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JUGER, est-ce bien, est-ce mal ?


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26 réponses dans ce topic

#1 Turquoise

Turquoise
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Posté 20 décembre 2003 à 18:56

« Jugement : opinion favorable ou défavorable qu’on porte, qu’on exprime sur quelqu’un ou quelque chose. C’est une façon de voir, particulière à quelqu’un. C’est une faculté de l’esprit permettant de bien juger de choses qui ne font pas l’objet d’une connaissance immédiate certaine, ni d’une démonstration rigoureuse. C’est une décision mentale par laquelle le contenu d’une assertion est posé à titre de vérité. » Dictionnaire Petit Robert

Je ne parlerai ici que du jugement négatif.

Il nous est à tous déjà arrivé de nous faire accuser de juger parce que nous avons émis une opinion sincère qui a été mal perçue, comme si le fait de juger était un délit. Et nous avons peut-être déjà dit ou entendu : « Qui es-tu toi pour juger ? » « Occupe-toi de la poutre qui est dans ton œil plutôt que de la paille qui est dans l’œil de ton voisin !» « Tu ne jugeras point ».
Et nous-mêmes, ne nous est-il pas aussi arrivé d’avoir été jugés et de l’avoir mal pris alors que dans notre for intérieur nous sentions bien que ça faisait écho ? … Mais l’égo n’aime pas qu’on lui montre certaines vérités !

Je constate que le « jugement » est mal perçu dans la société (de par notre éducation catholique… et peut-être dans d’autres cultures ?) ou mal compris et je pense que la confusion provient de l’interprétation des Ecritures : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés » et « Occupe-toi de la poutre qui est dans ton œil… ».

L’interprétation que l’Eglise en a faite, et que les gens ont intégrée dans leurs croyances sans la remettre en question, qu’ils soient athées ou croyants, est pour moi erronée. Le jugement est considéré comme une agression envers autrui. « Ne jugez point » est compris comme « ne faites pas de mal à autrui ». (Bien sûr il ne faut pas faire de mal à autrui, mais il y a d’autres psaumes ou versets pour ça !). Autrui doit dès lors être préservé, protégé, être mis dans une bulle, voire être laissé dans sa merde s’il y est. Quel égoïsme ! Moi j’appelle ça « non assistance à personne en danger » !
« … afin que vous ne soyez point jugés » est interprété comme « sinon il vous en coûtera », sous-entendu un retour de boomerang dans notre vie ou l’envoi en enfer le jour du Jugement Dernier !

A partir de cette croyance, toutes les attitudes sont possibles :

- Il y a ceux qui pensent qu’il ne faut rien juger, rien ni personne, qu’il faut tout accepter tel quel, parce que « juger est destructeur ». Il n’y a rien à faire, les choses changeront toutes seules, il y a juste à regarder les événements passer. On se fait frapper ? On tend l’autre joue en se disant « C’est mon frère, l’amour est en lui » Amen.  « C’est karma » diront les new-ageux ; « c’est la fatalité » diront les martyrs. Ils ne s’impliquent pas dans la vie ni pour eux-mêmes, ni pour autrui. Ils suivent le mouvement, même s’il va à l’encontre de leur cœur ; ils vivent en fonction des autres.
Ils n’exprimeront donc pas leur colère ou leur révolte (résultat d’un jugement), qu’ils préfèreront refouler car ils la considèrent comme « bassement animale ». Ils n’en ressentiront pas moins de rancune, mais cela ils ne l’avoueront jamais et préfèreront masquer le tout sous des apparences de sainteté ou de morale.

- Il y a ceux qui disent « il ne faut pas juger, c’est mal », mais qui jugent /critiquent leur prochain non seulement sans peser le pour et le contre, mais aussi sans se remettre eux-mêmes en question. Ils accusent les autres de juger parce qu’eux-mêmes acceptent mal la critique des autres. S’ils savaient qu’accuser quelqu’un de juger c’est aussi juger !

- Il y a ceux qui disent « il ne faut pas juger, c’est mal », et qui, s’ils ne critiquent pas verbalement, n’en pensent pas moins. Mais ils oublient qu’une pensée est toute aussi puissante qu’une parole. Ca pour moi, ça s’appelle hypocrisie.

