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Nouvelles de la conférence de Cancun


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2 réponses dans ce topic

#1 Patience

Patience

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Posté 18 septembre 2003 à 22:01

Bonjour à tous, :D
Voici un compte-rendu de la fin de la conférence de Cancun, vue par Raoul Jennar et suivi par une analyse en forme de billet d'humeur de Gérard Onesta.

En très résumé : :rolleyes:

Citation

Victoire des pays du Sud, grâce à leur regroupement, mais victoire dans le refus et non dans l'acceptation d'un commerce plus équitable (en commençant par l'agriculture).
L'Union Européenne s'est conduite comme une vraie puissance néo-coloniale, c'est à dire par une domination via l'économique, elle a presque dépassé les Etats-Unis en pressions et magouilles sur certains des pays regroupés. Et sous la conduite de qui ???
Pascal Lamy [...].
Benoist Magnat

Bonne lecture,  :wink:
Patience



NOUVELLES DE CANCUN (5)
Cancun, Mexique, 14 septembre 2003

UNE PROCEDURE NON DEMOCRATIQUE ET NON TRANSPARENTE

La conférence est entrée dans sa phase critique. Mais peut-être est-ce utile de rappeler la procédure dans ses aspects formels et informels.

En principe, un document préparatoire (le projet de déclaration ministérielle qui doit être adopté par la conférence) est préparé au siège de l’OMC, à Genève et il doit être, avant que l’OMC l’envoie à la conférence ministérielle, approuvé par tous les Etats membres représentés au sein du Conseil général qui rassemble tous les ambassadeurs. Dans la réalité, depuis la préparation de la précédente conférence ministérielle qui s’est tenue à Doha, il en va autrement. Vu la volonté des pays riches d’imposer de nouvelles avancées dans le libre-échange et la privatisation de toutes les activités humaines, un consensus n’est plus réuni. Aussi, c’est le président du Conseil général (présidence tournante : cette fois, c’est le Mexique) qui, sous sa seule responsabilité, décide d’envoyer un texte de son crû à la conférence. Avant Doha, comme avant Cancún, la particularité dominante de ce texte sur lequel la conférence va négocier, c’est qu’il rencontre très largement les attentes des pays riches et  peu, voire fort peu, celles des pays en développement. Avant Doha, ce texte n’évoquait même pas des positions alternatives présentées par d’autres pays. Pour Cancún, le texte, dans certains cas, présentait deux options possibles.

Arrivés à Cancún, les ministres se sont exprimés sur ce texte. En séance plénière, ils se succèdent dans des discours que personne ou quasiment n’écoute. Dans les cinq groupes de travail créés à l’ouverture de la conférence, les points de vue ont été plus explicites. De mercredi à vendredi soir, c’est ce qui s’est passé. Les points de vue ont été exprimés dans les cinq groupes et on a pu mesurer la profondeur des divergences.

Phénomène nouveau : des coalitions de pays se sont créées par matières afin de mieux faire contre-poids aux poids lourds que sont les Etats-Unis, l’Union européenne et leurs alliés (Australie, Canada, Hong Kong – entité restée distincte à l’OMC qui ne reconnaît que des “zones douanières”, étrange définition pour des pays et des peuples – Japon, Nouvelle-Zélande, Singapour, Taiwan…). On peut dire que le bloc occidental ne néglige rien pour provoquer l’éclatement de ces coalitions. En vain. Jusqu’à présent.

Vendredi soir, les présidents de ces groupes de travail, qu’on appelle ici des “facilitateurs” (mais pour faciliter quoi ?) ont fait rapport au président du Conseil général et ont fourni des textes destinés à amender le projet de déclaration. Une nouvelle version de ce dernier a été rédigée dans la nuit de vendredi à samedi. Elle a été distribuée à toutes les délégations samedi vers 14H alors que, j’en ai eu confirmation par un membre de la délégation européenne, les délégations occidentales en possédaient un exemplaire dès 11H.

C’est ce texte qui fait l’objet d’intenses négociations. Celles-ci ne se déroulent plus dans les groupes de travail. Formellement, elles se déroulent dans des réunions appelées “réunions des chefs de délégation.” En fait, elles se déroulent dans des réunions informelles où sont convoqués les principaux protagonistes, choisis à la discrétion de l’Europe et des USA. Par référence à la couleur du bureau du directeur général de l’OMC dans les premières années de l’existence de cette organisation, on les appelle “green room meetings,” puisque c’est dans ce bureau qu’à Genève ont lieu de telles réunions. Ces réunions se déroulent à huis-clos. Seuls les ministres invités peuvent y assister accompagnés ou non de leurs experts.

