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LES FORCES OCCULTES DANS LE MONDE MODERNE
Excellences,
Messieurs les Ecclésiastiques,
Mesdames, Messieurs,
Nous ne pouvons parcourir ce soir l'histoire de la Franc-Maçonnerie au travers des événements qui depuis plus d'un siècle ont remué l'humanité. Sur un tel sujet, beaucoup de choses ont été écrites encore qu'avec saint Pie X nous pourrions dire que tout ce qui a été publié n'a pas dévoilé toute la vérité. Quant à l'attitude des sectes dans le temps et selon les lieux vis-à-vis de l'Eglise il n'y faudrait pas moins de développements qui d'ailleurs ne feraient que corroborer les encycliques depuis Clément XII jusqu'à nos jours et surtout "Humanum Genus" de Léon XIII, la terrible encyclique, avouait Dumesnil de Grammont, Grand Maître de la Grande Loge de France. En tout cela, les documents pontificaux dont l'information est très sûre, quoiqu'on en ait dit, nous fournissent d'amples certitudes que les études d'un P. CAPRILE dans la "Civilta Cattolica" ont, nous nous plaisons à le dire, davantage mis en lumière.
Nous dépasserons aussi le plan des basses maçonneries dites de Saint Jean, ou symboliques, celles des trois premiers grades, les plus connues. Pour remonter à l'origine de courants ou de campagnes subversives déversés sur le mondé, il faut atteindre, autant qu'il est possible, jusqu'aux hautes maçonneries et à certaines sociétés occultes. Là le jeu du secret et la pénétration des gradés plus élevés dans les Loges inférieures permettent de transmettre des consignes et d'irradier jusque dans le public des influences descendues de centres plus élevés. C'est un phénomène classique dans ces sociétés secrètes dont le propre n'est pas d'être nécessairement clandestines. Tout au long de leur histoire les maçonneries ont été soumises à ce téléguidage. La Kabbale, la doctrine des Rose-Croix les inspirent dès le début. Au XVIIIè siècle, le Swedenborgisme marque de son empreinte les loges Nord européennes ; le Martinisme surtout, plus sans doute que l'illuminisme de Weishaupt, a exercé une influence qui dure encore. Plus tard les Hautes Ventes du Carbonarisme devinrent les centres secrets de la lutte contre les États du Saint Siège. En 1843 l'apparition des B'nai Brith maçonnerie exclusivement juive, déterminera par bien des côtés l'orientation de la Maçonnerie Universelle.
Léon XIII disait en son encyclique que tous les événements historiques ne sont pas exclusivement le fait des sociétés secrètes, et cela est vrai ; cela était vrai davantage en son temps que du nôtre, car elles ont fait un immense pas en avant depuis lors ; leur puissance s'est accrue à un point que nous pouvons apprécier en considérant le rôle joué aujourd'hui par le mouvement dénommé : la Synarchie.
Mais auparavant, il nous faut brièvement énumérer les groupes occultes qui à la fin du siècle dernier en ont mis au point le plan, le mécanisme et en quatre-vingts ans ont réussi à lui donner une extension et une puissance universelle.
PRÉPARATION OCCULTE
C'est d'abord, après la chute des États Pontificaux l'entente de Mazzini avec A. Pike, Souverain grand commandeur du Suprême Conseil de Charlestown pour fonder le PALLADISME. A la mort de Mazzini en 1872, Pike poursuit seul l'entreprise de noyautage de la Maçonnerie universelle par cette société ignorée souvent des Maçons les plus élevés en grade. Né à Boston en 1809, mort à New York en 1891 Pike, à sa mort, était membre d'honneur de presque tous les Suprêmes Conseils du monde.
Vers la même époque, nous assistons en Europe à la résurgence de l'activité rosicrucienne sous la forme de diverses sociétés secrètes. C'est en Angleterre la "Societas rosicruciana in Anglia" (1865), puis les "Golden Dawn" animés par Gregor Mathiews dont la femme, soeur de Bergson, lui sert de médium ; c'est la Société Théosophique d'Annie Besant travaillant avec Nehru et Krishna Menon ; c'est encore la société anthroposophique de Rudolf Steiner ou l'Ordre du Temple d'Orient avec Théodore Reuss. En France, en 1888, le Mage noir Stanislas de Guaïta fonde l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix avec Papus, Sédir (Yvon Leloup), Joséphin Peladan qui fondera pour sa part un ordre "catholique" de la Rose-Croix et Maurice Barrès qui se retirera aussitôt en raison de ses convictions religieuses, mais nous livrera ses souvenirs de ces milieux dans "La Colline inspirée". Relevé par le Mage Papus, l'Ordre Martiniste exerce aujourd'hui une influence idéologique très importante dans toutes les maçonneries. Enfin de son côté, mais non sans rapport avec les précédents, le groupe du "Symbolisme", fondé et dirigé par Oswald Wirth jusqu'à ces dernières an- nées, continue actuellement sous la direction de son disciple et successeur le F  Marius Lepage qui en 1960 avec le P. Riquet et Maître A. Mellor, auteur de "Nos Frères séparés les Francs-Maçons" invités par lui à la Loge de Laval, s'emploiera à l'étrange campagne de rapprochement entre l'Eglise et la Franc-Maçonnerie.
I. - CONSTRUCTION POLITIQUE.
- SAINT-YVES D'ALVEYDRE ET LA SYNARCHIE.
Tels sont les principaux groupes d'où est sortie, en France principalement, la Synarchie moderne dont le grand théoricien est Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909). Ami de Stanislas de Guaïta et de Papus, ce dernier écrivait de lui : "COMME SOCIOLOGUE, SAINT-YVES D'ALVEYDRE A CONSACRE LA PLUS GRANDE PARTIE DE SA VIE A LA DIFFUSION D'UNE CERTAINE FORME D'ORGANISATION SOCIALE : LA SYNARCHIE ". A coup sûr, sa personnalité, sa position sociale et sa formation occultiste comptent dans son oeuvre (1), mais il est d'abord le porte-parole des Grands Maîtres et surtout des ordres secrets qui ont élaboré ou plutôt modernisé le système. Car, par dessus tout, dans cette oeuvre on relève la marque, le plan, les projets d'institutions des anciens Rose-Croix du XVIlè siècle dont un des principaux est Comenius que l'UNESCO revendique aujourd'hui comme son maître à penser.
Ce qu'il faut bien savoir des "FORCES OCCULTES DANS LE MONDE MODERNE" c'est qu'elles agissent en vertu d'une tradition plusieurs fois séculaire. Elles se caractérisent au premier chef par la transmission d'un dépôt doctrinal et par une continuité d'action dont nous pourrions donner maints exemples (=catholicisme). Nous n'en évoquerons qu'un seul aujourd'hui : la séparation de l'Europe par le Rideau de Fer.
(1) "Mission des Souverains" ; "Mission des Juifs" ; "Mission des Français" ; "Mission des ouvriers" ; "Mission de l'Inde".
- LE RIDEAU DE FER.
