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La production d'opium afghan a explosé en 2003


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10 réponses dans ce topic

#1 mariuss66

mariuss66

    Anti-impérialisme notoire

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Posté 03 décembre 2003 à 19:47

Une des raisons invoqué à l'époque pour aller faire la guerre à l'Afghanistan et les talibans était que ce pays était essentiellement financé par la vente d'opium. Le pavot (plante qui sert à fabriquert l'opium) est la culture la plus répandue là-bas, car le climat est idéal pour cette plante. Et comme l'opium est une vilaine drogue (ça c'est vrai), raison de plus de chasser les talibans pour mettre fin à cet odieux traffic.

Mais que se passe-t-il? La culture de pavot a augmenté plutôt que de diminuer? Mais alors, les américains nous ont mentis? Eh oui! Encore une fois...

Citation

L'opium de plus en plus cultivé en Afghanistan
Dec 2, 2003
Des statistiques publiées par les États-Unis révèlent que la culture de pavot en Afghanistan a doublé entre l'année 2002 et 2003, et été multiplié par 36 depuis la chute des Talibans. Cela correspond à 61.000 hectares contre 1.685 hectares en 2001.

Source

Quand on sait que la CIA est fortement impliquée dans le traffic de drogue en amérique (et ailleurs aussi sans doute), il n'y a pas là de quoi surprendre. Par contre, il serait temps que le peuple américain se réveille, car au-delà du discours trompeur de leurs élus il s'agit du mensonge érigé en système. :poing:  :grognon:

Ce message a été modifié par mariuss66 - 03 décembre 2003 à 20:04.

Le capitalisme est encore et toujours la source de tous nos ennuis...

#2 joel

joel

    Tournicoti, Tournicoton

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Posté 03 décembre 2003 à 20:43

Ben oui, ces cons de Talibans, aveuglés par leur doctrine religieuse, avaient trop bien fait les choses en limitant réellement la production de pavot et de chanvre. Ils n'avaient pas compris les mises en garde des grosses légumes us ! Les Narco-dollars rapportent, paraît-il d'après une info entendue sur une station de radio et qui reste à vérifier, près de 2000 milliards de $ par an ! Une raison parmi d'autres aux yeux de l'Oncle Sam pour intervenir en Afghanistan.

#3 mariuss66

mariuss66

    Anti-impérialisme notoire

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Posté 04 décembre 2003 à 17:20

En effet, et le traffic de drogue par la CIA ne remonte pas à hier. Sans citer David Icke, qui mentionnait que George Bush père utilisait ses cargos pétroliers à la fin des années 50 afin de faciliter l'entrée de stupéfiants aux États-Unis, on peut trouver d'autres informations sur le sujet, par des gens plus "crédibles".

Par exemple, voyons le cas du journaliste Garry Webb:

Citation

La presse libre de censurer

En 1996, Garry Webb est encore un brillant reporter, fort de vingt années d'expérience, travaillant pour un journal réputé, le Mercury News de San Jose, aux Etats-Unis. En août, il publie une série de trois articles retentissants: il y montre comment la CIA, en organisant le trafic de crack pour financer les contras (contre-révolutionnaires) nicaraguayens, a développé le fléau parmi la population noire de Los Angeles. Webb rédige des articles additionnels. Ils ne seront jamais publiés. Et l'année suivante, le reporter est transféré dans une autre ville puis quitte le journal. Il comprend alors pourquoi un confrère lui avait demandé: «Tu veux vraiment ruiner ta carrière?»

Dans un premier temps, la direction du Mercury News défend son journaliste face aux attaques furieuses du New York Times ou du Washington Post. Mais elle prend ensuite ses distances, notamment dans un éditorial du 11 mai 1997. Avant de se séparer purement et simplement du reporter. Rien à redire dans le procédé: la presse est libre (Extra, mars-avril 1998).

