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La face cachée du terrorisme


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45 réponses dans ce topic

#1 joel

joel

    Tournicoti, Tournicoton

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Posté 18 octobre 2003 à 19:53

Si vous avez lu le n° 21 de Nexus Edition française ( juillet-août 2003 ), vous avez sûrement dû remarquer le formidable article de Paul David Collins : La Face cachée du terrorisme : le côté obs­cur de la machination sociale, de l'Antiquité au 11 septembre, d'après son livre non traduit en français ( The Hidden Face of Terrorism : The Dark Side of Social Engineering, From Antiquity to September 11 ).

Après l'incendie du Reichstag, le torpillage du Tonkin, l'opération Northwoods qui fut annulée au dernier moment pour être finalement appliquée 40 ans plus tard le 11 septembre 2001, nous sommes en droit de nous interroger sur l'identité réelle des commanditaires des attentats qui ciblèrent cet été Sergio Vieira de Mello, le délégué supérieur des Nations Unies ainsi que le chef spirituel chiite  Mohammed Baqir al-Hakim à Najaf. Les regards se dirigèrent immédiatement vers les nostalgiques de Saddam Hussein, l'Al-Qaïda ou de nouveaux mouvements islamistes mais quelques-uns firent remarquer que ces attentats avaient bénéficié d'une telle logistique, inhabituelle dans les moyens utilisés qu'on pouvait évidemment soupçonner d'autres responsables.

Les premières dépêches télévisées insistèrent sur l'irrationalité d'un tel attentat et rappelèrent les efforts de Sergio Vieira de Mello à vouloir rendre le plus vite possible la souveraineté de l'Irak aux Irakiens. Irrationnel ? Pas pour tout le monde ! Heureusement, et très rapidement, il s'est trouvé des Bernard Kouchner au comble de l'indignation pour faire porter le chapeau à la mouvance islamiste ... sous les applaudissements de Bush & Cie.

Avec l'assassinat de l'Ayatollah Mohammed Baqir al-Hakim, les choses ne sont pas moins subtiles. Même si ce dernier prônait une certaine collaboration avec les Forces occupantes dans un délai raisonnable, il ne réclamait pas moins à terme la totale indépendance de l'Irak. Par ailleurs, le fait de montrer les réactions des plus extrémistes criant à la vengeance contre les Sunnites ne constitue sans doute pas un hasard, histoire de rappeler un vieux principe cher à Machiavel : Diviser pour mieux régner !

Bref, le chaos actuel en Irak n'est pas près de s'apaiser, bien au contraire. Et même si la situation de l'enlisement comme au temps du Vietnam peut prêter à servir les arguments des adversaires de l'équipe Bush, il semble prioritaire pour ces derniers de faire perdurer cette situation colonialiste, quitte à sacrifier en partie son orgueil, la vie et la santé de quelques dizaines de Gi's sans parler du peuple irakien.

Et puis, nul doute que la programmation des prochains conflits avec l'Iran et la Syrie permettra de faire diversion avec les difficultés rencontrées en Afghanistan ou en Irak. Avec la bénédiction et l'aide de Sharon et des autres extrémistes de son acabit ...

Mais revenons à l'article de Paul David Collins avec ci-dessous quelques citations ayant attiré mon attention.

Citation

L’orthodoxie relègue le terrorisme, produit d’une volonté consciente et d’un plan délibéré au rang de phénomène spontané inexplicable.

Citation

// [Martin-Baro] souligna plusieurs points importants, faisant remarquer que la forme de terrorisme de loin la plus répandue était le terrorisme d'état -c'est-à-dire « le fait de terroriser toute la population en faisant exécuter des ac­tions méthodiques par les forces de l'état ». Il expliqua ensuite que ce type de terrorisme faisait partie intégrante d'un « projet sociopolitique imposé par le gou­vernement « visant à satisfaire les besoins de quelques privilégiés.


Citation

Que ses adeptes en soient conscients ou non, le terrorisme sert toujours les ambitions d'autres personnes que ses exécutants.


Citation

Dans son article Fake Terror : The Road to Dictatorship (La fausse terreur : la voie vers la dictature), Michael Rivero sta­tue que « C'est une astuce vieille comme le monde, qui remonte à l'époque romai­ne: créer l'ennemi dont on a besoin » (p. 1). La stratégie est très simple: des individus créent une crise de façon à pou­voir introduire la solution qu'ils désirent.


Citation

Portant le nom de code d'Opération Northwoods, ce plan, qui avait reçu l'ap­probation écrite du Président et de cha­cun des Chefs d'État-major Interarmées, prévoyait d'assassiner des civils inno­cents dans les rues aux États-Unis, de faire couler en haute mer des bateaux de réfugiés fuyant Cuba et de lancer une vague d'attaques terroristes violentes à Washington, DC, Miami et ailleurs.


« Nous pourrions faire exploser un navire américain à Guantanamo Bay et accuser Cuba, » proposaient-ils; « la liste des victimes dans les journaux amé­ricains nous aiderait à soulever l'indi­gnation nationale. »


Si l'opinion publique a soutenu l'en­gagement de l'Amérique dans la Seconde guerre mondiale, c'est en gran­de partie à cause de l'effet de choc de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.


Citation

Dans les brumes de la Guerre froide, les États-Unis ont dépensé des millions de dollars pour fournir aux enfants afghans des livres de classe regorgeant d'images de violence et d'enseignements d'isla­mistes.



Citation

Tant les administrations démocrates que républicaines ont protégé Ben Laden. Sans se laisser intimider par l'attaque d'Oussama sur le navire américain Cole ni par ses attentats contre les ambas­sades, cette égide non partisane a systé­matiquement protégé le terroriste et son réseau. Le Président William Jefferson Clinton, un Démocrate, a soustrait Ben Laden et sa clique des mains de la justi­ce au Soudan. C'est ce qu'a révélé Mansoor Ijaz dans le Los Angeles Times du 5 décembre 2001 (Ijaz, p. l):


Citation

Aux États-Unis, le terrorisme est l'une des méthodes employées pour générer les changements souhaités par l'agent de la CIA, ami de Levine. Il a fourni un prétexte pour introduire des lois et des mesures draconiennes jusque-là impensables. Henry Gonzalez, membre de la Chambre des représentants l'a reconnu dans la déclaration suivante (Cuddy, p. 164):


La vérité est que l'on dispose effectivement de ces clauses de secours et que les plans d'urgence légaux sont là, plans au moyen desquels, sous prétexte de mettre un terme au terrorisme, on pourrait appréhender des gens, ap­peler l'armée et arrêter des Américains puis les retenir dans des camps de détention.

Ajoutez à la liste des « plans d'urgence légaux » le Patriot Act, adopté en réponse aux attentats du 11 septembre.


Citation

Le Patriot Act vise à transfor­mer l'Amérique en une société de surveillance.


Citation

Le terrorisme permet de maintenir la discipline au sein du peuple dans l'intérêt d'une élite qui souhaite conserver et étendre son pouvoir.


Citation

L'ancien directeur de la CIA William Colby a reconnu l'existence d'un réseau d'aristocrates. Tandis que l'ancien sénateur du Nebraska et héros du Vietnam John W. DeCamp enquêtait sur des histoires de pédophilie, de trafic de drogue, de trafic d'armes et de meurtres ou rituels sataniques au sein de l'élite, Colby l'a mis en garde contre l'aristocratie et son pouvoir (DeCamp, p. ix-x) :


« Vous devez  bien comprendre, John, que parfois il y a des événements trop grands, trop puissants, avec des enjeux si gros pour d'autres personnes ou institu­tions, que vous ne pouvez  rien y faire, même s'ils sont moches et même si vous êtes sincèrement dévoué à votre noble tâche et que vous en détenez des preuves. C'est simplement l'une des dures vérités de la vie que vous devez  admettre. Vous avez. fait votre travail. Vous avez tenté de révéler au grand jour le mal et les méfaits. Cela vous a terriblement blessé. Mais cela ne vous a pas encore tué. Je vous le dis, arrêtez  tout avant qu'il ne soit trop tard.


« Parfois les choses nous dépassent tellement que nous ne pouvons rien y faire, nous devons alors nous écarter et laisser l'histoire suivre son cours ».


Citation

En règle générale, un public distrait attribue les conséquences des indiscrétions des milieux dirigeants au hasard ou bien à des motifs consi­dérés comme fondamentalement inoffensifs ou vertueux. L'objectif de tout cela n'apparaît de façon manifeste que dans les schémas que dessi­nent ces conséquences, ou lorsque les preuves de ces indiscrétions surgissent au grand jour. L'opinion publique a été systématiquement conditionnée de façon à ignorer ces schémas et à condamner ceux qui attirent l'attention dessus (les qualifiant d'un ton moqueur de « théori­ciens de la conspiration »).


Citation

Le lien entre les Ben Laden et la famille Bush ne se limite pourtant pas à Arbusto Energy. Dans l'émission Newsnight de la BBC, Greg Palast affirma (p. 5) :


Le jeune George a égale­ment perçu des honoraires en tant que directeur d'une filiale de Carlyle Corporation, une petite compagnie privée qui est très vite devenue l’un des plus gros entrepreneurs améri­cains en matière de défense. Son père Bush senior, perçoit également des honoraires à ti­tre de conseiller. Là où le bât blesse, c'est lorsque l'on apprend que les Ben Laden détenaient une part dans le groupe Carlyle, vendue au lendemain du 11 septembre.



Ces liens commerciaux pourraient expliquer pourquoi l'Administration Bush a contre­carré les efforts du FBI visant à en savoir plus sur Abdullah et Omar Ben Laden. Ces investi­gations auraient pu démontrer qu'Oussama n'était pas la « brebis galeuse » de la famille mais qu'au contraire, chez les Ben Laden, le terrorisme était une affaire de famille. Elles auraient établi un lien entre les terroristes et la famille Bush, chose que le Président actuel devait empêcher à tout prix.


Les liens de la dynastie Bush avec les Ben Laden laissent sup­poser que la collusion de la famille avec les ennemis des États-Unis n'a jamais cessé.


Citation

Où mène exactement tout ce terrorisme d'état?

Dans Tragedy and Hope [Tragédie et Espoir], Quigley donne un aperçu fragmentaire de ces conséquences. Le pro­fesseur d'Oxford révèle qu'u­ne élite cognitive, dont les membres sont arbitrairement qualifiés d'« experts », « rem­placera l'électeur démocra­tique comme entité capable de peser sur le système politique » (p.866).

Une fois la représentation du peuple éliminée de la scène, quel genre de vie attend le commun des mortels ? Quigley (p. 886) déclare qu'il s'agira là d'un système où : La marge de manœuvre [de l'individu] sera très étroite car il se verra attribué un numéro dès sa naissance, et sera suivi, en tant que simple numéro, à travers ses études, son service militaire ou autre service public requis, ses contributions fiscales, ses dossiers médicaux et jusqu'à son indemnité de départ à la retraite et à son capital-décès.

Nous y voilà. 1984 de George Orwell, version al-Qa'ida!


#2 mariuss66

mariuss66

    Anti-impérialisme notoire

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Posté 18 octobre 2003 à 20:47

Citation

Citation

Portant le nom de code d'Opération Northwoods, ce plan, qui avait reçu l'ap­probation écrite du Président et de cha­cun des Chefs d'État-major Interarmées, prévoyait d'assassiner des civils inno­cents dans les rues aux États-Unis, de faire couler en haute mer des bateaux de réfugiés fuyant Cuba et de lancer une vague d'attaques terroristes violentes à Washington, DC, Miami et ailleurs.


« Nous pourrions faire exploser un navire américain à Guantanamo Bay et accuser Cuba, » proposaient-ils; « la liste des victimes dans les journaux amé­ricains nous aiderait à soulever l'indi­gnation nationale. »


Si l'opinion publique a soutenu l'en­gagement de l'Amérique dans la Seconde guerre mondiale, c'est en gran­de partie à cause de l'effet de choc de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.

J'ai un texte dans mon ordi détallant cette opération pour ceux que ça intéresse, en anglais toutefois...(vous pouvez toujours traduire avec le site de traduction de "voila" au pire ;) ).

Citation

Code named Operation Northwoods

Code named Operation Northwoods, the plans reportedly included the possible assassination of Cuban émigrés, sinking boats of Cuban refugees on the high seas, hijacking planes, blowing up a U.S. ship, and even orchestrating violent terrorism in U.S. cities.

The plans were developed as ways to trick the American public and the international community into supporting a war to oust Cuba's then new leader, communist Fidel Castro.

America's top military brass even contemplated causing U.S. military casualties, writing: "We could blow up a U.S. ship in Guantanamo Bay and blame Cuba," and, "casualty lists in U.S. newspapers would cause a helpful wave of national indignation."

Details of the plans are described in Body of Secrets (Doubleday), a new book by investigative reporter James Bamford about the history of America's largest spy agency, the National Security Agency. However, the plans were not connected to the agency, he notes.

The plans had the written approval of all of the Joint Chiefs of Staff and were presented to President Kennedy's defense secretary, Robert McNamara, in March 1962. But they apparently were rejected by the civilian leadership and have gone undisclosed for nearly 40 years.

"These were Joint Chiefs of Staff documents. The reason these were held secret for so long is the Joint Chiefs never wanted to give these up because they were so embarrassing," Bamford told ABCNEWS.com. "The whole point of a democracy is to have leaders responding to the public will, and here this is the complete reverse, the military trying to trick the American people into a war that they want but that nobody else wants."

Gunning for War

The documents show "the Joint Chiefs of Staff drew up and approved plans for what may be the most corrupt plan ever created by the U.S. government," writes Bamford.

The Joint Chiefs even proposed using the potential death of astronaut John Glenn during the first attempt to put an American into orbit as a false pretext for war with Cuba, the documents show.

Should the rocket explode and kill Glenn, they wrote, "the objective is to provide irrevocable proof … that the fault lies with the Communists et all Cuba [sic]."

The plans were motivated by an intense desire among senior military leaders to depose Castro, who seized power in 1959 to become the first communist leader in the Western Hemisphere — only 90 miles from U.S. shores.

The earlier CIA-backed Bay of Pigs invasion of Cuba by Cuban exiles had been a disastrous failure, in which the military was not allowed to provide firepower.The military leaders now wanted a shot at it.

"The whole thing was so bizarre," says Bamford, noting public and international support would be needed for an invasion, but apparently neither the American public, nor the Cuban public, wanted to see U.S. troops deployed to drive out Castro.

Reflecting this, the U.S. plan called for establishing prolonged military — not democratic — control over the island nation after the invasion.

"That's what we're supposed to be freeing them from," Bamford says. "The only way we would have succeeded is by doing exactly what the Russians were doing all over the world, by imposing a government by tyranny, basically what we were accusing Castro himself of doing."

'Over the Edge'  

The Joint Chiefs at the time were headed by Eisenhower appointee Army Gen. Lyman L. Lemnitzer, who, with the signed plans in hand made a pitch to McNamara on March 13, 1962, recommending Operation Northwoods be run by the military.

Whether the Joint Chiefs' plans were rejected by McNamara in the meeting is not clear. But three days later, President Kennedy told Lemnitzer directly there was virtually no possibility of ever using overt force to take Cuba, Bamford reports. Within months, Lemnitzer would be denied another term as chairman and transferred to another job.

The secret plans came at a time when there was distrust in the military leadership about their civilian leadership, with leaders in the Kennedy administration viewed as too liberal, insufficiently experienced and soft on communism. At the same time, however, there real were concerns in American society about their military overstepping its bounds.

There were reports U.S. military leaders had encouraged their subordinates to vote conservative during the election.

And at least two popular books were published focusing on a right-wing military leadership pushing the limits against government policy of the day. The Senate Foreign Relations Committee published its own report on right-wing extremism in the military, warning a "considerable danger" in the "education and propaganda activities of military personnel" had been uncovered. The committee even called for an examination of any ties between Lemnitzer and right-wing groups. But Congress didn't get wind of Northwoods, says Bamford.
"Although no one in Congress could have known at the time," he writes, "Lemnitzer and the Joint Chiefs had quietly slipped over the edge."

Even after Lemnitzer was gone, he writes, the Joint Chiefs continued to plan "pretext" operations at least through 1963.

One idea was to create a war between Cuba and another Latin American country so that the United States could intervene. Another was to pay someone in the Castro government to attack U.S. forces at the Guantanamo naval base — an act, which Bamford notes, would have amounted to treason. And another was to fly low level U-2 flights over Cuba, with the intention of having one shot down as a pretext for a war.

"There really was a worry at the time about the military going off crazy and they did, but they never succeeded, but it wasn't for lack of trying," he says.

After 40 Years  

Ironically, the documents came to light, says Bamford, in part because of the 1992 Oliver Stone film JFK, which examined the possibility of a conspiracy behind the assassination of President Kennedy.

As public interest in the assassination swelled after JFK's release, Congress passed a law designed to increase the public's access to government records related to the assassination.
The author says a friend on the board tipped him off to the documents.

Afraid of a congressional investigation, Lemnitzer had ordered all Joint Chiefs documents related to the Bay of Pigs destroyed, says Bamford. But somehow, these remained. "The scary thing is none of this stuff comes out until 40 years after," says Bamford

Downloaded 03/19/2002 on Abcnews website:
http://abcnews.go.co...efs_010501.html
I got that link on: http://www.humanunderground.com

Ce message a été modifié par mariuss66 - 18 octobre 2003 à 20:51.

Le capitalisme est encore et toujours la source de tous nos ennuis...

#3 joel

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Posté 12 juin 2004 à 17:32

Le Réseau Voltaire a mis en ligne un formidable article sur le terrorisme d'Etat dont je ne saurais trop vous recommander la lecture.

http://www.reseauvol...ticle12840.html

Quelques morceaux choisis :

Citation

L'émotion que suscitent des attentats meurtriers est mauvaise conseillère. Dans les précedents historiques qui ont endeuillé l'Europe, comme à Bologne (1980) ou Moscou (1999), les revendications étaient fausses et les coupables, trop rapidemment désignés, n'étaient pas les bons. Dans ce type d'enquête, toutes les hypothèses doivent être envisagées y compris la plus pénible : celle de la « stratégie de la tension ». Dans l'exemple italien, il s'agissait pour une partie de l'appareil d'État, soutenue par l'OTAN, de dresser la population contre les communistes. Aujourd'hui, on ne brandit plus « le péril rouge » , mais le « danger islamique » . Rien ne permet pour autant de privilégier cette piste.