La première réunion de ce genre s’est tenue pendant la nuit de samedi à dimanche. On y a discuté agriculture et nouvelles matières. Une deuxième “green room” a commencé dimanche matin vers 9H. Pendant ce temps, entre Européens, les consultations se multiplient : réunions du Comité 133, réunions du Conseil des Ministres. On y perçoit parfois des divisions, mais la règle, c’est le soutien à la Commission européenne et la volonté de taire les divergences. Les prétendus exercices de transparence effectués par certaines délégations qui invitent sporadiquement la “société civile” (organisations patronales, syndicats, ONG) contribuent plus à l’intoxication voulue par les Européens qu’à un véritable partage d’une réelle information. La langue de bois est le langage usuel. Par contre, des contacts individuels sont plus productifs…

Les réunions “green room” vont se poursuivre jusqu’à ce que, soit les négociateurs se résignent à constater l’impasse (réelle si on s’en tient aux déclarations et communiqués des différentes parties en présence) et suspendent les travaux (comme à Seattle), soit parviennent à dégager un texte qui fasse le consensus (comme à Doha). Dans cette dernière hypothèse, l’accord sera confirmé par une réunion des chefs de délégation. Il semble que les blocages actuels conduisent à une prolongation de la conférence au-delà de dimanche soir.



UN ACCORD COUSU MAIN POUR LES USA ?

Une analyse du nouveau projet de déclaration ministérielle tend à conclure qu’il s’agit d’un texte qui convienne plutôt globalement aux Etats-Unis. En effet, sur les principales matières, les propositions se rapprochent plus des positions exprimées par la délégation américaine que de toutes les autres. L’unilatéralisme américain semble avoir pesé davantage que l’unilatéralement européen pour l’auteur du texte, représentant du Mexique, il faut le rappeler. Il faut se souvenir aussi que le Mexique est signataire de l’ALENA, un accord de libre-échange qui va plus loin que les accords de l’OMC dans la marchandisation des rapports humains. Reprenons les principaux sujets  :



AGRICULTURE

Le texte aggrave le caractère déjà déséquilibré du plus déséquilibre des accords de l’OMC. Ce qu’il accentue, c’est la mise sous contrôle de la paysannerie mondiale, au Sud et au Nord par les entreprises agro-alimentaires (très présentes ici).

Sur le fond, le texte diffère peu du projet initial. Il continue pour l’essentiel de reproduire la proposition commune USA-UE qui ne s’engage pratiquement pas en terme de réduction des subventions, ni en ce qui concerne les montants, ni en ce qui concerne le calendrier. La clause de paix, qui interdit aux pays qui respectent les règles de l’OMC de déposer plainte contre ceux qui ne les respectent pas (Union européenne et USA) est prorogée pour une durée qui n’est pas précisée. Certaines dispositions du texte aggravent les propositions initiales. Quelques concessions mineures sont faites aux pays en développement que le ministre français de l’agriculture a déjà considérées comme inacceptables.



NOUVELLES MATIERES

Alors que 70 pays membres de l’OMC (sur 146) ont formellement fait savoir, par écrit, qu’ils s’opposaient à l’ouverture de négociations sur ces matières, alors que la déclaration de Doha prévoyait une décision par “consensus explicite” de tous les Etats membres pour l’ouverture des négociations, le nouveau projet de déclaration passe outre et annonce l’ouverture immédiate de négociations sur les marchés publics et la facilitation des échanges (exactement ce que demandaient les USA), et confie à une décision à prendre, par le Conseil général à une date encore à fixer, l’ouverture des négociations sur la concurrence et sur l’investissement. On commence les négociations immédiatement sur deux matières et à terme sur les deux autres : c’est, par étapes, le retour de l’AMI. L’Union européenne est mécontente, car elle demande le démarrage des négociations immédiatement sur les quatre matières.



NAMA

Le texte est pratiquement inchangé de la proposition initiale rejetée par un grande majorité des pays en développement.



AGCS

Le texte est inchangé (paragraphe 6). Il ne fait l’objet d’aucune discussion, alors qu’il présente trois dangers majeurs :

1) Il veut forcer les pays qui n'ont pas présenté d’offres de libéralisation (engagements spécifiques) de services à le faire et certains autres dont les offres étaient limitées à les augmenter. Il veut en outre imposer un délai pour le dépôt de ces offres de dérégulation et de privatisation (mars 2004). Ce texte, soutenu par l’Union européenne dément les affirmations répétées de Pascal Lamy déclarant qu’aucun pays n’est obligé à s’engager dans un processus de libéralisation des services. Le texte appelle à “un engagement total de tous les participants pour l’échange continu de demandes et d’offres.”