Source

Et encore, un article faisant état de l'immoralité de l'armée américaine envers ses agents coréens lors de la guerre de Corée révèle les liens présumés de la CIA avec le traffic de drogue.... article écrit à partir de documents déclassifiés par la CIA elle-même! En voici un extrait éloquent que je vous ai traduis:

Citation

Le rapport fait référence à un autre aspect de la question de la moralité, au delà du sacrifice des vies coréennes. Il mentionne un agent coréen individuel, dont l'identité est gardée secrête, qui a eu la main sur le commerce de drogues de la Corée du nord.

"Son commerce avec l'ennemi était un immense avantage financier pour eux puisque ses contacts avec les services d'intelligence américains ont servi à faciliter le trafic répandu de narcotiques s'élevant probablement en valeur à plusieurs millions de dollars, ''indique-t-il.

Il n'y a aucune élaboration sur la "connection narcotiques", mais il suggère au moins un lien indirect de la C.I.A avec le commerce de drogues.

Crispell, le porte-parole de l'agence, mentionne: "Il n'y a aucune indication que la C.I.A a soutenue ou a bénéficiée des activités illicites impliquant cet individu." Un fonctionnaire de l'agence parlant des conditions de l'anonymat a déclaré que le rapport de l'agent coréen avec la C.I.A a cessé après que son trafic de drogue soit devenu notoire. "
AP-NY-04-03-00 1400EDT

http://home.comcast..../koreandrug.doc

Je me demande comment réagierais le peuple américain s'il savait à quel point les sommes colossales investies par le gouvernement pour la lutte contre la drogue ne servent strictement à rien, puisque c'est ce même gouvernement qui la distribue! Et le pire dans tout ça, c'est que les États-Unis ont les lois les plus sévères en matière de possession de drogue en amérique du nord. Ils se sont même permis de faire la morale au gouvernement canadien, trop laxiste selon eux envers les traficants. Une belle bande d'hypocrites.... :thermo:
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#4 remlug

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Posté 04 décembre 2003 à 17:59

Permets moi Mariuss66 de mettre le lien sur le topic que tu avais créé au sujet du livre "Black List"

Citation

Black List est la compilation de 15 récits de journalistes US qui ont vu leurs travaux censurés de diverses manières. Ils y témoignent de leurs recherches et des pressions subies.

Il est dramatique et décourageant de constater que les mêmes causes produisent encore et toujours les mêmes effets...

L'Homme apprendra t'il un jour ?  :poing:

Moi, je serais le prof, je me tirerai des balles !  :marteau2:  :marteau2:  :marteau2:


Enfin... je suppose qu'ils aiment leurs enfants... c'est déjà ça !
:love2:

:calin: à vous !

#5 mariuss66

mariuss66

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Posté 04 décembre 2003 à 19:05

remlug, le jeudi 04 décembre 2003, 12:06, dit :

Enfin... je suppose qu'ils aiment leurs enfants... c'est déjà ça !
Tu l'as dit! Leurs enfants, et non pas les enfants! Et à voir le futur qu'ils nous réservent, ils doivent les aimer d'un amour... reptylien..  :marteau2: (non non je ne parle pas de toi reptyl! :D)
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#6 gwelan

gwelan

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Posté 05 décembre 2003 à 11:13

Le plus drôle c'est que les américains sont capable de repérer Ben Laden quand il leur fait un bras d'honneur au fond d'un bunker au milieu d'une montagne, sont même capables de repérer des armes de destructions massives inexistantes en Irak, mais incapables de repérer des champs de pavot qui s'étendent et fleurissent à l'air libre sur des étendues multipliées par 6 !!!!!!!!!

Le plus triste, c'est surtout qu'il y ait encore des américains et des soit disant "libres penseurs" en europe, pour croire encore au discours officiel us !

