En cherchant à savoir pour quelle raison les nazis ont arrêté Oskar Ernst Bernhard (alias Abdruschin), je voulais voir si c'est parce que son mouvement était considéré comme une secte ou bien s'il y a avait une raison particulière.
Voilà sur quoi je suis tombé:
Adolf Hitler et Abdruschin
Au début des années 1920, Hitler – qui signifie «petit propriétaire» – ne se voyait pas encore tel qu’il s’est décrit dans son livre
Mein Kampf, c’est-à-dire comme le futur Führer – qui veut dire «chef», «guide» – de l’Allemagne. Selon ses propres affirmations, il ne faisait que préparer la voie au futur grand Führer, au futur grand Guide. «Je ne suis qu’un tambour et un rassembleur», déclara-t-il en 1922 à l’écrivain Arthur Moeller van den Bruck.
Quelques mois plus tôt, en mai 1921, il aurait déclaré lors d’un entretien avec le rédacteur en chef du journal pangermaniste,
Deutsche Zeitung, qu’il n’était pas le chef et l’homme d’État qui «sauverait la patrie qui sombrait dans le chaos», mais uniquement «l’agitateur qui savait rassembler les masses». Puis il aurait ajouté qu’il n’était pas «l’architecte qui avait une idée claire du plan et du dessin du nouvel édifice, capable de poser une pierre après l’autre, fort de sa tranquille certitude et de sa créativité. Il avait besoin d’un homme plus grand derrière lui, d’un homme sur l’autorité duquel il pourrait s’appuyer».(17)
17. E. JACKEL,
Hitler idéologue, p. 151.
Cet homme sous l’Autorité duquel il devait s’appuyer, se nommait Oskar Ernst Bernhardt (1875-1941) – Abdruschin, le Saint-Esprit, le Fils de l’Homme. Hitler ne devait pas prendre le pouvoir politique pour ensuite le remettre au Fils de l’Homme. C’est le titre de Führer, de Guide, qu’il devait laisser au Fils de l’Homme. Selon le point de vue de la Lumière, l’aspect politique revenait à Hitler puisqu’il avait été préparé pour assumer cette importante fonction. Comme du temps de Moïse, il devait être un second et non le Premier!
Or, c’est tout le contraire qui s’est produit. Le 1er août 1934, alors qu’il était chancelier du Reich depuis janvier 1933, Hitler faisait signer une loi par tous ses ministres qui décrétait qu’à compter de la mort du président du Reich, Hindenburg – alors très malade –, il lui fut donné à la place du titre de président et chancelier, le titre de Führer et chancelier du Reich pour toujours. Le prétexte, la raison alléguée après la mort de Hindenburg pour ne pas prendre le titre de président, était que le titre de président du Reich était trop lié à la «grandeur» de Hindenburg. Le changement officiel dans ses attributions fut approuvé par le peuple allemand à l’occasion du plébiscite du 19 août 1934: 89,9% des électeurs donnèrent à Hitler des pouvoirs sans limites: chef de l’État comme Führer, chef du gouvernement comme chancelier, chef du seul parti politique légal en Allemagne, le parti national-socialiste (N.S.D.A.P.), et commandant suprême des forces armées.
C’est Oskar Ernst Bernhardt/Abdruschin, le Fils de l’Homme, qui était l’Authentique Guide, l’Authentique Führer, et Hitler devait servir la Volonté de Dieu sur terre comme président et chancelier d’une Allemagne appelée à édifier le royaume de Paix de mille ans dans le cadre du troisième règne, le règne du Saint-Esprit.