Citation

La « stratégie de la tension » peut être définie comme une campagne visant à créer un effondrement de l'ordre et de la loi, et par ricochet une crise de confiance des citoyens vis-à-vis d'un gouvernement démocratiquement élu, créant ainsi les conditions d'une prise de pouvoir par l'armée. Elle peut également simplement permettre de créer une psychose sécuritaire au sein de la population qui se tournera en conséquence vers les formations politiques les plus autoritaires.

Citation

Mobiliser l'opinion publique contre un bouc émissaire

Si les exécutants des attentats italiens ont été identifiés, et parfois condamnés, on ignore toujours qui furent exactement les commanditaires. Tout au plus peut-on affirmer que cette stratégie avait été déterminée par les services secrets de l'Alliance atlantique, sans exclure qu'ils aient été débordés par les sous-traitants qu'ils avaient recrutés dans les milieux d'extrême droite, et qu'ils ont été mis en œuvre grâce à la complicité d'agents placés au plus haut niveau de l'État italien. Pour les services de l'OTAN comme pour les néo-fascistes, les Italiens n'avaient pas conscience du péril rouge et il fallait les faire souffrir pour les dresser contre les communistes. Ce mode de raisonnement n'est pas l'exclusivité des services atlantiques. Les attentats de Moscou survinrent, en 1999, lorsque Vladimir V. Poutine devint Premier ministre. Ils furent attribués aux Tchétchènes. Depuis, des responsables du FSB ont admis qu'ils étaient en réalité l'œuvre d'officiers de leur service qui entendaient contraindre le gouvernement à relancer la guerre et y parvinrent. Quoi qu'il en soit, ce qui distingue ce type d'attentat des autres, c'est qu'il vise à provoquer une réaction émotionnelle forte pour mobiliser l'opinion publique contre un bouc émissaire.

Ces exemples nous incitent à la plus extrême précaution dans la désignation des responsables des attentats de Madrid comme dans la vérification des éventuelles revendications.

Pour les attentats commis en Russie et en Tchétchènie, je renvoie également aux conclusions de la journaliste russe Anna Politkovskaïa.

http://www.onnouscac...pic.php?p=43866

#4 joel

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Posté 24 mars 2005 à 12:51

« Les victimes m'importent peu, c'est l'objectif qui compte ».

23 MARS 1921

À Milan en Italie, au théâtre Diana, la bonne société locale se presse pour entendre chanter le ténor Patrici. En pleine représentation, le chef de la police Gasti, célèbre pour avoir violemment réprimé la contestation sociale, se lève soudain et quitte la salle. 5 minutes plus tard une bombe explose, faisant de nombreux morts et blessés.

L'émotion est forte et quand on apprend que l'attentat est l'œuvre d'un groupe anarchiste qui visait Gasti, la réprobation est unanime, même parmi les syndicats ouvriers.

Lors du procès, en mai 1922, il apparaît que le groupe était manipulé par Gasti lui-même, la bombe ayant même été fabriquée par un faux militant, policier de son vrai métier.

L'attentat sert de prétexte à une répression généralisée contre les anarchistes.

Gasti admettra en 1938, à demi-mot, sa responsabilité dans l'attentat ; mais se justifiera :

« Il s'agissait d'avoir un prétexte pour frapper et imposer notre ordre nouveau, les victimes m'importent peu, c'est l'objectif qui compte ».

Source : http://www.reseauvol...net/repere.html

#5 joel

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Posté 11 avril 2005 à 11:59

Projet de Ben Gourion en 1954 pour le Liban (démembrement et déstabilisation) Israel a commencé une serie de vague d'attentats pour destabiliser l'Egypte, le Liban, la Syrie, l'Arabie Saoudite

L'Egypte a exprimé son "étonnement" de la décision d'Israël d'honorer les membres d'un réseau de poseurs de bombe en Egypte dans les années 1950. "C'est une décision qui appelle l'étonnement", a déclaré le ministre des Affaires égyptien Ahmed Aboul Gheit, dans une déclaration rapportée dimanche par l'agence égyptienne Mena. "Il s'agit d'individus qualifiés de terroristes au niveau international et c'est d'autant plus étonnant qu'il s'agit de juifs égyptiens", a ajouté le ministre. "Nous sommes très étonnés qu'ils soient honorés", a-t-il encore dit. Israël a honoré le 30 mars 2005 pour la première fois les membres d'un réseau démantelé il y a plus d'un demi-siècle en Egypte après avoir posé des bombes destinées à provoquer des tensions entre ce pays, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le président de l'Etat, Moshe Katzav, a remis des lettres de remerciements aux trois survivants du réseau, tous septuagénaires, Marcelle Ninio, Robert Dassa et Méir Zafran. Des lettres ont été remises aux familles de six autres membres du réseau depuis décédés, dont deux avaient été exécutés en Egypte après leur condamnation à mort. L'affaire remonte à 1954, lorsque onze juifs égyptiens, trahis par un agent double, sont arrêtés pour avoir commis des attentats sur le sol égyptien contre des intérêts anglais et américains.

Rapidement, il apparaît que ces juifs font partie d'un réseau secret israélien monté par les renseignements militaires et dont l'objectif est de saboter les relations entre l'Egypte et l'Occident au moment où se négociait le retrait britannique du canal de Suez. L'un des agents se suicide en prison. Deux autres sont condamnés à la pendaison et quatre seront libérés après 14 ans passés dans les prisons égyptiennes. L'affaire provoque un énorme scandale en Israël. Le ministre de la Défense israélien de l'époque Pinhas Lavon refuse de porter la responsabilité de l'opération et en accuse le chef des renseignements Benyamin Gibli. La démission de Lavon en 1955 puis celle de Gibli ne parviennent pas à mettre un terme au scandale qui minera la position du fondateur de l'Etat David Ben Gourion.

Lettre de Ben Gourion à Moshe Sharett, Premier ministre à l’époque, l’incitant à exécuter un plan de démembrement et déstabilisation du Liban. Elle parut dans les mémoires de ce dernier, publiées en 1979 après sa mort, par son fils, malgré les protestations du gouvernement israélien.

Citation

« Sdé-Boker, le 27 février 1954


Moshe,

En quittant le gouvernement, j’avais décidé de ne pas interférer dans les affaires politiques courantes. Et si vous ne m’aviez pas appelé, toi, Lavon et Moshe Dayan, je ne vous aurais pas donné mon opinion. Mais à partir du moment où vous avez fait appel à moi, j’ai considéré qu’il était de mon devoir de faire ce que vous me demandiez, en particulier vis-à-vis de toi qui es chef du gouvernement. C’est pourquoi je me permets de revenir sur une affaire où te ne partages pas mon opinion. Il s’agit de l’affaire du Liban.

Sans aucun rapport avec les événements courants (entre-temps Neguib a été de nouveau désigné président de l’État, c’est là une disposition très habile de Nasser et de sa bande), il est clair que le Liban est le maillon le plus faible dans la chaîne de la Ligue arabe. Hormis les coptes, toutes les autres minorités du monde arabe sont musulmanes. Mais l’Egypte est le pays le plus compact et le plus solidement établi de tous les Etats arabes, la très large majorité y constitue un bloc très solide, véritablement de même race, de même religion et de même langue. La minorité chrétienne ne peut réellement y remettre en cause l’entité politique et la nation. Cela n’est pas le cas des chrétiens du Liban. Ils représentent la majorité dans le Liban historique, et cette majorité a une tradition et une culture radicalement différentes de celles des autres populations de la Ligue. Même dans ses frontières élargies (et c’est bien la plus grave des fautes qu’ait commises la France que d’avoir élargi les frontières du Liban), les musulmans ne sont pas libres de leurs mouvements par peur des chrétiens, bien qu’étant peut-être majoritaires (et je ne sais pas s’ils le sont).

La constitution d’un Etat chrétien est dans ces conditions quelque chose de naturel. Il aurait des racines historiques, et serait soutenu par des forces importantes dans le monde chrétien, aussi bien catholiques que protestantes. En temps normal, c’est quelque chose de presque impossible à réaliser, avant tout à cause de l’absence d’initiative et de courage des chrétiens. Mais dans des situations de confusion, de troubles, de révolution ou de guerre civile, les choses changent, et le faible peut se prendre pour un héros. Il est possible (en politique, il n’y a jamais de certitude) que maintenant le moment soit favorable pour provoquer la création d’un Etat chrétien à nos côtés. Sans notre initiative et notre aide, la chose n’aura pas lieu. Je pense qu’actuellement c’est notre tâche essentielle (c’est Ben Gourion qui souligne) ou tout du moins l’une (idem) des tâches essentielles de notre politique extérieure, et il faut investir des moyens, du temps, de l’énergie, et agir par tous les moyens de nature à entraîner un changement fondamental au Liban.

Il faut mobiliser Eliahou Sasson et tous nos arabisants. S’il y a besoin d’argent, il ne faut pas compter des dollars, même s’il se révèle que l’argent aura été dépensé à fonds perdus. Il faut se concentrer de toutes nos forces sur cet objectif. Pour cela, peut-être faut-il faire immédiatement venir Reouven Shiloah. Manquer cette occasion historique ne serait pas pardonnable. Il n’y a de notre part aucune provocation à l’égard des Grands de ce monde. De toute manière, nous ne devons jamais agir “au nom” de quiconque. Et il faut, selon moi, agir rapidement, à toute vapeur.

Sans un rétrécissement des frontières du Liban, cela n’est bien entendu pas réalisable. Mais, si l’on trouve des gens et des éléments au Liban qui se mobilisent pour la création d’un Etat maronite, ils n’ont pas besoin de larges frontières ni d’une population musulmane importante, et ce n’est pas cela qui sera gênant.

Je ne sais pas si nous avons des gens au Liban, mais il y a toutes sortes de moyens pour réaliser la tentative que je propose.

Bien à toi »

[1] Ces documents-modèles nous instruisent sur la ligne directrice de la pensée stratégique d’Israël et de sa politique extérieure régionale. Ils dévoilent la doctrine israélienne polyvalente (de paix et de guerre) qui consiste à traiter directement avec les sociétés voisines (et parfois lointaines), et ce dans le but de les « adapter » (les façonner en les déstabilisant) et d’« adapter » la région (la rééquilibrer en la déséquilibrant) au nouvel ordre régional.

YOUSSEF ASCHKAR

Biographie & contact Conférence : La doctrine israélienne de Paix

La doctrine israélienne de Paix

Sources : http://www.aschkar.org/article49.html et http://news.stcom.ne...rticle&sid=1364

#6 ferma

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Posté 23 juin 2005 à 13:52

Superbe texte aussi parue sur Oulala

Le Hezbollah est-il une organisation terroriste ?

Bravant l’interdit israélien, Stéphane De Loecker, l’ambassadeur de Belgique au Liban, créait le 19 janvier dernier un nouvel incident diplomatique entre la Belgique et Israël : il rencontrait à Beyrouth Sayyed Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, le parti politique libanais sorti vainqueur des élections municipales du printemps 2004, bien qu’il figure toujours en bonne place sur la liste des organisations terroristes, dressée par Washington, au lendemain des attentats du 11 Septembre. [1] Son patron, le ministre des Affaires étrangères belge, le libéral flamand Karel De Gucht, cèdera-t-il aux pressions du gouvernement Sharon-Peres, réitérées lors de sa récente tournée au Moyen Orient, pour que l’Union européenne inscrive également ce parti sur sa liste des groupes terroristes ? Des pressions auxquelles s’ajoutent celles que la Chambre des représentants américaine exerce directement sur l’Union européenne. Pour le moment, le chef de la diplomatie belge « a confirmé » que la Belgique allait « prochainement définir sa position à ce sujet, sur base d’avis de la Sûreté de l’État, des ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères », et qu’elle allait la communiquer à l’instance européenne ad hoc. [2] Avant de prendre sa décision, le ministre De Gucht complètera-t-il son information en consultant le livre détonnant que Walid Charara et Frédéric Domont viennent de consacrer au Hezbollah ?


Cet ouvrage que Le Monde diplomatique a salué en décembre 2004, tombe en tout cas à point nommé, au moment où l’attentat (loin d’être élucidé selon les derniers rebondissements de l’enquête) qui a, entre autres victimes, coûté la vie à l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, et la vague de violence actuelle remettent tragiquement le Liban sur le devant de la scène internationale. [3]

A mille lieues des nombreux préjugés et clichés généralement associés au Hezbollah, ce livre solidement documenté - né de la rencontre, au lendemain du 11 Septembre, entre deux journalistes spécialistes du Moyen Orient, l’un libanais, l’autre français - se situe, de l’aveu même de ses auteurs : « à l’intersection de l’enquête journalistique et de l’analyse politique » (p. 9). Par le relevé et l’examen minutieux des causes profondes - tant internes qu’externes - de la fondation de ce mouvement chiite et de sa popularité croissante auprès d’une grande partie de la population libanaise (les récents rassemblements de masse organisés par le “parti de Dieu” en sont une preuve manifeste), Walid Charara et Frédéric Domont atteignent largement l’objectif qu’ils s’étaient fixé : « apporter un éclairage nouveau sur l’un des principaux acteurs politico-militaires de la scène proche-orientale » (p. 9).

Centrée exclusivement sur les origines et la fondation de ce “parti de Dieu”, la présente note (une autre suivra sur l’évolution du Hezbollah de 1982 à nos jours) a pour but d’offrir des éléments de réponse éclairants à la question : le Hezbollah est-il une organisation terroriste ?

Une approche globale
Les deux auteurs rejettent d’emblée la tendance, assez dominante en Occident, qui vise à réduire le Hezbollah à « une simple officine des services iraniens et syriens » (p. 67), tout en reconnaissant que le soutien de Téhéran et de Damas « a été très utile au “parti de Dieu” dans sa confrontation avec Israël » (pp. 67-68). Ils écartent de même l’attitude opposée qui consiste « à accuser l’OLP d’avoir créé le Hezbollah » (p. 79), même si, comme nous le verrons, « la “phase palestinienne” au Liban aura indéniablement été l’un [des] facteurs » de sa fondation (p. 80). Ils privilégient en revanche « les dynamiques locales et l’alchimie des facteurs - internes et externes, politiques, socio-économiques et culturels - qui ont conduit à son émergence » (p. 68). Le choix d’une telle approche exige parfois - et c’est le cas ici - que l’on doive remonter assez haut dans l’histoire pour retrouver des éléments d’explication.

Les clivages communautaires
Basée sur le recensement de 1932, la représentation parlementaire, proportionnelle à l’importance des différentes communautés religieuses (chrétiennes et musulmanes) du pays, caractérise fondamentalement la “démocratie” libanaise sous le mandat français (1920-1946). Malgré ses défauts - immobilisme, clientélisme et corruption -, la répartition des charges de l’État du Liban, qui voit le jour en 1943, se fonde également sur ce “communautarisme politique”. [4]

En dépit des nombreux changements que le monde, le Moyen Orient et, partant, le Liban ont connus depuis les années quarante, cette dimension multiconfessionnelle, sur le versant communautaire chiite de laquelle le Hezbollah prendra racine, est restée une caractéristique essentielle de la société libanaise contemporaine. Exemple : alors que la guerre civile battait son plein, l’invasion israélienne du Liban en 1982 « a exacerbé les clivages et les tensions intercommunautaires et a participé, par conséquent, à l’affaiblissement et à la marginalisation des mouvements et partis transcommunautaires » (p. 68). Récemment encore, interrogé par le journal Le Soir, Jawad Adra, le directeur d’un institut de sondage libanais, a confirmé que, malgré toutes les tentatives visant à y mettre fin, « le pays est toujours complètement divisé confessionnellement » (Le Soir, 15/3/05, p. 8).

La Naqba et les visées sionistes sur le Sud-Liban
Même si l’on connaît encore assez mal l’impact de l’expulsion, en 1948, de plus de sept cent cinquante mille Palestiniens sur les sociétés arabes avoisinantes - les recherches des “nouveaux historiens” israéliens s’étant assez logiquement cantonnées aux limites géographiques de l’ancienne Palestine -, force est de reconnaître que « la guerre de Palestine de 1948 constitue indéniablement le tournant majeur de l’histoire de l’Orient arabe durant la seconde partie du “court vingtième siècle”. » (p. 27) Pour le pays des cèdres et, en particulier, le Sud-Liban majoritairement chiite, la naqba (ou catastrophe) représente également un événement crucial qui contribuera, dans une certaine mesure, à créer les conditions nécessaires à la fondation du Hezbollah. L’arrivée massive des réfugiés palestiniens y renforce effectivement « l’idée de l’unité de destin entre le Djabal Amil [le Sud-Liban] et la Palestine [qui s’était] répandue parmi ses habitants depuis le début des années vingt » (p. 34).

Au-delà de l’exode palestinien, la guerre israélo-arabe de 1948 concrétise « les convoitises sionistes sur le Sud-Liban » (p. 36). Quelles que soient ses motivations - l’annexion de réservoirs hydrauliques, la création de zones-tampons, etc. -, cette politique expansionniste de l’État israélien, caractérisée par d’incessantes agressions militaires réparties sur une cinquantaine d’années (« le Liban enregistre 140 agressions israéliennes entre 1949 et 1964 ; 3 000 entre 1968 et 1974 ») (p. 37) et deux incursions de plus grande envergure en 1978 et 1982, accentue encore l’impression d’une communauté de destin entre le Sud-Liban et la Palestine. Un élément non négligeable dans le processus de création du Hezbollah.

