Allez, un peu de spéléologie pour ressortir ce topic très intéressant!
Pour reprendre l'expression de Catarineta:
"Âmes sensibles, s'abstenir", ou alors en joue, pessimiste en vue
Le pessimisme donc…
Mais pourquoi on remet toujours tout sur les pessimistes ? Si tout va bien, il est perçu comme un parasite, si ça va mal, on l’accuse d’en rajouter une couche. L’optimisme lui par contre aurait toutes les vertus…
Tu dis (Catarineta) que le dégoût du monde de ces pessimistes serait potentiellement une arme pour la division, la tyrannie etc... Pourtant de la même manière, je dirais que nos « dominants » ont bien compris que l’Homme « marche » au bonheur et que l’emmener vers cette quête est la clé pour toujours plus l’asservir. Un être insatisfait en quête perpétuelle du bonheur est tout autant potentiellement « dangereux », ou disons néfaste, par manipulation ou jalousie, etc… qu’un éternel pessimiste.
Aussi, le pessimiste n’est pas forcément un défaitiste ou un éternel râleur, tout comme l’optimiste n’est pas forcément niais, se projetant dans un monde merveilleux. Le pessimisme peut même pousser à la réflexion voire à l’action, quand l’optimisme peut, je dis bien peut, pousser à la complaisance, l’aveuglement ou à l’acceptation de tout sans conditions.
En vérité, l’opposition à faire n’est pas vraiment optimistes contre pessimistes mais plutôt les personnes d’action et les autres.
Que fait-on de notre optimisme ou de notre pessimisme ? C’est le fait de subir l’un ou l’autre qui est néfaste. Car si le pessimiste passant son temps à gémir insupporte, il en va de même pour l’optimiste béat. Là où le pessimiste peut se perdre à ne voir que le mal autour de lui, ne sachant plus ou trouver le bonheur, l’optimiste peut ne voir que par le bonheur et se déconnecter de la réalité.
La différence fondamentale entre l’optimiste et le pessimiste est que l’optimisme se ressent tandis que le pessimisme se pense (je ne sais plus qui avait écrit ça). On entend d’ailleurs souvent l’optimiste nous dire de vivre le présent tandis que le pessimiste lui, va se focaliser sur le futur.
Donc oui, je suis pessimiste, dans ce monde où la société s’impose au détriment de l’individu, où l’anodin, le superficiel et le matérialisme sont au centre des intérêts, où le tragique et le révoltant sont banalisés et ne choquent pas, où vivre se résume à produire et combler l’ennui par la lobotomisation, etc.. etc… etc…
Après, on peut mettre ça sur le dos d’une minorité qui aurait pris le contrôle, nous aurait perverti et tout ce qu’on veut, mais pour citer Paul Valéry:
« Ce ne sont pas du tout les méchants qui font le plus de mal en ce monde. Ce sont les maladroits, les négligents, les crédules. Les méchants seraient impuissants sans une quantité de bons. »
En gros, c’est bien la majorité d’entre nous qui est à blâmer. Je pense donc qu’attendre un monde meilleur n’est pas possible si l’on s’en remet à l’Homme, que l'Histoire a suffit à m’en faire une image.
Qu’y-a-t-il alors de de si mauvais ou injuste à ne pas croire en l’Homme ? L’Homme qui tue par plaisir ou sans véritable raison, torture, est constamment en guerre, utilise les animaux comme des ustensiles à sa disposition, arrive même à en éteindre des espèces entières, s’empoisonne lui-même en détruisant les sols, l’air, ravage les mers et tout ce qui y vit etc…? Alors on se dédouane en parlant de comportement inhumain mais quel paradoxe, car je ne vois pourtant que l’Homme faire ça !
Pourquoi devrait-on se focaliser sur le bien qu’il a quelques fois produit, quand celui-ci a constamment nécessité le centuple de mal ?
Et si le fait d'exprimer cela doit pousser à la division, la tyrannie, etc... et bien tant pis puisque de toute façon quelque soit le discours, optimiste, pessimiste ou sur n'importe quel sujet, il y aura toujours quelqu'un d'assez intelligent pour l'instrumentaliser ou d'assez stupide pour en détourner le sens.
Donc voilà ma position sur l’humanité mais ceci étant dit, je ne passe pas mon temps à me plaindre et à me morfondre. Je crois même malgré tout qu’il est possible d’être heureux. Je pense qu’il est nécessaire de se détacher pour ça, de chercher le bonheur en soi et non dans un modèle de société, où l’Homme serait bon, juste, plus « humain » (paradoxe bis).
L’Homme est un animal social, à l’échelle de sa personne et de son entourage, à échelle humaine comme on dit, pas universelle. Etre heureux, c’est être égoïste et accepter l’état du monde tel que nous l’avons créé, sans chercher de grands coupables responsables de tout, si ce n’est les Hommes. Avec mon pessimisme « général » coexiste donc un optimisme individuel ou je n’attends rien de l’Homme ou d’un monde meilleur, le bonheur je le cherche en moi et chez mes proches.
« Aimer les braves gens qui m'entourent, fuir les méchants, jouir du bien, supporter le mal, et me souvenir d'oublier, voilà mon optimisme ». André Maurois
Ce message a été modifié par pimousse - 22 mai 2012 à 18:56.