Aller au contenu


De Gênes à Genève, G 8 manipulations et chaos


  • Please log in to reply
7 réponses dans ce topic

#1 yoda

yoda
  • Invités

Posté 02 juin 2003 à 15:32

Ceci est un témoignage d'un participant aux manifestations, en aucun cas ce qu'on trouvera dans la presse.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les sommets du G8 sont, ces dernières années, acompagnés de manifestations de différents fronts alter- et anti- mondialistes, allant des plus conformistes tels que le Parti Socialiste, ou Les Verts en passant par Attac, aux mouvements plus radicaux, des Communistes aux Sociaux-Libertaires en passant par les Communistes Révolutionnaires (le dimanche matin, cortège du LCR très animé et très joyeux mené par Olivier Besancenot).

Une grande manifestation et des blocages ont été organisés par le Forum Social Lémanique, un ensemble de partis de gauche, groupement d'étudiants et d'autres associations (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde, Groupe pour une Suisse Sans Armée...). Pour éviter les débordements créés par le passé dans ce genre de manifestations, le FSL a demandé à Micheline Spoerri (Cheffe du Département de Justice et Police) que la police se fasse discrète pendant la manifestation et les blocages et un accord a été signé entre les 2 parties.

Lausanne

Jeudi, manifestation sous la pluie et la grêle, 5000 personnes défilent pacifiquement, un léger incident est à signaler au passage devant la Banque Cantonale Vaudoise, où une cinquantaine de "robocops" (policiers anti-émeutes, casqués et intégralement plastronés, portant des boucliers, armés de lacrymogènes, tonfas, et fusils à balles en caoutchouc). Les quelques manifestants ayant essayé d'accéder aux façades de la banque ont vite abandonné voyant que le mur policier était infranchissable.

Genève

Vendredi, 11h, manifestation des No-Borders (collectif allemand pour la libre circulation des êtres humains, contre les frontières) avec 3000 personnes. Ouverture symbolique des portails enchaînés de l'OMC, vol du panneau vissé à l'entrée (World Trade Organisation - Organistation Mondiale du Commerce). La police ayant été présente en masse devant L'Organisation Internationale de la Migration, certains manifestants ont décidé de s'attaquer au bâtiment voisin, en l'occurrence l'Organistation Mondiale de la Météorologie. Quelques vitres ont été brisées.

Vendredi, 18h, Critical Mass Genève (comme tous les derniers vendredis du mois), spéciale anti-G8. 500 cyclistes, patineurs, et skateurs bloquent la circulation sur le pont du Mont-Blanc (principal pont de Genève), de certains axes à forte circulation, puis se dirigent en direction de l'OMC. Les portails sont à nouveau enchaînés, et cette fois 3 lignes de barrières ont été posées par la police à 10 mètres de distance. La police était présente par un cordon 20 mètres derrière le portail. Après un sitting de 10 minutes devant l'OMC, et 2 manifestants ayant uriné contre le portail, le cortège s'en est allé, continuer à ralentir la circulation et rejoindre la Place Neuve, où certains ont pu regagner les espaces de rassemblement et de débats anti-G8 organisés par des groupes antimondialistes et des groupes de collégiens et universitaires, pour continuer la soirée dans la fête et la bonne humeur.

Jusque-là, tout se passe bien. Les blocages sont organisés au lieu de rassemblement des Communs au Parc des Bastions (Place Neuve). Des ateliers d'entraînement au sitting et à la désobéissance civile sont organisés. La police s'est montrée discrète malgré les civils (pas vraiment discrets, eux) qui venaient prendre des photos (fichages) et reccueillir des infos sur les agissements des manifestants.

Samedi soir, le Parc des Bastions a été dégagé et nettoyé, la fête continue au Jardin Anglais, au point même de départ de la manifestation de dimanche 10h.

23h : Premiers bruits au téléphone - Des skinheads/néonazis/identitaires-nationalistes (appelez ça comme vous voulez) au nombre de 300 seraient en train de saccager les rues marchandes (lieux de commerce du luxe, cible à la base, des black blocks, dont la plupart des banques et commerçants de luxe s'étaient fait poser des planches de bois pour protéger leur affaire).

24h : Info-téléphone - La police ne s'est toujours pas déplacée dans les rues marchandes, les 300 casseurs se sont dispersés. Ils étaient organisés par groupe de 50, ont agi efficacement et très rapidement. Plusieurs commerces ont été incendiés par des cocktails molotovs, les pompiers ont eu une longue nuit. Un des groupes dispersés s'est attaqué à l'Hôtel des Finances, dans le quartier de l'Usine (lieu culturel alternatif de Genève - théâtre, cinéma, salle de concert, bistro, restaurant, salon de coiffure, galerie d'exposition, studio d'enregistrement, etc.), avant d'essayer d'envahir ces locaux. Les responsables ont fermé leur portes, des punks (venus pour des concerts ska/punk gratuits anti-G8) ont dû se refugier pour ne pas être pris à partie. L'Usine a été victime de déprédations.

A ce moment là, avec un ami je passais dans le quartier de l'Usine. Toutes les rues autour ont été bloquées par a police anti-émeute et l'Usine a été encerclée. A noter qu'en plus du concert qui a dû être arrêté des personnes se trouvaient à l'extérieur, où ils mangeaient et buvaient sur la Place des Volontaires, où il y a un café-restaurant-bistro et des stands étaient installés, avec des tables dans toute la place.

Dimanche

1h : Avec un communiste on décide d'aller taguer les belles façades jaunes présentes depuis une semaine à genève, protégeant les banques et les marchands de luxe. En 2 minutes, la police (normale, et non les anti-émeutes) arrive gyrophares à l'appui, nous contrôle, nous annonce une chasse à l'homme contre les casseurs (2 heures après...) et nous demande de faire ça à un autre moment, et ils nous ont laissé repartir avec les bombonnes (les barricades étaient devenues un lieu de libre expression et beaucoup l'ont pris avec amusement, alors le tagage y a été autorisé).

Info-téléphone - la police a libéré l'Usine. Quelques 400 personnes y étaient présentes, discutant, buvant, dormant (des manifestants étrangers dans leur sac de couchage, sur le trottoir au bord du Rhône, faute de trouver une place ailleurs), et faisant la fête.

4h: Départ du premier groupe de blocage, en direction du Pont-Butin, le plus éloigné de la ville, et annoncé comme le plus "répressible", car c'est celui qui relie le plus rapidement l'aéroport à la rive gauche (permettant l'accès à la France).

5h30: Le Pont-Butin est bloqué par une centaine de manifestants. Infos-téléphone: La route menant à Thonon/Evian, au bout de l'autoroute de contournement de Genève (partant aussi de l'aéroport) est bloquée par 3000 manifestants venus d'Annemasse. 1500 manifestants ont créé des équipes de 300, bloquant les 5 autres ponts à proximité de la ville. A un moment le pont du Mont-Blanc comptera 3000 manifestants, avec les premiers arrivés pour la grande manifestation.

6h à 9h: Blocages effectifs. Ennui mortel et quelques phrases libératrices taguées sur les ponts.

9h: Départ petit-déjeuner et marche vers le lieu de rassemblement de la manifestation.

10h: Départ de la manifestation. Environ 55'000 personnes au départ de Genève, 45'000 d'Annemasse. Quelques cagoulés se trouvent en fin de cortège (Genève). Apparemment le calme règne, rien à signaler.

11h: On nous annonce que le sommet n'a toujours pas commencé. Blocages réussi. Les manifestants ont beaucoup plus de mal à Lausanne, où la répression policière est plus lourde.

11h30: Les blocages ont retardé l'arrivée des délégations de 2 heures.

13h: La manifestation arrive au bout. Les cagoulés présents au fond du cortège on suivi toute la manifestation, et s'en sont pris à une station service BP, et une station service Esso. La police était loin du cortège à ces moments, et rien d'autre n'est à signaler sur le parcours de la manifestation.

De retour en ville, j'aperçois qu'il y a eu quelques légers affrontements en ville. Pas de casse à signaler, quelques tags supplémentaires ont apparus, cette fois les vitrines aussi portent des messages.

15h-22h: La police attendait les manifestants au retour, affrontements. Des jeunes de tous bords se sont joint à certains qui se masquaient le visage. Plus le temps passait, plus des jeunes se mettaient contre la police. Un grand nombre de "racailles" sont venues grossir les rangs. Poussés jusqu'aux quartiers autour de l'Usine, les racailles se sont mis à casser. D'autres partaient casser là où il n'y avait pas de police anti-émeute. A nouveau la police envahit l'Usine, cette fois des flics en civil au visage masqué entrent, débranchent le matériel des médias indépendants, embarquent les 11 personnes d'Indymedia présentes.

