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Cour pénale internationale : déjà un échec !!!


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18 réponses dans ce topic

#1 vicflame

vicflame

    Chercheur de lumière

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Posté 23 juin 2003 à 22:22

Et voilà ! A peine était-elle née que vlan ! D'un seul coup de lame bien affûtée, la cour pénale internationale, qui voulait pouvoir juger TOUT criminel recherché internationalement pour crimes contre l'humanité, se voit déjà DECAPITEE !!!  :horreur_grosyeux:

En cause ? La pression des USA. Des plaintes déposées à Bruxelles contre le général Tommy Franks (entre autres) et Wolfowitz ont mis le feu aux poudres. Suite à cela, les USA déclarent ne plus prendre part aux réunions de l'OTAN à Bruxelles si certains de leurs "respectables citoyens" (hum !) risquent de se faire arrêter en arrivant sur le territoire belge.

Réaction immédiate de nos pleutres de rats de politiciens (et cet illuminati de Guy Verhofstadt en tête, bien sûr !) : on met la queue entre les pattes et on fait rentrer tout le monde dans le rang !
On modifie la convention pénale internationale de sorte que ces beaux messieurs puissent assister à toutes les réunions sans risquer quoi que ce soit ! REVOLTANT !!!  :(

Désolé, mais un crime est un crime, et un criminel EST un criminel, qu'il soit ouvrier ou chef d'Etat, irakien ou américain ! ET JUSTICE DOIT ETRE FAITE !!!

Espérons qu'un jour le monde tourne rond et que ces messieurs soient obligés de faire face à leur passé et à leurs crimes !!! Non  pas par vengeance, mais par JUSTICE et par HOMMAGE à toutes les victimes innocentes massacrées impunément !   :neutre:

En attendant, des criminels rôdent toujours dans les plus hautes sphères des gouvernements... Comment donc parvenir à un monde vraiment pacifique et honnête dans de telles conditions ??? :(

                             Vic.  :ange:

#2 Homer

Homer

    Avocat du diable

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Posté 24 juin 2003 à 06:28

Wow wow wow, je crois que tu mélanges tout Vic... :D

Ce que la Belgique a revu, c'est sa propre loi de compétence universelle, ça n'a rien à voir avec la Cour Pénale Internationale. C'est deux choses tout-à-fait différentes.  :wink:

La CPI est un organisme international. les Américains sont en train d'essayer de négocier des accords bilatéraux avec un tas de pays pour éviter que leurs ressortissants puissent être arrêtés et la Belgique n'a pas signé ce genre d'accord.

PAR CONTRE, cette loi stupide de compétence universelle a enfin été amendée pour être logique. Maintenant on ne pourra plus y poursuivre que pour des crimes commis par des Belges ou des résidents en Belgique ou contre des Belges ou des résidents (ce qui est beaucoup plus logique au niveau de la sphère de compétence de notre justice).

On n'arrête pas de se plaindre du fait que les Américains s'érigent en gendarmes du monde, et nous, petit pays sans grande influence, on voulait s'ériger en juges du monde??? :o  :o  :o

Au nom de quoi? Avec quelle légitimité? Et surtout avec quels moyens pour mettre en oeuvre la force exécutoire des jugements?

#3 WesternBasilic

WesternBasilic

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Posté 24 juin 2003 à 09:55

Les Etats-Unis, qui veulent régenter le commerce international mais refusent d'adhérer à des règles communes en matière de respect de l'environnement, entendent également se soustraire à la juridiction de la Cour Pénale internationale (CPI), officiellement créée en juillet 2002 et déjà reconnue, aujourd'hui, par 89 pays.

La CPI, dont le procureur est entré en fonctions cette semaine à La Haye (Pays-Bas) est le premier Tribunal International permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide. Sa vocation est mondiale, contrairement aux juridictions spéciales qui ont été créées pour juger les crimes de droit international perpétrés en ex-Yougoslavie et au Rwanda.

Mais Washington est parvenu, malgré les réticences de la communauté internationale, à obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU que ses ressortissants soient exemptés de poursuites devant la CPI.
Cette exemption, accordée à titre temporaire l'année dernière, vient d'être renouvelée pour un an.

La France et l'Allemagne, qui auraient pu s'opposer à ce renouvellement au Conseil de sécurité, ont préféré simplement ...s'abstenir, pour éviter de heurter une nouvelle fois les Etats-Unis, après la brouille provoquée par le dossier irakien.
De même, Washington s'efforce de conclure des accords bilatéraux avec le plus grand nombre possible d'Etats, afin qu'ils renoncent à extrader des ressortissants américains vers La Haye.

L'obstination des Etats-Unis pour se soustraire à la juridiction de la CPI s'explique évidemment par le risque accru de « bavures » auquel ils s'exposent par la multiplication de leurs opérations militaires à travers le monde (dont dernièrement en Irak).

WesternBasilic.

#4 vicflame

vicflame

    Chercheur de lumière

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Posté 24 juin 2003 à 19:57

Merci pour ces précisions, Homer et WesternBasilic !!!  :wink:

Je m'étais emballé un tantinet, et du coup, j'ai oublié de relire mon journal attentivement... Résultat : une petite "soupe" avec tous les éléments un peu mélangés !   :roll:

Mais bon, ce sur quoi je voulais mettre l'accent, c'est ce que WesternBasilic a expliqué.

Et une cour pénale internationale doit être valable pour TOUS les criminels, qu'ils soient africains ou américains ou européens.

Dommage que les pays européens n'aient pas réagi une nouvelle fois, car la réaction était légitime ! Et n'allez pas croire que je sois anti-américain ! Pas du tout ! Mais je plains de tout mon coeur le peuple américain qui doit supporter chaque jour un gouvernement ultra-libéral, belliqueux et qui risque fort de leur porter de sérieux préjudices tôt ou tard ! Avec ce gouvernement Bush, la pensée unique est en marche, et ça, c'est intolérable !!!  :tresfache:

A plus tard,
                    Vic.  :aureole:

#5 ferma

ferma

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Posté 14 juin 2005 à 03:35

Les méthodes de travail du TPI sont assez spéciales,les rumeurs de comptoir sont prise en considérations pour l'acte d'accusation,les témoins peuvent se présenter visage masqués,les témoins de la défense peuvent etre récusé par le procureur,on change les règles de procédures quand celà ne plait pas .
Une association d'avocats menée par Michael Mandel qui comptait menée une plainte contre l'OTAN,déclara à Louise Arbour:
"-Malheureusement,comme vous le savez,de nombreux doutes ont déjà été émis quant à l'impartialité de votre tribunal.Dans les premiers jours du conflit(1999),après qu'une plainte officielle et,à nos yeux,justifiée contre les dirigeants de l'OTAN eut été déposée devant lui par des membres de la faculté de droit de l'université de Belgrade,vous etes apparue à une conférence de presse avec l'un des accusés,le ministre britanique des affaires étrangères,Robin Cook,qui fit un numéro de spectacle en vous tendant un dossier de crimes de guerre serbes.débuts mai,vous etes apparue lors d'une autre conférence de presse avec le ministre américain des affaires étrangères,Madeleine Albright,à cette époque elle-meme fait l'objet de 2 plaintes officielles pour crimes de guerres en raison de la prise pour cible de civils en yougoslavie.Albright annoça publiquement à ce moment-là que les états-unis étaient les premiers pourvoyeurs de fonds du tpi et qu'il lui avaient promis encore plus d'argent"
Voici divers liens qui vous permettrons de découvrirs ce tribunal.

Autre témoignage



A fortiori s'il est accusé des crimes les plus graves, tout individu a droit à un tribunal indépendant et à une défense équitable. Alors qu'elles auraient dû être des modèles de justice internationale, les instances chargées de punir les criminels de guerre de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda sont loin de faire l'unanimité.
  

L'adoption en juillet dernier du statut d'une Cour criminelle internationale (CCI) par 120 pays est sans conteste une avancée importante vers l'instauration d'une justice débordant le cadre des frontières nationales. La Cour devra châtier les criminels de guerre qui auraient échappé à la justice des Etats dont ils sont originaires. Alors que ses premiers jugements ne sont pas attendus avant le prochain millénaire, il n'est pas inutile de faire le bilan des activités des deux Tribunaux pénaux internationaux (TPI) dont la création a stimulé l'accouchement d'une Cour dont il était question depuis cinquante ans.

Alors que la CCI a une vocation universelle, les Tribunaux devant juger les crimes commis durant les guerres d'ex-Yougoslavie et le génocide rwandais sont des tribunaux "ad hoc", ayant un champ de compétences limité par le Conseil de sécurité des Nations Unies qui les a créés, respectivement en 1993 et 1994. Le premier, basé à La Haye (Pays-Bas), a pour mission de punir les auteurs de violations graves du droit humanitaire international perpétrées dans l'ancienne Yougoslavie depuis le 1er janvier 1991 et s'est d'ailleurs déclaré compétent pour les événements du Kosovo de cette année. Son homologue rwandais, siégeant à Arusha (Tanzanie), est chargé de poursuivre les présumés génocidaires ayant agi au Rwanda, ainsi que, s'ils sont Rwandais, ceux ayant été actifs dans les pays voisins, mais uniquement durant l'année 1994. Ainsi, son mandat ne couvre ni les massacres de réfugiés hutu par l'armée rwandaise au Congo en 1997, ni les raids meurtriers régulièrement menés par les milices de l'ancien régime à l'intérieur du Rwanda.

Certes, les TPI ont le mérite d'avoir mis fin au climat général d'impunité dont bénéficiaient depuis des décennies nombre de militaires et d'hommes politiques, responsables de graves violations des droits de l'homme durant des conflits tant internes qu'externes. Cependant, tout en reconnaissant que l'absence de précédents et de jurisprudence ne facilite pas leur tâche, ces Tribunaux d'exception ne se sont pas avérés être des modèles d'efficacité, de transparence, d'indépendance et de respect de la défense.

La légalité des TPI serait elle-même en question. Fruits, selon leurs concepteurs, d'une "interprétation dynamique et téléologique" du chapitre VII de la Charte des Nations Unies autorisant le Conseil de sécurité à prendre des mesures en cas de "rupture de la paix", les TPI auraient, d'après certains juristes, été considérés abusivement comme une "mesure", terme impliquant une limitation dans le temps. lls estiment qu'une fois la paix rétablie, leur fondement aurait dû être modifié : le Chapitre VI de la Charte, traitant du "règlement pacifique des différends", aurait pu leur donner une base plus appropriée. En outre, ils regrettent souvent que ces TPI n'aient pas été créés par une autorité plus représentative que celle du Conseil de sécurité, dont cinq des quinze membres sont permanents et dotés du droit de veto.

Mais, au-delà d'une querelle risquant de n'intéresser que les seuls spécialistes en droit, d'autres aspects de ces Tribunaux et de leur fonctionnement suscitent interrogations et critiques. Il est pourtant nécessaire de relever que les procédures sont inspirées par le droit anglo-saxon, auquel ont été adjoints des éléments de droit romano-germanique, un mélange souvent qualifié d'hybride, à l'origine de la lenteur et de la complexité des procès. A ce jour, seuls quatre accusés ont été condamnés, trois d'entre eux ont encore droit à une procédure en appel, alors que deux ont plaidé coupable, ce qui a réduit leur procès à leur plus simple expression. Pour accélerer le rythme, le procureur Arbour, maître de l'accusation pour les deux Tribunaux, souhaite multiplier les procès collectifs, malgré l'opposition des juges d'Arusha.

Ayant condamné, comme son équivalent yougoslave, deux accusés, le Tribunal d'Arusha maintient en détention 31 individus, tous Hutu rwandais, sauf le journaliste belge Ruggiu. A l'exception d'un qui s'est récemment livré, ils ont tous été arrêtés par les autorités de différents pays africains, apparemment épaulées par des "agents du TPIR". En plus, une douzaine d'accusés vit encore à l'abri dans un pays d'exil.

Comptant actuellement 28 détenus, le TPI yougoslave en a obtenu la reddition de 13, tandis que les autres ont été capturés, soit par les polices de différents pays européens, soit par des forces internationales, en général des commandos de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine. Tous originaires de ce pays, ils sont presqu'autant de Serbes que de Croates, ainsi que trois Musulmans, à séjourner dans les geôles de La Haye. Outre ceux figurant sur une liste dite "scellée", le Tribunal a également mis en accusantion une trentaine d'individus toujours en liberté. La plupart sont des Serbes de Bosnie, à l'instar des deux principaux accusés, les chefs de guerre Radovan Karadzic et le général Mladic.

Certaines des nombreuses critiques ou objections dont ils font l'objet sont communes aux deux Tribunaux. Ainsi, les arrestations semblent effectuées de manière parfois brutale. Selon son avocat, le général rwandais Kabiligi a été "torturé" lors de son arrestation au Kenya par des "agents du TPIR" qualifiés de "soldats de la Gestapo". Le Serbe Todorovic, récemment appréhendé par des soldats de l'OTAN, s'est dit incapable de plaider coupable ou non à cause de violents maux de tête, conséquence de coups reçus. Le chef de police Drljaca, qui figurait sur cette fameuse liste secrète, une première dans l'histoire judiciaire, a été criblé de balles par des soldats britanniques venus l'arrêter alors que, selon sa famille, il tentait de fuir.

Si cela peut être considéré comme d'inévitables "bavures", il n'en va pas de même des "marchandages judiciaires" entre les Tribunaux et certains accusés, une pratique strictement interdite dans les systèmes judiciaires d'Europe continentale, mais tolérée chez les Anglo-Saxons. Ainsi, en échange de sa reddition, le chef de l'armée croate de Bosnie, le général Blaskic, a été installé dans une luxueuse villa, libre d'y recevoir les visites de sa famille et de l'ambassade de Croatie, et même les dernières promotions et décorations accordées par son ami le président Tudjman.

Quant au Croate de Bosnie Erdemovic, un "marchandage" lui a permis de voir sa peine réduite de 10 à 5 ans d'emprisonnement pour des crimes commis alors qu'il servait dans l'armée serbe. Bien qu'ayant reconnu avoir personnellement exécuté plusieurs dizaines de personnes après la chute de Srebrenica en 1995, il a pourtant bénéficié de la clémence du Tribunal, notamment pour avoir accepté de charger Karadzic et Mladic, suspectés d'être les instigateurs de ce massacre.

Encore plus étonnant est le cas de Jean Kambanda, Premier ministre rwandais au moment du génocide. Suite à un accord conclu avec le Parquet, il a accepté de collaborer en plaidant coupable et en témoignant contre d'autres détenus. En échange, il a obtenu des garanties concernant la protection de sa famille et a été incarcéré à La Haye en compagnie des "Yougoslaves". Il s'attendait probablement à plus de mansuétude de la part de ses juges car, condamné à la réclusion à perpétuité en septembre dernier, il a alors dénoncé l'accord, arguant qu'aucune mesure de protection de son épouse et de ses enfants n'aurait été prise.

La plupart des insuffisances constatées varient cependant selon que l'on examine les procédures en cours à Arusha ou à La Haye. Concernant le Tribunal rwandais, les critiques semblent se focaliser autour du Greffe, dont l'incompétence et la mauvaise gestion ont déjà motivé le remplacement de son responsable initial. Le nouveau greffier n'a pas échappé à des reproches similaires, émis cet été par un juge suédois en poste à Arusha. Alors que ce dernier a annoncé son intention de ne pas continuer sa mission, le Tribunal éprouve des difficultés à rassembler les candidatures nécessaires à l'élection de nouveaux juges, prévue au début de l'an prochain.

Outre les plaintes de plusieurs accusés concernant des saisies de documents personnels, condamnées dans certains cas par le procureur, on reproche souvent au TPI rwandais de faire peu de cas de la protection des témoins. Ainsi, Amnesty International a dénoncé que le Greffe ait divulgué un document comportant les noms de 16 témoins de la défense réfugiés au Congo, alors que le Parquet dévoilait en audience le pays d'exil d'un autre. Objet de deux rapports de l'ONU, la protection des témoins n'est pas un problème abstrait, comme le montre l'assassinat, en mai dernier au Kenya, de Seth Sendashonga, ministre démissionnaire du nouveau pouvoir à Kigali. Il avait l'intention de témoigner à Arusha à propos de ... la manipulation des témoins de l'accusation du TPI !

Alors que les procès s'appuient essentiellement sur des preuves testimoniales, des accusés assurent être victimes de faux témoignages et le Parquet aurait "menacé" un témoin de la défense pour l'inciter à devenir témoin de l'accusation. Parmi plusieurs décisions difficilement compréhensibles, mentionnons le refus du Greffe de laisser les deux accusés déjà condamnés, Kambanda et l'ancien maire Akayesu, choisir librement leur avocat, en violation du droit international, en l'occurrence la convention de New York. L'avocat belge Scheers, pressenti par l'ex-Premier ministre pour sa procédure en appel, aurait été interdit à Arusha en raison d'"antécédents disciplinaires", ce qu'il conteste et dont il n'a jamais été informé par la voie habituelle. D'autre part, le Greffe aurait récemment imposé aux avocats un "code de déontologie" menaçant leur indépendance.

En outre, rappelons que les autorités de Kigali s'étaient opposées à la création du Tribunal, parce que basé à l'étranger et mettant les dirigeants du génocide à l'abri de la sanction suprême, la peine de mort déjà expérimentée, au Rwanda, par de nombreux "seconds couteaux". Il est cependant vrai que, sans les fortes pressions diplomatiques que le Tribunal international est capable de générer, peu de responsables du génocide auraient été extradés par leur pays d'accueil. Si parmi les inculpés du TPI semblent figurer les plus grands responsables des tueries du printemps '94, certains dénoncent l'absence d'autres suspects, dont le général Ndindiliyimana, chef de la gendarmerie à l'époque, qui a obtenu le statut de réfugié politique en Belgique. D'autres, au contraire, regrettent que le Tribunal ne soit pas compétent pour la période antérieure à 1994, durant laquelle les insurgés tutsi se seraient rendus coupables de nombreuses exactions dans le nord du Rwanda.

Bien que les guerres dans les Balkans furent bien moins sanglantes que le drame rwandais, reconnu par les Nations Unies comme un des trois génocides de ce siècle, les principaux accusés du TPI yougoslave sont eux aussi inculpés de "génocide". Est ainsi visé, semble-t-il, le "nettoyage ethnique", qu'une déclaration de l'Assemblée générale de l'ONU a qualifié de "forme de génocide", bien qu'il se soit limité le plus souvent à des expulsions de minorités. Mais une interprétation aussi large d'un tel terme risque de banaliser les tentatives d'extermination endurées par les Arméniens, Juifs ou Tutsi.

En plus d'un faux témoignage, démasqué en cours d'audience, à charge du Serbe Tadic, premier individu incarcéré à La Haye, les principaux "ratés" du Tribunal datent de l'été dernier. En l'espace de cinq semaines, les deux premiers détenus capturés, une année auparavant, par des forces internationales sont passés de vie à trépas : l'ancien maire serbe de Vukovar (Croatie) Dokmanovic s'est suicidé dans sa cellule de haute sécurité et son collègue de Prijedor (Bosnie) Kovacevic est mort d'une crise cardiaque, après avoir agonisé pendant cinq heures sans intervention des gardiens. Entre ces deux décès, les soldats de l'OTAN ont arrêté deux autres Serbes, extradés à La Haye, puis relâchés quand on s'est rendu compte qu'ils n'étaient pas les individus recherchés ! Frisant le ridicule, le TPI a dû faire face à une rébellion de ses pensionnaires, qui ont formé formé une délégation "multi-ethnique" pour exiger l'amélioration de leurs conditions de détention.