- Il y a ceux qui sont confus. On leur a appris que juger c’est mal, mais ils pensent qu’il est quand même nécessaire d’émettre des critiques dans certains cas. Ils mettront des gants pour ne pas froisser l’interlocuteur. Si on les accuse de juger, ils se défendront en disant « je ne fais que constater » ou « j’émets simplement mon opinion », car le mot « juger » est en quelque sorte maudit. Certains auront même tendance à culpabiliser ou revenir sur ce qu’ils ont dit par peur de faire du mal à l’autre.
  
Ca arrange pas mal de monde finalement la mise au pilori du « jugement ». Ca devient un bon prétexte pour ne pas prendre position, ne pas agir même quand l’injustice est criante, pour accuser l’autre de « juger » quand l’amour-propre est touché, pour se croire mieux que les autres…

A mon sens, ce que l’Eglise perçoit comme un commandement («Ne jugez point afin que vous ne soyez pas jugés ») est un conseil. Ce conseil ne nous est pas donné pour préserver / protéger autrui, mais pour nous préserver / protéger nous-mêmes. Moi je le comprends dans le sens de : « Ne perds pas ton temps à juger les autres, tu as assez à faire avec toi-même. Remets-toi toujours en question afin de mieux te connaître et d’avancer sur ton chemin spirituel. Car si tu ne t’occupes pas de la poutre qui est dans ton œil, d’autres viendront te la montrer et tu ne seras pas prêt à accepter leur message ».

Dans l’Evangile de Thomas, dont les textes (rejetés par le Vatican) ont été découverts à Nag Hamadi en 1945, Jésus dit : « Tu distingues le brin de paille dans l’œil de ton frère, mais tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. Quand tu en auras fini avec la poutre de ton œil, alors tu verras clair et tu pourras enlever le brin de paille de l’œil de ton frère. » (Logion 26)

Quand l’Homme se sera assez remis en question pour être arrivé à se reconnaître, quand il aura compris qu’il est Un, Amour, Eternel, alors seulement sera-t-il capable de voir les erreurs d’autrui et de les lui dire.
Le jugement ne peut être utilisé que comme outil de discernement (disposition de l’esprit à juger clairement et sainement les choses (Petit Robert)).

Lévitique 19:15
Tu ne commettras point d'iniquité dans tes jugements: tu n'auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice.

Jean 7
Ne jugez point sur les apparences, mais jugez suivant l'équité.

A mon avis, il ne s’agit pas de décider pour l’autre s’il/elle est apte à juger ou non, mais pour soi-même : « Vois-je les choses assez clairement pour me permettre de dire à autrui qu’il/elle se fourvoie ? »
Lorsque nous sentons au fond de nous-mêmes qu’une personne est dans l’erreur, je pense que c’est un acte d’amour que de le lui signaler, d’une manière ou d’une autre. De même, ne pas exprimer un jugement, une critique que nous sentons juste est un acte de non-amour. L’Amour est mouvement.

Par ailleurs, il est important de pouvoir distinguer un jugement avisé d’un jugement non avisé qui nous est porté, c’est-à-dire de pouvoir faire la différence entre un jugement porté par une personne qui ne se remet pas en question, qui ne pèse pas le pour et le contre objectivement, et un jugement qui nous interpelle parce que émis par une personne de bon sens.
Dans le premier cas, nous ne pouvons que nous dire « pauvre de lui/elle, c’est à lui/elle-même qu’il/elle fait du mal » et passer notre chemin.

Si nous sommes conscients que nous attirons à nous des situations qui nous sont nécessaires pour avancer, apprendre, dépasser des obstacles, des blocages, nous pouvons considérer que toute interaction dans notre vie est opportune. Il n’y a pas de notion de bien et de mal. Cela veut dire que tout jugement/critique qui nous est adressé est un message qu’il faut prendre en considération, même s’il est exprimé par une personne (que nous jugeons) non avisée. Dans ce cas, il est intéressant de nous demander pourquoi ça nous arrive, pourquoi nous attirons ce genre d’attitude…

Voilà, ça c’est mon opinion (mon jugement !) sur le jugement comme base de discussion. Peut-être avez-vous des avis divergents, des points de vue dont je n’aurais pas tenu compte ici ou des exemples pour illustrer le thème ? Vos avis (vos jugements !) m’intéressent  :wink: !