2) le texte pousse à l’adoption rapide de “disciplines” dans le domaine des subventions et des réglementations intérieures ; afin d’accélérer ce processus, il propose le date du 15 mars 2004. On sait que ces disciplines vont fournir la liste des subventions désormais considérées comme des distorsions à la concurrence commerciale, ainsi que la liste des dispositions qui, dans nos lois et règlements, à chaque niveau (de l’Etat à la Commune) seront considérées comme plus rigoureuses que nécessaires par rapport aux règles de la concurrence commerciale. Sont ici directement visées les normes en matière de droits humains fondamentaux, les normes sociales, les normes environnementales, les critères de qualification professionnelle, etc.…

3) il réaffirme que les négociations de l’AGCS doivent “obtenir une élévation progressive des niveaux de libéralisation sans qu’aucun secteur de service ou mode de fourniture ne soit exclu a priori.” N’est-ce Pascal Lamy qui déclarait que la santé, l’éducation et la culture échappent à l’AGCS pour ce qui concerne l’Union européenne ? La phrase qui se trouve également dans le texte et qui  affirme que “le droit des Membres de règlementer et d’adopter de nouvelles règlementations pour la réalisation d’objectifs de politique nationale sera dûment respecté” n’est pas de nature à rassurer. D’abord parce qu’elle est contredite par l’ensemble des dispositions de l’AGCS ; ensuite parce qu’elle est beaucoup trop vague, juridiquement, quant à la portée de la formule “objectifs de politique nationale”. Des juristes consultés contestent que cette phrase puisse faire contrepoids à la formule “aucun secteur n’est exclu a priori”. En dépit de certaines déclarations, aucun gouvernement européen ne s’oppose à ce texte.




COTON

Les demandes des quatre pays africains de voir respectées les règles de l’OMC par tous, y compris les USA, ont été rejetées avec pertes et fracas. En caricaturant à peine, on peut dire que le texte proposé à ces pays est ne plus cultiver du coton pour ne plus être en concurrence avec un pays occidental qui subventionne ses producteurs de coton. Les USA ont manifesté à cet égard une arrogance répugnante. Et les Européens, une hypocrisie du même goût. Après avoir accueilli “avec sympathie” mais sans s’impliquer, la demande des quatre pays, les Européens avancent maintenant des propositions pour que soient pris en considération certains éléments de cette demande. En échange, bien entendu, d’un soutien au protectionnisme agricole européen et au libre-échangisme ultra des mêmes dans le domaine des nouvelles matières.

Il est 15H30, ce dimanche ici à Cancún, (22H30 sur le continent européen) au moment où je termine ces lignes. J’apprends à l’instant que la formidable résistance des pays du Sud se maintient. Nous croisons tous les doigts, ici, pour que survienne un nouveau Seattle ouvrant une crise qui rendra incontournable la réforme de l’OMC et des accords iniques et dangereux qu’elle administre.



Raoul Marc JENNAR

chercheur auprès d’Oxfam Solidarité (Bruxelles) et de l’URFIG (Paris-Mosset)




NOUVELLES DE CANCUN (6)
Cancun, Mexique, 14-15 septembre

LES LIMITES DE L'ARROGANCE

« Merci, merci de partager notre joie » me dit un diplomate du Sénégal que je connais bien. Il est 16 H. dimanche. Une demi heure plus tôt, j'ai envoyé la 5e édition des Nouvelles de Cancun à l'URFIG, à Paris, pour diffusion.

Ensuite, je quitte le Centre des ONG et je retourne au Centre des
conférences. Il y règne une atmosphère électrique. Je suis à peine entré dans le bâtiment qu'on me remet un texte officiel de l'OMC : il annonce la fin de la conférence. C'est la joie !

Les ministres du Brésil, du Venezuela et de l'Argentine expliquent successivement les raisons de leur opposition résolue au projet de déclaration ministérielle. Les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont tenu bon, malgré les terribles pressions des anciennes puissances coloniales européennes.

Cancun, c'est Seattle ! Ce que j'appelais de mes voux en conclusion de mes « Enjeux de Cancun », parus fin avril, est devenu réalité. Et, très important, la conférence se sépare sans avoir adopté la moindre déclaration.