Les critiques les plus graves dont fait l'objet le Tribunal de La Haye ont trait à son manque d'impartialité et sur le fait que de nombreux crimes commis en ex-Yougoslavie n'ont pas donné lieu à des mises en accusation. Ainsi, pour ce qui est du conflit de Croatie, seuls des sécessionistes serbes sont mis à l'index, alors que les premières exécutions massives de civils ont été l'oeuvre de paramilitaires croates, dans un pays où la minorité serbe a été pratiquemnt éradiquée. Si le chef de l'éphémère "République serbe de Krajina" est recherché pour avoir ordonné des tirs de missiles ayant tué, selon les sources, entre 5 et 7 personnes en mai '95, le TPI préfère ignorer que ces tirs ripostaient à une offensive croate qui fit plusieurs centaines de morts, pour la plupart des civils en fuite.

La guerre de Bosnie-Herzégovine, où trois peuples se sont affrontés entre 1992 et 1995, a donné lieu à la mise en accusation de dizaines de Serbes, suspectés d'exactions contre la population musulmane. Une douzaine de Croates sont également inculpés, et presque tous incarcérés, pour des crimes commis durant le conflit qui les opposa aux Musulmans. A en croire le TPI, les forces armées de ces derniers n'auraient rien à se reprocher. Pourtant, le général qui les dirigeait a été exclu l'an passé d'un collège militaire américain où il suivait une formation, pour le motif d'avoir ordonné l'exécution de civils croates en 1993.

Il est également étonnant de constater que personne ne soit inquiété pour les 2 à 3.000 habitants serbes de Sarajevo exécutés par des milices musulmanes en 1992 et 1993, ni pour plusieurs attentats organisés par les autorités locales et attribués aux forces serbes, afin d'ameuter les médias et forcer une intervention armée de l'OTAN. Les trois Musulmans actuellement en procès à La Haye y comparaissent bien pour des sévices infligés à des Serbes détenus dans le camp dont ils avaient la charge. Mais, malgré plusieurs témoignages confirmant le contrôle direct de Sarajevo sur ce camp, visité régulièrement par le président Izetbegovic, il n'entre pas dans les intentions du procureur de mettre en accusation le moindre notable appartenant à cette faction.

En plus d'un budget, en constante augmentation, octroyé par l'ONU (près de 65 millions de US $ en 1998, alors que près de 51 millions ont été alloués au Tribunal d'Arusha, qui ne semble bénéficier d'aucune autre donation), de nombreux actes du TPI dépendent entièrement des donations de certains pays, en particulier des Etats-Unis et de leurs plus proches alliés en Occident et au Proche-Orient. Ainsi, la recherche et l'exhumation de charniers sont entièrement financées par ces donateurs, qui décident où les fouilles seront effectuées. Est-ce un hasard si elles se sont dès lors concentrées dans la région de Srebrenica, où un septième site vient d'être ouvert ? Alors qu'un total de 300 corps a été retrouvé au bout de trois années de fouilles, le TPI n'a pas jugé utile d'envoyer le moindre observateur lors de la découverte, à Mrkonjic Grad, de ce qui reste à ce jour le principal charnier de Bosnie. Il est vrai que les 181 corps exhumés avaient l'inconvénient d'être ceux de Serbes exécutés par l'armée croate...

A cette dépendance financière s'ajoutent des liens étroits avec le monde politique. Est-il normal qu'avant d'annoncer l'extension du mandat du TPI au Kosovo, le procureur se soit cru obligé d'en référer au "groupe de contact", où sont représentés les Etats-Unis et les principaux pays européens ? La liste des prévenus semble calquée sur l'interprétation manichéenne des événements des Balkans fournie par les médias et les autorités occidentales, avec ses "bons", ses "méchants" et ses pacificateurs américains. Ces derniers sont d'ailleurs accusés par les Serbes d'avoir bombardé en 1995 la Bosnie au moyen de munitions faiblement radio-actives, une plainte qui ne donnera vraisemblablement même pas lieu à l'ouverture d'une enquête. L'énergie que Washington consacre à soutenir le Tribunal de La Haye n'a d'égale que celle mise à s'opposer à la création de la CCI, une Cour qui pourrait inculper tout criminel de guerre, fut-il originaire de la plus grande puissance de la planète.

Enfin, malgré leurs différences, les deux TPI doivent encore démontrer qu'ils parviennent à dissuader les violations du droit humanitaire et à réconcilier des peuples qui se sont déchirés, les deux motivations mises en exergue par leurs promoteurs. Au vu des massacres qui ont ensanglanté la région des Grands Lacs ces dernières années et des vives tensions que la tutelle occidentale sur les Balkans ne parvient pas à apaiser, le pari semble loin d'être gagné et pose la question de la réelle efficacité de ces Tribunaux internationaux.
  

Georges Berghezan ( g.berghezan@euronet.be )

Alors comment faire confiance alors que tout l'acte d'accusation contre Milosevic sur la Bosnie s'est effondrée??L'homme est en passe de gagner son proces

http://www.ptb.be/in...object_id=12104
http://www.ptb.be/in...object_id=12103
Lien intéressant
http://www.infocrise...3?id_article=45

http://www.anti-impe...n=BBBL&id=22999

Rapport d'Amnesty sur la Bosnie "libre"

http://www.amnesty.c...m0304f/tfb.html

#6 ferma

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Posté 17 juillet 2005 à 12:26

Voilà un procès d'une grande équitabilitée digne d'un régime soviètique

Au moment où s’essouffle le procès de Slobodan Milosevic à La Haye, l’accusation cherche désespérément de quoi étoffer ses inculpations. La soudaine émergence après dix ans d’une vidéo d’exécutions de prisonniers par des paramilitaires serbes est exploitée dans les grands médias dans un effort de renouveler la campagne raciste contre Belgrade. En fait, la vidéo, qui montre les victimes tuées d’un coup de feu et en admettant qu’elle soit authentique, est beaucoup moins choquante que celles montrant des prisonniers serbes faits par les Croates ou les musulmans, qui sont brûlés vifs, décervelés, torturés ou décapités. Mais alors que la vidéo antiserbe est accueillie comme pièce à conviction, ces doxuments-là ont été refusés par le TPI comme étant “trop brutales”.

Pour voir, à titre d'exemple, quelques documents sur les sévices infligés aux prisonniers par les Croates, les musulmans, les Américains, les Anglais et d'autres, documents qui ne sont pas retenus par le TPI de La Haye comme pièces à conviction, allez au site http://www.serbianna...ures/srebrenica IMPORTANT,CERTAINES PHOTOS et vidéos sont monstrueuses!!Donc public avertit

Ce message a été modifié par ferma - 17 juillet 2005 à 12:46.


#7 ferma

ferma

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Posté 20 juillet 2005 à 10:22

Doublon :cpasmafaute:

Ce message a été modifié par ferma - 20 juillet 2005 à 10:24.


#8 ferma

ferma

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Posté 20 juillet 2005 à 10:24