Turquoise  :wink: (www.lesensdenosvies.ouvaton.org)

Ce message a été modifié par Turquoise - 20 décembre 2003 à 19:09.


#2 mag

mag

    Chercheur de vérités

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Posté 20 décembre 2003 à 20:44

:D Salut, je me permet de transmettre cet extrait de marcher entre les mondes la voie de la compassion de Greg Baden p.255 :
"Charge
Un sentiment intense sur la valeur ou la pertinece d'un résultat est notre charge sur cette expérience.

Techniquement la charge peut se mesurer comme un potentiel électrique entourant une attente, un acte ou un acte ou une situation.

Crée lorsqu'un évènement est jugé et étiqueté d'après les yeux de la polarité en tant que bon, mauvais, obscur ou lumineux, la charge est souvent sentie sous la forme de sentiments de colère, de tristesse ou de frustration.

Le miroir holographique de la conscience nous assure que nous ferons l'expérience de nos jugements (charges) de telle façon que ceux-ci puissent être redéfinis (réconcilié), nous permettant de passer à autre chose sans l'embaras de cette charge particulière."

Bonne décharge! :calin:
La Conscience ne s'approprie pas.
Elle se développe à elle même... Elle se Reconnait ! Natarajan

Pour moi convaincre, n'est plus envisageable, mais témoigner et partager le sont...

#3 Lunesoleil

Lunesoleil

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Posté 20 décembre 2003 à 21:14

« non assistance à personne en danger » !

   MERCI Turquoise ; pour l'épilogue sur le jugement , j'ai personnellement  véçu une épreuve de cette nature pendant 3mois sur des forums ; la résonance de ce mot trop doux dans mon histoire , la tonalité était plus agréssive dans la forme ..... Mais la lecture de ce topic a fait rejaillir dans mon esprit cette douleur et personne ne manifestais un soutien pour stoper ces écris malsains .....

C'est a travers ta réflexion que je retrouve ma dignité , je ne suis pas attaché au passé même récent , la roue tourne , juste la présence d'une mémoire écrite ............

                                                                    C'était Lunesoleil  :aureole:
Passionnée d'astrologie toujours et encore ...

#4 Nowar

Nowar

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Posté 21 décembre 2003 à 15:15

Salut Turquoise,

Cela pose beaucoup de questions d'un coup:
Quels sont les critères de l'équité, un être corrompu peut il être juge, quels sont les élèments nécessaires pour poser un jugement.

Un avis n'est pas un jugement, car si un jugement aboutit toujours à un verdict présumé infaillible qui fige l'individu dans une définition, un avis ouvre la voie à un débat qui peut être source de progression.

Nowar

:cingle:  :petard2:  :cingle:

#5 Turquoise

Turquoise
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Posté 21 décembre 2003 à 15:54

Nowar,

Citation

Cela pose beaucoup de questions d'un coup:
Quels sont les critères de l'équité,
Je crois que nous devons chacun trouver nos propres critères d'équité et de justice en nous. Si nous écoutons notre coeur, si nous allons toujours dans le sens de l'Amour, l'Amour de Soi (et non pas de l'égo) d'abord, la réponse vient.

Citation

un être corrompu peut il être juge, quels sont les élèments nécessaires pour poser un jugement.
Ici, tu fais allusion à la justice telle que notre société l'applique. Je ne vais pas rentrer dans ce débat-là parce que c'est parler de l'application de quelque chose dans un système qui se base sur des croyances erronées dès le départ. C'est tout le système qui est à remettre en question.
Je sais que les êtres corrompus se puniront eux-mêmes après leur mort s'ils ne se sont pas repentis pendant leur vie. Si la prison (par exemple) ne leur fait pas prendre conscience qu'ils vivent dans l'erreur, ils subiront quand même leur propre châtiment après leur propre Jugement Dernier. Les Roses-Croix disent qu'ils subissent ce qu'ils ont fait endurer à autrui 3 x plus fort qu'ici bas... bon, pourquoi pas... Bref, la sentence des Hommes, dans beaucoup de cas, n'aide pas leur âme.
Je ne dis pas qu'elle n'est pas nécessaire, hein, faut pas laisser courir les criminels, pédophiles et autres, mais faudrait discuter de ça plutôt dans un topic du genre "l'application de la justice dans notre société".