Les facteurs socio-économiques
La société libanaise s’organise bien entendu aussi en classes sociales aux intérêts divergents. Régulièrement, « les disparités socio-économiques, le développement inégal des régions et les choix géopolitiques des élites dirigeantes (...) exacerb[ent] les tensions dans un pays où le système politique est fondé », comme on l’a vu, « sur le communautarisme ». (p. 71) Quelles sont ces disparités ? A la fin des années cinquante, par exemple, précisent les auteurs, se référant à un ouvrage d’Elisabeth Picard (Liban, État de discorde, Flammarion, Paris, 1988) qui fait autorité, le Liban créait des inégalités sociales « parmi les plus importantes du monde : 4% de très riches accaparaient 33% du revenu national, tandis que la moitié de la population du pays s’en partageait 18% ! » (p. 72). Précision importante pour notre propos, puisque c’est dans cette partie du pays que le Hezbollah prendra tout particulièrement racine : « au Sud-Liban, champion du sous-développement le revenu moyen était à cette époque cinq fois moindre qu’à Beyrouth » (p. 72). Face à de pareilles inégalités, la célèbre formule : « les déshérités de leur terre et les déshérités dans leur terre » (p. 77) - lancée par l’imam Moussa Sadr, un des maîtres à penser du Hezbollah, dans le but d’attirer l’attention sur la « communauté de destin [qui] semblait réunir Palestiniens et chiites du Sud-Liban » (p. 77) - prend une tout autre résonance.

A l’autre extrémité de l’échelle sociale, les nantis du Liban ont construit un système politique et économique qui, malgré sa fragilité, laissait une marge de liberté « qui n’avait pas d’égale dans le reste du monde arabe » (p. 72). Ce libéralisme typiquement libanais fit, jusque dans les années soixante-dix, « de Beyrouth la ville-phare de l’Orient arabe » (p. 72), et du Liban, la Suisse du Moyen-Orient. A partir des années cinquante et soixante, les nombreux laissés-pour-compte de ce capitalisme à la libanaise se sont regroupés, surtout dans « le Sud du pays ainsi que [dans] les banlieues pauvres de la capitale », au sein de mouvements « nationalistes et de gauche » (p. 73), organisateurs des grandes manifestations sociales de l’époque. « L’échec du programme de réformes économiques et sociales » (pp. 73-74), promises par le président libanais, radicalisera encore le mouvement de la contestation où s’inscrit une partie des origines du Hezbollah.

Bien que les grands médias abordent rarement ces questions, tout porte à croire que, si elles ne se sont pas aggravées entre-temps, les disparités socio-économiques libanaises sont à tout le moins encore très marquées de nos jours. Dans le même entretien accordé au journal Le Soir, Jawad Adra, qui ne pratique pas la langue de bois, confirme en tout cas toujours l’existence de groupes sociaux antagonistes lorsqu’il déclare, faisant allusion aux récentes manifestations libanaises : « Si les opposants et les loyalistes se battent pour gouverner le Liban, ce n’est pas pour l’intérêt général mais pour privilégier leurs intérêts personnels. » (Le Soir, 15/3/05, p. 8)

La phase palestinienne et la guerre civile libanaise
L’installation au Liban, en vertu d’un accord passé entre l’État libanais et l’OLP, des feddayin palestiniens, au lendemain des massacres du Septembre noir (1970) perpétrés en Jordanie, coïncide « avec une montée en puissance de la contestation sociale et politique » (p. 71) dans le pays des cèdres. Bon nombre de commentateurs pressés « de la guerre civile libanaise verront dans cette arrivée la cause première du conflit libanais » (p. 71). Fidèles à leur approche globale, les auteurs écartent cette façon de voir les choses parce qu’elle tend « à atténuer, voire à occulter l’importance des antagonismes politiques et sociaux endogènes qui avaient déjà provoqué un conflit civil limité en 1958 » (p. 71). Reconnaissant l’existence de plusieurs lectures des origines de la guerre civile libanaise, Walid Charara et Frédéric Domont précisent toutefois que « la majorité des analyses s’accordent sur le rôle [qu’]Israël » (p. 39) y a joué. Une précision qui n’est pas sans importance pour notre propos, puisqu’on sait que « la raison d’être du Hezbollah est la résistance à Israël (...) en tant que projet colonial et source de menaces pour son voisinage » (p. 107).

Dès le début de la guerre civile, en 1975, on assiste de fait à une recrudescence des « ingérences israéliennes » (p. 39) au Liban. « Baptisée “opération Litani”, la première intervention militaire d’envergure menée par Israël au Sud-Liban le 15 mars 1978 » (p. 42) se solde par un bilan extrêmement lourd : « occupation d’une zone de 700 km2 ; 1 186 civils sont tués, 285 000 déplacés ; 82 villages sont lourdement touchés, et six totalement détruits » (pp. 42-43). Confronté aux agressions israéliennes contre le Sud de son territoire, l’État libanais, dont la faiblesse relève en partie de l’apathie générale qui caractérise les pays arabes au lendemain de la guerre des six jours, reste incroyablement impuissant. C’est la raison pour laquelle les feddayin, arrivés depuis peu au Liban et au contact desquels les chiites du Sud-Liban - franchissant une nouvelle étape dans le processus qui les rapproche des Palestiniens - vont s’aguerrir, « cristallise[nt] dès lors tous les espoirs » (p. 75), « en premier lieu au Sud-Liban, devenu le champ d’une confrontation quasi quotidienne entre les combattants palestiniens et l’armée israélienne » (p. 76).

La révolution iranienne
Les solides « liens historiques » (p. 95) entre chiites libanais et iraniens ainsi que « les conditions politiques, socio-économiques et culturelles » (p. 102) du Liban de la fin des années soixante-dix ne permettent pas à eux seuls d’expliquer « le ralliement massif de citoyens du pays des Cèdres aux thèses théologico-politiques de l’iman Khomeyni » (p. 102). Pour tenter d’expliquer le succès du discours iranien au Liban, les auteurs suggèrent de façon convaincante l’idée selon laquelle les thèses défendues par son leader charismatique pourraient y avoir « revêtu aux yeux de ses nouveaux adeptes une pertinence particulière » : pour Khomeyni, rappellent les auteurs, « le monde se divise », contrairement à la vision de l’islam traditionnel, entre « oppresseurs et déshérités » (pp. 103-104) - un schéma dans lequel, étant donné leurs conditions d’existence et l’impuissance de l’État libanais à les défendre face aux incessantes incursions israéliennes, les chiites du Sud-Liban pouvaient effectivement aisément se reconnaître. L’importance centrale consacrée dans le message khomeyniste à la question palestinienne ralliera aussi, en vertu de la « communauté de destin [qui] semblait réunir Palestiniens et chiites du Sud-Liban » (p. 77), bon nombre de chiites libanais à la cause révolutionnaire iranienne.

Radicalisés au contact des responsables de cette révolution qui s’étaient réfugiés au Sud-Liban avant la victoire de Khomeyni, après l’avoir été en côtoyant des feddayin palestiniens, les chiites libanais adoptent cependant deux attitudes différentes face au message révolutionnaire iranien. Les premiers, notamment des membres de la direction du mouvement Amal [5], prônent la réforme de l’État libanais. Les seconds qui se retrouveront bientôt dans le Hezbollah, soit « une vaste mouvance allant de certains courants au sein du mouvement Amal, en passant par le parti Dawaa [6], jusqu’à une galaxie d’associations et de groupuscules locaux », adoptent, portés « par l’élan révolutionnaire, les thèses théologico-politiques de l’imam Khomeyni » (p. 97). La filiation révolution iranienne et Hezbollah sera d’ailleurs largement traduite dans l’« Appel aux déshérités », le manifeste qui, « annonçant la création du Hezbollah, va largement s’inspirer des thèses et des concepts de Khomeyni pour définir les grandes orientations du parti » (p. 105).

L’invasion israélienne du Liban en 1982
En affirmant dans une interview accordée à l’hebdomadaire de son parti : « sans l’invasion israélienne [du Liban en 1982], je ne sais pas si le Hezbollah existerait » (p. 69), son secrétaire général Hassan Nasrallah ne reconnaissait cependant dans cette attaque militaire ni l’origine, ni l’acte de naissance de son mouvement. En réalité, souligne-t-il, cet acte de guerre a « accéléré la fédération des divers groupes et courants » se réclamant d’un islam révolutionnaire et « leur structuration dans le cadre d’une organisation politico-militaire. » (p. 69) En d’autres termes, l’invasion israélienne du Liban en 1982 a mis précipitamment fin au débat ouvert au début des années quatre-vingt entre les divers éléments de la mouvance chiite libanaise pro-khomeyniste « sur ses formes de structuration organisationnelle » (p. 98). Relevant l’immense défi qui consiste à « unir les forces islamiques au sein d’une même formation politique » (p. 98), des représentants des principaux groupes chiites - « trois du rassemblement des Oulémas de la Bekaa, trois du mouvement islamique Amal, trois des comités islamiques (organisation de masse du parti Dawaa) » (p. 99) - synthétisent leur réflexion commune dans une note, connue sous le nom de « document des Neuf » qui recevra « l’approbation de l’imam Khomeyni » (p. 99). Par la suite, « ces groupes s’autodissoudront pour œuvrer ensemble à la formation du Hezbollah. » (p. 99) Tout porte donc à croire, comme l’affirme Naïm Kassem, le numéro deux du Hezbollah, que « pendant l’invasion, le parti n’était pas officiellement constitué » (pp. 68-69). Mais « quelques mois plus tard, (...), le Hezbollah a vu le jour et s’est montré actif au Sud-Liban et à Beyrouth » (p. 70). En outre, lors de la période de formation du Hezbollah entre 1982 et 1985, années où l’on assiste à une nouvelle « exacerbation de la lutte armée contre l’occupant » (p. 101), le “parti de Dieu” n’avait « pas de commandement central » (p. 100) parce que son projet politique n’était pas encore finalisé. Ce projet ne sera d’ailleurs rendu public que le 16 février 1985 !

D’essence fondamentalement religieuse, le Hezbollah n’en résulte pas moins d’une longue interaction de facteurs internes et externes, politiques, socio-économiques et culturels, parfois contradictoires, au sein desquels les impacts de la révolution iranienne et de la question palestinienne - résistance à Israël comprise - ont été prépondérants. L’invasion israélienne du Liban en 1982 a, on l’a vu, précipité la fondation d’un mouvement islamo-nationaliste dont le processus de formation était en cours. Ainsi, là où certains qualifient le Hezbollah de “terroriste”, Walid Charara et Frédéric Domont voient plutôt, dans les conditions mêmes de sa fondation, un mouvement de résistance à une double oppression, à la fois intérieure et extérieure.




    Les pressions américaines et israéliennes réitérées pour que l’Union européenne inscrive le Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes se sont jusqu’à présent soldées par un échec. Bien que le Parlement européen se soit prononcé le 10 mars 2005 en faveur de mesures destinées à mettre fin aux activités présumées terroristes du Hezbollah, le nom de ce mouvement libanais ne figure pas (encore) sur la liste officielle des « groupes et entités auxquels s’appliquent des mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre le terrorisme » [1], que le Conseil de l’Union européenne a pourtant actualisé quelques jours plus tard.


Cette volonté d’inscrire le Hezbollah sur une telle liste est-elle justifiée ? Les accusations d’activités terroristes à l’encontre du parti chiite libanais sont-elles fondées ? Tentative de réponse en reprenant le livre que Walid Charara et Frédéric Domont consacrent au parti de Dieu. [2]

Les clivages communautaires et la guerre civile
Depuis sa période de formation entre 1982 et 1985 - phase qui coïncidait avec une exacerbation des tensions intercommunautaires au Liban due à l’invasion israélienne -, le Hezbollah s’est toujours pacifiquement opposé au confessionnalisme politique libanais, réservant la lutte armée à la résistance contre les forces d’occupation israéliennes. De plus, même s’ils critiquaient les accords de Taëf auxquels ils reprochaient justement d’avoir contribué à « une institutionnalisation du communautarisme » (p. 132), lorsque ceux-ci ont scellé, par leur mise en oeuvre en 1990, la fin d’une guerre civile longue de quinze années, les dirigeants du Hezbollah les ont finalement acceptés - preuve de ce qu’ils étaient déjà convaincus à l’époque de la nécessité « de restaurer la paix civile dans ce pays et d’oeuvrer au changement par l’action politique pacifique » (p. 121).

C’est en grande partie parce que l’accession au pouvoir de la famille Gemayel, qui assurait la domination des Chrétiens sur les autres communautés du pays des cèdres, était « une conséquence directe de l’invasion israélienne » (p. 121) que le Hezbollah s’est lancé dans un combat armé, lorsqu’Amine Gemayel a succédé à la tête de l’État à son frère Bachir, assassiné le 14 septembre 1982. De même, c’est surtout l’« inféodation » du gouvernement Gemayel « à Israël et aux États-Unis » (p. 121) qui a motivé la participation ouverte des membres du parti de Dieu, jusque-là confinés dans la clandestinité, à l’insurrection du 6 février 1984 menée avec succès contre l’armée libanaise fidèle au régime. Sur la scène intérieure libanaise, où le Hezbollah adoptait généralement une position défensive, son attitude vis-à-vis des différents protagonistes de la guerre civile a toujours « dépendu principalement de leur positionnement par rapport à l’occupant » (p. 120). Et de fait, à l’exception du conflit inter-chiite très sanglant qui l’a opposé, sur la question de ses actions militaires dirigées contre Israël, entre 1988 et 1990, au mouvement Amal, le Hezbollah est toujours resté avantageusement à l’écart des guerres fratricides et sauvages (guerre des camps et massacres de Sabra et Chatila compris) qui ont éclaté à Beyrouth entre 1982 et 1988. Ce qui lui a permis d’engranger au passage un surcroît de popularité auprès de la population locale et quelques affiliations supplémentaires « parmi les éléments les plus religieux du mouvement Amal » (p. 123). Aujourd’hui, les clivages communautaires qui déchirent la société libanaise n’ont pas disparu : le conservateur chrétien Amine Gemayel et le chef druze de « gauche » Walid Joumblatt - « figures naguère férocement antagonistes », aujourd’hui réunies dans l’opposition - conviennent tous les deux « que le pays du Cèdre devrait rapidement se débarrasser d’un système politique basé sur l’affiliation confessionnelle somme toute peu démocratique ». (Le Soir, 29/4/05, p. 10)

Les difficultés socio-économiques
Nettement plus élevé que celui de l’« opération Litani » menée quatre ans plus tôt au Sud-Liban, le bilan humain de l’opération « Paix en Galilée » - l’invasion israélienne du Liban en 1982 qui a accéléré et conduit à son terme le processus de formation du Hezbollah - s’est officiellement soldé par quelque « 19 085 morts, 31 915 blessés, 2 206 handicapés physiques, et le déplacement d’environ 500 000 personnes » (p. 46). Selon une source non officielle, la facture financière de cette guerre s’élevait à près de deux milliards de dollars, répartis dans l’ensemble des secteurs clés de l’économie libanaise. Plus de douze mille logements ont été en tout ou en partie détruits et un salarié sur trois a été licencié. Ces deux chiffres mesurent l’ampleur des dégâts qui ont encore détérioré une situation socio-économique qui n’était déjà guère brillante.

L’occupation militaire israélienne qui s’ensuivit avait pour but initial la réduction économique du Sud-Liban à un marché à sens unique destiné à l’écoulement des produits israéliens : c’était « un véritable projet de satellisation stratégique et économique du Liban, à tout le moins dans sa partie sud » (p. 56). Quant aux accords de Taëf, ils n’ont d’aucune manière amélioré les conditions d’existence de la majorité des Libanais, surtout pas dans le Sud, terre d’élection du Hezbollah et région la plus meurtrie par l’occupation souffrant d’un chômage endémique. Entrés en application à la fin de la guerre civile en 1990, ces accords ne prévoyaient effectivement pas « de réelles réformes politiques, économiques et sociales au Liban » (p. 132).

Illustration de la fin des « illusions du nationalisme arabe », de l’émergence d’une classe de « princes marchands », de l’emprise croissante du néo-libéralisme et de l’espoir que suscitent encore, au début des années 1990, les négociations israélo-arabes, la nomination en novembre 1992 du milliardaire Rafic Hariri au poste de Premier ministre d’« un pays exsangue » constitue aussi « un défi de taille pour le Hezbollah » (p. 135). De fait, les orientations politiques et économiques d’Hariri sont incompatibles avec « la défense des déshérités et de leurs intérêts » (p. 135). Ses « projets pharaoniques » (p. 137) à Beyrouth et ses erreurs stratégiques en matière d’investissements étrangers - sans parler de la « confusion des intérêts publics et privés » (p. 140) ni des problèmes de corruption - alourdiront considérablement la dette publique du Liban, la faisant passer « de 2 milliards de dollars en 1992 (...) à 38 milliards en 2004 » (p. 137) - soit « trois fois son produit intérieur brut » (Le Soir, 30/3/05, p. 8). En outre, l’« inexistence », dans un pays sortant d’une guerre civile de quinze ans et d’une occupation étrangère encore plus longue, « d’une véritable politique sociale » (p. 138) prolétarisera quant à elle de larges couches de la population. Dans son rapport, publié en 1996, sur la pauvreté au Liban, les Nations unies estiment effectivement « qu’environ un million de Libanais, soit 28% de la population vivent au-dessous du seuil de la pauvreté » (p. 139) - dont un quart dans une situation d’extrême pauvreté.

L’absence de politique sociale est compensée par les divers projets sociaux que le Hezbollah développe depuis sa fondation, grâce à des dons et une aide officielle de l’Iran, tant en matière de santé, d’éducation et d’information (on pense naturellement à sa chaîne satellitaire Al-Manar) qu’en matière d’action sociale, comme « la prise en charge des familles des “martyrs” et la réinsertion des combattants blessés » (p. 161). Ces activités sociales visent non seulement à aider la population civile à supporter le coût humain et matériel de l’occupation et des attaques israéliennes mais aussi à « élargir la base sociale de la Résistance islamique » (p. 161), la branche armée du parti de Dieu. A Nabatiyé, grande ville du Sud-Liban, le directeur d’un établissement hospitalier relevant de l’antenne médicale du Hezbollah explique : « Nous avons ouvert cet hôpital en 1994 pour répondre aux besoins sanitaires de la population alors que l’État était complètement absent » [3].

