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D. Lavanchy
Unité de Virologie, Division de la surveillance et du contrôle des maladies émergentes et transmissibles, OMS, Genève, Suisse
Les virus grippaux se répartissent entre les types A, B et C, plus des sous-types du type A. Les types A et B circulent dans les populations humaines et subissent de constantes mutations, si bien qu'un vaccin modifié doit être préparé chaque année. Il arrive qu'apparaisse un nouveau virus grippal contre lequel personne n'est immunisé puisque personne n'y a été précédemment exposé.
En mai 1997, le virus influenza A (H5N1) a été isolé chez un enfant décédé dans la Région Administrative Spéciale de Hong Kong. Avant mai 1997, on pensait que le virus H5N1 n'infectait que différentes espèces d'oiseaux, dont les poulets et les canards. Après l'apparition du premier cas, une surveillance intensive a révélé l'existence de 17 cas supplémentaires avant la fin de 1997, tous à Hong Kong. Six décès ont été constatés chez les personnes infectées. A ce jour (13.02.98), aucun nouveau cas n'a été signalé, le dernier ayant été détecté le 28 décembre 1998.
Chez l'être humain, les manifestations de l'infection par le virus grippal peuvent aller de l'absence de symptômes à la mort. Alors qu'en général, ce sont les personnes âgées et les jeunes qui sont le plus gravement touchés, le virus H5N1 provoque également des symptômes graves au sein des autres groupes d'âge. Toutefois, la gravité des infections observées jusqu'ici n'est peut-être pas représentative du spectre des manifestations de l'infection par le virus H5N1 chez l'être humain, des cas plus bénins n'ayant peut-être pas été hospitalisés.
La réponse de la communauté internationale s'est organisée autour de plusieurs grands axes :
- intensifier les activités de surveillance chez l'homme et les oiseaux.
- établir les caractéristiques des virus isolés à partir des 18 cas confirmés de H5N1
- déterminer comment ces personnes ont contracté l'infection.
- vérifier si d'autres personnes à Hong Kong et dans le sud de la Chine sont infectées par le virus grippal H5N1.
- recueillir d'éventuelles preuves d'une transmission interhumaine.
- préparer des virus de semence pour la mise au point d'un vaccin pour la souche H5N1.
Les virus isolés à partir des huit premiers cas présentaient tous les caractéristiques génétiques du virus aviaire de type H5N1. Les virus grippaux A en particulier sont connus pour muter facilement. Il se pourrait qu'une mutation conduise à l'apparition d'une souche H5N1 plus facilement transmissible.
La plupart des activités de surveillance ont été axées sur les hôpitaux, mais elles ont également été renforcées dans les services de consultations externes à Hong Kong et en Chine et, à partir du 8 décembre 1997, elles ont été étendues à tous les dispensaires de Hong Kong. La surveillance de la production et du transport des porcs et des volailles vendus sur les marchés a également été intensifiée à Hong Kong et dans les régions de Chine voisines de Hong Kong.
Parallèlement, le centre collaborateur de l'OMS pour l'étude de l'écologie de la grippe chez l'animal au St Jude's Research Hospital de Memphis (Tennessee, Etats-Unis d'Amérique) met au point un programme d'études épidémiologiques intensives sur des oiseaux et d'autres animaux à Hong Kong en collaboration étroite avec les autorités et l'Université de Hong Kong. Ceci devrait permettre d'identifier le réservoir naturel du virus et l'étendue de sa propagation dans la population animale. Les poulets ne constituent vraisemblablement pas un réservoir efficace du virus, puisqu'ils en meurent eux-mêmes lorsqu'ils sont infectés. Plus de 2000 échantillons ont été prélevés sur 12 espèces d'oiseaux et d'autres animaux. Les résultats préliminaires ont montré que le virus H5N1 a été isolé dans 10 cultures chez des canards domestiques et sauvages ainsi que chez des oies sauvages prélevés sur les marchés de Hong Kong avant l'abattage d'environ 1,6 million de poulets et d'autres oiseaux début janvier. Auparavant il n'avait été retrouvé que chez des poulets. Ces résultats ne permettent pas encore de déterminer définitivement la source initiale du virus H5N1. Ils n'indiquent pas non plus à ce jour si les canards domestiques appartenant aux exploitations d'élevage de Hong Kong ont été contaminés par ce virus.
Une équipe de chercheurs du centre collaborateur de l'OMS au CDC (Centers for Disease Control and Prevention) d'Atlanta a procédé à une enquête approfondie conjointement avec le centre collaborateur de l'OMS à l'Institut National des Maladies Infectieuses de Tokyo. Elle aide le Centre de la Grippe et le Département de la Santé de Hong Kong à évaluer l'importance de cette découverte et son impact pour la santé publique. Des échantillons de sang ont été prélevés auprès de membres des familles des personnes infectées, du personnel infirmier, d'autres contacts ainsi que de personnes n'ayant aucun facteur de risque d'exposition. Les résultats préliminaires montrent que chez les personnes ayant été potentiellement en contact direct avec le premier cas, moins de 1% se sont avérées positives (c'est-à-dire présence d'anticorps dans leur sérum). Un médecin ayant soigné le malade a été contaminé, mais aucune transmission n'a en revanche été signalée entre les membres d'une même famille. Bien que le mode exact de la transmission du virus H5N1 à l'homme n'ait pas encore été élucidé, aucune preuve tangible de transmission interhumaine n'a été recueillie. L'infection par le virus se fait probablement par contact direct avec des oiseaux vivants infectés. Les tests sérologiques ont confirmé que la transmission d'humain à humain est "relativement inefficace". Les risques de transmission à l'homme du virus H5N1 à partir de volailles crues, conservées au froid ou surgelées n'ont pas été démontrés. S'il est peu probable que le virus se transmette par la consommation d'aliments, il est recommandé d'appliquer les " Dix Règles d'Or " de l'OMS relatives à la préparation des aliments pour garantir une protection efficace contre toutes les maladies transmises par des volailles ; en particulier, bien cuire les aliments, éviter tout contact entre aliments crus et aliments cuits et bien se laver les mains lors de leur préparation.
