Bonjour,
Bon, j'ai poussé un peu la recherche parce que cette histoire de possible survivance de Jeanne d'Arc m'a beaucoup intrigué. D'abord, le lien wikipédia sur Jeanne des Armoises.
http://fr.wikipedia....ne_des_Armoises
Ensuite, voici un lien des plus intéressant vers un article de Maurice GARÇON, Histoires curieuses, Libraire Arthème Fayard, 1959. Lui penche pour la théorie selon laquelle Jeanne des Armoises est une usurpatrice.
http://www.biblisem..../garcmmja.htm.
J'en ai copié certaines parties
Citation
Voyons les faits :
Jeanne d’Arc a été suppliciée le 30 mai 1431. Or, dans les registres contenant les comptes de la forteresse d’Orléans pour l’année 1436, c’est-à-dire cinq ans plus tard, on peut lire que le 9 août, on a donné deux réaux d’or à un certain Fleur de Lys, héraut d’armes, en récompense de lettres qu’il avait apportées à la ville de la part de Jeanne la Pucelle. Le 21 août, le frère de Jeanne d’Arc revenant de voir le roi et retournant auprès de sa soeur, reçut un viatique. Le 25 août, un messager, que Jeanne envoyait à Blois porteur de lettres, reçut encore quelque argent et, fin juillet, Fleur de Lys alla, aux frais de la ville, voir la Pucelle à Arlon en Luxembourg. Il en rapporta des lettres, ne fit que traverser Orléans, gagna Loches où il remit ses plis au roi et revint à Orléans le 11 septembre. On lui paya à boire parce qu’il disait avoir grand soif.
Ce document dont l’authenticité n’est pas douteuse est évidemment de nature à causer une grande surprise. Un second passage des mêmes livres de comptes est encore plus extraordinaire.
Le 28 juillet 1439, c’est-à-dire trois ans plus tard, et huit ans après sa mort officielle, la Pucelle vint en personne à Orléans. Elle y fut reçue comme étant Jeanne d’Arc et fort bien traitée, du 28 juillet au 1er août. Elle portait toutefois le nom de Jehanne des Armoises.
Lorsque ces documents furent découverts, leur examen causa une grosse émotion. Qu’on ne croie pas qu’il s’agit d’une nouveauté. Ils ont paru pour la première fois en novembre 1683 dans Le Mercure galant. La première phrase du doyen de Saint-Thibaud parut décisive : « Icelle année le XXe jour de mai vint la Pucelle Jehanne qui avait été en France. »
On fait grand état de ce texte. On oublie de dire qu’il a perdu toute valeur depuis qu’on a retrouvé un second manuscrit de la même Chronique. Le doyen de Saint-Thibaud, qui avait d’abord été dupé comme tout le monde, modifia sa phrase et écrivit : « En cette année vint une jeune fille, laquelle se disait la Pucelle de France, et jouant tellement son personnage que plusieurs en furent abusés, et par especial tous les plus grands. »
Il n’y a donc rien à tirer de la Chronique.
(...)
Dans le Journal d’un Bourgeois de Paris, en août 1440, il est dit : « En cestui temps en admenèrent une prétendue (pucelle) laquelle fut à Orléans très honorablement reçue. » Ces derniers mots ne permettent pas de douter qu’il s’agit bien de la dame des Armoises. Comme l’opinion commençait à s’émouvoir, l’Université et le Parlement la firent appréhender et conduire à la Cour où elle fut assez rudement interrogée devant le public sur la pierre de marbre. Le résultat fut désastreux. L’aventurière reconnut son imposture, son mariage, la naissance de deux enfants. Démasquée et donc désormais inoffensive, on l’envoya se faire pendre ailleurs.
(...)
En 1457, le roi René accorda des lettres de rémission à une aventurière arrêtée à Saumur pour diverses escroqueries. Elle était à cette époque veuve de Robert des Armoises et remariée à Jean Douillet, obscur Angevin. Il est dit dans cette pièce : « qu’elle s’était fait longtemps appeler Jehanne la Pucelle en abusant ou en faisant abuser plusieurs personnes qui autrefois avaient vu la Pucelle qui fut à lever le siège d’Orléans contre les anciens ennemis du royaume2 ». On n’a pas le droit d’ignorer ce texte.
Il démontre que l'auteur du livre sur la non mort de Jeanne d'Arc est bâti sur un contresens. Quelques citations :
Citation
Il imagine en effet que Jeanne d’Arc s’est enfuie par un souterrain qui, partant de la prison de Rouen, aboutissait sous la maison habitée par le duc de Bedford. Pour justifier cette solution romanesque, il cite un texte extrait du procès de réhabilitation : « Et quod dux Bedforiae erat in quodam loco secreto ubi videbat eamden Johannam visitari. » Il en tire que « sans bâtir de roman et sans travestir les faits le souterrain allait de la geôle à l’habitation du régent ».