Organisation terroriste ou parti politique intégré ?
Impossible d’examiner la caractérisation du parti de Dieu comme terroriste sans évoquer la célèbre prise d’otages français parce que « c’est probablement à l’occasion de ces enlèvements qu’une large majorité de l’opinion publique française [et occidentale] découvre l’existence du Hezbollah. » (p. 125) L’inscription de ce mouvement chiite sur la liste américaine des organisations terroristes est pourtant toute récente. Ce n’est qu’en 2001, quelques mois après les attentats du 11 Septembre que les États-Unis, cédant aux pressions répétées du gouvernement Sharon, après avoir longtemps hésité, inscriront le nom du parti de Dieu sur leur liste. Or, la prise d’otages français remonte au printemps 1985. C’est la raison pour laquelle - quel qu’ait été le degré d’implication de membres du Hezbollah, de transfuges du mouvement Amal et, partant, de Téhéran dans ces enlèvements : les avis sont partagés à ce sujet -, Alain Chouet [4], bien qu’il soit convaincu que le parti de Dieu y ait joué un rôle central, souligne dans un entretien qu’il a accordé aux auteurs que « l’affaire des otages, “si douloureuse soit-elle, est à traiter au passé” » parce que - et c’est essentiel -, « pour lui, “l’Iran et le Hezbollah d’aujourd’hui ne sont pas ceux des années 80.” » (p. 130)

En raison de leur double formation militaire et religieuse, les combattants de la Résistance islamique - le bras armé du Hezbollah - accordent dans leurs croyances une place centrale à la figure des martyrs auxquels ils s’identifient dans leurs attentats-suicides. Même si cette prédisposition au sacrifice vaut au parti de Dieu d’être répertorié comme organisation terroriste, sans que l’on tienne compte de la tentative de « légitimation politique de cet acte [qui] se réfère au rapport de forces extrêmement déséquilibré entre la résistance et l’occupant » (p. 116), cette tendance « n’entraîne pas un recours systématique aux opérations kamikazes » (p. 156). Dotés d’effectifs qu’Israël estime à quelque quatre cents guérilleros professionnels et que les dirigeants du Hezbollah évaluent à plusieurs milliers de combattants mobilisables en quelques heures, les militants du parti de Dieu accordent effectivement la priorité aux actions de guérilla classique.

Comme tout mouvement politique prônant un changement radical de la société, le Hezbollah a très vite été confronté à la question cruciale de son intégration dans le système politique libanais. Fruits de ces débats internes, le parti de Dieu a enregistré un certain nombre de défections dont quelques dirigeants historiques, sans doute parmi les plus radicaux. Constatant aussi bien pour des raisons internes (clivages confessionnels) qu’externes (abandon « de la stratégie d’exportation de la révolution » (p. 133) khoméniste après la guerre Iran-Irak) l’impossibilité d’imposer un État islamique au Liban, le Hezbollah n’a toutefois pas renoncé à toute forme de « participation institutionnelle » (p. 145). Preuve de son pragmatisme politique croissant, le parti de Dieu est, par exemple, un des rares partis libanais à avoir proposé un programme politique digne de ce nom aux élections législatives de 1992. Diamétralement opposé au « capitalisme sauvage incarné par le néo-libéralisme » de Rafic Hariri et n’hésitant pas à réclamer « un plus grand rôle de l’État dans la protection des classes défavorisées », le programme du Hezbollah s’articule, comme ceux d’autres organisations laïques et de gauche, autour d’« une réforme du système politique afin qu’il devienne plus juste et plus représentatif, ce qui passe par l’abolition du communautarisme » libanais. (p. 142)

La double résistance aux visées sionistes sur le Liban
En donnant un coup d’accélérateur décisif au processus de formation du Hezbollah, la guerrière opération “Paix en Galilée”, déclenchée en dépit des recommandations de la résolution 425 du Conseil de sécurité des Nations unies dans le but initial de « chasser les combattants palestiniens du Sud du pays » (p. 55), a favorisé l’éruption d’un mouvement de résistance armée à la vocation diamétralement opposée, visant à chasser les soldats israéliens et leur milice supplétive du Liban. Bien qu’il entérinait, au lendemain de cette vaste invasion violemment orchestrée par le ministre de la Défense Ariel Sharon, « le départ des troupes de l’OLP de la capitale », « l’arrivée au pouvoir du parti phalangiste dirigé par Bachir Gemayel » (p. 47) et l’occupation d’une grande partie du territoire libanais, l’accord de paix israélo-libanais du 17 mai 1983 n’a pas recueilli « l’adhésion d’un pan significatif de l’opinion publique israélienne qui réclam[ait], après la guerre et les massacres de Sabra et Chatila, un retrait de Tsahal du Liban » (p. 60). L’écho de la société civile israélienne ne se concrétisera sur le terrain que par un timide redéploiement de l’armée israélienne « de manière à renforcer son emprise sur le pays, en particulier sur le Sud » (p. 56) - pour un premier retrait significatif du Sud-Liban, il faudra attendre 1985. Comme il s’agit d’un fait majeur, on saura gré aux auteurs d’avoir attiré l’attention sur l’émergence d’une opposition interne à Israël à la présence de Tsahal au Liban, dès le début de l’occupation.

Face au délabrement de sa milice supplétive au Sud-Liban qui ployait toujours davantage sous le feu nourri de la résistance armée, Israël sera contraint de revenir sur le territoire du pays des cèdres. Dans le but de « retourner les populations civiles et l’État libanais contre la Résistance islamique » (p. 149) - c’est-à-dire contre la branche armée du Hezbollah qui a progressivement supplanté tous les autres groupes de résistance dans la lutte contre l’occupant -, Tsahal lancera deux nouvelles attaques de grande envergure contre les « infrastructures économiques, urbaines et routières » du pays, tout « en recourant fréquemment à des armes dites “intelligentes” » (p. 149). Soldées par un échec au niveau militaire, les opérations “Règlements de comptes” (1993) et “Raisins de la colère” (1996) provoqueront les effets opposés à ceux escomptés, à savoir un regain de popularité de la Résistance islamique auprès de la population, ainsi que l’ébauche d’« une coopération discrète mais efficace (...) entre l’armée libanaise et le Hezbollah sur les plans militaire et policier » (p. 149).

De plus en plus empêtrés dans un conflit asymétrique et prolongé, les dirigeants israéliens commencent alors sérieusement à envisager le retrait définitif de leurs troupes du Liban. Même si ce retrait - objet d’« une promesse électorale faite en mai 1999 par [le Premier ministre] Ehud Barak » (p. 202) - est réalisé le 24 mai 2000, le Hezbollah maintient toujours sa pression militaire sur l’État hébreu entre autres parce qu’il considère qu’Israël occupe toujours « une partie du territoire libanais : la zone des hameaux de Chebaa » (p. 239). Selon les différentes lectures de la résolution 425, cette portion de territoire reviendrait en fait soit au Liban, soit à la Syrie, mais en aucun cas à Israël. Qualifié de “débâcle” dans la presse israélienne, le retrait de Tsahal du Sud-Liban n’est pas seulement la conséquence des attaques de la résistance armée libanaise - Hezbollah en tête, il est aussi - et peut-être même surtout - le fruit d’une évolution « dans une société où le rapport à la guerre a profondément changé en l’espace de vingt ans » (p. 198), comme l’a très vite souligné Alain Dieckhoff dans Le Monde, ainsi que « le révélateur de logiques travaillant en profondeur la société israélienne, dont une logique individualiste qui prend nettement le pas sur celle, collective, qui prédominait au départ de l’entreprise de construction nationale au début des années cinquante » (pp. 198-199). [5]

Évolution des contextes international et régional
Le Hezbollah s’est développé dans une région du monde qui, en raison de ses énormes richesses énergétiques mais aussi de ses frontières communes avec l’ancienne URSS, revêt une importance stratégique cruciale aux yeux des grandes puissances à vocation impériale. Pour s’assurer le contrôle des flux énergétiques et de nouvelles zones d’influence, ces puissances impérialistes - aux premiers rangs desquelles on compte non seulement la France (en raison de ses liens historiques et de sa mainmise économique et financière sur le Liban) et la Russie, mais aussi et surtout les États-Unis avec leur fameux plan de remodelage du Moyen Orient, sans oublier « la symbiose israélo-américaine » qui, après les attentats du 11 Septembre, « a atteint un niveau difficilement imaginable auparavant » (p. 253) - sont effectivement prêtes à s’affronter, voire à en découdre directement ou par pays interposé. Au terme d’un bras de fer mémorable qui avait déjà opposé les diplomaties française et américaine « sur les modalités de la lutte antiterroriste » (p. 184), l’« accord d’avril » 1996 a repris « à 80% les idées énoncées par la France » (p. 192) dont les investissements étaient en forte augmentation. Bien que Washington ait souhaité au cours de cette joute diplomatique « interdire au Hezbollah toutes activités, y compris dans la zone occupée au Sud-Liban » (p. 190), l’accord d’avril, « en reconnaissant le droit du Hezbollah à combattre l’occupation israélienne », lui a offert « une légitimation internationale à son action de résistance » (p. 194).

Les clivages qui évoluent en permanence entre les grandes puissances en influencent bien entendu d’autres - et c’est réciproque - qui, à l’échelle régionale, connaissent également une évolution permanente. Aussi, le célèbre « marchandage syro-américain » (p. 132) qui a instantanément mis fin au conflit interlibanais (participation de Damas à la coalition internationale de la première guerre du Golfe contre autorisation pour la Syrie de chasser les troupes chrétiennes du général Michel Aoun [6] de Beyrouth) illustre-t-il parfaitement « à quel point l’inscription dans la durée de la guerre civile libanaise avait été le résultat d’interventions étrangères » (p. 132). Mais les temps ont bien changé : aujourd’hui, Washington accuse régulièrement la Syrie d’abriter des terroristes. Fin observateur des luttes qui se livrent au Moyen Orient, le responsable des relations internationales du Hezbollah synthétise parfaitement l’autre facette de ce jeu d’influences. Il en a même tiré une équation infaillible : « chaque fois que les Israéliens sont capables de remporter une victoire militaire, l’unilatéralisme américain gagne du terrain. Par contre, à chaque fois qu’un pays arabe est capable de faire contre-poids aux Israéliens, le rôle de la France au Moyen Orient gagne en ampleur. » (p. 193)

A mille lieues de la description d’une organisation terroriste, Walid Charara et Frédéric Domont nous dépeignent par le menu le processus de formation et l’évolution ultérieure d’un mouvement politico-militaire né en 1982 de la fédération de différents groupes se réclamant d’un islam révolutionnaire khoméniste, dans le but de chasser l’occupant israélien du Liban. Une fois sorti de la clandestinité et débarrassé de ses éléments les plus radicaux, ce mouvement islamo-nationaliste s’est progressivement positionné sur l’échiquier politique, où il occupe désormais une place toujours plus importante, comme une formation que l’on pourrait qualifier, à l’aune des critères occidentaux, de réformiste religieux de gauche très préoccupée par le sort des nombreux pauvres du Liban.

La transformation de ce mouvement politico-militaire, auteur, comme bon nombre d’organisations de résistance, de quelques prises d’otages et attentats-suicides, en mouvement islamo-nationaliste semble avoir eu lieu entre 1988 et 1990, à la faveur de la fin de la guerre Iran-Irak et des espoirs que faisaient naître à l’époque les prémices du processus de paix au Moyen Orient. L’acceptation des accords de Taëf par le Hezbollah scelle de fait l’existence d’un parti beaucoup moins radical. Poursuivant sa mutation, le Hezbollah proposera par la suite un programme politique aux élections de 1992 et obtiendra même une double reconnaissance, intérieure et extérieure, de sa résistance armée contre l’occupation israélienne. Mais parallèlement à ce processus de “déradicalisation” politique, le parcours du Hezbollah est également jalonné d’objectifs permanents, comme la lutte armée contre l’État hébreu et le souci des déshérités.

Faut-il donc, en dernière analyse, inscrire sur la liste européenne des organisations terroristes, un mouvement islamo-nationaliste de tendance réformiste de gauche au moment où, franchissant une nouvelle étape de son processus de transformation en parti politique respectueux du jeu parlementaire, il vient d’accorder sa confiance, pour la première fois depuis que ses représentants sont entrés au Parlement libanais en 1996, à une équipe ministérielle : celle du nouveau Premier ministre Nagib Miqati (Le Soir, 28/4/05, p. 8) ?

Patrick Gillard Bruxelles, le 9 mai 2005
http://www.oulala.ne...id_article=1805

#7 ferma

ferma

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Posté 16 juillet 2005 à 20:37

Cette histoire est  révélatrice de certains attentats commis au non de la Résistance irakienne .

Attention automobilistes !

Il y a quelques jours, à un point de contrôle, les soldats américains ont confisqué le permis de conduire d’un automobiliste irakien et lui ont enjoint de se rendre dans une base militaire US près de l’aéroport de Bagdad pour y être interrogé et y reprendre son document. Le lendemain, l’automobiliste est allé à la base et a été autorisé à y pénétrer avec son véhicule. On l’a interrogé pendant une demi-heure dans une salle après quoi, l’interrogateur lui a dit qu’il n’y avait rien contre lui et que,  comme l’Irak était maintenant un pays souverain, en charge de ses propres affaires, ils avaient adressé ses papiers et son permis au commissariat d’Al Kadhimya pour suite à donner. Aussi, avec l’autorisation qui lui était remise là, il devait  demander à voir le Lieutenant Hussain Mohamed pour y retirer son permis. Il devait faire vite avant que son tour soit terminé.



Le conducteur s’est dépêché mais il s’est inquiété car il avait l’impression que son véhicule était lourdement chargé. Il s’est aussi méfié car un hélicoptère volait bas et tournait autour de lui comme s’il le suivait. Il a arrêté son véhicule et l’a inspecté attentivement. Il a trouvé 100 kilos d’explosive cachés dans le siège et les deux portes arrière.



La seule explication était que la voiture avait été piégée par les Américains et était destinée au quartier chiite de Bagdad. L’hélicoptère surveillait ses mouvements et devait rapporter l’attaque atroce  préparée par des éléments étrangers. Le même scénario s’est répété à Mossoul, dans le nord de l’Irak, sauf que le véhicule est tombé en panne sur la route. Le mécanicien appelé a découvert que la roue de secours était bourrée d’explosifs.  http://www.albasrah....adi2_110505.htm



Note « AFI-Flash » : Deux histoires semblables nous ont été racontées en avril dernier par un dirigeant du Comité des Oulémas. En Irak, il n’y a pas que la résistance qui agit dans l’ombre, mais aussi un certain nombre de groupes armés américains et irakiens – créés à l’image des Escadrons de la mort de John Negroponte -  ou supervisés par la P2OG (Proactive Preemptive Operations Group) au Pentagone. Cette structure d’une centaine de membres est chargée du « Contre- terrorisme », ce qui signifie entre autre l’organisation d’opérations secrètes de sabotage, d’assassinats ciblés destinées à monter la population contre la résistance. Elle dispose d’un budget annuel de 100  millions de $. Les escadrons irakiens seraient recrutés principalement parmi les partisans d’Ahmed Chalabi et au sein de la Brigade Badr.

Lire aussi : The Provocateur State - Is the CIA Behind the Iraqi "Insurgents"--and Global Terrorism? par Frank Morales - May 10, 2005:    http://globalresearc...es/MOR505A.html

#8 Daman

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Posté 16 juillet 2005 à 20:54

Passionante cette information , ferma ...
Laissez-moi rire...  :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.

#9 Trinity

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Posté 16 juillet 2005 à 21:08

Voici un excellent(issime) !   :bravo: article du journaliste Belge, Michel Collon, qui décrit fort  clairement  les choses à partir des simples FAITS :

A Londres, la guerre contre l'Iran a commencé
http://www.michelcol...36&log=articles

Ce message a été modifié par Trinity - 16 juillet 2005 à 21:09.


#10 ferma

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Posté 16 juillet 2005 à 21:16

Merci DAMAN,je viens de lire que le Réseau Voltaire venait de publier un article du meme genre

15 JUILLET 2005 | Un haut responsable de la défense irakienne a révélé qu’Israël a organisé plusieurs attentats en Irak, sous le couvert de plusieurs groupes islamistes wahhabites et salafistes. Plusieurs agents du Mossad infiltrés auraient ainsi orchestré des attentats à la bombe contre des cibles civils et des ambassades, dont l’assassinat récent de l’ambassadeur égyptien. « Des agents du Mossad se sont infiltrés durant le gouvernement de Iyad Allawi, en utilisant l’ancien ministre de la défense Hazem Shaalan et l’ancien ministre de l’intérieur Fallah Nagib », a-t-il indiqué. « Ils ont aussi placé des Baathistes dans les services de renseignements irakiens, de sécurité et à des postes financiers ». Après l’assassinat d’un demi millier de scientifiques et universitaires irakiens depuis le début de la guerre, Israël entend ainsi affaiblir l’Irak et élever le mécontentement populaire à la fois contre la Résistance et contre l’actuel gouvernement chiite, en vu des prochaines élections. Dans le plus grand silence de la communauté internationale...

Toujours intéressant les articles de Collon,merci TRINITY

#11 ferma

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Posté 20 juillet 2005 à 00:11

LeRéseau voltaire publie un bonne article sur Zarkaoui

Comment la propagande états-unienne fabrique un mythe
Abou Moussab al-Zarkaoui, super-héros du Mal
Pour mettre en valeur le super-héros du Bien, George W. Bush, la propagande états-unienne a créé des super-héros du Mal : d’abord ben Laden, puis Zarkaoui. Dans les deux cas, fait observer le jounaliste roumain Vladimir Alexe, le démon est un ange déchu : un agent de la CIA qui se serait retourné contre son créateur. Une fois le mythe constitué, on lui fait endosser la responsabilité des évènements les plus disparates pour exorciser la barbarie de la Coalition.



  

Au cours des quatre dernières années, le terrorisme a connu une croissance exponentielle au niveau planétaire. D’un phénomène périphérique, il est devenu rapidement un risque pour la sécurité collective, le cauchemar de toutes les sociétés, démocratiques ou non. Dans ce contexte sont apparues aussi des super-stars du terrorisme. Le « premier mauvais génie » du fondamentalisme islamique fut Ossama ben Laden. Or, à présent, ce dernier risque d’être détrôné par un nouveau personnage, considéré comme aussi malfaisant, mais bien plus mystérieux : Abou Moussab al-Zarkaoui (ou Abu Mussab Al-Zaqawi, selon la transcription orthographique anglaise). Personnage dont le nom était totalement inconnu voici encore trois ans, mais auquel, désormais, on attribue le rôle de leader de l’insurrection irakienne, de maître d’œuvre des opérations terroristes contre les États-Unis et l’Europe. On en dit tant sur des événements si complexes qu’au bout du compte il semble plutôt être le héros de contes populaires qu’un homme fait de chair et de sang. Il y a des analystes qui soutiennent qu’il s’agit d’un mystérieux jordanien d’origine palestinienne : une légende dont on verra qu’elle semble créée à des fins propagandistes.

