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Tony Blair n'aurait pas vacciné son fils.


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1 réponse à ce topic

#1 joel

joel

    Tournicoti, Tournicoton

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Posté 25 mai 2003 à 22:09

Voici ce qu'un ami m'a envoyé à propos du vaccin ROR. Désolé pour le lien, il a oublié de le sauvegarder.

Le vaccin de la controverse

(La Presse, 18 février 2002)


Tony Blair alimente la panique en Grande-Bretagne refusant de dévoiler si son petit dernier a reçu le triple vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.

Si Tony Blair ne s’était pas entêté à protéger la vie privée de Léo, son petit dernier, la panique qui s’est emparée de la Grande-Bretagne aurait peut-être été moins grave.  Peut-être.  Mais le premier ministre tient à ses principes.  Quitte à alimenter une crise de confiance majeure envers le gouvernement et les autorités médicales du pays.

En refusant de révéler si bébé Léo a reçu, oui ou non, le triple vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO), Tony Blair a semé le doute.  Et si le vaccin était vraiment dangereux?  Après tout, un médecin britannique avait déjà sonné l’alarme, quatre ans plus tôt, en suggérant que ce méchant cocktail de virus affaiblis pouvait causer l’autisme.  Même qu’il en remettait ces jours-ci.

Les tabloïds se sont déchaînés.  L’opposition conservatrice a enfoncé le clou.  De nombreux parents ont refusé de faire vacciner leurs enfants.  Le résultat était prévisible :  depuis deux semaines, plus de 50 cas de rougeole ont fait surface dans la ¨nappy valley¨, une banlieue du sud de Londres habitée par de jeunes familles.  Craignant une épidémie à grande échelle, le gouvernement a désormais la lourde  tâche de rassurer des parents anxieux et plus méfiants que jamais.

Tout a commencé en février 1998, quand le gastroentérologue Andrew Wakefield, du Royal Free Hospital de Londres, a publié une étude sur 12 cas d’enfants normaux qui avaient subitement développé des problèmes de comportements, après avoir subi une grave inflammation des intestins.  En conférence de presse, le Dr. Wakefield a expliqué que le vaccin RRO, introduit en Grande-Bretagne en 1988, avait perturbé le système immunitaire des enfants, permettant au virus de la rougeole de se répandre dans le sang et de causer des dommages au cerveau quelques jours après l’immunisation.

Il y a eu quelques froncements de sourcils dans l’assistance.  Même que Arie Zuckerman, le doyen du Royal Free Hospital, a interrompu la conférence de presse pour affirmer qu’il ne croyait pas que les conclusions du Dr. Wakefield justifiaient de mettre un terme à la vaccination, comme le réclamait le médecin.  Craignant un affolement général, il a supplié les journalistes de résister à la tentation de gonfler cette histoire.

Mais les reporters n’ont pas eu à se faire alarmistes : les faits parlaient d’eux-mêmes.  Un médecin d’une institution respectée venait de publier une étude dans The Lancet, l’une des revues scientifiques les plus réputées du monde, suggérant un lien entre le vaccin RRO et l’autisme.  C’était bien suffisant pour semer un doute qui persiste encore aujourd’hui.

Depuis quatre ans, pourtant, l’étude du Dr. Wakefield a été ensevelie par une énorme vague de critiques des autorités médicales du monde entier.  Ses conclusions ont été réfutées par les études, beaucoup plus rigoureuses, d’éminents spécialistes américains, britanniques, suédois et finlandais.  Ils ont discrédité sa méthodologie trop faible, son échantillon trop petit et son travail bâclé.

¨D’un point de vu épidémiologique, c’est tout simplement ridicule.  Wakefield a été incapable de fournir une seule donnée scientifique solide prouvant ses dires¨, a tranché Heikki Peltola dans le New Scientist.  Le chercheur de l’Université de Helsinki a étudié le cas de 1,8 million d’enfants ayant reçu le vaccin sans établir le moindre lien avec l’autisme.

Mais voilà, la Grande-Bretagne est le pays de la vache folle, et les Britanniques se souviennent trop bien des assurances des politiciens et des scientifiques, qui affirmaient que la consommation de bœuf n’était pas dangereuse.  Il leur a fallu des années avant de se rendre à l’évidence : manger un simple hamburger, ici, pouvait effectivement être mortel.

Depuis, la confiance aveugle que les Britanniques accordaient jadis aux scientifiques s’est envolée, plongeant les parents dans l’incertitude sur la meilleure chose à faire pour leur bambin.  Mais cette révolte contre l’establishment médical pourrait provoquer des souffrances, et même des morts.  Car la rougeole peut aussi être une tueuse d’enfants.

