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La culture libre comme alternative

culture libre alternative licence œuvre liberté subversion

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49 réponses dans ce topic

#1 ceolien

ceolien

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Posté 29 janvier 2012 à 23:29

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MESSAGE POPULAIRE !

Je voudrais partager avec vous mon expérience de la culture libre. Il me semble qu'un certain nombre d'inscrits sur ce forum savent déjà de quoi il est question, mais peut-être que ce n'est pas la majorité.

Il s'agit donc de la culture libre telle que décrite dans ma signature. L'article Wikipédia actuel, même s'il est sans doute encore perfectible, aide à se faire une idée du sujet :

http://fr.wikipedia....i/Culture_libre

Actuellement, l'introduction de cet article présente les choses ainsi :

Citation

La culture libre est un mouvement social qui promeut la liberté de distribuer et de modifier des œuvres de l'esprit sous la forme d'œuvres libres par l'utilisation d'internet ou d'autres formes de médias. Le mouvement de la culture libre puise sa philosophie de celle du logiciel libre en l'appliquant à la culture, dans des domaines aussi variés que l'art, l'éducation, la science, etc.
Les mécanismes juridiques des licences libres dédiés à la culture sont également inspirés du logiciel libre; l'utilisation des licences art libre ou creative commons a ainsi permis l'émergence de la musique libre et de l'art libre.
La culture libre défend notamment l'idée que les droits d'auteurs ne doivent pas porter atteinte aux libertés fondamentales du public. Elle agit, entre autres en utilisant de façon détournée les monopoles accordés par les droits d'auteur, à travers des licences libres, cela afin d'autoriser précisément les usages que ces lois proscrivent par défaut.

Il est donc notamment question, dans un sens large, d'œuvres sous licences libres ou sous licences ouvertes et que l'on qualifie aussi d'œuvres libres. Wikipédia elle-même est un exemple d'œuvre libre.

Concrètement, le plus petit dénominateur commun à toutes ces œuvres réside dans la possibilité pour tout un chacun de s'en procurer légalement une copie, gratuite ou non, à titre privé et de la partager librement et gratuitement avec qui l'on veut, comme on le souhaite ; pourvu que le nom de l'auteur et la licence demeurent clairement accessibles.

D'autres œuvres qui appartiennent à ce mouvement ont une licence plus permissive qui autorise la modification de l'œuvre originale, voire son exploitation commerciale. Certaines exigent qu'on redistribue sous la même licence les œuvres qui seraient dérivées de l'originale. On appelle aussi cela des licences « virales ».

Historiquement, comme l'indique Wikipédia, tout part du logiciel libre. Et cela s'étend ainsi à la musique, aux images et photographies, à l'audiovisuel, aux livres et BD, aux journaux et articles, aux jeux vidéo... Bref, à toutes les œuvres et produits culturels imaginables, mais pas seulement.

Saviez-vous en effet qu'il existe aujourd'hui des produits manufacturés dont la recette ou les modes de fabrication sont sous licence libre ? C'est le cas de l'OpenCola ou de la Free Beer par exemple. Ou bien encore du circuit imprimé Arduino.

La catégorie culture Libre de Wikipédia aide à recenser un peu tout ça.

Au-delà des œuvres elles-mêmes et dans un sens encore plus large, on parlera de culture libre pour désigner le mouvement culturel du libre en soi, avec ses acteurs, ses codes, ses modes d'organisation, ses valeurs, ses textes ou discours fondateurs, ses productions, ses luttes, ses réussites ou ses échecs, ses personnalités et structures emblématiques, ses mèmes... En gros, tout ce qui contribue à produire un agrégat social qui prend la forme d'une culture commune, avec aussi parfois ses divers courants.

Pour ma part, j'ai découvert le libre à la fois par le biais de l'informatique et de la musique.
Je cherchais un moyen de partager librement mes propres réalisations sur le web tout en étant clair sur les conditions d'accès et de redistribution.
C'est en effectuant des recherches que j'ai découvert le concept de licence libre et que j'ai compris que le système d'exploitation GNU/Linux, dont j'avais vaguement entendu parler et qui était encore assez confidentiel à l'époque (vers 2003-2004), était lui-même lié à l'origine de ces licences.

Aujourd'hui, je n'utilise plus que GNU/Linux et presque exclusivement des logiciels libres sur mon ordinateur, aussi bien à titre personnel que professionnel. Je lis des livres libres, j'écoute de la musique libre, je joue à des jeux libres, etc.
Bien sûr, j'accède encore aussi à du contenu non libre que j'achète ou que je consulte légalement car je suis totalement opposé, pour moi-même, au téléchargement illégal. Je sais que cela fera bondir certains et on pourra en parler si vous le souhaitez.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça maintenant ?

Tout simplement parce qu'il me semble que la culture et les œuvres libres sont méconnues et souvent sous-estimées quand ce n'est pas carrément méprisées. De même que leur potentiel n'est pas assez exploité.

L'une des valeurs fondamentales sur laquelle repose le mouvement culturel libre, c'est le partage du savoir.
C'est l'idée que la connaissance n'a pas de propriétaire, qu'elle appartient à tous, doit être partagée le plus largement possible et que nous pouvons tous y contribuer. La coopération et l'ouverture l'emportent sur la compétition et le secret. La base même du mouvement se situe là et c'est une idée aussi puissante que fragile.  

Puissante parce qu'elle est capable de bâtir en un rien de temps des réalisations autrement inimaginables, mais fragile parce qu'elle est hautement subversive et donc menacée.

Le système actuel, je ne vous apprendrai rien, ne fonctionne pas comme ça et n'encourage pas vraiment ces valeurs. Nous sommes littéralement conditionnés par ce système à la compétition, la défiance, l'égoïsme, etc.

Mais je pense qu'il peut être salutaire de savoir qu'il existe une troisième voie entre se laisser bouffer ou conditionner par le système et entrer dans une forme d'affrontement qui confine à l'illégalité.

Cette troisième voie c'est la culture libre et elle n'attend que votre soutien et vos contributions pour croître et se répandre.

Je lis par exemple, dans les débats autour de la fermeture de Mégaupload ou autres plateformes de téléchargement illégal, qu'il faudrait taper un bon coup sur les majors par la voie du boycott. Ou bien encore se radicaliser dans l'illégalité de façon à télécharger toujours autant de contenus sous copyright mais autrement.

Pour ma part cela va faire bientôt sept ans que je n'ai pas acheté de musique commerciale. Depuis l'ancêtre des lois crétines et liberticides d'aujourd'hui que fut la loi DADVSI en fait... Et je ne télécharge pas de musique sous copyright pour autant.

Comment est-ce que je fais ? Suis-je un hermite ? Allergique à la musique ? Mes oreilles sont-elles tombées toutes seules à force d'entendre politiciens et médias de masse raconter nawak ?
Non. C'est juste qu'au lieu de soutenir financièrement les majors du disque, dont la complainte face au piratage sert clairement d'alibi pour mieux nous museler, j'écoute, je soutiens et je crée de la musique libre.

Il y a tant à faire dans ce domaine ou dans d'autres secteurs du libre ! Et vous aussi vous pouvez.
Partagez et participez. C'est fait pour boudiou !

La culture libre existe. Elle est peut-être le germe du prochain monde et elle vous tend les bras.

Merci. :smile:

Ce message a été modifié par ceolien - 30 janvier 2012 à 11:15.

« Le principe de la culture libre est de proposer légalement des œuvres, des informations, des créations en libre partage pour tous. Il est question de proposer une alternative libre et d'œuvrer au maintien de cette possibilité. » - Wikipédia, article sur la culture libre (version du 10 mars 2011)

#2 ceolien

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Posté 31 janvier 2012 à 11:44

Bon, pas de réponses mais c'est pas grave. Je vois qu'il y a quand même eu pas mal de lectures du sujet. :grin:

Alors j'avance encore un peu sur le chemin en ta compagnie, toi qui me lit attentivement et peut-être même, osons le rêver, avec intérêt.

Donc, maintenant, je voudrais parler du côté convivial et social de la culture libre à travers quelques exemples vécus.

Pas plus tard qu'en ce début d'année, vous n'avez sans doute pas échappé au traditionnel échange de vœux. Et qui dit échange de vœux dit aussi parfois carte de vœux.
La chose se pratique jusque dans les entreprises qui rivalisent de créativité pour soigner leur image, entretenir leur réseau relationnel ou tout simplement échanger du positif.
Dans ma boîte, nous envoyons autant que possible nos vœux par e-mail et c'est moi qui suis chargé de concevoir la carte.
Nous ne faisons pas appel à des prestataires externes pour cela car nos moyens sont très limités.

Comme une carte illustrée c'est quand même plus sympa, je me suis rapidement trouvé face à l'impératif d'y intégrer une illustration ou une photo ; le reste étant composé par mes soins. Et je n'avais pas toujours le temps de m'occuper moi-même de ladite photo.
Dans ces cas là, on fait traditionnellement appel à une banque d'images. Mais cela a un coût que nous ne pouvons nous permettre. Et il est bien évidemment hors de question d'aller scanner ou télécharger n'importe quelle image pour l'intégrer à la carte. Sur les images ou photographies c'est comme le reste : il y a du droit d'auteur. C'est même encore plus compliqué que cela lorsqu'on souhaite utiliser une photo intégrant des personnes, car le droit à l'image entre alors en ligne de compte.
Or, en France, droit d'auteur et droit à l'image sont des notions avec lesquelles le législateur et les tribunaux ne plaisantent pas.
C'est là que la culture libre vient en partie à notre secours, nous les créatifs culturels souvent fauchés.

