gwelan, le 27 décembre 2011 à 23:31, dit :
Dès que tu mets des gens ensemble, et plus t'en mets ensemble, et plus tu as de causes de conflits potentiels. C'est quasiment mathématique. Je pense que la question de la résolution des conflits en zone urbaine, au point où nous en sommes aujourd'hui, ne peut que passer par une privation de liberté et des règlementations, voire des politiques sécuritaires renforcées, et ce, pour deux raisons : l'une parce que les gens qui vivent dans ces espaces sont majoritairement frustrés par leurs boulots, les transports, et et l'autre à cause de tous les désirs qu'ils se laissent implantés dans la tête sans avoir les sous pour les réaliser. La pression monte, et n'importe quelle raison peut faire un excellents transferts pour évacuer, libérer la tension qu'ils portent en eux. Mais ce type de conflit-là ne me semble pas forcément une bonne base de réflexion puisqu'il est artificiel, fabriqué.
J'ai tendance à penser que le conflit est nécessaire, c'est par le conflit que l'individu affirme sa réalité et çà commence très tôt. Beaucoup s'étonnent que la première chose qu'apprend un bébé c'est à dire non , alors que c'est une évidence, tant que les besoins sont satisfaits, il n'y a pas besoin de ponctuer la chose, pas besoin de dire quoique ce soit. Par contre si çà le fait pas, oui, là, il y a une nécessité à le faire savoir.
Donc, le conflit est quelque chose d'extrêmement sain ou naturel, ce n'est pas le conflit en lui-même qui pose problème, c'est bien plus la façon de le résoudre.
Des tas de gens attribuent une valeur au conflit lui-même : c'est pas bien, c'est pas cool, je ne sais quoi encore ... Je ne vois pas en vertu de quoi on devrait juger un conflit qui n'est que le constat d'un désaccord. On n'a pas le droit d'être en désaccord ? Là, je dirais même que dans cette optique, le conflit me semble indispensable !
Etymologiquement, çà vient de "ensemble (con) heurter (fligere)". Sauf à vivre dans une espèce de meilleur des mondes, à partir du moment où l'on vit ensemble on se heurte comme s'entrechoquent les galets du fond de la rivière. Çà rend les galets plus ronds, plus doux ; çà nous fait peut-être la même chose en fait, du moins, dans un environnement naturel (qui n'a bien sur rien à voir avec les concentrations extrêmes que l'on rencontre dans les grandes villes).
Je pars du fait que tu considères le conflit comme se "heurter" ensemble hein.
Je ne partage pas des masses le point de vue que tu énonces. Je pense qu'on peut se construire sans conflits et je pense même que c'est plus efficace. En effet certains conflits s'avèrent peut être nécessaires, pour certaines personnes, mais il y a également un espace d'échange entre les êtres qui est sans conflit aucun, même dans la plus extrême différence. Je veux dire sans se heurter, dans un échange normal quoi...
Je dirais même que le mode de construction de la personnalité par le biais du conflit est barbare et correspond presque aux gens de peu de vertu, qui ne peuvent imaginer, ou n'ont pas appris tout simplement, qu'on peut échanger et vivre sans se fritter... ils sont légion en effet, je te l'accorde. Mais ce que tu avances laisse croire que le conflit EST le mode de construction de la psyché humaine, dans sa construction, et j'ai tendance à penser que c'est UN mode, parmi tant d'autres, mais que je trouve déviant et archaïque. Déviant dans le sens ou dans beaucoup de cas, il est mal utilisé car la faute est rejetée sur l'autre au lieu de prendre en main sa propre responsabilité (ouais je me suis énervé, mais c'est de SA faute) du coup, il laisse derrière lui un gout de dissonance qu'on planque sous son bras en attendant que le corps nous parle... Maintenant, parfois on ne peut pas faire autrement, je ne dis pas le contraire, mais un truc qui devrait être une situation "extrême" dans ton discours, on dirait que c'est une généralité. Je ne le crois pas.
Ce n'est que mon humble point de vue
Citation
Je dirais même que le conflit est indispensable, c'est avec lui ou grâce à lui qu'on se construit, qu'on élabore ce qui nous ressemble. Il est aussi indispensable dans la mesure où c'est lui qui nous permet de réaliser que l'autre n'est pas nous-mêmes, que ses désirs peuvent être différents des nôtres, bref, que l'autre existe !
Et que l'autre ne soit pas nous même est il un fait qui engendre le conflit ?
Humm, faut il se fritter avec quelqu'un pour réaliser qu'il existe dans sa différence ?
Si on est éduqué avec cette conscience, de la différence, pourquoi se fritter ?
Si on se fritte, c'est parce qu'on veut que l'autre soit comme nous même ?
C'est un peu naif de penser que l'autre est comme nous même...
Non j'avoue, je ne comprends pas là...
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.