Quelques manifestants accusés de casse sont également embarqués.

A noter que non seulement il y a eu beaucoup de dégâts (avant seulement les rues marchandes avaient été visées, et maintenant l'émeute a tourné dans plusieurs quartiers), mais la population commence à paniquer, insulter, autant policiers que manifestants, d'autres deviennent violents.

Certains habitants jettent des bouteilles vides depuis leur fenêtres sur les gens sans distinction entre "casseur" (non dans le sens médiatique du terme, mais dans le sens "racaille qui foutaient la merde"), passant, ou flic en civil.


Lundi

5h: Des manifestants hollandais installés sur des radeaux veulent se diriger vers Evian, dans le but de planter un drapeau de pirate sur le centre de conférence. J'espère sincèrement qu'ils ne se feront pas tabasser. J'espère aussi qu'ils ont pris un média avec eux.

11h: 9 membres d'Indymedia ont été relâchés. 2 autres ont été tabassés avant d'être libérés en plein milieu de la campagne. Ils ont pris un bus pour retourner à l'Usine.

15h: Le progamme de l'Usine reprend normalement. Une exposition a lieu en ce moment même. Plus de présence policière. R.A.S.


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Notes: Après Artamis, devenu le local zombie depuis 1998, c'est autour de l'Usine d'être attaqué par la politique Genevoise de droite. Etant un lieu de la culture alternative et contestataire, le G8 a été l'occasion rêvée pour mener une offensive. Il y a eu des déprédations, et une tentative de salir leur image sans précédent - Depuis 2 ans le peu qui reste d'Artamis se bat pour ne pas être expulsé (un cinéma, un bar, 2 salles de concert).

Ce qui se passe ici c'est :

Médiatiquement, pour manipuler l'opinion publique

- Une attaque contre les altermondialistes : Mme Spoerri accuse le FSL d'être responsable de l'absence de la police pendant les casses de samedi soir, à cause de l'accord sur la discrétion signé par les 2 parties. Ces casses n'ont pas eu lieu pendant les manifestations ou les blocages, mais pendant la nuit et dans un endroit très sensible (dans lequel d'ailleurs la manifestation n'avait pas le droit de passer).

- Une attaque contre les black-blocks. La plus grande partie de la masse ignore totalement qui sont ces gens et ce qu'ils révendiquent. A titre d'exemple, les blocages effectués ce week-end par une moitié de pacifistes (on avait aussi des gens masqués, hé oui) sont nés des expériences passées de Seattle et Prague, menées par ces mêmes black blocks, qui maintenant se voient leur idées récupérées "officiellement". En 2001, le gouvernement italien a décidé de totalement les discréditer en cagoulant tous les jeunes d'extrême droite qu'ils pourraient trouver, et en les envoyant à la casse. A noter que ce faux black-block s'en est même pris aux manifestants. Cela résulte des actions directes avec attaque contre la propritété privée. Avant José Bové, des allemands et des américains, masqués ou cagoulés pour ne pas être fichés, s'en prenaient aux banques, aux institutions capitalistes internationales, ou aux sièges des multinationales (et bien sûr, aux MacDonalds). Cette "violence extrême" a été retenue pour les marginaliser au maximum et en créér des faux, en disant que ce sont "tous des casseurs". Les black blocks anarchistes disent bel et bien qu'ils ne s'attaquent qu'à la propriété privée et aux symboles de la domination capitaliste, mais jamais ne chercheront à blesser quelqu'un, au contraire. Tout simplement ils ne considèrent pas qu'un bien puisse avoir la même valeur qu'une vie (humaine ou autre, d'ailleurs ils sont en grande partie végétariens ou végétaliens), et qu'il ne faut pas comparer la violence morale de ceux qui envoient des soldats en guerre pour le profit, voir répriment des populations pour les faire taire, à cette violence qui n'en est pas vraiment, qui n'est qu'une attaque radicale contre le capitalisme et un appel immédiat à un changement de société. Pas une réforme, une révolution.



A un niveau régional (même national, parce que ça se passe aussi à Zurich et à Berne) :

- Une attaque contre les 2 milieux précités (parce que dans la vie de tous les jours, tout le monde ne porte pas un foulard palestinien pour cacher le visage) qui se fréquentent et partagent en partie les mêmes idées, même si l'extrême gauche rejette totalement les milieux modérés, tels que les socialistes, Attac, les Verts, ou autres qui ne sont pas anti-capitalistes. Ceci dit il y a tolérance...parfois moquerie (suite aux révélations de Chaim Nissim (député vert démissionaire) sur l'attaque au bazooka sur la centrale nucléaire de Malville, les libéraux parlent de "démocratie au lance-roquettes de la gauche" et quand un anar croise un vert, la blague revient souvent), mais avec les histoires politiques ici il y a de quoi faire. L'Usine est un lieu de culture alternative. Genève est une ville riche, qui ne favorise la culture que du côté des grands opéras, exposition d'art conventionnel et autres passe-temps bourgeois. Bien sûr, le mouton moyen a aussi une salle de 10'000 personnes pour aller voir Celine Dion ou Ophélie Winter. De l'autre côté, l'Usine, seule salle de 800 personnes pouvant recevoir des artistes comme Manu Chao, Sepultura, Israel Vibrations, Public Enemy ou d'autres artistes représentant d'autres milieux musicaux alternatifs.

Les artistes qui poussent à la réflexion, qui dénoncent le système, qui appelent les gens à se mobiliser, sont dangereux. Et la première étape, c'est d'empêcher leur accès au public. Pour ces raisons, l'Usine est un lieu dangereux. Un lieu d'ouverture des consciences, de partage et de discussions. D'ouverture d'esprit et d'âmes révolutionnaires.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Je sais pas si j'ai oublié quelque chose...les faits sont rapportés plus ou moins tels quels et mon analyse de la manipulation est au contraire personnelle. Peut-être tout le monde ne voit pas la même chose, c'est compréhensible.

Ce message a été modifié par yoda - 02 juin 2003 à 15:56.


#2 yoda

yoda
  • Invités

Posté 02 juin 2003 à 16:17

Des nouvelles des blocages à Lausanne :

Citation

Blocages à Lausanne : Pink&Silver, Critical Mass, Antracite    
herisson fachéE, 02.06.2003 15:01  
        
Blocages du dimanche à Lausanne
  
        
Blocages à Lausanne : Pink&Silver, Critical Mass, Antracite et Black Blocs uniEs.

Nous dénonçons la désinformation des médias concernant les actions de blocage à Lausanne. Nous sommes toutes et tous partiEs du camping de la Bourdonnette avec l’intention de bloquer les délégations du g8. On était à peu près 2000, divisés en 3 blocs : le pink & silver block, la caravane à vélo, et le antracite et black block. Nous sommes partiEs toutes et tous ensemble et nous refusons les arguments dénigrants à l’encontre du black block, comme quoi il se serait infiltré dans le cortège pour tout casser. Les black et antracite blocks sont partis avec nous, ils ont effectué les actions de blocage les plus efficaces en faisant preuve d’une grande créativité dans l’action et ils ont protégé le reste du cortège contre les attaques des flics. Des actes de casse ciblée contre Shell et autres symboles du capitalistes ont bien eu lieu mais nous ne nous en distancions pas, ils font partie intégrante des actions que nous avons mené ce dimanche. Si les actions de blocage ont réussi c’est bien parce que nous étions toutes et tous uniEs contre le g8.
Nous dénonçons aussi l’hypocrisie de certaines personnes et organisations qui ont toujours soutenu que la seule méthode efficace pour faire entendre au monde notre refus du capitalisme et du g8 était de tenter des blocages et qui aujourd’hui se distancient des actions menées à Lausanne dimanche matin, probablement parce qu’elles n’étaient pas dirigées par les personnes en question. Soulignons aussi que nous n’avons eu aucun soutien politique quand nous étions pris en otage à la Bourdonnette pendant 6 heures. Notre seule force était notre solidarité réciproque.
El pueblo unido jamas sera vencido !!!

Herisson FachéE


Commentaires...