Vous connaissez peut-être déjà certains sites de partage d'images et de photographies. Et bien certains d'entre eux, tel que par exemple Flickr, proposent une fonctionnalité très intéressante qui est la recherche d'images sous licence Creative Commons, c'est à dire sous licence libre ou licence de libre diffusion.

Certaines de ces licences (CC-by, CC-by-nc, CC-by-nc-sa) autorisent la réutilisation de la photo dans une œuvre dérivée (comme ma carte de vœux). La licence la plus permissive est la CC-by qui permet la réutilisation de l'œuvre sous seulement deux conditions : citer l'auteur et indiquer la licence.

Pour mes cartes de vœux c'est parfait. Cela me permet d'y intéger n'importe quelle photo de mon choix sous cette licence, tout en retravaillant la photo comme je le souhaite en y ajoutant les effets qui me passent par la tête. Enfin, n'importe quelle photo... pas tout à fait !
Comme je le disais plus haut il faut tenir compte du droit à l'image si la photo comporte une personne bien identifiable ou même, encore plus insidieux, une autre œuvre de l'esprit voire une propriété privée.
Il faut donc être assez prudent et, au moindre doute, ne pas hésiter à s'adresser à l'auteur de la photo.

Et c'est ce que j'ai donc dû faire cette année, puisque ma carte de vœux intégrait la photo d'une personne ; photo sous licence CC-by.

Me voilà donc parti pour contacter l'auteur qui se présentait en anglais, lui demander si je pouvais réutiliser sa photo pour ma carte et surtout si la personne figurant dessus était bien d'accord.

Quelle ne fut pas ma surprise de me voir répondre dans l'heure et dans un français impeccable !
Il s'agissait en fait d'une jeune femme des pays de l'Est trop contente d'avoir l'occasion de pratiquer le français qu'elle avait appris à l'école. Elle me confirma qu'en principe, vu la licence, il n'y avait aucun soucis mais qu'elle allait quand même devoir demander à son amie figurant sur la photo si elle était toujours ok avec le principe. En effet, la photo en question commançait à dater. Elle lui avait bien expliqué à l'époque de quoi il retournait avec ces histoires de licence, mais cela demandait un p'tit rappel.

Le lendemain, nouvel échange de courriels : la personne sur la photo était d'accord et j'avais carte blanche pour ma carte de vœux.
Une carte que je n'ai pas manqué de lui envoyer dès le travail fini.

Voilà donc illustré pour toi, cher lecteur, chère lectrice, ce que peut donner en vrai une démarche d'utilisation de contenu sous licence libre.

Moi c'est aussi ça que j'adore avec le libre. C'est ce côté humain et fraternel, ces situations d'échanges cordiaux et de découverte. C'est le fait aussi qu'on n'a pas à se comporter comme des sauvages en se pillant les uns les autres parce qu'il n'est même pas question de ça dès le départ.

Tout est clair et incite au partage.

Vous me direz que ça peut très bien être pareil avec du contenu copyrighté jusqu'au trognon ; qu'un auteur pourra m'autoriser en faire autant avec sa photo sous copyright ou sans mention de licence, si je le lui demande gentiment. C'est pas faux...
Sauf que dans les faits c'est loin d'être aussi simple, parce que les crédits photos ne sont pas toujours très clairs lorsqu'il s'agit de contenu protégé et qu'il y a de bonnes chances pour que les auteurs de matériel copyrighté se montrent beaucoup plus frileux, si tant est qu'ils soient aisément joignables. Je ne parle même pas des aspects commerciaux bien sûr.

Bon là vous avez eu un exemple par l'image, sachant que, dans tous les cas, vous êtes toujours libres de télécharger une image sous licence libre pour votre usage personnel.

Mais j'ai bien d'autres exemples en réserve dans d'autres domaines et dont je vous parlerai bien volontiers par la suite.

Au plaisir de me découvrir lu et peut-être, soyons fous, de vous lire ici à mon tour ! ;)

Ce message a été modifié par ceolien - 31 janvier 2012 à 11:50.

« Le principe de la culture libre est de proposer légalement des œuvres, des informations, des créations en libre partage pour tous. Il est question de proposer une alternative libre et d'œuvrer au maintien de cette possibilité. » - Wikipédia, article sur la culture libre (version du 10 mars 2011)

#3 lembal

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Posté 31 janvier 2012 à 12:04

Question bête, hein, bien que je sois d'accord avec toi étant moi-même un acteur du libre (avec Linux et tout et tout) :

Comment qu'on est payé ? Tout travail mérite salaire. Comment la culture libre permet de rétribuer la création d'un morceau de musique, d'un livre ou d'un logiciel ? Pour peu qu'on veuille vivre du fruit de son travail... :roll:
L’obligation de subir nous donne le droit de savoir. (Jean Rostand)

#4 tecno

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Posté 31 janvier 2012 à 12:12

Question toute bête aussi .

Pour éviter toutes les complications de "droits à l'image" entr'autres ,pourquoi ne pas partir soi-même de ses propres photos ? Le terme" création " n'en serait que plus exact ! Rien n'empêche de s'inspirer des autres si l'on est en manque d'idées ,mais le fait de travailler sur ses propres documents apporte quand même un sacré plus !
«Tout ce qui est excessif est insignifiant.» [ Charles-Maurice de Talleyrand ]

#5 Catarineta Tchi Tchi

Catarineta Tchi Tchi

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Posté 31 janvier 2012 à 12:16

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Y'a surement plusieurs raisons pour lesquelles les gens ne répondent pas, et les deux que je vais retenir sont :
- ils n'ont pas compris et ne s'y intéressent pas,
- ils sont complètement d'accord et ils ne voient rien à ajouter.

Bon donc, je voyais rien à ajouter... mais c'est vrai que c'est sympa d'approfondir la question du "libre".
Quand mes élèves me demandent si elles peuvent reprendre un bout de choré pour la travailler dans un autre contexte hors de mes cours, je leur répond invariablement "Oui ! Les mouvements, je les ai combinés pour donner au corps une certaine forme sur la musique, mais est ce que ces mouvements m'appartiennent ? Non".
Ca c'est la première raison. La deuxième est que si ego il y a, dans le sens ou ca me fait bien plaisir qu'on reprenne mes chorés, je ne vois pas au nom de quoi je devrais enfermer mon travail dans le but de gagner de l'argent, ou dans le but de me congratuler auprès d'autres personnes. C'est là que je vois les limites de l'ego. Mon concept, je donne comme je peux, et je récolte... sans me soucier de ce que je récolte, mais en me concentrant sur la qualité de ce que je sème.

Une chose est sûre, de mon point de vue, ça marche. Je vis bien.

Donc pour en revenir à la musique par exemple... un homme me disait l'autre fois qu'il trouvait incroyable de devoir payer des droits sacem pour un bal gratuit.
Cela montre une première dérive, on demande de l'argent même quand les gens ne se font pas d'argent.
Secundo, dans l'industrie musicale, on ne fait plus de la musique par amour de l'art, mais pour se faire du pognon, ce qui explique les merdouilles que l'on entend souvent à la radio. Des reprises, des ziks sans fonds, difficiles à écouter. Alors d'accord, il en faut pour tous les gouts, mais je pense que lorsque c'est pour faire du blé, ca n'appelle pas à la créativité mais bel et bien à une musique "pour plaire" "consensuelle" parce que la plupart des gens aiment ca. Ca tue l'originalité et la créativité en général...

Donc en effet, je pense que c'est l'avenir, ce truc, cette... philosophie. Les musiciens sont avant tout des saltimbanques, qui vivent de leur création... quand leur création s'éloignent trop d'eux, je ne vois pas au nom de quoi ils devraient gagner du pognon dessus, mais eux, les producteurs, voient bien la poule aux oeufs d'or.
Dans l'optique de la musique Libre, je pense qu'on a plus de choix, et on peut, sans passer par un intermédiaire, récompenser l'auteur de ce que nous apprécions à hauteur de ce que nous pouvons, ce qui me semble, de plus, plus "égalitaire".
Radio head avait je crois (on me l'a dit) mis en vente son album sur internet et ceux qui téléchargeaient pouvaient donner le montant qu'ils voulaient en échange. Je trouve que c'est un excellent compromis.

D'ailleurs, le dernier spectacle de théâtre que j'ai fait avec des enfants, je le trouvais, à la répétition, trop pourri. Donc, au moment de faire entrer le public dans la salle, j'ai dit à la présidente de l'asso, qui avait pour habitude de faire payer l'entrée environ  3 euros, de faire entrer les gens gratuitement. Vu que les caisses du spectacle me revenaient en prime de fin d'année, ils ont accepté, après tout, c'était mon pognon.
Et bien, à ma grande surprise, les enfants ont joué comme des bêtes, c'était top. Vu qu'ils avaient foiré la répèt, ils avaient mis les bouchées doubles, c'était juste génial. Une petite pièce humoristique devant laquelle les parents se bidonnèrent pendant 1h.

A la fin, on remballe, et la présidente de l'asso vient me voir : "Cat, t'as pas un chapeau ? les parents veulent donner quelque chose".
Elle m'a piqué un chapeau et me l'a rendue plein de biftons et de pièces. Quand j'ai fait le calcul, il y avait trois fois plus que ce que nous aurions reçu si nous avions fait payer l'entrée... Incroyable. A partir du moment où les parents ne se sont pas sentis forcés sur une somme, ils ont donné à hauteur de ce à quoi ils avaient assisté... et ben c'était bien davantage que 3 euros l'entrée !
On s'est fait un bon goûter avec les mômes.

