le saisit par une corne, monte sur son dos, le porte sur ses épaules, et enfin le sacrifie dans la grotte sacrée. Ce dernier motif est le thème principal de l'iconologie mithriaque. Le dieu, flanqué de deux dadophores qui forment avec lui le triplasios mithras (Ps. Dionys Aréop., Epist. 7), un genou sur le taureau, lui plante un couteau dans la gorge et tourne les yeux vers un corbeau, messager du Soleil. Dans la tradition perse, le taureau est la première créature d'Ahura Mazda; son sacrifice est l'origine de la création (Cosmogonie) : de quelques parties de son corps naissent les plantes (sur un très grand nombre de bas-reliefs, sa queue est terminée par un bouquet d'épis); sa semence, purifiée par la Lune, donne la vie aux animaux (Porphyre. De antro nymph., 18).
Tandis que le scorpion, consacré à Ahriman, essaye de contrarier l'effet du sacrifice et pique les testicules du taureau, le chien et le serpent, qui représentent la terre fécondée, boivent le sang de la blessure. Relevons au passage, que scorpion, taureau, chien et serpent sont des constellations, et notons aussi la ressemblance du mythe de Mithra avec celui d'Aristée, fils du Soleil. Dans Diodore (IV, 82, 1), il offre un sacrifice pour éloigner la peste de Céos; dans Virgile, il tue un taureau pour avoir des abeilles . (Pour une interprétation astronomique du mythe d'Aristée Robert Triomphe, Le Lion, la Vierge et le Miel, Les Belles Lettres, 1989).


Image IPB
Statue léontocéphale de Mithra au Vatican, illustration de 1840.

Je dois mentionner ici les autres dieux du cycle mithriaque. C'est d'abord un dieu à tête de lion, symbole du feu, à quatre ailes, symbole des vents, autour duquel s'enroule un serpent, symbole de la terre. Il porte deux clefs (claviger); à ses pieds est souvent représenté le cratère, symbole de l'eau. La foudre fait partie de ses nombreux attributs. Il représente le temps illimité (Zrvan Akarana). Il est le père d'Ahura Mazda, Zeus Oromasdès (inscr. 1), Zeus ou le Ciel (Hérodote, 1, 131), que l'on retrouve dans les inscriptions latines sous les noms de caelus aeternus Jupiter ou Caelus. Il est représenté quelquefois sur les monuments : il combat les Géants comme le Zeus grec ou le Marduk babylonien.
On trouve quelquefois Ahriman, Arimanius, identifié avec Hadès ou Pluton (bas-relief d'Osterburken). Son épouse, Drufas, est devenue Perséphone ou Hécate. On rencontre Poseidon ou Oceanus (Apanm-Napat), Héraclès ou Arès-Verethragna, qui dans le Mihir-Yasht (18, 70) est représenté comme un sanglier marchant devant Mithra; Ana hita-Diana (bas-relief d'Osterburken), identifiée à la Magna Mater dont les mystères sont liés à ceux de Mithra en Occident; Fortuna Tyche (Hvareno, la lumière, ou Ashi-Vañuhi); Nike (Vanaiñti-Uparatât, nommée dans l'Avesta  avec Verethragua); la triple Hécate (Firmicus Maternus, De errore profan. relig. , 4); Hephaistos (Atar), etc.  
Dans la grotte où Mithra sacrifie le taureau jaillit une source. La source sacrée est l'un des objets du culte. Naturelle ou artificielle, il doit y avoir dans le temple une fontaine; tout au moins, un cratère la remplace (Porphyre, 1. l,18). Ils représentent dans le culte l'élément humide. Souvent, à côté du cratère, on remarque un lion et un serpent : le lion symbolise le feu (Atar) et le serpent la terre.
Soit sous l'influence chaldéenne, soit par un processus naturel, le culte de Mithra était devenu sinon un culte stellaire, du moins un culte dans lequel intervenait un certain symbolisme astral. Les planètes étaient représentées ou rappelées (7 autels, p. ex. à Sibiu) dans les temples. Les 12 signes du Zodiaque (monument de Heddernheim), les Dioscures, les Saisons (mon. de Heddernh.) font également partie de la suite de Mithra. Les mythes étaient-ils devenus pour une partie des initiés des allégories astronomiques? Mithra y aurait figuré le Soleil, le taureau, la lune, le sacrifice, l'éclipse; Cautes et Cautopates, les deux dadophores assistants de Mithra seraient le soleil levant et le soleil couchant (l'un tient son flambeau levé, l'autre baissé). La grotte où s'accomplit le sacrifice est l'image du monde (Porphyre, De antro nymph., 5). A cette théologie s'était peut-être superposée une sorte d'astrologie, mais pas nécessairement à la façon chaldéenne.  