Citation

Un avis n'est pas un jugement
D'ac, mais c'était juste un clin d'oeil, parce que je sais que vos avis sont souvent des opinions favorables ou défavorables par rapport à ce que je dis  :wink:!

Turquoise

#6 Lohey

Lohey

    être humain

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Posté 21 décembre 2003 à 19:30

B'jour les gens ! (c;

Tiens, j'aime beaucoup ce sujet. (c: Indépendamment de ce qui a déjà été dit ici, voici ma position de vie devant ce que j'appelle "juger".

Déjà, dans mon vocabulaire, je distingue "condamnation/accusation", jugement, appréciation et constat.

Pour moi, le constat est factuel, il n'intègre aucune vision morale, il n'oriente ni vers un bien, ni vers un mal, ni vers un positif, ni vers un négatif. Il constate de façon neutre. C'est la perception directe. Non pas qu'elle soit objective dans l'absolu, mais c'est le plus proche de la réalité qu'un être humain sache filtrer. Ex : Untel m'a dit qu'il a fait l'amour avec untelle qui n'est pas sa conjointe.

L'appréciation est, devant ce constat, mon sentiment. J'aime ou je n'aime pas. Ca m'appartient, ça exprime qui je suis en rapport à ce fait. Ex: Je n'apprécie pas les rapports sexuels extra-conjuguaux.

Le jugement se base sur une morale et pense le fait au filtre de cette morale. C'est un processus de la pensée duelle qui va déterminer la case dans laquelle le fait va être "rangé", en général : bien ou mal. Ex: C'est mal. Il a trompé sa compagne, c'est une trahison.

La "condamnation/accusation" a besoin du jugement préalable pour décider d'un acte qui sera fait afin de punir un comportement dans le cas où il a été considéré comme "mal". La "condamnation/accusation" est le passage d'un processus interne (constat, appréciation, jugement) a un comportement, externe donc. L'accusation est simplement le jugement moral exprimé verbalement. La condamnation est un acte que l'on décide vis à vis de ce qui est mal : depuis décider de ne plus cotoyer un individu "malfaisant" jusqu'à décider de le tuer. Ex: C'est moi qui doit décider si untel aura son diplôme. Maintenant que je sais quel connard infidèle c'est, il peut toujours courir.

Voilà pour poser mon système de pensées et mon vocabulaire. (c: Merci de ne pas lire la suite en mettant vos sens à mes mots. (c; Probablement que ce que j'appelle un "jugement" ne sera pas un "jugement" pour tout le monde.

Première chose, je peux faire tout ceci aussi bien devant le comportement d'un autre que devant le mien. Je peux même faire ceci devant une émotion ou une pensée qui m'est propre. Je peux même le faire devant la pensée ou l'émotion d'un autre que je projette (fantasme).


Le respect est une valeur qui m'est importante et que je voudrais inclure dans ces considérations. Par "respect" j'entends : le minimum dû à une chose, une personne, un comportement : Le plus souvent, le basique droit à l'existence.

Le constat est hors de la notion de respect, d'irrespect. L'appréciation peut aussi bien être une base de respect que d'irrespect. Je peux ne pas aimer un fait et le respecter pour autant. Je peux aussi me suffire de ne pas l'aimer pour lui manquer de respect. Pareil pour le jugement. Je peux juger un fait mal et le respecter pour autant. Je peux juger un fait mal et en faire une raison de lui manquer de respect. Par contre, l'accusation et surtout la condamnation est, par essence, un manque de respect. Et en écrivant ceci, je ne juge pas le "manque de respect" ! (c;

Un détail avec la notion d'accusation : L'intention d'un appréciateur qui exprime sa position sans jugement peut être confondue avec une accusation si les termes utilisés représentent, dans le système de pensée du récepteur, une notion jugée moralement mauvaise.  C'est une source de très fréquents conflits virtuels de communication. Par exemple, dire à quelqu'un qu'il ment n'est pas nécessairement une accusation ! Ca peut être un constat que l'on respecte mais que l'on souhaite exprimer pour autant (afin de l'accepter par exemple).


Aujourd'hui, autant que possible, j'aime en rester au niveau de l'appréciation. Le jugement est inévitablement duel et conduit à la séparation. Il y a alors un juge et un jugé. L'un ayant souvent besoin de l'autre (le juge du jugé et le jugé du juge), ça fige la situation jugée. Si ce qui est jugé est une partie de moi, une émotion, une pensée, un désir, une attitude à moi, alors je me coupe en deux, je deviens coupable. Le terme est très clair. Le fait de juger "mal" un autre implique également de chercher à désigner un coupable.