Pour ceux qui voulaient marchandiser le monde encore davantage, c'est l'échec.

Deux des principaux responsables de cet échec, Pascal Lamy et Franz Fischler, tentent péniblement et sans convaincre d'expliquer que l'Europe était flexible, qu'elle voulait sincèrement rencontrer les attentes des pays en développement. Leur arrogance, qui est aussi pour quelque chose dans l'échec, est intacte.

Mais déjà, déjà, pointe le discours que de puissants moyens de communication vont relayer à satiété : « les premières victimes de cet échec sont les pays en développement eux-mêmes qui ont été mal avisés d'écouter les ONG. » On peut être assuré que dirigeants politiques et éditorialistes occidentaux vont tout mettre en ouvre pour faire passer ce message. Comme si seuls les pays riches savaient ce qui est bon pour les pays en développement ; comme si l'assistance technique destinée à comprendre l'OMC, fournie par les pays riches, par l'OMC, le FMI et la Banque Mondiale, était une information neutre de nature à permettre à ces pays de défendre au mieux leurs intérêts. La négociation d'adhésion du Cambodge a très bien démontré le contraire.

En réalité, l'échec incombe à ceux - Etats-Unis et Union européenne - qui ont voulu faire passer en force un texte inacceptable. Ce texte, comme je l'ai indiqué dans Cancun 5, convenait davantage aux USA qu'à l'Europe. Mais il allait de toute façon dans le sens voulu par les deux puissances. Moins loin et moins vite sans doute que ce que demandaient les Européens, mais assurément dans la même direction.

Le grand perdant de Cancun, c'est l'Union européenne. Elle voulait tout ; elle n'a rien. Elle s'est complètement isolée. Misant la réussite de la conférence sur l'éclatement des solidarités qui se sont créées entre pays du Sud, elle ne s'est trouvé aucun partenaire parmi eux. Cancun s'achève par une catastrophique perte de crédit moral et politique de l'Europe dans le Sud.

Dans une saine démocratie, les responsables d'un tel gâchis en tireraient les conclusions.

À bientôt pour une analyse de fond de Cancun et de l'après Cancun.

Grand, tout grand merci à celles et ceux qui ont exprimé leur satisfaction de recevoir ces nouvelles et apporté leurs encouragements. Les correspondantes et les correspondants de l'URFIG deviennent peu à peu une chaîne de solidarité pour une autre vision des rapports humains.

Raoul Marc JENNAR

Chercheur auprès d'Oxfam Solidarité (Bruxelles) et de l'URFIG

(Paris-Mosset)

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Cherche régulation, désespérément.

L'arrogance libérale est donc allée se griller les ailes sous le soleil Cancun. Et, pour les écologistes, la mine déconfite des négociateurs américains et européens venus à cette conférence de l'OMC pour se payer la planète tout en protégeant leur impunité de nantis, faisait plaisir à voir...

Mais au-delà de notre joie d'altermondialistes qui ne voulions pas du triomphe d'un libéralisme - codifié en façade, mais autorisé au libre pillage dans les faits - il faut reconnaître que la non aggravation de mauvaises règles, ne vaut pas adoption de règles saines. Notre monde, violent par nature quand il est livré à lui-même, a besoin de régulation, sans que celle-ci puisse, bien sûr, s'opposer aux libertés fondamentales...

Mais, si un "autre monde" est à l'évidence possible, son émergence butte désespérément sur l'incapacité de nos sociétés humaines à définir des structures où l'intérêt de quelques-uns ne bloque pas l'avancée du plus grand nombre... Et l'actualité en offre, en continu, de dramatiques exemples.

L'ONU, coincée depuis plus d'un demi-siècle par ses institutions obsolètes, en est réduite à compter les morts par millions dans des conflits qui ne sont "locaux" que dans sa cynique nomenclature. Les Suédois n'ont pas voulu des avantages - pourtant nombreux - de la monnaie unique, car la Banque centrale européenne est hors contrôle politique et démocratique. Le protocole de Carthagène, permettant à tout pays de s'opposer à la destruction de sa biodiversité par les OGM, n'est pas encore opérationnel que déjà certains contestent la possibilité de sa mise en œuvre...

Si, en conscience, on estime qu'il n'est plus possible d'accepter un monde où une vache européenne reçoit chaque jour deux euros de subventions, alors que la moitié des africains a quotidiennement moins que cela pour survivre, alors des arbitrages nouveaux doivent s'imposer.