Nala pour ma participation, ouais je sais c'est long, c'est un peu perso... mais bon, chu comme ça moé :D Désolée...
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#6 Poussière d'étoiles

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Posté 31 janvier 2012 à 13:03

Le problème d'un créateur c'est qu'il doit quand même pouvoir vivre de son travail et dans beaucoup de disciplines artisitiques ce n'est pas le cas, de même puisque tu parles de musiques, comment être sur que c'est le créateur lui même qui diffuse sur un site libre son morceau où son montage/film etc... et pas un petit rigolo,un fan,un concurrent etc...
La diffusion libre est acceptée sur les sites officiels des artistes et là dessus je connais pas de loi qui l'interdit et ce n'est que justice pour le créateur que se soit son propre site qui diffuse plutôt qu'un autre!
My2cents ;)

#7 axus

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Posté 31 janvier 2012 à 13:34

Je pense que tu sous-estime la quantité de personnes qui sont au courant de ce genre de chose.
Pour l'informatique, je crois qu'il n'existe pas une personne qui a approché le domaine professionnellement, même d'un peu, et qui ne connait pas au moins Open Office.
Ensuite, pour la musique et la photographie, les banque d'images et de son, sont aussi très connues et utilisées.

Personnellement je trouve ça très bien. Mais il faut se rendre compte que toutes les personnes , ou au moins une grande majorité, qui participent à ces projets, le font dans le cadre d'un loisir, ou libèrent quelque chose créé pour un besoin privé.
Ce qui veut dire qu'ils ont tous une activité lucrative à coté, dans le même domaine ou non.

Certainement que ce système permet de créer des choses plus utile ou plus belle, parce qu'elles ne sont pas motivée uniquement par l'appât du gain, mais je ne suis pas sûr qu'on puisse basculer à l'opposé et oublier le système des licences fermées.
Ou alors l'art, la musique et le développement informatique disparaissent en tant que métier, et tout le monde le fait comme loisir, avec parfois un bonus si les gens aiment et veulent remercier.

Parce que même si j'aime l'image baroque du saltimbanque, de l'artiste de rue qui vit uniquement de mécénat, d'amour, d'eau fraîche et de culbute d'aristocrates; garantir de quoi vivre me semble un minimum.

#8 Catarineta Tchi Tchi

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Posté 31 janvier 2012 à 13:43

Citation

Parce que même si j'aime l'image baroque du saltimbanque, de l'artiste de rue qui vit uniquement de mécénat, d'amour, d'eau fraîche et de culbute d'aristocrates; garantir de quoi vivre me semble un minimum.

Quand on voit que pour un simple spectacle pour enfant, par le système de rémunération libre, tu obtiens trois fois plus que prévu.. je pense que "de quoi ivre" est largement garanti.
A partir de ce principe de vie, je suis aujourd'hui en position de redisdribuer le trop plein envers mes élèves.
Ca s'appelle cqfd.
Ce que je propose, par exemple aux artistes qui sont ici, c'est de faire l'expérience plusieurs fois. Exemple : vous écrivez un livre, sur votre site, vous le vendez au prix décidé par l'acheteur, idem pour la musique, prochain petit concert, vous faites l'entrée au prix de ce que les gens veulent donner... vous faites des toiles, des photos ? Pour une expo, un jour, vous mettez le prix à hauteur de ce qu'en veux l'acheteur (en mettant par exemple, un prix minimum qui correspond aux couts de la production) attention, il faut que cela se sache... après vous comparez avec ce que vous gagnez habituellement.
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#9 axus

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Posté 31 janvier 2012 à 14:09

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 31 janvier 2012 à 13:43, dit :

Citation

Parce que même si j'aime l'image baroque du saltimbanque, de l'artiste de rue qui vit uniquement de mécénat, d'amour, d'eau fraîche et de culbute d'aristocrates; garantir de quoi vivre me semble un minimum.

Quand on voit que pour un simple spectacle pour enfant, par le système de rémunération libre, tu obtiens trois fois plus que prévu.. je pense que "de quoi ivre" est largement garanti.
A partir de ce principe de vie, je suis aujourd'hui en position de redisdribuer le trop plein envers mes élèves.
Ca s'appelle cqfd.
Ce que je propose, par exemple aux artistes qui sont ici, c'est de faire l'expérience plusieurs fois. Exemple : vous écrivez un livre, sur votre site, vous le vendez au prix décidé par l'acheteur, idem pour la musique, prochain petit concert, vous faites l'entrée au prix de ce que les gens veulent donner... vous faites des toiles, des photos ? Pour une expo, un jour, vous mettez le prix à hauteur de ce qu'en veux l'acheteur (en mettant par exemple, un prix minimum qui correspond aux couts de la production) attention, il faut que cela se sache... après vous comparez avec ce que vous gagnez habituellement.

Oui bien sûr, mais il me semble que tu entre dans la catégorie loisir. Enfin je veux dire par là que, la recette du spectacle en question ne représente pas ton revenu, mais un bonus ? Parce que, a fortiori dans ton cas où finalement la représentation dépend non seulement de ton travail, mais de celui des enfants, tu n'es pas garantie que la qualité artistique de tes idées sera représentée par les acteurs, ni même la qualité de ton enseignement.
Aussi, les acteurs ici sont bénévole, pas besoin de partager ce revenu, pas de charge pour utiliser la salle et l'entretenir.
Sans compter que, dans le cadre du spectacle d'enfant, faut prendre en compte l'aspect affectif très exacerbé, qui poussera les parents à être plus généreux face à l'accomplissement de leur progéniture.

Mais pour en revenir vraiment au point. Serais-tu prête à abandonner tout autre revenu et vivre uniquement sur la recette possible de tes spectacles ? Tu as gagné de quoi vivre combien de temps ? Combien de fois par année devras-tu refaire un spectacle avec une recette similaire pour avoir de quoi vivre ? Est-ce que tu pense que les parents seront toujours aussi généreux si la fréquence devient importante ?

#10 lembal

lembal

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Posté 31 janvier 2012 à 14:19

Je vais essayer ça avec mes clients : leur demander de ne me payer que ce qu'ils veulent, en fonction de leur appréciation de l'outil informatique - et aussi un peu de ma prestation, parce que ça compte ! -, bien je risque de ne pas voir mon salaire augmenter... :lol:
L’obligation de subir nous donne le droit de savoir. (Jean Rostand)

#11 Catarineta Tchi Tchi

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Posté 31 janvier 2012 à 15:08

Voir le messagelembal, le 31 janvier 2012 à 14:19, dit :

Je vais essayer ça avec mes clients : leur demander de ne me payer que ce qu'ils veulent, en fonction de leur appréciation de l'outil informatique - et aussi un peu de ma prestation, parce que ça compte ! -, bien je risque de ne pas voir mon salaire augmenter... :lol:
Qui sait ?
Ton rapport avec tes clients est bien quelque chose de négocier ? Non ?
Si tu fais trop cher, tu vends rien non ?
Négocier, c'est pas aussi laisser la liberté à ton client d'opter pour tes services ?

Citation


Mais pour en revenir vraiment au point. Serais-tu prête à abandonner tout autre revenu et vivre uniquement sur la recette possible de tes spectacles ? Tu as gagné de quoi vivre combien de temps ? Combien de fois par année devras-tu refaire un spectacle avec une recette similaire pour avoir de quoi vivre ? Est-ce que tu pense que les parents seront toujours aussi généreux si la fréquence devient importante ?

Intéressant Axus. Pour tout t'avouer, dans mon activité, je pratique des prix très bas... des prix qui, selon les calculs prévisionnels fait au commencement de cette activité, ne m'aurait pas permis de vivre (début de l'activité il y a deux ans). Cette année, je me retrouve avec des bénéfices qui n'étaient donc absolument pas prévus.

Il y a plusieurs raisons à cela je pense :
1. En effet, des gens ont fait appel à moi au départ parce que c'était moins cher.
2. Une fois travaillant avec moi, ils se sont aperçu qu'en plus, la qualité n'était pas moindre. (souvent on a des produits de merde pour des prix modiques, du coup ça justifie qu'on se la ferme, bref). En tout cas, ils reviennent.

Ceci dit, dans cette activité, je ne peux pas me permettre d'appliquer "vous donnez ce que vous voulez". Mais je pourrais imaginer par exemple, le jour ou j'ouvrirai un centre (pour le corps) de mettre un prix libre dès la base, avec un prix minimum incluant les frais divers.

Ce n'est pas ce qu'il se pratique actuellement, on en est arrivé à des marges faramineuses, notamment dans la grande distribution et justifiée par le fait de payer des gens qui ne bossent pas, ne participe pas, qui n'ont meme souvent pas conscience dans quoi leur argent est investi.

Bon pour répondre à tes questions :

Citation

Enfin je veux dire par là que, la recette du spectacle en question ne représente pas ton revenu, mais un bonus ?

En effet, dans le cadre de cette expérience là. Je touchais un "salaire" pour un cours donné par semaine (meme si je peux t'avouer que c'est le genre de taf que je peux largement faire gratos) et la recette du spectacle était ma prime bonus de fin d'année (Juin). Ceci dit, je pense que la question est tout de même extensible à la notion de revenu... quand on est à son compte et non pas salarié (quoi que le salariat est un contrat et certains sont payés selon les fruits de leur travail).

