moi mon accouchement fut un fiasco total, car j'ai eu la "mauvaise idée " d'accoucher un dimanche, dans une clinique privée, un 25 janvier 2004, les routes étaient gelées, c'est surement pour cela que j'avais l'impression d'être dans une maternité fantome ? J'étais arrivée la veille au soir et j'ai contracté toute la nuit. Trois infirmières différentes sont venues me faire des touchers vaginaux, et là déja j'ai pas aimé.... une en particulier qui avait des ongles de 5 cm de long, que je sentais griffaient mes parois vaginales et donc je me contractais et elle s'énervait "mais relachez vous, collez vos fesses au lit, sinon on va pas y arriver hein madame!". La veille j'avais perdu du sang donc un gynéco était venu me faire un toucher et j'étais tellement angoissée de saigner et que ce sang puisse provenir du liquide amniotique que je me suis crispée et lui qui me sort "bin dites donc comment vous allez faire pour accoucher vous ?"

Bref, que des paroles rassurantes n'est ce pas...
le jour j, 6 h du mat, je contracte toutes les minutes, mon col est ouvert a 4, on m'emmene en salle, et là, j'ai un mouvement de recul : une lumière néon horrible, une salle minuscule, une table hyper haute avec des étriers, une poubelle. L'infirmière me dit de grimper sur la table et je n'y arrive pas, tant bien que mal mon copain me hisse dessus sous l'oeil exaspéré (déja) de l'infirmière et elle me dit "je ne sais pas si l'anesthésiste arrivera a temps pour votre péridurale, il vient de loin et les routes sont gelées, naninana", elle me rase, me colle une sonde urinaire et perce la poche des eaux, clac, sans me demander mon avis !!! ni vu ni connu, je t'embrouille quoi.

Et là surgit l'obstétricien.

Un grand, des mains immenses, une tête de six pieds de long, genre je suis pas content d'être là, un dimanche, a 7 h du mat, alors que j'ai mal dormi, fait chié celle là...Il ne me regarde pas, enfin si, entre les jambes et j'ai envie qu'il me regarde mais il m'évite. Ah oui j'ai oublié : pas de bonjour de sa part. Il sort et va à côté. Il y a une autre chieuse du dimanche qui accouche aussi ! Là je panique, l'infirmière ouvre des compresses, prépare des ciseaux, des instruments juste sous mon nez et me dit "poussez" Je pousse ou plutot non, je tousse ! je ne sais plus comment on pousse

Elle s'enerve "mais on vous a pas appris a pousser " ? Moi je bafouile bin non madame, j'ai fait de la prépa en piscine, j'ai juste appris a me détendre

Elle décide de prendre les choses en mains, me fait attrapper les barres latérales et me demande de pousser très fort, et là marche , mon col s'ouvre a 6 d'un coup. J'ai super mal aux reins et d'un coup l'anesthésiste entre en courant, me regarde gentiment, me dit bonjour madame, me demande si je vais bien et là je l'embrasserais presaue tant il me semble "humain" Il me pique dans le dos, je ne sens pas de douleur mais quel soulagement !!! Je me détends enfin, mes muscles se décrispent, je souffle et je pousse tellement que l'infirmière crie "bravooo, on voit ses cheveux !" YEAHH, retour du gynéco, il me dit d'avancer mes fesses vers lui, j'obéis, et il me dit poussez très fort, ce que je fais, mais ça n'avance pas... la tête est coincée. Il chuchote a l'infirmière et elle me dit d'un air académique et niais "on va vous aider madame" et je sens qu'elle coupe , je me dis c'est l'épisio, et hop, elle lui tend la ventouse.... oula, je sens le bazar, j'ai du mal a garder les jambes écartées, il la retire. Je pousse et là il me dit de ne plus pousser et il sort la tête, tire et le reste vient, ma fille est là, elle hurle, elle est sur mon ventre, je pleure de joie, le soleil inonde d'un coup la pièce, c'est magique, il est 11 h, je me sens bien. Nous sommes tous les trois coupés du monde, pas longtemps, une auxiliaire vient prendre ma fille pour la laver, tout ça. Ils oublient de proposer au papa de la faire... c'est vrai qu'il a des dreadlocks, il est pas net ce type là... en plus j'ai demandé du Bob Marley pour l'accouchement, j'ai donné mon cd avant d'entrer en salle, elles ont débloqué

Je demande qu'ils me mettent ma fille au sein, et elle tète super bien tout de suite. Seulement voila, je ne me suis pas rendue compte que je n'avais pas perdu le placenta....Le gynéco revient avec la mine déconfite. Il bafouille "je vais aller le chercher" et il remonte ses manches et entre son bras dans mon vagin, sous mon regard ahuri et il farfouille et tire de toutes ses forces et j'ai l'impression qu'il m'arrache mes entrailles...et splash, le placenta est par terre et je fais une hémmoragie de la délivrance. Mais c'est pas fini, il doit procéder a la révision utérine, donc il recommence, il rentre son bras et je vois mon ventre se soulever comme si j'avais un alien, et il farfouille comme on arrache les patates, et là je me sens mal car j'ai mal mais j'ai honte aussi qu'il fasse cela devant mon copain blanc comme un mort, consterné, et resplash, une marre de sang vient de sortir de moi, les auxiliaires affluent pour nettoyer "tout ça" et se plaignent d'en avoir plein leurs mules. Je m'excuse, je me sens partir, ma tension fout le camp et ils s'affolent...enfin ils me mettent sous perf pour stopper l'hémmoragie et me disent "on va vous recoudre "C'est vrai, j'y pensais plus à ça... et il coud, il coud, je me dis mais j'ai combien de points, mais j'ai pas la force de le demander, je me sens comme vidée, anéantie, comme si j'avais été violée par ce mec.

Il m'a outragé. Le reste de mon séjour est pire, aucune aide a l'allaitement mais j'ai pas bassié les bras, aucune prise de sang malgrè mon hemmorragie, et évidemment je suis sortie de là anémiée, anémie qui a duré trois mois d'ailleurs, mais j'ai continué a allaiter. Les quatre jours de maternité furent un enfer, entre les femmes de ménages qui viennent javeliser la chambre pendant que vous allaiter ou les soins intimes avec cinq aides soignants qui vous regardent dans le vagin et pas dans les yeux, les visites de la famille, bref, l'enfer !!!!
Ceci dit vu que j'ai fait une rétention placentaire, je pense qu'il valait mieux accouché en clinique qu'a domicile. Pour un éventuel autre bébé

je vais avoir du mal a me décider, car je me dis qu'il y a des chances que mon placenta reste collé de nouveau...
Mais je n'accoucherais plus dans cette clinique, et surtout je pense qu'il faut faire un projet d'accouchement qui doit être respecté par le personnel soignant. Car je me suis sentie ballottée et dépossédée de mon corps et de mon béb tout le séjour.
Quant à la péridurale, je suis heureuse de l'avoir eue, n'en déplaise aux détracteurs, car vu ce que j'ai du subir après l'expulsion de ma fille, je pense qu'ils auraient du faire une anesthésie génerale pour l'extraction placentaire et la révision utérine .Je tiens a préciser que j'ai ressenti tout l'accouchement, la poussée, la descente du bébé. Je n'étais pas du tout insensible.
Ce message a été modifié par fullmoon - 08 octobre 2005 à 00:06.