Ainsi, je ne pense pas que c'est mal (ou bien) de juger. Je ne juge pas le jugement. :wink:  Je constate les conséquences d'un jugement et il se trouve qu'aujourd'hui, les conséquences d'un jugement ne me conviennent pas, je n'apprécie pas. (c; Je respecte et accepte le jugement des autres sur eux-mêmes ou sur des tiers.

Premièrement, je vis de plus en plus que la dualité est une illusion, que le bien et le mal n'existent pas, même pour un niveau de considération incarné, matériel. Surtout, je considère que tout jugement éloigne le fait jugé de soi. Je ne peux pas accepter réellement ce que je juge (que ce soit en bien ou en mal) et donc je ne peux pas le comprendre, encore moins l'intégrer. Je ne peux comprendre que ce que j'accepte. J'entends par "accepter" le fait  symbolique de "prendre". C'est à dire le fait d'être à côté de, d'exister à côté d'une existence autre pour la percevoir entièrement. Si je ne prends pas une chose, je ne peux pas la percevoir en entier. Enfin, le jugement étant un processus moral, c'est un processus de la pensée, il ne peut pas être intuitif.

De mon point de vue, le jugement conduit à une logique de recherche de culpabilité. L'acceptation conduit à une logique de recherche/prise de responsabilité. Ce sont des fondements très importants pour moi. Notamment dans un cadre social, puisqu'il y a la un choix essentiel en ce que les deux ne peuvent pas être choisis en même temps pour une même chose. Je peux accepter ou je peux juger, je ne peux pas faire les deux.

A mon sens, le jugement a pour intention première la peur et pour motivation d'empêcher les coupables de faire ce qui me fait peur. L'acceptation a pour intention première l'amour et pour motivation de comprendre entièrement un problème afin de le dépasser par son intégration.

Je reviens, pour finir, sur l'auto-jugement, entrainant la culpabilité. Il m'est plus qu'évident qu'un trouble personnel ne peut pas se modifier tant que je le juge. Impossible de changer en moi ce que je trouve bien ou mal ! Je change lorsque j'accepte "ce qui est", lorsque je cesse de comparer "ce qui est" à "ce qui devrait être" afin d'estimer si c'est bien ou mal. En passant, toute souffrance s'installe dans cette comparaison... pour moi.

J'insiste, merci de ne pas réagir en mettant vos sens à mes mots. (c; Probablement que ce que j'appelle un jugement (ou tout autre mot) ne sera pas un jugement (ou le même autre mot) pour tout le monde. Je suis sûr que quiconque peut dire qui il est sur ce thème, ce qu'il pense, sans avoir besoin de m'expliquer en quoi je me trompe ou en quoi j'ai raison. Et je suis assez grand pour changer mon point de vue simplement en lisant le témoignage des autres... dès lors que je l'accepte donc.  :wink:

Ce message a été modifié par Lohey - 21 décembre 2003 à 19:57.


#7 Turquoise

Turquoise
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Posté 22 décembre 2003 à 13:54

Merci Lohey d’avoir fait cette distinction claire et très intéressante entre le jugement, le constat, l’appréciation et la condamnation  :D .

Je te suis tout à fait et voudrais juste donner mon point de vue par rapport à ceci :

Citation

Je peux accepter ou je peux juger, je ne peux pas faire les deux.
A mon sens, le jugement a pour intention première la peur et pour motivation d'empêcher les coupables de faire ce qui me fait peur. L'acceptation a pour intention première l'amour et pour motivation de comprendre entièrement un problème afin de le dépasser par son intégration.
Je pense que le jugement et l’acceptation (de même que pour l’auto-jugement et l’auto-acceptation) se situent tous deux sur deux plans différents et dans ce sens peuvent coexister.
Dans la vie, il nous arrive de faire des prises de conscience et de nous rendre compte qu’il y a des choses qu’il faut absolument changer parce qu’elles ne nous correspondent pas, parce que nous nous sommes laissés influencés, etc. Nous jugeons donc ces choses comme étant mauvaises. Le (auto-)jugement est nécessaire pour passer à l’action.
L’acceptation est pour moi le contraire de regret. Cela veut dire que deux attitudes sont possibles par rapport à un jugement posé : soit accepter (qui sous-entend comprendre) notre chemin semé d’embûches/le combat entre les forces des Ténèbres et la Lumière, soit vivre dans le regret et penser qu’on a perdu son temps/laisser tomber les bras par pessimisme.
J'ai envie de dire que jugement+acceptation/compréhension = discernement ...

