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Blocage du cours de la bourse ?


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7 réponses dans ce topic

#1 EcliptuX

EcliptuX

    Père fouettard

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Posté 07 mars 2003 à 10:39

Citation

BREVE : 6 mars 2003

Préparatifs d'état d'urgence financière


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Alors que les banques et les assurances connaissent la pire crise de l'après-guerre au niveau mondial, les gouvernements et hauts responsables de banques centrales débattent à huis clos des mesures à prendre pour faire face à un effondrement systémique. En Allemagne, Josef Ackermann, de la Deutsche Bank, a lancé un ballon d'essai au sommet bancaire d'urgence convoqué le 16 février : il a proposé la mise en place d'une « banque douteuse », à laquelle les banques transféreraient toutes leurs créances « douteuses ». Cela leur éviterait d'inscrire en pertes des sommes très importantes qui diminueraient encore leur capital. Ce projet suppose bien sûr que le gouvernement garantisse les prêts problématiques. Les premiers concernés par ce plan seraient la Dresdner Bank, la Commerzbank et l'Hypovereinsbank. Selon Ackermann, la Deutsche Bank n'aurait pas besoin de recourir à cette « banque douteuse », car elle utilise des swaps pour se protéger contre d'éventuels défauts de paiement.

En Grande-Bretagne, le Trésor britannique a présenté le 25 février un « document de consultation », dans lequel il propose des mesures financières d'urgence pour faire face à la menace d'effondrement financier et économique en « situation extrême », comme, par exemple, à la suite d'un attentat terroriste - ou d'une guerre contre l'Irak, pourrait-on ajouter. Dans ce cas, le gouvernement britannique prendrait le contrôle total de la Bourse de Londres, ainsi que d'autres systèmes-clef d'échanges financiers et de paiements. Selon un rapport paru dans le Financial Times de Londres, « les nouveaux pouvoirs permettraient au gouvernement de suspendre le commerce - gelant de fait le règlement de toute transaction - sur toutes les Bourses d'importance. » Dans ce contexte, le droit de porter plainte pour non-paiement contre une Bourse ou une société partenaire serait également suspendu. Dans les cas les plus graves, les ministres auraient le pouvoir de « diriger l'infrastructure financière de base », outrepassant les règles contractuelles et commerciales normales, écrit le Financial Times. Par exemple, les banques de compensation pourraient être forcées de suspendre certaines transactions afin de protéger les entreprises suite à un effondrement bancaire systémique.

De toute évidence, le gouvernement Blair laisse filtrer ce genre d'informations pour faire monter la psychose d'un attentat et justifier sa position sur l'Irak. Par ailleurs, la menace d'un acte terroriste, tout comme l'hystérie du « Bug de l'an 2000 », fournit une bonne occasion pour préparer des mesures financières d'urgence en vue d'un effondrement financier désormais inévitable.
Posté sur tt-france

#2 superyeti

superyeti

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Posté 07 mars 2003 à 12:18

Ecliptux l'article dit :


    La menace d'effondrement financier et économique en « situation extrême », comme, par exemple, à la suite d'un attentat terroriste - ou d'une guerre contre l'Irak, pourrait-on ajouter. Dans ce cas, le gouvernement britannique prendrait le contrôle total de la Bourse de Londres, ainsi que d'autres systèmes-clef d'échanges financiers et de paiements.

   Je crois plutot que le  contraire se  passerai ,la City a toujours commandé les gouvernements Anglais ,la City est un etat dans l'etat, méme le 1er ministre ou la reine d'Angleterre doivent demander la permission pour pouvoir rentrer sur le territoire de la City ,c'est celle-ci qui a la mainmise sur tout le systéme financier britanique et elle fait référence dans la finance mondiale et a votre avis qui commande les rouages de la City (le N.O.M) 8-o

#3 Homer

Homer

    Avocat du diable

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Posté 07 mars 2003 à 12:39

Je ne suis pas si sûr que ce soit une mauvaise chose de bloquer les échanges boursiers en cas de crise internationale.