Citation

Parce que, a fortiori dans ton cas où finalement la représentation dépend non seulement de ton travail, mais de celui des enfants, tu n'es pas garantie que la qualité artistique de tes idées sera représentée par les acteurs, ni même la qualité de ton enseignement.

Je ne suis pas entièrement d'accord. La représentation dépend de mon travail puisque c'est à moi qu'on a confié la tâche. Si j'endosse cette tache, c'est pour développer les enfants les moyens de mieux jouer. Et c'est d'autant plus vrai que ce sont des enfants. Ca c'est le travail d'équipe. Je ne suis garantie de rien, mais je suis responsable d'une part de la représentation.

Citation

Aussi, les acteurs ici sont bénévole, pas besoin de partager ce revenu, pas de charge pour utiliser la salle et l'entretenir.

Pourtant ils ont été rémunérés, par un goûter... :grin: Dans le cas d'acteurs payants, c'est une autre histoire.

Citation


Sans compter que, dans le cadre du spectacle d'enfant, faut prendre en compte l'aspect affectif très exacerbé, qui poussera les parents à être plus généreux face à l'accomplissement de leur progéniture.
Ca c'est vrai. Mais si on transpose à un groupe qui ravit son public... bon c'est du kif kif. Tant qu'ils font du bon boulot, les musicos, je ne vois pas pourquoi on donnerait pas, surtout si c'est installé dans les moeurs.

Citation

Serais-tu prête à abandonner tout autre revenu et vivre uniquement sur la recette possible de tes spectacles ?

Honnêtement ? Si je me lance dans le spectacle, je te garantie que les entrées seront à prix libres. Après, si je pourrai en vivre... je ne sais pas.
Toutefois, je vis sur cette conception des choses, c'est à dire que sans l'appliquer totalement. Je me dis que même si je fixe un prix, c'est la qualité de mon travail qui compte et non pas ce qu'il me fait gagner. J'ai toujours fonctionné ainsi, même dans le privé, jusqu'à ce pendant deux ans, je fasse un taf payé royalement alors que je me faisais chier comme un rat mort et avait l'impression de jouer dans une pièce de théâtre (ou comment vendre des bouts de papelards établis par des "ingénieurs" qui étaient désarmés devant la complexité du mécanisme de descente d'un store, 2000 Euros, sans rien foutre, parce que le pseudo client avait besoin de toute façon, de ce bout de papelard, pour vendre ses produits).
Bref, dans un souci d'équité, je vais pousser cette expérience dans un autre domaine de ma vie et je reviendrai vers vous pour vous dire si ca marche bien ou pas.

Citation

Est-ce que tu pense que les parents seront toujours aussi généreux si la fréquence devient importante ?

C'est simple, s'ils sont satisfaits oui. Si je fais un taf de merde, non.
Mais si je fais un taf de merde, à quoi cela me sert que je me décarcasse ?

Tu vois ce qui est drôle dans nos sociétés. C'est par exemple, qu'on a peur de la concurrence. Et par exemple, dans mon domaine, c'est pénurie. Les profs de danse disparaissent, se découragent vite. Parce que par peur de la concurrence, on n'ose pas, tout simplement.
Moi je pense qu'il y a de la place pour tout le monde, que la concurrence ne doit pas se faire uniquement en fonction du prix, mais simplement sur la qualité du travail, nos gouts et nos couleurs. Et si tu réfléchis bien, ça peut marcher pour les meubles, pour les services... pour beaucoup de domaines en fait. Cette peur de la concurrence amène justement aux pénuries, parce que la centralisation reste le meilleur moyen de tuer la concurrence. Et cette concurrence là est déloyale, parce que d'une part faite par avidité, et non pas dans l'optique de service (a l'emploi et au consommateur) et d'autre part elle tue les plus petits, l'originalité, la créativité et donc l'innovation par l'expérience. On en arrive même à une uniformisation des produits et services.
Je ne suis pas vraiment en accord avec cela. De mon point de vue, cela créer une involution sournoise plutot qu'une évolution par l'innovation et assure une manipulation surfant sur les désirs des gens (notamment pas la publicité et les phénomènes de mode).

C'est sur que lorsqu'on a, toi comme moi et les autres hein, l'habitude de se soumettre a un prix dans un supermarché, ces supermarchés qui se concertent même pour déterminer les prix afin de réaliser un max de profit, on a du mal à penser qu'il y a d'autres alternatives possibles. Quand le prix, qui fut utilisé comme une arme, et un outil de vente, ne dépendent plus des couts et de la rareté (offre demande), quasiment plus de la qualité, mais dépendent simplement de la croissance à réaliser pour être viable dans ce système, c'est à dire de la loi des marchés, je pense qu'il est bon de remettre en cause certaine chose, voire de mettre en pratique d'autres solutions, histoire de tester.

Attention, je ne dis pas que c'est la panacée, mais me semble que les questionnements, en ce domaine, ne sont pas inintéressants. Et que la culture Libre est un fer de lance qui remet en question ce système là... sans le renier. Un champs d'expérience, en somme, à explorer afin par exemple, de répondre, par la pratique, aux questions que tu viens de soulever.

(oh punez, je pense que tu dois être ravi du soudain taux de participation au débat que tu as lancé Céo :grin:)
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#12 lembal

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Posté 31 janvier 2012 à 16:16

Voir le messagelembal, le 31 janvier 2012 à 14:19, dit :

Je vais essayer ça avec mes clients : leur demander de ne me payer que ce qu'ils veulent, en fonction de leur appréciation de l'outil informatique - et aussi un peu de ma prestation, parce que ça compte ! -, bien je risque de ne pas voir mon salaire augmenter... :lol:

Citation

Qui sait ?
Ton rapport avec tes clients est bien quelque chose de négocier ? Non ?
Si tu fais trop cher, tu vends rien non ?
Négocier, c'est pas aussi laisser la liberté à ton client d'opter pour tes services ?


Bah heuuu... tu connais pas mes clients alors ! Et je suis pas prêt à leur faire confiance... va demander à un médecin (pour ne citer que cette frange de ma clientèle) de te régler les 4 heures de presta. passées à (re)mettre en état le système informatique qu'il avait envie de bidouiller  - pour pas payer à la base -, et tu vas repartir avec ton chèque de... wow ! 23 eur. (Non remboursés par la CPAM).

Ce qui fonctionne pour l'art ne s'applique pas dans tous les domaines, je le crains.
L’obligation de subir nous donne le droit de savoir. (Jean Rostand)

#13 ceolien

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Posté 31 janvier 2012 à 16:37

Voir le messagelembal, le 31 janvier 2012 à 14:19, dit :

Je vais essayer ça avec mes clients : leur demander de ne me payer que ce qu'ils veulent, en fonction de leur appréciation de l'outil informatique - et aussi un peu de ma prestation, parce que ça compte ! -, bien je risque de ne pas voir mon salaire augmenter... :lol:

C'est peut-être parce que tu charges trop ! :lol:

On rigole, on rigole, mais c'est une pratique tout à fait sensée et respectable à mon sens que de faire payer au client ce qu'il peut payer, en fonction de ses revenus, au lieu d'appliquer le même tarif à un PDG qu'à un smicard. :cpasmafaute:

Quoi qu'il en soit, merci pour vos participations au sujet. Je savais bien que je n'étais pas tout seul !
En fait je connais très bien les raisons qui peuvent motiver une non-réponse immédiate à un topic et je n'en prends donc pas ombrage du tout. Et oui je suis ravi que ça bouge un peu là. ;)


Bon, sinon, je vais essayer de vous répondre dans l'ordre parce que vous soulevez pas mal de points importants.

Tout d'abord la question de la rémunération, le fait que « tout travail mérite salaire ».
Je dois dire que je suis surpris, lembal, qu'en tant qu'acteur du libre tu ne connaisses pas déjà une partie des réponses. Je te soupçonne un peu de jouer le Candide là ! :grin:

Alors je remonte mes manches et je m'y colle puisqu'il s'agit de toute façon, effectivement, d'une question récurrente...

Tout d'abord, on ne le répètera jamais assez : libre n'est pas synonyme de gratuit.

Cela signifie que si, effectivement, il est légal et facile, de par sa nature même, de se procurer du libre gratuitement, il n'en demeure pas moins que l'on peut vendre du libre et aussi proposer des services payants en s'appuyant sur des ressources libres.

En fait, le libre se contente tout simplement de lever l'hypocrisie généralisée qui règne en maître dans la sphère de la culture dominante privatrice de masse. À savoir qu'une écrasante majorité de consommateurs (bien souvent les mêmes qui t'expliquent ensuite que « tout travail mérite salaire » en plus...) télécharge, copie et profite allègrement sans payer d'œuvres sous copyright ou légalement verrouillées par défaut.

Il n'y a qu'à voir comment est alimenté le topic sur la playlist du bonheur, avec un tas d'œuvres qui, normalement, si les mêmes majors qui jouent les pleureuses à cause du piratage étaient cohérentes avec elles-mêmes, ne devraient même pas se trouver sur Youtube et autres.

Ensuite il faut savoir que des exemples d'entreprises qui vivent par le libre et autour du libre il y en a des tas. Ils y arrivent bien eux.

Mais dans vos remarques je note qu'il est principalement question des artistes.
L'artiste est un être qui véhicule bien des fantasmes j'ai l'impression. D'ailleurs la notion même d'artiste n'est que fantasmatique parce qu'il n'y a pas de définition bien établie de l'art. C'est un truc mouvant et très difficile à cerner l'art.