Turquoise  :wink:

#8 Lohey

Lohey

    être humain

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Posté 22 décembre 2003 à 16:03

Turquoise, le Lundi 22 Décembre 2003, 13:54, dit :

Dans la vie, il nous arrive de faire des prises de conscience et de nous rendre compte qu’il y a des choses qu’il faut absolument changer parce qu’elles ne nous correspondent pas, parce que nous nous sommes laissés influencés, etc. Nous jugeons donc ces choses comme étant mauvaises. Le (auto-)jugement est nécessaire pour passer à l’action.
Hello Turquoise ! *c;

En fait, sans certitude, je vis que l'être humain peut se penser ainsi, mais qu'il ne fonctionne pas ainsi. Je vis aussi que l'appréciation suffit pour agir. Du moins, c'est comme ça pour ma personne. (c;

Sans vouloir te faire changer d'avis, je profite de ton commentaire pour préciser ma position sur ce point. Je dis que le (auto-)jugement permet davantage une réaction qu'une action. C'est à dire que ça va produire un comportement pour soulager, déplacer, contourner, contrôler, mais je doute de sa capacité à produire une action pour un changement réel, profond. J'exprime mon doute générique hein, je ne présage de rien en particulier et je ne souhaite en rien réduire tes propres expériences... (c;

Je suis très prudent avec l'idée qu'en jugeant qu'une partie de soi est mauvaise l'on peut la changer. Je pense que l'on peut la contrôler. Ca je l'ai vécu et le vois vivre souvent. Mais je ne pense pas que ça change effectivement la racine en soi de ce qui ne convient pas. Ca peut être très utile cependant pour un entourage lorsque l'on contrôle en soi des comportements plus ou moins destructeurs. Mais je considère alors le refoulement que ça pourrait produire, et ensuite la maladie ou le déplacement vers un autre comportement. Disons que je vois ça comme une solution intermédiaire mais non aboutie. Vraiment, c'est sans certitude et surtout sans intention péremptoire, je ne fais que témoigner de mon vécu.

Aujourd'hui, je n'imagine pas que je puisse juger une partie de moi mauvaise sans me couper en deux et figer la situation d'une façon ou d'une autre (ça je l'ai expliqué). Je peux changer la forme, la pensée permet de faire ça très bien. Mais je crois que le fond reste. Par contre, si j'élargis ma conscience et comprends en quoi cette partie n'a rien de mauvais, qu'elle exprime juste quelque chose de façon déviée, alors vraiment, je n'ai plus besoin d'elle et elle se dissout, dans l'amour... Même physiquement, en psychosomatique, les orientations de la biologie nouvelle cherchent et trouvent le sens d'une maladie. Hamer ne dit plus "maladie", il dit "Système Bien Fondé". Si je me pense en partie mauvais, je peux lutter contre moi-même, mais je ne peux pas m'aimer entièrement. Je n'ai encore jamais vécu de lutte où il y aurait deux gagnants. Et comme pour l'auto-jugement, les deux adversaires ne sont que deux parties de moi-même... je ne vois pas d'issue qui me satisfasse, ni même purement logique.

C'est ce que je voulais préciser : Si je gagne contre une partie de moi, que devient-elle ? (c: Dans tous les cas, je sais que c'est très efficace de comprendre et vivre de façon non duelle que rien n'est mauvais en soi, que tout n'est que sens, dans le sens de l'amour. Je ne suis pas partisan du concept de pulsion de vie versus pulsion de mort (je ne dis pas que tu l'es, turquoise (c; ). Je vis que tout comportement destructif n'est qu'une pulsion de vie détournée par une "identification virtuelle"... Par exemple, prenons le cas de quelqu'un qui serait identifié à son couple et qui jugerait mauvaise la jalousie qu'il/elle ressent régulièrement. Je doute très fortement de sa capacité active à ne plus ressentir la jalousie tant qu'elle/il n'intègre pas que sa jalousie et sa possessivité n'ont rien de mauvais. Que ça n'est que sa volonté légitime de vivre, d'exister. Mais vu qu'elle/il se pense virtuellement comme un couple, survivre, exister devient la survie l'existence du couple. La souffrance devant la peur que le couple (inconsciemment elle ou lui-même) s'arrête dépasse alors, à mon sens, très largement tout ce que la raison peut produire, même avec une décision très ferme et très volontaire, afin de ne pas ressentir la jalousie. Bien sûr, la personne peut contenir sa jalousie et ne pas en faire des crises, mais ça ne change rien à son vécu intérieur.