Quand on voit la chute vertigineuse des bourses depuis un an et demi, on ne peut pas laisser les "humeurs du marché" continuer à ruiner l'économie. Il y va de la survie des entreprises et surtout de l'emploi... :-?

Souvenez-vous du New-Deal après la crise de 29. J'espère qu'on ne devra pas en arriver à une crise boursière pareille pour mettre un peu d'ordre dans tout ça...

#4 AJH

AJH

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Posté 19 juillet 2004 à 09:07

Homer, le Vendredi 07 Mars 2003, 12:46, dit :

Quand on voit la chute vertigineuse des bourses depuis un an et demi, on ne peut pas laisser les "humeurs du marché" continuer à ruiner l'économie. Il y va de la survie des entreprises et surtout de l'emploi... :-?
Bonjour

Merci de bien vouloir m'expliquer quelle est d'après vous la relation entre la bourse et la ruine de l'économie, si ce n'est les conséquences de l'éventuelle frilosité des banques, ce qui n'a plus rien à voir avec la bourse ... ?

L'état de la bourse a t-elle une quelconque incidence sur les capacités de production (donc l'emploi) et les pouvoirs d'achat (induits eux mêmes par l'emploi) ?

Cordialement

AJH

#5 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 19 juillet 2004 à 15:02

AJH,

Citation

Merci de bien vouloir m'expliquer quelle est d'après vous la relation entre la bourse et la ruine de l'économie, si ce n'est les conséquences de l'éventuelle frilosité des banques, ce qui n'a plus rien à voir avec la bourse ... ?

L'état de la bourse a t-elle une quelconque incidence sur les capacités de production (donc l'emploi) et les pouvoirs d'achat (induits eux mêmes par l'emploi) ?

Dans le système boursier actuel bien plus ouvert aux petits épargnants, les liens sont plus serrés entre bourse et pouvoir d'achat. Pour les nombreux investisseurs qui ont vu leur capital fondre comme neige au soleil après le crash d'avril-mai 2000, le pouvoir d'achat a directement baissé. Les grosses compagnies de placement se sont massivement déplacées vers des valeurs refuge comme l'or qui a vu son cours pratiquement doubler en quelques mois alors qu'il avait baissé de façon continue sur les 20 dernières années (enfin je crois me le rappeler), ou encore l'immobilier. Le reste des petits épargnants, ceux qui travaillent avec valeur ajoutée (par opposition à ceux qui font fructifier le capital par jeu boursier) a perdu du pouvoir d'achat ce qui a ralenti la circulation d'argent, qui au fond est le véritable indice de la santé financière d'un pays. Le climat boursier a également provoqué une baisse générale de la confiance, un sentiment de crise, qui a résulté en un ralentissement de la consommation qui a accentué la circulation d'argent.

Ensuite, il y a aussi le fait que les pressions des groupes d'investisseurs sont de plus en plus fortes et vont dans le sens, il me semble, de décisions à court-terme ce qui mène un peu à une fuite en avant (licencier du personnel pour faire remonter le cours, faire appel au off-shore), comme on a pu le constater avec Vivendi ou RTL qui ne contribue pas à raviver la confiance générale.

Aussi, petit à petit, et notamment par les jeux boursiers (le crash de 2000 a surtout affecté les petits investisseurs alors que les gros ont revendu juste avant le crash ce qui a eu pour effet de provoquer ce crash), plus de capital se trouve entre les mains d'un nombre de plus en plus restreint de gens, ce qui signifie que le pouvoir d'achat baisse pour une plus grande majorité de gens. Moins de pouvoir d'achat, c'est moins de consommation, moins d'argent qui circule, moins d'achats. Les capacités de production étant plus ou moins reliées à la demande du marché, il y a bien un effet de la bourse, même dilué, sur celles-ci. L'effet existe aussi dans l'autre sens, tout est interdépendant en économie.