Le Führer, le grand Chef, cet Architecte qu’il cherchait et attendait, ne devait donc pas être un homme d’État, mais bien Abdruschin, le Fils de l’Homme. C’est Lui, et non pas Hitler qui devait édifier le IIIe Reich, le troisième règne, Son règne, celui du Saint-Esprit pendant lequel la Lumière avait prévu l’Édification du Royaume de Paix qui durerait mille ans. «Notre tâche, disait Hitler, est de créer l’épée dont cette personne (le Führer) aura besoin le jour où elle sera là. Notre tâche est de donner au dictateur (au Führer), le jour où il viendra, un peuple à sa mesure!»(18). Cette «personne» – qui était déjà là – ne devait cependant pas être un dictateur dans le sens courant du terme, c’est-à-dire un homme politique, mais bien Abdruschin, le Fils de l’Homme! Et quelle était l’épée dont le Führer avait besoin? L’épée dont Il avait besoin pour l’Édification était l’épée des pensées au service du Graal! La mission de Hitler était spirituelle et l’épée dont il est question dans la citation ne devait pas être une épée qui fait couler le sang, mais une pensée constamment préoccupée par la Cause du Graal sur terre et par sa tâche d’homme politique dans le Service du Graal! Du seul fait qu’Hitler se soit rendu au sommet du pouvoir politique, de manière très discutable d’ailleurs, mais cependant comme il était prévu pour lui dans son accomplissement, n’était pas suffisant! Du point de vue de la Lumière, tout cela ne comptait pour rien si, comme chancelier de l’Allemagne, il n’était pas habité par le Service du Graal. Cela seul pouvait lui permettre de vivre réellement sa tâche d’homme politique dans toute sa noblesse!
18. I. KERSHAW,
Hitler 1889-1936, p. 260.
Les légions d’aides spirituels et de combattants de la Lumière se tiennent à nos côtés, constamment prêts à intervenir là où la possibilité leur en est donnée pour le magnifique accomplissement dans le service du Graal. La possibilité pour cela, écoutez bien, c’est vous qui la leur donnez par vos pensées! …
Vos pensées se forment à travers l’activité de votre cerveau. Elles sont donc des canaux formés à partir de la matière fine (à partir l’au-delà) et aussi de la matière plus fine, lesquels conduisent dans la matière dense et la transpénètrent. Les aides et les combattants spirituels peuvent intervenir dans notre monde physique uniquement par les rayonnements de ces canaux et apporter ainsi la répercussion de ce que vous pensez (par la loi du retour des choses, de la réciprocité des effets)!
… Je vous appelle à l’éveil! Maintenant, agissez! Les pensées sont, à présent, votre grande puissance, la puissance avec laquelle vous devez tout activer. La puissance que vous exercerez ainsi est inégalée sur toute la terre et insurmontable pour les ennemis, parce que toute la force d’impact des combattants spirituels, qui servent la Lumière, y est étroitement reliée!
… Ne vous livrez à aucun jeu inconsidéré avec vos pensées. Vos pensées sont maintenant des glaives et des lances, étant donné que la Sainte Force de la Lumière Divine les y destine et les conduit à la victoire finale dans la matérialité engourdie de ce monde. Il est maintenant voulu que les glaives des pensées que vous ne dirigez pas contre l’ennemi, que la lance de votre vouloir que vous ne lancez pas sur les ténèbres pour les anéantir, soient dirigés contre vous pour vous anéantir parce que vous êtes trop paresseux et trop lâches pour les conduire de la manière voulue par Dieu.(19)
19. I. KERSHAW,
Hitler 1889-1936, p. 281.
Considérant ces Paroles que Abdruschin adressa aux Élus et aux Appelés en 1932, la chute d’Hitler était donc prévisible. L’erreur d’Hitler n’est pas d’avoir nommé son régime politique le troisième règne. L’erreur c’est, dans son impatience, de s’être approprié unilatéralement le rôle de Führer qui revenait, selon la prophétie du règne du Saint-Esprit de Joachim de Flore, au Saint-Esprit en Personne, c’est-à-dire à Abdruschin. Lui Seul devait être considéré comme le «grand transformateur de l’humanité», comme cet «inépuisable donneur de force» comme disait Joseph Goebbels(20) en se trompant sur le compte de Hitler. Comme avec Jésus, ce rôle de Führer, de Guide, n’était pas politique, mais spirituel. Dans le contexte des années 1920-1930 d’une Allemagne en faillite, Hitler devait prendre la direction politique du pays, non pas par la violence armée – comme en témoigne le putsch manqué du 8 et 9 novembre 1923 –, mais pacifiquement. C’est lui qui devait s’accaparer des guides politiques de l’Allemagne afin de gouverner le pays selon la Parole de Dieu. Ce n’est pas lui qui devait guider spirituellement le peuple allemand en élaborant et en appliquant une philosophie, sa philosophie, qui donnait une interprétation des fléaux du monde et des moyens d’en sortir. La Guidance spirituelle devait être Celle du Fils de l’Homme et de Sa Parole.