J'ai passé beaucoup de temps dans mon passé à chercher à contrôler certains de mes comportements, en vain. Ou je me suis retrouvé malade quand j'avais réussi à les faire taire. Dorénavant, je change vite et ça a l'air stable. Aussi, je n'ai jamais rien trouvé de mauvais en moi qui ne soit en fait une torsion d'intention constructive, vitale. (c: Voudrais-tu parler de tes expériences précises (si ça n'empiète pas ta pudeur) ?

Merci, Turquoise, de la douceur de ton commentaire... C'est agréable. *c;

Ce message a été modifié par Lohey - 22 décembre 2003 à 16:14.


#9 Lohey

Lohey

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Posté 22 décembre 2003 à 16:20

Tiens, Turquoise, je trouve que la fin de ta signature est une intégration parfaite de ce que nous disons toi et moi. (c:

"J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

A priori, je n'aime pas le mot "affronter". Mais si "affronter" c'est donner la permission de passer à travers moi et toute la suite, alors j'aime beaucoup ! (c:

Du coup, je me dis que, probablement simplement, lorsque tu parles d'une "partie mauvaise"... ça implique pour moi d'autres choses que pour toi. Probablement que je dirais plutôt "une partie qui ne me convient pas". Bref, probablement que tu dis parfois "juger" quand je dirais, exactement pour la même chose, "apprécier"... Je sais pas... J'ai dans l'idée que nous sommes très en phase au-delà de nos mots...

Dans tous les cas, ta signature rejoint nos mots. Et de toute façon, nous n'avons pas besoin d'avoir les mêmes idées pour nous rejoindre...  :calin:

#10 Turquoise

Turquoise
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Posté 22 décembre 2003 à 16:56

Oui, Lohey, c'est juste une question de mot  :wink:
Tu vois, moi j'aime le mot "affronter" dans le sens de combat, le coeur dans une main, l'épée dans l'autre.
Pour moi aussi, une "partie mauvaise" c'est une partie qui ne me convient pas, mais pour moi, il est important de lui donner une "coloration noire" pour que tous les résidus de colères qui pourraient encore subsister en moi puissent sortir... en conscience.

Mais nous nous rejoignons sur le fond, c'est sûr  :wink:

Turquoise

#11 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 22 juin 2004 à 10:19

Turquoise,

Extrait du topic "Le couple, d'hier, d'aujourd'hui et de demain" (http://www.onnouscac...=60)

Citation

J’ai l’impression que vous avez tous un problème avec le jugement. Si vous voulez, on peut en discuter dans le topic "Juger, est-ce bien, est-ce mal ?"
En fait, je pense que vous ne vous « permettez pas de porter un jugement » sur le trio de peur de froisser Clémentine.

En ce qui me concerne, ce n'est pas du tout la raison pour laquelle je ne porte pas de jugement. Je ne connais absolument pas Clémentine, je ne viens pas sur les forums pour me faire des amis et je n'ai pas peur de froisser qui que ce soit. Turquoise, il est possible de ne sincèrement pas porter de jugement sur les gens sans arrières-pensées et sans objectif caché. C'est un style de vie... Le problème que j'ai avec le jugement, c'est simplement le fait que, pour le porter, il faut, d'une part, avoir tous les éléments en main, ensuite, il faut une légitimité qui fait que l'on se place en rapport de supériorité par rapport à la personne jugée (même pour un jugement positif), d'autre part, il faut un système de valeurs. D'une part, nous n'avons certainement pas tous les éléments en main, ensuite, ce rapport de supériorité est en désaccord avec une certaine vision de l'humilité, d'autre part, et ça a été le point apporté par Nexus notamment, on peut s'apercevoir assez rapidement que notre système de valeurs est loin d'être universel. Enfin, un jugement a tendance à rester accroché à une personne alors que tout le monde change avec le temps, y compris les systèmes de valeurs des juges. Pour ma part, je n'ai pas le besoin de juger qui que ce soit parce que je ne me sens tout simplement *pas qualifié* pour cela.