De fait, comment vivent les artistes aujourd'hui ? Je veux dire, la majorité d'entre eux hein ! Je parle pas des têtes d'affiche ou de la programmation des grandes radios nationales là, mais bien de tous les autres.
À votre avis ils vivent de la vente de CD ? De MP3 ?...

Rien de tout ça.

Si leur musique était diffusée sous licence libre ça ne changerait pas grand chose pour eux, hormis le fait de ne plus pouvoir devenir rentier en se reposant indéfiniment sur ses lauriers suite à un gros succès.

Ensuite il y a un truc encore plus fondamental, et je crois que Catarineta a bien mis le doigt dessus, c'est la question de la valeur marchande de la musique.

La culture libre vient bousculer et questionner tout ça. Elle dérange certaines représentations que l'on croyait bien établies. Pour ma part, je trouve ça très sain.

Si l'on considère le monde du travail, il y a un constat qui me semble évident : certains vivent de leur passion (notamment des artistes) tandis qu'une écrasante majorité doit se contenter d'un travail alimentaire ou qui comporte une dose de contraintes assez pénible. N'y a-t-il pas là comme une forme d'injustice ?

Je vais même aller plus loin dans ce que certains prendront peut-être pour de la provoc mais qui n'en est pas : vous rendez-vous bien compte que tout un tas de tâches pourtant autrement plus chiantes que de faire de la musique et que vous effectuez tous les jours ne sont PAS rémunérées ?
Savez-vous que tout un tas d'activités bénévoles qui s'effectuent chaque jour, partout dans le monde, ne sont pas prises en compte dans les calculs de PIB ? Et que s'il fallait les payer ce serait la ruine.

Au nom de quoi l'art aurait comme ça un statut à part et si particulier ? Les artistes seraient donc des espèces d'anges fessus jouant de la harpe par dessus la plèbe et il faudrait considérer leur activité comme « à part » ?

Mais au nom de quoi est-ce que jouer de la musique devrait être davantage rémunéré que d'amener sa famille à la plage ou faire son lit le matin ? Je vous le demande !

Pensez-y...

Ensuite j'ai relevé quelques remarques qui concernent ma propre pratique.
Je me rends compte que je vous ai peut-être faussement donné l'impression que je me contente de prendre au libre sans donner ni participer moi-même.
Sauf qu'il n'en est rien. Oui je partage des images sous licence libre, je fais même de la musique libre, j'aide gratuitement dans le domaine du logiciel libre, je propose des traductions libres, je participe à Wikipédia. Pourquoi croyez-vous qu'il y a marqué copyleft au dessus de mon avatar ?! C'pas pour des prunes !!! :grin:

Moi je ne suis pas convaincu du tout que tant de monde que ça connaît véritablement la culture libre. Je ne pense pas me faire d'illusions sur la question, bien au contraire. Car lorsque j'en parle autour de moi, je constate que tout cela est extrêmement confus dans l'esprit du public.
Oui, de plus en plus ils savent qu'il existe un truc gratuit qui s'appelle OpenOffice (au fait, sais-tu axus que maintenant il s'agit plutôt de LibreOffice ?) mais ils confondent encore libre et freeware et certains ne font même pas la distinction avec des logiciels propriétaires piratés.

Moi je crois que dans un système écosociétal par exemple, la culture libre prendrait une toute autre dimension.

Ce qui me sidère par contre c'est de voir régulièrement fleurir ici, sur Onnouscachetout.com, des topics sur comment changer le monde et comment qu'on pourrait faire les choses autrement face au système actuel tout pourri qui part en sucette, etc.

Et dès qu'on parle de vraie alternative, de s'aérer la tête avec un truc qui marche en plus... Dès qu'on fournit l'outil et un début de solution ben c'est la misère, y a plus personne ou une bonne dose de contradiction.
« Oui mais tu comprends l'argent ceci, la rémunération cela, y faut bien vivre... »
Mais actuellement, non seulement on crève tous à p'tit feu dans un sytème pourri jusqu'à l'os, mais en plus on le défend becs et ongles ce système, on l'entretient copieusement... (par la copie ?)

On ne s'en sortira jamais comme ça les amis ! À un moment donné faut s'investir un peu dans les alternatives quoi. C'est pas non plus comme si c'était compliqué avec le libre. Mais non...

Faut vraiment en vouloir pour le défendre, moi je vous le dis. Et je sais de quoi je parle car la plupart du temps je ne fais pas ça que dans des mondes virtuels.

Ce message a été modifié par ceolien - 31 janvier 2012 à 23:41.

« Le principe de la culture libre est de proposer légalement des œuvres, des informations, des créations en libre partage pour tous. Il est question de proposer une alternative libre et d'œuvrer au maintien de cette possibilité. » - Wikipédia, article sur la culture libre (version du 10 mars 2011)

#14 Catarineta Tchi Tchi

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Posté 31 janvier 2012 à 23:04

Voir le messageceolien, le 31 janvier 2012 à 16:37, dit :

En fait, le libre se contente tout simplement de lever l'hypocrisie généralisée qui règne en maître dans la sphère de la culture dominante privatrice de masse. À savoir qu'une écrasante majorité de consommateurs (bien souvent les mêmes qui t'expliquent ensuite que « tout travail mérite salaire » en plus...) télécharge, copie et profite allègrement sans payer d'œuvres sous copyright ou légalement verrouillées par défaut.
Oh yeahh !
:cartonnes:
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#15 ceolien

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Posté 31 janvier 2012 à 23:43

Et bien merci ! :shy:
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#16 lembal

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Posté 01 février 2012 à 11:02

Voilà tu as tout bien résumé le libre - enfin en condensé !

Je rajoute que pour ma part je vis de service informatique aux professionnels et de la vente associée de produits (logiciels et matériels). On parle plutôt de "solution" d'ailleurs... Pour éviter toute obsolescence programmée, je vends des produits garantis de 3 à 5 ans fabriqués de préférence en France sinon en Europe (si si, ça existe).

Et que dans l'absolu mon principe c'est : faites dans l'alternative ! Ce qui fait que je ne vends presque que du Mac et du Linux. Et dans tous les cas à 95% des logiciels libres sur toute plateforme. Mais que ce n'est pas en vendant un logiciel qui à la base est gratuit que l'on peut vivre - sachant d'autant plus que le client est au fait que le dit-logiciel est libre ET gratuit. Rajoutez à cela que la vente de matériel accompagne (pour moi) la vente d'un service, vu que les marges sur le matériel, c'est du passé.

Donc le marché des solutions qui tournent autour des logiciels libres s'alimente grâce aux services associés : installation, paramétrages, développements, assistance, infogérance, formation... etc.

Et ça, ça ne coûte rien à personne - si ce n'est en matière grise ! Ça n'a pas de prix de revient, ça n'est pas fabriqué en Chine, ça ne favorise pas le dumping social, ça ne demande pas de développements en Inde et n'a aucune empreinte carbone.

Ça étonne souvent mes fournisseurs parce que je continue à vivre (et pas moins bien) de mon activité en vendant de moins en moins de matériel/logiciel.
Comme quoi on peut vivre du libre mais attention on parle d'un domaine où le libre est né : l'informatique.
Et je ne pense sincèrement pas que l'on soit prêt dans ce secteur à laisser les clients fixer nos tarifs !
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#17 ceolien

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Posté 01 février 2012 à 17:58

*
MESSAGE POPULAIRE !

Oui, bien sûr, l'histoire de laisser le client ne payer que ce qu'il veut c'était surtout une boutade ! ;)

Je trouve le principe d'adaptation des prix en fonction du revenu de ceux qui payent (calqué sur les tranches de l'impôt sur le revenu par exemple) plutôt intéressant et plus juste, mais ce n'est clairement pas un truc qu'une TPE peut se permettre de pratiquer unilatéralement sans courir un gros risque, j'en suis conscient.
C'est un peu comme l'idée de taxer les revenus financiers, genre taxe Tobin. Même si dans le principe l'idée est plutôt de bon sens, le pays qui fait ça tout seul dans son coin... autant qu'il se déclare tout de suite en faillite ça lui fera gagner du temps.

En tout cas lembal tu es donc une SSLL si j'ai bien tout suivi. Moi le matériel fabriqué en France ou dans l'UE m'intéresse. Alors si tu as quelques tuyaux à ce niveau n'hésite pas.


Bon, comme je vous le disais quelques posts au-dessus, j'ai envie de partager ici des exemples de ce que la culture libre m'a apporté de sympa.

Cette fois-ci je vais passer de l'autre côté de la farce et vous raconter quelques annecdotes ; non pas en tant que téléchargeur fou de tout ce qui passe de libre à ma portée, mais de producteur de contenu libre. (Et fou donc ! :lol:)

Il se trouve que je fais de la musique libre. Je la mets en ligne sur mon site à moi et sur Dogmazic. Parce que chez Dogmazic y a de l'éthique. (Oui bon d'accord, ce slogan est pourrave... mais vrai !)

Pour moi, dans mon approche toute personnelle, faire de la musique est un loisir. Quelque chose que je pratique en dehors de mon activité principale, mais avec autant d'application que possible. Cependant, en faire payer des copies me semblerait bizarre je dois dire.

Comme la plupart des artistes, mais ne nous emballons pas car je vais revenir sur ce mot, l'idée de faire payer ma musique m'a évidemment titillé au début.