On demeure confondu. Loco secreto n’a jamais voulu dire un souterrain, ubi est un adverbe de lieu exclusif de mouvement qui n’a le sens ni de quo ni de unde, videbat n’est pas solebat et visitari est un infinitif passif. Pour traduire convenablement la phrase il faut dire : « Le duc de Bedford avait une cachette d’où il pouvait voir Jeanne recevoir des visites. » Nous voilà loin du sens cherché !
Pour la substitution, il est vrai qu’il n’existe pas dans le dossier de procès-verbal d’exécution, mais il faut ajouter qu’à cette époque il n’en était jamais dressé. Touchant l’exécution elle-même, la démonstration ne supporte pas l’examen. Il est absolument sans fondement de dire qu’on mit à Jeanne une mitre en papier trop grande afin de lui masquer le visage et de pouvoir substituer une autre patiente, dont on ne cherche d’ailleurs même pas qui elle pouvait bien être ni où on serait allé la chercher. On joue pour le démontrer sur le mot « embronché » qui sert à dire comment était posée la mitre. Embroncher a deux sens. Il signifie d’une part voiler, et, d’autre part, pencher. Si l’on se reporte à toutes les reproductions – elles sont nombreuses – faites à l’époque pour représenter tant en France qu’à l’étranger les exécutions d’hérétiques, on peut voir qu’en signe de dérision la mitre était posée de travers. C’est ce qu’on fit pour Jeanne. Le participe embronché appliqué à un chapeau n’a jamais eu d’autre sens que mis de travers. Sur ce qu’étaient alors ces mitres nous renverrons à l’Intermédiaire 1931-533.
(...)
Pourtant on ne s’arrête pas là. On reprend, pour expliquer les ménagements qu’on aurait eus pour Jeanne d’Arc en la faisant évader, une vieille histoire dont on aurait pu espérer qu’elle ne renaîtrait plus. Il ne s’agit de rien de moins que démontrer que Jeanne d’Arc était en réalité une fille adultérine d’Isabeau de Bavière et du duc d’Orléans et par conséquent bâtarde d’Orléans.
Bon, ce texte donne un nouvel éclairage dans l'autre sens. Son argumentation tient vraiment la route et soulève quand même de gros lièvres. Il démonte pas mal d'arguments en faveur de Jeanne des armoises et ça remets vraiment les choses en question.
Ce site-ci est intéressant car il donne les arguments et contre arguments :
http://www.zetetique...org/jeanne.html
Après, il y a les sites en faveur de la théorie de la survivance comme celui-ci:
http://beaujarret.fi...s-armoises.html
Voir aussi ici :
http://daruc.pagespe...vers/jeanne.htm
J'ai trouvé une bibliographie sur le sujet à cette adresse avec les ouvrages récents mais aussi plus anciens sur Jeanne d'Arc:
http://chateaudejaulny.free.fr/crbst_13.html
Pour finir, voici un autre article très intéressant de Jacques Lorillou ainsi qu'un commentaire sur les liens entre Jeanne d'Arc et l'ordre des Templiers
http://hermetisme.over-blog.com/article-jeanne-d-arc-mode-d-emploie-2-45528051.html
Cet article est à mon avis des plus intéressant car il démontre clairement qu'il y a de grandes incohérences notamment dans l'éducation qu'à reçu Jeanne, cette petite qui était censée être un petite bergère du coin et qui a une formation militaire et aux bonnes manières.
Il y a moult sites qui parlent de cette question et faire le distinguo est parfois compliqué.
Finalement, après avoir lu un peu les divers arguments, j'en conclus ... qu'on ne peut rien en conclure ! Les deux versions se tiennent et les faits historiques ne nous aident pas car les sources se contredissent. Mais bon, il y a de grandes chances quand même que la théorie de Jeanne des Armoises soit concluante mais avec des doutes qui subsistent. Une chose semble certaine c'est que cette Jeanne des Armoises aie bien été prise pour Jeanne d'Arc pendant un temps et qu'elle montait à cheval et se battait comme feu Jeanne d'Arc ce qui dit en passant est plutôt rare pour une femme au XV eme siècle - enfin moins si on considère qu'elle était de sang royal et la demi sœur de Charles VII. Les arguments sont nombreux mais les incohérences aussi. Entre la date de naissance, les histoires de nom, la possible évasion avant le bûcher, la reconnaissance des frères et j'en passe, c'est bien difficile de se faire une opinion. Et ce qui est d'autant plus embêtant, c'est que les documents qui permettraient de nous éclairer sont hébergés au Vatican et donc bien gardés et ne peuvent pas être consultés. Ce qui tendrai à faire croire qu'il y a quelque chose à cacher et qu'il y a sûrement du vrai dans la théorie des survivalistes.
Ambrine
P.S. : Je viens pas ce que Sarko vient faire la dedans. Décidément, il s’incruste partout même s'il a pas été invité !
Ce message a été modifié par Ambrine - 06 janvier 2012 à 21:11.