#7 Julie

Julie

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Posté 12 décembre 2003 à 10:08

Info qui reste à vérifier, mais toujours en rapport avec l'opium :

Le livre jaune n°5 des éditions Felix nous explique que les Anglais, lors de la colonisation de l'Inde, y produisaient de l'opium, et qu'ils ont profité de la venue de main d'oeuvre chinoise en Angleterre pour les rendre opiomanes, afin "d'écouler" leurs stocks, merveilleuse source d'argent !  :o

#8 pascal

pascal
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Posté 12 décembre 2003 à 10:25

Julie, le vendredi 12 décembre 2003, 10:15, dit :

Info qui reste à vérifier, mais toujours en rapport avec l'opium :

Le livre jaune n°5 des éditions Felix nous explique que les Anglais, lors de la colonisation de l'Inde, y produisaient de l'opium, et qu'ils ont profité de la venue de main d'oeuvre chinoise en Angleterre pour les rendre opiomanes, afin "d'écouler" leurs stocks, merveilleuse source d'argent !  :o
Bonjour Julie, bonjour à tous.

Voici un petit résumé très efficace sur l'histoire de l'introduction de l'opium en Chine par les occidentaux bienfaiteurs de l'humanité, porteurs de la banière divine et dernier espoir des peuples hérétiques et condamnés aux flammes de l'enfer!  :bravooo:  :ptdrasrpt2:


Hum, hum... :prof: L'Opium...

L'opium  :petard2: , produit en Inde, et exporté par les Hollandais dans toute la Mer de Chine, se répand en Chine vers 1720. En 1729, l'empereur chinois interdit l'importation et la vente de l'opium en Chine. Devant l'échec de cette décision, un autre édit (1799) réitère la prohibition, puis un troisième (1820) donne des récompenses aux informateurs et accorde des réductions de peine à ceux qui révéleraient l'identité de leurs fournisseurs.

«Le seul effet de ces lois semble avoir été de renforcer la contrebande de l'opium et la corruption des fonctionnaires chargés de son contrôle». À cette époque (1820), quelque 2 à 12 millions de Chinois sont devenus consommateurs d'opium. Que s'était-il passé durant ce siècle ?

Une compagnie anglaise créée en 1600, la Compagnie des Indes Orientales, réussit à survivre à diverses crises grâce à l'instauration, en 1773, d'un monopole officiel sur la production d'opium. Elle intensifie le commerce de cette drogue avec la Chine. En soixante ans (1770-1830), la vente de ce produit passe de 1,3 tonnes à 1275 tonnes par année ; cela représente les 2/3 des recettes indiennes de la compagnie et, pour l'Angleterre, le 1/7 des revenus totaux en provenance des Indes.

La crise industrielle vécue en Europe au début du 19e siècle accentue l'intérêt pour la Chine, seule région du monde encore fermée au commerce anglais. De nombreux commerçants réussirent alors à briser le monopole de la Compagnie des Indes Orientales.

En 1836, commence un débat à la Cour impériale de Chine sur les mesures à prendre face à l'importation et à l'abus de l'opium. L'empereur donne raison aux prohibitionnistes et exige que des mesures nécessaires soient prises : deux mille trafiquants sont arrêtés et de nombreuses fumeries sont fermées. En 1838, nouveau débat. Quatre arguments sont invoqués : la santé (dommages physiques et mentaux), l'immoralité (opium mène à la décadence), les conséquences économiques (le trafic et la vente de l'opium menacent la stabilité financière) et enfin, les principaux responsables sont des étrangers.

En mars 1839, un commissaire impérial promulgue des lois et des peines sévères pour les trafiquants et les consommateurs. Il fit arrêter le président de la Chambre de commerce de Canton (sujet britannique), un trafiquant notoire et fit détruire 1300 tonnes d'opium, d'une valeur de 9 millions de dollars. Il édicta aussi les 39 règles, dont l'une prévoyait l'application de la peine de mort aux trafiquants, vendeurs et même aux consommateurs, après un délai de 18 mois. Suite à la mort d'un paysan chinois, lors d'une bagarre provoquée par des marins anglais, le commissaire impérial exige la livraison du coupable, sinon un otage sera pris et exécuté chez les marins anglais. Les Britanniques quittèrent Canton et se retirent à Hong Kong. Suite au blocus de celle-ci, la flotte britannique est intervenue. Ce fut le début (septembre 1839) de la première des guerres de l'opium. Celle-ci fut facilement remportée par l'Angleterre.