Les Balkans : une région sous influence
De Kosta Christitch  
Article publié dans Géopolitique N° 89, mars 2005.
C'est sous le slogan "les Balkans aux peuples balkaniques" que les pays chrétiens du sud-est européen s'étaient libérés de l'occupant turc, tout en songeant aussi aux autres grandes puissances pour lesquelles ils n'avaient été, même hors des moments de crise, que des pions sur l'échiquier des rivalités impériales. Le mot d'ordre avait été de courte durée, mais il avait eu le temps d'inspirer la création de la Yougoslavie et d'animer des efforts méritoires déployés entre les deux guerres pour tenter d'instaurer dans la région une cohérence institutionnalisée. Les cataclysmes fasciste et communiste ont effacé ensuite la devise jusqu'à sa raison d'être. Quand l'Europe était divisée en deux, les Balkans l'étaient en quatre : il y avait là comme ailleurs des membres de l'OTAN (Grèce et Turquie) et du pacte de Varsovie (Roumanie et Bulgarie), et également un représentant du Mouvement des non-alignés, la Yougoslavie, et un pays indépendant de tout et de tous, l'Albanie, figurant, par son isolement et le culte qu'il vouait, comme le Mont Athos du marxisme-léninisme.
Dans chacune des capitales, lorsque les regards quittaient l'horizon intérieur, ils se portaient non sur leurs voisins mais vers des lumières plus lointaines (pékinoises pour Tirana) éclairant leurs intérêts supérieurs. Ces pays s'ignoraient tellement que les échanges de marchandises entre eux ne représentaient, au milieu des années 80, que 1 % de l'ensemble du commerce extérieur de la péninsule. Réunis à cette époque à Belgrade pour promouvoir une coopération régionale, les émissaires des Etats balkaniques devaient constater qu'ils n'avaient en commun qu'un passé semblable, leurs divisions et les bonnes paroles qu'ils s'adressaient. Et ce qui les réunit maintenant ce n'est guère l'ambition d'adapter le slogan passé aux réalités présentes, mais le rêve d'accéder à l'Union européenne et d'y être admis à part entière. La question de savoir si cet assemblage qui ignore encore sa nature à venir et les limites de son étendue, est, ou non, une utopie de plus du genre humain, n'a guère cours ici. L'Europe y est perçue comme la panacée à tous les maux extérieurs et intérieurs et, en premier lieu, au sentiment dégradant d'infériorité que cette région a toujours éprouvé. Et aux motivations avancées pour rejoindre l'Union européenne, il faut ajouter celle, plus secrète, qui faisait dire, dans l'entre-deux-guerres, aux Athéniens en partance pour Paris "nous allons en Europe". Aujourd'hui dans les Balkans, et plus particulièrement à Belgrade depuis la chute de Milosevic, les souhaits vont plus loin et tendent vers une intégration "euro-atlantique", en dépit du caractère contradictoire de l'expression ou de ses implications singulières, car la formule semble mieux en phase avec l'évolution en cours dans la contrée.
Après la dislocation de la Yougoslavie, présidée par l'Union européenne sous l'impulsion de l'Allemagne et du Vatican et avec le concours postérieur et décisif des Etats-Unis, la balkanisation, tant décriée après la fin des empires austro-hongrois et ottoman et depuis régulièrement associée, partout dans le monde, à chaque morcellement funeste de territoire, est pleinement accomplie. La parcellisation extrême qui donne à la région une allure quasi féodale n'est cependant pas l'épilogue du processus engagé en 1991. A Bruxelles comme à Washington, les experts travaillent déjà à recomposer un ensemble appelé "les Balkans occidentaux" et qui couvre l'espace de l'ancienne Yougoslavie avec en plus l'Albanie et en moins la Slovénie et qui a une cohésion non dans la réalité mais par l'objectif abstrait que lui assigneront de l'extérieur ses véritables suzerains.
Quant aux "Balkans orientaux", pendant naturel des premiers, ils ne sont pas encore définis publiquement. Là devraient prendre place la Roumanie et la Bulgarie qui ont accepté d'accueillir les bases militaires que les Américains dans leur stratégie ont décidé de déplacer de l'ouest à l'est du Vieux Continent. Ce fait à lui seul donne peut-être l'avant-goût du futur ensemble oriental qui sera nommément désigné lorsqu'on connaîtra tous les membres appelés à le composer, car la Turquie peut y prétendre par son statut reconnu de pays balkanique, dès lors que ses terres ne se trouvent pas toutes au-delà du Bosphore par la volonté des Occidentaux au début du siècle dernier.
"Les Balkans occidentaux" ne sont pas une aire de pays souverains. Ils comptent deux protectorats internationaux déclarés, l'un, depuis 1995, en Bosnie et en Herzégovine, l'autre, à partir de 1999, au Kosovo et en Metohija (ou, en abrégé, au Kosmet) et un troisième, non déclaré ni formalisé, en Macédoine quand les Américains s'y sont installés au début des années 90 pour assurer la stabilité de cette République, nécessaire à leurs intérêts, notamment en raison de l'implantation de l'oléoduc venu de Turquie et qui doit atteindre l'Adriatique en passant par la Bulgarie, la Macédoine et l'Albanie (l'accord a été signé par ces trois pays à Sofia l'an passé). Quant à l'Albanie, qui, curieusement, ne semble plus intéresser la presse internationale, elle est aussi, et avec son chaos, sous l'emprise des Etats-Unis, telle qu'elle était apparue avec clarté lors de l'agression armée de l'OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie au printemps 1999.
Les deux protectorats internationaux officiels, qui offrent à Bruxelles et à Washington des moyens pour accentuer, quand il le faut, les pressions sur la Serbie, diffèrent de nature par leurs origines. Avec les accords de Dayton, celui de Sarajevo dispose d'un programme précis, avec mode d'emploi, afin de faire cohabiter deux entités distinctes (la République serbe et la Fédération croato-musulmane) au sein d'un Etat reconnu internationalement. La mission du Haut représentant, aujourd'hui le Britannique Paddy Ashdown, tend, en réalité, à atténuer la frontière intérieure et à rendre plus étanche celle avec la Serbie et la Croatie en vue de donner une vie commune à des peuples qui la refusent et qui se sont même battus pour ne pas la partager. Elle revient donc à favoriser une centralisation au détriment des deux unités fédérées, répondant ainsi aux souhaits des musulmans qui avaient cherché, durant le conflit, à imposer un pouvoir centralisé (le leur, bien sûr) à une Bosnie indépendante, alors que les Serbes s'étaient révoltés contre cette prétention et avaient fondé leur République contre l'indépendance bosniaque et en faveur de leur maintien dans l'Etat yougoslave, représenté, depuis avril 1992, par la Serbie et le Monténégro.
La tâche que s'est fixé le Haut représentant s'apparente fort au projet entrepris par Benjamin Kallay pour le compte de l'Autriche-Hongrie, après le congrès de Berlin en 1878, quand celui que l'on avait surnommé "le roi non couronné de Bosnie" s'était efforcé de créer une nation bosniaque (la langue dite bosniaque, en lieu et place du serbo-croate, date de ce règne) pour diluer la réalité serbe omniprésente dans cette nouvelle province de l'empire de Vienne. Mais Paddy Ashdown dispose d'une arme que ne possédait pas son lointain prédécesseur : c'est le Tribunal pénal international. Sous prétexte que les autorités de la République serbe ne se soumettent pas aux exigences venues de La Haye, il peut, selon les pouvoirs qu'il s'est arrogé, sévir en destituant à tour de bras ministres, fonctionnaires, directeurs d'entreprise, et même sommer la Serbie de participer à la chasse aux deux plus célèbres inculpés de Bosnie, le général Ratko Mladic et Radovan Karadzic. Par ces moyens coercitifs dont il a beaucoup usé l'année passée, il vise à réduire la République serbe pour promouvoir la fiction que représente la nation bosniaque. Belgrade, qui est signataire des accords de Dayton, a réagi contre ces menées dénaturant l'esprit et la lettre du document qui a mis fin à la guerre, mais il n'avait pas les moyens de contester les mesures ponctuelles prises par le Haut représentant.
Le protectorat imposé au Kosmet ne régit pas un territoire déclaré indépendant comme la Bosnie et l'Herzégovine. La résolution 1244 du Conseil de sécurité, qui constitue la charte de référence pour l'autorité internationale déléguée sur place, déclare sans ambiguïté que la région appartient à la souveraineté yougoslave, autrement dit serbe. Cette précision repose sur une évidence historique consacrée par le droit international puisque la province était revenue automatiquement au Royaume de Serbie après la défaite des Turcs dans les guerres balkaniques (1912-13), dès lors qu'elle avait été, avant l'invasion ottomane, le cœur de l'Etat serbe médiéval, reconnu par l'empire byzantin qui en avait été le possesseur antérieur. Et la souveraineté serbe n'est pas mentionnée seulement pour la forme dans la résolution de l'ONU, elle est citée à l'appui d'une mesure tangible et afférente à la nature et la définition même de cette notion : le droit légitime du retour dans la région de contingents de la police et de l'armée serbes en vue d'assurer, avec les forces internationales, l'ordre et la sécurité, notamment aux frontières.
En revanche, la résolution ne fournit aucun programme comparable à celui des accords de Dayton. Elle s'en tient à l'énoncé des droits à respecter et des principes à observer concernant les personnes et les communautés nationales et impose aux parties de s'entendre pour y établir "une autonomie substantielle", selon la formule de la conférence de Rambouillet qui signifiait, sans autre précision, que l'autonomie préconisée devait être plus large que celle attribuée au Kosmet dans la Yougoslavie socialiste. Pour le reste, tout était laissé à l'initiative des responsables internationaux. Or dans un tel vacuum, la pression des réalités locales est toujours plus forte que des recommandations écrites, aussi pertinentes et contraignantes qu'elles soient.
C'est ainsi qu'en plus de cinq ans, aucune des obligations prescrites aux mandataires internationaux en faveur des populations non albanaises n'a été remplie en ce qui concerne la sécurité des gens et des biens, la libre circulation des personnes, le retour des réfugiés, sans parler de la prise en compte dans la vie sociale, économique et politique de la souveraineté serbe. Durant cette période, cinq administrateurs onusiens se sont succédés à la tête du Kosmet. Cette série de départs et de nominations, au rythme moyen d'une substitution annuelle, s'apparente à un échec évident, en dépit du mutisme qu'observe la communauté internationale sur ce constat et, plus encore, sur l'origine de cette faillite. Celle-ci a pourtant une source limpide puisqu'elle découle directement de la collusion des forces occidentales et des terroristes albanais durant l'agression de l'OTAN contre la Yougoslavie. C'est cette alliance tactique et stratégique qui a déterminé l'autorité internationale à fermer les yeux sur les exactions massives commises par les Albanais après le repli de l'armée yougoslave et à taire les véritables mobiles et la fin ultime de ces crimes qui se déroulaient devant elle. Si elle avait réagi comme il convenait aux meurtres, aux destructions et aux pillages, elle aurait été conduite à affronter ceux avec lesquels l'Amérique et ses alliés s'étaient unis pour combattre les Serbes et, comme on le proclamait à Bruxelles, "libérer le Kosovo" ; les explications de cette autorité eussent été alors assez semblables aux arguments que les Serbes avaient fait valoir, avant l'intervention armée de l'OTAN, pour justifier leur recours à la force contre les terroristes albanais et que les Etats-Unis et l'Union européenne avaient à l'époque refusé d'entendre et même condamnés sans appel pour mieux justifier par la suite leur guerre dite "humanitaire".
Les responsables onusiens ont ainsi, depuis juin 1999, laissé chasser 300.000 non Albanais (de juin à décembre 1999), tuer 935 et kidnapper 546 Serbes (de juin 1999 à mars 2001), détruire 110 églises et monastères orthodoxes (du 15 juin 1999 au 10 mai 2003) et incendier environ 50.000 maisons d'habitations. Tous ces crimes, consignés dans un mémoire de l'Eglise orthodoxe serbe, ont été, en Occident, ou passés sous silence ou minimisés, ou attribués à un besoin de vengeance condamnable mais compréhensible (sinon légitime) après la "terreur serbe" sur les Albanais. A aucun moment, ces exactions n'ont été présentées sous leur véritable jour, c'est-à-dire comme la poursuite d'une politique délibérée du fait accompli entreprise depuis très longtemps par les nationalistes albanais en vue de parvenir à la sécession du Kosmet, en suivant une logique aussi primaire que radicale qui peut se résumer ainsi : s'il n'y a plus de Serbes ni de preuves de leur passé, à quoi peut rimer la souveraineté de leur nation sur la région ?
La plus éloquente illustration de cette réalité a été fournie par les pogroms perpétrés les 17 et18 mars de l'an dernier par les Albanais contre les Serbes, leurs biens et leur patrimoine religieux et culturel. Rien n'annonçait ni n'expliquait ces hordes furieuses pillant et incendiant sur leur passage tout ce qui n'était pas albanais. Les responsables internationaux avaient même soutenu peu de temps auparavant que le Kosmet était en voie de normalisation. Or voilà qu'en deux jours de cauchemar, on comptait 19 morts, 900 blessés, 4.500 nouveaux réfugiés serbes, un millier de maisons brûlées et 30 églises ou monastères détruits, au terme d'une action froidement préméditée et bien coordonnée puisque les désordres avaient commencé au même moment en 33 lieux différents de la région et qu'ils avaient mobilisé plus de 50.000 personnes. Entre cet épisode meurtrier sans raison apparente et le déferlement criminel de 1999, attribué en Occident à l'esprit de revanche, la filiation est incontestable dans le mode d'exécution, l'objectif poursuivi et les résultats cumulés : désormais, dans plus de six villes du Kosmet il n'y a plus aucun Serbe.
Après ces pogroms, les responsables onusiens étaient contraints de réagir pour faire au moins oublier leur flagrante impéritie manifestée à cette occasion. Et ils n'ont rien trouvé de mieux que d'organiser dans la région des élections législatives impromptues en octobre auxquelles les Serbes, privés des droits les plus élémentaires (à commencer par celui de circuler librement) étaient invités à participer parce que la voie démocratique, leur expliquait-on sans sourciller, constituait le seul moyen d'améliorer leur sort. Le discours comme l'initiative témoignaient que la collusion albano-otanesque, révélée en 1999, avait résisté à l'épreuve, qu'elle fonctionnait et déterminait toujours le comportement de l'administration internationale. Dans cette logique, il est naturel que le boycottage de la consultation par les Serbes ait été condamné dans les capitales occidentales et que le gouvernement serbe, bien qu'il ne soit toujours pas en mesure d'intervenir au Kosmet, ait été critiqué pour ne pas les avoir incités à aller voter, comme le lui avaient instamment demandé Bruxelles, Washington et leurs alliés de Belgrade.
Si l'influence exercée par l'environnement sur l'autorité internationale a un effet d'ordre politique, sa nature réelle est plus complexe. Dans la foulée de l'installation du protectorat, tout le Kosmet s'est criminalisé et est devenu, comme on dit, "une plaque tournante" essentielle en Europe du trafic de drogues, de la prostitution et d'autres commerces illégaux. A Djakovica, à la frontière albanaise, se trouve, par exemple, la plus grande fabrique de drogues chimiques (comme l'extasy) sur le Vieux continent. Les combattants de la "guerre de libération" se sont convertis à ces activités, les ont reprises ou ont simplement développé celles qu'ils pratiquaient, car cette criminalité était déjà une spécialité régionale et avait participé au financement de l'action politique et militaire des sécessionnistes. Pour gagner les marchés occidentaux, la drogue passe surtout par le Monténégro, qui, célèbre déjà par le trafic de cigarettes pour lequel Milo Djukanovic, l'actuel premier ministre, fait l'objet de poursuites de la justice italienne, est devenu un relais majeur pour les réseaux de distribution de l'extasy, l'héroïne, la cocaïne et la marijuana. Au Kosmet, les trafiquants sont "couverts" comme ils le désirent et ont accès aux sphères internationales les plus convenables.
L'ancien commandant du contingent italien, le général Fabio Mini a apporté sur cet aspect un témoignage précis dans la très sérieuse revue trimestrielle Limes de Rome. La criminalisation s'est opérée dans une société où la classe dirigeante et les partis politiques fonctionnaient selon une logique mafieuse, avec ses clans, ses prébendes, ses manipulations des contrats publics et des procédures de privatisation comme avec ses taxations illicites des services et des produits les plus indispensables. Tout se déroule au grand jour, ainsi que l'a raconté à l'hebdomadaire allemand Spiegel Bujar Bukoshi, ancien président du gouvernement en exil des Albanais du Kosovo, aujourd'hui écarté par les nouveaux maîtres de la région : "Sur cette réalité, déclare-t-il, l'administration des Nations Unies se tait, car elle souhaite la paix et ne veut prendre aucun risque". Et avec cette masse d'argent accumulée de toutes parts, la corruption est aisée et se pratique à une grande échelle parce que le personnel international rechigne rarement à améliorer sa rétribution. A ce tableau s'ajoute la lutte d'influence à laquelle se livrent dans la région (comme ailleurs en Serbie, en Bosnie, en Croatie, en Roumanie ...) Américains et Allemands pour obtenir, par des moyens dont le seul critère est l'efficacité, des atouts pour des gains à venir, notamment dans le domaine minier. Ainsi l'écrivain et le journaliste italien Uberto Tommasi, auteur du livre très documenté "Kosovo : le trou noir de l'Europe", a signalé l'intérêt des Américains pour un gisement de lignite, évalué, selon eux, à plus de dix milliards de tonnes. L'Amérique et l'Allemagne ont tenu un rôle capital dans l'armement, l'entraînement, les combats et la prise du pouvoir des nationalistes albanais au Kosmet. Elles possèdent, chacune pour elle, des alliés dévoués parmi les cadres influents pour défendre leurs intérêts.
Dans ce contexte, la nomination, après les élections parlementaires d'octobre dernier, d'un Ramush Haradinaj comme premier ministre, ne devait pas constituer une surprise. Elle a sans doute choqué légitimement les Serbes de la région et le gouvernement de Belgrade parce que cet homme de 36 ans avait, comme l'un des commandants de "l'Armée de libération du Kosovo" (la fameuse UCK), participé personnellement à des meurtres et à des enlèvements, qu'il faisait l'objet d'une instruction en Serbie et qu'il était menacé d'être inculpé par le Tribunal pénal international. Seulement voilà, cet ancien combattant, qui avait fondé et dirigé les "Aigles noirs", une unité terroriste particulièrement bien entraînée, est devenu un personnage officiel sous le protectorat. Il a été chargé, dès 1999, de seconder le commandant de la force locale de sécurité et, à la tête de "l'Alliance pour l'avenir du Kosovo", fondée l'année suivante, il s'est présenté à toutes les consultations électorales. Haradinaj a, en outre, de la surface dans la vie publique de la région par ses relations et ses activités dans "l'économie grise". Il est, par conséquent, un parfait représentant de la société que l'ONU, après l'OTAN, a laissé s'installer et qu'elle écoute. Lorsque Belgrade lui a fait remarquer que le passé de Haradinaj aurait dû constituer un empêchement à sa nomination, le Danois Sören Jenssen Petersen, le cinquième administrateur international du Kosmet, a expliqué avec sérieux qu'il ne pouvait pas contester cette désignation puisqu'elle était l'aboutissement d'une procédure démocratique entamée par des élections qui l'étaient tout autant. Ce qui veut dire, après traduction : pour que le gouvernement "kosovar" puisse se faire entendre, il faut, d'une part, que son chef soit bien implanté dans la vie locale et que, de l'autre, il offre une prise à l'administration internationale, ce qui est précisément le cas avec la menace que le Tribunal pénal international fait peser sur lui. Comme en Bosnie et en Herzégovine, le TPI constitue donc, là aussi, une arme politique, à cette différence près que Paddy Ashdown à Sarajevo ne se contente pas de l'évoquer discrètement, mais la brandit et s'en sert pour décimer les cades de la République serbe. La formule : deux poids deux mesures, s'impose ici et laisse même percer le mépris dans lequel le pouvoir étranger tient, en définitive, les Balkans et leurs peuples.
Le Kosmet est depuis plus de cinq ans détaché de la Serbie et pratiquement vidé de sa population non-albanaise. Le projet d'une région multiethnique, tant ressassé à l'ouest, n'a plus, aujourd'hui, qu'une valeur logomachique. Si les représentants de l'ONU persévèrent dans cette fiction, ils parraineront une région entièrement épurée sur le plan national, trahiront les principes qu'ils affichent à tout instant et marqueront du sceau de la honte la mission dont ils sont en charge. En revanche, s'ils renouent avec le réel, ils auront à organiser la cohabitation des communautés albanaise et serbe qui ont, l'une et l'autre, le droit à une existence normale au Kosmet, de manière que chacune d'elles soit en mesure d'assurer seule sa gestion et sa sécurité.
Le gouvernement serbe, soutenu par tous les membres du parlement, a proposé un programme très détaillé dans ce sens. Cette option, qui offre l'unique moyen concret pour le retour au Kosmet des réfugiés non Albanais, est, à coup sûr, la plus réaliste à l'heure présente car elle répond à la raison et à l'équité. Mais ce n'est évidemment pas une raison suffisante pour qu'elle soit adoptée. La leçon de ces cinq dernières années donne même à penser que ce pourrait être au contraire un motif précis pour qu'elle ne le soit pas. Les nationalistes albanais l'ont, en tout cas, presque aussitôt rejetée et, sous leur pression, l'administration internationale tergiverse depuis pour trouver une voie vers l'établissement de ce qu'on appelle dans le jargon onusien un "standard" de droits, sans lequel la négociation portant sur le statut politique de la région ne pourra pas commencer. Celle-ci est, en principe, programmée pour la fin de l'année en cours et dans cette attente s'agitent déjà les multiples groupes occidentaux (surtout américains) militant pour l'indépendance du Kosmet.
Mais rien n'est encore dit comment, dans cette éventualité, sera contourné l'obstacle de la souveraineté serbe. Pour retirer un territoire d'un pays souverain, il y a deux moyens : ou la force, ou le consentement, c'est-à-dire la volonté nationale exprimée par l'ensemble de la population du pays et non pas seulement - comme les nationalistes albanais et leurs alliés semblent le croire - par celle du territoire concerné. C'est par le soutien de la France entière, consultée par référendum, que le général de Gaulle a pu attribuer le droit à l'autodétermination aux départements français d'Algérie, qui allaient choisir ensuite l'indépendance. Sans cette transition, l'acte de détachement devient illégal et arbitraire et offre un funeste précédent à la vie internationale. Pourtant, on ne peut pas oublier que, dans la crise yougoslave, l'Union européenne d'abord, les Etats-Unis ensuite, ont démontré qu'ils pouvaient être inventifs et agiles pour tourner la législation sans trouble majeur ; et il n'est pas exclu qu'ils récidivent avec le Kosmet et que le consentement libre par contrainte puisse devenir une nouvelle notion légitime et admise dans les relations entre Etats, tout au moins dans certains cas particuliers.
De toutes les Républiques issues de l'ex-Yougoslavie, la Serbie est ainsi la seule aujourd'hui à ne pas connaître le tracé exact de ses frontières, non seulement au sud à cause de la situation du Kosmet, mais aussi à l'ouest où, en raison de l'ambition d'indépendance de la nomenklatura gouvernant le Monténégro, la ligne de démarcation entre les deux Républiques fédérées risque d'être transformée en frontière internationale, comme ce fut le cas partout ailleurs avec la dislocation de la Fédération yougoslave. Au début des années 90, cette transformation eût satisfait les responsables de ce qu'on appelle la communauté internationale. Ils soutenaient, en effet, que la Yougoslavie n'existaient plus, qu'elle avait été dissoute sous les menées des nationalistes serbes déterminés à établir une "grande Serbie" et qu'il n'y avait plus dans l'aire de l'Etat défunt que des républiques indépendantes dont aucune ne pouvait prétendre à être l'héritière de la Yougoslavie et qui devaient par conséquent - puisque chacune était considérée comme un Etat nouveau - formuler leur demande d'adhésion à l'Organisation des Nations Unies afin d'être pleinement reconnues. Cette thèse, qui a été imaginée à l'époque pour dissimuler le caractère illégal des sécessions slovène et croate, ordonne maintenant l'acte d'accusation du Tribunal de La Haye contre Slobodan Milosevic et montre que ce procès vise, au-delà de la tentative de démontrer la culpabilité de l'homme politique, à ériger une version partisane d'évènements passés en une vérité historique nécessairement objective de manière à justifier les partis pris de la dite communauté et la disculper de ses fautes.
Or la réalité du terrain contredisait l'affirmation soutenue : les sécessions successives de la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et, plus tard, de la Macédoine, n'avaient pas supprimé la Yougoslavie mais l'avaient réduite aux Républiques fédérées de Serbie et du Monténégro, lesquelles en faisaient toujours partie, continuaient à lui donner corps et entendaient bien y demeurer. Elles le démontraient, en avril 1992, en approuvant une constitution adaptée à la situation nouvelle. Comme par sa seule existence, la République fédérale de Yougoslavie (appellation donnée à cette occasion et modifiant à peine la précédente) les défiait ouvertement dans leur conception, les puissances occidentales cherchèrent d'abord à la nier puis à la saper mais, en dépit de leurs tentatives, elles ne parvinrent jamais à confisquer le siège qui lui revenait de droit à l'ONU et qui ne fut que "gelé" lors de l'embargo décrété contre elle durant la guerre en Bosnie.
La dérive, qui a saisi le Monténégro et menace depuis ses amarres avec la Serbie, est un produit direct de l'embargo total auquel la République fédérale de Yougoslavie a été soumise par la résolution 757 du Conseil de sécurité, adoptée le 30 mai 1992. Pour survivre à ce blocus de fait et obtenir l'essentiel, à commencer par les dérivés du pétrole, le seul moyen était le recours aux trafics clandestins, couverts par le "secret d'Etat". Dans son livre de souvenirs ("Les règles du silence ", paru l'an dernier à Belgrade, Momir Bulatovic, à l'époque président du Monténégro, a décrit les ressorts de cette activité dans sa république, tout en assumant sa responsabilité personnelle. Quand un tel commerce ne peut pas être strictement contrôlé s'enclenche un engrenage dont le mécanisme est connu : les premiers trafics en engendrent d'autres qui sont de plus en plus lucratifs et de moins en moins légaux, même en l'absence d'embargo, comme celui des cigarettes, par exemple ; l'enrichissement des personnes et des groupes détermine un milieu d'intérêts, de complicités et de connivences où surgit, pour des raisons de protection et de développement, un irrésistible besoin de pouvoir que seule la politique peut satisfaire. C'est ainsi qu'est apparue la soudaine ambition du chef de gouvernement Milo Djukanovic, entraînant sa rupture avec Bulatovic, la scission du parti majoritaire auquel tous deux appartenaient et la victoire du premier nommé à l'élection présidentielle, au terme d'un scrutin contesté et contestable, mais que les Occidentaux ne contesteront pas parce que l'élu servait leurs desseins. Il s'est engagé totalement, en effet, contre Slobodan Milosevic, dénonce sa volonté hégémonique qui a fini par paralyser la vie commune des deux républiques et entretient des relations suivies avec ses opposants à Belgrade. Désormais, la presse de l'ouest accole régulièrement au nom de Djukanovic les termes magiques de "réformateur" et de "démocrate" et les chancelleries du même bord manifestent au président monténégrin égards et sollicitude, comme à tout allié objectif. Elles mettront même en garde le régime de Belgrade contre toute tentative de déstabiliser celui de son voisin, sans prêter attention au fait que l'opposition monténégrine à Djukanovic était muselée.
Mais Milosevic parti, l'opposition arrivée au pouvoir en Serbie découvre, et avec elle d'autres esprits crédules, que l'obstacle à la bonne entente n'a pas disparu avec celui qui était censé l'incarner. Il demeure et s'exprime maintenant dans le déchaînement d'un nationalisme monténégrin qui renie, contre l'évidence la plus élémentaire, la nature serbe de sa culture et de son histoire pour mieux appuyer une aspiration à l'indépendance et la faire aboutir à Podgorica, comme elle s'est réalisée naguère à Ljubljana et à Zagreb. Il suffit de pénétrer au Monténégro par la ligne de démarcation avec la Serbie ou par la frontière avec l'Herzégovine pour constater que la langue serbe est devenue par enchantement monténégrine et que la propagande développée par les médias tenus fermement en mains par les autorités locales s'en prend à la Serbie et aux Serbes avec un allant propre à réjouir les milieux serbophobes les plus exigeants.
Mais ce discours ne doit être pris uniquement à la lettre, il sert aussi à habiller d'un peu de noblesse une exigence plus terre à terre : celle de demeurer au pouvoir à Podgorica, non seulement pour les avantages qu'il offre, mais surtout parce qu'il constitue le plus sûr abri actuel pour Milo Djukanovic et son clan. Sans lui que deviendraient-ils avec toutes les "affaires" où les organisateurs s'inquiéteront de leur départ et dont certaines intéressent déjà deux procureurs d'Italie ? Dans cet esprit, Djukanovic ne s'est pas présenté devant le peuple pour briguer un nouveau mandat présidentiel et a repris sa fonction de premier ministre face à une assemblée où il dispose d'une majorité. De même, au sein de la "Communauté étatique de Serbie et Monténégro" (qui a remplacé, en février 2003, la République fédérale de Yougoslavie), il a engagé un combat en vue d'ajourner l'élection au suffrage direct (et non indirect comme précédemment) du parlement commun à Belgrade et à Podgorica, prévue pour cet hiver, sous prétexte d'organiser auparavant un referendum au Monténégro sur l'indépendance de cette république. La consultation référendaire est bien programmée par la "charte constitutionnelle" fondant cette "communauté", mais uniquement pour l'an 2006. En cherchant à l'avancer, Djukanovic n'a songé qu'à éviter le risque d'une défaite au scrutin parlementaire qui serait de mauvais augure pour son pouvoir. D'où son entêtement à poursuivre son objectif inspiré en apparence par le seul souci national et à rejeter tous les arguments qui lui étaient opposés. A tel point que son homologue de Serbie, le président du conseil Vojislav Kostunica a dû engager Bruxelles pour faire entériner une solution, dès lors que l'Union européenne, par le truchement de Javier Solana, avait parrainé et même aidé à imposer à Podgorica une "charte constitutionnelle" qu'elle n'aurait peut-être acceptée sans elle. Ainsi les Européens, déjà actifs au Kosmet et en Bosnie-Herzégovine, tiennent un rôle important dans les relations entre le Monténégro et la Serbie, c'est-à-dire au cœur d'une "communauté étatique", composée d'un même peuple et, en principe, souveraine.
Tenaillée au sud et à l'ouest, la Serbie l'est aussi par le harcèlement auquel la soumet le Tribunal pénal international. Feu le premier ministre Zoran Djindjic avait pensé que la livraison tant désirée à l'ouest de Slobodan Milosevic apaiserait les ardeurs du procureur de La Haye. Mais il s'était trompé dans sa vilénie. Les requêtes impératives se sont poursuivies avec la même rigueur et le soutien unanime de l'Union européenne. La nécessaire "coopération" avec l'instance soi-disant judiciaire est devenue désormais un préalable à toute demande formulée par Belgrade et constitue un moyen de pression politique d'autant plus aisé que le critère déterminant la bonne (ou mauvaise) exécution de cette obligation est laissé à l'appréciation de ceux qui l'exigent, comme de ceux qui s'en servent.
Ainsi, en plus des difficultés matérielles qui l'enserrent et tiennent encore en bonne partie à l'appauvrissement résultant des années d'embargo, la Serbie vit dans le sentiment inconfortable d'être l'objet d'un chantage constant qui continue de l'isoler même si elle ne fait plus figure de paria comme au temps de Milosevic. Et elle l'éprouve d'autant plus fortement que sa classe dirigeante a placé le salut du pays dans une adhésion à l'Europe et que c'est cette aspiration précise qui sert de levier aux maîtres chanteurs dans leur besogne. Personne ne songe à Belgrade que la Suisse ou la Norvège pourraient aussi bien servir d'exemples. Tous s'en tiennent à un idéal dont les modalités et l'aboutissement échappent à leur maîtrise et qui s'apparente ainsi à une sorte de fatalité à laquelle nul ne peut échapper. Beaucoup d'entre eux seront sans doute surpris et même atterrés par les propos tenus en privé par le même Zoran Djindjic qui passait, en Serbie, pour le meilleur représentant des réformateurs démocrates et européens et, à l'étranger, pour le politicien serbe le plus réceptif aux souhaits occidentaux et plus particulièrement allemands. Deux mois avant son assassinat le 12 mars 2003 à Belgrade, il avait renoué avec l'écrivain Dobrica Cosic et lui avait livré au cours de leur long entretien cette appréciation que le romancier cite dans son dernier livre paru en automne dernier : "Dans dix ou quinze ans, quand l'Union européenne envisagera de nous accueillir, nous devrons bien réfléchir avant de décider s'il faut ou non monter dans ce train !"
Ses admirateurs pourraient tirer au moins une leçon de ce propos : l'échéance qu'ils espèrent tant, est, en vérité, plus lointaine qu'ils ne le croient, de sorte que leur empressement, source des complaisances exigées et obtenues, n'a aucun fondement, sinon la candeur.