20. ABDRUSCHIN,
Le 21 août 1932, allocution inédite. Les parenthèses sont de nous.
Comme à l’époque de Martin Luther dans les années 1520, 400 ans plus tard dans l’Allemagne des années 1920-1930, les trois pouvoirs – spirituel, religieux et politique – étaient détenus par des personnes différentes: Abdruschin comme Représentant de Dieu sur terre, Ludwig Kaas pour l’Église catholique et Hans Meiser pour l’Église évangélique, et Adolf Hitler pour le pouvoir politique.
Le pouvoir Divin et spirituel devait être celui du Führer, Oskar Ernst Bernhardt/Abdruschin, et le pouvoir politique devait être entre les mains du président et chancelier du IIIe Reich allemand, Adolf Hitler. En ce qui a trait au pouvoir religieux institutionnel, la situation s’était cependant complexifiée depuis Luther et le pape Léon X. Au XXe siècle, le pouvoir catholique romain était alors représenté en Europe par le pape Pie XI – en fonction de 1922 à 1939 – et en Allemagne, l’Église catholique qui avait son emprise sur un tiers de la population, était représentée sur le plan politique par le parti Zentrum dont le chef était le prélat Ludwig Kaas. L’Église évangélique allemande – luthérienne, protestante – issue de la Réforme de Martin Luther, et soutenue par les deux tiers de la population, était divisée en 28 églises régionales séparées avec des orientations doctrinales différentes: elle n’avait donc pas de chef comme tel. Pour unifier l’église évangélique sur le plan national dans une «Église du Reich coordonnée», Hitler imposa comme évêque du Reich, Ludwig Müller, chef de file des «chrétiens allemands» en Prusse-Orientale. Müller dut utiliser la manière forte pour déposer les populaires évêques Hans Meiser et Theophil Wurm qui dirigeaient la résistance à l’intégration des églises indépendantes évangéliques dans la nouvelle Église du Reich.
Le «IIIe Reich», que Hitler évoqua et qui est de nos jours synonyme de régime nazi, trouvait ses origines dans les notions apocalyptiques d’un mystique du XIIe siècle, Joachim de Fiore, qui avait distingué trois âges: celui du Père, celui du Fils et l’âge à venir du Saint-Esprit. Plus récemment, l’expression avait été popularisée par un livre du néoconservateur Arthur Moeller van den Bruck paru sous ce titre en 1923: l’auteur y prônait un nouvel État, le troisième grand Reich après ceux du Saint Empire romain et de Bismark, appelé à supplanter la démocratie honnie de Weimar. Dans une déclaration fameuse, Hitler avait promis en 1923 que le «IIIe Reich» durerait mille ans. Mais, dès 1939, la consigne fut donnée à la presse d’éviter d’employer cette expression.(21)
21. Goebbels, est le ministre de la propagande et de l’information de Hitler qui se suicida avec son épouse (madame Goebbels empoisonna auparavant ses 6 enfants) la même journée que son maître Hitler, à Berlin, alors que les troupes soviétiques prenaient d’assaut la capitale de l’Allemagne en avril 1945.
En allemand, le mot Reich, qui veut dire «règne», désignait l’empire allemand, c’est-à-dire l’ensemble des états allemands soumis à une même autorité politique. De nos jours, les Allemands appellent l’Allemagne
Deutschland – la «terre des Allemands» – et, officiellement,
Deutsches Reich – le «règne allemand».