Le culte
Le culte de Mithra est un culte ésotérique, ce sont les mystères de Mithra. Il y avait, à l'époque romaine, sept degrés d'initiation. Les mystes des différentes classes portaient respectivement les noms suivants (Saint-Jérôme, épit. 107, Ad Laetam) : Corax, Gryphus (ou Gryphius), Miles, Leo, Perses, Heliodromus, Pater. Les trois premiers grades ne donnaient pas la participation aux mystères; on y était admis à partir du grade de Leo; les patres étaient les plus parfaits; ils guidaient les autres (pater leonum) ; le chef de la hiérarchie dans la communauté mithriaque portait le nom de pater patrum ou pater patratus.
Les rites d'initiation nous sont mal connus. (…)
Le culte était célébré dans des grottes naturelles ou artificielles (De antro nymph., 5), et l'on, faisait remonter cet usage jusqu'à Zoroastre. Les sanctuaires du dieu, en Occident, étaient des souterrains : l'on en connait un certain nombre. (…)
Éxtérieurement, les communautés mithriaques étaient organisées en sodalicia funéraires avec des dignitaires (magistri, decuriones, defensores, patroni, decemprimi). En somme, au IIIe siècle, l'Église mithriaque ressemblait fort à l'Église chrétienne et professait une sorte de monothéisme syncrétique assez semblable au christianisme. Ils étaient l'oeuvre de la même société, des mêmes idées et des mêmes besoins. Même ésotérisme, mêmes liens entre les mystes (fratres), même morale (Julien, Conviv., p. 336 c), mêmes prohibitions (abstinence, continence, etc.), rites et mythologie analogues (déluge, Dio Chrys., 34, 47; le taureau sur l'arche, etc.),  théologie et  eschatologie similaires, mêmes espoirs, mêmes craintes. Mithra ressemblait fort au Logos. Il avait une adoration des bergers, une Cène, une Ascension (Mithra sur le char Soleil). Son sacrifice créateur et rédempteur ressemblait par plus d'un point à celui du Christ. Les analogies n'avaient pas échappé aux chrétiens et aux mithriastes (Saint Augustin, In Joh. ev. tract. , 7, p. 1140); les Pères les expliquaient par des contrefaçons diaboliques (Tertull., De corona, 15, etc.).  
La perte de la Dacie porta un coup au mithriacisme. Après avoir été persécuteur sous Galère et sous Dioclétien (Acta S. Bassae), il fut à son tour persécuté. Il refleurit sous Julien; le patriarche d'Alexandrie, Georgius, qui avait violé un spelaeum, fut mis à mort par la foule (Socr., Hist. eccl., 3, 2). Dans la suite, les mithriastes tombèrent sous le coup des lois sur la magie. On détruisit les spelaea; la découverte d'un squelette dans le mithraeum de Saarburg prouve que ce ne fut pas sans violences. Le manichéisme fut l'héritier du mithriacisme.  

http://www.cosmovisi...com/$Mithra.htm

Le mithraïsme est connu auprès des initiés pour sa doctrine d’ascension extatique de l’âme, mettant en scène  les sept sphères célestes. L’extase provoquée par l’absorption d’une boisson ennivrante ou l’uasge de plantes hallucinogènes, les tauroboles, l’ascension par l’escalier céleste se retrouvent dans l’initiation au sein du chamanisme.

On lit dans Michelet  (Introduction à l’histoire universelle, Hachette, 1831, p. 21.) : Et cependant, sous le Capitole, sous le trône même de Jupiter, le sanguinaire Mithra creuse sa chapelle souterraine et régénère l’homme avide d’expiation dans le bain immonde du hideux taurobole.
Le mont Capitolin était à l’origine dédié au dieu Saturne, puis il succéda au culte de Zeus. C’est dans la profondeur de ses sous-sols que le sanctuaire de Mithra y fut établit. Ainsi il est permis de considérer que Mithra est lui aussi Saturne, cette assimilation par les romains fut aisée si l’on considère qu’il s’agit toujours de la même divinité (sous différents aspects et dont le secret est seul connu des initiés).