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Posté 20 juillet 2005 à 11:28

En regardant les vidéos horibles sur les massacre en bosnie, je me suis étonné de voir tant de cadavres dont les cerveaux ont retirés...ce qui m'a amené a recherché sur internet des cas de voles de cerveaux sur la guerre en bosnie, je n'ai rien trouvé d'intérréssant, car lors d'une guerre, cegenre de manipulation peut passer pour de la barbarie, cependant voilant ce que j'ai trouvé:

Citation

samedi 10 mai 2003, 8h42

Des milliers de cerveaux "volés" dans les hôpitaux britanniques

LONDRES (Reuters) - Les cerveaux de plusieurs milliers d'handicapés mentaux ont été retirés post-mortem en toute illégalité pendant une trentaine d'années par des médecins d'hôpitaux britanniques afin de servir à la recherche, rapporte le quotidien The Times samedi.

Une commission d'enquête gouvernementale annoncera lundi ces conclusions, précise le quotidien londonien. Ce rapport a été commandé par le gouvernement il y a deux ans quand il est devenu clair que cette pratique était courante dans les hôpitaux psychiatriques.

Les médecins ont fourni les laboratoires de recherche entre 1970 et 2000 et 24.000 cerveaux sont toujours entreposés dans les hôpitaux ou les universités, déclare le Times. On ignore combien de cerveaux ont été retirés des cadavres sans le consentement, légalement indispensable, des familles, mais le total atteindrait plusieurs milliers.

Cette pratique semble s'être ralentie ces dernières années après le scandale de l'hôpital Alder Hey de Liverpool, dont les médecins ont procédé à l'ablation systématique d'organes sur des milliers d'enfants morts sans en référer aux parents.

source


Les laboratoires auraient-ils commandés des cerveaux bosniaques ? :peur:
Tout ce qui est authentique porte le sceau du Silence.
Tout est révélé dans le Silence de ton Coeur-Corps.

#10 ferma

ferma

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Posté 20 juillet 2005 à 11:40

Regarde le lien que j'ai mis dans l'article précédent,il montre ce genre de pratique commis par les les bosniaques :o

#11 ferma

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Posté 12 août 2005 à 00:48

Une vidéo qu'on occultera parcque le monstre était "serbe",voila la belle armée démocratique de Bosnie respectant toute les religions :tresfache:  :tresfache:  :tresfache:

Church Desecration Video Serves as Jihad Fund-Raiser

(CNSNews.com) - A violent video showing the desecration of a church and the murder of a Serbian soldier is one of many "jihad" videos currently making the rounds in Western countries to raise funds for Muslim terrorists, according to counter-terrorism experts interviewed by Cybercast News Service.

By Sherrie Gossett
CNSNews.com Staff Writer
August 11, 2005

Copy of the video of desecration of the church (4 Mb)
http://www.cnsnews.c...Desecration.wmv

(CNSNews.com) - A violent video showing the desecration of a church and the murder of a Serbian soldier is one of many "jihad" videos currently making the rounds in Western countries to raise funds for Muslim terrorists, according to counter-terrorism experts interviewed by Cybercast News Service.

The graphic footage, stamped Sept. 16, 1995, was videotaped approximately two months before the Dayton Peace Accords, which brought an end to the civil war in Bosnia.

Darko Trifunovic, deputy director of the Center for Security and Investigation of Terrorism at the Belgrade Institute for Political Studies, provided Cybercast News Service with a copy of the video during his recent visit to Washington, D.C. Cybercast News Service has edited the video to remove portions dealing with the killing of the Serbian soldier and other grisly images of corpses.

Trifunovic, an attorney, previously served as first secretary in the Bosnia-Herzegovina Mission to the United Nations in New York City and conducted war crimes research for The Hague's International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia. In the latter capacity, Trifunovic interrogated mujahedeen who were involved in the fighting in Bosnia.

"The video was shot in western Bosnia," said Trifunovic. "It has been shown in Germany, Austria, Norway, Sweden and North America for fund-raising purposes."

Evan F. Kohlmann, a Washington D.C.-based terrorism consultant and author, confirmed that videos of Bosnian battles and church desecrations were currently being circulated as inspiration and as a fund-raising tool for jihad-minded terrorists. Kohlmann has previously testified before Congress on terrorism issues.

The video opens with mujahedeen interrogating a Serbian soldier. The soldier was recognized by a relative as 32-year old Rade Rogic, said Trifunovic.

According to a translator consulted by Cybercast News Service, the lead captor asks Rogic, "Do you know who we are?"

"You're the mujahedeen," Rogic replies on the video.

#12 ferma

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Posté 28 août 2005 à 15:37

CAPITAL!!!afin que vous sachiez ce qui se passe aux TPY( financer par Soros,et certains pays) il est impératif que vous sachiez ce qui s'y passe!!
Ceci est un contrendu de séance du  moi d'avril,mais on y fait mention  de walker ;pourriture infame qui a été amis des escadrons de la mort en Amérique du sud,voir qui a collaboré à ces atrocités.L'importance réside dans les faits que le TPY,n'est pas un tribunal comme lesautres,hormis de refaire l'histoire dans son intéret :tresfache:


Séance du lundi 25 avril 2005, d'après Andy Wilcoxson  
Le procès a repris en présence de Milosevic, lequel a protesté en citant les statuts du TPIY contre la tentative de la chambre de poursuivre la procédure en son absence la semaine précédente.
La séance du 25 avril fut d'abord consacrée au contre-interrogatoire de Kosta Bulatovic par M. Nice. En 1994, Bulatovic avait signé une pétition et critiqué par voie de presse la politique de Milosevic, l'accusant d'avoir, par sa non-intervention, permis aux Croates et aux Musulmans de commettre des atrocités à l'égard des Serbes abandonnés à eux-mêmes.
On peut s'étonner que M. Nice ait fait surgir ce témoignage alors que son argumentaire veut que Milosevic ait ordonné ou permis aux Serbes de commettre des atrocités à l'égard des Croates et des Musulmans. Un témoignage qui l'accuse de ne pas avoir soutenu les Serbes fait tomber les charges.
M. Nice a essayé de montrer que le procès d'un groupe d'Albanais du Kosovo qui avaient formé en 1994 une " force de police " illégale était la conséquence de la pétition et de l'interview de Bulatovic. Hélas pour lui, la mise en examen des pseudo-policiers avait eu lieu avant ces interventions publiques.
Après ce bide, la cour a entendu le témoignage de Dragan Jasovic, un policier serbe (un vrai, cette fois) qui travaillait dans la région de Racak jusqu'à ce que l'OTAN oblige la police à quitter le Kosovo.
Selon lui, la majorité des policiers dans la région de Racak en 1998-99 étaient d'origine ethnique albanaise et c'est eux que l'UCK prenait pour cible. Un de ses collègues albanophones a été tué, un autre enlevé par l'UCK. Racak était une place forte de l'UCK, forte de 80 à 120 hommes, selon les informations données à la police par la population albanaise. L'UCK organisait des attaques terroristes, meurtres et enlèvements, contre des policiers et des civils ; elle attaquait les Serbes, les Roms, ainsi que les Albanais qui maintenaient des relations avec des gens d'autres ethnies, en particulier les fonctionnaires et ceux qui travaillaient dans des entreprises nationalisées.
Jasovic a transmis à la cour 90 témoignages écrits donnés par la population de Racak et de ses environs, identifiant les membres de l'UCK et décrivant leurs activités. Il a demandé à ce que les noms des déclarants restent confidentiels car l'ANA (Armée Nationale Albanaise) et le KPC (Kosovo Protection Corps) sont des rejetons de l'UCK et attaquent ceux qui ont coopéré avec les autorités serbes. Il a affirmé que ces déclarations avaient été données librement et de plein gré, que personne n'avait été contraint. Elles n'ont pas été collectées pour le procès de Milosevic, il s'agissait de déclarations remises à la police au moment des faits.
Pendant le témoignage de Danica Marinkovic, M. Nice avait prétendu que les Albanais avaient été forcés, sous la menace, à donner ces déclarations à Jasovic. Le procureur a collecté des témoignages en ce sens. Toutefois, la cour a refusé de les admettre : ils ne sont pas contemporains des faits et on été générés spécialement pour ce procès.
Durant toute sa carrière de policier, M. Jasovic n'a fait l'objet d'aucune plainte ni de Serbes, ni d'Albanais.
  
Séance du 26 avril, toujours d'après Andy Wilcoxson
Suite du témoignage de Dragan Jasovic.
Il travaillait en tant que détective pour l'Urosevac SUP, qui couvrait Urosevac, Stimlje, Strpece, Kacanik et Racak. C'est à ce titre qu'il a reçu des déclarations de gens du pays. Les 90 qu'il présente à la cour ont été recueillies par lui personnellement. La police recueillait ces témoignages pour s'informer sur les activités de l'UCK. Les gens les donnaient librement et elles sont authentifiées par les signatures conjointes sur chaque page du déclarant, de Jasovic et de son partenaire.
Elles identifient 30 des 40 personnes tuées à Racak le 15 janvier 1999 comme des membres de l'UCK. Le plus souvent, ces membres de l'UCK sont identifiés par 3 ou 4 personnes différentes, parfois par 8 témoignages indépendants, issus presque exclusivement d'albanophones.
Ces déclarations détaillent les activités de l'UCK dans la région, avec la localisation de son QG et des détails sur sa prison de Lapusnik. L'UCK avait entrepris une campagne de terreur contre les Albanais pour les enrégimenter. De nombreux civils albanophones furent tués ou enlevés par l'UCK au Kosovo.
Les informateurs donnaient des détails sur l'entraînement de membres de l'UCK en Suisse et sur les armes en provenance d'Albanie, résultats du pillage de dépôts de l'armée régulière albanaise. On apprend aussi que l'UCK recrutait des femmes et des enfants comme combattants.
M. Nice a tenté de saper la crédibilité de ces déclarations en soutenant que les déclarants avaient été forcés de signer sous la torture par Jasovic, lequel a simplement nié ces allégations. Notons que Jasovic a d'abord témoigné devant le TPI au procès de Limaj comme témoin à charge et n'a été qu'ensuite rappelé comme témoin de la défense de Milosevic.
Un des Albanais dépistés par M. Nice a confié aux procureurs qu'il avait vu du sang au sous-sol des locaux de l'Urosevac SUP et qu'il avait été tellement effrayé qu'il avait signé la déclaration sans même la lire. Jasovic, qui connaît bien les lieux pour y avoir travaillé, a certifié que l'immeuble n'a pas de sous-sol.
Il a ajouté qu'il comprenait pourquoi les Albanais cherchent à nier avoir fait des déclarations à la police : l'UCK a tué et terrorisé les Albanais qui ont coopéré avec les autorités serbes, ainsi que leurs familles. A ce jour, le Kosovo est entièrement entre ses mains.
Afin de protéger les Albanais qui ont témoigné devant la police, leurs noms ne seront pas divulgués. S'il faut citer un nom devant la cour, elle siégera à huis clos.
  
AU PROCES DE MILOSEVIC, L'ACCUSATION DIFFAME UN TEMOIN DE LA DEFENSE.
Les 27e et 28e témoins de la défense ont déposé, en avril, à l'audience du procès de Milosevic sur le massacre qu'auraient commis, le 15 janvier 1999, les forces serbes à Racak dans la région de Kosovo et Metohija. A l'époque, Danica Marinkovic était le magistrat instructeur chargé de l'affaire et Slavisa Dobricanin le médecin légiste qui avait examiné les corps des quarante victimes albanaises.
On se souvient des faits : le 16 janvier 1999, l'Américain William Walker, qui préside la mission de vérification de l'OSCE, alerte l'opinion mondiale dans une spectaculaire conférence de presse sur "l'exécution de quarante civils albanais" perpétrée la veille par des unités armées serbes dans ce village (qui, disons le passant, porte maintenant son nom). Toutes les télévisions montreront ce jour-là les corps de vingt-cinq Albanais alignés dans un fossé. On se souvient aussi que ce "massacre" déterminera la tenue de la conférence de Rambouillet et que celle-ci engendra ensuite l'agression "humanitaire" de l'OTAN contre la Yougoslavie, le 24 mars de la même année.
L'enchaînement de ces trois faits appartient aujourd'hui au domaine des évidences. Mais l'accusation et la défense ont une interprétation différente de chacun d'eux. En ce qui concerne Racak, la première a repris à son compte la version donnée dès le premier jour par William Walker, avant même le début des investigations, en l'appuyant sur un rapport d'experts légistes finlandais ; alors que la seconde soutient qu'il y a eu une mise en scène délibérée pour accréditer la thèse d'une exécution de civils albanais afin de l'exploiter sur le plan politique.
S'il y a eu mise en scène, il a fallu du temps et un grand secret pour l'organiser. Or c'est sur ce point que le témoignage de Danica Marinkovic est intéressant. Le témoin a raconté qu'il avait été nommé le 16 janvier, mais qu'il n'avait pu ni ce jour ni le lendemain se rendre sur les lieux, parce qu'il en avait été empêché, d'abord par des tirs nourris et d'origine inconnue dans les abords de Racak, puis par l'équipe de Walker sous divers prétextes. Lorsqu'il y parvint, le village était vide et les quarante corps se trouvaient à la mosquée. "Aujourd'hui encore, je ne sais pas pourquoi j'ai été tenu à l'écart durant deux jours et je voudrais bien le savoir". Jeffrey Nice, qui mène le contre-interrogatoire pour l'accusation, a une explication et l'exprime en affirmant sèchement : "Vous avez été envoyée par la police pour dissimuler les preuves". Puis, plus souple, il entreprend de démontrer, à l'appui de son affirmation, que le témoin n'a pas rempli pleinement sa tâche dans ses investigations. A quoi ce dernier réplique en détaillant la nature et les limites de son mandat.
Le débat s'éloigne ainsi de la question posée par Danica Marinkovic à propos du comportement de Walker et n'y reviendra plus. Pourtant son absence sur les lieux durant ces quarante-huit heures apparaîtra de nouveau de manière indirecte. A un moment, Jeffrey Nice fait projeter un vidéo-film montrant les images des victimes albanaises alignées dans le fossé. Le témoin les regarde et conclut : "Ce ne sont pas les corps que j'ai examinés à la mosquée, le 18 janvier". Le procureur se met à expliquer où ces corps ont été découverts et dit qu'ils l'ont été dans treize endroits différents. A cette précision, Danica Marinkovic réagit aussitôt : "C'est la première fois que j'entends parler de treize lieux distincts ; en outre, le nombre des corps mentionné ici ne correspond à celui que j'ai constaté à la mosquée".
Au milieu de son contre-interrogatoire, Jeffrey Nice s'en prend soudain personnellement au témoin et l'accuse d'avoir, le 28 février 1998 dans le village de Likosane, ordonné à des policiers serbes d'achever les Albanais blessés dans un affrontement avec eux. Le procureur lit alors un rapport rédigé en 2002 par Natasa Kandic, directrice de la section belgradoise du Fonds pour le droit humanitaire et personnalité très active dans la "décontamination" de la société serbe de ses bacilles nationalistes. Danica Marinkovic répond qu'elle n'a jamais été dans ce village et ignore même où il se trouve. "J'attends, dit-elle, du procureur qu'il me donne les noms des policiers qui ont renseigné Natasa Kandic et qu'il explique pourquoi ils ont livré ce récit quatre ans après les faits". Jeffrey Nice se montre alors fort laconique : "Si j'en ai le temps, j'y reviendrai plus tard". Mais le président et un autre magistrat lui ont fait remarquer qu'il venait de porter une très grave accusation contre le témoin et qu'il était dans l'obligation de fournir des preuves s'il en avait.
Pour l'instant il n'y a pas eu de suite à cet incroyable incident.