En 1938, l’
Anschluss, soit le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne – interdit par les Alliés après la guerre 1914-1918 lors des traités de paix de 1919 – , fut imposé par Hitler. Sur le plan spirituel, cela aurait dû signifier que le «règne allemand» était associé au «règne de Pâques» – puisque Autriche, en allemand, se dit
Österreich, ce qui signifie «règne de Pâques» – afin que le nouvel «État germanique de nation allemande» devienne le règne allemand de la Pâque, le règne allemand pour la régénération spirituelle de l’humanité. Le IIIe Reich devait donc être le troisième règne tel qu’annoncé par Joachim de Flore, celui du Saint-Esprit dirigé par le Fils du Saint-Esprit Abdruschin, et devait être aussi le règne des Allemands – et, dans un sens large, le règne de l’
esprit allemand disséminé parmi les peuples de race blanche. Le troisième Reich devait être le règne des Allemands comme peuple Appelé entre tous à devancer spirituellement les autres nations dans la nouvelle Édification de la Volonté Divine sur terre pendant le règne de Paix de mille ans promis dans l’Apocalypse de Jean.
L’histoire fait mention de trois Reichs allemands. Le Premier Reich appelé
Saint empire romain germanique(22) commença en l’an 800, avec le couronnement de Charlemagne, et dura jusqu’à l’an 1871. Dans les faits il se termina cependant en 1806, lorsque Napoléon supprima la couronne impériale. Mais de façon plus précise, le Ier Reich s’étale de l’an 962 avec Otton Ier qui revendiqua la succession politique de Charlemagne, jusqu’en 1648, c’est-à-dire jusqu’aux traités de Westphalie qui proclamèrent l’indépendance des princes de l’empire. Le IIe Reich dura de 1871 à 1918. Sous l’influence de Bismark, l’empire allemand est alors rebaptisé IIe Reich par Guillaume Ier. Suivra ensuite l’intermède de la République de Weimar. Quant au IIIe Reich, il est reconnu par les historiens comme étant celui de la dictature du Parti national-socialiste d’Adolf Hitler de 1933 à 1945.
22. I. KERSHAW,
Hitler 1889-1936, p. 975.
Hitler, conscient de la prophétie du troisième règne de Joachim de Flore, associa et superposa donc sur le plan politique et historique le règne du Saint-Esprit, soit le troisième règne spirituel annoncé par Joachim de Flore, et le règne de mille ans, au IIIe Reich politique allemand qu’il voulut fonder à la place du Fils de l’Homme. Le 1er mai 1937, Hitler parla de la grandeur, de la puissance et de la domination allemandes enchâssées dans l’art et dans l’architecture qui, pour un millier d’années, devaient donner une expression aux réalisations culturelles allemandes. En novembre de la même année, il évoqua la métamorphose de Berlin en «Germania», capitale du monde, et parla d’offrir une «ville de mille ans» à un «peuple millénaire héritier d’un passé historique et culturel millénaire»(23).
23. Aussi nommé Saint Empire ou encore Empire d’Occident.
Impatient, le «tambour» a donc décidé de prendre la place du Führer dont il avait la certitude intérieure qu’Il devait bien être quelque part, et dont finalement, contre toute attente, il découvrit l’existence suite à la traîtrise de la Disciple Iden Freitag-Tietze(24), une proche dans l’entourage de Abdruschin. Cette traîtresse porta à un homme de confiance de Hitler le manuscrit du livre Le Jugement Dernier qu’elle avait reçu médialement en présence de Abdruschin et qui racontait par avance l’écroulement de l’Allemagne nazie. À la suite de la trahison de la Disciple Iden Freitag-Tietze, comme pour Jésus qui a été trahi par Son Disciple Judas Iscariote, Abdruschin fut arrêté par la Gestapo en 1938 au Vomperberg en Autriche – près d’Innsbruck –, et placé finalement en résidence surveillée à Kipsdorf jusqu’à Son Décès, le 6 décembre 1941.
24. I. KERSHAW,
Hitler 1889-1936, p. 92.
Alors qu'Abdruschin résidait à la Sainte Montagne aussi appelée la
Montagne du Salut, sur le plateau du Vomperberg dans le Tyrol, Hitler, lui, avait sa résidence au Berghof, à 1200 mètres d’altitude au-dessus de Berchtesgaden en Bavière, dans l’Obersalzberg à la frontière autrichienne. 800 mètres plus haut, se trouvait son nid d’aigle (
Alderhorst), aussi appelé le D-Haus (
Diplomaten Haus) où il recevait les visiteurs étrangers importants triés sur le volet. Certains, comme le Gauleiter Giesler, de Munich, nommaient le Berghof, la montagne sacrée.