Voici pour terminer un autre article, franc-maçon et suffisamment obscur, sur Mithra :

Citation

MITHRA, un dieu des Francs-Maçons
René P. Bacqué de Balagué

Mithra, un dieu franc-maçon ?
Dans le panthéon universel, Mitra (que nous réserverons au Dieu védique), orthographié aussi Mithra (que nous utiliserons plus systématiquement dans cet exposé), occupe une place singulière. Dieu indo-européen (arien pour être précis), son existence est prouvée déjà 2'000 ans avant l’ère chrétienne et il existe encore de nos jours en Inde et en Iran un certain nombre de ses fidèles. Les aspects de ce dieu et la pratique de son culte ont varié au cours de cette longue période qui s’étend sur plus de 4'000 ans. D’autre part, le taureau, symbole de la force virile, que Mithra sacrifie est apparu dans l’iconographie sacrée entre 10’000 et 9’000 ans avant notre ère. Il est associé à la déesse Ishtar à Çatal Huyük, village d’origine néolithique du plateau turc. Mithra le Tauroctone est parfois appelé : “Mithra le Dieu franc-maçon de l’Antiquité” (…)
De quoi s’agit-il ? Les sources écrites en langue française sur Mithra sont assez restreintes et proviennent essentiellement des ouvrages du Professeur F. Cumont :"Les religions orientales dans le paganisme romain” ; du Professeur G. Dumézil “Mitra-Varuna, mythes et dieux des INDO-EUROPÉENS” ; du Professeur Robert Turcan “Mitra et le Mithraïsme - les cultes orientaux dans le monde romain”. Il convient de mentionner aussi les cours de langues et de civilisations indo-européennes, par le Professeur Louis Charles Prat de l’Université de Rennes II (Haute Bretagne), qui m’a fait l’amitié de me confier les notes et son livre : “Il y a 6'000 ans nos ancêtres” (mœurs, civilisation et idéologie des Indo-européens). Les sources anglaises sont plus abondantes et de nombreux colloques se sont tenus sur Mithra en cette langue. Les lecteurs intéressés par cet article sont invités à se reporter aux ouvrages précités dont les références complètes figurent dans la bibliographie.

Qui est Mithra ? De Mitra à Mithra
La réponse est apportée par l’étude linguistique du Professeur Louis Charles Prat qui est diplômé d’études indiennes (option védique), licencié en Sanskrit, spécialiste des Védas, agrégé de grammaire, docteur en lettres, un des trois spécialistes français de linguistique comparée et d’études indo-européennes. Pour lui, l’origine du mot Mitra ou Mithra est indo-européenne ; le dieu, en revanche, est sans aucun doute aryen. Les Aryens (les Seigneurs), nom qui vient du radical indo-européen "Ari" et qui exprime l’excellence vouaient un culte à Mitra déjà 2'000 ans avant notre ère. La langue sacrée des Indo-européens (le Sanskrit de Samskrita - achevé parfait) est une langue artificielle, menée à la perfection et fixée par des savants linguistes à une époque située 2'000 ans avant notre ère. Dans cette langue, Mit(h)ra a valeur d’un nom neutre pourvu du suffixe instrumental Tro, latin : Ara Trum, grec apo Tpov : charrue, instrument agraire aratoire. Mit(h)ra serait ainsi un dérivé neutre, au “degré zéro”, d’une racine mi / moi que l’on retrouve dans toutes les langues indo-européennes avec l’idée d’échange.
En Sanskrit, Mitra, nom commun, signifie au masculin : “l’ami”, et au neutre : “le contrat, l’alliance, l’amitié”, un sens voisin de celui du dieu “lieur” celte. Dans les écrits en sanskrit védique (Rig Veda/Veda des hymnes III.59), on ne trouve Mitra qu’une seule fois. La raison de cette unique inscription est que Mitra est le surnom du dieu Brahmâ. Dans les textes, Mitra apparaît avec un autre dieu : Varuna. Depuis des temps très reculés, ils forment le couple de dieux majeurs, appelé par exemple à garantir un traité hittite mitanien hourrite du XIVe siècle avant notre ère. Dans la tradition ariano-indo-européenne védique, Mitra est le souverain sous son aspect raisonnant, clair, calme, bienveillant, sacerdotal, tandis que Varuna est le souverain sous son aspect assaillant, sombre, inspiré, violent, terrible, guerrier (se reporter à l’ouvrage de G. Dumézil : Mitra-Varuna). Les deux dieux majeurs, Varuna et Mitra, représentent ainsi les deux faces de la souveraineté sacerdotale royale, magico-scientifique et juridique. Lors d’une migration d’une des branches du peuple arien, une des tribus occupera le pays qui deviendra l’Iran. Elle amènera avec elle les croyances de ses origines. Cependant, au contact des populations autochtones, elles connaîtront quelques variations : le Mitra védique deviendra le Mithra avestique.