Citation

ok 02.06.2003 16:03    
      
    "Des actes de casse ciblée contre Shell et autres symboles du capitalistes ont bien eu lieu mais nous ne nous en distancions pas"
Petit hérisson faché :o) toi au moins tu es honnête. Parcque certains de tes collègues affirment que les casseurs ne sont pas soutenus par les alter-mondialistes.
  
        
    aldo  
  
    
        
    
    précision 02.06.2003 16:49    
      
    J'aimerais préciser que nous ne soutenons pas tout acte de casse, nous soutenons les actions politiques qui visent directement le capitalisme, ceci dans des moments où il est opportun de le faire. Nous ne soutenos par exemple pas du tout les pillages de magasins. C'est pas parce qu'une personne est habillée en noir qu'elle est forcément intégrée dans un Black Block, l'exemple de Gêne ou des fachos et des flics infiltrés sont entrés en action est là pour le monter. Appelons les choses avec leur nom: des casseurs apolitiques c'est de casseurs, les fachos c'est de fachos, les flics infiltrés c'est des flics et les individus s'organisant en Black Block sont des militantEs. C'est ces derniers que nous soutenons même si nous ne partageons pas forcément toujours leurs analyses quant à l'utilité stratégique de leurs actions. A Lausanne ils ont agit selon nous de manière tout à fait utile.
PS. Le "nous" est un groupe d'affiliation qui soutien toute mise en oeuvre de stratégies utiles mais qui ne doivent en aucun cas toucher à l'intégrité des personnes    
        
    herisson fachéE

Ces derniers jours Indymedia est pollué par des individus comme aldo. nous ne savons pas qui ils sont.

D'un autre côté, ces échanges commencent à nous permettre de comprendre qu'il y a ceux qui participent, militent, et voient les faits, puis les autres qui regardent la télé et au moins ça nous pousse à clarifier le discours. Je sais pas si les propos de herisson fachée sont assez claires, mais moi j'ai eu du mal à expliquer exactement la même chose à quelqu'un ici.

#3 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 03 juin 2003 à 11:23

Merci Yoda pour toutes ces explications... qui ont le mérite d'etre claire... pour ceux qui ont envie de faire l'effort de les comprendre... et j'espère qu'ils seront nombreux... ;)
Ces explications confirment aussi la manipulation qui a eut lieu à Gênes et dont se sont servis ceux qui sont responsables de la mort de Carlo Giuliani... :puni:
Continue de nous informer...
Diamant

#4 Patience

Patience

    Amoureuse de la Vie

  • Membres
  • 544 Messages :
  • Genre : Homme
  • Localisation : De retour au pays...

Posté 03 juin 2003 à 23:05

Salut Yoda,
Merci pour toutes ces infos. Je vais essayer d'exprimer brièvement ce que je pense de tout ceci. En fait je comprends ta position mais je me sens plus proche de celle de hérisson fâchée quand elle dit :

"les individus s'organisant en Black Block sont des militantEs.
C'est ces derniers que nous soutenons même si nous ne partageons pas forcément toujours leurs analyses quant à l'utilité stratégique de leurs actions"

C'est-à-dire que la question de l'utilité stratégique des actions me semble primordiale, et ce qui me dérange dans les actions plus "musclées" des Black Block, c'est qu'il me semble que si elles sont mal perçues par la population, elles désservent finalement leur cause.
Il me semble en effet que l'idéal anarchiste c'est de faire la révolution tous ensemble (même si ça fait très démago dit comme ça) ou presque. Donc si on méprise le quidam moyen, on ne risque pas de le rallier à notre cause...

Je te cite : "Bien sûr, le mouton moyen a aussi une salle de 10'000 personnes pour aller voir Celine Dion ou Ophélie Winter."

Moi non plus Céline Dion et Ophélie Winter ne me font pas rêver, mais c'est aussi vers les moutons moyens qu'il faut se tourner, vers les "autres qui regardent la télé" (et ils sont nombreux !), pour faire passer les idées par les pratiques, dans les lieux où l'on est (lieux de travail, quartiers...). C'est sûr que c'est moins spectaculaire, mais c'est du travail de terrain de base, et il me semble que ce n'est qu'en en passant par là qu'on arrivera à permettre aux gens d'évoluer dans leurs mentalités.
Car si on fait à la place des gens, ou malgré eux, en pensant qu'ils se rendront compte plus tard du bien fondé de notre action, on retombe dans des stratégies d'avant-garde éclairée, et on a déjà vu ce que ça pouvait donner, le communime pas du tout libertaire...

Voilà, donc en sachant comment ces actions sont retransmises dans les média, et donc comment elles sont perçues par une majorité de la population, je me demande si c'est une très bonne idée d'aller se faire plaisir contre les banques ou autres, même si je comprends l'idée initiale : le capitalisme nous tue, tuons le capitalisme !

Ceci dit, j'ai bien compris que les militants des Black Block ont l'air de faire aussi du boulot sur le terrain.

J'espère que tu saisis ce que je veux dire, même si tu penses autrement,

Patience

#5 littlemat

littlemat
  • Invités

Posté 04 juin 2003 à 10:02

salut à tous,

Je trouve dommage de focaliser sur des casseurs apolitiques ou politiques qui fonctionnent sur des actions de types violentes et basiques alors qu'à mon avis les enjeux et et la complexité de la situation nationale et mondiale nécessite un discours serein et profond.
La densité de certaines interventions orales lors des réunions d'Annemasse m'ont fait chaud au coeur... qq fois de l'intelligente à l'état brut distillée pour tous, quel plaisir.
La prise de conscience nécessaire aux changements de société ne peuvent passer que par de l'intelligence ouverte et généreuse.

Les casseurs sont à l'image de la société à mon sens... ils se battent avec les mêmes armes et les mêmes dérives que la société sur  des concepts qui les arrangent pour justifier la violence dont ils ont besoin pour vivre. Pourquoi pas des assassinats pendant qu'on y est ? (puisque la police le fait aussi !!!)

Les seuls moment qui m'ont mis profondément mal à l'aise lors du sommet c'est lors de l'approche violente de ces groupes (et encore peut importe qui ils sont, car pour moi seul le bénéfice final de leur action à un sens).

Le travail de conscience et d'explication vers la population est un enjeux tellement plus difficile que de tout casser...
J'ai cotoyé pendant le sommet des gens de tous ages et ce côté universelle (nationale quand même) m'a donné de l'espoir.
Lorsque les générations se rassemblent vers des objectifs commun alors c'est un signe...

#6 yoda

yoda
  • Invités

Posté 04 juin 2003 à 13:12

Patience: Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, on partage presque exactement les mêmes idées. C'est d'ailleur spour ça que j'ai posté cet article de hérisson fachée et les commentaires. Peut être je suis un peu plus radical dans les idées, parce que j'estime que cette stratégie de l'action directe est efficace (la preuve étant qu'on fait tout pour la discréditer). Moi même je ne fais pas partie d'un black bloc, mais d'un collectif redblack, on se contente de faire du théâtre de rue et de la distribution de tracts dans des lieux sensibles (dernièrement assemblée générale d'une banque mise en cause dans le naufrage du Prestige), mais nous avons des affinités avec les autonomes, les anarchitses et les libertaires, qui pour certains sont des black blocs, et qui pour certains nous ont déjà donné des sacrés coups de main.

littlemat: Le vandalisme du black bloc (je n'estime pas la destruction matériele comme de la violence) est bien une réponse à la violence infligée dans le monde par ceux qui le dominent. C'est aussi une façon radicale de leur montrer concrètement que nous n'allons pas les laisser faire impunément.

Tu dis "Pourquoi ne pas aller jusqu'au meurtre? (puisque ça a été le cas pour Carlo Giuliani, un black bloc). Parce que tout simplement c'est totalement contraire à leur idéologie. Jamais s'en prendre à un être vivant. Même pas pour blesser. La défense contre la police est nécessaire (pas seulement pour eux, mais aussi parfois pour les autres manifestants ou militants). Se laisser faire pourrait montrer un manque de détermination à aller jusqu'au bout de ses actes. Parfois des policiers sont légèrement blessés (un nombre très restreint ceci dit, par rapport au nombre de manifestants qu'ils blessent - et qui sont loin d'être des black blocs), mais jamais il n'y aura d'armes à feu dans un black bloc (pour les raisons expliquées avant) et donc jamais ils ne chercheront à porter atteinte à la vie d'un policier (qui n'est qu'un brave mouton, parfois un facho selon les pays...quoique peut-être partout).

Je mets de suite un autre texte plus détaillé que j'ai bien aimé aussi. Je pense que celui-là te fera comprendre que la violence physique est exclue.