Après avoir été militairement défaite, la Chine signa le traité de Nankin : elle dut payer 21 millions de dollars pour les frais de l'expédition et l'opium détruit ; elle dut aussi ouvrir cinq autres ports de commerce, établir des relations diplomatiques avec les autres pays, déterminer un tarif juste et régulier pour les exportations et les importations, tout en cédant à l'Angleterre l'Île de Hong Kong.

D'importantes conséquences résultèrent de cette première guerre de l'opium : économiques d'abord car elle força l'ouverture de tout un continent au commerce extérieur, entraînant la totale dépendance de la Chine, durant plus de cent ans, vis-à-vis le monde occidental et le Japon, tout en intégrant l'opium dans l'économie chinoise. Au niveau politique, elle montra l'impossibilité pour un pays de résoudre lui-même un problème (la consommation de l'opium) qui touche les intérêts d'autres puissances. Des conséquences humaines et sociales s'ajoutèrent aussi car l'opiomanie se propagea considérablement. Ainsi, entre 1870 et 1900, on estime qu'entre 5 et 20% de la population, i.e. de 25 à 100 millions de Chinois étaient des toxicomanes.

Suite à une nouvelle expédition gagnante dirigée par l'Angleterre et la France afin de faire respecter le traité de Nankin, ces derniers obtinrent que soient levées toutes les restrictions relatives à l'importation d'opium dans le pays, de nouveaux ports de commerce furent ouverts et l'Angleterre obtint de nouveaux territoires chinois.

À la fin du 19e siècle, émerge en Chine un courant anti-opium. Ce courant mène au décret impérial du 21 novembre 1906 qui prévoit un plan de suppression de l'opium en 10 ans par la réduction de 10% des surfaces d'opium cultivables par année et l'imposition de lourdes peines aux trafiquants, fonctionnaires corrompus, etc.

Le même courant frappe aussi l'Angleterre, ce qui amène la création d'un Commission royale d'enquête sur l'opium. Les avis sont contradictoires sur le danger de l'opium. «Ses principales conclusions sont les suivantes : 1) Il n'existe pas une demande suffisamment importante pour justifier la prohibition de la culture de l'opium en Inde, prohibition qui poserait par ailleurs des graves problèmes internes à ce pays dans la mesure où ses finances ne pourraient pas supporter cette interdiction ; et 2) L'affirmation du mouvement anti-opium, selon laquelle la Chine a été forcée d'importer cette substance, est sans fondement».

Mais, un changement de gouvernement en 1906 permit la signature d'un accord en 1908 avec le gouvernement chinois en vue de la soutenir dans sa campagne de suppression de l'usage de cette drogue. Cette réduction provoqua une hausse de la rareté du produit. La conférence internationale de Shanghai est organisée en 1909 afin de corriger la situation. À partir de 1911, l'opium se raréfie en Chine, mais un nouveau produit, de fabrication anglaise et allemande, commence à inonder le marché : la morphine, un dérivé de l'opium.

Ainsi, après avoir exercé le trafic de l'opium pendant plus de cent cinquante ans, l'Angleterre essaie d'internationaliser leur contrôle. Les États-Unis s'imposeront dans ce domaine.

Source : José M Rico, Les législations sur les drogues : Origines et Évolution. Psychotropes, vol lll no 1 p.72-75
Voilà, c'est fini  :sommeil:


bizzz


:aime3:

#9 Vitchilo

Vitchilo

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Posté 27 septembre 2006 à 08:06

Citation

La production d'opium afghan a explosé en 2003

Et à défoncé encore plus en 2006, pour une production de 6100 tonnes, contrairement à 3600 tonnes en 2003. Et quand les Talibans l'avaient interdits, coupant une grosse partie du budget de la CIA, la production n'était rendu qu'à 200 tonnes.

Une député afghane en visite au Canada se vide le coeur. Elle décrit comment l'Alliance du Nord est pire que les Talibans, comment 700 enfants et + de 50 femmes meurent chaque jour dues aux conditions... les femmes ont moins de droits qu'avec les talibans...