Hitler aurait pu trouver son Führer Abdruschin plus tôt, mais il a seulement attendu, il ne L’a pas cherché. Voilà pourquoi il ne L’a pas trouvé. Si sa recherche de la Vérité avait été sincère, il aurait trouvé Celui qu’il devait servir. Et lorsque, par hasard, il Le découvrit, Hitler Le fit emprisonner sous prétexte qu’Il était une menace à la sécurité de l’État. Hitler succomba donc à l’orgueil. Et sans Abdruschin, il devait marcher comme un somnambule qui se dirige directement vers l’abîme: «J’avance, disait-il, avec l’assurance d’un somnambule sur le chemin qu’a tracé pour moi la Providence»(25).
25. «Cette femme avait placé dans la main de Hitler des Communications de grande valeur, qu’elle avait été autorisée à recevoir dans le bureau de Abdruschin, et en Sa Présence. Dans ces Communications se trouvait indiqué que toutes les ténèbres seraient anéanties et qu’ensuite Imanuel (Abdruschin) étendrait Sa Domination sur toute l’humanité de la terre. C’était, toutefois, signifié spirituellement (et non pas matériellement, donc socialement ou politiquement). À travers ses relations avec Hitler, Iden Freitag-Tietze chercha à rendre Hitler attentif sur cette prétendue volonté de pouvoir de Abdruschin» (Témoignage de OTTO-ERNST FRITSCH. Les parenthèses sont de nous).
Tout compte fait, rétrospectivement, bien que la Providence lui eu donné la possibilité d’un rachat karmique envers la Lumière, il était cependant peu probable qu’il en profite parce que déjà, entre 1923 et 1927, alors que Abdruschin donnait Ses premières conférences publiques, Hitler – encore en liberté surveillée depuis sa condamnation avec sursis pour troubles de l’ordre public en janvier 1922 –, tentait de renverser l’État de Weimar par un putsch militaire en novembre 1923. Pour Hitler, la rédemption des Allemands ne pouvait venir que d’un soulèvement armé.
(En 1923), le pays était en faillite, sa monnaie, ruinée ... Le kilo de beurre coûtait 168 millions de marks ... L’épargne de toute une vie se dissipait en quelques heures. Les polices d’assurances ne valaient plus le papier sur lequel elles étaient écrites. Les bénéficiaires de pensions ou de revenus fixes se retrouvèrent avec de la monnaie de singe … Dans le courant de l’été, des grèves d’inspiration communiste ébranlèrent le pays … Les communistes préparèrent des insurrections révolutionnaires en Thuringe et en Saxe après qu’ils furent entrés tout à fait légalement dans le gouvernement de ces États ... La situation était épouvantable en Bavière comme dans le reste du pays. «Tels des spectres menaçants, le chômage et la faim frappent à de nombreuses portes», note un rapport de Souabe dans la seconde quinzaine d’août. Un rapport de Franconie donnait une idée de la détresse qui y régnait: la livre de pain noir coûtait un milliard de marks; le chômage grimpait en flèche; l’industrie n’avait pas de commandes; des foules de gens n’avaient pas les moyens de se nourrir; l’État ne pouvait même plus payer ses employés.(26)
26. I. KERSHAW,
Hitler 1936-1945, p. 747.
Dans ce contexte de crise généralisée, Hitler, avec l’aide des associations patriotiques d’extrême-droite, fomenta un soulèvement armé pour changer l’ordre social … sans la participation active des forces armées qui, cinq jours avant le putsch, avaient clairement indiquées qu’elles ne feraient rien contre le gouvernement légal de Berlin.
La situation catastrophique du pays favorisait l’émergence de partis d’extrême-droite comme le Parti national-socialiste qui étaient fondés sur l’activisme violent soutenu par une organisation paramilitaire. Sans la misère sociale comme catalyseur, l’activisme révolutionnaire qui se nourrit du mécontentement ne peut prendre racine dans la population. Et dans l’environnement social déjà explosif de cette époque, Hitler envisageait les réunions publiques de son parti comme autant de véritables feux d’artifices politiques. Avec sa devise «le combat!», les réunions du Parti nazi étaient tout, sauf paisibles.
