Corinne Lepage cingle Bachelot et claque Voynet
Opportunisme» d'un côté, « imposture» de l'autre... Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé, ne ménage ni ses anciens amis de droite ni ses adversaires de gauche dans un petit livre cinglant *. Elle distribue donc assez équitablement les baffes. Mais celles que l'avocate inflige à l'actuelle ministre Roselyne Bachelot marquent davantage : son action relève de la caricature, du leurre. Corinne Lepage dresse un acte d'accusation implacable : « Le principe d'intégration de l'environnement dans les politiques publiques a été piétiné. [...] Il n'existe plus aucun contre-pouvoir (environnemental) au sein du gouvernement.[...] Plus grave, Roselyne Bachelot se fait le relais des lobbies, qu'ils soient nucléaire, agricole ou industriel : promotion sans réserve de l'énergie nucléaire [...}, abandon de toute redevance pollution, programmation de la levée du moratoire OGM, etc. » Et encore : « Cette œuvre de dilapidation s'accompagne d'un travail de sape des contrôles et contre-pouvoirs. Il ne resterait donc d'une politique de communication... une manipulation qui nous renvoie vingt ans en arrière. Ainsi l'écologie se trouve aujourd'hui trahie par le pouvoir politique. » Et pas d'espoir non plus du côté des Verts, pour qui « la culture dominante est celle delà lutte sociale, anticolonialiste, tiers-mondiste, et non celle de la résolution spécifique de la crise écologique». Dominique Voynet, par exemple, « a tout gâché » en provoquant « une accumulation de rancœur contre elle, contre son parti, mais plus généralement contre l'écologie... » Les femmes, dira-t-on, « sont méchantes entre elfes»... Mais il ne s'agit pas que de cela.
Corinne Lepage croit en une troisième voie, «responsable, républicaine et humaniste», pour l'écologie. Une troisième voie qui s'est réduite à un sillon lors de l'élection présidentielle (moins de 2 % !). Lex-candidate a le mérite de ne pas désespérer... • N.D.