BELLE MISSION ACCOMPLIE HEIN BUSH?  :tresfache:

Citation

Au nom de la démocratie et de la paix, mes chers amis, j’aimerais vous transmettre les salutations les plus chaleureuses du peuple afghan. Avant de parler de la situation dans mon pays, je tiens à remercier, du fond de mon cœur, mes amis au Nouveau Parti démocratique, qui ont pensé à leurs sœurs afghanes et qui m’ont invitée à ce rassemblement.

Mes amis honorables, cinq ans après la chute du régime misogyne et anti-démocratique des Talibans, presque cinq ans après le début de l’attaque menée par les États-Unis contre l’Afghanistan, vous aimeriez sans doute que je vous parle du progrès et des résultats positifs en Afghanistan, mais j’ai le regret de vous informer que l’Afghanistan est encore une terre en proie à une incendie double.

Le gouvernement américain a effectivement renversé le régime des Talibans, avec son esprit médiéval et ses maîtres d’Al Quaeda. Mais, ils ont permis que l’Alliance du Nord accède à nouveau au pouvoir. Ce groupe ressemble aux Talibans sur le plan des croyances, et ils sont aussi brutaux et anti-démocratiques que les Talibans. Parfois encore pires.

En décembre 2003, à titre de représentante à la grande assemblée, j’ai parlé de la criminalité de l’Alliance du Nord, et des dangers auxquels ils exposeraient l’Afghanistan. Mais aujourd’hui, même l’ONU accepte que l’Afghanistan devienne un narco-état sous leur régime.

Il faut que je vous dise que malheureusement, la situation désespérée du peuple afghan n’a pas changé. Lorsque le pays tout entier vit à l’ombre de l’arme à feu et des seigneurs de guerre, comment ses femmes peuvent-elles jouir des libertés les plus fondamentales? Contrairement à la propagande diffusée par certains médias dans l’Ouest, les hommes et les femmes en Afghanistan n’ont pas été « libérés » du tout.

J’aimerais vous décrire la réalité de mon pays en pleine crise, même s’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg.

Selon les Nations Unies, c’est un pays qui fait face à une crise de santé qui est considérablement pire que celle occasionnée par le tsunami. Sept cents enfants et entre 50 et 70 femmes meurent chaque jour, faute de services de soins de santé. Le taux de mortalité des mères et des enfants est encore très élevé : entre 1600 et 1900 femmes sur 100 000 meurent en couches. L’espérance de vie est inférieure à 45 ans.

Chez les femmes afghanes, le taux de suicide est terriblement élevé. Selon un sondage récent effectué par UNIFEM, 65 % des 50 000 veuves à Kabul voient le suicide comme la seule issue pour s’échapper de la misère noire dans laquelle elles se trouvent. De plus, le sondage prouve que la majorité des femmes afghanes sont victimes de violence psychologique et sexuelle.

Dans un pays qui a besoin d’énormément d’efforts de reconstruction, 40 % de la main-d’œuvre est au chômage, et une vaste majorité vit au-dessous du seuil de la pauvreté. L’Afghanistan se classe 175e sur les 177 pays de l’indice du développent humain de l’ONU.

Il est ironique que cela se passe dans un pays qui a reçu 12 milliards de dollars, et qui s’est vu promettre encore 10 milliards de dollars au congrès à Londres l’année passée. Mais cet argent finira principalement dans les poches des seigneurs de guerre, pour qu’ils puissent mieux opprimer notre pays.

Les crimes et les actes de brutalité commis par les seigneurs de guerre extrémistes persistent, et ce, sous le nez des troupes américaines et de l’ISAF. Des bandits armés de l’Alliance du Nord ont violé Fatima, âgée de 14 ans, ainsi que sa mère. Ils ont violé Rahima, 11 ans, et sa grand-mère de 60 ans. C’est un pays où Amina, 30 ans, a été tuée par lapidation, où Nadia Anjuman est devenue la cible facile de la violence de son mari parce que celui-ci avait la certitude de bénéficier de l’appui des seigneurs de guerre de l’Alliance du Nord misogyne.

