Chercheur aussi, le 29 mai 2012 à 16:33, dit :
Riverkeeper ,
Tu veux dire : " Sortez de votre ornière " , " vivez votre voie " , " sortez des sentiers battus " ? c'est çà ?
Tu veux dire : " Sortez de votre ornière " , " vivez votre voie " , " sortez des sentiers battus " ? c'est çà ?
ô que oui ! sortir des sentiers battus et rebattus ... il me vient un souvenir... j'étais dans les gorges du Queyras... il y a de nombreuses années ... on m'avait bien averti de ne pas m'aventurer n'importe où, danger, etc... j'ai marché longtemps, monté, pris un petit sentier et ensuite bifurqué ici et là, j'ai suivi le vent ^_^ ... et puis au tournant d'un bosquet , une ruine de maion, que les murs de pierre envahis de lierre d'herbes folles, de fruitiers au tronc enlacant les pierres et... une fontaine qui coulait sa source vive dans un vieux bassin moussu ...
En mars 1983, j'étais dans l'Ungava pour quelques jours ... on m'avait bien averti de ne pas m'aventurer loin des sentiers battus !! j'ai emprunté une paire de raquette, de bons vrais mocassins prêtés par le cuisinier du chantier qui m'avait préparé une collation et j'ai marché, marché dans la neige, loin des sentiers battus, loin des routes... je voulais me retrouver seule loin de toute vue de civilisation loin de tout bruit ... la neige a commencé, une petite tempête je voyais moins loin devant et moins loin derrière... pas grave... je continue... à mesure que j'avançais je me sentais de plus en plus légère, de plus en plus ''garnde'' aussi, un sentiment de plénitude... et pourtant, je me disais absolument personne au monde ne sait où je suis en ce moment !! et la neige va finir par effacer toutes mes pistes... j'ai continué, grisée, emportée... les épinettes noires accompagnaient ma route , elles sont centennaires mais pas plus haute que ça, toutes noires pleine de lichen qui pendent au branches avec un petit plumeau de verdure tenace au sommet ... et puis soudain, plus une seule épinette, ni proche ni loin je m'arrête , je respire, j'écoute le silence du Grand Nord, et je réalise, la neige s'étant calmée un peu que je suis au milieu d'un lac ... j'ai senti l'immensité de l'eau sous moi ...toute seule au milieu d'un lac gelé au nord de la Caniapiscau ...je crois que je suis devenue l'espace d'un instant autre chose que moi !! .... et puis je suis repartie... la tempête s'est calmée, j'ai continué et monté une petite colline où j'ai partagé ma collation avec un geai gris et un tamia ... et je crois aussi que de ces moments forts de ma jeunesse me vient une réserve de foi et de confiance indestructible dans l'Inconnu
merci de m'avoir lue
merci chercheur aussi...