Et puis je me suis rendu compte que de toute façon, non seulement tout le monde télécharge ou copie à donf du contenu, parfois génialissime, qui est pourtant sensé être ultra protégé, et donc que ce même tout le monde n'allait pas davantage acheter mes quelques morceaux, mais qu'en plus cela n'avait strictement aucun sens pour moi de faire payer des copies de mon travail moment de plaisir créatif.

J'aurais vraiment l'impression d'arnaquer le bon peuple dans les grandes largeurs si je faisais un truc pareil. Pardon si cela choque certains, mais c'est vraiment ainsi que je l'envisage à titre personnel.

Non parce qu'il faut quand même à un moment donné réaliser le degré d'absurdité du truc !

Tu travailles disons, grosso modo, une trentaine d'heures sur un morceau (environ le temps que ça me prend à moi), c'est à dire un laps de temps bien défini, ok ? Et tu pourrais comme ça, si ça plaît bien au gentil peuple, te faire de la tune sur ces trentes heures de travail jusqu'à la fin de ta vie et au-delà ?

Non mais quand même... sérieusement, si on y réfléchit plus de deux secondes, c'est débile !!!

Si je passe trente heures à fabriquer un meuble, on ne va pas me le payer 150000 fois ! C'est tout le problème de la valeur de la copie mais aussi, au-delà, de l'économie de la rareté vs l'économie de l'abondance.

Enfin bref, tout ça pour dire qu'en ce qui me concerne, faire payer ma musique, même libre, c'est niet de chez niet.


Et donc voilà que mes morceaux se retrouvent sur le « ouaibe », parce que je le veux bien...

Je dois dire qu'un des permiers trucs qui fait rudement plaisir c'est quand la musique est appréciée, qu'on reçoit des commentaires sympas et des encouragements. Rien que ça c'est une rétribution en soi. Il y a aussi les critiques constructives d'ordre technique qui font avancer.
De toute façon, pour moi, rien que le fait que ça plaise à une seule personne est une récompense.

Là où ça devient rigolo ou émouvant, c'est quand on a des retours sur ce que certaines personnes font avec les morceaux.

Au début je publiais ma musique sous une licence Creative Commons by-nc-sa. Et donc, un jour, quelqu'un me contacte pour lever les clauses d'utilisation non commerciale et de partage à l'identique.
Il s'agissait d'un gars qui avait écrit une pièce de théâtre qui tournait à l'échelle locale. Il voulait utiliser un de mes morceaux (musique classique de style baroque) dans une de ses scènes.
Intrigué, notamment par le choix du morceau, je lui demande de m'en dire un peu plus sur le sujet de la pièce et la scène en question. En fait, il s'agissait d'une pièce humoristique traitant de prosélytisme religieux et il était question d'utiliser la musique comme fond sonore pour caricaturer un personnage plutôt « pharisien » dirons-nous. J'étais pété de rire. Je lui ai donné l'autorisation bien sûr.

Une autre fois, c'est un musicothérapeute qui m'a écrit pour l'autoriser à utiliser d'autres de mes morceaux durant ses séances. Il travaillait avec des personnes autistes et il n'avait pas tellement les moyens de s'acheter toute la musique qu'il aurait voulu, ni de payer la SACEM dans le cadre des séances collectives. Or mes morceaux lui convenaient pour son travail.
Là j'avoue que ça m'a littéralement scotché. Je veux dire le fait que ma musique puisse directement servir à quelque chose d'aussi beau. J'étais vraiment honoré.

Voilà donc, en dehors du plaisir d'écoute à titre privé, à quoi peut très concrètement servir la musique libre : permettre à des petites structures de bosser sans craindre les foudres de la toute puissante SACEM ou tout simplement sans avoir l'impression de spolier les artistes.

Mais au fait, c'est quoi un artiste au juste ?

Là-dessus j'ai une approche qui n'a pas grand chose à voir avec la soupe que nous vendent des médias de masse intéressés aux bénéfices d'une industrie à forte tendance lobbyiste. Leur approche élitiste, pour ne pas dire bourgeoise, de l'art et des artistes ne m'intéresse pas. Pour tout dire, elle me dégoûte plus qu'autre chose.

Pour moi l'art fait partie de nous en tant qu'humains. Ce n'est pas un privilège. Ce n'est pas une activité qui doit être réservée à je ne sais quels « élus » de la télé-réalité ou prétendus initiés, professionnels ou non. Ce n'est pas un machin figé que des normes sociales historiquement récentes peuvent se permettre de définir comme ça les arrange. Ce n'est pas non plus les goûts de critiques coincés dans leur bulle intellectuelle onaniste.

Pour moi, un enfant qui dessine est un artiste au même titre que Basquiat ou Lénoard de Vinci. S'il s'amuse avec un piano, il est un artiste tout comme Chopin ou Cecil Taylor. Et s'il fait un pâté dans le sable, ça vaut bien un César ou un Plensa.

Qu'entends-je par ce crime de lèse idôlatres ?

Tout simplement que d'un point de vue qui se voudrait objectif, mais qui est également figé et culturellement orienté, si le niveau de maîtrise n'est pas le même entre un enfant et celui qui sera couramment qualifié d'artiste, l'expression artistique ne devrait en aucun cas être brimée par des jugements de valeur stériles.

L'art est pour tous, par tous et fait partie de nous tous. Chacun d'entre nous peut contribuer à l'art et à la production de contenu culturel artistique en ajoutant au fonds universel commun et devrait pouvoir librement puiser dedans. C'est ça que ça veut dire l'art libre. C'est la condition sine qua non qui le sous-tend au même titre que le partage du savoir et l'ouverture de la connaissance sous-tendent le libre en général.

Il ne s'agit pas forcément d'être original pour être original. Mais d'être artiste parce que c'est en nous et que c'est vital. Alors à quel titre, au nom de quel jugement, l'art devrait-il être réservé à une élite ?

Je pense qu'une approche de l'art la plus ouverte possible est la plus fructueuse et la plus saine.

Bon, bien évidemment il y a des limites d'ordre moral. Par exemple est-ce que faire caca depuis le haut de la Tour Eiffel c'est de l'art ? On pourrait en discuter des heures ou demander aux pigeons... Mais est-ce que mettre en scène un meurtre c'est de l'art ? Là je crois que la discussion ne serait pas longue ou bien alors plutôt houleuse et meurtrière.

Pour faire le lien avec d'autres thématiques du site, imaginons que des extraterrestres débarquent demain sur Terre et que je ne sais au nom de quelle norme philosophique (peut-être auraient-ils un côté bouddhiste par exemple) considèrent que garder une mémoire de l'art (comme nous le faisons en le fixant dans des objets ou en faisant des enregistrements) et y mettre des couleurs constitue un crime impardonnable.

Tout ce qui nous rachètera à leur yeux ce ne sera même pas un mandala, mais plutôt un dessin d'enfant dans le sable sur la plage. Cette perspective doit nous interpeler.

Ce message a été modifié par ceolien - 02 février 2012 à 09:32.

« Le principe de la culture libre est de proposer légalement des œuvres, des informations, des créations en libre partage pour tous. Il est question de proposer une alternative libre et d'œuvrer au maintien de cette possibilité. » - Wikipédia, article sur la culture libre (version du 10 mars 2011)

#18 Catarineta Tchi Tchi

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Posté 02 février 2012 à 09:44

Merci pour ce partage d'expérience bien intéressante Céo :D
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#19 lembal

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Posté 02 février 2012 à 15:01

@celien : je voudrais bien te contacter en préivé mais tes MP sont bloqués et j'ai pas ton e-mail... Je t'ai envoyé une invitation Jabber, t'as reçu ?
L’obligation de subir nous donne le droit de savoir. (Jean Rostand)

#20 Drahciel

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Posté 02 février 2012 à 15:43

Franchement passionant ce topic :-)

Je connaissais OnpenOffice, Mozilla, Lunix, etc... aussi en tant que logiciel libre et les banques d'images, mais j'avais jamais poussé la réflexion au concept même de "l'art libre".

Ça me plait beaucoup et je suis d'accord avec toi sur les dérives de la vision élististe de l'art. Cependant il y a souvent un problème d'égo a l'origine de tout ça.
Le fait d'être mis en valeur, d'être vu et surtout reconnu par les "autres" te gonfle ton égo de manière démesuré. Faire de l'art juste pour soi ne suffit pas, on a besoin de le partager.
Comme tu le dis si bien, ta rémunération se trouve dans le retour que tu as de tes oeuvres. Donc au dela de l'aspect financier, il est important d'être vu/écouter/compris/lu, etc... suivant son domaine.
Donc internet et la possibilité de propagation des infos, des commentaires, etc... qui porte malgres elle cette vision deja depuis bien longtemps a permis, permet et permettra a chaque artiste de partager ses oeuvres et d'y trouver écho. Au risque de voir des choses horrible sur le même plan que de vrai perle, mais apres a chacun de faire son tri parce que on a deja la même chose avec la version protégé.

Finalement, on est deja utilisateur, voir même acteur de cette nouvelle culture libre sans même en avoir conscience. Ça se devellopera doucement jusqu'a entrer complement dans nos moeurs.
Et comme d'habitude, les derniers a se réveiller seront nos chers hommes politiques qui sont completement a contre-courant a l'heure actuel.

Désolé si je n'ai pas été tres clair, mais je vous remercie pour les explications et les exemples concrets. Ça fait toujours plaisir de voir la société avancer ;-)
Demain c'est loin...