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Encore un pink qui s'exprime, je mets juste les bouts d'article du thème de débat.


Citation

- un pink and silver bloc (bloc rose et argent): cette tactique est née lors sommet du FMI et de la Banque Mondiale à Prague, où elle avait connu un grand succès et permis à une partie des manifestant-e-s d'arriver jusqu'au centre de congrès. Elle a été réutilisée dans un grand nombre de manifestations et actions directes depuis, et se base sur une résistance festive, rythmée et colorée. Elle vise à promouvoir le queer (dépassement des genres sociaux masculin et féminins et de l'oppression patriarcale) et le travestissement. Elle recherche et intègre une diversité de modes d'action au sein même du cortège, mais essaie souvent de détourner et de saboter avec humour et élégance les armes du système et ces modes d'oppression. Elle cherche à dépasser les fausses limites entre violence et non-violence. Elle se veut offensive, mais dans des rapports de force souvent inégalitaires, ne court pas systématiquement la confrontation directe et la montée en pression. Elle viserait plutôt à neutraliser les forces policières par des stratégies d'évitement et de mouvements constants. Le pink bloc se retrouve dans le slogan "si je ne peux pas danser, ce n'est pas ma révolution" et crée souvent à son passage une atmosphère conviviale et énergique aussi bien pour les manifestant-e-s que pour les passant
-e-s. Le pink bloc n'a pas de leader ni de représentant-e-s mais se base sur un ensemble de groupes affinitaires: samba, créateur-euses de barricades, danseur-euses, détourneur-euses de mobilier urbain, équipe légale, médicale, équipe de médias indépendants.
Ces groupes affinitaires étant des petits groupes de personnes qui se connaissent mutuellement, se font confiance et se donnent des objectifs particuliers d'actions et des techniques de protection du groupe face à la police. Ils avaient prévu au sein du cortège de communiquer et de se coordonner par divers moyens: signes, drapeaux, réunions de délégué-e-s des groupes afinitaires dit "spokes council", musique. Ces signes sont conventionnels à chaque manif et leur évolution est constante. Chaque groupe peut décider à n'importe quel moment de s'autonomiser du bloc.

- un black bloc (bloc noir), constitué de personnes masquées et habillées en noir pour empêcher l'identification et la répression policière. Il se base sur des tactiques offensives de blocage, barricades, enfoncement des cordons policiers et création de dommages économiques. Il recherche parfois pour parvenir à ces objectifs ou pour se défendre la confrontation avec la police, mais ne s'attaque en dehors de cela qu'aux biens matériels et pas aux personnes, ni à leur maisons d'ailleurs. Comme le pink bloc, il est constitué de petits groupes affinitaires, autonomes et solidaires, sans "chef" ni "meneurs".
Cette tactique s'est vue pratiquée traditionellement par une partie des groupes autonomes et antifas allemands, et s'est vue redynamisée par des groupes anarchistes lors du contre-sommets de Seattle ou elle a très fortement contribué, en parallèle aux blocages non-violent, à empêcher l'ouverture du sommet. On la retrouve depuis un peu partout en Europe.

- un bloc "critical mass" (masse critique), cortège cycliste, issu des manifestations pro-cyclistes, anti-pétrole et anti-voiture. Il permet de bloquer ou ralentir la circulation, en regroupant un grand nombre de personnes à vélo ou d'autres moyens de locomotion non-polluants et en prenant
toute la largeur de la route. Lors des manifestations massives contre le centre financier de londres, le 18 juin 1999, une critical mass avait activement paralysé la circulation.

Citation

Dès le lendemain, les médias et politicien-ne-s déversèrent leurs habituels mensonges et s'employèrent à créer des mythes sur ces manifestations et les "casseurs". Mythes qu'il s'agit encore une fois de démonter.

- dans des manifestations comme celle de Lausanne, les soit-disant "casseurs" n'étaient cas des gens infiltrés dans la manif cherchant à la détourner de ses but initiaux, mais un cortège autonome menant ses propres actions en les coordonnant au mieux avec les autres blocages.

- comme à Prague lors des manifestations contre le sommet du FMI et de la Banque Mondiale, la stratégie adoptée visait à autonomiser les blocs afin que chacun puisse explorer au maximum l'impact de ses tactiques sans gêner ou contrecarrer les autres.

- les black-blocs et les pink blocs sont principalement issus de mouvements anarchistes ou autonomes, autogestionnaires et anticapitalistes. Il peut arriver, comme dans n'importe quelle manifs, que des policiers tentent de s'introduire dans le black bloc ou de se camoufler en black blocs, mais les actions qu'ils réalisent sont alors clairement des pièges, des provocations ou de la casse sans objectifs qu'il est possible de déjouer avec un peu de discernement. Comme n'importe quel cortège, le black bloc peut être rejoint par des personnes moins réfléchies que d'autres dans leurs objectifs et leurs pratiques, ou se livrant à des actes dangereux ou stupides. Cette réflexion ne peut s'acquérir qu'au moyen de débats et pratiques collectives renouvelées, pas par la diabolisation de certaines tactiques et franges du mouvement.

- la participation à un bloc pink ou black, le blocage d'un sommet ou la création de dommages économiques ne sont que des actes militants bien particuliers dans la vie de personnes souvent aussi impliquées constamment dans des projets locaux visant à la réappropriation et à l'autonomie culturelle, alimentaire, médiatique ou énergétique à travers des collectifs, des campagnes d'actions ou des espaces de vie ou d'activités autogérés. Leur stratégie n'est en aucun cas seulement confrontationnelle mais passe en bonne partie par des débats et diffusions d'idées sur des luttes extrêmement variées mais reliées. Ces luttes peuvent concerner aussi bien le patriarcat, la liberté de circulation et les luttes au coté des sans-papiers, que l'écologie radicale, l'antispécisme, la solidarité nord/sud, la propriété intellectuelle, l'usage de logiciels libres, la création de médias indépendants et de maisons d'édition, les alternatives à la psychiatrie, à l'éducation autoritaire ou l'agriculture industrielle... Il s'agit, pour beaucoup, de personnes qui s'emploient généralement à déjouer les rapport de domination et la violence du système au quotidien.

- ces personnes se coordonnent et échangent par des moyens multiples, mais évidemment moins visibles que les grandes organisations réformistes. Cette discrétion tient pour partie au refus de se doter de leaders, de héros ou de martyrs, à la volonté de privilégier des modes d'organisations égalitaires et l'autonomie d'invidus et de collectivités réduites, plutôt que de viser des mouvements de masse et de moutons menés par des élites. Cette discrétion tient aussi à la répression de l'Etat qui menace constamment l'existence de ces groupes, ainsi qu'à la méfiance vis à vis des médias traditionnels qui de toutes façons les censurent. A part s'ils peuvent espérer hausser leurs chiffres d'affaires à coup de vitrines cassées et en parodiant leur existence et leur discours...

- s'attaquer aux biens privés n'est en aucun cas de la violence gratuite mais une tactique politique réfléchie. Ne pas se laisser faire par la police et répondre à ses attaques l'est aussi. Le black bloc ne s'attaque pas aux personnes.

- quand bien même on juge qu'ériger une barricade, détruire un objet ou un bâtiment est violent, cette violence n'est en rien comparable avec les violences qui se cachent derrière ces objets et bâtiment: la violence inouïe imposée chaque jour à des milliards de femmes, d'hommes ou d'animaux sur la planète par les institutions financières, étatiques et les entreprises capitalistes.

- cette condamnation de la "violence" des casseur-euses est généralement propagée et entretenue, par des personnes privilégiées ayant accès à un niveau de consommation totalement dépendant de l'exploitation du reste du monde. Un niveau de consommation qu'elles ne sont abolument pas prêtes à remettre en cause, encore moins à voir quoi que ce soit venir perturber leur quotidien.

- nous avons aussi toutes et tous à divers niveaux intégré cette domination: la paranoïa sécuritaire, l'addiction à la consommation, l'aliénation par le travail, les structures hiérarchiques et diverses formes d'oppression raciste, sexiste ou homophobe. Nous nous voyons bien souvent incapables de remettre en cause réellement cet ordre coercitif et fondamentalement inégalitaire que l'on nous présente comme une démocratie. Même la gauche alter-mondialiste ou plutôt ses représentant-e-s auto-proclamé-e-s fait mine de croire que de grand spectacles inoffensifs et récupérés par le pouvoir feront autre chose que de le renforcer.