Sous le régime des Talibans, le ministère du Vice et de la Vertu est devenu le symbole d’abus arbitraires, surtout aux dépens des femmes et des filles afghanes. Pourtant, aujourd’hui, le cabinet afghan a décidé encore une fois de rétablir ce ministère horrible plutôt que de se concentrer sur les besoins criants de la société afghane.

Dans une déclaration de l’année passée, le comité américain pour la protection des journalistes, (Committee to Protect Journalists), a dit : « Les journalistes afghans font face à des pressions sévères exercées par les autorités afghanes, y compris des menaces, l’intimidation, même l’incarcération et le meurtre. » Voici ce qui se passe pendant que M. Karzai et les médias de l’Ouest parlent de la liberté d’_expression en Afghanistan.

Ceux qui défendent la justice sont menacés de mort. Le 7 mai, 2006, j’ai été agressée physiquement par deux députés au Parlement qui soutiennent les seigneurs de guerre et les drogues, parce que j’avais dit la vérité. J’avais parlé des crimes de l’Allaince du Nord. L’un d’entre eux a même crié : « Prostituée, prenez-la et voilez-la! »

Plutôt que de se fier aux gens pour traduire en justice ces seigneurs de guerre criminels, le président Hamid Karzai leur donne des postes supérieurs. Par exemple, cette année, il a nommé treize anciens commandants, avec des liens à la contrebande de drogues, au crime organisé et aux milices illégales, à des de postes de hauts dirigeants au sein de la police.

En raison de la situation tragique en Afghanistan, les 4 millions de refugiés afghans inscrits en Iran et au Pakistan, n’ont guère envie de retourner dans leur pays.

Mes chers amis, le gouvernement américain ne cesse de dire qu’il ne répétera pas les erreurs du passé en appuyant les extrémistes. Mais la vérité déchirante est que les États-Unis commettent exactement les mêmes erreurs. Ils appuient les extrémistes de façon généreuse, plus que jamais. Les États-Unis dépendent de l’Alliance du Nord, ceux-là mêmes qui ont transformé l’Afghanistan en enfer entre 1992 et 1996, et qui posent encore un danger énorme à la stabilité et à la paix dans mon pays.

Kathy Gannon, spécialiste en Afghanistan, dit avec raison que « les États-Unis ne s’intéressent pas à la paix en Afghanistan. Ceux qui ont tué des milliers de personnes, ceux qui ont appuyé l’industrie de la drogue, dirigent le pays. »

Les Afghans, les gens partout au monde qui croient à la justice, et des organismes internationaux en matière de droits de la personne, demandent d’une seule voix que les seigneurs de guerre et les anciens pantins pro-Moscou soient traduits en justice. Mais plutôt que d’être traduits en justice, ils se voient proposer des postes supérieures et des occasions de siéger au Parlement, avec l’appui des États-Unis et de ses alliés.

Le gouvernement américain inclut Gulbuddin Hekmatyar dans sa liste des terroristes les plus recherchés, mais 34 membres de son parti siègent au Parlement afghan. Les États-Unis travaillent avec des extrémistes pro-américains, et ils s’opposent uniquement aux extrémistes anti-américains. Voilà la raison pour laquelle les gens se moquent de la « guerre sur le terrorisme ».

L’élection parlementaire elle-même a fait la honte de la démocratie, même si les médias de l’Ouest l’ont appelée une grande réussite. Selon HRW, 70 % des membres du Parlement sont accusés de crimes de guerre, dont des membres de l’état fantoche russe, des trafiquants de drogues, des Talibans et des tueurs de l’Alliance du Nord.

Mes chers amis, les États-Unis ne se soucient pas de la racine du terrorisme en Afghanistan. Voilà pourquoi nous ne considérons pas les États-Unis comme le « libérateur » de notre pays.

J’espère que vous avez compris, à l’aide des petits exemples que je viens d’énumérer, que mon pays se trouve encore entre les griffes d’extrémistes et de terroristes meurtriers. La situation en Afghanistan, surtout celle des femmes afghanes vouées au malheur, ne changera jamais pour le mieux, tant et aussi longtemps que les seigneurs de guerre ne seront pas désarmés, et que la politique en Afghanistan ne sera pas délivrée des terroristes pro et anti-États-Unis.

