@ Pas-Tip-Top de Hamburg (tu permets que je t’appelle de la sorte ? Tu as pris quelques familiarités à mon encontre, c’est anecdotique ce genre de chose, hein !!)
Pimousse a utilisé le bon terme dans l'un de ses messages, tu carricatures. Dans ton approche des choses, je ressens la séparation. La séparation entre les citadins bergers et les ruraux moutons. Mais sais tu que parfois l
es bergers ont une tête de mouton ?
Qui de l'emploi ?
Oui il y a moins d'offres d'emplois mais les possibilités de création d'entreprises en sont plus grandes. Moins de concurrence et plus de demande. Artisanat, yoga, danse, service à la personne, épiceries multi-services, bâtiment...les secteurs ne manquent pas pour celui qui veut créer et travailler. Celui qui veut, il peut.
Et puis il y a aussi le télétravail...
Pour reprendre l'exemple de la brasserie artisanale, on comptait environ 1200 brasseurs en 1900, il y en a moins de 400 aujourd'hui. Mais fort heureusement la tendance est à la hausse car ici ou là des personnes créent pour réhabiliter un savoir faire et non pas pour faire du fric. Je te parle de la bière mais les exemples ne manquent pas dans d'autres secteurs.
Quid des médecins ?
Pose toi les bonnes questions sur les raisons qui font que les médecins refusent de s'installer en milieu rural. Aujourd'hui la médecine n'est plus une vocation mais une profession. Et comme de nombreuses facettes de notre société on en a oublié le sens traditionnel.
Une activité qui était à l'origine tournée vers les autres et leur bien être, on en a fait une profession ou règne les rapports marchands. Aujourd'hui un médecin qui s'installe en ville cherche avant tout à avoir une clientèle rapidement et un gros chiffre d'affaire. Pourtant, et c'est du vécu, un médecin à la campagne a sa salle d'attente remplie à longueur de journée. Sauf que ce médecin à la campagne il consacre du temps aux gens ce qui n'est pas le cas de celui situé en ville. Et à mon avis en terme de "pouvoir d'achat" il est pas plus malheureux.
Quid des écoles qui ferment en milieu rural ?
Dernièrement j'ai passé quelques jours en Corrèze, dans un petit village. J'y ai discuté avec les habitants et ces gens m'ont raconté comment ils s'étaient battu contre la fermeture de leur école. En l'occupant et en résistant. Et à la fin ils ont réussi. Leur école n'a pas fermé. Pour quelles raisons les écoles ferment à la campagne ? Tout simplement car comme de nombreux secteurs aujourd'hui, l'éducation national cherche à faire des économies, en réduisant le nombre de professeurs et en concentrant les élèves dans des classes surchargés.
Alors moi j'ai envie de te demander, quid de la qualité de l'enseignement dans une classe surchargé ?
Quid des agriculteurs ?
Figure toi que les jeunes agriculteurs s'installent pour la majorité en bio dorénavant et non en intensif. Et ils s'en sortent, par exemple graçe au système des AMAP qui leurs permet de bénéficier d'un revenu garanti et de fournir à leurs clients des produits de qualités et de saison (Tu savais que la tomates était un fruit d'été. Pourtant en supermarché on en trouve toute l'année, bien belle, bien brillante et bien ronde). Tout le monde est content, les agriculteurs et les clients.
Pour information, le frein à l'installation agricole il n'est pas à mettre sur le dos des revenus mais sur la difficulté d'accéder au foncier. Et le bio, si on ne se contente pas de regarder l'étiquette au supermarché, cela coûte moins cher à produire.
Citation
Paul et Mick : Le choc des mondes.
Paul et Mick, deux amis d’enfance, se retrouvent autour d'un repas avec leur famille.
Paul habite en Lozère avec Marie et leur fils de 19 ans dans une ferme isolée. Le premier voisin est à 5 kms et la préfecture compte 12000 habitants. Paul et Marie ont des vaches laitières, activité ancestrale dans la famille. Mais aujourd’hui le lait n’apporte pas suffisamment de revenus, alors ils ont déniché une vieille recette de fromage, la tome du Gevaudan, et ont décidés d’en faire avec leur lait. Ils circulent sur les marchés pour vendre leur production.
Mick, lui, habite à Paris avec sa femme Claire. Ils sont tous les deux cadres dirigeants dans l’industrie informatique. Leurs revenus feraient pâlir un joueur de foot de première division. Ca marche bien, au prix de journées harassantes qui ne leur laissent guère le temps de s’occuper de leurs 3 enfants. Ces derniers ont des résultats scolaires à peine passables et passent trop de temps devant la télévision, l’ordinateur et sur leur téléphone portable.
Paul explique à Mick, sa vie au milieu de rien, c'est-à-dire de l’essentiel, ainsi que le développement de son activité dans le fromage. Le repas est pris en plein air, sur la table de bois burinée par les saisons et décolorée par les étés. Dans toutes les directions, ils sont submergés de prairies accueillantes, de collines ondoyantes et de forêts rafraîchissantes. Les enfants de Mick font la tête : pas de réseau pour les téléphones ni les ordinateurs portables, pas de télévision, c’est vraiment la mort ce trou !