La « guerre contre le terrorisme », caractérisée par le président Bush Jr. comme la « guerre du droit », définit le « Bien » et le « Mal » sur la Terre, ce qui fait des chefs mondiaux du terrorisme les incarnations immédiates du « Mal ». Les campagnes de propagande ont donc pour rôle de maintenir vivant dans l’esprit des citoyens états-uniens la « menace terroriste ». La création de certains personnages, de certains mythes du terrorisme universel comme Ossama ben Laden (ancien agent de la CIA) ou, présentement, celle d’Abou Moussab al-Zarkaoui, sans cesse poursuivis, mais jamais pris par le Pentagone, ont pour rôle d’authentifier, de « personnaliser » une guerre qui a permis, au bout du compte, d’élargir considérablement la sphère d’influence directe des États-Unis.

Afghanistan : les débuts
Michel Chossudovsky écrit dans un article intitulé, « The Pentagon’s New Terrorist Mastermind », que les agences d’information et de contre-espionnage états-uniennes ont constitué dès lontemps leurs propres organisations terroristes. Une série d’organisations « islamistes » ont agi et agissent toujours conformément à un plan secret, pour, créer les occasions et justifier au meilleur moment l’intervention de l’armée des États-Unis. Toujours selon Chossudovsky, cette organisation fonctionnerait exactement comme les deux bras d’un corps humain, où le gauche crée les conditions de l’intervention du droit. Il existe donc un « cerveau » qui coordonne le tout. Et l’auteur de rappeler que le mouvement « islamico-terroriste » que chasse présentement Washington a été, à ses débuts, une pure création états-unienne !

Comment les États-Unis ont-ils donc inventé le mouvement « islamico-terroriste ? C’est justement Zbigniew Brzezinski qui nous le dit dans une interview donnée dans la livraison du 15-21 janvier 1998 du Nouvel Observateur. L’ancien conseiller pour les problèmes de défense nationale du président Jimmy Carter y dévoile - et c’était un scoop - que l’intervention de la CIA en Afghanistan a précédé l’invasion soviétique de 1979. Il dit : « Selon la version officielle de l’histoire, la CIA aurait soutenu le mouvement des Moudjahiddines à partir de 1980, c’est-à-dire après l’intervention armée soviétique qui envahit l’Afghanistan le 24 décembre 1979. En réalité, c’était un secret gardé jusqu’à présent, mais les choses se sont déroulées de manière totalement différente. Le 3 juillet 1979, le président Carter a signé la première directive secrète pour aider les opposants au régime prosoviétique de Kaboul ». Le but était de créer un « Vietnam » pour l’armée et l’économie soviétique. Dans le cadre de ce plan secret, les États-Unis financèrent, entraînèrent et armèrent substantiellement des milliers d’islamistes amenés de divers pays et de divers continents au Pakistan voisin. La prestigieuse revue Covert Action Quaterly qui a publié dans ses dernières livraisons le sommaire des événements du 11 septembre 2001 et l’évolution du phénomène du terrorisme, fait un bilan inquiétant : l’administration Carter a créé les « islamistes » en Afghanistan et en Iran ; l’administration Reagan a étendu cette sinistre collaboration avec les « islamistes » du Soudan ; l’administration Bush senior a intensifié la collaboration avec les « islamistes » d’Afghanistan et du Soudan ; tandis que l’administration Clinton a soutenu les « islamistes » d’Albanie, d’Algérie, de Bosnie, de Tchétchénie, d’Irak et de Libye.

D’un point de vue géostratégique, Ossama ben Laden est le meilleur « ami » du président Bush. Qu’aurait fait Bush sans ben Laden se demande Michael C. Ruppert, avec derrière lui trente ans d’expérience de missions « secrètes », dans son ouvrage Crossing the Rubicon ? [1] Les conclusions de l’auteurs vont très loin : « Je crois, dit-il, que ben Laden a été et demeure toujours un agent de la CIA, du gouvernement des États-Unis et de Wall Street. » Cela expliquerait pourquoi le terroriste le plus pourchassé de la planète n’a jamais été pris. Mais, depuis janvier 2003, un autre mythe du terrorisme international est apparu sur la scène internationale : celui du prétendu Abu Musab Al-Zarqawsi, que personne n’avait connu jusqu’à cette date-là. Qui est donc ce Zarkaoui ?

Biographie brouillée d’un terroriste obscur
Jusqu’au mois de janvier 2003, on entendait très peu parler d’Abou Moussab al-Zarkaoui. Illustre inconnu, il est devenu en un laps de temps très court, le terroriste le plus célèbre de la planète. Cependant sa biographie est entourée d’un mystère d’où il est très difficile de séparer l’aspect légendaire de la réalité. La légende pourrait être attribuée à l’imaginaire populaire, mais, aussi, à la propagande gouvernementale. Avec les réserves de rigueur, voilà à peu près les principaux événements qui, dit-on, auraient marqué jusqu’à aujourd’hui l’existence de Abou Moussab al-Zarkaoui.

Il est né voici trente-huit ans dans la localité de Zarka, en Jordanie, d’une famille pauvre de neuf enfants. Sa famille appartient à la tribu bédouine Bam Hassan, la plus grande et la plus religieuse des tribus hachémites du royaume de Jordanie. Il est né portant le nom de Ahmed Fadil Hamdan Khalaila, qu’il changea plus tard en Abou Moussab al-Zarkaoui, d’après le nom du village natal de son père.

À l’âge de douze ans, Abou Moussab a été mis à la porte de l’école et à trouvé refuge dans les camps palestiniens à la périphérie d’Amman. Il avait environ vingt ans quand il est parti lutter en Afghanistan contre l’occupant soviétique. Là-bàs il a inventé une manière de faire des bombes artisanales. Ensuite, il est parti s’entraîner dans un camp de moudjahiddines venus de divers pays musulmans, et c’est en 1990 que Zarkaoui revint en Jordanie. Au mois de décembre 1999 le nom de Zarkaoui est prononcé lors de l’attaque de l’Hôtel « Padisson Sas » d’Amman. Le complot ayant été déjoué par la police hachémite, Zarkaoui fut jeté en prison, puis gracié. Au sortir de prison il s’enfuit au Pakistan, puis retourne en Afghanistan. En 2002, Zarkaoui lutte avec les Talibans contre les forces états-uniennes. On dit que pendant une embuscade il a été gravement blessé à un pied, ce qui ne l’empêcha pas de fuir jusqu’en Irak où, dans un hôpital de Bagdad, on l’amputa de son pied blessé. Ensuite, et selon toutes les probabilités, l’invasion anglo-états-unienne trouve Abou Moussab al-Zarkaoui au Nord de l’Irak, dans la zone kurde, lieu idéal pour continuer la « guerre sainte » à la tête de son groupe de combattant, « Ansar al-Islam », composé d’environ 400 fondamentalistes. Enfin, en avril 2003, après la chute de Bagdad devant l’offensive des forces des États-Unis, Zarkaoui et son groupe sont signalés au centre de l’Irak, dans la zone nommé le « triangle sunnite ».

Naissance d’une légende
Zarkaoui a donc été catapulté spectaculairement sur la scène internationale en février 2003, à peine six semaines avant l’invasion états-unienne de l’Irak sous le prétexte de la présence d’armes de « destruction massive » fabriquées par le régime de Saddam Hussein, selon le discours tenu par le secrétaire d’État Colin Powel devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Powell y déclarait : « ce que je veux porter à votre attention aujourd’hui, c’est la connexion, éventuellement bien plus sinistre, qui existe entre l’Irak et le réseau terroriste al-Qaïda, connexion qui allie les organisations terroristes classiques aux méthodes modernes d’assassinat. L’Irak héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab Zarkaoui, partenaire et collaborateur d’Oussama ben Laden et de ses lieutenants d’al-Qaïda. » Dans son allocution Powell emploie le nom de Zarkaoui pour faire la liaison entre Saddam Hussein, le parti Baas (socialiste-national) et ce que Washington nommera le « réseau de la terreur islamique ». En d’autres mot, inconnu jusque-là, le terroriste d’origine jordanienne était présenté comme la véritable preuve que l’Irak de Saddam Hussein (totalitaire et laïque), entretenait des relations avec Al-Qaida. Une fois établie cette relation l’administration Bush Jr., pût prétendre que le régime de Bagdad constituait une menace pour les États-Unis. Au centre de cette argumentation, un homme, le mystérieux Abou Moussab Zarkaoui, brusquement propulsé au statut de super-terroriste.

À ce moment son nom étant totalement inconnu, tant et si bien que le secrétaire d’État se sentit obligé d’en faire une courte présentation : « Palestinien natif de Jordanie, Abou Zarkaoui avait combattu lors de la guerre d’Afghanistan il y a plus de dix ans. À son retour en Afghanistan, en 2000, il a dirigé un camp d’entraînement de terroristes. L’une de ses spécialités, et l’une des spécialités de ce camp, est le poison. Lorsque notre coalition a chassé les talibans, le réseau d’Abou Zarkaoui a aidé à établir un autre camp de formation des spécialistes du poison et des explosifs et ce camp est situé dans le nord-est de l’Irak. Ce réseau apprend à ses membres à produire du ricin et d’autres poisons (...) De son réseau terroriste en Irak, Abou Zarkaoui peut diriger les activités de ce réseau au Proche-Orient et au-delà (...) Abou Zarkaoui et son réseau ont préparé des actes de terrorisme contre des pays tels que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie. »

De petit moudjahidine anonyme, Al-Zarkaoui est devenu en un jour une star du terrorisme international. La consécration est venue quelques semaines plus tard, quand le président Bush Jr. lui-même mentionna Al-Zarkaoui, le qualifiant directement de l’« homme le plus dangereux de la planète, après Ossama ben Laden ».

Terreur aux États-Unis
Après le discours de Colin Powell devant le Conseil de sécurité, l’opinion publique n’oublia plus le nom d’Al-Zarkaoui. Le terroriste dont elle n’avait jamais entendu parlé, devenait brusquement omniprésent sur tous les fronts. Le 8 février 2003, une « alerte anti-ricin » est déclanchée aux États-Unis. Dans une lettre expédiée à l’adresse de Bill Frist, le leader de la majorité républicaine au Sénat, on découvrit une « poudre blanche suspecte ». Immédiatement, les autorités avancent le nom de Zarkaoui, l’identifiant comme le « possible cerveau » de l’opération. La National Rewiew du 18 février 2003, fournit les arguments suivants : « Il est bien connu que Zarkaoui, ingénieur biochimiste de son métier, et chef de l’organisation Al-Qaïda, se cachait en Afghanistan, où fut trouvé des traces de ricin ainsi que d’autres poisons. »

L’hystérie du ricin de Zarkaoui a ensuite été remplacée par autre chose. Le 13 février 2003, la chaîne de télévision ABC diffusait la nouvelle que le terroriste-fantôme réfugié en Irak y préparait une attaque à la bombe radioactive sur les États-Unis. Ceci avait lieu une semaine exactement après le discours de Colin Powell devant le Conseil de sécurité.

Aux États-Unis les autorités déclanchent l’« alerte orange » ! Powell déclarait alors à la chaîne ABC : « Il est facile pour un terroriste de nous griller tous avec une bombe radioactive fabriquée aux États-Unis. Je crois qu’il est sage que le peuple américain sache que cette possibilité existe ». Pendant ce temps, la chaîne de télévision états-unienne alertait les hôtels, les boutiques, inondait les adresses de courriel, etc. Après cette annonce, des dizaines de milliers d’États-uniens se précipitaient acheter des masques à gaz, des couverture de plastique, des bandes adhésives, etc., afin de se préparer à une éventuelle attaque.

Il est inutile de dire, qu’après l’occupation de l’Irak, les troupes de la Coalition n’ont jamais trouvé une seule bombe radioactive, ni du ricin, ni même une seule arme chimique de quelque type que ce soit.

La filière espagnole
Le « mythe Al-Zarkaoui » a été renforcé par le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar. Pendant que Colin Powell présentait le « dossier Zarkaoui » à l’ONU, Aznar déclarait le 5 février 2003 au Parlement espagnol qu’il existait des informations selon lesquelles l’Espagne pourrait être la cible d’attaques chimiques.

Selon Aznar et relaté par El Pais le 6 février 2003, Al-Zarkaoui aurait entretenu des liens avec Merouane Ben-Ahmed, un « expert en armes chimiques et en explosifs, auquel il rendit visite peu de temps auparavant à Barcelone ». Plus encore, Aznar soutint devant la Chambre des députés que seize suspects d’Al-Qaïda détenant des armes chimiques et des explosifs, avaient des relations avec le terroriste-fantôme, Al-Zarkaoui.

L’information en sa totalité était fausse. Le ministre espagnol de la Défense nationale reconnut plus tard que les « armes chimiques n’étaient, en fin de compte, que de banals détergents » (cf. Irish News, 27 février 2003).

Ensuite, le 11 mars 2004, les attentats de Madrid sont survenus. Bien que les investigations de la presse espagnole ont exclu l’implication d’Al-Zarkaoui, la CIA le désignait sans détour comme le principal suspect. L’hypothèse fut présentée sur CNN encore le 13 mars 2004. C’est-à-dire deux jours après l’attentat, quand l’enquête de la police espagnole avait à peine commencé. Un invité de CNN expliquait ce sur quoi il s’appuyait lorsqu’il accusait Al-Zarkaoui : « J’ai intercepté son dernier mémorandum, le mois dernier, qui indiquait la continuation des actions contre les États-Unis ». Plus tard, l’argument fut repris, mais de manière plus nuancée. Selon la CIA, un « groupe de Marocains » aurait été impliqué dans les attentats de Madrid. Ces Marocains auraient dû être en relation avec Al-Zarkaoui selon la découverte du journal The Australian du 24 mai 2004.

Période irakienne d’Al-Zarkaoui
Le mystérieux Al-Zarkaoui semble donc être un bonhomme fort occupé. Regardez-y de plus près, regardez ce qu’il a fait au printemps 2003. Depuis sa cachette irakienne - protégé du regard des équipes des inspecteurs de l’ONU qui quadrillaient le pays en long et en large - notre super terroriste préparait du ricin pour sa correspondante états-unienne, se donnait du mal pour enterrer quelques bombes radiologiques, organisait et coordonnait son réseau criminel nouvellement étendu dans quatre pays européens et, pour couronner le tout, faisait l’intermédiaire entre Al-Qaida et le régime de Saddam Hussein. Pas même l’invasion états-unienne de l’Irak ne réussit à freiner cette activité frénétique. Bien au contraire ! Depuis les faits qu’on attribue à Al-Zarkaoui sont immenses, en premier lieu par leur nombre. Son nom est prononcé en liaison avec à peu près toutes les actions terroristes !

The Weekly Standard, revue proche des cercles néoconservateurs du groupe PNAC, écrivait le 24 mai 2004 : « El-Zarkaoui a commandé non seulement l’assassinat de Nick Berg, mais encore le carnage de Madrid le 11 mars, le bombardement des Shiites en Irak le même mois, l’attentat kamikaze du port de Basrah le 24 avril. Avant le 11 septembre 2001, il complotait afin de tuer des touristes israéliens et américains en Jordanie ».

Abou Moussab al-Zarkaoui est devenu le nouveau « génie du mal » de l’islamisme, pendant que peu à peu on oubliait Ossama ben Laden. La CIA a augmenté la récompense pour la capture de Zarkaoui de dix millions de dollars à trente millions de dollars. Une somme en accord avec son rang de super-terroriste.

De manière étrange et malgré son implication dans de si nombreuses d’activités criminelles données comme assurées, Zarkaoui demeure un personnage fantomatique. Les informations qui le concernent continuent d’être très sommaires. Les responsables de la CIA ont reconnu dans la même livraison du Weekly Standard, que l’Agence ne dispose que d’une seule photographie dont elle suppose que c’est celle de Zarkaoui, et elle ne connait ni sa taille ni son poids !

La videocassette de l’exécution de Nicolas Berg
Au mois de mai 2004, Al-Zarkaoui était accusé d’avoir fait décapiter Nicolas Berg [2] après l’avoir pris en otage. Certains commentateurs n’ont pu s’abstenir de remarquer que cette exécution - surmédiatisée - est tombée à point nommé pour Donald Rumsfeld. Au milieu du scandale de la prison d’Abu Ghraib, nombre de sénateurs états-uniens avaient demandé la démission du secrétaire à la Défense qu’ils considéraient responsable (au moins moralement) des horreurs qui se pratiquaient dans cette prison.

L’enregistrement vidéo de l’exécution de Nick Berg a créé dans l’opinion publique un courant d’indignation anti-irakienne qui pouvait distraire l’attention de deux questions importante. Le 11 mais 2004, CNN présentait un rapport mystérieux découvert sur un site islamique, rapport où l’on accusait Zarkaoui d’avoir décapité Berg. Après deux jours, CNN annonçait : « La CIA confirme que l’assassin de Nicholas Berg a bien été Abou Al-Zarkaoui ».

La preuve : une videocassette intitulé, « Abou Moussab al-Zarkaoui présente l’exécution d’un Américain ». Dans l’enregistrement on voyait un individu masqué qui parlait l’anglais et dont les experts de la CIA disaient à l’unisson : « C’est Zarkaoui ! »

Sirajin Sattayev dans « Was Nick Berg killed by US intelligence ? » signalait une série d’absences de concordances dans la vidéocassette. Sattayev remarquait ainsi : « Zarkaoui est jordanien. Or l’homme dans la vidéocassette ne parle pas avec l’accent jordanien ! Zarkaoui est amputé d’un pied, or, pas un seul des deux pieds de l’homme présent sur la cassette ne présente cette anomalie. De plus, l’homme que l’on prétend être Zarkaoui porte une alliance jaune, probablement en or ; or voilà ce qu’aucun islamiste fondamentaliste ne ferait parce que sa foi ne le lui interdit.