Est-ce que ma vision de la cause à effet entre bourse et économie est naïve ?

Yann

#6 AJH

AJH

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Posté 19 juillet 2004 à 15:44

axolotl_requiem, le Lundi 19 Juillet 2004, 15:09, dit :

AJH,

Est-ce que ma vision de la cause à effet entre bourse et économie est naïve ?

Yann

Bonjour

Cette vision de causes à effets entre la bourse et l'économie est beaucoup moins simpliste que les affirmation à l'emporte pièce de "homer" sur lesquelles j'intervenait. Néanmoins je pense qu'on peut essayer de les analyser.

Vous écrivez " Dans le système boursier actuel bien plus ouvert aux petits épargnants, les liens sont plus serrés entre bourse et pouvoir d'achat. Pour les nombreux investisseurs qui ont vu leur capital fondre comme neige au soleil après le crash d'avril-mai 2000, le pouvoir d'achat a directement baissé."

Globalement, à part ce qu'on appelle les "introductions en bourse" où une société va rechercher des fonds auprès des épargnant en vendant des actions (du capital), le jeu de vente achat d'action est à somme nulle entre ceux qui "jouent" en bourse. Il est évident que les petits épargnants se font plus facilement plumer, mais qu'à la limite les gains "des grosses compagnies de placements" sont soit utilisés pour acquérir d'autres formes de capital (y compris les matières premières) qu'elles revendront, soit seront distribués entre leurs employés et leurs actionnaires. Il y a donc diminution d'un pouvoir d'achat pour certains, mais augmentation pour d'autres qui vont effectivement placer leurs gains dans l'immobilier par exemple : jeu à somme nulle.

Vous écrivez ensuite: " Le reste des petits épargnants, ceux qui travaillent avec valeur ajoutée (par opposition à ceux qui font fructifier le capital par jeu boursier) a perdu du pouvoir d'achat ce qui a ralenti la circulation d'argent, qui au fond est le véritable indice de la santé financière d'un pays."

Je ne suis pas certain que les petits épargnans ont perdu du pouvoir d'achat. Les intérêts versés sont toujours un peu supérieurs au à l'augmentation du coût de la vie .. mais soit , admettons le. Si les petits épagnants perdent, les gros gagnent... ils vont également dépenser.
Dire que la circulation d'argent est le véritable indice de  la santé financière d'un pays est un raccourcit un peu excessif. :-)

Vous dites ensuite " Le climat boursier a également provoqué une baisse générale de la confiance, un sentiment de crise, qui a résulté en un ralentissement de la consommation qui a accentué la circulation d'argent."

Je serai assez d'accord .. mais ce n'est pas seulement le climat boursier qui est le responsable du sentiment de crise : c'est aussi l'analyse (même intuitive) de chacun...
Ceci dit, baser l'économie sur la consommation (sans déterminer préalablement la "bonne consommation") est  un non sens qui peut amener aux pires abérrations écologiques...

"Ensuite, il y a aussi le fait que les pressions des groupes d'investisseurs sont de plus en plus fortes et vont dans le sens, il me semble, de décisions à court-terme ce qui mène un peu à une fuite en avant (licencier du personnel pour faire remonter le cours, faire appel au off-shore), comme on a pu le constater avec Vivendi ou RTL qui ne contribue pas à raviver la confiance générale."
Là je suis tout à fait d'accord ... mais ce n'est pas une conséquence directe (mon post à Hamer) qui créerait la ruine des économies . L'argent qui n'est pas distribué aux salariés (qui sont mis au chomage) l'est aux bénéficiaires des fonds de pensions .. ce ne sont "que" des transferts de bénéficiaires .

Je suis tout à fait d'accord avec votre conclusion " tout est interdépendant en économie" ... mais je ne pense pas que l'incidence des variations de la bourse soit si importante, ou du moins ne le serait pas si "psychologiquement" les journaux financiers ou les analystes de bourse ne prenaient pas leur ton catastrophé lorsque la bourse descends ... :-)
L'effet psychologique est plus important que l'effet réel.

