Loom, le mardi 12 août 2003, 20:21, dit :
Si je ne me trompe pas, d'après la théorie des cordes, ou dans le même cadre de référence... les scientifiques considèrent qu'il y a non pas 1, ni 2, mais oui... mes braves gens, bien 10 univers parallèles qui s'interconnectent ! Et lorsqu'il y a des "portes" en pleine adéquation, ça donne des choses "étranges" !!!!!

Loom,
je pense que tu vas vite en besogne. Tu fais une confusion entre "univers" et "dimension" aussi je vais essayer de résumer. Soyez indulgent, c'est un "exercice" pas facile...
1) Les théories des cordes/supercordes décrivent l'univers comme une entité mathématique vectorielle à 11/26 dimensions mais là, il n'est pas encore question d'univers parallèles (les théoriciens n'auraient pas pû construire une base vectorielle avec des "choses" parallèles).
2) Afin d'unifier ces diverses théories, on a introduit la théorie hypothétique M (M pour membrane). En particulier, on s'intéresse aux propriétés des extrémités des cordes ouvertes (parce qu'il existe aussi des cordes fermées) lorsqu'elles sont soumises à des conditions particulières (conditions de Dirichlet et de Neumann). Ces calculs ont introduit le concept de D-brane où par exemple une "0-brane" est un point, une "1-brane" est une corde, une "2-brane" est une membrane, une "3-brane" est un volume, et de façon générale, une D-brane est définie comme une hypersurface plongée dans un univers de dimension D+1.
3) Notre monde serait donc confiné à une 3-brane plongée dans 4 dimensions d'espace-temps (les 3 dimensions spatiales que l'on connait + le temps). Et c'est là qu'intervient la subtilité : il est théoriquement possible que d'autres univers 3-brane soient parallèles au nôtre le long d'un axe d'une 5ème dimension, alors pourquoi pas "sauter d'une brane à l'autre" ?
4) Mais la gravitation pose un sérieux problème au modèle des mondes branaires. En gros, parce que la gravitation est l'essence-même de toute structure d'espace-temps (c'est prouvé par la relativité générale). Si elle se propageait entre les branes, son flux aurait tendance à diminuer dans un rapport différent de celui que l'on connait (à savoir 1/r^2, d'ailleurs, dans un univers à 3+n dimensions spatiales, le flux serait proportionnel à 1/r^(2+n)). Aucune expérience à ce jour n'a mis en échec la vérification de cette loi, que ce soit dans l'infiniment petit ou l'infiniment grand.
5) La réponse théorique à ce problème est l'option suivante :
- la 5ème dimension liée à notre 3-brane est finie (et pourquoi pas enroulée sur elle-même),
- la 5ème dimension liée à notre 3-brane est infinie mais courbe
Les univers gémellaires de JPP ne sont pas en contradiction avec la théorie des cordes/supercordes, c'est une autre approche de la cosmologie. JPP part "simplement" de l'équation tensorielle de la relativité générale, elle-même vérifiable expérimentalement ce qui n'est pas le cas (encore) de la théorie des cordes/supercordes et ses dérivées. Je crois d'ailleurs que c'est le grief porté par JPP sur ces théories...
Quoi qu'il en soit, les trous noirs existent bel et bien, que ce soit dans les théories de JPP ou dans les autres...
Dubhe