- même si le changement social passe sans nul doute en grande partie par des prises de conscience, des débats, des constructions d'alternatives à l'Etat et au capitalisme, il passe aussi par l'entretien d'un rapport de force constant: grèves, occupations, réappropriations, sabotages et créations de structures autonomes. Pas en laissant croire que ceux qui dominent le monde sont à l'écoute et vont renoncer au pouvoir et à ses privilèges simplement parce qu'on les implore de le faire.

Face aux discours citoyennistes d'Attac, des trotskistes et de toute la gauche institutionelle qui s'est depuis quelques années largement emparée de la dynamique des contre-sommets et l'a déjà fortement neutralisé, il est temps de rétablir quelques vérités:

- c'est bel et bien parce que des gens ont mené des actions offensives et entrainé d'importants dommages financiers et politiques que des sommets ont été bloqués, fuient et se barricadent, ou que plus une ville ne veux les acceuillir, et non pas grâce à de grand étalages d'organisation politiques, à une débauche de marches pacifistes et de conférences de presse. Même si le travail d'information est encore une fois extrêment important et complémentaire des autres actions réalisées...

- ces actions, des blocages de toutes sortes aux destructions ciblées, ont pendant quelques années déjoué les dispositifs policiers, ont été créatives et efficaces. C'est pour ces raisons qu'elles ont pu mobiliser les pratiques et l'imaginaire de centaines de milliers de personnes et qu'elles ont pu s'imposer comme une force politique majeuret, comme un mouvement. Ce mouvement s'est créé sur des bases égalitaires et horizontales. C'est cette énergie et ces personnes que la gauche citoyenniste s'emploie maintenant à neutraliser et encarter dans des partis et autres structures hiérarchiques garantes de la paix sociale.

- Attac, trotskistes et consorts semblent conscients jusqu'à un certain point de leur absence totale de subversion et de créativité et sont même allés, à l'occasion de ce sommet d'Evian, jusqu'à s'arroger la pratique de camps d'actions issus de mouvements radicaux comme le No Border. Elles ont ainsi affiché hypocritement une autogestion à l'opposé de leurs pratiques d'organisation. On peut toujours espérer que les milliers de personnes ayant, par exemple, participé au village intergalactique, ne se soient pas laissées trop prendre à cette récupération et que de réelles pratiques d'autogestion demeurent et finissent par dépasser les leaders.

- il est par ailleurs heureux, malgré toute cette propagande, qu'une partie de la population garde une envie réelle de changer radicalement ce système. Malgré l'hystérie médiatique, tout le monde n'est pas aussi effrayé que les médias veulent bien le faire croire par les soit-disant "casseurs" et à Genève ces jours derniers, les émeutes furent soutenues et rejointes par une partie de la population locale et des badauds. Mais le fait que ces actions puissent être réfléchies, efficaces et soutenues par une partie des manifestant-e-s est proprement inacceptable pour les pouvoi
rs en place. Il leur est alors nécessaire de faire croire à un gentil mouvement inoffensif pris en otage par quelques casseurs, de créer des mythes de complots cachés, d'infiltration néo-nazies, de manipulation policière ou des stéréotypes de jeunes gens immatures et manipulés par une poignées d'extrémistes cyniques. Il leur faut coûte que coûte chercher à entretenir une division entre "militant-e-s alter mondialistes bon enfant" et "jeunes et méchants casseurs". En dépit de quoi, bon nombre de personnes s'apercevrait peut-être qu'il est possible de s'épanouir et de s'amuser en changeant ce système concrètement, de plein de manières différentes, sans se laisser manipuler et diriger par les partis et syndicats.

En guise de conclusion provisoire, beaucoup de gens semblaient tirer un bilan positif de la variété, de la maturité et de l'impact des actions menées à Lausanne. Reste à tirer un bilan à plus long terme de la gestion collective de la répression, de ce que retiendra la population locale de ces manifestations et des éventuels retours négatifs sur les militant-e-s locaux. On peut aussi tirer un bilan plutôt enthousiasmant des pratiques d'autogestion et de rencontres popularisées par les divers campements de Lausanne et d'Annemasse. On ne peut s'empêcher néanmoins de soulever des doutes sur le fait de continuer à mener systématiquement ces actions dans le cadre de "contre-sommets" tel que celui du G8. Leur potentiel de surprise, de perturbation, leur faculté à promouvoir de nouvelles idées politiques et un discours radical est le plus souvent menacée. Les dispositifs policiers sont par ailleurs de plus en plus habitués et efficaces. C'est en ce sens qu'il est primordial de continuer à inventer d'autres formes de convergences, d'actions et d'autogestion, localement et au quotidien. C'est en ce sens aussi qu'il nous faut apprendre à communiquer et expliquer beaucoup plus chacune de nos actions.

L'article en entier était encore plus long que ça, il décrivait les actions de Lausanne (les plus radicaux s'en sont pris à une boucherie puis ont laissé des slogans tels que "go vegan" (devenez végétalien) ou "meat is murder" (la viande c'est le meurtre).

Le tout ici : http://www.indymedia.../06/10789.shtml

Il y a un comentaire à cet article assez édifiant, j'en suis presque tombé par terre moi-même.

#7 yoda

yoda
  • Invités

Posté 04 juin 2003 à 14:46

Suite des évènements...

Petite info, selon un pote anar qui faisait les blocages à Lausanne, l'attaque du samedi soir ne serait pas l'oeuvre des fachos...j'attends de le voir ces prochains jours pour une explication plus claire, certaines cibles (dont l'Usine) mettaient clairement en évidence qu'il s'agissait d'eux, de plus le FSL a aussi eu des infos dans ce sens.

Lundi, décision d'une manifestation contre la répresion policière, suite à l'épisode de l'Usine (c'est un peu notre chouchou à tous, sans Usine, pas de vie). En même temps, une manifestation contre la privatisation de l'eau avait lieu devant l'OMC (Ils doivent amèrement regretter d'avoir apporté les alter et anti mondialistes de toute l'Europe (il y avait aussi des américainEs) par ici...).

N'étant pas présent sur les deux manifs (nuits blanches vendredi-samedi-dimanche pour cause de préparations et organisations des actions...), je préfère copier tout simplement les témoignages de tout ce qui s'est passé. Indymedia Suisse explose de messages depuis samedi, presque impossible à suivre...petite séléction.


Citation

Rassemblement contre la répression à Lausanne  
   G8 la répression, 02.06.2003 17:30  
       
   Rassemblement à Lausanne contre la répression
 
       
   Rassemblement contre la répression policière et pour la libération des personnes incarcérées lors des blocages anti-G8: mardi 3 juin à 10h00 à la place de l'Europe à Lausanne.
Soyons solidaires, ne nous laissons pas intimider par l'esclade sécuritaire.
No G8 ! RESISTANCE !

Citation

Nouvelle de Genève : unis évacuées. cortèges bloqués devant l'OMC. Départ manif contre la répression.
 
       
   En ce moment la situation à Genève est pour le moins tendue. Les universités, les banques et assurances du centre ville ont été évacuées vers 17h. Un rassemblement devant l'OMC est actuellement coupé en deux tronçons : un devant l'OMC et l'autre rue de Lausanne. Ces deux cortèges sont fortement encadré par la police qui les empêchent de se déplacer. Ces gens souhaiteraint rejoindre la manif contre la répression de ce soir à la place Neuve (rdv à 18)

Citation

Le parti libéral, par la voix du député Pierre Weiss sur les ondes de la Radio Suisse Romande, a demandé l'interdiction immédiate de toute manifestation sur sol genevois.
 
       
   Le parti libéral, par la voix du député Pierre Weiss sur les ondes de la Radio Suisse Romande, a demandé l'interdiction immédiate de toute manifestation sur sol genevois.

Il a en outre proposé que des camions de police sillonent dès maintenant la ville de toute parts, accompagnés de hauts-parleurs hurlant le message d'interdiction de manifester tout autour d'eux (sic!!)

Il a enfin demandé l'évacuation immédiate de tous les campings et lieux de rassemblement alter-mondialistes.



Je signale encore que le parti libéral a une fois de plus déclaré que les récentes "méthodes musclées" de la police étaient dues à la rupture de l'accord de "non-violence" conclue avec les organisateurs de la manif' et des blocages de dimanche.
Pourtant, ces 2 événements se sont bien déroulés. Les organisateurs ont tenu leurs engagements et se sont distancés des casses commises dans la nuit de samedi à dimanche. C'est pourtant ce prétexte qui a été invoqué comme la cause de la rupture de l'accord...
Comme si les membres du forum social étaient responsable de la poingée de casseurs intervenus en pleine nuit...