Le rideau de fer, ce drame, l'un des plus pathétiques de la chrétienté, n'est ni une invention de Staline ni, comme on le dit souvent, une faiblesse de Roosevelt. Il résulte sans doute d'un vieux dessein maçonnique de confédération "romane germanique et slave" contemporain des révolutions de 1848 et rappelé dans le Pacte Synarchique vers 1935. Mais c'est plus que cela encore. La première ébauche de ce partage de I' Europe remonte aux environs de 1825. Il y a 140 ans !. A cette époque, cent quarante cinq Loges, martinistes pour la plupart, abritent en Russie les rêves et les conspirations socialistes des intellectuels, de nombreux officiers et d'une partie de la noblesse impériale : "les illuminés de ce genre pullulent à Saint Pétersbourg et à Moscou" a écrit Joseph de Maistre. Sous le coup des interdictions ces loges se transforment d'abord en "ALLIANCE DU SALUT" puis en sociétés plus secrètes encore, telle " L'UNION DU SUD" et plus particulièrement les "SLAVONIENS UNIS" issus des Loges très actives de Kiew. Le catéchisme des Slaves expose les buts de cette redoutable société :
"Par une alliance fédérative et un gouvernement républicain, mais sans porter préjudice à leur indépendance respective, unir les huit pays Slaves dont les noms étaient inscrits sur un sceau à huit compartiments : la Russie, la Pologne, la Bohème, la Moravie, la Dalmatie, la Hongrie avec la Transylvanie, :la Serbie avec la Moldavie et la Valachie"
Plus tard Bakounine et ses réseaux révolutionnaires dont l'action est nihiliste en Russie, mais panslave et socialiste à l l'extérieur élargiront le programme. En 1862, Bakounine écrit :
"Les Slaves, les Polonais nous sont nécessaires. Eux-mêmes nous aideront quand l'heure du combat panslaviste sera venue, quand on revendiquera toute la terre slave dans la PRUSSE ORIENTALE, la Bukovine, la Gallicie, la Bohème, dans toute l'Autriche et la Turquie... C'est nous les Slaves qui devons ouvrir la voie aux Grands Elus". (Leipzig 1862 - Cité par DESCHAMPS : Les Sociétés Secrètes)
Si à l'exception de l'Autriche proprement dite on ajoute les unes aux autres les provinces nommées dans ces deux programmes complémentaires on obtient le bloc soviétique et la Yougoslavie tels qu'ils sont constitués aujourd'hui. Ainsi dès 1862 l'affaire est pesée, élaborée, arrêtée. Au commencement du siècle une véritable folie occultiste s'empare de la Cour de Russie sous l'influence des Mages parmi lesquels Papus appelé de Paris en 1905, tandis que le "GRAND ORIENT DES PEUPLES DE RUSSIE" travaille à abattre la dynastie, ainsi que l'avouent eux-mêmes les Suprêmes Conseils. On connaît maintenant la part prépondérante dans la révolution russe attribuée au consortium financier international des banques Jacob Schiff, Kuhn, Loef et Warbourg. Or, si en 1918 l'intégration de ces territoires à la Russie n'était pas un fait accompli, cependant le nouveau découpage de l'Europe la préparait. En 1935, le Pacte Synarchique français y faisait allusion en parlant d'une confédération slave et quand il envisageait la division du monde en cinq parties, dont l'une devait comprendre "Les possessions eurasiennes de l'U.R.S.S.". Encore une guerre et l'oeuvre serait accomplie. En 1943, dans une lettre destinée à Staline, le FRoosevelt écrivait :
"Nous exigerons de la Pologne une attitude faite de compréhension et de compromis. Il reste à Staline un VASTE CHAMP D'EXPANSION DANS LES PETITS PAYS DE L'EUROPE ORIENTALE... SANS OMETTRE LA RÉCUPÉRATION TOTALE DES TERRITOIRES QUI ONT ÉTÉ TEMPORAIREMENT ARRACHES A LA GRANDE RUSSIE".
Dès lors, tout est consommé. C'est maintenant la Conférence de Postdam et puis celle de Yalta. Et le rideau de Fer tombe.
- "GOUVERNEMENT MONDIAL"
Le communisme soviétique a été l'œuvre de très hautes sociétés secrètes. Est-ce à dire que ce régime politique constitue leur objectif dernier, l'état définitif dans lequel elles abandonneraient le monde, comme si elles bornaient là leur ambition ? Certainement pas. Malgré la menace de le voir se retourner contre elles, elles ne voient en lui qu'un instrument de désorganisation du vieux monde (et de l'Occident en particulier) pour organiser sur ses ruines leur gouvernement mondial. Le Grand Orient de France déclarait lui-même récemment que la Maçonnerie transcende à la fois l'Eglise catholique et le Communisme et le fait est que même avant 1921, à la naissance du mouvement synarchique, elles attribuaient à la Russie un rôle important à jouer dans la seconde partie de ce siècle vis-à-vis de l'Eglise romaine et qu'une publication confidentielle " Le Temple " confirmait ce dessein. En réalité, le but ultime, "ad extra" devrait-on dire, des Hautes Sociétés Secrètes, c'est l'Imperium mundi. Depuis le fameux discours du Chevalier Ramsay qui, s'il n'a, pas été prononcé a cependant été écrit, en passant par les déclarations du Convent Maçonnique International de 1847, préparant les révolutions de 1848, puis par l'ALLIANCE DÉMOCRATIQUE UNIVERSELLE de Mazzini, jusqu'aux toasts si souvent répétés dans leurs banquets : "A la république universelle, fille de la maçonnerie universelle", ce rêve a toujours hanté les loges maçonniques. En réalité cet Impérium tant recherché consisterait bien moins en une démocratie toute nominale (et à vrai dire chimérique) qu'en un POUVOIR COLLÉGIAL OCCULTE unissant de grandes puissances financières aux plus hautes instances initiatiques. Sur ce point, ces dernières n'ont pas varié depuis le XVIIè siècle. Les Rose-Croix d'alors par la plume de leur Frère Morave Comenius ordonnaient déjà le pouvoir mondial en système ternaire : UN TRIBUNAL DE LA PAIX ou des Nations ayant des attributions semblables à celle de l'0. N. U. actuelle, un CONSEIL DE LA LUMIÈRE (ou de la Culture) jouant un rôle à peu près identique à celui de l'UNESCO qui voit d'ailleurs en Comenius son prophète, un CONSISTOIRE MONDIAL OU EGLISE UNIVERSELLE fédérant des Églises nationales après éviction bien entendu de l'Eglise romaine dont le Pape est l'anti-Christ.
Tout cela préfigure à s'y méprendre la Nouvelle Eglise actuellement prônée par les hautes puissances maçonniques. Les Mages de la fin du XIXè siècle ont poursuivi ce dessein. Voyez dans l'oeuvre de Saint-Yves d'Alveydre, leur ternaire politique international : CONSEIL DES ÉGLISES NATIONALES, CONSEIL DES ÉTATS NATIONAUX DANS L'ORDRE POLITIQUE et, innovation imposée par le développement industriel, CONSEIL DES COMMUNES NATIONALES pour l'ordre économico-social, les principaux centres envisagés alors étant pour l'Europe, Londres, Paris, Bruxelles. Cette modernisation reçut elle-même des retouches vers 1935 dans le Pacte Synarchique sous la forme d'un ORDRE CULTUREL DE TOUTES LES NATIONS, résumant les cultes, fédérant les ordres culturels nationaux, d'un ORDRE FÉDÉRAL DE TOUS LES EMPIRES, et de l'ORDRE SOCIAL-ECONOMQUE DE TOUS LES PEUPLES. Le Pacte Synarchique n'a ni altéré le système ni interverti l'ordre d'importance des organismes dont le premier, le plus haut, demeure l'ORDRE CULTUREL. Cependant dans le processus d'exécution et conformément au synarchisme de Saint- Yves, c'est par les organismes économiques que depuis 80 ans il a toujours été décidé de commencer. Cela s'explique pratiquement mais aussi par l'application de I'EMPRISE EMPOROCRATIQUE INTERNATIONALE DONT L'OCCULTISTE FABRE D'OLIVET s'est fait théoricien et que le Mage Papus, dans la revue MYSTERIA d'Avril 1914, reprenait en faisant allusion à la grande réunion de SAINT SIMONS ISLAND PRÈS DE CHARLESTOVIN précédant la Grande Guerre et qu'on peut considérer comme le prototype des actuelles réunions BILDERBERGERS.