Il faut, pour cela, édicter une hiérarchie des priorités humaines, appuyées sur des budgets cohérents, contrôlées par une démocratie avancée, et déclinées en normes garanties par une justice globale. La force destructrice actuelle de l'OMC, de la Banque Mondiale ou du FMI est justement - outre leur colossal levier financier - de s'être placés hors contrôle citoyen, d'avoir un tribunal arbitral intégré qui impose un droit auto installé en haut de la pyramide normative, avec un commerce au-dessus des lois sociales et en dehors du respect des grands accords multilatéraux sur l'environnement.

L'Europe a - en théorie - la masse critique en termes économique et politique pour impulser cette révolution institutionnelle qui donnerait à l'altermondialisme l'outil opérationnel qui lui manque. Mais l'Union souffre elle-même de cette incapacité générale d'accoucher de règles non perverses. Ainsi, à l'heure où elle envisage de se doter d'une Constitution pour le moins imparfaite, on tremble à la lecture de la clause finale qui la rendrait, à l'avenir, immodifiable...

La dérégulation, maladie géopolitique chronique du XXème siècle, a déjà contaminé le début du siècle suivant. Souhaitons que les avertissements confus de Bagdad, de Stockholm, de Carthagène ou de Cancun, soient les prémices d'une ère nouvelle, solidaire et apaisée, qui se cherche encore...


Gérard ONESTA



CONTACTS

BRUXELLES : ASP - 8 G 352,
Parlement Européen, rue Wiertz,
B-1047 BRUXELLES
Tel. +32 (0)2 284 66 99 ou +32 (0) 2 284 7505 - Fax +32 (0)2 284 95 05

STRASBOURG : LOW - T12055, Parlement Européen, BP 1024,
F-67070 STRASBOURG Cedex
Tél. 03 88 17 75 05 - Fax : 03 88 17 95 05

ALBI : 4, place Sainte Claire,
F-81000 ALBI
Tel. 05 63 38 53 96 - Fax : 05 63 38 53 97

#2 Patience

Patience

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Posté 29 septembre 2003 à 12:22

Citation

A diffuser le plus largement et à faire largement signer

CANCUN LE 11 SEPTEMBRE



Participez à la campagne internationale

"OMC: TOUCHE PAS À MA NOURRITURE, SINON JE MORDS!"
Alors que la dispute sur les OGM, entre les Etats-Unis et l'Union Européenne fait rage, les Amis de la Terre, soutenus par de nombreuses organisations lancent une action légale des citoyens en direction de l'OMC.


La fédération internationale des Amis de la Terre, avec le soutien de la Confédération Paysanne, de la Fondation pour la Recherche et la Science de Vandana Shiva, de l'organisation citoyenne Public Citizen de Lorry Wallach, du réseau syndical Public Services International et d'autres organisations, lancent une action citoyenne internationale auprès de l'OMC.

Nos organisations sont présentes dans plus de 140 pays et se sont fixé comme objectif de rassembler les objections de citoyens vivant dans les 146 pays de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Nous regroupons des écologistes, des agriculteurs, des syndicalistes, des consommateurs et les pays en voie de développement. Cette campagne est lancée le 11 septembre 2003, jour où le Protocole de Biosécurité des Nations-Unies, traité international ayant pour but de réglementer les OGM au niveau planétaire, entre en vigueur.

Notre campagne a pour nom en anglais "Bite back: WTO hands off our food" que l'on pourrait traduire par



"OMC: TOUCHE PAS À MA NOURRITURE, SINON JE MORDS!"





Nous invitons les citoyens à plaider eux-mêmes leur cas dans la dispute sur les OGM, en déposant une "objection de citoyen" auprès de l'OMC, en insistant sur le fait que l'OMC doit respecter les droits des peuples de choisir ce qu'ils mangent et leur permettre de protéger leur environnement. L'objection de citoyen est une démarche légale possible au sein de l'OMC, même si ses membres résistent très fortement contre toute intervention dans leurs disputes, de parties non-membres.  

L'OMC tient en ce moment sa cinquième réunion interinistérielle à Cancun (Mexique). L'ORD (L'Organisme de Règlement des Différends ou tribunal de l'OMC) y est présenté comme un instrument contribuant à la stabilité de l'économie globale. Pourtant, les discussions s'y tiennent à huis-clos, dans la plus totale opacité, sans que le public n'y assiste! La campagne "Bite back"  a directement pour but de remettre en cause cette pratique du secret, de mettre en lumière les graves insuffisances démocratiques de l'OMC et de redonner toute leur place aux citoyens exclus des négociations.