A l'heure actuelle, l'OMS ne recommande pas la production d'un vaccin spécifique contre le virus H5N1. Toutefois, les centres collaborateurs de l'OMS pour la grippe travaillent sur différentes souches de virus H5 afin de préparer des virus réassortis à forte capacité de croissance susceptibles d'être utilisés au cas où un vaccin serait nécessaire. La préparation d'un vaccin pourrait prendre plusieurs mois après la sélection d'une souche appropriée.
En attendant, le centre collaborateur de l'OMS pour la grippe au CDC d'Atlanta a préparé un ensemble de réactifs pour le diagnostic du H5N1 qui a été distribué aux 110 centres nationaux pour la grippe de 82 pays qui constituent le réseau de surveillance de la grippe mis en place par l'OMS.
En l'absence de signes de transmission interhumaine du virus grippal H5N1, aucune mesure spéciale, restrictions aux voyages ou quarantaine par exemple, ne se justifie à Hong Kong ou ailleurs selon l'OMS.
Il y a deux ans, l'OMS a créé un groupe spécial d'experts sur la grippe. Ce groupe est en train d'établir un projet de plan de lutte mondiale contre les pandémies de grippe. Il prévoit notamment une intensification des activités de surveillance et d'identification des virus susceptibles de provoquer une pandémie, la diffusion d'informations, un soutien aux autorités sanitaires nationales notamment sur le plan logistique, le développement de virus de semence à forte capacité de croissance et des mesures propres à faciliter la production et la distribution de vaccins à l'échelon international. Enfin, ce plan recommande à chaque autorité sanitaire nationale d'élaborer son propre plan d'intervention d'urgence en cas de pandémie.
http://www.eurosurve...03/0303-121.asp
La survenue de tels événements, dont la probabilité est très faible, pourrait être favorisée par la densité de population à Hong Kong. L'émergence d'un virus A(H5N1) adapté à l'homme se traduirait alors par une situation épidémique explosive, qui, compte tenu des échanges internationaux et des moyens de transports actuels, atteindrait rapidement une dimension planétaire. Dans cette hypothèse, les moyens de lutte dont on pourrait disposer sont d'une part les antiviraux, l'amantadine et la rimantadine auxquels le virus est sensible, et d'autre part le vaccin, qu'il faudrait plusieurs mois pour produire en quantité suffisante.
http://www.john-libb...vir/2/2/99-101/
Mortel, le virus de la grippe?
En modifiant un des gènes du virus de la grippe, des chercheurs l'ont rendu mortel.
États-Unis
07/09/2001 - Des virologues ont étudié le virus de la grippe du poulet à Hong Kong en 1997 (virus H5N1 Influenza de type A), qui avait contaminé 18 personnes (6 en sont mortes) et provoqué l'abattage de plus d'un million de poulets. Ils ont constaté qu'en effectuant de menus changements sur le gène PB2, la puissance du virus s'amplifiait.
L'équipe de scientifiques de l'Université du Wisconsin, aux États-Unis, dirigée par Masoto Hatta, a expérimenté les deux variants du virus H5N1 sur des souris afin d'identifier le plus mortel. Les chercheurs ont ensuite recréé le virus en laboratoire en intervertissant les gènes du virus bénin avec ceux du virus mortel, puis ont effectué des tests sur des rongeurs. Ils en ont déduit qu'en transformant un élément de l'ARN (Acide ribonucléique) du gène PB2, le virus devenait pathogène.
Yoshihiro Kawaoka, virologue à l'Université du Wisconsin, écrit dans la revue science du 7 septembre que le virus de Hong Kong fait peur à la communauté scientifique car il se transmet directement du poulet à l'homme et parce qu'une de ses deux formes est très virulente. Elle tue en 36 heures et se propage jusqu'au cerveau.
Selon les chercheurs, le virus H5N1 est de nouveau réapparu en mai dernier à Hong Kong, provoquant l'abattage de 1,4 million de poulets. En juin, la vente des animaux sur les marchés a de nouveau été permise et un mois plus tard, le virus était de retour.
09/2001
http://www.cyberscie...r/3.0/N2475.asp
de nouveaux cas chez les animaux :
Influenza aviaire hautement pathogène à Hong Kong (région administrative spéciale de la République Populaire de Chine) : chez des oiseaux d'eau
Influenza aviaire hautement pathogène à Hong Kong (région administrative spéciale de la République Populaire de Chine) : rapport de suivi nº 1 (détection de la maladie dans des exploitations avicoles)
http://www.oie.int/f...FIS_35.HTM#Sec0
de nouveaux cas chez les êtres humains en février 2003 :
http://www.bag.admin...l_h5n1_bu10.pdf
Que faut il penser de tout ceci ? Peut être une prochaine pandémie style 1918 ?!