Le Mithra avestique
Les avatars de Mithra seront dus essentiellement à la réforme zoroastrienne. Dans les Gatha qui expriment la doctrine de Zoroastre, nous voyons apparaître un " uni théisme " moral : seul reste Ahura Mazda entouré de 6 archanges. Les deux premiers Vohu Manah “la bonne pensée” et Asha “l’ordre” laissant transparaître en filigrane le duo primitif Mitra-Varuna. Dans des textes plus récents apparaissent les “ anges ” Yazata, l’un de ceux-ci ayant pour nom Mithra. Un glissement se produit alors et nous voyons se recréer le couple antithétique primitif sous une forme mitigée, Ahura-Mazda étant le dieu suprême, Mithra lui étant subordonné et assumant une fonction guerrière du type de la deuxième fonction du système indo-européen.
Au Ve siècle avant notre ère, le couple antithétique Ahura Mazda / Mithra est rétabli, faisant de Mithra le deuxième dieu majeur, l’égal d’Ahura Mazda qui, bien qu’étant son créateur, fait de lui son clone. Strophe 1 : “Je le créai aussi digne du sacrifice et des prières que moi Ahura Mazda.” Mithra est décrit comme le dieu qui accroît, qui épand les eaux faisant pousser les plantes et donnant la vie. Mithra devient alors le lien entre les différents niveaux de la société ; comme le Mithra védique, il est le garant de l’ordre, le protecteur des éleveurs, dirige aussi ceux qui défendent le territoire. Il lève les armes, met en train la bataille, brise les bataillons rangés. Il est le plus fort des plus forts. Ahura-Mazda l’établi pour garder le monde et veiller sur lui. C’est le justicier, le dieu de l’aurore, le dieu sauveur et solaire, prémices de ce qu’il deviendra dans le monde Gréco-Romain : le deus invictus, le dieu invaincu.

Le Mithra gréco-romain et hellénistique
Le cheminement de la religion, mithriastique, de l’Orient vers l’Occident, suit les cours du soleil. En Asie mineure, de nombreux rois d’origine iranienne ont transmis à l’Occident un Mithriacisme hellénisé. Mithridate ou Mitradates “don de Mithra”, un nom théophore, est souvent porté par des rois du Pont, d’Arménie, de Comagène, signe de leur vénération pour Mithra qu’ils considèrent comme le garant divin de leur autorité. On ne doit pas oublier que le monde asiatique proche de la Grèce a été hellénisé sous l’influence des dynasties issues d’Alexandre le Grand, favorisant un retour du culte de Mithra. Les correspondances existantes avec les religions à mystères ont aussi joué de concert pour restaurer celui de Mithra. Hermès était le “ protecteur des êtres ”, Apollon celui des choses. Un exemple fameux est constitué par l’inscription qu’Antiochus 1er, roi de Comagène, fit graver dans la ville de Nimrud dagh en Turquie :
Apollon Mithras Helios Hermes
Qui doit se lire
Apollon est à Mithra ce qu’Hélios est à Hermés
(…)

L’iconographie mithriaque
Le Mithriacisme nous est connu essentiellement par son iconographie. L’étude des monuments de l’époque, tous abondamment décorés, est essentielle pour la compréhension du culte gréco-romain de Mithra. Les représentations symbolisent une crypte ; ainsi peut-on parler de “ religion de la crypte ” lorsqu’on parle du culte de Mithra. L’iconographie ne représente pas des divinités mazdéennes, mais leurs correspondances romaines. Les bas-reliefs sont disposés de la manière suivante :
Partie basse :
Le chaos dominé par un dieu cosmique : l’antique Saturne, assimilable à Ahura Mazda, lumineux et scientifique, il agit par son action sur le chaos, le mettant en ordre (ordo ab chaos).
Sur le côté :
Le ciel et la terre, portés par Atlas, lumineux et juriste. Les 3 Parques représentent la triple déesse Anahita, sagesse, force et beauté, symbolisant le destin. Saturne, Ahura-Mazda crée son "clone" : Jupiter -Mithra - qu’il dote de l’arme absolue : la foudre.
Atlas a pour fonction de terrasser les géants anguipèdes, cavaliers soutenus par un personnage monstrueux à corps humain aux extrémités bifides, souvent en forme de serpent, les démons qui, sous les ordres d’Arhiman, la puissance maléfique, dominent la création : le ciel et la terre.
Dans l’iconographie romaine, Mithra n’est plus le second dieu majeur ; il devient un dieu secondaire, un archange que l’on peut identifier à Spenta Maïniu, le dieu bénin, envoyé sur terre pour sauver les créatures de l’emprise du dieu Malin, Angra Maïniu Arhiman, créateur de la matière. Mithra va prendre en charge la création pour la sauver d’Arhiman, son créateur qui a voulu se faire l’égal du Père. Mithra sort miraculeusement d’un rocher comme un estoc que l’on dégaine, il est le Sauveur, le fils du Père, envoyé par lui sur la terre pour sauver l’humanité.