Cordialement

AJH

#7 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 19 juillet 2004 à 16:33

AJH,

En fait, je ne voulais pas être si simpliste que cela dans mon explication. Disons que j'ai simplement tiré quelques relations de causes à effets entre bourse et économie, en les sortant de leur contexte chaotique. Globalement, je suis d'accord avec tes précisions.

Pour revenir sur le fait que la bourse est un jeu à somme nulle, j'en suis tout à fait conscient. Lorsque je parlais des petits et gros investisseurs dans la suite de mon post, ce que je voulais dire c'est que l'argent des petits avait filé dans les mains des gros avant le crash. En revendant massivement leurs actions high-tech et biotech, les gros ont échangé un bout de papier contre de l'argent, qu'ils ont réinvesti dans des valeurs de secteurs plus sûr. L'or étant au plus bas, ils ont pu l'avoir à un prix défiant toute concurrence et du fait de la demande accrue, ce prix a augmenté doublant virtuellement le capital investi en plein crash boursier. L'argent perdu par les nombreux petits investisseurs peu réactifs est passé dans les mains de quelques organisations. C'est-à-dire que de nombreuses familles ont subi un revers financier parfois traumatisant au bénéfice de superstructures expertes en finances et capables de manipuler les cours du seul fait de la quantité de titres qu'elles possèdent. Les perdants du jeu à somme nulle étant nombreux, le climat économique a facilement viré au sentiment de crise, relayé qu'il était par les journaux financiers, et les quelques scandales à la ENRON, WorldCom et autre Parmalat ont bien aidé dans ce sens. Je pense que c'est le climat psychologique qui est responsable de la crise plus que la bourse mais la bourse en a été l'un des principaux éléments déclencheurs.

Sans compter que certains pays du tiers-monde ont une économie basée sur la monoculture dont les prix sont fixés par les cours de bourse (café, chocolat, banane, sucre, riz, pétrôle, ...) et là il est clair que la bourse a un impact direct sur la vie des habitants de ces pays.

Les gains réalisés virtuellement par la revente des titres avant le crash et les investissements dans l'or ou le pétrôle ne sont pas forcément investis dans des activités à valeur ajoutée, mais continuent aussi de l'être dans le financier ce qui fait que beaucoup d'argent sommeille dans le circuit fermé de la spéculation au lieu de stimuler l'économie en encourageant les échanges commerciaux.

Enfin, je crois qu'il n'existe de crise que dans les esprits. C'est un sentiment subjectif qui nous fait avoir peur et épargner plutôt que de dépenser. La psychologie collective a beaucoup plus d'influence que la bourse si l'on parle d'influence directe. Néanmoins, la bourse a un effet direct sur la psychologie collective, relayée qu'elle est par les médias.

Citation

Dire que la circulation d'argent est le véritable indice de la santé financière d'un pays est un raccourcit un peu excessif.

Disons que la circulation d'argent est le symptome d'une activité commerciale. Beaucoup d'activité commerciale entraine en principe moins de chomage et une certaine répartition des richesses. C'est un peu l'exemple que tu as donné par ailleurs avec la dame de Condé. 100 euros virtuels ont permis un échange de travail: l'argent a circulé 6 fois et a permis un troc valué. C'est l'un des rôles initiaux de l'argent.

Après, libre à chacun de penser que trop de consommation est bien ou mal. Pour ma part, je suis pour une consommation qui respecte les ressources et n'abrutisse pas trop le monde mais c'est un autre débat et ton modèle éco-sociétal en cours me semble bien aller dans ce sens. :)

Yann

#8 AJH

AJH

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Posté 19 juillet 2004 à 17:14

Oui Yann, nous sommes quasiment d'accord sur tout ...
Ce n'est jamais très facile de préciser une pensée sur un forum, trop de choses à écrire ..
Viens nous rejoindre sur le "wiki" de l'écosociétalisme (www.societalism.org/tiki )
A@
AJH