Je termine en pensant que la sitution de ce soir serait infiniment plus calme si la police n'avait pas changé de comportement, et que son action aurait été probablement plus cohérente et utile que celle qui a été la sienne (quasi aucun casseur arrêté, invasion de l'Usine alors qu'aucun casseur ne s'y trouvait...)

Citation

geneve :update  
   dispatch, 02.06.2003 19:05  
       
   Le cortège anti-rep a rejoint celui de la rue de lausanne
 
       
   Les personnes qui s'étaient rassembler à la place Neuve pour protester "contre les provocations policières et la violence gratuite, contre la politique sécuritaire démesurée du Conseil d'Etat, et en solidarité avec Lausanne." ont rejoint les personnes qui se trouvaient à la rue de lausanne.
Ils veulent maintenant libérer celles qui sont encerclées devant l'OMC.



Citation

genève : update  
   dispatch, 02.06.2003 19:18  
       
   Le cortège de la place neuve à rejoint celui de la rue de lausanne. Ils se trouvent actuellement sur le pont du Mont-Blanc (pont bloqué)
 
       
   Les gens qui se trouvaient devant l'OMC se dirigent vers le pont du Mont-Blanc.
La présence policière est impressionnante.

    


Ici viendrait l'article de hérisson fachée, voir topic Les casseurs du G8

Voici des détails qui manquaient dans mon compte rendu, ils concernent le retour de la manif de dimanche, avant que l'émeute et le rassemblement de racailles contre la police commence :

Citation

Un journaliste Indymedia sérieusement blessé à Genêve  
   Ronya, 02.06.2003 20:04  
       
   Un journaliste Indymedia sérieusement blessé à Genêve 2003-06-02 18:38:24 Rapport de Ronya 8 :23 Lundi 2 juin 03 (Modifié à 13 :45) Un reporter d'Indymedia UK sérieusement blessé à Genêve. Un photographe d'Indymedia, Guy Smallman, a été sérieusement blessé dimanche 1er juin à Genêve. Un groupe de manifestant-e-s pacifistes, constitué de nombreuses ong, enfants, personnes âgées et handicapé-e-s s'est fai t attaqué hier, dimanche 1er juin, par la police anti-émeute allemande vers 16h alors qu'il revenait de la manifestation anti-g8 à Genêve. Un photographe accompagnant la manifestation est sérieusement blessé. D'autres souffrent de blessures mineures dues à des grenades tirées de près.
 
       
   Un journaliste Indymedia sérieusement blessé à Genêve 2003-06-02 18:38:24 Rapport de Ronya 8 :23 Lundi 2 juin 03 (Modifié à 13 :45) Un reporter d'Indymedia UK sérieusement blessé à Genêve. Un photographe d'Indymedia, Guy Smallman, a été sérieusement blessé dimanche 1er juin à Genêve. Un groupe de manifestant-e-s pacifistes, constitué de nombreuses ong, enfants, personnes âgées et handicapé-e-s s'est fai t attaqué hier, dimanche 1er juin, par la police anti-émeute allemande vers 16h alors qu'il revenait de la manifestation anti-g8 à Genêve. Un photographe accompagnant la manifestation est sérieusement blessé. D'autres souffrent de blessures mineures dues à des grenades tirées de près. Les manifestant-e-s marchaient le long de la route principale sortant de Genêve, après une grande manifestation calme con tre le sommet du G8, quand la police allemande (une partie des 1000 troupes "louées" à la Suisse pendant le sommet), arriva sur les lieux en hurlant de façon aggressive dans leur mégaphones et bloquant l'accès, piègeant ainsi les manifestant-e-s et les passant-e-s. La police, apparemment incontrôlable, armée et en combinaison anti-émeute, commença à insulter, provoquer, et tirer des g renades lacrymogènes sur les gens sans aucun mobile apparent. S'en suivit, une escalade de violence, et 10 membres des Black Blocs et du Parti Communiste Turque, commencèrent à jeter des pières sur la police depuis le bas de la rue. 3 responsables d'une organisation anti-G8 suisse tentèrent de négocier avec la police sans résultat. Les policiers entreprirent de charger ceux qui jetaient des pierres, investissant les rues alentours, forçant ainsi les manifestant-e-s, passant-e-s et autres, parmi lesquels le reporter d'Indymedia, a battre en retraite. Alors qu'ils tentaient de se mettre à couvert, le police tira une série de 20-30 grenades à concussion dans leur direction. Guy Smallman, photographe à Brixton et volontaire d'Indymedia, fut touché derrière la jambe par une grenade tirée de près . Elle lui arrracha une partie de la jambe gauche, derrière le genou. La police allemande continua d'attaquer les manifestant-e-s pacifistes qui tentaient de les calmer en disant : "arrêter, i l y des gens sérieusement blessées" et demandant à négocier avec l'officier-chef. L'ambulance mit une bonne heure à arriver. Pendant ce temps, la police ne cessa pas d'injurier le reporter blessé, qui se faisait soigner par les manifestant-e-s. La presse mainstream, notamment des reporters de Reuters et de l'Agence France Presse, présente sur les lieux fut incapable d'expliquer pourquoi la police avait attaqué les manifestant-e-s. Les médecins de l'hopital central de Genêve confirment qu'un grand nombre de gens ont été blessées par des grenades à con cussion ces derniers jours. Mise à jour : Condition physique du reporter : Après une opération de 2 heures à Genêve dimanche, au cours de laquelle une équipe médicale a tenté de reconstituer le muscle de la jambe gauche, Guy Smallman est maintenant en condition stable. Cependant, une série d'opérations pour reconsti tuer les tissus, muscles et nerfs de sa jambe devra être effectuée. Voir l'article original sur Indymedia.org.UK. dispatcher

Citation

La minute-a-minute de la manifestation antirepression  
   IMC Dispatch Geneve, 03.06.2003 05:09  
       
   Une manifestation antirepression a commence a 18h a place neuve, ensuite ils ont march au pont du mont-blanch, ensuite bloque au pont, ensuite du soutien, ensuite l'emeute.
 
       
   2h20Les flics semblent avoir quitté les rues. Ils sont en assemblée devant l'Hôtel de la Paix (Quai du Mont-Blanc, vers le pont du Mont-Blanc). Les gens font la fête (musique) aux Bastions1h55Flics contrôle gens dans la rue.
1h50Les gens commencent à être rappatriées sur le VAAAG.1h35Une délégation du VAAAG, partie d'Annemasse pour Genève, est allée chercher ses camarades.
1h30Problèmes avec le site indymedia suisse romande. A présent ça semble fonctionner à nouveau
1h25Des fourgonnettes de police arrivent à Carl-Vogt (central de police). D'habitude elles vont là-bas pour y amener les personnes arrêtées.
0h50ça charge sur le pont de la coulouvronière
0h20Les manifestants quittent le pont du Mont-Blanc par petits groupes escortés par la police
0h00La police à encercler la rue Necker () et a annoncé que tous les manifestants seraient considérés comme des émeutiers.
23h05 Les policiers leur lancent à présent des grenades lacrymogènes et chargent. Il y a (dans la ville en général), plusieurs blessés et arrestations.
22h40 Les manifestants du pont y sont toujours pour l'instant, mais la situation est très tendue. Le reste des manifestants est divisé en petits groupes séparés par des lignes de policiers dans une vaste zone allant du pont à la gare, et très vaste en largeur.
22h30Il y a des blessés sur le pont du mont-blanc. La police empêche les ambulances de passer et à dit "s'il veulent monter dans l'ambulance ils ont qu'à passer nos lignes eux-mêms[les flics qui se bloquent le pont]
22h20 Le pont du Mont-Blanc vient d'être chargé par la police. Toutes les rues sont bloquées dans la zone, les manifestants, repoussés vers la gare, n'ont pas d'échappatoire, ils sont éparpillés, séparés par des lignes de policiers.
22h01 La police a donné un ultimatum aux personnes sur le pont pour passer les contrôles sinon ils les pousseront en direction de la gare, où il y a plus encore de contrôles. Le millier de manifestants qui voulaient les rejoindre a été attaqué aux grenades (lacrymos ou détonantes?) et aux canons à eaux, apparemment à cause d'un début de casse de vitres.
21h31 La police a proposé aux manifestants de suivre un chemin particulier (encerclé par un nombre absolument incroyable de policiers, canons à eau etc.) pour se rendre à la Place Neuve. Les manifestants sur le pont refusent de partir sans le millier (approx.) de manifestants qui tentent de les rejoindre depuis la gare. Les autorités ne peuvent pas se permettre trop de répression sur le pont,les gens risquent de tomber à l'eau et de plus, tous les médias ainsi que des milliers de personnes regardent l'action. On se demande ce qu'il se passera si la manif' se dirige en ville, les gens et les médias n'ayant aucun accès garanti à certaines zones.
18hLa manif anti-rep était à la gare. Elle est actuellement bloquée sur le pont du Mont-blanc, des cordons de flics des deux côtés du pont. Enormément de camions de police (allemands aussi) attendent dans la zone mais ne sont pas visibles depuis la manif. Les manifestants sont maintenant bloqués sur le pont, des policiers allemands avancent du côté du jardin anglais, ils portent des masques à gaz. Situation inquiétante. Il y a apparemment plus de policiers que de manifestants. Les manifestants peuvent quitter le pont en se faisant contrôler par les flics. Risques de séparation entre ceux qui veulent rester/ne pas se faire contrôler, ou partir, ce qui rendrait la répression plus "politiquement correcte". Deux camions à eau du côté de la gare. Deux premières grenades détonantes ont explosé, apparemment dans les airs, de la provocation, encore!