#21 ceolien

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Posté 02 février 2012 à 18:14

Merci Drahciel. :smile:

Je pense que tu as entièrement raison et tu soulèves un point que je voulais également aborder ; à savoir qu'apprécier l'art libre, ou même l'art en général mais c'est encore plus vrai pour le libre, nécessite une approche active.

Il s'agit effectivement de « faire le tri », d'aller fouiner, d'aller à la découverte de ce qui se fait ; car toutes les nouveautés ne sont pas servies sur un plateau et ne peuvent pas rivaliser avec le matraquage médiatique dont bénéficient les œuvres commerciales non libres. Surtout dans le domaine musical !

Donc, par rapport au fait d'acheter le dernier Lady Gaga ou de se contenter de ce qui passe en boucle sur NRJ par exemple, s'intéresser à la musique libre est une démarche radicalement différente et passionnante. Car le « découvreur de talents » en l'occurrence, c'est toi en tant que mélomane plutôt que le chargé de la programmation d'une grosse radio commerciale.

Il y a aussi un aspect que je trouve très sympa avec la musique libre, c'est qu'elle te facilite la tâche pour réaliser tes propres compils que tu peux ensuite offrir à ton entourage afin de lui faire découvrir le truc. Par exemple si tu as un fan de musique métal ou techno autour de toi, tu as l'occasion de lui faire découvrir autre chose dans un style qui lui plaît et en toute légalité.


@ lembal : J'ai débloqué ma messagerie privée qui en fait était pleine ! Donc c'est bon, tu dois pouvoir m'envoyer un MP. J'ai pas encore été vérifier sur Jabber sinon, mais j'irai voir ça.

Ce message a été modifié par ceolien - 02 février 2012 à 21:00.

« Le principe de la culture libre est de proposer légalement des œuvres, des informations, des créations en libre partage pour tous. Il est question de proposer une alternative libre et d'œuvrer au maintien de cette possibilité. » - Wikipédia, article sur la culture libre (version du 10 mars 2011)

#22 Poussière d'étoiles

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Posté 02 février 2012 à 18:31

La liberté de diffusion de l'Art doit revenir uniquement à son créateur point barre quand un sculpteur passe plus de 200 heures de travail pour mettre sur pieds son oeuvre c'est pas pour qu'un gars utilise la photo de celle ci pour illustrer son bouquin ou son site tranquillou, vous ne voyez dans l'Art que la musqique et les film mais cela va bien plus loin que ces 2 domaines et il serait quand même respectueux de prendre tous les domaines artistique en référence!
J'ai été artiste peintre indépendant, je n'ai jamais réussit à en vivre ne serais que me procurer de quoi manger était un enfer. Un jour j'ai appris et vu que des photos de certaine de mes oeuvres avaient été diffusé par CD et vendu en Virginie avec d'autres photos d'artistes  dans un receuil par un petit malin bah ça fait chier.
Il y a plein d'exemple comme celui là alors quand je lis vos explications elles sont completement en dessas de la réalité, mais alors carrement !
Si il y a bien un sujet sur ONCT qui me révolter c'est celui là, faut enlever les oeillères et se mettre à la place de l'artiste pas du gars qui a une passion à coté de son taf et qui prend juste plaisir à être diffusé et pourquoi pas arrondir les fins de mois!

#23 ceolien

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Posté 02 février 2012 à 19:13

Je suis sincèrement désolé que ce sujet vous révolte et vous heurte à ce point.

À vrai dire, je parle avant tout de ce que je connais et de culture libre. Je ne sais pas s'il existe de la sculpture placée sous licence libre mais ça doit pouvoir se faire.

Quoi qu'il en soit c'est effectivement toujours l'artiste qui choisit ce que l'on peut faire ou pas de son œuvre. En France cela s'appelle le droit d'auteur. Et le libre ne remet absolument pas cela en question. Juste qu'il permet à ceux qui le souhaitent de libérer leurs œuvres, c'est tout.

Par contre il doit y avoir erreur car je ne cautionne en rien le piratage ou le pillage des œuvres.

Le seul point sur lequel mon point de vue me semble différer du votre, c'est la définition de l'artiste. Pour moi « le gars qui a une passion à côté de son taf » est aussi un artiste, qui mérite autant de respect que le professionnel.
« Le principe de la culture libre est de proposer légalement des œuvres, des informations, des créations en libre partage pour tous. Il est question de proposer une alternative libre et d'œuvrer au maintien de cette possibilité. » - Wikipédia, article sur la culture libre (version du 10 mars 2011)

#24 Poussière d'étoiles

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Posté 02 février 2012 à 20:23

Rien à voir avec une notion de respect le professionnel doit en fait sa source principale de revenu et est soumis à des législations strictes alors que le passionné ne s'en sert que comme compléments d'activités et beaucoup dérogent au droit du travail car faire par exemple quelques toiles dans son grenier et trouver un acheteur potentiel permet de ne pas déclaré ses ventes de la même façon que de vendre dans un vide grenier communal ou une brocante!
L'Artiste n'est reconnu officiellement comme tel qu'en se déclarant, il n'y aucun respect là dedans et cela ne touche en rien le talent c'est juste de la legislation!

#25 ceolien

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Posté 02 février 2012 à 20:53

Que certaines personnes fraudent, quel que soit leur statut, n'a rien à voir avec le sujet à mon sens. Il est ici question d'artistes libres qui respectent la loi et de culture libre en général.

Et de toute façon vous aurez probablement compris que, pour moi, l'artiste ne se résume pas à une catégorie socioprofessionnelle ou un code ROME du Pôle Emploi.

Par ailleurs, il serait parfaitement envisageable de faire de la peinture libre, ou de la sculpture libre, tout en vendant ses œuvres et dans le respect de la législation. C'est même encore plus envisageable pour le sculpteur ou le peintre que pour le musicien !

Ce message a été modifié par ceolien - 02 février 2012 à 21:02.

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#26 Poussière d'étoiles

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Posté 02 février 2012 à 21:14

En parlant de musique il y a quelques mois je suis allez voir le site de Julien Doré, on peut y écouter quasi toutes ses musiques, de même sur des sites de peintres/illustrateurs les oeuvres sont visibles c'est ça pour moi la culture libre et sa passe par les sites officiels des artistes!
Ils n'y a en soit que les films où cela peut poser soucis, bien que des extraits soit toujours visibles on ne peut regarder tous le film mais cela ne me choque pas!

#27 Catarineta Tchi Tchi

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Posté 02 février 2012 à 23:35

Voir le messagePoussière d, le 02 février 2012 à 20:23, dit :

Rien à voir avec une notion de respect le professionnel doit en fait sa source principale de revenu et est soumis à des législations strictes alors que le passionné ne s'en sert que comme compléments d'activités et beaucoup dérogent au droit du travail car faire par exemple quelques toiles dans son grenier et trouver un acheteur potentiel permet de ne pas déclaré ses ventes de la même façon que de vendre dans un vide grenier communal ou une brocante!
L'Artiste n'est reconnu officiellement comme tel qu'en se déclarant, il n'y aucun respect là dedans et cela ne touche en rien le talent c'est juste de la legislation!

Bonsoir Poussière d'Etoile,

Je comprends ton point de vue.
Puis je te poser une simple question ? : Qu'est ce qui t'a motivé à peindre ? Dans ton discours, tu opposes le "passionnée" à l"artiste de métier" et ça, c'est moi que ça choque :grin:
Je vais développer et j'ai conscience que je vais peut-être te choquer encore en retour. Toutefois, cette discussion m'intéresse d'une part et d'autre part c'est avec la plus grande diplomatie que je vais t'exprimer ce qui suit, qui n'est que mon point de vue, et rien d'autre. Et c'est le propre d'un débat, d'exposer des points de vue.
Si tu peins pour de l'argent, dans l'espoir de gagner de l'argent, que ce soit pour vivre ou même survivre. Je comprends que ce soit censé, dans notre monde, mais ça ne l'est pas dans ma tête. En premier lieu, un artiste peint sans raison. C'est le propre de l'art, l'art n'a pas de raison autre qu'être l'Art. Quand un musicien joue, il aime jouer, il vibre quand il joue. Quand un danseur danse, il est la danse, il est le rythme, il incarne le mouvement. Il n'y a aucune raison derrière cela. C'est sans raison que sa pratique évolue, parce que c'est son domaine, on ne sait même pas pourquoi.
Alors bien sur, dans notre monde, y'a des chanteurs, des musiciens, des danseurs, des peintres qui le font pour l'argent. Y'a rien de choquant à cela. Mais si tu fais la chose parce que tu aimes, n'es tu pas déjà heureux ?
Je connais des danseurs sans pognon, à vivre de colloc en appart sous loué pendant qu'un pote est à l'autre bout du monde, et ils kiffent.
J'ai du mal à écrire clairement ce que je cherche à expliquer, parce que je sais que c'est tellement ancré, profondément dans les moeurs, que ça appelle à l'instinct de survie (trouver de la nourriture) etc... mais !

Je danse parce que j'aime, parce que je sais faire, je sais pas pourquoi, parce qu'avec mes imperfections, je l'incarne, je le suis. C'est cela qui me rend heureuse. Pas l'argent. L'argent c'est ce qui découle de mon travail comme les feuilles tombent de l'arbre à la bonne saison. Si je ne peux pas gagner de l'argent avec la danse, alors je trouverai autre chose, mais je ne pourrai pas arrêter de danser. M'enfin c'est logique.