Mick louche sur la grange qui semble abandonnée au bout du terrain.
- C’est quoi cette grange ?
- Oh, elle ne sert plus à rien, répond Paul. J’avais pensé en faire un gîte, mais ça ne doit intéresser personne, ici.
Mick est plongé dans ses réflexions pendant quelques secondes puis s’exclame :
- Personne ? Mais si, rétorque-t-il. Un lieu idéal pour se sevrer des drogues modernes que sont l’informatique, Internet et toutes les formes de multimédia incrustées dans nos oreilles, nos poches et au bout de nos doigts. Tu pourrais y faire un lieu de décompression pour citadin over déborded, avec obligation de se lever et de se coucher avec le jour, sans écran. Un truc de vacances pour ados blasés.
- Ah, tu crois ?
- Et tu pourrais te faire un max de fric, je t’assure ! C’est comme ton fromage que tu vends à un prix dérisoire. C’est rien 6 € le kilo. Avec un emballage accrocheur, tu passes par le circuit adéquat de distributeurs de produits bios et tu doubles ton prix pour un fromage de cette qualité !
Cette fois c’est Paul qui est plongé dans un abîme de réflexion, mais ça ne dure pas longtemps.
- Tu sais Mick, ce que nous rapporte notre fromage est suffisant. Et moi, ce qui m’intéresse, c’est de voir des gens sur les marchés, de leur expliquer comment je fais mon fromage, de partager mon plaisir avec eux. Pas d’avoir un max de thunes, comme tu dis, mais juste d'être heureux.
Je sens bien que tu défends un mode de vie que nous sommes, ici et ailleurs, nombreux à ne pas partager. Soit. C’est ton choix. Question de sensibilité et de bon sens.
Difficile de t'expliquer plus les choses, malgré les nombreux points de vue que chacun d'entre nous a exprimé ici.
Tu vois, toi et moi dans notre vision de l’existence, de la vie, c’est un peu comme Paul et Mick, tout nous sépares. Si nous sommes tous deux des individus vivant sur la même planète, nous ne sommes radicalement pas du même monde.
Smartmobs (un loup déguisé en mouton....).
Ps: @Top in Hamburg : J'ai bien reçu ton MP. Je n'y répondrais pas, la méchanceté me laisse sans armes. Je t'ai déjà consacré mon insomnie.
Ps 2: Quand on crée un Topic, sitôt édité il ne nous appartient plus. Il vous appartient. A vous lecteurs et participants. Chacun lui fait prendre la direction qu'il souhaite, le façonne à sa façon, lui donne une couleur.
Si j'ai créé ce sujet ce n'était pas pour vendre un mode de vie, faire la morale ou crier bien fort que la campagne ça arrache une boule et que la ville ça pue. Il doit son existence à la lecture du sujet sur l'église du pessimisme et à tout ce que j'ai pu lire et entendre à droite ou à gauche. Ici ou là.
Personne ne cherche à convaincre personne.
A croire que le pessimisme est devenu un mode de vie, un mode de pensée et qu'il est encré en profondeur dans notre adn. Que l'on se complaît à dépeindre le monde en noir, par facilité. Comme si cela nous donnait un semblant d'existence.
La vie est parfois suffisamment dure avec son lot de déceptions et d'embûches pour en plus se polluer l'esprit d'informations négatives, dépressives et pessimistes. Si finalement nous détournions le regard de l'essentiel ? Pourquoi s'efforcer de voir le verre toujours à moitié vide alors qu'il est aussi à moitié plein ?
Alors je vois certains me taxer de bisounours ou d'utopiste. Soit. Je serai donc un bisounours vivant dans le monde des petits poney. Mais même si, comme certains le disent, le monde n'est que de la merde, j'y aperçois encore des moments de beautés.
Quand je vois certaines choses, un oiseau sur une branche, une araignée qui tisse sa toile, le coucher ou le lever du soleil (en ce moment), le vent dans les arbres, quand je sens l'odeur d'un verre de vin ou de quelques épices, l'odeur d'une peau, de la forêt humide, de petites choses simples et sûrement futiles à vos yeux j'ai presque envie de verser une larme car ces moments sont d'une grande pureté.
Et si pleurer c'est être une tapette, alors je suis une tapette.
Certains ici mettent comme barrière à la "
volonté", au "vouloir" l'argent.
S'il savait que finalement l'argent n'est rien quand on a perdu l'essentiel. Que certaines choses sont plus importantes que l'argent. Que certaines choses ne s'achètent pas. Que l'on peut avoir tout l'or du monde, toutes les richesses, cela ne nous rends pas plus heureux si l'on a perdu l'essentiel.
L'essentiel ? Chacun le déterminera comme il le souhaite.
J'ai été sensible à certaines interventions de Riverkeeper, de Cat et de Herkimer. Merci.
Pour finir sur une touche
rigolote
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