Mesurant l’intérêt qu’il y avait à intimider les adversaires, apprenant les techniques de perturbations en même temps que les moyens d’y répondre, les réunions du NSDAP étaient destinées à susciter des affrontements de manière à faire parler du parti. Les affiches étaient de couleur rouge pour inciter la gauche (c’est-à-dire les communistes) à venir. Au milieu de 1920, Hitler conçut personnellement l’étendard du parti avec la svastika(27) dans un cercle blanc sur fond rouge pour lui donner un maximum d’impact visuel. Du coup, la foule se bousculait dans les salles bien avant le début des réunions, et la présence de nombreux adversaires garantissait une atmosphère explosive. Pour contenir les troubles, fut alors créé, au milieu de l’année 1920, un «service d’ordre», transformé en août 1921 en «section gymnastique et sportive», puis en «section d’assaut» (la SA).(28)
27. I. KERSHAW,
Hitler 1889-1936, p. 304-307. Les parenthèses sont de nous.
28. La svastika était le symbole du soleil chez les anciens Hindous.
Emprisonné le 1er avril 1924 à la prison de Landsberg, à 60 kilomètres de Münich, et fait hautement symbolique, placé dans la cellule numéro 7 – le 7 étant le chiffre de Imanuel/Parzival/Abdruschin –, c’est là, en juin 1924, qu’il commença à rédiger son livre
Mein Kampf (Mon combat).
Dans les années-clés 1923-1924, pendant que Abdruschin transmettait la Sainte Parole à l’humanité, Hitler, lui, rédigeait son
Mein Kampf et était déjà engagé sur la voie de l’antisémitisme pour contrer ce qu’il appelait le judéo-bolchevisme – le communisme dirigé par des Juifs –, et sur la voie de la conquête militaire de l’Europe pour sauvegarder «l’espace vital» allemand. Car, pour atteindre le millenium, le mouvement national-socialiste nécessitait dans sa fuite en avant la conquête de nouveaux territoires. Pour Hitler, le millenium n’était pas l’Édification du règne de Paix de mille ans selon la Volonté du Fils de l’Homme, mais bien l’édification de sa nouvelle société millénaire et matérialiste fondée exclusivement sur la pureté et la domination raciales; ce qu’il exposa dans
Mein Kampf en 1924/1925.
Hitler voulait devenir un héros du peuple allemand, comme Martin Luther, Frédéric le Grand et Richard Wagner l’ont été et commença au début des années 1920 à associer la grandeur du Führer de la nation tant attendu à lui-même. Dans un entretien accordé le 2 octobre 1923 au journal britannique
Daily Mail, Hitler aurait en effet déclaré: «Si un Mussolini allemand était donné à l’Allemagne, les gens tomberaient à genoux pour l’adorer plus que Mussolini ([1883-1945]le dictateur italien) ne l’a jamais été»(29). Ce Mussolini envers qui les Allemands tomberaient en pâmoison, Hitler, ce grand homme, ce «prophète», ce «génie», cet «humble», ce «loyal», cet «homme de foi», cet «homme de volonté», ce «chef politique», cet «éducateur», cet «éveilleur», ce «libérateur», cet envoyé du ciel comme beaucoup le croyaient, allait le leur donner en sa propre personne!
29. I. KERSHAW,
Hitler 1889-1936, p. 231. Les parenthèses sont de nous.
Tout en suggérant encore le «tambour», il avait déjà associé le pionnier qui ouvre la voie aux grands héros nationaux du passé. En tout cas, à l’en croire, il sentait «alors en lui l’appel au salut de l’Allemagne» tandis que d’autres percevaient dans ses propos des «accents franchement napoléoniens et messianiques».(30)
30. I. KERSHAW,
Hitler 1936-1945, p. 281
http://jetemoigne-hs...uple-appele.php
Maintenant, il reste à trouver d'autres sources pour confirmer cette version des faits. S'il y a un fond de vrai là dedans, nous touchons du doigt quelque chose de très important...
Do what must be done, do not hesitate.