Erétik, le 26 août 2011 à 04:39, dit :
Non ,pas d'apprentissage. Dans cette vie, malgres toutes tes expériences depuis ta naissance tu garderais toute ta vie la mentalité d' un nourrisson si tu n'avais pas la mémoire , de même que dans l'évolution tu resterais à l'état de profonde inconscience si tu n'avais pas que karma.
Erétik
La roue du karma, selon les écrits gnostiques, représente l'enchaînement des causes et des effets qui entraînent la souffrance et l'imperfection.
Plusieurs courants spirituels actuels inverse quelque peu les choses, comme il me semble le comprendre dans ton intervention, à savoir que le karma permettrait de peaufiner son niveau de conscience. J'ai envie de dire oui et non. Clarifier la conscience peut être une conséquence du karma, MAIS mais mais, pour cela il faut un état d'être adéquate : juste. Ce que j'essaie d'exprimer est que mettre tout sur le dos du karma, et particulièrement lui accoler la racine de notre "évolution" est quelque peu, pour moi, distordu. Le karma est l'enchaînement, la prison, selon les gnostiques et les divers courants ésotériques, c'est pourquoi l'humain aurait pour but de "sortir" de cette roue.
Le karma est tel un sac de billes dans lequel sont stockées les conséquences des actes, et donc les causes de nos créations à venir. C'est à dire la répercutions des agissements : douleur comme bien être : karma positif ou négatif. Selon les gnostiques, on peut parfaitement vivre et évoluer sans, si tant est que notre être se comporte de manière juste : la considération de l'autre. C'est la que l'interaction avec l'autre, l'écoute de ses ressentis, le respect, entre en ligne de compte et est bien plus "essentiel" qu'on peut le croire.
Agir en niant l'expression de l'autre, c'est refuser l'échange énergétique en marche et créer les blocages qui sont autant de distorsions dans la création de nos situations relationnelles (avec l'autre ou le monde). C'est un peu compliqué mais pour résumer, tu fais bobo à l'autre, tu crées une tension chez toi, car le Soi sait, et l'autre, c'est toi. Donc ce noeud énergétique (qu'on appelle communément culpabilité, mais il y a la culpabilité consciente, qui somme toute est plus juste, et l'inconsciente, enregistré par celui qui est, le Soi) va, par voie de cause à effet, t'amener à expérimenter dans cette vie ou une autre, ce que tu as "infligé" à l'autre dans ton manque de considération (et parfois d'échange, tout simplement). Et actuellement, je constate que le karma s'accélère, et ne suis pas la seule
Ceci dit le karma n'est pas l'outil de croissance de la conscience, mais notre comportement par rapport aux situations. Et cela change pas mal de choses, car au lieu de tout mettre toujours sur le dos du karma, cela pousse à opter pour une position juste en toute circonstance, donc une extrême responsabilité indépendamment de tout concept de "mémoire" ou de projections futures qui ne peuvent qu'être perçu, et teinté, par le mental.
Pour les gnostique, il existe bien un Dieu transcendant mais ce Dieu n'est pas le Dieu créateur ou plutôt pas directement. Ce n'est pas de lui mais de ses émanations que découle la création. Ces émanation sont les Eons, intermédiaires entre le Dieu ultime et la création.
Citation
Ce qui pourrait être (mais n'est pas) la "mémoire" serait les vasanas et samskaras. Disons "mémoire" pour simplifier, mémoire du futur ou du passé.
samskaras = désirs/pulsions/intentions
La mémoire relève du mental. L'expérience, la prise de conscience intervient dans l'être de tel sorte qu'après une prise de conscience, par exemple, l'être est à jamais changé, ne se comporte plus de la même manière. Et ce n'est pas mental, mais s'il a pu, à un moment ou un autre, aider à une prise de conscience. La prise de conscience n'est pas de l'ordre du savoir, mais bel et bien de l'être, de la manière de se comporter.
Les samskaras, et il est intéressant, même si quelque peu hors sujet, de créer des parallèles entre la gnose et le courant vedantique à ce sujet, ne sont pas les désirs/pulsions/intentions, mais les rigoles, les lits (de rivière) dans lesquels ces désirs/pulsions/intentions s'écoulent ou parviennent à l'être.
Exemple : j'ai une pulsion de rage parce que je me sens piqué, je me mets en colère en criant ou parlant fort. Cela pourrait aussi : je fais la gueule et me renferme sur moi même. Ou encore, j'exprime mon sentiment dans la paix et la considération de l'autre... La manière dont l'énergie émotionnelle, et de vie (instinct), s'écoule, c'est les samskaras. Il est à noter que ces samskaras sont imprimés chez l'humain aussi bien au niveau macro que micro psychologique : ce sont des mécanismes que l'on retrouve dans une société, mais dont nous marque également la famille, proche ou lointaine.
Le samskara en intrant est intéressant à travailler. C'est le véritable travail sur soi, sur le ménage à faire dans le mental : pourquoi me suis je senti piqué ? Car ces réactions émotionnelles ne sont que le symptôme d'une mésinterprétation du mental par rapport à l'extérieur. Et cela aussi relève de l'acquis ET de l'inné, qui finalement, pour l'inné, relèverait du karma. Ne plus réagir ne veut pas dire devenir passif, mais AGIR librement, en dehors de toute interprétation, et donc offre la possibilité d'agir de manière juste, donc de cesser de nourrir le sac de billes qu'est, beeennn, le karma.
Le juste n'est pas mental, c'est le danger à relever, on ne peut pas "réfléchir" à être juste. Le juste est énergétique, le mental étant l'outil permettant de l'appliquer dans l'incarnation (s'excuser, sermoner...). Et pour reprendre encore les écrits gnostiques et abonder dans le sens de la discussion, il se ressent dans le coeur (centre de l'être).
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.