Bon la volonté, franchement, ça ne me parle pas.
J’ai longtemps bossé ma « volonté ». Je trouvais que je n’avais pas un pet de volonté. Pourtant les gens, l’extérieur me renvoyait : « Mais c’est top ce que tu fais, tu as du courage, de la volonté… bla bla » mais non, moi je me trouvais glandeuse, sans volonté.
J’ai focalisé sur le problème, durant… 4 ans, j’ai médité, j’ai lu, je me suis analysée. Non, toujours pas, c’est un fait, j’ai pas de volonté. Mais je ne comprenais pas, pourtant j’y arrive.
Pis un jour, y’a pas si longtemps, j’ai tilté… bordel ! C’est simple. C’est de la connerie la volonté. Vouloir c’est déjà foutre le bordel dans mes papiers internes. En fait j’ai toujours fait sans « vouloir » mais parce que c’était ce que j’avais à faire. Du genre, j’ai envie d’aller au toilettes, mon corps me le dit, faut que je me soulage sinon ca va pas le faire. J’y vais.
Peut on appeler cela de la volonté ?
Bon ben c’est comme ça que ca se passe pour moi. Je sens, je fais, je suis. Je me fous royalement du résultat, c’est juste « ce que j’ai à faire ». Le résultat, qu’il soit positif ou négatif, c’est l’expérience. C’est pourquoi je pouvais la chercher longtemps cette volonté, ce mental d’acier. J’en ai pas et je m’en porte pas plus mal.
Un ami m’a écrit y’a plus de deux ans :
« Quand tu feras les choses par envie de les faire, sans avoir la pression de réussir ou pas, tu réussiras deux fois plus. Car la force qui émanera de toi te donnera pleinement confiance, et te sublimeras ».
Poulinoulito, mai 2009
Ca a mit trois ans à murir dans ma tête et à réaliser que c’était ce que je faisais déjà, en me prenant la tête comme une acharnée pensant que je n’avais pas de volonté, que je n’étais qu’une grande gamine jouant avec la vie. J'ai pas l'impression de vouloir quoi que ce soit.
Je ris doucement quand je lis Sedenion qui dans la même phrase dit qu’il n’est pas en phase avec le système de rétribution/récompense, pour ensuite dire que tout ce qu’il a entreprit a échoué et donc que c’est vain. Démontrant comment il s’attache aux résultats, et donc à ce système de rétribution/récompense, sous une autre forme, le jugement sur la qualité du résultat.
Ma « volonté » ne fonctionne pas ainsi, l’échec ou la réussite m’importe peu. L’echec n’est qu’une étape vers la réussite si je sais, je sens, comme une envie de pisser, que c’est ce que je « veux ».
La volonté est quelque chose de naturel, ce n’est pas un truc qui s’attarde sur les obstacles, sur les résultats, c’est le truc qui sait et on sait, que lorsqu’on se connait à l’instant T. Le reste n’est juste que la vie qui s’écoule. On peut changer de route quand on le souhaite. La culpabilité, la peur de l’échec, le perfectionnisme maladif, la peur du futur, les regrets… tout cela sont des choses qui masquent la volonté. Un brouillard mental informe qui pousse à l’inertie, qui contrairement à ce qu’en dit lecurieux, est à mes yeux bien plus fatigant et vorace d’énergie que l’action (si en plus elle est consciente !! c’est royal au bar).
Moi aussi j’ai raté des locaux formidables pour monter un centre, et j’ai réussi des trucs, oui comme jongler sans entrainement.. je ne reste pas là dessus. Je me regarde, et, ben mince, j’ai avancé.
S’installer au milieu des bois, une toiture à refaire, des obstacles dans mon boulot comme des salles qui me passent sous les doigts, pas de boulot, du boulot, les enfants malades… ben je gère. Je ne me pose pas de question.
C'est la vie. Je suis là pour ça non ? Vivre.
Tout cela est bien résumé par ces phrases de Lecurieux :
Citation
Volonté inconsciente de survie ?
Quand on veut, on peut, oui, mais c'est pas dit qu'on puisse aller jusqu'au bout, jusqu'à l'accomplissement de cette volonté, et on s'en fout, j'ai envie de dire.
Citation
Le curieux
Ben justement, une fois que tu entres dans la bulle des ânes, ben, ils n'en sont plus, bien qu'ils le soient toujours. Le truc que je n'ai pas c'est bien ce zèle, ou ce côté faux derche, qui permet d'entrer dans la bulle des ânes. Mais une fois dans la bulle, tu peux au moins tenter de la changer, ils prennent en compte tes avis, et ô miracle peuvent même accepter des propositions incensées proposées quand tu n'étais que "jetable". C'est ce qui fait la perversité du système. Tu ne peux pas le changer tant que tu n'es pas dedans. Mais pour y entrer faut user de trucs, d'artifices que tu n'as pas, dont tu ne veux pas user "par éthique" perso, par "bon sens crétin". Il faut une volonté pour se corrompre en quelque sorte, un peu, ou beaucoup, pour la réaliser.
Quant à la volonté de changer les choses. Elle est perverse, de mon point de vue, car c’est vouloir que les choses soient comme nous on veut (egocentrisme). Or ce n’est pas le cas, alors on fait quoi ? On rue dans les brancards, on s’époumone, on tue ? Ta ta ta…
Les choses sont, et je suis.
Je passe dans la vie et dans les situations telle que je suis. Je me gourre, je prends des gifles mais la plupart du temps, ca marche. Et encore l’expérience. Et des aventures à raconter, un film qui se déroule, mille fois plus passionant que Star Wars.
Oui je pense qu’il faut être dans la vie pour agir, quelque soit le moyen, et quelques soient les buts. Mais il n’est pas nécessaire de se pervertir.
C’est justement là le piège. Rester intègre, considérer les autres comme nous-mêmes, et avancer.
Ne réfléchir que sur les questions pratiques.
Quand on veut on peut, oui c’est pas con. La volonté est comme une girouette parfois, on s’en fout. Agissons et apprenons.
Tout cela ne représente que mon expérience et mon humble avis sur la question.
Allez pour ceux qui aiment « reflechir »
http://cerrotoluquil...consciente.html
Dieu est humour ! Fervente pratiquante.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.