- PAR LE MOYEN D'UN SOCIALISME SCIENTIFIQUE
Cette vision totalitaire maintenant traditionnelle dans presque toute la Maçonnerie a donc passé le seuil des archives secrètes pour pénétrer dans les MILIEUX POLITIQUES de part et d'autre de l'Océan. Ainsi, le Gouvernement mondial, d'après le Pacte Synarchique, régnerait sur un monde divisé en cinq zones géopolitiques. On en trouve l'exposé dans un article du Figaro du 30 Mai 1951. Le même journal au lendemain de la guerre avait donné la traduction d'une lettre du F Franklin Roosevelt écrite pour Staline et lui exposant voies et moyens d'instaurer peu à peu ce gouvernement en commençant par une Tétrarchie mondiale où prendrait place la Russie. Un document peu connu en Europe, le DAN SMOOT REPORT donnait un extrait d'un discours d'Eisenhower montrant son accord avec les Soviets pour la future instauration de ce gouvernement que des américains clairvoyants voient déjà fonctionner sous la forme qu'ils appellent "INVISIBLE GOVERNMENT". Nous pourrions ajouter à ces témoignages qui ne sont plus maintenant des révélations. Mais il convient pour en clore la liste, de terminer par une déclaration que fit en 1950 devant le Sénat américain, PAUL WARBOURG dont la banque, en 1917, avait puissamment aidé la Révolution bolchevique avec le groupe Jacob Schiff, Kuhn et Loef :
"QU'ON LE VEUILLE OU NON, DISAIT-IL NOUS AURONS LE GOUVERNEMENT MONDIAL, LA SEULE QUESTION QUI SE POSE EST DE SAVOIR SI LE GOUVERNEMENT MONDIAL SERA ÉTABLI PAR CONSENTEMENT OU PAR CONQUÊTE".
Notre entretien d'aujourd'hui s'étendrait trop loin si nous entreprenions d'examiner plus en détail le régime social qu'offrirait le synarchisme arrivé à son point extrême d'accomplissement. Ce serait le socialisme technocratique universellement planifié constituant, d'après la doctrine, un point de rencontre entre le communisme soviétique et l'occident. Déjà, les disciples des rosicruciens de l'Ordre Kabbalistique, du Martinisme et du Neo-Gnosticisme, Saint-Yves bien entendu et l'ex-abbé Roca exposent largement ce socialisme. On le retrouve dans les articles du Pacte Synarchique, durci, renforcé, presque stratifié pourrions-nous dire ainsi que dans les tableaux du "SCHÉMA DE L'ARCHÉTYPE SOCIAL". En Amérique, et cela depuis 1934, l'œuvre crypto-communiste d'organisations puissantes comme l'ASSOCIATION DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE (C.F.R.) s'efforcent lit-on dans le REPORT ON THE FOREING POLICY ASSOCIATION" d'intégrer le système américain dans un système socialiste aux dimensions du monde"…"de créer un système socialiste mondial et d'y inclure l'Amérique". C'est un milliardaire américain M. CYRUS EAION qui a dit "Rencontrons-nous à mi- chemin avec les soviets". De son côté Boukharine écrivait en 1919, parlant de la signification internationale de la Révolution Russe :
"...(La Russie) SON MANQUE DE CULTURE, L'INSUFFISANCE DE SON DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL ETC... TOUT CELA SERA DE PEU D'IMPORTANCE LORSQUE LA RUSSIE S'ASSOCIERA AVEC LES PAYS PLUS CULTIVES DANS UNE RÉPUBLIQUE MONDIALE OU DU MOINS EUROPÉENNE".
Ne prenons pas ces dernières paroles pour pure prophétie mais pour un témoignage complémentaire d'un plan depuis longtemps préétabli que la concordance de toutes les déclarations dans le temps et dans l'espace ne permettent pas de nier. Aujourd'hui l'idée d'une extension fatale de ce que l'on appelle euphémiquement le socialisme scientifique et la progression indiscutable de la technocratie dans les lois et les institutions, inclinent beaucoup de gens à croire comme à un dogme que nous nous trouvons là en présence d'une évolution irréversible, d'une dérive fatale, du sens de l'Histoire pris, pour le deus ex machina impitoyable. Mais, précisément au vu de la documentation qui nous vient, portant la marque des Hautes Maçonneries, précisant leurs desseins, dont on voit il est vrai peu à peu les réalisations, nous nous refusons pour notre part et à cause de cela à souscrire à ce fatalisme, pas plus que nous ne croyons au messianisme cosmique qui doit providentiellement et irrésistiblement changer la face de l'Église du Christ.
Il. CONSTRUCTION RELIGIEUSE
UNE AUTORITÉ SPIRITUELLE OCCULTE
Laissons donc la politique pure. Ce qui nous importe c'est de connaître le sort qui, dans le système, serait réservé à l'Eglise romaine. La domination mondiale ambitionnée par les puissances occultes en un mode ternaire (pour employer leurs termes) vise nous l'avons vu à l'instauration de trois organismes l'un politique, l'autre économique, le troisième, le principal, revêtu sinon d'un pouvoir politique du MOINS DE L'AUTORITÉ SPIRITUELLE OCCULTE, celle-ci s'élevant au- dessus du gouvernement de toutes les nations.
Est-ce là chose si étonnante ? Non pas. Sans vouloir revenir au Moyen-Age, il faut bien convenir que les critiques abusives et surannées de la Chrétienté médiévale, les attaques plusieurs fois séculaires maintenant contre le Siège Romain ont toujours fait partie de l'arsenal intellectuel de toutes les maçonneries, dans le but d'imposer à leur place une sorte d'augustinisme politique retourné, de chrétienté à l'envers d'autant plus dictatoriale que l'autorité spirituelle y serait occulte et ésotérique.
Et c'est cela même l'essence de leur gouvernement mondial. Ne nous arrêtons pas pour en douter ou pour en juger aux politiques agressives de déchristianisation poursuivies autrefois en nos pays d'occident par les Loges maçonniques, celles d'en bas. Ce fut une opération jugée par elles nécessaire pour préparer les voies. Car si ces dernières se définissaient en 1911, par exemple, comme la "contre Eglise ", avec raison la revue " Le Symbolisme ", en 1962, rectifiait cette définition trop incomplète d'une époque d'anticléricalisme tumultueux. "NE LAISSEZ PAS DIRE MES FRÈRES, Y LIT-ON, QUE LA FRANC-MAÇONNERIE EST L'ANTI-EGLISE, CELA N'A ÉTÉ QU'UNE PHRASE DE CIRCONSTANCE ; FONDAMENTALEMENT, LA FRANC-MAÇONNERIE SE VEUT SUPER-EGLISE QUI LES RÉUNIRA TOUTES". Et c'est là I'œcuménisme maçonnique. Car il y a un Œcuménisme maçonnique auquel des catholiques se laissent prendre à cause des déclarations humanitaires dont il s'entoure. Nous pouvons avoir un aperçu de cet Œcuménisme, quoique incomplet, dans le livre récent du FMarsaudon, Membre du Suprême Conseil de France : "L'œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition" aux éditions Vitiano à Paris.