Mithra tauroctone (grec tauro ktomos, qui tue le taureau)
Ce mythe est représenté sur de nombreuses stèles trouvées sur les lieux consacrés au culte de Mithra ; un bel exemple est visible au musée archéologique de Strasbourg, elle fut exhumée à Roenigshoffen. On remarque sur ces stèles que Mithra doit fournir l’humidité fécondant le monde. Le taureau est l’animal qui la possède ; dans sa poursuite de la bête, Mithra l’oblige à sortir d’une maison où elle s’est réfugiée et, pour l’obliger à fuir, il incendie son refuge. Mithra se saisit alors de la bête, la maîtrise pour la chevaucher comme s’il s’agissait d’un cheval dompté ou la porte généralement sur son dos, la tête en bas ou la tirant par les pattes arrière.
Mithra taurophore accomplit alors l’épreuve du “passage du Dieu” : le transitus dei, comme tout mithriaste le fera, portant son propre fardeau. Puis Mithra, dieu vainqueur, se rend dans une grotte pour y sacrifier le taureau, obéissant ainsi à l’ordre des dieux transmis par le corbeau, messager du Soleil, ce corbeau se transformera, plus tard, en blanche colombe. Mithra immobilise l’animal d’une main, le tient par le naseau, et appuie un pied sur son paturon ; de l’autre main, il enfonce son couteau au défaut de l’épaule. Dès que le sang jaillit de la plaie, un serpent et un chien viennent le boire ; au même moment un scorpion, parfois un crabe, attaque les parties génitales de la victime. Des épis de céréales sortent également de la blessure et de la queue. Souvent un lion vient près du vase dans lequel s’est écoulé le sang. Tout autour de la scène des arbres croissent et se ramifient.
Il peut être intéressant à rapprocher ces pratiques rituelles anciennes de celles auxquelles on assiste de nos jours dans la tauromachie. Le torero revêt un "habit de Lumière" ; il est en l’occurrence le messager du Soleil. La mort de l’animal est l’épreuve du "passage du dieu". L’initiation de celui qui porte cet habit de lumière est réalisée par la substitution de "l’humidité fécondant le monde" (la semence). Le torero tue le taureau avec une épée (flamboyante ?) en l’enfonçant au défaut de l’épaule. Il est l’homme transcendé par l’acte - resterait, bien entendu, à expliquer le symbolisme de l’offrande des oreilles et de la queue.

Le Mithra cosmique ou Sol invictus
Très souvent, au-dessus de la scène principale de la tauroctonie, on peut voir des scènes secondaires où Mithra devient héliodromus, “courrier du soleil”, et l’on peut lire la dédicace de “sol invictus”.
Examinons aussi les images qui entourent la tauroctonie ; nous voyons un soleil à droite, côté sud, qui est le pendant, à gauche, côté nord, d’une lune, ronde, indo-européenne - en Orient elle a la forme d’un croissant - d’où s’écoule le "Principe humide ” émanant du taureau. Aux quatre angles du panneau, nous découvrons les 4 grands vents : Eurus à l’Orient, Zephir à l’Occident, Notus au Midi et Borei au Septentrion ; ils représentent les “ 4 Hermès ”, les “4 vents de l’Esprit” qui viennent des 4 Orients qui soufflent sur l’animus, en grec le “nous“ qui rend parfait. (…)

Le temps Léontocéphale (personnage à tête de lion)
Au palais Barberini, on distingue sur la fresque mithraïste située au-dessus de la tauroctonie, un dieu ailé, enlacé par un serpent qui s’enroule dans un mouvement sinistrogyre, c’est le temps cosmique (grec : Aion). Dans d’autres représentations, on trouve une statue, surmontée d’une tête de lion. Parfois ce lion crache du feu, tient dans ses mains deux torches, deux clefs ou un sceptre, les deux pieds posés sur un globe armillaire, assemblage de cercles représentant le ciel et le mouvement des astres et au centre desquels un globe figure la terre.

