Bonjour tout le monde, et bienvenue à Pierre_1, Camélia et Marion3...
J'avoue que cette histoire de libre arbitre ne cesse de me chiffonner. Et pour cause ! Le sujet a toujours divisé les penseurs, entre déterministes et libertaires. Je crois qu'une origine possible de ce problème vient de la confusion entre libre arbitre et liberté. Si le libre arbitre est la liberté de choisir que l'individu peut se donner face à une situation donnée, cette liberté ne peut être finalement que relative.
Pierre_1 souligne avec perspicacité que parmi les choix qu'on peut être amenés à faire, il en est qui sont conditionnés. Dans ce cas, dans quelle mesure peut-on dire qu'on a véritablement usé de notre libre arbitre? D'ailleurs tout un chacun sait qu'un choix peut être influencé, sans compter qu'il peut tout bonnement résulter de l'effet d'une manipulation.
Dans beaucoup de religions, mais surtout dans la littérature New Age, le libre arbitre est généralement présenté comme un Pouvoir absolu dont les hommes disposent, leur permettant de "contrôler leur destinée", qu'il leur ait été octroyé par le bon dieu ou par la nature. Cependant, peu osent expliquer dans le détail ce qu'est ce libre arbitre. On sait que la philosophie occidentale s'y est cassée les dents, et que les enseignements orientaux l'englobent d'un karma d'où il est difficile de faire la part du déterminisme.
Certaines tendances vont même jusqu'à nier qu'il puisse y avoir le moindre libre arbitre, et que tout est "écrit", comme le faisait remarquer manu. A ce titre, on aimerait bien avoir plus amples développements. Mais on pourra faire le rapprochement avec la notion de conscience telle que présentée par les ummites dans la célèbre lettre 371. L'univers serait "meublé" par toutes les possibilités, mais elles demeurent dans le noir spatio-temporel. Seules celles qui sont éclairées par notre conscience, qui jouerait en quelque sorte le rôle d'une lanterne dans un "tunnel spatio-temporel", nous sont accessibles.
Autrement dit, tout est "écrit", et notre libre arbitre ne serait que le cheminement que nous permet notre conscience dans le fatras de meubles déjà existants!
Citation
considérant notre "moi" comme un grand tunnel spatio-temporel, la conscience va en ILLUMINANT les sections successives de cette grande galerie. Nous pouvons imaginer que ce tunnel possède de nombreuses portes ; chacune d'elles représente l'organe neurocepteur lui-même tout au long des instants successifs.
Par la porte (les portes : au long du temps : la Vue par exemple) entrent des images successives. Notre cerveau va en s'enrichissant de perceptions visuelles. Chaque jour qui passe j'ai vu un nouveau visage, un objet que n'avais pas vu auparavant.
La galerie va en s'enrichissant "d'objets", de "meubles".
[...]
Quand un homme avec sa lanterne illumine une section du grand tunnel (homme spatio-temporel), il capte non seulement le "meuble" qui vient d'entrer par cette porte (image nouvelle perçue) mais également par l'intermédiaire d'un "miroir" : la MÉMOIRE, les "meubles" qui sont DERRIÈRE (jamais ceux de devant : le futur).
La conscience est donc séquentielle, elle progresse dans le temps grâce à la structure filamenteuse (chaîne ou fil) des I.U. de notre ÂME)
http://perso.wanadoo...sentiels/n3.htm
Lorsque Camélia met en doute que l'homme puisse faire le moindre choix , elle ne fait que renforcer ce déterminisme qu'on croyait jusqu'à présent réservé aux phénomènes physiques. Or, voilà justement que la physique elle-même vient de remettre ce principe en cause, à travers la mécanique quantique. Comment dès lors peut-on acculer l'homme doué de conscience (à moins qu'on ne la reconnaisse pas, comme le font certains scientistes) à une espèce de déterminisme primaire, où il ne serait qu'un "automate intelligent" dans le meilleur des cas?
Alors, y a-t-il libre arbitre ou pas?
Citation
Considérons le problème sous un autre angle, celui du vécu conscient : qu’est-ce qui atteste l’existence d’un libre-arbitre ? Nous faisons une expérience claire de notre pouvoir de choisir. Nous éprouvons ce pouvoir en présence de plusieurs possibles qui s’offrent à nous. Nous percevons en nous une volonté libre, réfléchie, maîtresse d’elle-même et nous avons même un sentiment vif de notre liberté et de notre indépendance. Cette expérience consciente se suffit à elle-même pour attester de la présence de la liberté en l’homme. « La liberté de notre volonté se connaît sans preuve, par la seule expérience que nous en avons ». Autrement dit, la preuve de la liberté, c’est la liberté elle-même en acte, telle que nous la rencontrons dans notre expérience.