- UNE SUPER-EGLISE ET SES ÉGLISES NATIONALES
Or de cette super-Eglise - on nous accordera maintenant que le mot n'est pas de nous - on trouve déjà l'idée précise chez les Rose-Croix du XVIlè siècle. "TOUS LES CONSISTOIRES OU CONSEILS DES ANCIENS DES ÉGLISES CHRÉTIENNES, DISAIT COMENIUS, FERONT BIEN DE FUSIONNER EN UN SEUL CONSISTOIRE DE L'EGLISE TELLE QU'ELLE EST FIGURÉE PAR LA JÉRUSALEM MERVEIL-LEUSEMENT ÉDIFIÉE, LA SEULE VILLE OU SONT DRESSES LES TRÔNES DE LA JUSTICE, LES TRÔNES DE LA MAISON DE DAVID". Il est certain que l'Ancêtre pensait aussi à l'Islam et au Brahmanisme pour grossir dans le futur la fusion des églises chrétiennes après destruction de la Papauté. Son infernal ouvrage "LUX IN TENEBRIS" n'en fait pas mystère et il est sûr qu'il a transmis à ses disciples et successeurs, les Papus, les Guaïta, les Saint-Yves avec leurs frères Kabbalistes et Martinistes, la tradition des églises nationales fédérées dans une église universelle où Saint-Yves d'Alveydre voit entrer le Christianisme, le Judaïsme, les Vedas et l'Islam. On ne peut se faire une idée de cette Eglise synarchiste sans connaître sa page fondamentale sur les Églises nationales. La voici :
"J'entends par ce mot : églises nationales, la totalité des corps enseignants de la nation sans distinction de corps, de sciences ni d'art, depuis les universités laïques, les académies, les INSTITUTIONS DE TOUS LES CULTES reconnus par la loi nationale, la Franc-Maçonnerie y comprise si elle se donne SOIT POUR UN CULTE soit pour une école humanitaire, depuis les sciences naturelles de la géologie à l'astronomie et les sciences humaines de l'anthropologie à la THÉOLOGIE COMPARÉE, JUSQU'AUX SCIENCES DIVINES DE L'ONTOLOGIE A LA COSMOGONIE".
"Cette totalité des corps enseignants de chaque nation est ce que j'appelle l'église nationale et l'évêque national qui la consacrera dans sa patrie en sera le PRIMAT catholique orthodoxe.
"En effet, en dehors de cette CONCORDANCE HIÉRARCHIQUE DES SCIENCES et de cette paix sociale des enseignements, il ne peut exister que des SECTARISMES, ÉLÉMENTS DE DIVISION POLITIQUE sans vérité d'orthodoxie, sans réalité de catholicisme, sans autorité comme sans puissance créatrice de religion sociale.
"C'est cette constitution intérieure des églises nationales ou l'épiscopat investi du pouvoir des Apôtres n'aura qu'à consacrer la somme des intérêts vraiment religieux de chaque nation SANS LES DISCUTER, cette constitution, dis-je, il serait heureux que la papauté put prendre l'initiative de la conseiller THEOCRATIQUEMENT à toutes les nations européennes du Christ.
"Mais, posée à Rome sur son plan ethnique d'impérialat clérical latin, il est radicalement impossible que la papauté soit libre d'exercer encore, dans ce sens, le SOUVERAIN PONTIFICAT.
" Tout ce que l'on peut espérer c 'est que la majesté de la tiare viendra un jour dans ce gouvernement général de la chrétienté, couronnant au sommet de l'Eglise universelle ayant pour pilier toutes les églises nationales, cet édifice CATHOLIQUE et ORTHODOXE une fois bâti ". (Mission des Souverains - 1882 - P. 433-34).
Les rééditions successives. depuis 1889 jusqu'à 1935, du livre d'Ed. Schuré "LES GRANDS INITIES" ont vulgarisé dans les milieux libéraux et modernistes l'idée de ce pandémonium des religions qu'en 1926 le FIZOULET, professeur au Collège de France a repris dans son ouvrage "PARIS, CAPITALE DES RELIGIONS" ou MOISEUM DE PARIS. Cette situation géographique de l'Universelle Eglise n'est pas nouvelle. Un chanoine apostat, martiniste et gnostique, ami de Guaita, d'Oswald Wirth et de Papus la plaçait lui, au MONT-VALERIEN !
Mais Izoulet insiste comme Saint-Yves d'Alveydre sur son animation spéciale par les traditions secrètes du Judaïsme que personne n'a de mérite à identifier AVEC LA KABBALE dont les sectateurs de l'universelle Eglise sont tous imprégnés. Le livre du FIzoulet ne précède que de quelques années l'apparition du Pacte Synarchique qui codifie pour ainsi dire les mêmes projets sous la forme D'UN ORDRE CULTUREL DE TOUTES LES NATIONS et D'ORDRES CULTURELS NATIONAUX. Ce dernier document fait particulièrement ressortir deux principes à la base du système : la DÉMOCRATIE RELIGIEUSE et le COLLEGIALISME dont l'application simultanée permet d'ériger l'opinion à la hauteur d'une puissance dogmatique tout en la dirigeant de plus haut. La nation, et son ordre culturel formé "DE SES SAVANTS, DE SES ARTISTES, DE SES ECCLÉSIASTIQUES" devient "RECTRICE SOUVERAINE DE SON DOMAINE CULTUREL". La réduction totale et totalitaire de la pensée à un appareil institutionnel fédéré dans l'universelle Eglise doit obéir à un processus inhérent au fonctionnement du système : l'intégration.
L'intégration ne tend pas seulement au conditionnement des consciences individuelles par une culture d'Etat. Le vieil anticléricalisme des Loges mais surtout la doctrine des Hautes Maçonneries ont toujours vu la transcendance de l'Eglise comme un obstacle à l'épanouissement de leur propre œcuménisme. C'est pourquoi l'intégration de la hiérarchie catholique dans le système synarchique leur apparaît comme le moyen de réduire ce qu'ils estiment être l'antagonisme de l'Eglise et de l'Etat. Ce biais de l'intégration dans le complexe politico-religieux aurait donc, au dire de Saint-Yves d'Alveydre, "UNE PORTÉE INCALCULABLE DANS LA SOLUTION DIFFICILE DU PROBLÈME DE LA RÉCONCILIATION SYNARCHIQUE DES DEUX SOCIÉTÉS CIVILE ET ECCLÉSIASTIQUE". Il est étonnant de voir des catholiques qui ne restent pas insensibles à ces appels si manifestement opposés à la juridiction pontificale, et qui en termes souvent neutres et plus modernes, traduisent la continuité, la persistance et l'actualité d'un dessein déjà séculaire. Le Congrès Mondial des religions ne proposera-t-il pas en 1963 l'institution d'une ORGANISATION DES RELIGIONS UNIES sous le sigle O. R. U. qui ne cache pas ses affinités avec le mondialisme politique ?
- NEO-CHRISTIANISME
Mais il ne s'agit là que d'intégration organique. Il est évident que l'artifice d'une intégration organique (l'histoire l'a montré à maintes reprises) n'aurait finalement aucuns chance de succès auprès de l'Eglise si, pense-t-on, l'opinion catholique elle-même n'était pas entraînée vers la vision d'une possible SUPER RELIGION ADOGMATIQUE sous la forme d'un NEO-CHRISTIANISME qu'un adepte ecclésiastique de la Divine Synarchie - il y en a malheureusement - voyait se dresser "hors de Rome, contre Rome". Hiérarchie et doctrine, juridiction et magistère constituent en effet des obstacles insurmontables à toute tentative d'assimilation.