Immédiatement après la médiatisation de cette véritable bombe - un Zarkaoui avec ses deux pieds, une alliance en or à l’annulaire, et qui parle l’anglais - la revue News and World Report du 24 mai 2004 affirmait : « Les personnalités officielles et autorisées de l’information étasunienne, qui croyaient que Zarkaoui avait perdu un pied en Afghanistan, ont modifié récemment leur opinion, ils affirment maintenant que Zarkaoui possède ses deux pieds. » Voilà qui change la situation.

Le mystère des otages en Irak
À la différence de ben Laden, Zarkaoui n’a jamais fait une seule déclaration appelant à la « guerre sainte » contre les juifs ou les chrétiens (les « croisés »). Lors de sa déclaration devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Colin Powell a « oublié » de mentionner deux faits importants : d’une part que Zarkaoui et son organisation « Ansar al-Islam » étaient opposés à Saddam Hussein, et, d’autre part, que les États-Unis n’ont manifesté aucun intérêt (alors qu’ils l’auraient pu) pour détruire sa base du Nord de l’Irak, dans une zone majoritairement habitée par les Kurdes. Pourquoi donc cela ?

Depuis quand, en Irak, les prises d’otages apparaissent-elles comme moyens stratégique ? Environ six mois après que la Coalition dirigée par les États-Unis avait occupé le pays. En mai 2004 (après environ un an d’occupation) Nick Berg est décapité. Suivent Eugène Armstrong et Jack Hensley au mois de septembre 2004, puis le britannique Ken Bigley en octobre 2004.

Ce qui est frappant, c’est le fait que parmi les otages de Zarkaoui on compte des personnages particulièrement déplaisants pour la Coalition. Il est question d’hommes d’affaires suspectés de faire de l’espionnage, de journaliste de « gauche » ou indépendants qui relataient des faits allant à l’encontre des intérêts des forces d’occupation et qui n’avaient cure de la censure militaire, ou, enfin d’activistes d’organisations humanitaires indépendantes.

Par exemple, Nick Berg a été enlevé au moment où il était suspecté par la Coalition de se déplacer clandestinement d’Irak en Iran. Selon les dires de son père, le FBI menait une enquête sur toute la famille Berg au États-Unis, cherchant des informations sur les voyages de Nick en Iran. Les reportages de Giuliana Segrena, la journaliste du Manifesto (journal communiste italien), n’étaient pas du tout favorables aux troupes d’occupation, rappelant sans cesse le « génocide de Fallujah ».

Les États-Unis n’encouragent à venir en Irak que les journalistes nommés « correspondants de guerre », accrédités auprès des forces de la Coalition. À ceux-là l’armées états-unienne fournit un uniforme, ainsi qu’une protection militaire ; dans le casier de leur chambre d’hôtel, ils reçoivent notes et vidéocassettes contrôlées par la censure militaire. Comme pendant la guerre avec l’ex-Yougoslavie, ces très nombreux « correspondants de guerre » ne quittent guère leur hôtel pour envoyer à leur journaux les dépêches que leur fournit déjà composées l’armée des États-Unis.

Les autres journalistes, ceux qui font leur travail sans passer par la censure militaire, risquent de tomber dans les mains de « Zarkaoui » et d’être soit décapités, soit l’objet d’une demande de rançon. L’idée n’est-elle pas d’instiller la peur chez les journalistes et les travailleurs des ONG indépendants (cf. le programme du Pentagone « P2OG »), afin de les inciter à demeurer éloignés des zones « sensibles » ?

Quelque soit le degré d’imprévisibilité de la situation en Irak, on ne peut être qu’étonné par la manière plus que bizarre employée par Al-Zarkaoui pour atteindre ses cibles ! Nombre de victimes des actions de son organisation n’avaient pas, a priori et de manière explicite, à se garder d’être pris pour cible par les terroristes islamiques.

10 000 dolars pour une accréditer la fiction « Zarkaoui »
Le nom de Al-Zarkaoui a été invoqué, en 2003, afin de justifier la guerre en Irak. Aujourd’hui, il est présenté comme le fer de lance de l’insurrection, motif avancé pour affirmer que la paix n’est pas pour le moment possible, et qu’ainsi les troupes de la Coalition doivent repousser leur retrait et demeurer sur place. On attribue à l’organisation de Zarkaoui toutes sortes d’actions terroristes : des attentats à la voiture piégée, des enlèvements, des prises d’otage et des exécutions. Tant d’actions diverses et si complexes qu’il semble difficile de croire qu’elles aient été dirigées par un seul homme. Le quotidien australien, The Age, a avancé une hypothèse intéressante : « Al-Zarkaoui n’existe pas ». Ou, à tout le moins, le personnage flamboyant et hyperactif décrit par les services secrets états-uniens n’existe pas. C’est un personnage de fiction. The Age rapporte, sous couvert d’anonymat, le témoignage d’un officier des opérations psychologiques de l’armée états-unienne. Celui-ci aurait déclaré au quotidien australien : « J’ai payé jusqu’à 10 000 dollars des opportunistes et des criminels de droits commun pour qu’ils affirment ici et là, interrogés par des journalistes, le fait que Zarkaoui existe, faisant ainsi de lui le héros de chaque action terroriste en Irak. »

Où donc est le vrai et où est le mensonge derrière la légende des nouveaux personnages du terrorisme ? Ce personnage est-il fabriqué en totalité dans un laboratoire de la désinformation, ou, partant d’une base réelle, lui a-t-on grossi quelque peu les « traits » ? Quoi qu’il en soit pour ce qui concerne ses débuts dans la lutte islamique, la CIA devrait en savoir beaucoup.

Les médias évitent de rappeler un fait extrêmement important : « Al-Qaïda » est née en 1987, dans les camps islamistes du Pakistan comme mouvance soutenue par la CIA et l’ISI (service de contre espionnage de l’armée pakistanaise) qui luttait en Afghanistan contre l’occupant soviétique. C’est pendant cette période que la CIA recrute ben Laden. Lui, comme le jeune Zarkaoui, servaient les intérêts des États-Unis contre l’ennemi de l’époque, l’Union soviétique. Ce fait a été même reconnu par l’ancien secrétaire d’État Colin Powell, le 5 février 2003 dans sa présentation des faits irakiens devant le Conseil de sécurité. Il existe une très riche documentation, systématiquement ignorée des grands quotidiens et des chaînes de télévisions, quant à l’aide et au soutien accordé par la CIA durant ces années à « Al-Qaïda ». Des personnages politiques de première grandeur comme Colin Powell et Richard Armitage se sont alors directement impliqués afin de canaliser les efforts des insurgés islamistes en Afghanistan. De ce fait, il faut conclure que tant Ossama ben Laden qu’Abou Moussab al-Zarkaoui ont été de pures « créations » de la CIA.

Un nouvel argument se fait jour présentement chez les néo-conservateurs, à savoir qu’Al-Zarkaoui serait financé par l’Iran ! C’est pourquoi on insiste sur le fait que ce pays serait dès lors placé par Washington sur la liste des pays de l’« Axe du Mal ». Ainsi l’« époque d’Al-Zarkaoui » ne semble pas prête à s’achever. Il se pourrait donc que le terroriste-fantôme soit utilisé aussi contre l’Iran.


Vladimir Alexe
Journaliste au quotidien Ziua (Le Jour) à Bucarest, auteur d’ouvrages d’histoire contemporaine, en particulier une biographie très critique de l’ancien président Ion Iliescu.

Article paru dans Ziua du 9 juillet 2005. Traduit du roumain pour Réseau Voltaire par Alexandre Pondu.

#12 ferma

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Posté 21 juillet 2005 à 23:55

Lors de la dernière visite de Bush en Géorgie ,on se souviendra d'un "attentat",voici la suite;


MOSCOU, 21 juillet - par Evguéni Sidorov, politologue, en exclusivité pour RIA Novosti.

L'enquête sur la tentative échouée d'attentat contre les leaders américain et géorgien est entrée dans sa phase finale. Un suspect nommé Vladimir Aroutiounian a été arrêté et, blessé au moment de l'arrestation, a avoué sa faute, à en croire ses médecins traitants.

Pendant que le président américain George W. Bush prononçait un discours le 10 mai au centre de Tbilissi, le malfaiteur a lancé en direction de la tribune une grenade enveloppée dans un mouchoir. La grenade était dégoupillée et n'a pas explosé par le plus grand des hasards.

"Les médecins racontent qu'il s'est dit prêt à renouveler sa tentative d'attentat contre les deux présidents", a déclaré le vice-ministre géorgien de la Santé, Irakli Guiorgobiani. Des représentants du FBI ont déjà visité le suspect à l'hôpital, rapporte le ministère de l'Intérieur.

L'affaire semble toucher à sa fin: le malfaiteur est en garde à vue, et il subira une lourde peine. Mais l'histoire ne vient que de commencer.

Le président américain se rendait pour la première fois dans un pays qui, de l'avis de beaucoup d'Occidentaux, est la vitrine de la liberté et de la démocratie dans le ténébreux royaume de l'autoritarisme qu'est l'échiquier post-soviétique. Cependant, c'est à Tbilissi qu'un attentat attendait l'un des chefs d'État les plus protégés du monde.

Non seulement la partie accueillante a été incapable de garantir la sécurité des hôtes éminents, mais aussi elle n'a pas su présenter d'explications crédibles de ce qui s'était passée. "La grenade ne représentait aucune menace", a indiqué le secrétaire du Conseil national de la sécurité, Guela Bejouachvili. Pourtant, ce n'était pas le cas.

Pire encore, les autorités géorgiennes n'avaient pas prévenu les États-Unis de l'avertissement de Moscou concernant la possibilité d'un attentat contre le président américain, annoncent des sources dans la capitale russe.

Washington ne fait que commencer à se familiariser avec la Transcaucasie. Et tout porte à croire que cette première surprise, quoique peu agréable, de l'attentat contre Bush ne sera pas la dernière.

La militarisation de la Géorgie peut aussi constituer une surprise. Car, qu'on le veuille ou non, elle a tous les traits d'un État "raté". Gâté par l'Occident, son leader Mikhaïl Saakachvili mène une politique ouvertement militariste et continue de concentrer le pouvoir entre ses mains au moyen de "recettes" connues, comme les pressions sur les médias, les modifications législatives, etc.

Sur fond de troubles intérieurs et de graves problèmes socio-économiques, la Géorgie dépense des fonds énormes, pour un pays pauvre, pour la défense et la protection de l'ordre public. Rien qu'en 2005, 324 millions de dollars, soit un cinquième du budget national, ont été déboursés à cette fin. "Cette année, la Géorgie a le plus gros budget militaire des pays du Caucase du Sud qui est égal à son budget national sous Edouard Chevardnadze", a avoué le ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili. Mais il existe, selon une source à Moscou, d'autres fonds extrabudgétaires de financement des structures de force alimentés par des caisses "secrètes" au sein du ministère de la Défense et du ministère de l'Intérieur.

Des armements, y compris lourds, sont achetés à l'étranger, en particulier dans les pays de l'ancien bloc de Varsovie qui, après avoir adhéré à l'OTAN, cherchent à se débarrasser de leurs vieux arsenaux. Ainsi, en avril-mai 2005, la Géorgie a signé des contrats avec la Macédoine et la Bulgarie sur la fourniture de 7 avions d'assaut Su-25. En outre, la Hongrie, la République tchèque, la Roumanie et la Macédoine envisagent de céder à la Géorgie - gratuitement - près de 2 000 armes automatiques et une grande quantité de munitions. Et ce sont les militaires américains, toujours selon la source moscovite, qui jouent le rôle de principaux coordinateurs des achats.

On a l'impression que ceux qui fournissent des armes à la Géorgie ne se rendent pas compte des conséquences de la militarisation active du pays dont les forces de l'ordre ne sont pas en mesure de protéger leur propre président.

N'oublions pas que les conflits en Abkhazie et en Ossétie du Sud ne sont toujours pas réglés. On ne connaît que trop les déclarations de certains représentants du pouvoir exécutif et législatif de Tbilissi prêts à jouer avec le feu dans les zones de conflit. La tentation du recours à la force risque de déstabiliser fortement la situation non seulement en Géorgie, mais aussi dans la Transcaucasie entière.

Dans cette région, comme dans les régions voisines, aucun acteur important n'y a intérêt, notamment avec l'ouverture de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan et le début des travaux de construction du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzeroum.

Vu la corruption omniprésente, les armes risquent de se propager à l'intérieur et au-delà de la région, mais aussi de tomber entre les mains des terroristes internationaux. Bref, une menace qui semble tout à fait réelle.

#13 ferma

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Posté 22 août 2005 à 18:17

DES CORPS D'ARMEE SECRETS DE L'OTAN LIES AU TERRORISME
Au moment où les experts s'interrogent pour savoir si l'OTAN offre un cadre approprié à la conduite de la "guerre contre la terrorisme" dans le monde, une nouvelle étude suggère que l'histoire secrète de l'alliance a des liens avec le terrorisme. En Italie, le 3 Août 1990, le Premier Ministre Giulio Andreotti a confirmé l'existence d'une armée secrète d'Etat, dont le nom de code est "Gladio" (en latin : épée): Son témoignage, divulgué avant la conduite d'une enquête sur le terrorisme par une sous-commission du Sénat italien, a causé une onde de choc au sein du Parlement et de l'opinion publique, amplifiée par la spéculation d'une manipulation de la politique italienne au moyen d'actes de terrorisme perpétrés par ce corps secret. Andreotti révèle que l'existence de la Gladio a été cachée au sein du Ministère de la Défense sous la couverture de sous-section du SISMI, les services secrets militaires. Selon un document de 1959 du SISMI, les armées secrètes avaient un double objectif stratégique en Europe : tout d'abord, opérer comme un pseudo groupe "arrière" dans le cas d'une invasion soviétique et conduire la guérilla sur les territoires occupés, et mener à bien certaines opérations nationales pour répondre aux "situations d'urgence".

Felice Casson, le premier juge italien ayant découvert l'existence de la Gladio au cours de ses enquêtes sur le terrorisme d'extrême droite, a constaté que l'armée secrète s'était alliée avec les terroristes d'extrême droite dans ces "situations d'urgence". Ces terroristes, armés par l'armée secrète, réalisèrent sur des sites publics des attentats à la bombe dont la responsabilité fut rejetée sur la gauche italienne et furent ensuite protégés des poursuites judiciaires par les services secrets de l'armée.

"Le but en était très simple: pousser l'opinion italienne à se tourner vers l'Etat pour demander une sécurité accrue. Cette logique politique est à la source de tous les attentats à la bombe restés impunis ainsi qu'expliqua Vincezo Vinciguerra, ancien terroriste de droite au sujet de la "stratégie de la tension" au juge Casson.

Le Sénat Italien choisit d'être plus explicite et conclut dans son enquête en 2000 : "Ces massacres et ces attentats sont des actions militaires organisées, favorisées ou soutenues par des hommes oeuvrant au sein même des institutions de l'Etat italien et, comme il l'a été découvert plus récemment, par des hommes liés aux structures des services de renseignements américains."

A la découverte de l'existence de ce type de corps secrets d'armée, le Parlement européen a émis une sévère critique, les suspectant d'avoir été impliquées dans les manipulation liées aux opérations de terrorisme en Europe.

'Le Dr Daniele Ganser, éminent chercheur au Centre for Security Studies de l'ETH à Zurich et auteur de "NATO's Secret Armies" confirme pour la première fois que des réseaux de renseignements à travers l'Europe de l'Ouest, y compris en Allemagne, en France, en Espagne, au Portugal, en Hollande, au Luxembourg, en Belgique, au Danemark, en Norvège, en Italie, en Grèce et en Turquie, ont nécessité une planification stratégique issue de Grande Bretagne et des USA. Les armées de "l'arrière" étaient coordonnées à un niveau international par le prétendu Comité Clandestin Allié (ACC) et le Comité d'Organisation Clandestine (CPC) affilié au QG suprême des forces de l'OTAN en Europe (SHAPE).
Elles utilisaient des noms de couverture tels que "Absalon" au Danemark, "P26" en Suisse, "ROC" en Norvège et "SDRA8" en Belgique. II est intéressant de noter que de grandes différences existaient d'un pays à un autre. Dans certains, les armées secrètes se sont changées en creuset du terrorisme, tandis que dans d'autres, elles gardèrent un simple rôle de prévention. En Turquie, la "Contre-Guérilla" est impliquée dans le terrorisme local et les opérations de torture menées contre les Kurdes, et en Grèce, le "LOK" a participé au "coup d'état des colonels" de 1967 pour empêcher l'arrivée au pouvoir d 'un gouvernement socialiste. En Espagne : armée secrète était utilisée pour soutenir la dictature fasciste de Franco, et en Allemagne les terroristes de droite ont utilisé les explosifs de l'armée secrète pour l'attentat terroriste de Munich en 1980.

Dans d'autres pays, comme le Danemark, la Norvège et le Luxembourg. les soldats secrets furent entraînés pour une éventuelle occupation de leur pays natal et n'ont jamais pris part a aucun acte de terrorisme ou de manipulation. Dans le contexte actuel de la prétendue guerre contre le terrorisme. les données sur la Gladio soutiennent l'idée que les gouvernements occidentaux ont sacrifié les vies d'innocents citoyens et couvert des actes de terrorisme pour manipuler le peuple. Les allégations selon lesquelles l'OTAN, le Pentagone, la NIG, la CIA et les services de renseignements Européennes ont entretenu des liens avec le terrorisme, les coups d'Etat et la torture en Europe sont évidemment de nature extrêmement délicate et leur vérification nécessitera de futures enquêtes.

(Source : International Relations and Security Network ISN Security watch, ETH Zurich. Suisse I S décembre 2004,  NEXUS n°38 mai-juin 2005)
http://www.isn.ethz....ls.cfm?ID=10373

#14 joel

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Posté 15 mars 2006 à 21:54

Petit retour à un sujet que traitions un peu plus haut. En effet, un film "Romanzo Criminale" a fait récemment un carton en Italie. Et pour cause... Non seulement de suivre la parcours d'un gang de la Maffia (la Magliana) entre 1977 et 1992, le réalisateur Michele Placido n'a pas hésité à évoquer l'implication d'un "gouvernement opaque, surpuissant et machiavélique" dans l'attentat de la gare de Bologne en 1980 qui fit 85 victimes.