Il y a quelques décennies à peine, la rougeole était une maladie courante, qui gardait les enfants au lit pendant cinq jours.  Les complications étaient rares, mais graves : pneumonies, infections des oreilles et des yex et, dans les cas extrêmes, dommages au cerveau entraînant la mort.  Dans les mauvaises années, une centaine de petits Britanniques pouvaient en mourir.

Les parents qui refusent le vaccin ¨jouent à la roulette russe¨ avec la vie de leurs enfants, a grondé le médecin en chef du gouvernement, Liam Donaldson.  La phrase-choc n’a fait qu’enflammer le débat.  Dans une ambiance déjà explosive, les mères anxieuses n’ont surtout pas besoin de l’attitude arrogante adoptée par les autorités médicales britanniques, qui semblent les traiter comme des névrosées ou des irresponsables.  Elles veulent l’assurance irréfutable que le RRO ne cause pas l’autisme.  Et cette garantie, personne ne peut la leur donner.

L’autisme n’est pas mortel, mais c’est sans doute le cauchemar de tous les parents.  Un bébé parfaitement normal, qui s’éveillait lentement mais sûrement à la vie, s’enferme tout à coup dans un monde itnérieur et refuse d’en sortir, pour toujours.  Les premiers signes deviennent évidents vers l’âge de 18 mois.  Or, le vaccin RRO est injecté entre 12 et 15 mois.  Pour bien des parents, il est impossible de ne pas faire le rapprochement.

Il existe une tendance humaine à attribuer le blâme d’une maladie à un incident spécifique.  Dans le cas du RRO, il s’agit d’une tendance lourde : 1000 familles britanniques sont tellement convaincues du tort causé à leurs enfants qu’elles préparent un recours en justice contre le gouvernement.

Les causes de l’autisme sont inconnues, bien que l’on soupçonne des désordres génétiques.  Une poignée de scientifiques soulignent que la forte augmentation des cas d’autisme dans le monde coïncide avec l’introduction de programmes massifs de vaccination infantile.  Mais leurs détracteurs rétorquent que la hausse est plutôt attribuable à une meilleure connaissance de la maladie et à l’élargissement des critères de diagnostic.

Mais qu’importe l’opinion des scientifiques : l’autisme fait peur.  En Grande-Bretagne, les parents ont compris qu’une fois que la vaccination massive a éradiqué la rougeole, un enfant non vacciné ne court presque aucun risque de contracter la maladie.  Dans ce contexte, pourquoi exposer leur enfant au risque, même hypothétique, du vaccin RRO?

La tentation est de profier de l’inoculation des autres enfants sans exposer son propre rejeton à d’éventuelles complications.  Mais cette logique du chacun pour soi a des effets pervers : depuis 1998, la proportion d’enfants vaccinés a chuté de 92% à 84%, et jusqu’à 65% dans certains quartiers de Londres.  Or, les médecins estiment que le taux de vaccination doit atteindre 95% pour prévenir une épidémie de rougeole.

¨Les Britanniques s’apprêtent à revivre exactement le même scénario que celui de la coqueluche¨, dit le Dr. Yves Robert, expert en maladies infectueuses au ministère de la Santé du Québec.  Il y a 30 ans, en effet, une panique similaire avait fait chuter le taux d’immunisation et provoqué une épidémie de coqueluche en Grande-Bretagne.  Un quart de million d’enfants avaient contracté la maladie, et une centaine étaient morts.  ¨C’est une dure façon d’apprendre¨, souligne le Dr. Robert.

Au Québec, les enfants reçoivent le vaccin RRO depuis 1976.  Pas moins de 98% d’entre eux sont vaccinés, bien que l’immunisation soit volontaire.  Il faut dire que l’étude du Dr. Wakefield n’a pas soulevé la même controverse au Québec qu’en Grande-Bretagne.  Mais elle a suffisamment inquiété pour que le gouvernement réclame l’avis de l’Institut national de santé publique du Québec.  La réponse publiée en juin dernier, n’a pas fait de vagues : comme prévu, l’Institut a rejeté les conclusions du médecin britannique.


Pour en savoir plus :

L’étude du docteur Andrew Wakefield, sur le site du magazine The Lancet (éditions du 28 février 1998, volume 351, numéro 9103) http://www.thelancet.com

… et parmi les études qui le contredisent :
Brent Taylor dans le British Medical Journal
http://bmj.com/cgi/r...24/7334/393.pdf

Eric Fombonne dans Pediatrics : http://www.pediatrics.org

Enfin, un récent rapport exhaustif du Medical Research Council britannique sur l’autisme : http://www.mrc.ac.uk...tism-report.pdf