Un membre du Suprême Conseil de France, 33è du Rit Écossais, le F  Y. Marsaudon le reconnaît: "IL N'Y A PAS DE PROBLÈME A RÉSOUDRE AVEC LES ÉGLISES PROTESTANTES PAS PLUS QU'IL NE S'EN POSE ENTRE LA MAÇONNERIE ET LA SYNAGOGUE. LES DIFFICULTÉS N'EXISTENT QU'AVEC LA SEULE EGLISE ROMAINE".
C'est donc par la doctrine qu'il va falloir ériger une religion universelle ; c'est par des infiltrations, des pressions, des propagandes aidées par surcroît de certaines complicités, qu'il sera nécessaire d'accréditer l'idée d'un œcuménisme parallèle, revêtu de la forme d'un NOUVEAU CHRISTIANISME. Eh bien, l'idée n'est pas nouvelle. Revenons aux anciens Rose-Croix. Voici ce que dit Comenius leur porte-parole et le Docteur de tant de sectes Modernes :
"JUSQU'ICI ON IMAGINAIT DIFFÉRENTES ÉCOLES, SOCIÉTÉS ET FRATERNITÉS EN PHILOSOPHIE ET THÉOLOGIE, SECRÈTES OU NON SECRÈTES, MAIS SANS AUCUN PROFIT POUR LES RELIGIONS OU LES PHILOSOPHIES SI CE N'EST POUR LES PARTICULIERS. MAINTENANT QU'IL S'AGIT, D'UNIVERSEL... IL FAUDRA ÉRIGER UN COLLÈGE CATHOLIQUE DE TOUS LES SAVANTS DU MONDE, DE SORTE QUE PAR LEUR TRAVAIL ET LEUR DILIGENCE, TOUT CE QUE DIEU A DÉJÀ RÉVÉLÉ EN QUELQUE LIEU QUE CE SOIT, OU RÉVÉLERA PAR LA SUITE POUR L'ACCROISSEMENT DE LA LUMIÈRE ET DE LA VÉRITÉ, PUISSE DEVENIR COMMUN A TOUS SANS NÉGLIGER NI UN SEUL COIN DE LA TERRE, NI UNE NATION, NI UNE LANGUE, NI UNE CLASSE, NI UN ÉTAT SOCIAL".
Ces gens du XVIIè siècle savaient écrire. Car, remarquons-le en passant, ce texte est en partie ésotérique. Nous aurons l'occasion de nous en apercevoir. Pour l'instant retenons que l'idée d'un syncrétisme doctrinal et d'un COLLÈGE CATHOLIQUE de savants opposant le christianisme nouveau au catholicisme romain se trouve aussi en Saint-Yves d'Alveydre. On le trouve encore dans là déclaration du Congrès des religions en 1946 :
"IL EXISTE AU-DESSUS DES DIVERSES RELIGIONS UNE EGLISE UNIVERSELLE COMPOSÉE DE TOUS LES CROYANTS DOGMATIQUEMENT LIBRES QUI UNISSENT LEURS CONVICTIONS RELATIVES A L'EXISTENCE D'UN ETRE SUPRÊME OU PROVIDENCE, À UNE VIE FUTURE, A L'IMMORTALITÉ DE L'ÂME, AINSI QU'AU DEVOIR D'AMOUR HUMAIN PROCLAME COMME LE PREMIER PAR LES ÉGLISES ET RELIGIONS".
Ainsi parlait-on dans les milieux rosicruciens, gnostiques. Mais la même année, dans une revue confidentielle du Rit Écossais, le Grand Commandeur Riandey disait de son côté :
"LE MONDE FUTUR CRÉERA DU NEUF APRÈS AVOIR ASSIMILE LE CHRISTIANISME ET D'AUTRES FORMES ACTUELLES DE SPIRITUALITÉ ET DONNERA PEUT-ÊTRE NAISSANCE PAR ANALOGIE AVEC LE PHÉNOMÈNE PHYSIQUE DE COLLECTIVISATION TOTALE A UNE SORTE DE PANTHÉISME DANS LEQUEL SE TROUVERONT FONDUES, AMALGAMÉES TOUTES LES PENSÉES ACTUELLES REDYNAMISÉES TOUTES ENSEMBLE VERS DES OBJECTIFS ENCORE INCONCEVABLES".
Plus récemment encore, le MARTINISME, EN 1954, dans sa revue "L'Initiation", reprend le thème :
"L'HUMANITÉ LONGTEMPS SOUS L'INFLUENCE DES PARTIS RELIGIEUX ET QUI AYANT PERDU TOUTE CONFIANCE EN CES PARTIS, CHERCHE UNE RELIGION NOUVELLE, EN DEHORS DES DOGMES, DES POSTULATS, DES INFAILLIBILITÉS : RELIGION ADAPTÉE A UNE OPTIQUE SAINE ET RÉALISTE DU DEVENIR SPIRITUEL DE L'HUMANITÉ"..
- CHRISTIANISME SCIENTIFIQUE
Cette religion nouvelle, adaptée, on va lui donner une apparence œcuménique en la faisant polyvalente ; cet œcuménisme ne jaillira pas de la vérité objective et, c'est déjà une subversion à noter. Cette religion ce sera le CHRISTIANISME SCIENTIFIQUE ou plutôt un CHRISTIANISME UNIVERSEL qui n'est en réalité qu'une GNOSE ÉTENDUE. Ed. Schuré affirme que :
"LA DOCTRINE DES MYSTIQUES EST A LA SOURCE DE NOTRE CIVILISATION, QU'ELLE A CRÉÉ LES GRANDES RELIGIONS AUSSI BIEN ARYENNES QUE SÉMITIQUES, QUE LE CHRISTIANISME Y CONDUIT LE GENRE HUMAIN TOUT ENTIER PAR SA RÉSERVE ÉSOTÉRIQUE ET QUE LA SCIENCE MODERNE Y TEND POSITIVEMENT PAR L'ENSEMBLE DE SA MARCHE, QU'ENFIN ILS DOIVENT S'Y RENCONTRER COMME EN UN PORT DE JONCTION ET TROUVER LA LEUR SYNTHÈSE".
Que tout cela tende à la doctrine des mystères ésotériques c'est bien évident. Tirons-en les conséquences exotériques. Le Christ-Jésus n'est plus désormais qu'un Grand Initié ; déjà l'Incarnation du Verbe a disparu derrière l'image d'un Illuminé comme Rama-Krisnha, Hermès, mais saisi plus que tout autre PAR L'ESPRIT DU FEU INTÉRIEUR de l'univers. Il n'est plus que Modèle et Initiateur du sublime humanisme réalisé dans sa personne et c'est bien là l'esprit du rit d'initiation au 18è Rose-Croix dont on peut se faire une idée en lisant la dernière page de "l'Œcuménisme vu par un Franc-Maçon" du FYves Marsaudon. Mais le Christ-Verbe de Dieu est, lui, identifié au Cosmos par les Grands Mages dont nous avons parlé et qui demeurent les Maîtres à penser des Sectes. Le Christisrne cosmique procède d'un panthéisme qu'il serait inadéquat de ne considérer que comme émanatiste parce qu'il masque en réalité toute une THÉOGONIE ; il n'est philosophiquement qu'un produit gnostique ne révélant à l'intelligence créé qu'elle même et elle seule.
Il entraîne, par élimination du contenu de la Foi, l'obligation de ne donner aux SACREMENTS, qu'une valeur SYMBOLIQUE. Le désir des sectes d'inculquer un symbolisme obsessionnel dans la pensée catholique a pour but, en niant les réalités sacramentelles, de s'attaquer à Notre-Seigneur Jésus-Christ leur Auteur. C'est ainsi que l'EUCHARISTIE ne serait que le signe d'une communion au Christ-Cosmique-Humanité.
- LE "CHRIST-HUMANITE" – "LE CHRIST-ESPRIT"
Car le Christ en conséquence est aussi l'Humanité ; il est la totalisation "DES INNOMBRABLES HUMANITÉS VOYAGEUSES" pour employer l'expression d'un prêtre Kabbaliste, Martiniste et Gnostique l'ex-chanoine Roca (1830-1893). Rien d'étonnant dès lors que ce PANCHRIST se modifie sans cesse et se perfectionne au rythme de l'histoire, s'élargisse aux dimensions des sociétés planétaires actuellement existantes. L'humanisme idolâtrique moderne trouve là sa raison : tout le temporel en mouvement n'est qu'enfantement du Christ-Social. Tout dialogue pour le chrétien devra se transmuer en communion à l'humain désormais sacralisé, divinisé quel qu'il soit, individuel et surtout collectif. La démocratie qui ne sera plus un régime distinct du Pouvoir sera elle-même le pouvoir divin absolu et non pas seulement en politique ; LA DÉMOCRATIE RELIGIEUSE ou si l'on veut la démo-idéocratie du Pacte Synarchique réalisera pleinement le Christianisme dans et par l'économique et le social. Le Christianisme se réalisera aussi selon des modalités diverses dans toutes les croyances.
"SEULE, dit ED. SCHURE, L'ENTENTE DE TOUTES LES GRANDES RELIGIONS PAR UN RETOUR À LEUR SOURCE COMMUNE D'INSPIRATION PEUT ASSURER LA FRATERNITÉ DES PEUPLES ET L'AVENIR DE L'HUMANITÉ ".
Leur égalité fondamentale postulera donc la liberté morale pour tout homme de pratiquer la religion de son choix. Ce n'est pas en effet le droit de la Vérité qui fonde, comme l'Eglise l'enseigne, la liberté religieuse, c'est, pour les sectes, l'égalité fondamentale de toutes les religions qui postule la vérité de sorte qu'elles érigent en fait au-dessus de tout L'UNIQUE RELIGION DE LA LIBERTÉ, C'EST-À-DIRE DE L'HOMME LUI-MÊME. "IL EST DONC POSSIBLE, LIT-ON, DANS LE SYMBOLISME QUE LA RELIGION DE L'AVENIR FERA DE CHAQUE FIDÈLE SON PROPRE PRÊTRE ET QU'ELLE S'ADRESSERA A DES ESPRITS AMBITIEUX DE CHERCHER LA VÉRITÉ PAR LEURS PROPRES MOYENS ET A LEURS RISQUES ET PÉRILS". Cette recherche et ce pluralisme supprimant d'un trait, bien entendu, le magistère, sont appelés à devenir le moteur de "LA MARCHE A L'ESPRIT " dont parle Teilhard de Chardin cité avec complaisance par le FNaudon du Suprême Conseil de France, tandis que le Souverain Grand Commandeur Riandey en précise la progression par L'INITIATISME JUSQU'À IDENTIFICATION DE L'ETRE AVEC L'ESPRIT. "N'EST-CE PAS PAR LA SUPPRESSION, DIT P. NAUDON, DE LA SIMPLISTE OPPOSITION ENTRE LE MATÉRIALISME ET LE SPIRITUALISME LE RETOUR A LA LOI DU MENTALISME QUE PROCLAMAIT HERMÈS (Trisméjiste), LE TOUT EST ESPRIT, L'UNIVERS EST MENTAL" ?
Et voilà la Noogenèse qui n'est pas croyons-le une invention de Teilhard de Chardin. Tel texte de l'ex-chanoine gnostique déjà, cité dont Teilhard semble avoir recueilli l'héritage nous le confirmerait et nous verrons ce qu'il faut entendre par cet Esprit dans les Hautes Sectes. Pour l'instant, constatons qu'elles ont su répandre, par mille canaux d'infiltration, les accusations si souvent portées contre l'Eglise romaine d'être infidèle à l' "Esprit". On lui reproche donc ses insuffisances, la prison des dogmes où L'IMPERIALAT LATIN, pour dire comme Saint-Yves d'Alveydre, enferme les consciences ; on réclame à grand bruit un "retour aux sources" par quoi les puissances occultes, qui cependant dénigrent la tradition patristique et conciliaire veulent rouvrir les écluses du gnosticisme. Elles prétendent amener le Christianisme à L'EGLISE ÉSOTÉRIQUE DE JEAN en parodiant la CHARITÉ. Se disant "TOUJOURS PLUS PROCHES DE LA PENSÉE DE JESUS QUE NE L'ONT ÉTÉ LES SOUTIENS DE L'INTOLÉRANCE", elles attaquent la Curie romaine, baptisée par l'un d'eux de "CENTURIONS ROUGES" siégeant, pour dire comme le FMarsaudon, "SOUS LES LAMBRIS DORES DU VATICAN" ; on attaque sa hiérarchie, mais surtout le Pontife Romain, car c'est lui le principal objet de leurs efforts destructeurs dont la folie va jusqu'à faire dire à l'ex-chanoine Roca en 1889 :
"UNE IMMOLATION SE PRÉPARE QUI EXPIERA SOLENNELLEMENT. LA PAPAUTÉ SUCCOMBERA ; ELLE MOURRA SOUS LE COUTEAU SACRE QUE FORGERONT LES PÈRES DU DERNIER CONCILE. LE CÉSAR PAPAL EST UNE HOSTIE COURONNÉE POUR LE SACRIFICE".
III. – L'ÉGLISE NOUVELLE
Mais de cette Eglise nouvelle, inaugurant l'ordre nouveau, ce "NOVUS ORDO SAECULORUM" selon la devise des sectes, quel est donc le Credo ? Car, on le devine, ce n'est pas du pluralisme qu'on peut tirer logiquement un oecuménisme qui soit "A LA MESURE, DIT LE FPAUL NAUDON, DE L'HUMAIN ET DE L'INFINI, DU TEMPS ET DE L'ÉTERNEL, DU CŒUR ET DE LA RAISON DANS CETTE VASTE RECHERCHE VERS L'OMÉGA FINAL". Alors, quelle est la cause dynamique et l'objectif ultime ? L'Esprit ? Mais encore, quel est-il cet Esprit ? Quel peut être ce dieu auquel on voue une religion conviant toutes les autres au rendez-vous de l'Unité dans le christianisme scientifique ? Et d'abord quelle est cette science ?
Écoutons, entre autres, Ed. Schuré citant avec éloge un passage très clair d'un ouvrage paru en 1882:
"LA DOCTRINE ÉSOTÉRIQUE N'EST PAS SEULEMENT UNE SCIENCE, UNE PHILOSOPHIE, UNE MORALE, UNE RELIGION. ELLE EST LA SCIENCE, LA PHILOSOPHIE, LA MORALE, LA RELIGION DONT TOUTES AUTRES SONT DES PRÉPARATIONS OU DES DÉGÉNÉRESCENCES, DES EXPRESSIONS PARTIELLES OU FAUSSÉES SELON QU'ELLES Y ACHEMINENT OU EN DÉRIVENT".
Telle est la "science", la pseudo-science, sous-jacente au nouveau Christianisme et qu'à grand renfort de publicité vulgarisent des publications aussi fantaisistes que " Planète" par exemple. Tel est ce Christianisme. C'est " LE MONISME INTELLECTUEL, LE SPIRITUALISME ÉVOLUTIF ET TRANSCENDANT" (Schuré) couronné par toute une théogonie au sommet de laquelle, qu'on l'appelle l'En-Soph de la Kabbale ou l'Absolu de Schelling se tient l'Inconnaissable, l'indéfinissable, l'imprononçable, inaccessible à l'intelligence par une révélation surnaturelle extérieure, mais qui, remarquable contradiction, se dévoile à la connaissance par évolution en un TERNAIRE ANDROGYNE : Le Père, le Fils et la Sophia-Esprit. Par évolution encore mais à l'extérieur s'ajoute un quatrième terme panthéistique : "L'ETRE HOMINAL IMMORTEL", humanité collective que "GLORIFIE LE SEIGNEUR DU MONDE". Voilà pourquoi :
"LA RÉVOLUTION MONDIALE, DIT LE PACTE SYNARCHIQUE, PORTE LES PEUPLES EN UN MOUVEMENT IRRÉSISTIBLE VERS UNE HAUTE CIVILISATION MARQUÉE DU SCEAU DE L'HUMANISME UNIVERSEL JUSQU'À LA RÉVÉLATION SACRIFICIELLE DE L'HOMME SUR TOUS LES PLANS DE LA VIE ET DANS TOUS LES PEUPLES".
Voilà pourquoi, le Souverain Grand Commandeur Riandey nous annonce un humanisme gros de l'abolition de la personnalité. Cet homme universel n'a pas besoin de RÉDEMPTION ou plutôt il se rédime lui-même en se révélant au cours d'une évolution sacrificielle diamétralement opposée à l'amour de Dieu descendant sur chacun de nous ses créatures avec la paix du Christ ! Car à travers les littératures et philosophies dites humanistes sacralisant tout le temporel humain, le divinisant, à travers les déclamations humanitaires de la démocratie, de l'économie planifiée, à travers tout cela qui n'empêche ni les violences concentrationnaires, ni les déplacements des populations, ni les tueries pour de soi-disant indépendances nationalistes, chacun pourra déceler L'HUMANISME INITIATIQUE versant incognito dans les intelligences et dans les coeurs la mystique insensée de "L'ULTRA HUMAIN" que le schéma de l'Archétype social, autre document synarchique, définit cyniquement "L'INDIVIDU FONDU DANS LA THÉOCRATIE MONDIALE ET DÉPERSONNALISE".
- UNE THÉOCRATIE POLITICO-RELIGIEUSE - L'O. N. U.
Il s'agit bien en effet d'une théocratie. L'intégration universelle sous un gouvernement mondial, ne serait pour les sectes que l'appareil visible d'un gouvernement occulte dont on parle déjà plus ou moins ouvertement en deçà et au-delà de l'Atlantique. Cette théocratie réaliserait le COMPLEXE POLITICO-RELIGIEUX DE L'IMPERIUM MUNDI recherché. Au dessus du ternaire androgyne nous évoquions le principe initial, spirituel, imprononçable qu'un des plus grands docteurs des Hautes-Maçonneries modernes le F. ALBERT PIKE, fondateur du néo-Palladisme théurgique, identifie à l'âme du monde pensante et intelligente. C'est cette intelligence universelle qu'invoquent, par exemple, les fameux "MASTERS OF WISDOM" maîtres de la sagesse parmi lesquels figurent de très hauts personnages. C'est à elle qu'un projet formé il y a quelques années, sous le patronage de personnalités bien connues de la politique internationale, envisage d'ériger un temple.
Mais qui est ce principe ? Qui donc, pour employer le langage de l'Archétype social est le "SEIGNEUR DU MONDE A CARACTÈRES DIVINS SANS COMMUNE MESURE AVEC L'HUMANITÉ"?
"ICI, NOUS DIT ENCORE A. PIKE, S'ARRÊTE LA MAÇONNERIE". Les Frères n'y sont pas initiés. S'ils veulent franchir cette barrière ésotérique, s'ils veulent, dépassant la hiérarchie, devenir Mages ou Grands Théurges, il leur faut s'initier aux grands mystères :
"AU-DESSUS DU 33è DEGRÉ MAÇONNIQUE, ÉCRIVAIT SAINT-YVES D'ALVEYDRE, IL Y A PLACE POUR UN ENSEIGNEMENT UNIVERSEL DONT LES LIVRES EXISTENT BIEN QU'ILS NE SOIENT PAS ACTUELLEMENT DANS LA MAÇONNERIE".
Dans les instructions secrètes de Charlestown aux Suprêmes Conseils, à la fin du siècle dernier, on pouvait déceler, dans le dualisme plus apparent que réel des Hautes Sectes, le choix de la divinité suprême: "NOTRE SCIENCE NOUS VIENT DES MAGES ADORATEURS D'ORMUZD, NOM PERSAN, DU PRINCIPE DU BIEN, DU GÉNIE, DE LA LUMIÈRE" ; les anciens Rose-Croix se disaient porte-Lumière". Ce génie de la lumière, Claude de Saint-Martin va nous le faire découvrir sans cependant le nommer :
"Que ne puis-je déposer ici le voile dont je me couvre, et prononcer le NOM de cette cause bienfaisante, la force et l'excellence même, sur laquelle je voudrais pouvoir fixer les yeux de tout l'univers ! Mais quoique cet être ineffable, la clef de la nature, l'amour et la joie des simples, le flambeau des sages, et même le secret appui des aveugles, ne cesse de soutenir l'homme dans tous ses pas, comme il soutient et dirige tous les actes de l'univers, cependant le NOM qui le ferait le mieux connaître, suffirait, si je le proférais, pour que le plus grand nombre dédaignât d'ajouter foi à ses VERTUS et se défiât de toute ma doctrine ainsi le désigner plus clairement, ce serait éloigner le but que j'aurais de le faire honorer.
"Je préfère donc de m'en reposer sur la pénétration de mes lecteurs, très persuadé que malgré les enveloppes dont j'ai couvert la vérité, les hommes INTELLIGENTS pourront la comprendre, que les hommes vrais pourront la goûter, et même que les hommes corrompus ne pourront au moins s'empêcher de la sentir".
(Claude de Saint-Martin, "Des erreurs et de la Vérité" Édimbourg, 1782, 2° partie, p. 230).
Accéder à son culte, connaître les arcanes de son infernale théologie, relève de la plus haute CONNAISSANCE initiatique qui n'est pas à la portée de tous. A. PIKE en avertit les Francs-Maçons eux-mêmes :
"SI VOUS DÉSIREZ TROUVER LE SANCTUAIRE ET MÉRITER D'Y ETRE ADMIS, NOUS VOUS EN AVONS ASSEZ DIT POUR VOUS MONTRER LE CHEMIN, SI VOUS NE LE DÉSIREZ PAS IL EST INUTILE QUE NOUS VOUS EN DISIONS DAVANTAGE".
La raison de ce silence, c'est qu'ils ont fait de Lucifer le dieu bon opposé à Adonai le Dieu de l'Ecriture.
Telle est cette théocratie mondiale, ce gouvernement occulte dont les dignitaires seront les Mages ou les Sages qui, selon Oswald Wirth,
"NE CONSERVENT DE L'HUMANITÉ QUE TOUT JUSTE L'ASPECT EXTÉRIEUR MAIS DONT L'ESPRIT ÉMANCIPE S'ÉLÈVE À DES HAUTEURS INOUÏES OU L'HOMME EST TRANSFORME EN DEMI DIEU".