Image IPB


Voici ce que déclare ou plutôt hurle l'un des maffieux arrêté et interrogé par la Police italienne au sujet de l'attentat : "Bologne, ce n'est pas le coup d'une bande ! C'est un coup de chez vous ! (...) Tu trouveras peut-être un minuteur marqué : République Italienne... !!!"

Une actrice du film, Anne Mouglalis, déclare ceci dans l'Hebdo du Cinéma du 13 mars 2006 sur Canal+ : "Le film, très clairement, dit que l'attentat de Bologne était commandité par l'Etat (...) C'est tabou comme on ne peut pas parler des Brigades Rouges(...)"

Pour voir l'extrait vidéo : Extrait Hebdo du cinéma" canal+ 13-03-2006

Un extrait d'interview du réalisateur Michele Placido également très intéressant :

Citation

Q : Les attentats terroristes, qui constituent la toile de fond du récit, finissent par relativiser la gravité des actes criminels du Libanais et de ses hommes.

R : Oui, et c'est cette mise en perspective qui m'intéressait. Je voulais notamment montrer l'Italie à travers les yeux d'un gars comme Freddo. Quand il assiste à l'attentat de la gare de Bologne, il se rend compte qu'il se produit des actes encore plus criminels que les leurs, et il réalise que le désordre, dans son pays, dépasse tout ce qu'il avait imaginé.

Q : Cette découverte l'ébranle profondément.


R : Oui, car à partir de là, Freddo comprend que ses copains et lui sont contrôlés et manipulés par la partie occulte de l'Etat, qui se sert d'eux pour ses basses oeuvres. Les membres de la bande pensaient avoir conquis Rome par eux mêmes, mais Freddo réalise alors que sans l'aide de ce pouvoir occulte, ils n'y seraient jamais parvenus. Ils ne sont que des marionnettes et cette découverte marque le début de sa prise de conscience, de son désir de changer de vie et des déboires de la bande, qui est désorientée.
Source

Voilà voilà... Aux USA, il y a "Syriana". En Italie, 'Romanzo Criminale". Et en France, nous avons... nous avons... heu... Mais "Les Bronzés 3" pardi ! :-?

#15 Maximus

Maximus

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Posté 22 avril 2006 à 02:31

Qui est derrière "al Qaïda en Irak"? Le Pentagone reconnaît fabriquer une "Légende Zarkaoui"

Par Michel Chossudovsky

18 avril 2006  

GlobalResearch.ca

Abu Musab Al Zarkaoui a été présenté par l'administration Bush et les médias occidentaux comme le cerveau derrière l'"insurrection" en Irak, censément responsable des massacres de civils irakiens.

Zarkaoui est l'ennemi extérieur de l'Amérique. L'administration Bush dans des déclarations officielles, y compris des discours présidentiels, des documents de la sécurité nationale, etc… a pointé vers le besoin de "courir après" Abu Musab Al Zarkaoui et Osama Ben Laden.

"Vous savez, je hais prédire la violence, mais je comprends la nature des tueurs. Ce type, Zarkaoui, un associé de al-Qaïda – qui était à Bagdad, d'ailleurs, avant la destitution de Saddam Hussein – est encore libre en Irak. Et comme vous vous rappelez, une partie de son plan opérationnel était de semer la violence et la discorde parmi les divers groupes en Irak par meurtres de sang-froid. Et nous avons besoin de trouver Zarkaoui afin que le peuple d'Irak puisse avoir un avenir plus brillant – brillant." (George W. Bush, Conférence de Presse, 1er juin 2004)

Le mandat officiel des forces d'occupation américaines et britanniques est de combattre et de gagner la "guerre au terrorisme" au nom du peuple irakien. Zarkaoui constitue la justification de Washington pour l'occupation militaire continue de l'Irak, sans faire mention du siège brutal des zones urbaines à forte densité de population dirigé contre "al-Qaïda en Irak" dont on dit qu'il est mené par Zarkaoui.

Les forces de coalition sont soutenues comme jouant un "rôle de maintien de la paix" en consultation avec les Nations Unies. Les médias occidentaux ont soutenu constamment tous en chœur la légitimité de la "guerre au terrorisme". Ils ont non seulement présenté Zarkaoui comme un terroriste brutal, ils ont aussi échoué à rendre compte de la campagne de désinformation du Pentagone qui a été connue et documentée depuis 2002.

Programme Zarkaoui PSYOP du Pentagone

Dans une déformation inhabituelle, le Washington Post dans un récent article, a reconnu que le rôle de Zarkaoui a été délibérément "magnifié" par le Pentagone en vue de galvaniser le soutien public pour la "guerre au terrorisme" menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

"La campagne sur Zarkaoui est discutée dans plusieurs documents militaires intérieurs. "Diabolisation de Zarkaoui/réponse xénophobe en levier," déclarait un briefing militaire américain de 2004. Il listait trois méthodes: "Opérations des médias," "Opérations spéciales (626)" (une référence à Task Force 626, une unité d'élite américaine assignée principalement à chasser en Irak pour des officiels dans le gouvernement de Hussein) et "PSYOP," le terme militaire américain pour le travail de propagande…" (Washington Post, 10 avril 2006)

Le programme de propagande militaire, selon le Washington Post, a "largement visé les Irakiens, mais semble s'être déversé dans les médias américains. Une diapo de briefing à propos des "communications stratégiques" américaines en Irak, préparée pour le général d'armée George W. Casey Jr., le commandant en chef en Irak, décrit le "public au pays" comme une des six cibles du côté américain de la guerre." 'WP, op cit.)

Un document interne produit par l'état-major militaire américain en Irak, déclare que "le programme PSYOP sur Zarkaoui est la campagne d'information la plus réussie à ce jour." (WP, op cit.)

Le commandant senior chargé de mission pour l'opération PSYOP du Pentagone est le général Kimmitt, qui occupe maintenant la position de planificateur senior à la Commande Centrale américaine (USCENTCOM), responsable de la direction des opérations en Irak et au Moyen-Orient.

"En 2003 et 2004, il a coordonné des affaires publiques, des opérations d'information et des opérations psychologiques en Irak – bien qu'il ait dit dans une interview que le briefing intérieur doit être une erreur parce qu'il ne dirigeait pas les opérations psychologiques et ne pouvait pas parler en leur nom. Kimmitt a dit, "Il y a eu une campagne d'information pour élever la conscience du public sur qui était Zarkaoui,  principalement pour le public irakien mais aussi le public international."

Un des buts de la campagne était d'enfoncer un coin dans l'insurrection en amplifiant les actes terroristes et l'origine étrangère de Zarkaoui, ont dit des officiers familiers de ce programme. "Par les Communications Stratégiques agressives, Abu Musab Al Zarkaoui représente maintenant: Terrorisme en Irak/ Combattants Etrangers en Irak/Souffrance du Peuple Irakien (Attaques d'infrastructures)/Déni des Aspirations irakiennes," affirme le même briefing…



Il est difficile de déterminer combien a été dépensé dans la campagne Zarkaoui, qui a commencé il y a deux ans et qu'on pense toujours en cours. Les efforts de propagande américaine en Irak en 2004 coûtent 24 milliards de dollars, mais cela inclut la construction étendue de bureaux et résidences pour les troupes impliquées, de même que des émissions de radio et la distribution de milliers de prospectus avec le visage de Zarkaoui, a dit l'officier parlant à l'arrière-plan…

Le programme Zarkaoui au Pentagone fut mené concurremment avec une opération liée "menée par le Groupe Lincoln, une firme de consulting américaine, pour placer des articles pro-américains dans les journaux irakiens, selon l'officier familier du programme qui parlait à l'arrière plan." Selon le Washington Post, cependant, il n'y a pas eu de relation entre le programme PSYOP du Pentagone et cette réalisation par le Groupe Lincoln au nom du Pentagone. (WP, 10 avril 2006)

La désinformation et la propagande de guerre sont une partie intégrante de la planification militaire. Ce que le Washington Post évite de mentionner, cependant, est son propre rôle en soutenant la légende de Zarkaoui, avec le réseau TV, la plupart de la presse écrite, et bien sûr CNN et Fox News, sans mentionner une portion significative des médias alternatifs. La désinformation concernant la guerre au terrorisme a été alimentée dans la chaîne des nouvelles par un nombre limité de "nourrisseurs en chef".

Quelques correspondants bien connectés peu nombreux fournissent les "scoops" qui obtiennent la couverture dans les sources de nouvelles du courant dominant relativement peu nombreuses – les quatre réseaux de TV, TIME, Newsweek, CNN – où les paramètres de débat sont réglés et la "réalité officielle" est consacrée pour les nourrisseurs du bas dans la chaîne des nouvelles. Dans d'autres pays, c'est ce qui est connu comme la propagande – ou, dit moins correctement, guerre psychologique. ( Chaim Kupferberg, The Propaganda Preparation for 9/11)
Zarkaoui a été identifié par les médias américains comme étant derrière l' "insurrection" à Fallujah, Tal Afar et Samara. Il était tenu responsable des attentats de l'hôtel Amman de même que les attentats terroristes dans plusieurs capitales occidentales. Il est de manière indélébile derrière les attentats suicides en Irak comme confirmé par le Washington Post: "Le leadership chiite a honnêtement Zarkaoui dans sa ligne de mire. Il a mené les terroristes kamikazes dont les victimes chiites se montent maintenant à des milliers." ( 11 décembre 2005)

La PSYOP du Pentagone est une couverture pour les atrocités parrainées par les médias américains, qui ont soutenu la focalisation de la "diabolisation de Zarkaoui" dans ses nouvelles et ses éditoriaux couvrant le mouvement de résistance irakien.

L'officier de renseignement militaire en chef américain en Irak a dit que Abu Musab Zarkaoui et ses associés étrangers et irakiens ont essentiellement commandité l'insurrection, devenant la force d'opposition dominante et la plus grande menace immédiate aux objectifs américains dans le pays.

"Je pense que ce que vous avez ici est une insurrection qui a été piratée par une campagne terroriste," a dit le major général Richard Zahner dans une interview. "En partie, par Zarkaoui devenant le visage de cette chose, il a certainement les fonds, les médias et, franchement, a permis à d'autres gens de travailler en parallèle suivant ce schéma." (WP, 25 septembre 2005)

Parmi le bain de sang continuel en Irak, il y a une évidence de pensée nouvelle. Le changement est, ironiquement, apporté par Abu Musab Zarkaoui lui-même, dont le terrorisme aveugle semble avoir réussi à unir les gens contre son idéologie globale de Djihad. Depuis les attentats dans les hôtels de la Jordanie natale de Zarkaoui, de plus en plus de sunnites irakiens et arabes ont condamné la vision cauchemardesque du leader terroriste pour leurs sociétés – une vision qui promet encore des attentats suicides "catastrophiques". (WP, 4 décembre 2005)

Le retrait immédiat de l'Irak n'est pas une option que l'administration américaine pourrait et devrait entretenir. Elle donnerait à Abu Musab Zarkaoui et sa petite bande de combattants étrangers l'opportunité de crier victoire et d'annoncer qu'ils ont réussi à vaincre une super puissance. Cela renforcerait la main de al Qaïda sur le Moyen-Orient et ailleurs, et mènerait à une plus grande instabilité dans toute la région. (WP, 11 décembre 2005)

Les médias américains ont identifié la nature de l'insurrection, en se centrant sur le rôle-clé de Zarkaoui et ses liens à l'ancien régime baasiste:

"L'épine dorsale de l'insurrection semble être une alliance entre les Baasistes purs et durs et le réseau de terroristes essentiellement sous le commandement de Abu Musab Zarkaoui. C'est un partenariat de complaisance; les deux groupes mènent le même combat, mais pour des raisons différentes et avec des buts différents. (WP, 8 mai 2005)

Des fonctionnaires seniors au Pentagone et en Irak disent qu'ils croient que M. Zarkaoui et le "centre de gravité" de l'insurrection est maintenant dans les méandres et les villes de la vallée de l'Euphrate près de la frontière syrienne. (New York Times, 17 septembre 2005)

A Fallujah, le siège de la ville, qui a résulté en des milliers de civils tués fut décrit comme une bataille contre le "réseau Zarkaoui":

Les forces américaines ont conduit quatre attaques aériennes sur ce qui a été décrit comme des cibles associées au réseau Zarkaoui dans la ville et en dehors. Parmi elles se trouvait un complexe dans une zone agraire à environ 24 km au sud de Fallujah où l'armée américaine a dit que 90 combattants étrangers étaient réunis. L'armée a dit que l'attaque qui se passa le jeudi soir, tua environ 60 combattants étrangers.

Des témoins et du personnel de l'hôpital ont contesté le récit, disant qu'environ 30 hommes furent tués, dont beaucoup d'Irakiens. Ils ont dit que 15 enfants et 11 femmes moururent aussi au cours de l'attaque.

Aucune des versions de l'attaque n'a pu être vérifiée de manière indépendante.

La nuit suivante, l'armée américaine a dit dans une déclaration qu'elle a effectuée "une autre attaque de précision couronnée de succès" sur une réunion d' "approximativement 10 terroristes de Zarkaoui" au centre de Fallujah. "Il n'y avait pas d'indication que des civils innocents étaient à proximité immédiate du lieu de la réunion," a dit l'armée dans la déclaration. (WP, 21 septembre 2005)

Remarques de conclusion

Si le rôle de Zarkaoui fut fabriqué comme une partie de la PSYOP du Pentagone, quelle est la précision de ces rapports des médias ?

Les documents militaires internes divulgués au Washington Post confirment que le Pentagone est impliqué dans une campagne de propagande en cours qui cherche à fournir un visage à l'ennemi. Le but est de dépeindre l'ennemi comme un terroriste, à égarer l'opinion publique.

Le contre-terrorisme et la propagande de guerre sont entrelacés. L'appareil de propagande nourrit la désinformation dans la chaîne des nouvelles. L'objectif est de présenter les groupes terroristes comme les "ennemis de l'Amérique", responsables d'atrocités sans nombre en Irak et dans le monde entier. L'objectif sous-jacent est de galvaniser l'opinion publique en soutien de l'ordre du jour de guerre américain au Moyen-Orient.

Le renseignement militaire américain a créé ses propres organisations terroristes. Ensuite, cela a développé un programme cohésif de contre-terrorisme en multi-milliards de dollars "pour "courir après" ces organisations terroristes. Pour atteindre ses objectifs de politique étrangère, les images de terrorisme sur le théâtre de guerre irakien doivent rester vives dans les esprits des citoyens, à qui on rappelle constamment la menace terroriste. Le mouvement de résistance irakien est décrit comme des terroristes menés par Zarkaoui.

La campagne de propagande utilisant les médias occidentaux, présente les portraits des leaders derrière le réseau terroriste. Autrement dit, au niveau de ce qui constitue une campagne de "publicité", "elle donne un visage à la terreur."

La "guerre au terrorisme" repose sur la création d'un méchant épouvantail ou de plusieurs, les leaders terroristes, Osama Ben Laden, Abu Musab Zarkaoui, et al, dont les noms et les photos sont présentés ad nauseam dans les rapports quotidiens des actualités. Sans Zarkaoui et Ben Laden, la guerre au terrorisme" perdrait sa raison d'être. Le principal casus belli est de mener une "guerre au terrorisme".

Les documents du Pentagone divulgués au Washington Post concernant Zarkaoui ont révélé que Al-Qaïda en Irak est fabriqué.

Les attentats suicides en Irak sont évidemment réels, mais qui est derrière eux? Il y a des indications que certains des attentats suicides auraient pu être organisés par l'armée et le renseignement américano-britanniques. (Voir les références ci-dessous relatives à  Des soldats des forces spéciales britanniques pris en train de placer des bombes à Basra.)

Michel Chossudovsky is the author of the international best seller "The Globalization of Poverty " published in eleven languages. He is Professor of Economics at the University of Ottawa and Director of the Center for Research on Globalization, at   www.globalresearch.ca . He is also a contributor to the Encyclopaedia Britannica.  His most recent book is entitled: America’s "War on Terrorism", Global Research, 2005.  

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#16 joel

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Posté 23 août 2006 à 18:59

Je pense que le titre se passe de tout commentaire... Après les attentats (réussis) de 1992 et 1994 à Buenos Aires, Israël a voulu apparemment en remettre une couche. Loupé pour cette fois... Bien entendu, les médias occidentaux n'ont pas répercuté cette info.


Un diplomate israélien arrêté à l’aéroport de Buenos Aires avec une valise bourrée d’explosifs

C’était la semaine dernière à l’aéroport international d’Ezeiza ; la presse locale n’en a rien fait savoir ; le réseau Kalki s’est renseigné à des sources directes et fiables.

Le mercredi 9 août dans l’après-midi, un important diplomate israélien a été arrêté par la Police de sécurité aéroportuaire (PSA) en possession d’une quantité considérable d’explosifs dans une mallette. Il était en partance pour le Chili, et il a été arrêté quelques minutes avant de monter dans l’avion.

Malgré ses protestations courroucées, le commando de la PSA a procédé à son arrestation et communiqué les faits au ministère de l’Intérieur, qui ordonnait alors la plus grande discrétion.

La PSA, ex Police aéronautique militaire, dépendait autrefois du ministère de la Défense ; après le scandale de Southern Winds, elle est actuellement dirigée par des fonctionnaires à la solde du président Kirchner. Il existe un malaise profond dans cette force de sécurité, à cause du statut précaire du personnel, et des dysfonctionnements provoqués par le changement du ministère de tutelle et de dirigeants. D’après des personnes interrogées à l’aéroport même par le Réseau Kalki, les membres du commando de la PSA ont eu un vif débat avec des représentants haut-placés du gouvernement qui prétendaient laisser en liberté le diplomate sans qu’il reste le moindre procès-verbal de la saisie, ce qui permettrait d’imputer aux agents la responsabilité de tout ce qui pourrait se passer ensuite.