Les cryptes, où se déroulait le culte de Mithra, nous révèlent une iconographie abondante dont la symbolique est conforme au mouvement gnostique de ce début de l’ère vulgaire. Nous sommes à une époque favorable aux mouvements messianiques. Mithra incarne l'un de ceux-ci ; il est représenté comme "Dieu, le Fils”, délégué sur terre par "Notre Père". Il est le "Sauveur" qui vient nous arracher à la matière et au mal pour nous abreuver à la fontaine de l’esprit. Mithra est le "soleil invincible", le pater patrum, le "Père des Pères" qui nous guide jusqu’à l’initiation suprême.

Le culte
Le culte de Mithra était celui d’un ordre initiatique fermé, sélectif, élitaire, où les divers degrés d’initiation comportaient la révélation de secrets inconnus des membres des degrés inférieurs. Il se distinguait des religions de masse du type oriental où tout pouvait être transmis à tous. La loi du silence était la règle - silence et secret si bien gardés que l’on est aujourd’hui obligé de gloser sur des documents peu nombreux et souvent obscurs. Pour comprendre la religion de Mithra, il faut se remémorer les courants gnostiques qui pratiquaient une pensée symbolique orientée vers l’éternité.
Servir Mithra obligeait l’initié à aider non seulement la communauté des croyants mais l’humanité tout entière pour la conduire sur la voie du salut et du bien. Culte secret, réservé à une élite, il conduisait à la lumière. Tous ne pouvaient être initiés, ce qui reste valable de nos jours pour les organisations initiatiques. (…)

Conclusions
Comme presque toutes les religions issues de la source indo-européenne, le culte de Mithra est un culte fermé dont l’accès est réservé aux hommes, nés vraisemblablement libres et de bonnes mœurs, respectant le mos maiorum, “la coutume des anciens”. Mithra est un culte qui se développe dans les garnisons de Rome, un culte de guerriers, de soldats ; nous retrouvons en Maçonnerie une tendance comparable dans les loges militaires. Le dieu Mithra a été escamoté par la réforme Zoroastrienne, puis il est apparu à nouveau comme second dieu majeur, enfin, il est le seul dieu honoré à l’époque de l’Empire romain, au début de l’ère vulgaire. Il est ainsi en opposition sérieuse avec le Christianisme qui a une position forte auprès de certains milieux. Après la victoire de Constantin sur Maxence par le fer, le feu et la torture, ce fut le triomphe du Christianisme, victoire militaire et politique qui n’empêcha toutefois pas l’essence de la gnose de se transmettre jusqu’à nos jours grâce à des sociétés initiatiques. Il y a toujours des hommes qui, sous la conduite d’un Maître, se réunissent pour travailler à se perfectionner de midi à minuit, et qui se séparent après un banquet fraternel semblable à celui auquel le soleil et Mithra conviaient le paraclet Ahura-Mazda.
Le culte du dieu Mithra est un des plus anciens du panthéon des divinités adorées par les hommes. Il a commencé plus de 2'000 ans avant notre ère. Actuellement en 2004 on trouve encore plus de 200'000 Parsis et Guèbres qui pratiquent le mazdéisme officiel en Iran, en Inde et au Pakistan, religion dans laquelle Mithra occupe une place centrale. Fabuleux destin pour ce dieu Indo-Européen qui, malgré l’épreuve du temps, perdure encore.
Peut-on dès lors considérer Mithra comme le-un dieu franc-maçon de l’Antiquité ainsi que le publiait le magazine "Allez savoir", titre qui fût vraisemblablement suggéré à son auteur par l’ouvrage du Professeur Robert Turcan "Les cultes orientaux dans le monde romain" ? À la page 241, dernière phrase de la partie de ce livre intitulé "sous les rocs de l’antre persique", le professeur qualifie en effet le culte de Mithra d’espèce de Franc-maçonnerie, un vocable des plus large… (…)

http://www.masonica-.../18_mithra.html

Mithra se retrouve également aux origines de l'Église Catholique romaine
Voir
Les origines du catholicisme, le culte de Mithra
http://www.biblecora...culte-de-mithra

Ce message a été modifié par atrahasis - 25 mai 2012 à 17:26.