Je pense qu’aucun pays ne peut donner la liberté à un autre pays. Seulement le peuple lui-même peut s’affranchir. Les événements actuels an Afghanistan et en Irak en sont la preuve.

Je pense que si le Canada et d’autres gouvernements tiennent vraiment à aider le peuple afghan et à effectuer des changements positifs, il faudrait qu’ils agissent de façon autonome, plutôt que de devenir un outil avec lequel le gouvernement américain peut imposer ses mauvaises politiques. Il faut qu’ils s’alignent sur les besoins et les désirs du peuple afghan et qu’ils cessent d’aider les seigneurs de guerre et les éléments réactionnaires et ignorants au sein du système. C’est seulement en adoptant une telle approche que les pays pourront gagner la confiance des gens et prouver leur amitié envers le peuple afghan.

Nous sommes profondément désolés pour la perte des soldats canadiens en Afghanistan. Si le gouvernement canadien ne peut pas agir de façon indépendante plutôt que de suivre le programme du Pentagone, nous craignons que les efforts des troupes canadiennes ne servent que le gouvernement américain avant tout, et non pas le peuple afghan.

Nous voulons que le gouvernement canadien exerce une pression pour que des criminels comme Sayyaf, Rabbani, Qanooni, Mohaqiq, Fahim, Mullah Rakiti, les Khalqi et les Parchami soient délogés du pouvoir et traduits en justice. Il faut que les décideurs canadiens sachent que les seigneurs de guerre de l’Alliance du Nord sont également responsables des circonstances désespérées du peuple afghan et du malheur qui sévit actuellement en Afghanistan.

Je suis consciente des difficultés et des défis, et du risque de mourir aux mains des forces anti-démocratiques. Mais je me fie à mon peuple. Un jour ils pourraient me tuer, puisqu’ils ont des armes à feu, ils détiennent le pouvoir et ils ont l’appui du gouvernement américain, mais ils ne pourront jamais me réduire au silence ni cacher la vérité.

Merci.


#10 John Connor

John Connor

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Posté 27 septembre 2006 à 09:22

j'ai enfin retrouvé l'article qui parle que la CIA via sa guérilla afghane va bientot inonder l'Europe de leurs produits narcotiques :

lien : L'Afghanistan s'apprête à inonder l'Europe d'héroïne
c'est sur le site Mondialisation.ca


Le 14 septembre 2006
Ria novosti

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L'Afghanistan bat une nouvelle fois tous les records de production d'opium et s'apprête à inonder l'Europe d'héroïne de première qualité.

Selon les données publiées récemment par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la culture du pavot à opium a augmenté de 59 % cette année pour atteindre 165.000 hectares, contre 100.000 en 2005, la récolte globale d'opium brut devant s'élever à 6.100 tonnes.

A cela il faut ajouter que cette année, selon les experts afghans, l'opium est particulièrement riche en morphine: il faut seulement 7 kg d'opium brut pour fabriquer un kg d'héroïne.

Ce ratio est d'une rareté exceptionnelle. D'habitude, la fabrication d'un kg d'héroïne demande 10 à 15 kg d'opium. Ainsi, les 4.000 tonnes d'opium brut récoltées l'an dernier en Afghanistan, toujours selon l'ONUDC, ont permis de produire 400 tonnes d'héroïne. Cela veut dire qu'avec la teneur actuelle de l'opium en morphine les 6.100 tonnes d'opium brut pourraient donner plus de 870 tonnes d'héroïne. Un chiffre absolument fantastique.

Il est facile d'imaginer combien de tonnes de cette drogue dure de haute qualité viendront envahir les marchés russe et européen en 2006. D'autant plus qu'en Afghanistan le schéma comprenant la moisson de l'opium, sa transformation en morphine et en héroïne et, enfin, l'exportation des opiacés vers les pays consommateurs par les itinéraires fiables est réglé comme du papier à musique.

La question qui se pose est de savoir s'il est possible ou non d'endiguer l'afflux de la drogue afghane.

En Afghanistan, les mécanismes de lutte sont absents, qu'il s'agisse de mécanismes économiques ou militaires. Quant à la coalition antiterroriste internationale et à la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), elles ont besoin d'un mandat spécial de l'ONU pour mener des opérations de destruction des semences de pavot à opium et des laboratoires de fabrication d'héroïne.

Les Etats-Unis, qui dirigent la coalition antiterroriste, ou l'OTAN, qui parraine l'ISAF, ne saisiront jamais le Conseil de sécurité de l'ONU pour obtenir le mandat nécessaire. Surtout les Etats-Unis qui, contrairement à l'ISAF, ne disposent d'aucun mandat onusien en Afghanistan. A quoi bon se brouiller avec la population locale, d'autant plus que les problèmes russes et européens liés à la drogue afghane leur sont complètement étrangers? "La hausse de la production de drogue observée en Afghanistan s'explique par la croissance de la demande en Europe et en Russie. Pour éradiquer le problème, il faut des efforts communs de la Russie et de l'Europe occidentale en Afghanistan", a notamment estimé le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld.

Les illusions sur l'assistance éventuelle de l'ISAF ont été dissipées par le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, lors d'une conférence internationale sur la drogue afghane à Moscou. A son avis, l'engagement expérimental des troupes de l'ISAF mobilisées en 2005 pour détruire les cultures de pavot à opium et les laboratoires chimiques en 2005 n'ont pas eu l'effet escompté et ont aggravé les tensions avec la population locale. L'assistance de l'ISAF se résumera désormais à l'appui logistique et à la formation du personnel afghan.

M. Costa a également dissipé le mythe des "caravanes de la drogue" qui sillonnent l'Afghanistan à la barbe des Etats-Unis et de l'ISAF. Les "caravanes" existent, seulement il ne s'agit pas de la drogue, mais de ses précurseurs. Le précurseur est un réactif utilisé dans la fabrication d'un produit chimique toxique. Pour transformer une tonne d'opium brut en héroïne, il faut, selon les experts, 2 à 6 tonnes d'anhydride acétique.

Sur les 4.000 tonnes d'opium brut, l'Afghanistan a importé l'an dernier plus de 10.000 tonnes d'anhydride acétique, a précisé M. Costa. Une vraie "caravane", car il faut 500 camions de 20 tonnes pour transporter cette quantité d'agents chimiques.

L'anhydride acétique n'est pas d'origine afghane. Aujourd'hui, selon les experts, cette substance chimique n'est fabriquée qu'en Chine, en Inde et en Russie. Reste à savoir comment ces "caravanes" arrivent à passer inaperçues dans un Afghanistan à l'infrastructure routière sous-développée et dans les pays voisins.

Début juillet, les autorités afghanes ont dû reconnaître l'inefficacité des mesures appliquées dans le pays en vue d'enrayer la fabrication illégale de stupéfiants. La nouvelle loi sur la lutte contre la production de drogue adoptée l'an dernier, tout comme le ministère spécialement créé à cette fin, n'ont été d'aucun secours, et le problème reste entier.

Comment le résoudre? Un coordinateur de l'ONUDC pour l'Asie centrale a déclaré que "malgré les efforts déployés par les gouvernements centrasiatiques, le transit via cette région ne diminue pas".

L'opium afghan poursuit sa propagation malgré tout. La Russie et l'Europe occidentale n'ont qu'à espérer qu'avec l'extension annuelle de 50% des surfaces ensemencées de pavot à opium, la superficie des terres cultivables en Afghanistan se rétrécira. A ce jour, sur les 7 millions d'hectares de terres cultivables, seulement 165.000 ont été mis en valeur.

#11 KaMiKaZe

KaMiKaZe

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Posté 27 septembre 2006 à 13:22

Salut !

Il y a eu reportage sur M6 tres intéressant sur l'opium d'Afganistan. Il s'avere que le frere d'Amid Karzai est en fait le chef des traffiquants d'opium, et quand les américains font une "action" visant a capturer de mechants traffiquant, en fait ils ne font que capturer des traffiquants rivaux a l'opium de Karzai

Tout cette lutte antidrogue c'est du vent