Vers l’invention d’un « troisième attentat »


Depuis des années, des journalistes et des personnalités indépendantes proclament leur conviction sur la manipulation des attentats contre l’ambassade d’Israël et contre le centre communautaire AMIA [qui eurent lieu à Buenos Aires en 1992 et 1994 respectivement, faisant une centaine de morts]. En juin 1997, la revue électronique Libertad de Opinión diffusait les résultats de son enquête exclusive : selon les rapports présentés par les ingénieurs chargés de l’expertise, il n’y eut aucune voiture piégée dans l’attentat contre l’ambassade, dont le bâtiment a été le siège d’une implosion, survenue à l’intérieur des locaux ; on y aurait même fabriqué a posteriori un cratère pour justifier la théorie d’un véhicule chargé d’explosifs, version soutenue par les dirigeants sionistes locaux.

En mai 1999, la version papier de la revue Libertad de Opinión diffusait un autre article expliquant pourquoi de nombreux enquêteurs renonçaient à l’hypothèse islamique et envisageaient la probabilité que dans le second attentat aussi, il s’agisse d’une implosion, produite par l’explosion d’une caisse chargée d’explosifs, envoyée par la Communauté Israélite de Córdoba (Argentine).

Nous mettons en ligne ces deux informations :

1) On constate que malgré les intérêts puissants qui ont tenté d’étouffer ces conclusions, aujourd’hui les faits confirment l’analyse de Libertad de Opinión : les personnes poursuivies au départ ont toutes été relâchées, faute de preuves, et l’ex-juge Galeano [responsable de l’instruction] est mis en accusation ; l’ex-président de la DAIA (Délégation Amitié Israël Argentine) Rubén Beraja, escroc reconnu coupable de plusieurs faillites bancaires, fait également l’objet de poursuites, ainsi que le journaliste de Página 12 Raul Kollman, fabriquant de mensonges soutenu par le sionisme local.

2) Quelques semaines avant qu’Israël déclenche sa nouvelle agression contre la Palestine et le Liban, la DAIA et le Centre Wiesenthal ont émis des communiqués de presse alertant sur la préparation d’un « troisième attentat » en Argentine. Parallèlement, depuis les États-Unis, le Pentagone et la Maison Blanche, partaient des rumeurs d’enquêtes présumées concluant aux “dangers latents” localisés dans la région de la Triple Frontière [Argentine, Paraguay, Brésil] du fait de la présence d’une importante communauté arabe « islamique », évoquant même l’arrivée de combattants d’al Qaida sur les lieux.

Une fois enclenchée la guerre au Proche Orient, comme le Réseau Kalki en a immédiatement fait l’analyse, se produisait un phénomène contraire aux projets israélien : le rejet unanime des menées sionistes, exprimé par la gauche européenne et latino-américaine. Au même moment, les gouvernements sud américains ont refusé de soutenir la politique terroriste israélienne, les uns par conviction et les autres pour ne pas apparaître comme les alliés du colonialisme.

Dans le cas particulier de l’Argentine, il y a eu des manifestations considérables de la communauté arabe, provoquant la colère des représentants sionistes locaux, les fonctionnaires du premier ministre Olmert réprimandant les dirigeants de DAIA et AMIA, qui s’étaient rendus en Israël pour protester de leur loyauté absolue envers l’Israël, et de leur soutien personnel au génocide déclenché par ce pays.

Il est désormais clair pour les Israéliens que leur image n’est plus celle de victimes, mais de bourreaux. Aussi cherchent-ils désespérément le moyen de retrouver le piédestal de la « faiblesse » présumée, qui leur a toujours servi d’écran pour justifier le parrainage maffieux des États-Unis et l’invasion de territoires étrangers.

D’après nos informations, c’est en Amérique latine qu’Israël prépare un coup d’éclat en ce moment, pour parer à l’indignation croissante des gouvernements locaux contre la barbarie sioniste. Pas un gouvernement latino-américain n’a soutenu Israël, ni n’a critiqué ouvertement le Hezbollah dailleurs. L’Argentine serait une cible privilégiée pour une grande opération médiatique, avec le précédent des attentats de 1992-1994, et le réveil de sa communauté musulmane. Le Chili s’y prêterait aussi, parce qu’une importante communauté palestinienne y réside. Tout ceci correspond parfaitement à la saisie opérée à l’aéroport d’Ezeiza.

L’arrestation du diplomate israélien a gravement alarmé la Maison Rose [siège du gouvernement argentin]. Mais celle-ci, au lieu d’exiger des explications de Tel Aviv, a gardé le silence et a choisi le laisser passer des semaines. Raphaël Eldad, ambassadeur israélien en Argentine, fanatique sioniste avoué, dont les fils sont dans l’armée israélienne, serait intervenu avec une rare insolence, en conformité avec les instructions reçues de la chancellerie hébreue.

Ce à quoi il faut s’attendre

Les forces de sécurité argentine se posent la question : après l’échec du diplomate israélien, va-ton assister à une nouvelle tentative organisée à Tel Aviv ?

On perçoit actuellement un certain désarroi dans les instances sionistes dirigeantes, parce que la réalité n’obéit plus à leurs projets. Comme dans un accès de folie furieuse provoqué par l’impuissance à atteindre la victoire militaire au Liban, les avions israéliens ont jeté des tonnes de bombes sur les logements, les hôpitaux, les écoles et les bâtiments religieux au Liban, tandis que les dirigeants sionistes en Argentine se soumettent totalement aux directives du gouvernement israélien. Cela rend difficile un pronostic sur les prochaines initiatives envisagées dans notre région.

Nous espérons que le gouvernement agira maintenant selon l’intérêt national, et fera savoir ce qui s’est passé à Ezeiza ; qu’il donne l’identité complète du diplomate israélien, ouvre une enquête judiciaire, et exige des explications de la part du régime hébreu ; au cas où il continuerait à cacher les faits, les risques pour l’Argentine et pour la sécurité des habitants sont imprévisibles. Le Réseau Kalki estime avoir fait son devoir d’information des citoyens.

Traduit de l’espagnol par Maria Poumier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Source : http://redkalki.libr...ico_israeli.htm ou http://bellaciao.org...d_article=32839

#17 Eudha

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Posté 23 août 2006 à 19:35

Quoiqu'il arrive, il est clair que depuis plusieurs mois, les tentatives de faire déraper le monde dans une guerre mondiale se multiplient... mais il m'est avis que dans cette ère de la sur-communication et de la sur-information, cela risque d'être un peu plus compliqué que lors de nos chères époques impérialistes.

#18 Daman

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Posté 23 août 2006 à 19:49

Cette info est à diffuser largement car elle montre quelles sont peut-être les vraies origines de certains actes terroristes restés inexplicables. L'attitude des autorités argentines montre qu'elles sont elles-mêmes impliquées. Ces deux hypothèses : terrorisme préfabriqué et collusion des dirigeants des pays visés sont avancées depuis des années par la frange "conspirationniste" sans être prises au sérieux par les média officiels. Il faut donc ajouter à ces deux hypothèses une troisième : l'existence en Occident ( élargi à l'Amérique latine) d'un réseau coordonnée impliquant des pouvoirs politiques sans doute fortement infectés par le sionisme et tourné vers l'organisation de mises en scène terroristes pour promouvoir les politiques de certains pays impliqués dans ce réseau. Une sorte d'internationale d'états voyous qui n'hésitent pas à exercer le terrorisme ou à le laisser exercer au détriment de leur propre population. Au vu de ce qui s'est passé ici, on comprend le battage médiatique entourant les thèses officielles boîteuses à propos des attentats qui ont lieu à travers le monde et qui sont systématiquement attribués à la mystérieuse et hypothétique Al Quaeda. A quand la désinfection des services d'Etat dans tous les pays concernés ?

Et en attendant, qui surveille Sarko ?
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#19 Angel Of Death

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Posté 23 août 2006 à 19:54

Daman, le Mercredi 23 Août 2006 à 19h42, dit :

Cette info est à diffuser largement
Quelqu'un saurait si le texte existe déjà en anglais, allemand et en russe ? Histoire qu'on se casse pas le cul pour rien.

Vais faire traduire ça en finnois et chinois.
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#20 joel

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Posté 23 août 2006 à 20:48

Citation

Cette info est à diffuser largement car elle montre quelle sont peut-être les vraies origines de certains actes terroristes restés inexplicables

J'ai déjà envoyé un mail à Oulala.net, les Ogres, WOTC, quibla.net, Michel Collon.

Le site http://www.voxnr.com/ a déjà repris l'article. Si vous en connaissez d'autres...

Citation

Quelqu'un saurait si le texte existe déjà en anglais, allemand et en russe ? Histoire qu'on se casse pas le cul pour rien.

Vais faire traduire ça en finnois et chinois.

On va regarder ça, Angel. Mais si le réseau Voltaire reprend l'info, et il y a de grandes chances qu'il le fasse, ça va faciliter grandement la diffusion.

#21 Daman

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Posté 23 août 2006 à 21:35

J'espère que les juifs du monde entier seront informés que "Dieu" n'hésite pas à utiliser des explosifs pour les inviter à se rassembler en Terre Sainte.
Laissez-moi rire...  :D
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#22 Daman

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Posté 24 août 2006 à 01:48

Voici un petit complément d'information issu du reseau Voltaire qui rapporte certaines méthodes utilisées par les israeliens vis à vis de citoyens d'un autre pays, en l'ocurrence l'Argentine justement. Pas de rapport avec le topic ? Voire ...

Je suis curieux de savoir ce que pense Israel Shamir de cette affaire.


L'article de Bellaciao donné par Joel semble avoir été retiré. Il me vient à l'esprit que cette info pourrait être une intox des services israeliens eux-même. L'objectif ? Ruiner la réputation des sites d'information alternatifs à propos justement d'Israel. Donc à vérifier de nouveau.
Laissez-moi rire...  :D
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#23 joel

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Posté 24 août 2006 à 11:58

Oui, tu as raison Daman, le risque d'intox n'est jamais nul. Alors pour vérifier l'info, j'ai commencé par chercher si le Réseau Kalki existait bien et si ce dernier était bien à l'origine de l'article "explosif". J'ai utilisé un moteur de recherche et leur réseau existe bien. Ils disposent d'un site web qui n'est pas récent (au moins à 2003) et qui présente un grand nombre d'articles orienté dans la dénonciation des magouilles usraéliennes. Un petit extrait :

Citation

    *  El Mossad secuestró y torturó a periodista argentina - Denuncian que Tamara Lalli, corresponsal de Radio AM 530 en el Líbano y Palestina, fue brutalmente agredida por agentes israelíes (La Crónica de Hoy - México) (24 de agosto)

    * Militantes de Quebracho se enfrentaron con organizaciones israelitas - La agrupación dispersó a manifestantes sionistas que pretendían marchar contra la embajada de Irán en Buenos Aires (Total News) (24 de agosto)

    * Israel le compró a Alemania 2 submarinos con capacidad nuclear - El régimen sionista se prepara para atacar a Irán, e incluso la administración pro-israelí de Angela Merkel le financió una tercera parte de los aparatos (La Razón - España) (24 de agosto)

    * Líbano: una nación muy codiciada por Israel - Datos importantes acerca del país que derrotó al ejército sionista (RK) (24 de agosto)

    * Gobiernos regionales españoles se rebelan por inmigración - Las comunidades autónomas denunciaron que no reciben informes acerca de la cantidad de ilegales que entran al país y piden soluciones inmediatas (El Diario Exterior - España) (24 de agosto)

    * China y Rusia planean misión a Marte - Será en 2009, y su objetivo es recoger piedras del planeta y de una de sus lunas (ANSA) (24 de agosto)
Source : http://redkalki.libreopinion.com/

Ensuite, l'article sur la valise du diplomate israélien existe également : http://redkalki.libr...ico_israeli.htm

En tapant les mots-clefs " RED KALKI PSA ", on trouve de nombreux sites sud-américains qui parlent de cette affaire. Mais c'est en espagnol et je serais incapable de vous donner la teneur des propos.

Dans l'article, il était mentionné que le gouvernement argentin a refusé de reconnaître officiellement cet incident. Si l'incident a bel et bien eu lieu et compte tenu des énormes répercussions que cela est susceptible d'entraîner au niveau international, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose de leur part. Le gouvernement de Nouvelle-Zélande avait bien dénoncé il y a quelques années le Mossad mais c'était juste pour une affaire de passeports volés. Là, avec les explosifs...

Le Réseau Kalki affirme disposer de sources directes et fiables, il faudrait que quelqu'un maîtrisant bien l'espagnol voire l'anglais les contacte par mail et puisse leur demander la nature de leur source : personnes politiques, personnel de la Police (PSA) impliquée dans l'arrestation, personnel de l'aéroport, etc... Eventuellement leur demander s'il existe des interviews, des films ou des photos.

Quant à la décision des responsables de Bellaciao de retirer cet article, oui, je pense que depuis qu'ils sont poursuivis pour diffamation dans une autre affaire, ils ne veulent plus prendre le moindre risque et on peut les comprendre. De plus, le nom de Maria Poumier est cité dans l'article en tant que traductrice et cela a pu aussi motiver leur décision. En effet,  cette personne ,au demeurant très active dans la défense du peuple palestinien, est malheureusement marquée au fer rouge parce que décrite comme une sympathisante des auteurs négationnistes (Garaudy, Thion, etc...). Voilà...

#24 Daman

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Posté 24 août 2006 à 13:09

Cela se tient Joel. L'équipe du site Bellaciao a tout de même laissé l'article quelques heures. De nombreux lecteurs l'ont lu.

Les procès en diffamation en matière de politique sont une vraie plaie, une anomalie grave et une entrave à la liberté d'expression.

Il faudrait constituer un collectif financé par qui voudra bien ( à mon avis les financement ne manqueront pas) qui harcèlerait en permanence de la même manière  ceux qui dirigent les mouvements responsables de ces plaintes abusives.

Ensuite, il faudrait que les sites qui publient des vérités dérangeantes soient hébergés dans plusieurs pays à la législation plus favorable à la liberté d'expression.

De toutes façons le lecteur n'a rien à faire des contacts "négationnistes" d'un journaliste étant donné que de plus en plus de gens se sont rendu compte qu'il n'y a pas plus menteur et fourbe justement que ces gens qui brandissent l'accusation de "fréquenter un milieu négationniste" à la première occasion. A la limite, ça devient presque un label de qualité.
Laissez-moi rire...  :D
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#25 Maximus

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Posté 24 août 2006 à 20:17

EXPLOSIVOS EN EZEIZA Y EXTRAÑOS RUMORES... : http://www.seprin.co...t_from=&ucat=5

?

#26 Mateo

Mateo

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Posté 24 août 2006 à 21:02

Et si les pays arabes profitaient du Hezbollah et de la tension pour faire du business Pétrolier ?

L'arabie Saoudite vend son pétrole donc plus la situation sera tendue plus le prix du pétrole (ne baisseront pas) monteront et plus elle gagnera d'argent.

D'un autre côté cette argent va profiter au USA.

Et si tout le monde se retrouvait gagnant ?

#27 Daman

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Posté 25 août 2006 à 20:42

Il n'est pas impossible que les séoudiens trempent dans l'exploitation économique de  tout ça mais c'est tout de même un diplomate israelien qui s'est fait pincer avec une malette d'explosifs. Un diplomate implique tout  le gouvernement de l'état incriminé car les diplomates n'agissent pas pour leur propre compte.

En d'autres termes nous avons là une preuve qui n'existe, malgré les accusations US, pour aucun autre pays du moyen orient accusé de soutenir le terrorisme : le gouvernement israelien est matériellement impliqué dans l'organisation du terrorisme en Argentine et sans doute  réellement impliqué dans tout ce que la presse alternative lui reproche ( israeliens dansant sur  le toit d'un immeuble le 11 septembre, réseau terroriste en nouvelle Zélande, faux déménageurs espions couverts par le secret défense US etc ...).
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#28 kalam2050

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Posté 25 août 2006 à 20:50

Bizarre normalement ils n'ont pas le droit de fouiller un diplomate ainsi selon les conventions internationales nul n'as le droit de fouiller un citoyen du Liechtenstein il peut faire passer ce qu'il veut y compris des adm OU DE LA DROGUE.DE plus un liechtensteinien peut aller dans trous les pays du monde sans visas.

#29 Maximus

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Posté 25 août 2006 à 21:03

C'est quand même étonnant que cette info n'ait pas été reprise par d'autres médias alternatifs d'Amérique Latine. C'est pas ce qui manque là bas pourtant.

#30 joel

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Posté 25 août 2006 à 22:26

Si si, Maximus... D'autres sites de langue espagnole ont repris l'article mais apparemment sans élément nouveau.

Hier soir, j'ai envoyé un mail au réseau Kalki pour essayer d'en savoir plus.

Citation

Bonjour,

Plusieurs sites web français ont repéré votre article sur le diplomate israélien arrêté avec une valise remplie d'explosifs. Mais en raison des intox qui circulent de plus en plus sur Internet, il règne inévitablement une certaine méfiance.

Vous affirmez détenir des sources directes et fiables. Est-ce que vous seriez en mesure de révéler les identités de certaines de vos sources ? Possédez-vous des interviews, des photos, des enregistrements audio ou vidéo des témoins de l'arrestation ?

Si la réponse est oui, pourriez-vous les diffuser sur votre site ou nous les communiquer de façon à pouvoir les transmettre à notre propre réseau ?

Bien Cordialement


Ps : Excusez-moi mais je ne connais pas la langue espagnole. En cas de problème avec le français, voici une traduction approximative en anglais :

Hello,

French websites spotted your item on the Israeli diplomat stopped with a full suitcase of explosive ones.  But because of the intox that circulate more and more on Internet, it reigns inevitably a certain mistrust.

You assert to hold direct and reliable sources.  Are you in a position to reveal the identities of certain ones of your sources?  Do you possess interviews, photos, recordings audio or video of the witnesses of the arrest?

If the response is yes, could you broadcast them on your site or to communicate them in a manner to be able to transmit them to our own network?

Well Cordially

L'adresse mail est la suivante : redkalki@libreopinion.com (oui je sais, libre opinion ne fait pas très espagnol)

Si d'autres candidats au suicide veulent essayer...  :gueulecassee: