Neotrouve, le 10 décembre 2011 à 22:58, dit :
ça n'a rien d'étonnant la suite c'est ceci
«De l’islamophobie à l’islamoparanoïa»
Eric Vandorpe, psychologue, clinicien–psychothérapeute et membre fondateur de la «Muslim Pride», donne son interprétation des inquiétudes soulevées par l’implantation de l’islam en Europe. Une «Muslim Pride» pourrait servir de «thérapie sociale» et conduire la France sur la «voie de la guérison».
L’enjeu est de taille : il s’agit pour les citoyens, quelles que soient leurs confessions ou absence de confessions et leurs orientation politiques, d’oser, à travers la défense de la pratique de l’islam, réhabiliter une certaine idée de la République et de l’identité européenne.
Il importe de repérer la nature de l’angoisse inconsciente sous-jacente à cette islamoparanoïa. Un sondage IFOP pour Le Monde, paru en décembre 2010, nous la dévoile sans ambiguïté : l’islam est, pour plus de 40% des Français et des Allemands, «plutôt une menace pour l’identité de notre pays». Une telle angoisse identitaire est propre au psychotique. […]
http://fdesouche.com...islamoparanoia/
et la suite encore c'est l'internement d'office pour les islamophobes sur fond de loi anti "blasphème" qui se prépare pour bientôt
Il faudrait citer l'article de Vandorpe dans son intégralité. Vandorpe, dans son article publié sur Oumma.com, se réclame des théories psychanalytiques expliquant la différence entre névrose et psychose. Je vais donc argumenter à partir des concepts psychanalytiques qu'utilise Vandorpe, sans pour autant m'en revendiquer.
http://oumma.com/De-...phobie-a-l,7594
Pour faire simple, la phobie ("islamophobie") relève de la névrose. Si je suis arachnophobe, ça veut dire que j'ai peur des araignées. En évitant les araignées, j'ai une vie sociale tout à fait normale. Ma peur est irraisonnée, je la reconnais, ça ne m'empêche pas de vivre avec les autres, ni de parler aux autres de ma phobie. Je ne perds pas contact avec la réalité. L'islamophobie pourrait être alors comprise comme une forme de névrose collective.
Vandorpe fait carrément basculer la névrose, ici sous sa forme phobique (la phobie, donc "l'islamophobie") dans la psychose, ici sous sa forme paranoïaque (la paranoïa, donc "l'islamoparanoïa"), ce qui est structurellement impossible, selon la théorie psychanalytique.
Le névrosé ne perd pas contact avec la réalité. Le psychotique perd contact avec la réalité.
Selon la théorie psychanalytique (je ne rentre pas dans les détails), un individu est soit de structure névrotique (ce qui est le cas de chacun, sauf des psychotiques), soit de structure psychotique. La ligne de séparation entre strucure de personnalité névrotique et structure de personnalité psychotique n'est franchissable par personne. Une fois cette ligne de démarcation fixée dans l'enfance, on se situe soit d'un côté, soit de l'autre, et la ligne de fracture n'est pas déplaçable. La structure névrotique ou psychotique chez un individu, est définie une fois pour toutes.
Un individu de structure névrotique peut faire une décompensation névrotique, par exemple une forte dépression lors d'un évènement traumatisant, mais ne bascule pas dans la psychose.
Un individu de structure psychotique, s'il décompense lors d'un évènement traumatisant, tombera dans la psychose. Exemple de psychose : la paranoïa. Dans la paranoïa se met en place effectivement un discours délirant, ou bien un discours cohérent fondé sur un postulat délirant qui peut être effectivement transmis à d'autres (exemple : Hitler avait personnellement une structure de personnalité paranoïaque. Son discours était cohérent, c'est pourquoi il a été entendu par les foules, mais ce discours était fondé sur un délire personnel de persécution. L'obsession d'Hitler de détruire les juifs peut être interprétée comme le résultat de sa peur d'être éliminé par les juifs).
Le discours de Vandorpe, qui supposerait par exemple que Breivik souffrirait d'un délire "islamoparanoïaque", qui serait partagé par d'autres en Occident, est tout simplement délirant, bien qu'il puisse trouver un écho chez un certain auditoire vu la cohérence de son discours, en dépit d'un postulat de départ faux ("l'Occident est paranoïaque").
Mais le comble du comble, c'est qu'Oumma.com se réclame de Lacan, héritier de Freud, donc de la psychanalyse, pour revendiquer et légitimer ce néologisme "islamoparanoïa" qui ne relève que de l'imagination de son auteur, Vandorpe. Or, outre la vision extrêmement réductrice des concepts freudiens et leur récupération par ce psychologue qui apparemment n'a rien assimilé de la psychanalyse, c'est bien ce psychologue qui est à l'origine du néologisme "islamoparanoïa". Ce néologisme tel que l'entend Vandorpe au sens psychanalytique, comme produit de la psychose, c'est Vandorpe qui en est l'auteur. Le psychotique dans cette affaire, ce ne serait donc pas Breivik, mais bien Vandorpe lui-même, le créateur du néologisme "islamoparanoïa" (la création de néologismes selon la théorie lacanienne étant une des conséquences de la psychose).
Cela dit, je n'ai fait que reprendre les concepts psychanalytiques exploités par Vandorpe.
Ce message a été modifié par Vicente - 11 décembre 2011 à 02:18.