Kosta CHRISTITCH
  
TEMOIGNAGES AU TPI DE LA HAYE
2 mars 2005
Le premier témoin de la journée a été Mirko Babic, un Macédonien technicien médical qui a directement traité des réfugiés albanais dans les camps de réfugiés en Macédoine. Il a été tous les jours dans les camps pendant le bombardement de la Yougoslavie par l'OTAN.
Comme témoin de première main, il n'a pas vu un seul Albanais battu ou tué par les forces de sécurité serbes. Selon son témoignage, les affections les plus courantes étaient des atteintes respiratoires, des rhumes, des angines, des bronchites, etc. Aucun Albanais n'a montré des traces de mauvais traitements physiques.
Babic a affirmé que les Albanais disaient au début qu'ils avaient fui le Kosovo pour échapper au bombardement de l'OTAN, mais qu'il ont par la suite changé leurs récits et commencé à dire que les Serbes les avaient expulsés et violemment maltraités. Il a même cité un vieil Albanais qui lui avait dit que c'était l'UCK qui l'avait chassé du Kosovo.
Comme les deux précédents témoins macédoniens, Babic a été témoin du comportement des médias occidentaux à l'égard des réfugiés. Il a vu un groupe de réfugiés voler un brancard dans les équipements médicaux. Il les a vus y étendre un homme en parfaite santé pendant qu'une équipe de journalistes occidentaux filmait la scène. Quand l'équipe a terminé, l'homme a sauté du brancard, et toutes les personnes ayant participé à la mise en scène ont souri et se se sont saluées.
Babic a été le témoin de la mise en scène par une équipe de CNN d'un pseudo-exode de réfugiés par dessus une colline. Un groupe important de réfugiés a été rassemblé, et l'équipe de caméramen les a filmés passant une colline boueuse. L'équipe a recruté des vieux et des petits enfants pour faire partie du groupe. Elle a séparé les enfants de leurs parents et les a appariés avec les vieux qu'ils ne connaissaient pas. Le résultat a été que les enfants se sont mis à pleurer. L'équipe de CNN a été jusqu'à dire aux vieux de sortir leurs mouchoirs et de faire semblant de pleurer eux aussi.
Babic a protesté auprès de la police et celle-ci a arrêté la production. Il a identifié CNN et la BBC comme étant les principaux organisateurs de films "arrangés". Il a corroboré les dépositions de précédents témoins et affirmé que les réfugiés albanais maltraitaient les réfugiés roms. Il a dit qu'on avait été obligé de transférer les Roms dans des camps différents pour les sauver des Albanais.
Dans son contre-interrogatoire, M. Nice (le procureur) a essayé de décrire les Macédoniens comme des racistes haïssant les Albanais et les ayant maltraités. Le témoin a défendu son pays et précisé que la Macédoine avait recueilli tous ces réfugiés albanais bien que n'ayant pas les ressources financières pour le faire.
M. Nice a dit que les Albanais n'avaient pas reçu des soins médicaux appropriés dans les camps macédoniens et, pour le prouver, il a fait projeter une émission de CNN qui affirmait que huit Albanais étaient morts dans les camps en une seule journée par manque de soins.
Contre-interrogé par Milosevic, Babic a déclaré qu'un seul Albanais était mort dans les camps pendant toute cette période, et pas par manque de soins. CNN a menti en racontant que huit Albanais étaient morts le même jour.

Le témoin suivant a été Dietmar Hartwig, qui a été le chef de la Mission de contrôle de l'Union européenne (EUMM) au Kosovo de novembre 1998 au 19 mars 1999, quand la mission a été évacuée en raison du bombardement imminent de l'OTAN. M. Hartwig est un officier de l'armée allemande et est récemment rentré d'une mission à Kaboul.
M. Hartwig était le contrôleur en chef au Kosovo. Tous les contrôleurs de l'Union européenne au Kosovo relevaient de son autorité. Il était en contact régulier avec Ibrahim Rugova et d'autres leaders albano-kosovars, y compris le commandement et le personnel de l'UCK. Il était aussi en contact avec les autorités serbes et yougoslaves, les journalistes internationaux et locaux, et les différentes organisations non-gouvernementales (ONG).
Dans sa fonction de direction, son travail consistait a rédiger des rapports quotidiens, hendomadaires et mensuels sur la véritable situation sur le terrain, à l'intention de l'Union européenne. Pour exécuter ce travail, il disposait des rapports faits par les contrôleurs de l'UE sur le terrain, ainsi que de ses propres contacts et expériences.
Quand l'EUMM a été évacuée avant l'agression de l'OTAN, M. Hartwig est retourné en Allemagne. Il a été choqué par la couverture médiatique de ce qui se passait au Kosovo. Il a dit au tribunal qu'il y avait une massive contradiction entre la réalité sur le terrain et ce que rapportaient les médias.
Pendant son séjour au Kosovo, il a eu l'occasion de constater comment les médias et certaines ONG occidentales faisaient des récits inexacts. Il est allé personnellement au stade de Pristina quand il a été informé de reportages affirmant que les Serbes y avaient installé un camp de concentration pour des prisonniers albanais. Il a témoigné qu'il n'y avait trouvé aucune trace de camp.
Une autre fois, les Serbes ont été accusés d'avoir massacré des Albanais à Srbica et d'avoir enterré les cadavres dans un charnier. M. Hartwig s'est rendu sur place et a constaté que 40 Albanais avaient en effet été tués, mais pas par les Serbes. Un témoin oculaire lui a confirmé que les Albanais s'étaient entretués dans un règlement de comptes.
M. Hartwig a affirmé que l'UCK provoquait des affrontements et que l'armée yougoslave et la police serbe ne faisait que répondre aux provocations. Selon son avis, la riposte serbe toujours été menée de façon disciplinée.
Le témoin a expliqué combien l'avait préoccupé le fait que ses rapports sur la situation au Kosovo envoyés aux différentes capitales européennes ne se reflétaient pas dans les publications des gouvernements concernés. Il a déclaré que quand il avait pris ses fonctions de chef de la mission, ses collègues lui avaient dit qu'il y avait une contradiction permanente entre ce qui était rapporté aux gouvernements européens et ce que ces gouvernements disaient à leurs peuples.
Selon les informations qu'il avait reçues en tant que chef de l'UEMM au Kosovo, M. Hartwig a dit qu'il y avait eu plus d'Albanais tués par d'autres Albanais que par les forces serbes. Il a déclaré au tribunal qu'il n'y avait absolument aucune raison pour l'OTAN d'intervenir contre les Serbes en 1999.
M. Hartwig a dit que les histoires d'atrocités serbes perpétrées sur les Albanais avaient été inventées pour fournir à l'OTAN un motif d'attaquer la Yougoslavie. Il a dit que les médias avaient diabolisé les Serbes pour satisfaire les besoins de politiciens qui voulaient attaquer la Yougoslavie.
Le témoin a accusé les médias d'avoir failli à leur mission de rendre les politiciens responsables. Selon lui, les médias se sont conduits comme les valets des politiciens. Il les a accusés de comptes rendus tendancieux et inexacts sur la situation au Kosovo. Ils ont relayé toutes les horreurs racontées par les Albanais sur les Serbes sans les vérifier, parce qu'ils voulaient fournir à l'OTAN le prétexte de l'agression.
Pendant toute la durée de son séjour au Kosovo, jusqu'à son évacuation cinq jours avant l'agression de l'OTAN, M. Hartwig n'a jamais vu ou été informé de cas de forces de sécurité serbes expulsant des Albanais de leurs foyers. Il n'a pas non plus été informé d'autres exactions pratiquées par les militaires ou les policiers serbes à l'encontre des Albanais.
M. Hartwig, en tant que chef de l'UEMM au Kosovo, était en contact régulier avec les leaders à la fois serbes et albanais. Il a témoigné que les Serbes recherchaient une solution pacifique qui fût équitable pour tout le monde, alors que les Albanais voulaient établir un Kosovo mono-ethnique dominé par les Albanais qui pourrait se joindre à l'Albanie.
Il a dit que les Albanais parlaient de l'ouest de la Macédoine comme de la "partie macédonienne de l'Albanie" et du sud du Monténegro comme de la "partie monténégrine de l'Albanie". Il a affirmé qu'un leader albanais lui avait dit que les Albanais voulaient un Kosovo "sans les Serbes" et pas "sous les Serbes", en d'autres termes que l'intention des Albanais était de se débarrasser des Serbes et de faire sécession de la Serbie.
M. Hartwig a décrit l'UCK comme une armée clandestine dont les activités étaient dirigées contre la paix, et contre les négociations de paix. C'est elle qui provoquait toujours les affrontements. Il a affirmé sans équivoque que l'armée yougoslave et la police serbe n'avaient jamais provoqué des combats. Il a ajouté que l'armée et la police se restreignaient dans leurs ripostes aux attaques de l'UCK. Il a dit que le général Lukic prenait grand soin de se conformer à l'accord Holbrooke-Milosevic pour que les Serbes ne puissent pas être accusés de négocier de mauvaise foi.
M. Hartwig a déclaré que la police serbe faisait de son mieux pour protéger les vies de civils. Il a témoigné qu'il n'avait jamais reçu de rapports faisant état d'agressions serbes contre des civils. Il y avait des cas où des civils avaient été pris dans des échanges de tirs entre la police et l'UCK, mais c'était toujours l'UCK qui initiait les combats en prenant la police en embuscade.
Selon le témoin, le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (UNHCR) exagérait le nombre de réfugiés au Kosovo. A une occasion, il a fait état d'un groupe de 3.000 réfugiés près de la frontière macédonienne. Quand les contrôleurs de l'EUMM sont arrivés pour vérifier, ils n'en ont trouvé que 400.
A d'autres moments, le UNHCR affirmait qu'un certain nombre de réfugiés avait fui d'un village donné, et le chiffre avancé était deux ou trois fois supérieur au nombre d'habitants du village.
M. Hartwig doit poursuivre son témoignage la semaine prochaine.


Compte rendu rédigé par Andy Wilcoxson.

#13 ferma

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Posté 28 août 2005 à 18:22

Le TPY et ces étranges innovations
http://www.b-i-infos.....20La Haye.pdf

#14 ferma

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Posté 01 septembre 2005 à 19:35

Milosevic à La Haye : plus c'est intéressant, moins on en parle
Diana Johnstone   Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer  
107764.116@compuserve.com
  
L'accusation, selon laquelle Milosevic serait coupable de tous les
crimes commis au cours des guerres de désintégration de la Yougoslavie en
tant que meneur d'une prétendue "entreprise criminelle collective" pour
créer "la Grande Serbie", est en train de fondre encore plus rapidement que
la glacière arctique. Le 25 août, le procureur adjoint Geoffrey Nice a dû
admettre une évidence: que le Président Milosevic n'avait pas cherché à
créer une "Grande Serbie".  
  
Le procès de Slobodan Milosevic à La Haye devant le "Tribunal Pénal
International pour l'ancienne Yougoslavie (TPI)" fut annoncé comme un grand
moment de la justice internationale. Trois ans plus tard, il a réussi à
mériter sa place dans l'histoire judiciaire. Il devra sans aucun doute
figurer parmi les procès restés célèbres, tels que celui de Socrate, de
Jeanne d'Arc, du capitaine Dreyfus, de Boukharine, qui doivent leur
notoriété aux abus flagrants des droits élémentaires de la défense.
Au début, on aurait cru que la télévision et les journaux nous
serviraient régulièrement les épisodes du procès-spectacle de celui qu'ils
avaient nommé "le boucher des Balkans". Mais la pertinence et la solidité
de la défense menée par Milosevic lui-même ont vite fait taire les médias.
Aujourd'hui, il se tient pratiquement à huis clos. Et pour cause.
L'accusation, selon laquelle Milosevic serait coupable de tous les
crimes commis au cours des guerres de désintégration de la Yougoslavie en
tant que meneur d'une prétendue "entreprise criminelle collective" pour
créer "la Grande Serbie", est en train de fondre encore plus rapidement que
la glacière arctique. Le 25 août, le procureur adjoint Geoffrey Nice a dû
admettre une évidence: que le Président Milosevic n'avait pas cherché à
créer une "Grande Serbie". En effet, Vojislav Seselj venait de soutenir
pendant plusieurs jours de témoignage détaillé que son propre Parti Radical
serbe était le seul à prôner la "Grande Serbie" et que Milosevic et son
Parti socialiste y étaient toujours opposés. Cela ne faisait que confirmer
les témoignages qui, depuis plus d'un an, démolissent systématiquement
l'accusation lancée contre Milosevic en mai 1999, en plein bombardement de
son pays par l'Otan.
Les trois juges ne pouvaient cacher leur perpléxité. Ils sont là
pour trouver Milosevic coupable, mais ils commencent à se demander: de
quoi?
Heureusement que les médias sont là pour ne pas rendre compte de
leur embarras. Ils doivent partager leur gêne. On peut croire que pour Le
Monde, en particulier, un jugement de "non coupable" dans le procès
Milosevic serait une catastrophe encore pire que le "non" au référendum du
29 mai. Déjà au début des années 90, Florence Hartmann, en tant que
correspondante du Monde à Belgrade, avait accusé Milosevic de tous les
torts, avant de devenir porte-parole du procureur du TPI, Carla del Ponte.
Ce prétendu "tribunal des Nations-Unies" fut créé sur une
initiative de Washington pour faciliter la restructuration de l'ancienne
Yougoslavie en écartant, grâce aux inculpations, les dirigeants serbes
récalcitrants. Le TPI est financé en premier lieu par le gouvernment des
Etats-Unis et des donateurs privés tel que George Soros, ainsi que des pays
de l'Otan. Le personnel est "prêté" par les ministères des Etats-Unis
(pour les deux tiers) et de leurs alliés. Le ministre des affaires
étrangères de Clinton, Madeleine Albright, qui porte la plus grande
responsabilité dans la guerre contre la Yougoslavie en 1999, a
personnellement choisi, entre autres:
-- Louise Arbour, le procureur qui eut l'obligeance de lancer
l'accusation hâtive contre Milosevic pendant les bombardements, sur la
seule base de renseignements fournis par les services américains et
britannique. Sa récompense: un siège à la Cour suprème du Canada avant
d'être nommée à la tête de la Commission des Droits de l'Homme des
Nations-Unies.
-- Gabrielle Kirk McDonald, juge au Texas, présidente du Tribunal
au moment de l'inculpation de Milosevic, qui appella la Serbie "un état
voyou".
-- Paul Risley, porte-parole de Mme Arbour.
-- Carla del Ponte, procureur en chef actuel.
Les trois juges au procès Milosevic viennent du Royaume-Uni, de la
Jamaïque et de la Corée du Sud. Tous au goût de Washington. Deux des trois
suffiront pour condamner l'accusé; il n'y a pas de juré, et la seule cour
d'appel... c'est le TPI lui-même.
Dans cette situation, à quoi bon fatiguer le public avec les
détails d'un procès jugé d'avance?
Seuls quelques curieux peuvent en savoir quelque chose, en
consultant le procès verbal du TPI sur le site http://www.un.org/icty/
Il y est donc difficile, mais non pas impossible, d'apprendre que:
-- Le "dictateur" Milosevic n'était en réalité qu'un chef d'état
aussi démocratiquement élu que les autres, dans un état à peu près comme
les autres, avec des lois et des hiérarchies et des prises de décisions
parfois malheureuses mais en conformité avec la pratique habituelle des
Etats, telle que celle d'écraser un mouvement armé séparatiste qui
assassinait des policiers et des citoyens (l'UÇK, "l'armée de libération du
Kosovo),.
-- Les officiers et fonctionnaires de cet Etat, documents à
l'appui, ont pu systématiquement démontrer que le Président Milosevic
n'avait ni planifié ni approuvé la "purification éthnique" des Albanais du
Kosovo, encore moins le "génocide" (qui n'eut pas lieu). Il a par contre
insisté sur la nécessité de protéger la population civile, albanaise ou
autre.
-- Le nombre des morts au Kosovo pendant la guerre menée par l'Otan
se situe entre 2 500 et 4 000, toutes ethnies et toutes causes du décès
confondues..
-- Les causes de la fuite massive des Albanais du Kosovo étaient
multiples -- tout comme la fuite des autres ethnies, ignorée des médias --
y compris la peur toute naturelle des bombardements et des combats entre
Serbes et l'UÇK, ainsi que les ordres donnés par l'UÇK de fuire en accusant
les Serbes, pour mieux justifier l'agression de l'Otan.
-- Devant l'absence trop flagrante de "génocide" au Kosovo, le TPI
a élargi l'inculpation originelle pour inclure les évènements de la Bosnie,
dans l'espoir d'établir un lien, aussi tenu soit-il, entre Milosevic et le
massacre de Srebrenica, qualifié par des arguments psycho-sociologiques
d'un rare sophisme, de "génocide" (malgré le fait que femmes, enfants et
vieillards furent épargnés). En effect, le TPI se permet de changer les
règles du jeu comme bon lui semble pour faciliter le travail du procureur.
-- La stratégie de l'UÇK, qui consistait à provoquer les Serbes
pour fournir le prétexte "humanitaire" à l'agression de l'Otan, en
collusion avec les services anglo-américains, a été solidement établie par
des témoins sur place et bien informés, tel l'Allemand Dietmar Hartwig,
chef de la Mission de Contrôle Européen au Kosovo entre novembre 1998 et
mars 1999.
Dans un procès plus ou moins normal, on s'attendrait à
l'acquittement de l'accusé pour absence de preuves. Mais dans un procès
"historique", c'est-à-dire conçu par les grandes puissances pour justifier
leur action, un verdict juste tiendrait du miracle. Le préjugé des juges
est flagrant; ils ne cessent de harceler les témoins de la défense après
avoir traité les accusateurs les moins crédibles avec indulgence. La
condamnation de Milosevic est nécessaire pour justifier à la fois l'Otan et
le détachement de la province de Kosovo de la Serbie. Plus généralement, la
guerre "humanitaire" exige toujours un méchant, un "nouvel Hitler", qu'il
faut condamner pour préserver l'ordre manichéen du monde.
Ce Tribunal n'est pas fait pour rendre la justice. Pourtant, à la
longue, il peut la servir. Le procès verbal de ces étranges procédures
constitue un document qui pourra être étudié à l'avenir par des chercheurs
authentiquement indépendants et qui découvriront un scandale judiciaire
semblable à la condamnation de Dreyfus (mélange de préjugés et de "défense
de l'honneur militaire") mais sur une échelle bien plus grande et avec les
implications graves et multiples.

-- Diana Johnstone

(Article pour "Le Manifeste", Paris.)

#15 ferma

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Posté 04 septembre 2005 à 10:08

Texte de 2003,de  Diana Johnstone mais excellent :bravo:



Guerres sans Fin
par Diana Johnstone
www.globalresearch.ca    1er mars 2003
http://globalresearc...es/JOH303A.html


Droit international contre droit du plus fort
Devant le Conseil de Sécurité le 14 février, le ministre français, Dominique de Villepin, a fait un discours admirable de raison et de clarté qui a été très apprécié -- sauf, vous le savez bien, par les dirigeants et la presse anglophone.

Les Etats-Unis sont dirigés actuellement par un petit groupe de mégalomanes dont les idées et les projets étaient parfaitement inconnus de l'électorat américain qui, selon la Cour Suprème choisi par son père, avait élu George Bush... par une large minorité de votes. Plus fondamentalement, l'électorat américain depuis longtemps n'a pas de vrai choix, car le processus "démocratique" au niveau national a été complètement accaparé par le complex militaro-industriel.

