Conduite alimentaire de réduction extrême de l’alimentation, que le sujet considère comme une forme normale de son existence (L. F. Gayral).
Différente de l’anorexie mental et de la grève de la faim, cette conduite était au début de la chrétienté spécifique de certains ermites vivant dans l’isolement d’une grotte ou sur le sommet d’une colonne (stylites) dans un état d’ascèse et de mysticisme religieux particulièrement intense. On la retrouve actuellement dans quelques cas de schizophrénie, de délire mystique ou de névropathie particulièrement sévère.
Voila quelques cas !
alors prodiges, miracles, pouvoir de l'esprit sur la matière !
Le jeûne est une discipline de mortification qui consiste à réduire pendant un temps plus ou moins long la quantité de nourriture absorbée. Tous les ascètes, de quelque religion que ce soit, s’entraînent au jeûne. Pourquoi ? Parce que la modification des fonctions digestives irait dans le sens d’une purification de l’organisme, donc d’une libération de l'esprit. Théoriquement, la privation de nourriture a des limites physiologiques : quatre ou cinq jours pour la boisson, quarante à soixante jours pour la nourriture solide. Quelques cas tout à fait exceptionnels autorisent à parler de jeûne absolu. Certains mystiques n’ont rien mangé ni bu pendant plusieurs années, ce qui est normalement impossible.
En réalité, la différence entre un jeûne extrêmement rigoureux et un jeûne absolu repose sur ce point essentiel : ne rien boire.
On verra qu’il convient d’établir des "degrés" dans l’étude du jeûne : il peut être extraordinaire dans la plupart des cas ; il ne sera considéré comme "prodige" que lorsqu’il sera absolu (nourriture et boisson). Le jeûne mystique absolu est appelé par les spécialistes inédie (du latin in particule privative, et edo manger).
Au fond des campagnes françaises, on se racontait des histoires...
Celle, par exemple, de cette petite fille de douze ans, qui vivait à Commercy, en Lorraine et dont on disait qu’elle était restée trois ans sans manger. Au bout de ce laps de temps, et sans qu’on sache pourquoi, elle reprit normalement de la nourriture. Et dans d’autres provinces aussi, de telles anecdotes circulaient : près de Sens, à Vauprofonde, en 1616, on signalait le cas d’un jeune garçon, Jean Godeau, qui était resté cinq ans sans rien avaler.
En Saône-et-Loire, à Beaune, c’est encore une fillette de dix ans et demi qui souffrait de migraines, de paralysie et de syncopes, mais qui " avait toute sa tête intacte" : elle ne buvait que de l’eau et s’en portait bien ; elle avait " l'œil vif, le teint coloré, les lèvres vermeilles, mais son ventre était si affaissé qu’on touchait les vertèbres ". Un jour, elle eut subitement faim et tout rentra dans l’ordre. Elle était tout de même restée sans manger pendant quatre ans !
Et la veuve Zélie Bouriou ? Que n’a-t-on pas raconté sur elle !
Elle vivait en Dordogne à La Verrerie, commune de Paussac. A trente-cinq ans, elle perdit accidentellement son mari et ses enfants. Elle en fit une maladie nerveuse et fut conduite à l’hôpital de Bourdeilles, près de Brantôme. Elle resta cent vingt-cinq jours sous étroite surveillance, sans rien prendre qu’un peu d’eau qu’elle rejetait. Les journaux de l’époque,1896, évoquèrent largement ce cas : elle resta neuf ans sans manger, tout en gardant sa vivacité. Quand on l’interrogeait sur son abstinence, elle disait, en patois," je ne pourrai pas avaler seulement gros comme cela d’aliments" , et montrait la tête d’une épingle.
Est-ce que cette année 1896 aurait été propice aux jeûnes ?
On signalait à Belle-Île-en-Mer une Marie-Josèphe Seveni qui n’aurait rien avalé durant vingt ans. En 1900, Gaston Mery écrivait : "Je connais une femme dont on ne parle jamais et dont le cas, qui dure depuis dix-sept ans, me paraît extraordinaire. On pourrait l’appeler "la jeûneuse d’Hottot", du nom du joli village normand où elle habite à deux pas de Caen 1. Rose Savary ne dort jamais et ne mange pas. Elle a quarante deux ans. Depuis 1883, elle est couchée. De quoi souffre-t-elle ? D’un arrêt des fonctions de l’estomac. Elle ne peut rien digérer. Cette jeûneuse avait des sensations de faim, cas assez surprenant. Comme elle suppliait un jour qu’on lui fasse goûter une fraise, on la lui donna dans un peu d’eau sucrée. Deux jours plus tard, elle vomit la fraise, intacte. Aucun des médecins consultés ne parvint à guérir cette malade.
Un cas également célèbre aux États-Unis, celui de Mollie Fancher 2, cette Américaine qui vécut sans rien manger à partir du moment où elle devint invalide, frappée par la tuberculose (1866), à l’âge de dix-huit ans et cela jusqu’à sa mort. La polémique autour de ce cas fut sévère, certains dénonçant une supercherie, sans se déplacer pour autant afin d’examiner la jeune fille, d’autres criant très haut leur mépris, tout simplement parce que l’instinct se révolte contre cette idée absurde : vivre sans manger. Plusieurs médecins, le professeur West, le docteur Speir (qui cite dans ses rapports les noms de sommités de New York qui ont contrôlé le jeûne), ont cependant étudié son cas et confirmé le jeûne absolu.
"Je peux dire avec certitude qu’elle n’a rien mangé, affirme le docteur Speir. Je ne crois pas qu’aucun aliment solide ait passé les lèvres de cette femme depuis son attaque de paralysie... Je la force de temps en temps à prendre une cuillère d’eau ou de lait, en utilisant un instrument pour lui ouvrir la bouche. Mais cela lui est très douloureux... "
source :
http://membres.lycos.fr/casar/
Ce message a été modifié par hermes - 25 novembre 2003 à 18:22.