Cette liberté de fait se fonde sur la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir qui appartient au moi de manière très intime. Mais encore faut-il que cette puissance soit exercée comme il faut. Pour que nos actes soient libres, il est important que l’action soit spontanée, mais aussi qu’elle soit délibérée. Il ne s’agit pas seulement de dire que nous avons les coudées franches et une latitude de mouvement pour agir, mais surtout de se demander si l’esprit est libre dans l’action. Or c’est bien cette liberté que nous perdons quand nous sommes submergés par les émotions, quand nous suivons une suggestion inconsciente sans nous en rendre compte, quand la passion nous pousse là où elle veut aller et où nous ne faisons que suivre. Le joueur invétéré ne choisit plus d’aller à la table de jeu. Il y est conduit malgré lui. Il ne peut plus faire autrement. Il ne peut pas s’empêcher d’y aller. La fascination du jeu l’emporte et il n’est plus alors qu’un automate dont toutes les réactions sont réglées par avance. Ses actes sont très prévisibles : on sait ce qu’il adviendra de sa contrariété s’il est empêché d’assouvir sa passion : ses actes sont de part en part conditionnés.
L’homme libre doit conserver sa lucidité devant le réel, son pouvoir de délibération, car s’il perdait toute lucidité et tout pouvoir de délibération, il perdrait du même coup sa liberté. Tout se joue donc au niveau de la disponibilité à elle-même de l’intelligence. Où bien je me soumets aveuglément aux mobiles sensibles de la séduction du plaisir, de l’attrait du désir, ou bien je ne me laisse déterminer que par des motifs intellectuels qui résultent d’une considération juste et saine de la situation d’expérience actuelle. Pour que je puisse juger sainement, il faut que mon intelligence garde son indépendance, observe un retrait et ne soit pas asservi au domaine des sens. C’est là une exigence élevée, mais ce pouvoir est peut-être en nous. C’est pour Descartes une évidence incontestable : « il est évident que nous avons une volonté libre qui peut donner son consentement ou ne pas le donner quand bon lui semble, que cela peut-être compté pour une de nos plus commune notions ». La volonté s’appartient à elle-même, parce que la conscience s’appartient à elle-même.
http://perso.club-in...rs/liberte2.htm
Il ne suffirait donc pas d'être intelligent pour exercer son libre arbitre (ce qui exclurait tous les animaux de facto?), mais il faudrait que cette intelligence fasse une réflexion sur elle même , qu'elle soit dotée de volonté, et que
cette volonté s'appartienne à elle-même ! N'est-ce pas là une définition d'un libre arbitre absolu?
Qui peut prétendre faire tous ses choix, prendre toutes ses décisions, en véritable connaissance de cause, en son "âme et conscience"? Qui sait exactement ce qui se trame au niveau de l'esprit, pour ne pas parler du monde des esprits?
Citation
Si intelligents que nous soyons, ou que nous croyons être, nous devons convenir qu'il y a peut-être autour de nous des êtres plus lucides que nous, et des modes de perception auxquels nous restons fermés. Non sens, nous le savons, ne perçoivent qu'une partie des choses. Nous sommes victimes d'une formation physique et intellectuelle qui nous empêche de réaliser certains états ou certains phénomènes. Les mondes à 4 dimensions sont capables de prévoir les événements qui nous attendant ainsi que la malchance ou la chance qui en résultera pour chacun de nous. Dans une pareille hypothèse, les influences astrales constitueraient des repères dont nous pourrions nous servir pour expliquer logiquement certains faits. L'Astrologie ne serait alors rien de plus que l'ensemble des réflexes conditionnés que l'homme parvient à maîtriser intelligent.
http://astrorian.meg...brearbitre.html
C'est pourquoi la relativistion du libre abitre, telle que prônée dans certains enseignements orientaux, semble offrir une explication plus mesurée, plus équilibrée.
Citation
Il faut donc que la première question soit : existe-t-il ou non du libre arbitre ? Cette philosophie semble nier le pouvoir de l’homme de choisir. Le libre arbitre impliquerait le fait que l’homme puisse être tout ce qu’il veut être. Cette chose est évidemment impossible. Il a le droit de choisir seulement entre les choses qu’il est capable de réaliser. De même qu’il existe de différents niveaux des capacités de chacun, le pouvoir de choisir est différent pour chacun en partie.
Le pouvoir de choisir est le privilège de sélectionner ce qui te semble être opportun de plusieurs variantes possibles. Ce pouvoir de choisir est, dans un certain sens, le dharma ou le droit d’interpréter et de sélectionner certains éléments karmiques. Par exemple : on parle de karma lorsque quelqu’un fait une excursion; on parle de dharma lorsqu’il choisit les moyens de transport et jusqu’à un certain point, l’endroit où il veut aller. Une fois accumulée les connaissances de cette excursion, le dharma signifie leur utilisation pour arriver au bout du voyage. Mais si pour atteinte son but, il commet des fautes contre les lois naturelles, l’accumulation de karma de souffrance est inévitable. Le dharma est l’action, le karma est la réaction. Une fois réalisée l’action, la réaction est inévitable. Chacun a un certain contrôle sur une action, pour cette raison nous pouvons dire que cette philosophie n’est pas fataliste en ce qui concerne l’action, mais elle est fataliste en ce qui concerne la prédétermination des conséquences.
http://yogaesoteric....tem=245&lang=FR
A suivre...