Une poignée d'illuminés a imposé une politique qui n'a jamais été soumis à un débat démocratique aux Etats-Unis, et il ne veulent pas que le débat venu d'ailleurs arrivent aux oreilles des citoyens Américains. C'est pour cela que leurs propagandistes dans les médias ont répondu par un torrent d'invectives imbéciles versé sur la France -- dont la faute originelle n'était que de vouloir habiller la guerre à venir de quelques oripeaux de légalité internationale. Car la position de la France, jusque là, revenait à tenter de rester dans les formes du droit international, rien de plus. Mais l'équipe au pouvoir à Washington n'apprécie guère cet effort. Son but est d'impressionner le monde et de lui dicter sa loi par la force. Le droit international doit céder au droit du plus fort, c'est la base du "nouvel ordre mondial" style Bush et compagnie. Les dirigeants américains ont l'habitude de dire de celui qu'ils veulent attaquer, qu'il "ne peut comprendre que la force". Plus exactement, ils voudraient que les autres ne comprennent que la force, car c'est le langage qu'eux, il maîtrisent. Ils veulent que la démonstration soit faite que la force aura le dernier mot.

La crise irakienne fait ressortir une opposition dramatique entre le droit international et le droit du plus fort. Le droit international, dans la mesure où il serait universel, applicable à tous de la même manière, est maintenant un obstacle que Washington préfère écraser par la loi du plus fort -- sa loi à elle.

L'Illusion de la "Communauté internationale"
Pour la vieille Europe, et surtout pour la France, cette crise autour de l'Irak devrait mettre fin à certaines illusions. La grande illusion des années quatre-vingt dix était d'imaginer que l'immense puissance militaire des Etats-Unis pouvait se laisser transformer en instrument charitable pour accomplir les interventions "humanitaires" souhaitées par les champions des droits l'homme devenus la conscience d'une vague "communauté internationale". La référence constante à cette "communauté internationale" avait deux fonctions idéologiques: de masquer la destruction de l'autorité des Nations-Unies, et de donner l'impression d'un certain multilatéralisme. Ce concept vague s'applique surtout aux nations occidentales, supposées représenter la conscience supérieure de l'humanité. En même temps, cette "communauté internationale" correspondait, en réalité, à un "condominium impérial" des puissances occidentales capitalistes qui, unies sur l'hégémonie américaine, pourrait dominer le monde ensemble sans se détruire mutuellement dans les guerres mondiales pour diviser les continents du Sud. Cette "C.I.", communauté internationale ou condominium impérial, imposerait un ordre "moral" au monde, basé sur les "valeurs", notamment les "droits de l'homme".

La Continuité
En comparaison avec l'équipe Bush, ouvertement de plus en plus criminelle, le monde risque d'éprouver une énorme nostalgie pour l'administration Clinton, et de souhaiter le retour des Démocrates comme les chrétiens de l'antiquité souhaitaient le retour du Christ. Le multilatéralisme traditionnel des Démocrates sauvaient au moins les apparences aux yeux des alliés européens, qui pouvaient jouer les seconds rôles et payer la nôte avec un minimum de dignité. Mais attention, s'il est vrai que d'abord l'électorat démocrate, puis à un bien moindre degré les politiciens démocrates, sont comme on dit là-bas plus "libéraux", c'est-à-dire plus sociaux, en ce qui concerne la politique intérieure, il y a deux réserves à signaler: pour la politique intérieure, tout se situe aujourd'hui largement à la droite par rapport à la France... et deuxièmement, en ce qui concerne la politique extérieure, c'est surtout l'emballage qui change. Dans le fond, il y a une grande continuité, due à la logique d'un complexe militaro-industriel surgonflé, et assurée par la petite élite de spécialistes qui créent les projets de politique internationale dans le conforts des fondations privées, abrités des regards de la population en général mais très proches des grands médias.

Je voudrais signaler quelques indices de cette continuité. Vous avez vu le Président Bush exhorter ses troupes en proclamant que "nous avons la plus grande armée de la terre" comme si c'était une qualité morale. Mais l'ambassadrice de Clinton, Madeleine Albright, avait exclamé, "à quoi ça sert d'avoir la plus grande force militaire du monde si l'on ne l'utilise pas!" La personnalité qui, choqué par ces mots belliqueux, les avait racontés dans ses mémoires n'était autre que le Général Colin Powell, qui depuis en a vu d'autres...

Oui, et c'était déjà Madeleine Albright qui voulait à tout pris déclencher la guerre contre la Yougoslavie sans mandat du Conseil de Sécurité. Aujourd'hui, quand le Président Chirac et son ministre des affaires étrangères insistent sur la nécessité de passer par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, on est presque gêné de rappeller que la France n'avait pas le même scrupule il y a quatre ans...Mais il faut le dire.

Le Kosovo
Ici je dois aborder un sujet que beaucoup préfèrent éviter, le Kosovo, car l'illusion n'est pas encore totalement dissipée en ce qui concerne le Kosovo, dont beaucoup gardent encore une impression erronnée des causes comme des effets. Il faut y revenir parce que la "réussite" de la guerre du Kosovo est citée régulièrement aujourd'hui comme précédent heureux, comme argument irréfutable en faveur de la "guerre préventive"contre les "dictateurs" qui ne penseraieent qu'à commettre des "génocides". Si on ne brise pas cette illusion, on continuera à brandir "le Kosovo" comme la carte blanche à la guerre "juste" en permanence

Tout cela était prévisible. Justifier la guerre préventive sans mandat du Conseil de Sécurité devait créer un précédent dangereux, comme Hubert Védrine lui-même a bien reconnu peu après, dans les pages du Monde diplomatique. Je ne peux pas juger à quel point les dirigeants européens disposant de services de renseignement étaient dupes de la rhétorique du moment, mais tous ont répété la même propagande à l'époque: les mensonges les plus énormes venant de l'équipe britannique autour de Blair, qui récidive, et du ministre de la défense allemand Rudolf Scharping, qui a été démissioné depuis au milieu d'une pléthore de scandales.

En France, il existait le "lobby Sarajevo" qui réclamait cette intervention militaire comme le seul moyen de traiter les conflits yougoslaves. Beaucoup d'intellectuels français, surtout qui ont transformé la fonction de la "philosophie" de quête de savoir en étalage d'indignation contre les mécréants lointains, ont stigmatisé tout effort de comprendre et de chercher la conciliation comme une sorte de complicité avec le nouvel "Hitler". En rejettant tout réalisme en politique comme l'oeuvre du diable, ils sont préféré tourner vers les missiles cruises pour régler les affaires complexes. Il fallait une naïveté volontaire pour croire que les Etats-Unis -- vu leur histoire d'ingérences ouvertes ou clandestines (parmi d'autres) au Guatemala, en Iran, au Vietnam, au Chili, en Angola, et de façon presque constante depuis un siècle dans toute l'Amérique centrale -- allaient, une fois libérés de la contrainte représentée par une superpuissance rivale, se transformer en branche armée des soeurs de la charité.

En réalité, les Etats-Unis ne se sont pas laissé entraînés dans la guerre au Kosovo à cause des arguments de BHL ou des larmes de Glucksmann.

Comme pour la guerre en Iraq, ils voulaient y aller et cherchaient des prétextes, quand ils ne les créaient pas. Les vrais causes sont visibles à partir des effets réels. Les résultats éloquents de la guerre du Kosovo sont les suivants: * légitimer la guerre comme moyen privilégié pour résoudre les problèmes politiques, ce qui revient à délégitimer la négociation, la diplomatie, la médiation, tous les moyens pacifiques qui, on voit aujourd'hui, sont rejetés comme des formes de làcheté.

créer un précédent pour faire la guerre sans mandat du Conseil de Sécurité sous prétexte d'un cas d'urgence extrême, urgence évaluée par les Etats-Unis et (peut-être) leurs alliés.
sauver l'Otan en lui dotant d'une nouvelle "mission humanitaire" hors de la zone de défense des pays de l'alliance, et en la transformant en "boite à outils" dans laquelles les Etats-Unis pourront puiser pour leurs opération plus à l'Est et au Sud. Ici se trouve la cause et l'effet les plus importants de cette aventure, ce qui explique la grande hâte avec laquelle il fallait procéder aux bombardements au moment choisi, à la veille du cinquantième anniversaire de l'Otan, ce qui permettait à Washington de présenter la nouvelle stratégie de l'Otan en forme de fait accompli, sans vrai debat.
renforcer de façon décisive l'influence des Etats-Unis sur l'Europe par le biais de l'Otan. Cette opération a été cruciale en offrant aux pays de l'Europe ex-communiste une adhésion occidentale alternative à l'Union Européenne.
faire du Kosovo une base militaire américaine, le "Camp Bondsteel", construit immédiatement après l'occupation du Kosovo sans demander la permission à personne.
Et le Kosovo lui-même? Le problème des "deux peuples pour une terre "durait depuis longtemps, et aurait pu être traité avec patience comme d'autres problèmes du même genre. Ce qui a précipité la crise était d'abord la crise financière en Albanie en 1997, qui d'une part ouvrait une porte à la négociation (en décourageant pour l'instant les séparatistes) et d'autre inondait le Kosovo d'armes volées dans les arsenaux albanais. Un carrefour entre paix et guerre où les Etats-Unis surtout ont choisi le chemin de la guerre, tout en disant le contraire. L'UÇK, soutenu vigoureusement par un lobby à Washington comprenant un ancient candidat républicain à la présidence, Robert Dole, a pu jouer contre Milosevic le rôle des "Contras" lancés par la CIA contre le Nicaragua sandiniste, pour réduire toute la Yougoslavie à un statut comparable à celui des pays de l'Amérique centrale. Le Kosovo occupé et gouverné formellement par les Nations-Unies, en réalité par les pays de l'Otan avec quelques auxiliaires subordonnés, est devenu la plaque tournante de trafics de femmes, de drogue et d'armes. Libérés de la police serbe, les milices albanophones font la guerre les unes aux autres. Je ne dirai pas que c'est cela l'objectif américain, mais c'est le type de situation dont ils s'accommodent fort bien un peu partout là où ils cherchent n'importe quel allié contre un régime récalcitrant.

La volonté d'ingérence militaire
Dès l'ouverture de la crise yougoslave au début des années quatre-vingt-dix, l'ingérence des puissances occidentales -- sans le dire ouvertement, et dans une certaine mesure peut-être sans le penser -- avait tout fait pour entraîner leur propre intervention militaire.

1 - D'abord, il est notoire que le gouvernement allemand a insisté sur la reconnaissance de l'indépendence de la Slovénie et de la Croatie, contre tout usage diplomatique et contre l'avis de leurs propres diplomates sur place. C'est un sujet intéressant, que je traite dans mon livre, mais par déférence envers l'attitude actuelle du gouvernement allemand, je ne veux pas insister trop sur ce sujet ici. Mais il faut noter pourtant que ceux qui prônaient une reconnaissance rapide insistaient qu'elle empêcherait la guerre civile en tranchant la question de la Yougoslavie une fois pour toutes. Mais le véritable résultat de la reconnaissance rapide ne fut pas de mettre fin au conflit, mais plutôt de transformer une guerre civile en conflit international, ouvrant la voie à l'intervention internationale. En prenant parti pour les sécessionnistes, les états européens réduisaient leur possibilités de médiation neutre et contribuaient à la polarisation.

2 - Puis, la désintégration violente de la Yougoslavie fut déterminée aussi par les Etats-Unis qui, tout en se proclamant en faveur de la préservation de la Yougoslavie, par voie diplomatique interdit à l'Armée populaire yougoslave de garder l'unité du pays par la force. Ce geste de "pacifiste bêlant" revenait à donner carte blanche aux forces nationalistes et séparatistes qui s'étaient armées clandestinement et qui se sont mises à réaliser la sécession par fait accompli. Toutes ces sécessions -- celle de la Slovénie, de la Croatie, mais aussi des Serbes de Krajina qui faisaient sécession de la Croatie -- auraient pu être empêchées par l'armée yougoslave, le temps de prendre des mesures pour sauver la Fédération multinationale, ce qui était sans doute ce que souhaitait encore la majorité de la population de la Yougoslavie, qu'on n'a jamais consultée sur dans son ensemble et qui n'imaginait pas les désastres à venir.

L'ironie, c'est qu'à la fin les Etats-Unis, qui avait interdit l'utilisation de la force pour préserver le pays "multi-ethnique" ont fini par utiliser eux-mêmes une force bien plus dévastatrice, soi-disant pour préserver la multi-ethnicité de certains fragments de la fédération éclatée. Ce qu'ils n'ont même pas réussi à faire par leur force militaire, vu l'état des relations inter-ethniques extrêmement tendues dans les protectorats de Bosnie et du Kosovo.

Derrière la façade du multilatéralisme, dans les conflits yougoslaves, les Etats-Unis ont saboté les efforts européens de favoriser une solution négociée.

-- En Bosnie, ils ont encouragé Izetbegovic, dont le parti avait de bonnes relations aux Etats-Unis, surtout par Mohamed Sacirbey et son père.

Il faut surtout lire les mémoires de David Owen pour voir comment Washington a saboté tout accord de paix. En assimilant la guerre à un match sportif, on adoptait l'absurde slogan qu'il fallait doter la Bosnie d'un "terrain de jeu équitable" en armant la partie la plus faible... une logique déjà appliquée en fait dans la guerre Iran-Iraq, que l'Occident avait attisée pendant huit ans... mais qu'on n'applique évidemment pas à Israël et Palestine. En réalité, avec l'Iran et d'autres pays musulmans, les Etats-Unis ont renforcé le parti d'Izetbegovic, avec pour résultat, une guerre prolongée, plus de souffrances et de morts, des intégristes islamistes venus d'ailleurs installés autour de Zenica et en fin de compte une Bosnie encore plus divisée qu'aurait été la Bosnie décidée à Lisbonne.

Loin d'être exceptionnelle, cette alliance avec le parti islamiste était en parfaite continuité avec la politique américaine au Moyen Orient, qui a constamment favorisé les Islamistes contre les régimes laïcs dans les pays musulmans. C'est ainsi que les réseaux d'anciens combattants d'Afghanistan, parfois liés à bin Laden, étaient les bien-venus. Et il est très significatif que la délégation d'Izetbegovic à Dayton fut conseillé par Richard Perle, le sinistre conseiller au Pentagone de l'administration Bush, champion de l'extrême droite en Israel, Netanyahou....

-- Au Kosovo, au lieu de rechercher la conciliation, Washington l'a rendu impossible en encourageant l'intransigence des Albanais.

A travers la National Endowment for Democracy {"la fondation nationale pour la démocratie"), établie sous l'administration Reagan pour financer l'ingérence dans la vie politique d'autres pays, les Etats-Unis ont pu influencer la façon dont le problème du Kosovo était vu par le monde extérieur, et même par les Albanais du Kosovo eux-mêmes. Cette fondation est un exemple important du phénomène de "l'organisation non-gouvernementale" ...gouvernementale, phénomène qui joue un rôle capital dans la formation de la "politique des droits de l'homme" qui sert à justifier les interventions dites "humanitaires". Cette aide américaine était particulièrement importante dans le domaine décisif de l'information sur les droits de l'homme.

La source principale de tous les rapports diffusés dans le monde entier sur la question du traitement de la population albanaise au Kosovo était le "Conseil pour la Défense des Droits de l'Homme et des Libertés", fondé en 1989 par des militants séparatistes albanais. Cet organisme ne s'intéressait pas aux droits de tous les habitants du Kosovo, mais uniquement des Kosovars albanais, car le Conseil était l'instrument de propagande clé pour la cause, et l'exagération des faits devenait une habitude. Un don de la fondation a permis au Conseil d'embaucher un directeur à plein temps et d'établir un réseau de 27 sous-conseils, présent dans tous les villes de la province. En 1998, une publication de cette "fondation nationale pour la démocratie" se vantait de cette aide, qui a fourni aux quelques 2,000 volontaires des machines de fax et des ordinateurs. Le Conseil, selon son bienfaiteur, était "la source d'information la plus importante sur les droits de l'homme au Kosovo. Une large gamme d'organisation internationales de droits de l'homme et des agences de presse utilisent ses informations, telles que la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, la Commission des Nations-Unies pour les Droits de l'Homme, et l'agence Associated Press."

Ainsi, une petite province censée crouler sous une oppression digne des Nazis était couverte d'un réseau de bureaux payés par l'étranger où les opposants de l'état travaillaient sans cesse pour discréditer cet état auprès des organisations et des publics du monde entier. Etant donné la difficulté de pénétrer la société albanaise traditionnelle, et la rareté de personnes maîtrisant la langue albanaise, il n'était pas facile pour les ONG ou les agences de presse étranger de vérifier ces informations.

Pourtant, en général elles les acceptaient et les diffusaient sans poser trop de questions. C'était "les victimes" a priori... Cette crédulité foncionnait comme une invitation aux deux mille Albanais du réseau à rapporter tout ce qu'ils pensaient susceptibles de servir leur cause, sans trop se soucier de ce concept abstrait "la vérité", un idéal pas nécessairement considéré comme plus honorable que la fidélité aux siens, au clan, au sang. Pendant les bombardements de l'Otan, ce même Conseil continuait à fournir à l'Occident les histoires d'atrocités dont il était plus avide que jamais... pour justifier ses bombardements. Après, quand beaucoup de ses histoires se sont révélées fictives, on pensait déjà à autre chose.

-- En liaison étroite avec l'UCK, les Etats-Unis ont saboté la mission de l'OSCE (ainsi qu'en témoigne l'ambassadeur français Gabriel Keller). Ils ont transformé l'incident de l'attaque de la police serbe contre la base d'UCK à Racak en "massacre" génocidaire et en casus belli.

Ici il faut noter un autre élément de continuité dans le personnel: l'ambassadeur envoyé par l'administration Clinton pour diriger la mission de l'OSCE au Kosovo, William Walker, était un ancien de l'ingérence la plus sanglante en Amérique centrale. Ses activités liées aux "Contras" l'ont bien préparés... et sous la présidence de Reagan, Walker était un proche collaborateur d'Elliott Abrams, dont les activités criminelles liées aux ventes illégales d'armes à l'Iran pour financer les terroristes "Contra" ont été établies... et pardonnées par le premier président Bush.

Aujourd'hui ce même Elliott Abrams -- très lié à l'extrême droite sioniste -- après avoir été chargé des "droits de l'homme", est chargé des affaires du Moyen Orient par le Conseil National de Sécurité de Bush.

-- Pour revenir à l'administration Clinton, les Américains ont bloqué au lieu d'encourager les négociations entre Albanais du Kosovo et Belgrade. Enfin, ils ont empêché que les "négociations" de Rambouillet trouvent une solution pacifique. Non seulement par leur "annexe B", qui aurait transformé toute la Yougoslavie en pays d'occupation militaire, -- mais en ignorant complètement les propositions serbes et en insistant avant tout sur la présence au Kosovo, non pas d'une force de paix internationale, disons des Nations Unies, qui aurait pu être acceptable par Belgrade, mais de l'Otan. L'essentiel pour Washington c'était l'occupation par l'Otan. Et une fois sur place, ils ont construit (sans demander la permission à personne) la base de Bondsteel, d'où ils encouragent l'UCK à poursuivre son projet en Macédoine...

Le mythe manichéen de la Deuxième Guerre Mondiale
L'acceptation de la guerre comme seul moyen de traiter le problème du Kosovo revenait à confirmer et à renforcer le mythe manichéen de la Deuxième Guerre Mondiale comme grille de perception du monde. Ce mythe est un élément essentiel de la propagande des Etats-Unis dans sa phase actuelle de justicier universel. C'est l'antidote au supposé "syndrome du Viet-Nam", leçon d'échec. Ce mythe est un conte de fée basé sur une version simpliste des années 1933-45 transformées en unique modèle pour saisir l'identité profonde des nations et de leur relations. Ainsi, tout est réduit à quelques personnages: d'abord, Hitler, le monstre, ses victimes passives, et l'Oncle Sam qui sauve ceux-ci de celui-là. Les motivations politiques sont également réduites à quelques unes: du côté du monstre, une volonté diabolique de commettre un génocide. Du côté de l'Oncle Sam, la générosité et le courage. Le rôle de l'Armée Rouge dans la défaite de la Wehrmacht? A la trappe! Demandez aux Américains qui a libéré Auschwitz ils diront les GIs, ils ont vu le film. Mais il y a quelques figurants, dont les Français, qui viennent de découvrir leur propre place dans cette distribution: les lâches... j'arrête là, on n'a que consulter la presse dite de caniveau britannique. Mais cette vision simpliste trouve ses adeptes en Europe, et même en France, où l'on ajoute un raffinement: le populisme nationaliste de la populace qui risque toujours d'être exploité par le Hitler du jour ...

Ce mythe a ses utilisations. La plus évidente est de justifier, dans les cas bien choisis, l'utilisation de la force américaine contre toute négociation, la "capitulation inconditionnelle" de l'adversaire restant la seule issue de toute guerre entamée par les Etats-Unis. Contre l'ancienne sagesse qui cherche à laisser une porte de sortie à l'autre, le Yankee n'accepte que l'humiliation totale de l'autre. Dès que les Etats-Unis veulent s'y ingérer, tout dirigeant mal-aimé devient "Hitler" et chaque répression d'une rébellion locale devient "génocide". Si ce sont nos amis, ils s'agit plutôt de lutte légitime contre le terrorisme.

Mais il y a une autre utilisation de ce mythe, plus subtile: il sert d'instrument d'intimidation morale envers l'Europe, surtout l'Allemagne et -- plus encore -- la France. Car par une étrange déformation, qui n'est pas le sujet de cette conférence, la France est la cible privilégiée de l'accusation d' "anti-sémitisme"... vaste sujet que je laisse de côté.

Affronter la réalité du vingt-et-unième siècle
Le Pentagone a trouvé que le "multilatéralisme" était une gêne dans la guerre du Kosovo. Les Européens ont pu apprendre qu'ils étaient là pour partager les frais et faire le ménage après... cette leçon s'est répétée en Afghanistan. La leçon n'a pas encore été totalement assimilée, mais l'élève fait des progrès sous la férule du maître Rumsfeld. L'illusion de l'unité européenne et atlantique a été brisée par le mépris manifeste des dirigeants anglo-américains et de leurs médias envers leurs chers alliés une fois que ceux-ci osent prendre une position indépendante.

Il faut démystifier les fameuses "valeurs communes". On peut penser que les Américains dans leur grande majorité chérissent toujours la liberté et la démocratie. Tout comme les Européens, et tout comme, peut-être, la plupart des gens de par le monde d'une manière ou d'une autre. Pourtant, le capitalisme néo-libéral déchainé, un complexe militaro-industriel dominant, un lavage de cerveau quotidien de la part des médias possédés par ces puissances-là, un système électoral soumis à l'argent, ont fini par éliminer la démocratie des sphères dominantes de la société américaine.

Il serait sans doute souhaitable d'apporter la démocratie en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo, en Iraq ou au Tibet. Il est beaucoup plus essentiel pour l'avenir du monde de la restaurer aux Etats-Unis. Vous ne serez peut-être pas d'accord, mais ces puissances néfastes qui dominent la vie politique américaine n'ont pas encore étouffé la démocratie de la "vieille Europe". On essaie: la "nouvelle Europe" proclamée par le Secrétaire à la défense Donald Rumsfield est celle où les chefs de gouvernements suivent les ordres de Washington sans respecter ni le droit, ni la morale, ni leur opinion publique. C'est un échantillon significatif de la "démocratie" que Washington veut imposer en guise de "nouvel ordre mondial".

La France a sombré, comme le reste de l'Occident, dans la dépolitisation du néo-libéralisme, mais il y reste des "valeurs" qui ne sont pas celles de l'Amérique de Bush. La liberté, pour les Bushites, c'est le "marché libre", qui n'est même pas libre, mais ordonné selon les intérêts des plus forts, qui interdisent aux faibles de protéger leurs propres productions, populations et environnement... L'égalité est totalement balayée... Je suis d'accord avec Emmanuel Todd que les Etats-Unis impériaux ne peuvent plus prétendre à l'universalisme, tant leur système aggrave de façon dramatique toutes les inégalités.

Quant à la fraternité, une société dans laquelle les hommes se sentent obligés de s'armer jusqu'aux dents pour se protéger de leur voisin, elle bat de l'aile...

Donc parler d'une "communauté de valeurs" entre la France et les Etats-Unis de Bush n'a plus -- je l'espère -- aucun sens. Les "valeurs" que Washington veut imposer par la force sonneraient le glas des valeurs de gauche issues de la révolution française.

Certains en France rêvent d'une "Europe" superpuissance pour contrer la superpuissance américaine. Mais la crise actuelle a déjà montré qu'il est trop tard pour cela ... Dans le domaine de la technologie militaire, les choses sont tellement imbriquées que "l'Europe" comme entité politique indépendante ne peut pas rattraper les Etats-Unis, par ailleurs cette puissance militaire n'est conçue que pour les "guerres" unilatérales contre les adversaires faibles. Si l'Europe abandonnait, comme les Etats-Unis, ses avancées sociales pour financer une gigantesque machine militaire, elle finirait par faire une politique semblable ou identique.

L'alternative n'est pas de retourner aux rivalités entre grandes puissances impérialistes occidentales qui ont produit les deux grandes guerres du vingtième siècle.

Il est vain de riposter à l'arrogance américaine par l'imitation. Il faut une voie opposée, dont on a vu un premier espoir avec le discours de Dominique de Villepin devant le Conseil de Sécurité. Ce discours a reçu une ovation qui montre la voie. Evidemment M. de Villepin n'apporte pas la révolution, ni l'altermondialisation qu'on peut estimer nécessaire pour sauver la planète. Mais au point où nous sommes, la première nécessité est de résister à la guerre de conquête, de faire respecter un minimum de droit international, et enfin de désarmer la seule grande puissance prête à lâcher ses armes de destruction massive sur les terres et les peuples du monde entier.

En l'absence d'une politique possible d'égalité économique, les peuples tournent vers l'affirmation des identités, car la politique identitaire -- nationale ou religieuse -- promets au moins certains avantages dans une communauté qui exclut les autres. C'est une tendance très répandue, tout à fait compréhensible, mais qu'il ne faut pas encourager. C'est un pas vers la guerre de tous contre tous, qui sera maitrisée par le plus fort.

L'auto-détermination digne de soutien n'est pas l'affirmation d'une identité, mais la volonté de développement visant l'égalité de droits politiques dans un ordre économique qui conserve l'environnement naturel et social: l'école, la santé, et d'autres services publics.

La France et la "vieille Europe" doivent chercher une nouvelle solidarité avec le monde entier, et surtout avec les peuples du Sud... non pas en tant que "victimes" à sauver mais en tant qu'acteurs capables de régler leurs propres affaires... mal, peut-être, mais mieux que si on le fait à leur place. C'est cela les "valeurs communes" de liberté, d'égalité et de fraternité.

La crise actuelle a révélé la seule voie pour l'Europe, indiquée presque par hasard (élections allemandes, jeu français à l'Onu): de se joindre au reste du monde -- y compris la Chine et la Russie -- en exigeant un vrai multilatéralisme mondial, qui oblige les Etats-Unis de devenir un grand pays comme un autre, et non pas le centre d'un Empire féroce. -----


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D. Johnstone auteure de "Fools' Crusade: Yugoslavia, Nato and Western Delusions" Pluto Press 2002.  Copyright  D. Johnstone 2003.  For fair use only/ pour usage équitable seulement .

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Posté 14 septembre 2005 à 09:53

Chronique du TPI. : Le procès de Slobodan Milosevic
Un témoignage accablant pour l'accusation

Les dernières sessions avant l'interruption de l'été ont été consacrées à la fin du témoignage du général Bozidar Delic, ex-commandant de la 549e brigade motorisée de l'armée yougoslave basée à Prizren, responsable de la partie sud du Kosovo, le long de la frontière entre la Macédoine et l'Albanie.

Lundi 5 juillet. Le général Delic parle de ce qu'il a vu lui-même au Kosovo. Son témoignage est corroboré par plus de 600 documents et vidéos qu'il a fournis au tribunal.

Le réquisitoire évoque le village de Jeskovo où, selon deux témoins secrets - K32 et K41 - les troupes de Delic auraient massacré des civils en l'absence de tout soldat de l'UCK. Delic connaît les deux témoins. Le premier est un criminel qui se cachait dans la maison de K41, et qui a accepté de témoigner en échange d'une nouvelle identité lui permettant d'échapper à la justice. Quant au second, il n'était pas dans le village et n'a donc rien pu voir. Delic cite ensuite un rapport de l'OSCE qui mentionne la découverte de corps de soldats de l'UCK en uniforme dans le village, et un document de l'UCK qui rend nommément hommage aux "héros" de la 125e brigade de l'UCK tombés à Jeskovo;

A Suva Reka, selon l'accusation, l'armée aurait entouré la ville, expulsé 80.000 habitants en direction de Bellanice, et bombardé les réfugiés en cours de route. Delic fait remarquer que bombarder 80.000 réfugiés aurait fait des centaines, peut-être des milliers de morts qui n'ont jamais été retrouvés. Il révèle que l'accusation repose sur un témoignage de seconde main de Shefqet Zogaj, un habitant de Bellanice, qui a seulement "entendu dire" que l'attaque avait fait 150 victimes.

A Nagafc, le réquisitoire affirme que l'armée, après avoir bombardé le village, a malmené un groupe de 8.000 réfugiés albanais cherchant un abri "sur une montagne à proximité". Delic montre, cartes géographiques à l'appui, qu'il n'y a aucune montagne près de Nagafc. Il cite un rapport militaire qui fait état d'environ 200 réfugiés dans le secteur. Mais surtout il fournit une vidéo qui a filmé le bombardement du village par l'OTAN, et qui montre distinctement des fragments de bombes utilisées par l'OTAN avec des inscriptions anglaises.

Jeudi 7 juillet. Delic montre de nombreux documents juridiques prouvant que l'armée yougoslave punissait sévèrement les soldats coupables de crimes envers la population civile. Il fournit également un grand nombre d'interceptions radio établissant la collaboration étroite entre l'OTAN et l'UCK, cette dernière indiquant les endroits à bombarder et ayant la capacité de décommander l'opération si elle se trouvait dans le secteur. Il explique qu'une grande partie de la population a fui le Kosovo par peur des bombes à fragmentation et des munitions à l'uranium appauvri utilisées par l'OTAN, et détaille, cartes en main, les régions polluées par les 30 tonnes d'UA qui y ont été déversées. Il consolide son exposé par les statistiques d'augmentation des maladies chez les soldats de l'armée yougoslave. A propos d'un témoignage à charge de Lord Paddy Ashdown, enregistré par le TPI le 14 mars 2002, Delic démontre que l'actuel proconsul de Bosnie est un parjure. Ashdown a affirmé se trouver à l'époque sur la frontière albano-kosovare près de Junik. De son poste d'observation, il a déclaré avoir vu à la jumelle les forces serbes incendier, piller et bombarder plusieurs villages. Il a tout simplement menti. A l'aide de cartes topographiques de la région, Delic détaille exactement ce qu'Ashdown pouvait apercevoir de son perchoir, et prouve qu'il ne pouvait avoir été le témoin de la destruction des villages cités, dont certains se trouvaient à 15 km et les autres de l'autre côté de collines ou de montagnes.

Lundi 11 juillet. En ce qui concerne le sort de la vieille ville de Dubrovnik, que l'accusation prétend avoir été détruite par l'armée yougoslave, une vidéo filmée par le professeur John Peter Maher, de

l'université de l'Illinois nord-est, montre que la vieille ville était totalement intacte quelques semaines après sa prétendue destruction. Le seul immeuble détruit était l'église orthodoxe serbe et sa librairie théologique, que les Croates avaient incendiées.

Jeudi 14 juillet. Selon l'accusation, un organisme spécial intitulé "commandement conjoint" (Joint Command) a été créé pour que Milosevic puisse directement et illégalement contrôler l'armée et la police yougoslaves, et contourner la chaîne légale de commandement pour ordonner le nettoyage ethnique. Delic explique, documents à l'appui, que le "commandement conjoint" n'était qu'un organisme de coordination, sans pouvoir de donner des ordres, destiné à faciliter la coopération entre les différents services.

Le procureur Nice affirme que 200.000 Albanais ont été déplacés avant le bombardement de l'OTAN et base son affirmation sur le témoignage de l'ex-Premier ministre russe Yevgeny Primakov, témoin de la défense de Milosevic. En examinant point par point le témoignage de Primakov, Milosevic démontre que Primakov a au contraire déclaré qu'il ne savait pas combien de personnes avaient été déplacées au Kosovo, et que par conséquent le procureur Nice et le juge Bonamy mentent.dans l'intention de déstabiliser le témoin. Le procureur Nice accuse Delic à plusieurs reprises de mensonge, mais il apparaît qu'avant de témoigner pour Milosevic, Délic a été approché par l'accusation pour qu'il témoigne contre Ramush Haradinaj. Ainsi l'accusation considère qu'un témoin peut dire la vérité quand il se conforme à ce qu'elle veut, mais soudain se met à mentir quand il ne le fait plus.

S'efforçant de saboter la défense de Milosevic, l'accusation émet un ordre de consultation du cardiologue du tribunal, Dr van Dijkman, pour savoir si on peut augmenter le rythme des sessions, actuellement de quatre heures par jour trois jours par semaine. L'idée est de rendre la défense plus difficile, compte tenu du temps nécessaire à la traduction des documents de serbe en anglais ou d'une autre langue en serbe, en diminuant les intervalles alloués à Milosevic pour les préparer.

Mardi 26 juillet. En réponse à l'accusation que plusieurs Albanais du Kosovo ont été exécutés d'une balle dans le dos par la police serbe à Bela Crkva, Milosevic produit un rapport de l'équipe scientifique britannique qui a autopsié les soi-disant "civils" morts à Bela Crkva. Le rapport confirme que la plupart sont morts de blessures par balles, mais que les impacts sont généralement sur le devant du corps, ce qui dément la fable de leur exécution. Delic ayant montré des vidéos d'Albanais du Kosovo expliquant aux équipes de la télévision serbe comment ils étaient maltraités par l'UCK et ce qu'ils pensaient du bombardement de l'OTAN, le procureur Nice révèle qu'il a retrouvé quelques-uns de ces interviewés et qu'ils lui ont déclaré que l'UCK était merveilleux et que le bombardement de l'OTAN était le plus beau jour de leur vie. Il en conclut que la répression albanaise au Kosovo est une invention et que Delic est un raciste parce qu'il dit que les Albanais sont incapables de dire la vérité.

Milosevic le prend alors de court en sortant un rapport confidentiel du bureau du procureur au tribunal, dans le cas de Ramush Haradinaj, qui fait état de l'immense difficulté à trouver des témoins à charge contre l'ex-Premier ministre albanais du Kosovo, en raison du climat de répression et de la massive intimidation des témoins. Furieux de voir son propre argument lui être renvoyé à la figure, Nice objecte que le document est confidentiel et ne doit pas être considéré par le tribunal parce qu'il prouve que les Albanais sont incapables de dire la vérité. En fait, trouver un Albanais du Kosovo acceptant de témoigner contre l'UCK équivaut à trouver un Coréen du nord acceptant de condamner publiquement Kim Jong II au milieu de Pyongyang. Sur ce, le procès est ajourné jusqu'au 17 août.

D'après les comptes rendus de Andy WILCOXSON.
B. I. n° 102, septembre 2005

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Posté 14 septembre 2005 à 21:48

Osservatorio sui Balcani
Le radicalisme islamique, une menace pour la Bosnie-Herzégovine
Traduit par Ivana Telebak et Jean-Arnault Dérens

Mise en ligne : vendredi 12 août 2005

Sur la Toile



Les attentats de juillet ont rappelé l’importance des « filières bosniaques » du terrorisme. La citoyenneté bosniaque a été largement accordée à des personnages impliqués dans les réseaux islamistes mondiaux. Il est temps de dire la vérité sur ces dossiers et de prendre la mesure du danger qui menace la Bosnie et l’identité même des Bosniaques, peuple européen musulman.


Par Esad Hecimovic

La série d’attaques terroristes de juillet, à Londres et à Charm-El Sheikh, ainsi que les accusations de l’Arabie saoudite et du Maroc, qui prétendent que les chefs terroristes de ces pays possèdent la nationalité bosniaque ou ont séjourné en Bosnie-Herzégovine, ont obligé le gouvernement à contrôler de nouveau les listes de tous ceux qui ont reçu la citoyenneté bosniaque depuis 1992. De nouveau, sont apparus les noms de personnes que d’autres pays accusent d’être des terroristes ou qui figurent sur les listes de fugitifs les plus recherchés. Ces faits ne sont pas nouveaux mais continuent à poser problème.

Sur les listes des personnes ayant reçu la citoyenneté bosniaque, figurent de nombreux individus qui ont été au centre des enquêtes des pays occidentaux et islamiques ces dernières années. Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, des enquêtes ont également été menées en Bosnie-Herzégovine : les enquêteurs locaux et étrangers ont concentré leur attention sur des personnes qui auraient pu être liées à Al Qaida et d’autres groupes terroristes, mais aussi sur des organisations humanitaires susceptibles de détourner des fonds pour alimenter le terrorisme.

Les enquêteurs ont très vite relevé de nombreuses irrégularités dans la manière dont les personnes originaires d’Afrique ou d’Asie obtenaient la citoyenneté bosniaque : noms inventés, adresses fictives, documentation incomplète ou fausse, modification de données d’identité, émission de passeports sans les documents adéquats et d’autres exemples révèlent une attitude « excessivement compréhensive », que le gouvernement n’a même pas pour ses « propres » citoyens. En outre, on ne sait pas pourquoi ni comment ces personnes ont obtenu la citoyenneté bosniaque.

Presque les deux tiers des citoyens de Bosnie-Herzégovine originaires d’Afrique ou d’Asie sont inscrits dans les registres d’état-civil du canton de Sarajevo. Sur 740 personnes dont la citoyenneté a été contrôlée, plus de 500 l’avaient obtenue à Sarajevo, sur la base de faux titres de séjour dans cette ville et ce canton.

La première question sans réponse qui se pose est de savoir s’il s’est agi d’initiatives personnelles ou d’un projet de l’État. Autrement dit, de savoir si ces personnes d’origine africaine ou asiatique ont décidé elles-mêmes de rester en Bosnie, par exemple à la suite d’un mariage ou pour d’autres raisons, ou bien si quelqu’un avait décidé d’offrir la citoyenneté à des personnes « méritantes », sans aucune procédure de contrôle de l’exactitude des données fournies par ces personnes dans leurs formulaires de demande de résidence.

Naturellement, ces faits ne se sont pas produits qu’à Sarajevo. De manière semblable, des « erreurs » ont été commises dans la délivrance de la citoyenneté à Zenica, Tuzla, Doboj, Tesanj et Travnik. L’enquête a montré qu’il s’agit de personnes venant d’une trentaine de pays différents. Pourquoi donc la Bosnie, pays détruit par la guerre, ethniquement divisé et pauvre, attire-t-elle ainsi des centaines de personnes désireuses d’obtenir un passeport ?

Nous recevons toujours des réponses simplistes qui cachent à l’opinion publique la pleine vérité. Il ne s’agit pas seulement de « mérites de guerre ». Une enquête de la police a révélé que, parmi les centaines de personnes qui ont officiellement reçu la citoyenneté bosniaque pour avoir participé à la guerre, 90 avaient en réalité déjà obtenu leur passeport en 1992, soit avant le début de la guerre. Bien que les passeports aient été délivrés sur la base de fausses informations, personne n’a jamais dû répondre de cette situation. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement de problèmes formels : il s’agissait d’un système organisé visant à cacher des personnes qui étaient déjà sous le coup d’enquêtes dans les pays occidentaux ou dans leurs pays d’origine.

Le Journal du cheikh Enver Saban

L’exemple de l’Égypte est certainement l’un des plus important, puisque au moins une centaine de citoyens de ce pays ont reçu la nationalité bosniaque. Certains sont arrivés en Bosnie en venant d’Europe occidentale ou de pays islamiques. Les enquêtes ont déjà révélé que, par exemple, deux chefs religieux de l’unité El-Mudzahid étaient d’origine égyptienne, et faisaient l’objet d’enquêtes dans leur propre pays ainsi que dans d’autres pays. Ils sont publiquement connus sous les noms de cheikh Enver Saban et cheikh Imad Al-Misri. Le cheikh Enver Saban était le chef du Centre culturel islamique de Milan. Il s’est ensuite rendu en Bosnie. Le cheikh Enver Saban a été tué près de Zepce par des membres de la police spéciale du Conseil croate de défense (HVO), le 14 décembre 1995, le jour même de la signature finale des accords de paix de Dayton à Paris.

Une enquête sur ce meurtre est en cours auprès du tribunal cantonal de Zenica. Il semble que le journal de Saban ait disparu après sa mort. Il décrivait les rencontres des chefs des mujahidin, et sur une autre page une rencontre avec Alija Izetbegovic et d’autres chefs bosniaques. Le journal a fait sa réapparition à Zagreb, et le gouvernement bosniaque a essayé, mais sans succès, d’obtenir sa restitution. S’il y a eu un accord entre Izetbegovic et Enver Saban sur l’octroi de la citoyenneté bosniaque aux combattants volontaires et aux missionnaires islamiques qui voulaient rester en Bosnie-Herzégovine comme civils, il est évoqué dans ce journal.

Le cheikh Imad Al-Marsi est arrivé en Bosnie-Herzégovine d’Arabie Saoudite. Son petit livre programme Les croyances que nous devons corriger a été publié à l’automne 1993 à Travnik. De même que le Journal de Saban est devenu une preuve sur l’attribution de la citoyenneté bosniaque des mujahidin, ce livre est l’exemple clé des influences idéologiques et religieuses qui ont conduit à la confrontation entre Bosniaques musulmans, à cause des différentes interprétations de l’islam.

Le silence qui couvre ces confrontations est similaire au silence sur la question de la citoyenneté. L’enquête de la police a réduit le problème de la citoyenneté à une question de problèmes formels et d’erreurs de procédure, tandis que les intellectuels bosniaques affirment que le problème des différentes interprétations de l’islam existait peut-être déjà auparavant, mais que l’on avait trouvé une manière de faire coexister l’islam « traditionnel » et l’islam « importé » en Bosnie-Herzégovine. Même les intellectuels les plus courageux, qui critiquent leur influence destructrice sur l’identité nationale des Bosniaques, ne posent pas la question de l’origine de ces influences. Naturellement, dans les deux cas, il s’agit de cacher et d’éviter une confrontation. Bien évidemment, cela arrange certain de faire croire qu’il s’agit d’un problème du passé. Pourtant, ce n’est pas le passé qui est en question, mais l’avenir !

Les combattants volontaires islamiques, les missionnaires et les humanitaires qui ont commencé à arriver en Bosnie à l’été 1992 avaient deux objectifs. Le premier était le jihad, la lutte militaire, et le second la dawa, la mission islamique. Avant la fin de la guerre, à l’automne 1995, dans le cadre des organisations non-gouvernementales, des organisations humanitaires et éducatives qui soutenaient ces objectifs de lutte en Bosnie, une décision stratégique particulière a été prise, reconnaissant que la guerre était finie, mais que le prochain front de bataille serait l’éducation. Après la guerre, une importance majeure a été reconnue par ces milieux à l’instruction, à cause de son importance pour la formation de la nation.

Les islamistes s’attaquent aux pratiques religieuses traditionnelles

Pour les observateurs internationaux, durant des années, un tel comportement n’avait rien de contestable. Il fallait que les unités militaires soient dissoutes, et aucune importance n’était accordée aux différences culturelles. L’activité idéologique, religieuse ou culturelle était considérée comme insignifiante. Cela a permis à ces groupes de développer durant des années une intense activité missionnaire. Cette activité avait pour but le changement de nombreux schémas religieux et culturels. Ce qui était autrefois accepté comme une expression traditionnelle de la religion est aujourd’hui présenté comme non-islamique ! En clair, à travers les modèles culturels et religieux, on cherche finalement à changer aussi le modèle de comportement politique. Malheureusement, ces changements se passent sous les yeux de l’opinion publique, mais sans que l’on y apporte l’attention voulue.

Pourquoi est-il important que certains continuent à « verser de l’argent sur les tombes musulmanes », ou d’accepter les prières publiques de masse dans les cours des mosquées, ou d’autres comportements qui ressemblent aux usages chrétiens ? Pourquoi les missionnaires essaient-ils, en priorité, de s’opposer à de telles, apparentes, illusions ? Ces douze dernières années, depuis la publication du livre programme de Al-Marsi, une grande partie de l’énergie des chefs religieux bosniaques a été accaparée par des questions de ce type. L’intelligentsia religieuse bosniaque continue à parler de « nos crétins », mais ne met pas l’accent sur la cause principale du problème. Cette cause tient à un mouvement global, qui provoque aujourd’hui des conflits dans de nombreux pays occidentaux et islamiques.

Si l’on examine les nombreux exemples de nouveaux citoyens de Bosnie-Herzégovine, il n’est pas important de noter les nationalités et les pays d’origine. Ce sont des critères qui n’ont pas de signification pour les mouvements dont ces personnes font partie.

Pourtant, malheureusement, toutes les enquêtes de la police et des services d’information menées jusqu’à maintenant se sont basées sur ces critères. Ainsi, on a parlé du « groupe algérien », du « groupe égyptien », ou des Marocains. Pourtant, quand on analyse les cas de Hisham Diab ou de Khalib Deek, on ne trouve pas de liens entre eux d’après le pays d’origine ni d’après la nationalité. Diab est Égyptien et Deek Palestinien. Ce dernier n’apparaît dans les documents disponibles que lorsqu’il demande sa naturalisation bosniaque. En réalité, ils sont tous les deux arrivés en Bosnie en provenance des USA, de Californie, ils appartenaient au même groupe et ils avaient le même chef religieux.

La raison pour laquelle les actuelles enquêtes sont stériles tient à la volonté d’appliquer des critères occidentaux à un phénomène qui n’est pas d’origine occidentale. Ni la nationalité ni le pays d’origine n’ont une grande importance dans la formation de ces groupes transnationaux. Dix ans après la fin de la guerre en Bosnie, l’enquête devrait donc essayer de répondre à la question suivante : comment les personnes considérées sont-elles arrivées dans le pays ? Les réponses simplistes données jusqu’à présent ne sont pas satisfaisantes, car elles ont été données pour des raisons politiques, pour cacher ou souligner la responsabilité de certaines personnes. La vérité sur la façon dont laquelle la Bosnie-Herzégovine s’est retrouvée au début des années 1990 au centre des intérêts d’un mouvement global en expansion est bien différente. Cette vérité doit encore être dévoilée et révélée à l’opinion publique, afin d’empêcher les spéculations et les abus.

Un danger pour la Bosnie et les Bosniaques

Un des dangers constants de la guerre contre le terrorisme est de chercher à utiliser ce problème, dans le but de marquer des points dans un conflit international, qu’il s’agisse d’un conflit politique ou d’un conflit d’intérêt.

C’est précisément en ne disant pas la vérité que l’on permet de telles dérives. Il est faux de croire que le problème va se résoudre tout seul si l’on reste suffisamment silencieux suffisamment longtemps. La série d’attaques terroristes du mois de juillet ressemble plus au début d’une longue campagne qu’à l’annonce d’une solution qui arriverait bientôt. Si la Bosnie-Herzégovine ne fait pas face par elle-même aux questions liées à l’origine de ses liens avec les groupes et les individus qui sont aujourd’hui impliqués dans les mouvements terroristes, le pays risque d’en subir des conséquences toujours plus graves.

Pour les Bosniaques, cela peut non seulement remettre en cause l’idée d’État bosniaque, mais aussi avoir des conséquences périlleuses sur leur propre identité et leur propre stabilité nationale. La Bosnie représente aujourd’hui un « point d’accès » pour l’idéologie du jihad en Europe, parce que durant la guerre les groupes islamistes d’Occident et de différents pays islamiques s’étaient unis pour aider les musulmans bosniaques. Il ne s’agit donc pas seulement de « nos crétins », mais d’une idéologie qu’il faut reconnaître et combattre, pour protéger la souveraineté de la Bosnie-Herzégovine et l’identité même des Bosniaques, considérés comme un authentique peuple musulman européen.

Au même titre que les enquêtes sur les mouvements de fonds et sur l’octroi de la citoyenneté, la capacité de l’intelligentsia musulmane à prendre la vraie mesure de l’idéologie qui se trouve à la base de ce réel péril pour la Bosnie et les Bosniaques sera essentielle.




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Posté 31 décembre 2005 à 15:55

Le cas Karadzic
Le nationalisme anachronique du Dr. Radovan Karadzic,premier président la "république serbe de Bosnie-Herzégovine",Dite Republika Srpska,inspire peu de sympathie hors de son pays.Mais le fait d'etre antipathique n'est pas une preuve de génocide.La répétition de l'accusation pendant des années peut faire croire que les preuves déjà établies contre lui sont beaucoup plus accablantes qu'elles ne le sont en réalité.
Le 24 juillet 1995 et encore le 14 novembre de la meme année,le TPYI a formellement inculpé le Dr. Karadzic de 16 chefs d'accusation des lois et des coutumes de guerre,de détention illégale de civils,de pilonnage d'un rassemblement de civils,de destruction de sites sacrés,de destruction importante de propriété,de saisie et de pillage de propriété,de tir caché sur des cibles civiles.Bref,il est chargé personnellement de tous les crimes qui auraient pu etre commis.Mais commis par qui?Ce compendium d'accusations est basé sur les éléments suivants:

1)Une détermination a priori que l'objectif serbe en Bosnie était le "génocide"
2)Une déclaration de Karadzic au cours d'un débat parlementaire,interprétée par ses adversaires comme une" menace de génocide".
3)L'attribution à Karadzic d'une "responsabilité de commandement" pour tous les crimes qu'auraient commis les serbes pendant la guerre de Bosnie"
4)Une responsabilité spécifique pour le "massacre de Srebrenica",chefs d'accusation ajouté dans la citation du 14 novembre 19995.
Pendant les derniers jours de juin et le début de juillet 1996 ,les arguments contre Karadzic furent présentés au cours d'un exercice original du TPYI,inventé par le magistra francais Claude Jorda:"règle 61 ",qui permet au procureur de présenter tous les arguments de l'inculpation contre l'accusé en son absence.A l'ouverture de l'audition,le 27 juin 1996,le juge Jorda refusa à l'avocat de l'accusé,M Igor Pantelic,la permission de représenter son client devant la cour.Admis comme observateur dans le public,il ne pouvait pas défendre l'accusé.Bref,il s'agissait d'une cérémonie publique au cours de laquelle furent énoncées les accusations les plus grave sans possibilité de contestations.3 avocats ont présenté les arguments du procureur,basés sur les 4 éléments ci-dessus.
1)L'accusation de "génocide".Il y a une tendance à utiliser le terme "génocide" de plus en plus largement pour désigner les comportements bien en deçà de son sens littéral d'anéantissement d'un peuple.Déjà en 1948,la définition retenue par la Convention sur le génocide était très large.Peut-etre considérée comme génocide le fait "de nuire sérieusement aux membres d'un groupe" au cas ou il y a "l'intention de détruire,entièrement ou en partie,un groupe national,racial ou religieux".(Le flou de cette défçinition fut invoqué par le Sénat des états-unis)Le problème est due à la tendance dans toutes les guerres est de nuire aux personnes à cause de leur "identité",surtout nationale,et la question des intentions est subjective.Dans le cas de la Bosnie-Herzégovine,les trois partis nationaux pourraient ainsi etre accusé de "génocide".La clé semble etre la notion d'intention,attribué a priori aux serbes et pas aux autres.
Le dr. Karadzic a fondé le Parti serbe démocratique (SDS) à Sarajevo en juillet 1990 avant de gagner une majorité écrasante des voix serbes dans les premières élections multipartites de novembre 1990 en Bosnie-Herzégovine.Curieusement,on a appelé un policier australien du nom de John Hunter Ralston pour expliquer aux juges le programme politique du SDS,ce qu'il a fait honnetement.L'objectif du SDS était de réaliser "l'égalité totale et sans conditions-civile,nationale culturelle,religieuse et économique-des serbes en Bosnie-Herzégovine.Son objectif politique principal était une Bosnie-Herzégovine fédérale à l'interieur d'une Yougoslavie fédérale".Pas vraiment de génocide là-dedans.
2)La menace de Karadzic.La principale "preuve" de l'intention génocidiaire fut une déclaration de Karadzic prononcée au cours d'un débat enfiévré au parlement de la Bosnie-Herzégovine dans la nuit du 14-15 octobre 1991.Le SDS de Karadzic insistait pour maintenir la Bosnie-Herzégovine dans la fédération yougoslave,ou à défaut,de créér au moins des régions autonomes serbes.Itzbegovitc refusait d'entendre de telles suggestions.Enjoignant à Itzbegovic de reconnaitre le désir du peuple serbe de rester en Yougoslavie,Karadzic déclara:"Vous voulez amener la Bosnie-Herzégovine sur la meme voie infernale de souffrance suivie par la Slovénie et la Croatie.Ne croyez pas que vous entrainerez pas la Bosnie-Herzégovine en enfer et ne croyez pas que vous n'allez pas peut-etre faire disparaitre le peuple musulman,parcque les musulmans ne pourront pas se défendre si la guerre éclate.Comment allez-vous empecher que tout le monde ne soit tué en Bosnie-Herzégovine?"
On aurait pu -mais on ne l'a pas fait-comparer cette déclaration faite à l'issue d'un débat passionné avec un autre,antérieure,d'Itzbegovic,qui en février 1991 annonça à qui voulait l'entendre qu'il sacrifierait la paix pour une Bosnie-Herzégovine souveraine ,mais que pour cette paix en Bosni-Herzégovine il ne sacrifierait pas la souveraineté".On pourrait interpréter la déclaration de Karadzic comme un avertissement à Izebegovic des dangers de la guerre que celui-ci était pret à accepter et comme une invitation à trouver un compromis pour sauver la paix.Izetbegovic,qui avait choisi la guerre,a pris un air scandalisé devant cette "menace serbe",pour mieux jouer l'agressé.Sans contester cette interprétation partisane,le Tribunal valida cette citation comme pièce à convictionde l'intention de commettre un "génocide"

fin première partie

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Posté 14 janvier 2006 à 22:06

Le cas Karadzic (suite)
3)L'attribution de la responsabilité des commandement pour tous les crimes commis par les serbes en Bosnie-Herzégovine.Le président des serbes de Bosnie était accusé,non seulement d'avoir ordonné les crimes,mais aussi d'avoir "négligé de prendre les mesures nécessaire et raisonnables pour empecher de tels actes ouou de punir les coupables".Si l'avocat de Karadzic avait pu prendre la parole lors de l'audition eégie par la règle 61,il aurait pu présenter les documents pour réfuter ces allégations.Ainsi la première directive aux forces armées données par Karadzic en tant que président de la Républika Srpska,le 13 mai 1992,ordonnait le respect des Convention internationales..Elle rappelait aux officiers leur "devoir d'initier des poursuites faisant appel à toutes sanctions du droit contre les individus sous leur commandement qui violeraient les Convention internationales de guerre"et leur ordonnait de "tenir des stages réguliers" pour assurer que ces conventions soient comprises.Un moi plus tard,il décreta l'interdiction des groupes paramilitaires et donna des instructions pour un traitement humanitaire des prisonniers de guerre.D'autres directives du président soulignèrent le besoin d'un "comportement digne envers la population civils d'autres nationalités dans notre république".Notamment ,dans un décret du 19 aout 1992,Karadzic souligna la nécessité de respecter le droit humanitaire international,surtout les 3ième et 4 ième conventions de Genève,et ordonna une "cessation des déplacements forcés et de toutes autres mesures illégales contre la population civile"un ordre clairement dirigé contre la "purification ethnique".
Cela peut ne rien prouver.Mais en l'absence de documents allant en sens contraire,on pourrait au moins envisager la possibilité que les crimes commis par les serbes n'étaient ni ordonnés par le Dr. Karadzic n iapprouvé par lui.
La sélectivité de l'application par le tribunal du principe de "responsabilité de commandement" est flagrantes.En mai 1995,en violation de la trève patronnée par les Nation Unies,le président Tudjman envoya ses forces en Slovénie occidentale pour le reprendre aux serbes,chassant des dizaines de milliers de serbes de la région.Des centaines de civils trop vieux,faibles ou malades pour fuir furent tués.Les serbes de Krajina ont répondu à cette opération en tirant deux missiles Orkan en plein Zagreb,tuant 7 civils.La réction du tribunale à ces événements fut d'inculper le président de la Krajina serbe,Milan Martic.3Mois plus tard,renforcée par les livraisons illégales d'armes et de conseillers militaires"privés" américains,l'armée croate a balayé la Krajina,chassant quelques 200 000 serbes,détruisant des maisons et tuant des civils restés sur place.Avec une audace inhabituelle le représentant de l'Union Européenne ,Carl Bildt,suggéra que s'il était un crime d'ordonner qu'on tire des obus sur une ville,le président Croate Tudjman pourrait mériter d'etre accusé par le TPYI au meme titre que Matric.Le seul résultat fut que Bildt lui-meme fut déclaré personna non grata en Croatie.Appuyé par l'Allemagne et les états-unis Tudjman n'avait rien à craindre.

source :"la croisade des fous" Diana Johnstone