    
Mardi (pour éviter la confusion, les manifs ayant lieu à la même heure) :

Citation

MANIF 18H PLACE NEUVE POUR LA DEMISSION de SPOERRI  
   Rozi, 03.06.2003 15:21  
       
   Après que 300 à 500 altermondialistes pacifiques soient restés bloqués durant plus de 4h par un important dispositif policier, Micheline Spoerri cheffe du département de justice et police n'a pas réussie à débloquer la situation mais à la rendre ingérable Manif 18h Place Neuve : SPOERRI DEMISSION !!
 
       
   
Les résponsables genevois doivent assumer leurs incompétances...

Cannons à eau balles en cautchouc gaz toxiques ont du être utilisé pour dissiper les gens qui voulaient laisser passer une poignée de manifestants pacifiques

c'est inacceptable ! SPOERRI DEMISSION !

Contre les méthodes répressives brutales (Gaz toxiques, balles en cautchouc, eau mélangées à des produits toxiques dans les canons à eau) qui sont vraiemnet digne d'autres temps...

Contre la gestion chaotique des évènements par les responsables politiques !!!

Contre la violence aveugle ! Ouvrons les yeux !
NO JUSTICE NO PEACE !!!

SPOERRI DEMISSION !!!!



Citation

Colère dans la police!  
   , 03.06.2003 16:06  
       
   Les policiers genevois en colère exigent une mission claire
 
       
   Les policiers genevois en colère exigent une mission claire

GENÈVE - La police menace de ne pas surveiller la manifestation prévue à 18h00 à Genève. «Soit les autorités décrètent une tolérance zéro et nous chargent de disperser les manifestants, soit nous refusons d'y aller», avertit le syndicat policier.
«Nous ne voulons plus servir de pots de fleurs», tempête Jean-Marc Widmer, le président de l'Union du personnel du corps de police (UPCP). Le syndicat policier attend dans les prochaines heures un message clair du gouvernement. Ses membres se réuniront dans l'après-midi pour aviser.
Les atermoiements des forces de l'ordre dans la nuit de lundi ne sont pas dus à une hésitation de Micheline Spoerri, la magistrate en charge de la police, mais au fait que des députés et d'autres conseillers d'Etat se sont mêlés aux tractations avec les protestataires. D'où des directives contradictoires.
Pour M. Widmer, il est inadmissible que des membres du législatif veuillent dicter à la police ce qu'elle doit faire. Quant au président du gouvernement Laurent Moutinot et au conseiller d'Etat socialiste Charles Beer, présents sur place lundi, ils n'avaient pas non plus à intervenir.
Il n'était plus question lundi soir de manifestation anti-G8. Un débat politique n'avait pas lieu d'être. «Nous avions affaire à des casseurs de rue», souligne M. Widmer. Selon lui, ces interventions ont entravé le travail de la police.


03.06.2003 15:55, SDA-ATS


Citation

flic en liberté - attention  
   top secret GE, 03.06.2003 19:21  
       
   attention les flics ont 3 heures de liberté pour se défouler sur vous!!! soyez prudents - les fachos se sont réveillés.
 
       
   attention les flics ont 3 heures de liberté pour se défouler sur vous!!! soyez prudents - les fachos se sont réveillés. Tous les prétextes seront bons pour justifier la politique de Spoerri et ses sbires. A plus tard pour réclamer par toutes les voies légales la démission des incapables.
 
   


Citation

par la tribune de gèneve, le dernieres depeches  
   par la tribune de gèneve, 03.06.2003 21:24  
       
   
.
 
       
   

20h40 GEORGES-FAVON La police est déployée; c'est l'attente


Le boulevard Georges-Favon est toujours bloqué. La police a déployé de gros moyens vers la place de la synagogue et attend. Quant à la circulation, elle est toujours détournée par les rues adjacentes.

20h10 MANIF La police bloque le boulevard Georges-Favon


Le boulevard Georges-Favon est actuellement bloqué par un cordon de policiers. La pizzeria Incontro, à proximité de la synagogue, est encerclée.
19h50 CARL-VOGT Balles en caoutchouc et lacrymogènes


La police vient de charger les manifestants au boulevard Carl-Vogt, à la hauteur de la rue Sainte-Clotilde. Ils ont tiré des balles en caoutchouc ainsi que des grenades lacrymogènes. Près de 300 personnes étaient réunies. Il dispersent le groupe au moyen d'un canon à eau.
19h30 CARL-VOGT (2) Confusion totale. Les badauds scandent: «Spoerri démission!»


Confusion totale: plus d'une centaine de passants et badauds ont repris le flambeau des manifestants épinglés. Installés au milieu du bd Carl-Vogt, entre la radio et le poste de police, ils scandent à tout-va «Spoerri démission.» Sur place, il n'y a bientôt plus de véhicules policiers, ni de gendarmes.
19h20 CARL-VOGT C'est la panique! Arrestations musclées


Les habitants ne comprennent pas ce qu'il se passe. Les policiers, encagoulés et ayant enlevé leur gilet «police» traquent en bloc les manifestants, tous dispersés. Il semble qu'il y ait eu plusieurs arrestations musclées et qu'il ne reste plus qu'au bd Carl-Vogt des passants et des policiers qui entourent toujours la TSR.
19h05 TSR Manifestants: plus qu'une dizaine...


Nervosité extrême. La police sécurise la TSR en déployant leurs troupes. Il ne reste plus qu'une dizaine de manifestants, postés devant la Radio suisse romande, bd Carl-Vogt. Ils appellent à la démission de Micheline Spoerri. La tension est à son comble.
18h50 MANIF (2) Les manifestants tentent de rejoindre la TSR


La police fait tout pour empêcher les manifestants de regagner la TSR. Tous dispersés, ils courrent dans tous les sens, pourchassés par les voitures et les motos de police. La circulation à la Jonction est complètement bloquée. Nous appelons les Genevois à ne pas descendre dans les rues, pour ne pas être pris dans ces échauffourées qui risquent d'être «intenses». (tdg.ch/swj)

18h50 MANIF Ça chauffe à Plainpalais


Malgré l'interdiction de toute manifestation ou de tout rassemblement, décrétée aujourd'hui par le gouvernement cantonal, une centaine de manifestants, vraisemblablement issus des milieux altermondialistes et d'extrême-gauche, se sont réunis dès 18h00 ce soir aux alentours de la Place Neuve, au centre-ville de Genève.

Le cortège est actuellement encerclé par la police anti-émeute au coeur du quartier de Plainpalais. Les forces de l'ordre bloquent en effet les rues de Candolle et du Conseil-Général. Celles-ci ont déployé sur place d'importants moyens. Nos correspondants sur place parlent de dizaines d'hommes, d'une quinzaine de véhicules, de 6 motos et d'un canon à eau, prêt à intervenir.

La police indique en outre par haut parleur qu'elle devrait effectuer des contrôles d'identité dans le quartier.

Nous conseillons donc aux automobilistes et aux piétons d'éviter le quartier. (f.b.)




18h45 CONSEIL-GÉNÉRAL La police va charger...