Citation

J'ai été artiste peintre indépendant, je n'ai jamais réussit à en vivre ne serais que me procurer de quoi manger était un enfer.
C'était un enfer parce que tu ne trouvais pas de quoi manger, mais tu faisais ce que tu aimais non ?
Peut-être ton travail n'était pas apprécié, peut-être tes prix étaient trop élevés, peut-être, peut être...
Tu présentes l'artiste peintre dans sa case "indépendant", comme un métier choisi de manière calculée. Mais vraiment, l'art, celui dans lequel tu es à l'aise pour t'exprimer, ne peut s'enfermer dans un métier. C'est une vocation, voire un sacerdoce. Combien de grands peintres étaient complètement fauchés de leur vivant ? Crois tu qu'ils ont eu une mauvaise vie ? Je ne pense pas, au moins ils faisaient ce qu'ils aimaient.
Pourquoi le bonheur devrait être basé sur l'argent ?

Il n'y a pas de différence pour moi entre le mec qui peint deux toiles par mois et la vend à des connaissances sans pub et l'artiste qui en vit. Pour moi, celui qui en vie, est celui qui a du talent (normalement), dont les toiles ravissent les gens. Et le talent, c'est 1% de génie, 99% de travail. Ainsi le mec qui peint deux toiles par jour pourra t il peut être un jour en vivre. Parce qu'il est son art, qu'il n'y a pas de raison à cela, au départ. Parce qu'il est la peinture, il acquiert une maitrise, ou pas. Il peint, et c'est comme respirer pour lui.

Tu vois c'est comme ces chanteuses à des soirées qui refusent de chanter, si y'a pas des sous derrière, ça me choque.

Parfois je vois des toiles à vendre, 200, 300 Euros, et je me dis que c'est arbitraire. J'ai pas envie d'acheter. L'artiste peint, et après il jauge la qualité de son travail en lui donnant un prix. Et ce prix ne rend son œuvre accessible qu'à certaine personne seulement. Alors oui, pour certaine toile on serait ravi de débourser 200 euros, mais quand c'est l'artiste qui décide, et qu'ensuite il ne vend pas, je ne pense pas que ce soit de la faute à la culture libre.
N'est ce pas un moyen de communication l'art ? Pour qu'il y ait communication, il faut deux personnes non ? Je trouve cela plus logique que le talent soit déterminé par ce que l'art fait ressentir à l'autre.

Si un jour je vois une de mes choré reprises à mon insu, je serai ravie, honorée et ravie. Alors c'est vrai je n'ai pas nécessairement envie d'avoir de l'argent en plus. Ceci dit, je parle d'un positionnement à la base, qui porte ses fruits ou pas. Mon positionnement est simple, fais ce que tu as à faire, au mieux... les résultats ne dépendent pas de toi.
Si tu fais les choses pour le résultat, alors tu n'es pas dans la chose que tu fais, mais dans ce qu'elle pourrait t'apporter. Avec ce dernier positionnement on va droit à la déception, de mon point de vue.

C'est pourquoi je trouve le "libre" sympathique. Parce qu'il ouvre un champ autre justement de celui qui est le fond de ta pensée, à savoir "les choses sont comme ci" "l'art est un métier". Je ne vois pas en quoi un mec sans thune serait malheureux, du moment qu'il fait ce qu'il aime, qu'il est en phase avec lui même. Je ne vois pas en quoi un mec qui fait ça alors qu'il a un travail alimentaire à côté ne serait pas un artiste. Je partage le point de vue de Céo, tout le monde est artiste. Et j'irais même plus loin, quelque part où je ne demande pas forcément qu'on me suive, mais la vie est un art.
Galérer 8h par jour pour un boss, ou faire ce que j'aime au risque de manquer de bouffe, j'ai choisi. Tant que ça plait, je mange.... si un jour ou je ne mange plus avec, je ferai autre chose.
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

#28 Poussière d'étoiles

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Posté 03 février 2012 à 09:56

Pourquoi le medecin se fait payer ou le chirurgien plasticien? c'est une vocation et (il y a un fort coté artisitique académique pour le plasticien) pourtant ça te choque?, pourquoi le cuisinier se fait payer la cuisine est reconnu comme un Art , une vocation , ça te choque?, le vétérinaire se fait payer pourtant il adore les animaux etc...
Je n'ai pas arreté de peindre, pourquoi à un moment donné j'ai voulu en vivre parce que mon travail créatif me prenais plus de 8 heures par jour et que je ne pouvais le pratiquer à mon envie et concilier un autre metier!
Depuis je pratique en loisir mais c'est pas pareil, je rejoins ta façon de voir, mais uniquement parce que je travaille pour le plaisir pas comme activité principale, j'ai 2 enfants à charge et des contraintes bien réelles et c'est ce qui me fait dire qu'il ne faut pas être naïf et croire que le le fait de pratiquer un Art en dilettante est identique à la pratique professionnelle (qui est pleine de contrainte) .

Sinon qu'est ce qui m'a motivé à peindre?
Le rapport autosatisfaction/plaisir partagé, j'entends par là que j'ai toujours aimé la couleur et la caresse du pinceau mais le fait de créer quelque chose qui plait est venue completer ma motivation à poursuivre dans cette voie.

Il faut faire la différrence entre une activité régit par une réglementation/législation (fiscale parce que déclaré etc...) qui porte en elle même les contraintes de notre système, et où la recherche de viabilité sera le premier des objectifs, et une activité dites de loisirs, qui à tout les avantages de la liberté donc qui rentre totalement dans le cadre du libre partage.
A mon sens il faut pas mélanger les Artistes selon qu'ils soient Pro où dilettante pour cette notion de libre partage et je parle totalement en connaissance de cause.

Quand tu dis:
"Si un jour je vois une de mes choré reprises à mon insu, je serai ravie, honorée et ravie. Alors c'est vrai je n'ai pas nécessairement envie d'avoir de l'argent en plus. Ceci dit, je parle d'un positionnement à la base, qui porte ses fruits ou pas. Mon positionnement est simple, fais ce que tu as à faire, au mieux... les résultats ne dépendent pas de toi.
Si tu fais les choses pour le résultat, alors tu n'es pas dans la chose que tu fais, mais dans ce qu'elle pourrait t'apporter. Avec ce dernier positionnement on va droit à la déception, de mon point de vue."

Je ne vois dans tes propos qu' idéal que j'applique actuellement mais je ne suis pas soumis aux contraintes de professionnalisme, faut pas tout mélanger et surtout savoir relativiser selon la situation!

Relis moi j'ai jamais dis que le mec qui fait son activité à coté de son travail alimentaire n'est pas un artiste, je dis  juste que la loi française ne le considèrera pas comme tel, il sera passionné  faisant parti d'une asso ou pas !

#29 ceolien

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Posté 03 février 2012 à 11:43

Pour moi il n'y a strictement aucun soucis avec tout ce que tu dis là Poussières d'étoiles. Bien sûr qu'un artiste peut choisir (ou du moins tenter de) vivre de son art !

Les fondements de la culture libre et de l'art l'ibre ne remettent absolument pas cela en question.

Bon, par contre j'ai cherché Julien Doré sur Dogmazic et j'ai pas trouvé ! :grin:

Je suis allé sur son site aussi. On peut y écouter un certain nombre de ses titres en effet, mais il n'est pas fourni de moyens légaux aux visiteurs pour les télécharger. Si je ne peux pas en faire une copie pour partager avec ma voisine qui n'a pas internet, alors ce n'est pas de la musique libre. :cpasmafaute:

Catarineta Tchi Tchi dit :

Si tu fais les choses pour le résultat, alors tu n'es pas dans la chose que tu fais, mais dans ce qu'elle pourrait t'apporter. Avec ce dernier positionnement on va droit à la déception, de mon point de vue.

Punaise ! Là c'est toi qui cartonne ! Je dis total respect et je m'incline bien bas. Image IPB

Je perçois dans ces mots une telle vérité que j'ai envie de la partager, en la placardant dans tous ces endroits malsains où l'on persécute l'humain avec une vénération du résultat abusive et toujours plus abjecte (comme par exemple l'Éducation Nationale, le monde du travail salarié, celui de la production sous-traitée, etc...) et qui finit par ne produire que souffrances et catastrophes.

M'autorises-tu à te citer ? Sous quelles conditions ? Avec ton pseudo ou préfères-tu l'anonymat total ?

Ce message a été modifié par ceolien - 03 février 2012 à 11:52.

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#30 Poussière d'étoiles

Poussière d'étoiles

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Posté 03 février 2012 à 12:15

Voir le messageCatarineta Tchi Tchi, le 02 février 2012 à 23:35, dit :

Si tu fais les choses pour le résultat, alors tu n'es pas dans la chose que tu fais, mais dans ce qu'elle pourrait t'apporter. Avec ce dernier positionnement on va droit à la déception, de mon point de vue

WOUA c'est beau, sérieusement c'est la phrase qui "pète" néanmoins cela signifie que si tu ne fais pas les choses pour le résultat, alors tu es dans la chose que tu fais et pas dans ce qu'elle peut t'apporter donc satisfaction d'après toi!
J'appelle ça de l'hypocrisie, quel créateur, ne cherche pas à dépasser ses limites et atteindre un résultat, tu penses sérieusement qu'on ne peut être dans ce qu'on fait à partir du moment où on envisage d'atteindre un objectif où ce que cela peut apporter!
Je trouve cette phrase beaucoup trop réductrice!