A nous d'agir car l'enjeu est de taille! Si l'OMC juge que l'Union Européenne contrevient aux règles commerciales fixées par l'OMC, elle obligera les pays de l'Union à approuver de nouvelles cultures et de nouveaux aliments modifiés génétiquement (OGM) ou à subir de très importantes sanctions financières. Nous serions gravement perdants dans les deux cas!

L'immense majorité des citoyens européens disent:





NOUS NE VOULONS D'OGM, NI DANS NOS CHAMPS, NI DANS NOS ASSIETTES!

CE N'EST NI À MR BUSH, NI À MONSANTO, NI À LEUR BRAS ARMÉ, L'OMC, DE DÉCIDER À NOTRE PLACE!





Participez à notre campagne. Allez sur le site

http://www.bite-back.org

Vous cliquez, à la fin du texte central sur  sign the Citizens¹ Objection

Page suivante vous cliquez pour avoir le formulaire individuel ou le formulaire pour organisation:

Click here to sign as an individual.
Click here to sign as an organisation.

Remplissez les cases et à la fin cliquez sur "make my submission" ou "sign the objection".

L'ensemble des objections sera envoyé début 2004. Le but étant d'atteindre au moins 100 000 citoyens de par le monde.
Si vous ne désirez pas recevoir d'information supplémentaires (en anglais), cliquez sur la dernière case en bas.

Voici la traduction des arguments que vous envoyez à l'OMC.


Nous, citoyens et citoyennes, désirons défendre notre droit fondamental à décider de ce que nous désirons manger et voir pousser dans nos champs. Nous avons toutes les raisons d'être profondément inquiets face aux risques que les aliments et les cultures modifiés génétiquement (OGM) font courir sur notre planète aux consommateurs, aux agriculteurs, à la faune sauvage et à l'environnement.

En déposant cette plainte devant l'Organisation Mondiale du Commerce, les Etats-Unis et quelques autres états veulent imposer les OGM, ici dans l'Union Européenne et partout dans le monde. Ils essayent aussi d'empêcher les pays de choisir librement s'ils autorisent ou non les OGM dans leurs assiettes ou dans leurs champs. Ils essayent aussi de saper notre droit fondamental de savoir et de choisir ce que nous mangeons et ce que nous cultivons.

Si cette plainte était couronnée de succès, cela favoriserait les intérêts financiers privés d'un petit nombre de compagnies de biotechnologies, aux dépents de l'intérêt général des citoyens de cette planète.


En déposant cette objection, nous tenons à faire valoir fermement que



1- C'est un droit fondamental pour chaque citoyen de cette planète de pouvoir décider de ce qu'il mange ou de ce qui sera planté dans son champ. Ce n'est pas à l'OMC de décider.

2 - les gouvernements ont le droit de mettre en place des cadres législatifs pour protéger l'environnement et le bien-être de leurs citoyens face aux risques que posent les aliments et les cultures transgéniques, y compris le droit d'interdire ces OGM ou d'exiger des règles d'étiquetage très strictes.

3- Il est tout à fait justifié que ces mesures législatives se basent sur le Principe de Précaution qui stipule que, dans les cas où il y a des risques de dommages graves ou irréversibles, il est préférable, même en l'absence de preuves scientifiques tangibles, d'agir immédiatement que d'attendre que le pire se soit produit.  

4- les décisions concernant les réglementations du commerce international des OGM devraient se faire en accord avec le Protocole de Biosécurité, mis en place sous l'égide des Nations-Unies, et non pas sous l'autorité de l'Organisation Mondiale du Commerce.




Pour les raisons évoquées plus haut,


1-  l'OMC ne doit pas refuser aux peuples le droit de savoir et de choisir ce qu'ils mangent ou ce qu'ils cultivent.

2 -  l'OMC ne doit pas saper le droit de l'Union Européenne et des autres pays de cette planète de prendre toute mesure jugée appropriées pour protéger leurs citoyens et leur environnement, face aux OGM dans l'alimentation ou les cultures

3 -  l'OMC doit rejeter la plainte des Etats-Unis, de l'Argentine et du Canada.



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SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, BP N°20, 83149-BRAS (France), parcequ'on la massacre! http://terresacree.org : base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES (Environnement, biodiversité, biotechnologies, alternatives, éthique, découvertes...)

La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie
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