Une centaine de manifestants partaient pour rejoindre la TSR. Mais la police est ferme et bien présente. Ils ont chargé les jeunes pour disperser la foule pour les prendre en étau. Ils préparent les canons à eau et leurs fusils, prêts. Les jeunes se dispersent. Ils ont donné un avertissement: «Dans une minute, nous interviendrons.» Aucune chance pour les manifestants. «Restez pas là, il va y avoir des gaz». (tdg.ch/gk)
18h30 MANIF Les policiers se déploient...


Apparemment, les policiers ont tout de même déployé leurs forces. Ils empêcheront, comme hier, les manifestants de pénétrer dans les Rues Basses et de se diriger à la Jonction. Il y a moult fourgons policiers et canon(s) à eau. Même dispositif qu'hier, policiers allemands en moins!

Quant aux renforts zurichois et bâlois, ils devaient aussi rentrer mardi dans leurs cantons. «Mais quelques-uns pourraient rester sur place selon l'évolution de la situation».



18h10 PLACE NEUVE Une poignée de manifestants


Une quinzaine de manifestants - unis à la fois sous les drapeaux rouges révolutionnaires et multicolores de la paix - se sont regroupés place Neuve. Une manifestation, non autorisée par la police et le Conseil d'Etat - serait en cours. Les policiers seront-ils présents? En milieu d'après-midi, ils menaçaient: «Nous ne voulons plus servir de pots de fleurs». Ils exigeaient des autorités l'autorisation d'agir. (tdg.ch/gk)


Citation

Plainpalais sous état de siège  
   Doute, 03.06.2003 23:13  
       
   Se trouver subitement entre les mains d'une police schizophrène est une expérience salutaire pour comprendre les situations dramatiques ailleurs dans le monde. C'est ce que vient de vivre le boulevard Carl-Vogt.


 
       
   Mardi 03 juin, à partir de 18.45... Précédés par le hurlement des sirènes une trentaine de paniers à salade, de voitures banalisées, un canon à eau et des escadrons de voltigeurs à motos déboulent en pourchassant une petite centaine de manifestants TOUS à visage découvert qui se dispersent parmi les gens attablés sur les nombreuses terrasses. Hommes casqués, matraques, boucliers, lances grenandes, le grand jeu...

Entre la rue Dubois-Melly et la rue de l'Ecole de Médecine, 8 fourgons stationnent, avec un nombre indéterminé de voitures banalisées... LEs gens regardent atterrés. Parmi le public sur les trottoirs, nombre d'enfants et de parents inquiets qui essayent de regagner leur domicile mais sont refoulés, avec politesse mais sans appel par les agents...

Quatre motos transportant chacune deux agents en teneu anti-émeutes, le passager armé d'un lance grenade, s'élancent lorsque j'arrive sur le Boulevard Carl-Vogt... PETIT DETAIL: les motos n'avaient pas de plaques d'immatriculation...

Sur le boulevard, scènes dignes des rafles qui ont marqué le 20e siècle: des groupes de policiers casqués poursuivent entre les gens, en les poussant parfois, des jeunes pour délit manifeste de sales gueules (de jeune!). C'est alors que je me rends compte de la présence de motards "civils" qui portent, détail qui tue, des dossards "Police". Toute cette fine équipe remonte en scrutant avec des gueules de truands les gens qui regardent. On les sent nerveux, hargneux, prêts à défoncer n'importe qui. Lorsque tout cet attirail repart sur les chapeaux de roue pour se poster 70 m plus loin
(moteurs hurlant à fond, sirène, cris), je remarqu alors la troisièma catégorie de policiers: des gars en civil, avec cagoule qui remontent par équipes d'une demi-douzaine entre les gens du quartiers abasourdis....

Soudain, le cordon policier qui bloquait l'Ecole de Médecine, sur un ordre hurlé s'ébranle au pas de course (quand même lent et fatigué...) pour charger... les gens rassemblés devant la boulangerie POuly, angle CArl-Vogt/Ecole de Médecine. Les voisins sont bousculés par les boucliers levés, et se réfugient en retrait.

Nouvel ordre hurlé, le cordon de police se retire dans le désordre vers l'école de ma fille, sous les sifflets des gens du qurtier excédés par ces procédés.

Tout le long, les radios de police grésillent, les ordres données par le gradés s'échangent:

On progresse! hurle l'un d'entr eux. Ce n'est pas l'impression qu'ils donnent, la régression est trop patente...

Retour dans le havre de mon immeuble, pour se découvrir vers 21.15 de nouveau cerné par un cordon de police, fougons arrivant en sens interdit le long de l'avenue du Mail, ordres hurlés intimant à toute personne de rentrer sur le champ....

Quelles conclusions en tirer? L'impression dramatique de voir une savantemise en scène montée par ceertains syndicats de police pour défendre leur magistrate qui, elle mériterait assurément de jouer le pot de fleur...

Tout ce déploiement de force contre une centaine de jeunes manifestants démontre à quel point la magistrate libérale et son état-major n'arrive pas à comprendre qu'il peut y avoir plusieurs catégories de gens dnas la rue: des casseurs (ceux là sont loin, merci, et sans casse pour eux!) des manifestants politiques (ceux là étaient présents et se sont fait traiter comme des criminels) et des gens du quartier terrorisés par ce déployement pathétique de moyens (environ 30 fourgons, une dizaine de voitures banalisées, 20 motos, un canon à eau et un raton laveur).

Si j'avias des doutes sur notr Etat, ils sont à présent levés: lorsque la magistrate libérale et le procureur (libéral) se donnent la main pour donner la leçon à ces pauvres cloches de gauche (c'est leur opinion), la populace n'a qu'à bien se tenir! Eh opui, le jour n'est pas encore venu où la population de Champel verra ce genre de manoeuvres...

Un citoyen attristé, déçu par une police qui échappe à tout contrôle et à toute raison (pensez! comme ils sont fatigués les pauvres...)

Un citoyen qui pour la première fois de sa vie choisit de rster anonyme parce que cette police là est capable de tout. La confiance est rompue.

Citation

ATTENTION: VIOLENCE POLICIERES CETTE NUIT A GENEVE  
   Zo, 03.06.2003 23:24  
       
   De nombreux bléssés et arrestations à Genève, la police à péter un cable ! Elle tape et arrête un peu n'importe qui !
ATTENTION
 
       
   Il y a beaucoup de flics en civils habilés en casseurs et masqués...
Un ballet d'ambulances est observable vers l'hôpital

La police est violente...

L'hélicoptère en vol stationnaire au dessus de Genève rive gauche (plainpalais jonction)



Depuis plus rien...Tout est calme aujourd'hui, je suis sorti tout à l'heure, pas d'hélicos, une voiture de police passant à toute vitesse, mais ça, on en voit aussi en temps normal...les transports publics suivent l'horaire sans perturbations. Le calme semble être revenu. Une rumeur que je n'ai pas recopié ici, quelqu'un dit avoir entendu dans un café, 3 flics en congé qui parlaient de la justification de leurs actes et de l'acide sulfurique qu'ils auraient apporté (molotovs du samedi soir). La personne ayant pondu l'article précise que l'info est à prendre avec des pincettes.

Entre un pote anar qui dit que c'est pas les fachos, d'un témoignage d'une personne à l'usine parlant de racailles s'étant fait vite renvoyer par les punks, et l'évidence des faits (action et dispertion chronométrée, absence de la police, attaque contre l'Usine et les personnes), il y a de quoi pas mal douter sur ce qui s'est passé. Mon avis reste celui du coup monté par la droite, jusqu'à ce qu'on m'apporte la preuve du contraire.

Il est possible que les racailles soient aussi passés à l'Usine mais qu'ils ne soient pas responsables des casses. C'est pas la première fois qu'ils viennent chercher la bagarre là-bas(souvent ils partent frustrés, il y a plus de pacifistes qu'autre chose, même s'il y a aussi quelques uns prêts à leur botter les fesses).


------------------------------------------------------------------------

Mon commentaire perso sur les évènements de lundi et mardi...Un sourire en lisant que des badauds se sont mis aussi à défendre les manifestants en scandant leur slogan "Spoerri démission". Mais c'est quand même dommage qu'on en arrive là pour que les gens réagissent. Ca reste un pas de plus pour que les gens se posent des questions et y réfléchissent, aillent voir plus loin et cherchent vraiment ce qui se cache derrière les beaux discours des dirigeants, et la situation dans le monde tant dénoncée par ces extra-terrestres déferlant dans les rues.

Ce message a été modifié par yoda - 04 juin 2003 à 14:56.