L'orgueil du "TRANS–HUMAIN", de la "SURHUMANITE" disait Teilhard, a pénétré, maintenant dans les milieux qui entreprennent de diriger le monde. Déjà en 1935, Sir Stanley Baldwin, ministre britannique disait :
"LES ÉTATS, FUT-CE LA COURONNE D'ANGLETERRE NE SONT PLUS MAÎTRES DE LEUR DESTINÉE, DES PUISSANCES QUI NOUS ÉCHAPPENT FONT JOUER DANS MON PAYS COMME AILLEURS DES INTÉRÊTS PARTICULIERS ET UN IDÉALISME ABERRANT".
Il y a depuis plusieurs années dans les locaux de l'O.N.U. une chambre dite de MÉDITATION dont on voit la photographie dans l'hebdomadaire "MATCH" du 9 Octobre 1965. On la présente comme l'oratoire du Dieu que chacun veut bien y mettre en y entrant.
- L'O.N.U.
Ce n'est pas vrai !
Cette chambre de méditation (OU D'ILLUMINATION) est un temple maçonnique dont les symboles, quoique discrètement figurés, sont reconnaissables : la spirale, la ligne droite qui la traverse, la lune, le "carré long", la pierre cubique couverte d'or sur laquelle joue un rayon lumineux. En 1962 on lisait déjà dans un journal américain :
"A NEW YORK CITY, LES AMIS DE LA CHAMBRE DE MÉDITATION TIENNENT RÉGULIÈREMENT UNE LONGUE RÉUNION DANS LA CHAMBRE DE MÉDITATION DE L'O.N.U. AU CENTRE DE CE TEMPLE, UN RAYON DE LUMIÈRE JOUE SUR DE L'OR POLI. LE 24 AVRIL 1957 QUAND LA CHAMBRE DE MÉDITATION FUT ROUVERTE, DAG-HAMARSKJOLD, DERNIER SECRÉTAIRE DE L'O.N.U. DÉCRIVAIT CETTE PIERRE PAÏENNE COMME UN AUTEL A L'UNIVERSELLE RELIGION. "L'AUTEL EST LE SYMBOLE DU DIEU DE TOUTE CHOSE DISAIT-IL".
Si au fond des projets d'organisation ou des institutions humaines les moins parfaites il y a presque toujours des dispositions raisonnables que leurs auteurs, quels qu'ils soient, n'auraient eu garde d'omettre sans manquer de jugement, si une unité européenne quelconque est désirable, si l'unité du genre humain, qui n'est pas un vain mot, rendent opportuns, en l'état actuel des choses, des organismes internationaux, admettons-en loyalement le principe. Mais encore faut-il que des puissances occultes, ambitieuses de gouverner la planète, ne détournent par ces organismes de la fin spirituelle des hommes, de la vocation des hommes à connaître, servir et aimer le vrai Dieu. Or, la crise que traverse le monde, qu'on le veuille ou non, pose, chacun le sent, une terrible alternative dont la résolution décidera prochainement, n'hésitons pas à le dire, de la paix et du sort de l'humanité. Qu'on le veuille ou non, c'est moins le principe de ces institutions qui est immédiatement en cause que la réponse des hommes pour ou contre Dieu devant l'imminence d'événements dont l'heure approche. Et ces événements, dans l'esprit des sectes, doivent avoir pour résultat d'instaurer "L'AUTORITÉ D'UN AGENT UNIQUE, RÉGULATEUR ET COORDINATEUR UNIVERSEL" dit un grand commandeur de la Franc-Maçonnerie du rit écossais qui ajoute :
"PAR QUEL MOYEN CET AGENT S'IMPOSERA-T-IL ? PROBABLEMENT PAR LA GUERRE, PAR UNE TROISIÈME ET ESPÉRONS-LE DERNIÈRE CONVULSION MONDIALE".
Ces paroles maçonniques s'accordent à celles qui furent dites quatre ans plus tard, en 1950, devant le Sénat américain :
"NOUS AURONS LE GOUVERNEMENT MONDIAL... PAR CONSENTEMENT OU PAR CONQUÊTE".
Si le but ultime, le "Grand Œuvre " des forces occultes demeure ce complexe politico-religieux, il serait bien léger de ne pas s'attendre dans un proche avenir à des événements internationaux qui ne seraient liés en quelque manière subversive à la question religieuse.
"NOUS NE POUVONS IGNORER LE CONCILE ET SES CONSÉQUENCES " a écrit le F Marsaudon. Maintenant, croyons-le bien, nous en sommes à la plus formidable des guerres de religion mais qui ne veut pas se nommer. Le monde en est là. Si la foi nous donne de sereines certitudes sur la pérennité de l'Eglise, notre personnel salut et notre devoir de coopération à l'œuvre de Dieu ne nous obligent pas moins à une fidélité que nous pouvons résumer en trois points essentiels : l'Eucharistie, la Vierge Marie, le Pape.
- NOTRE FIDÉLITÉ - LE PONTIFE ROMAIN, NOTRE-DAME ET L'EUCHARISTIE.
Le Pontife Romain ! Ce qu'il nous faut retenir de sa présence à l'Assemblée des Nations, en cette enceinte où se cache le fameux temple, au seuil d'un avenir maintenant très proche dont on ne semble pas encore soupçonner toute la gravité, c'est que, dans une perspective surnaturelle, cette présence seule apparaît dans la trame des faits comme un signe prémonitoire du Souverain Amour inquiet du sort des peuples entraînés malgré eux vers les voies sans recours de politiques inhumaines. Silhouette blanche, auréolée de l'humilité et de la charité du Sauveur des hommes il est allé les adjurant de vivre dans la paix. Leurs chefs voudront-ils reconnaître le signe ? Car, représentant du Christ, et Chef visible de Son Eglise, il ne leur a pas demandé les sceptres de la terre : cette présence par elle-même leur offrait non pas le pseudo-christianisme, l' "universelle religion" des sectes, simulatrice et offensante au vrai Dieu, mais l'Eglise de toujours, celle d'hier, d'aujourd'hui, de demain présente au monde par sa nature même, telle que l'a faite et voulue Son Fondateur, c'est-à-dire dépositaire de la Vérité. Il leur a dit que "le Dieu de I'Univers et de la Paix est pour nous et pour tous ceux qui accueillent l'ineffable révélation que le Christ a faite de Lui, c'est le Dieu vivant, le Père de tous les hommes".
Mais en leur offrant ainsi la présence de l'Eglise, ne leur offrait-il pas en conséquence, répondant à nos angoisses et prévenant des erreurs mortelles, le Mystérium Fidei ? La foi inébranlable en la présence réelle - et singulière dit le Concile de Trente - de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, n'est-ce pas la réplique transcendante, absolue, définitive à ce "Christ-Cosmique", ce "Christ-Social", ce "Christ-Esprit" qui corrompent tant d'intelligences et vont à perdre tant d'âmes ? Et en face de l'impure Sophia du ternaire blasphématoire, animant la Materia Matrix d'où monte l'orgueil évoluteur des sens et de l'intelligence et qui, prétend-on, doit tout rénover dans I' "éternel féminin", se dresse la Très Pure Mère de Jésus, Verbe Incarné par amour, déclarée Reine du Monde par Pie XII. C'est sur Elle en effet que se fonde notre salut et celui de I'Eglise, car Paul VI a proclamé :
MARIE, MÈRE DE L'EGLISE
Mais finalement, on en viendrait à vouloir devenir synarchiste. Curieux pour un texte anti-synarchiste.....NON?
Amitié. Dush.










