Citation
Libélial, le bouddhisme part du principe qu tout est illusion, vu l'impermanence des choses. Par delà même, l'égo est aussi une illusion:
Ce que tu cite là, Davynha, est assez typique des "enseignements transitoires", ou Hynayana, Petit Véhicule du Bouddhisme.
Les enseignements du Mahayana, Grand véhicule, ont completement abandonné cette vision de l'impermanence, du tout n'est qu'illusion. Au contraire.
Le Petit véhicule avait comme but avoué, de rompre avec les traditions et usages précédents, en cassant toutes les barraques, en rendant les disciples passifs mais disponibles pour écouter autre chose sans le mélanger à la sauce précédante.
Dans le Grand véhicule, on est au contraire, dans la plus totale affirmation de soi puisqu'on part du principe que nous sommes "éveillés" (bouddhas), que ce n'est pas un état d'être à atteindre mais juste un état à manifester.
L'orgueil n'est pas un démon, c'est juste une mauvaise façon de s'aimer, puisque c'est une forme de fascination à l'égard d'un quelque chose qui demeure incomplet.
Lorsque nos antennes se déploient, beaucoup peut s'entendre, beaucoup peut se ressentir, et la satisfaction n'est pas illégitime. Pourquoi devrait-elle l'être ?
Moi, JE, de toute façon est une réalité. Souvent le Moi Je des autres nous est difficile car on se compare et si l'on se trouve plus petit, c'est un peu chiant, mais tu sais, si l'on se trouve plus grand, c'est chiant aussi, c'est plus difficile de se faire des petits camarades.
Si nous n'étions pas, seul le grand univers pourrait pavaner à sa guise, mais puisque nous sommes, nous avons bien quelque part le devoir d'affirmer le fait que nous sommes.
Mais puisque nous ne sommes pas seuls, il nous faut bien nous affirmer dans cette "osmose".
Beaucoup confondent orgueil et affirmation de soi. Il me semble que l'orgueil n'est que l'affirmation d'un soi sourd dingue.
Si notre place dans l'univers respecte la place des autres "JE SUIS", je ne vois pas bien où l'orgueil pourrait se nicher.
Sauf à se vouloir, silencieux, humble, trop modeste, sans courage, tellement on craint d'affronter un échec. Là, je suis d'accord avec Yoda, se terre un orgueil d'une puissance sans égale, qui voudrait un nivellement par le bas, pour avoir l'impression d'être plus haut. Là, se niche l'envie, et tous les bons sentiments de sortie de confessionnal : jalousie, langue de vipère, propos diffamatoires et hautement débinatoires.
La spiritualité n'échappe pas à ce lot de bons sentiments, tous nés de l'orgueil. Tout ceci occupe celles ou ceux qui ne sont pas en accomplissement. A défaut d'accomplir, on se regarde le nombril. Chacun son truc après tout !
L'ai-je bien descendu ?