Explique moi comment tu te sens qualifiée pour porter un jugement. Qu'est-ce qui légitimise le fait de porter un jugement ?

Citation

Cela n’empêche pas qu’on puisse émettre son opinion, positive ou négative, sur ce phénomène de société (comme je l’ai nommé) qu’est la vie en trio. Peut-être venez-vous sur ce forum pour vous faire des amis et les caresser dans le sens du poil? Ca donne des discussions stériles.

Les témoignages et les opinions sont la matière première des débats donc en ce qui me concerne, je n'ai pas de problème avec ça. Je n'ai pas l'impression que les intervenants au débat n'aient pas donné d'opinion et encore moins que les discussions soient stériles. Peut-être est-ce ton impression... L'opinion, à la différence du jugement, ne porte pas à conséquence parce qu'elle est exprimée à la première personne du singulier ("je trouve que", "je pense que", "je ne suis pas d'accord") et n'engage que celui qui l'exprime.

Je crois qu'un débat doit servir à exprimer des idées, des arguments, charge à chacun de faire évoluer son opinion en fonction de ce qui est apporté sur la table. Le débat commence à se pourrir dès lors qu'il y a tentative de convaincre et selon moi, dès lors qu'il y a jugement parce que ça exprime la fin de la communication ("tu peux dire ce que tu veux, je ne t'écoute plus, de toutes façons je t'ai jugé(e)").

                Yann

#12 Loom

Loom
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Posté 22 juin 2004 à 11:16

L'opinion est un jugement (cf. tout dictionnaire).

Je crois qu'il y a erreur lorsqu'on veut à tout pris supprimer le jugement, chose que je considére impossible !

Le jugement est la "faculté de raisonner". Il y a différence entre un jugement sain et un jugement qui ne l'est pas. La vie n'est que jugement, ou alors ont tombe dans un état de non participation à la vie.
Si je juge tel comportement sain ou malsain, cela est bon pour me situer ; je vais faire mes choix de vie en fonction de ce jugement. Ce qui devient malsain, c'est de vouloir imposer mon jugement aux autres, de le croire seul et unique décision juste, etc.
Un jugement est la résultante d'un raisonnement à un instant précis, selon les informations disponibles. Ce qui est sain est de savoir que l'instant d'après, mon raisonnement peut différer avec l'apport d'informations nouvelles, soit par la discution, la lecture, l'observation...

Mais pour conclure, je pense que le mot opinion peut nous être utile. En cela, je suis en accord avec Yann sur l'emission d'un opinion plutôt que d'un jugement :

Oui, au jugement, mais je l'exprime en tant qu'opinion, ce qui émet les réserves respectueuses envers mon interlocuteur et lui laisse le droit d'avoir un jugement personnel.

PS : Nous vivons une évolution par l'ouverture à l'inconnu. Le jugement doit lui aussi être en forme d'ouverture. C'est pour cela qu'on créé de joli mots comme 'hypothèse', 'opinion'... pour signifier l'ouverture à une plus grand connaissance du monde, au changement de perception.

#13 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 22 juin 2004 à 12:07

Loom,

Je suis entièrement d'accord avec toi sur le sens large à donner au mot "jugement" et je te rejoins tout à fait sur ton raisonnement. Il n'y a pas de différence fondamentale entre les concepts de jugement et d'opinion. C'est une suite de zones grises. Je crois que tu as très bien mis le doigt sur la différence fondamentale entre jugement sain et malsain; c'est l'idée que je voulais faire passer en tous les cas.

Citation

Oui, au jugement, mais je l'exprime en tant qu'opinion, ce qui émet les réserves respectueuses envers mon interlocuteur et lui laisse le droit d'avoir un jugement personnel.

C'est très bien dit! :)

                Yann

PS: En fait, je prends "jugement" dans le sens de "condamnation" et c'est pourquoi je fais la différence avec "opinion". Je crois que Turquoise l'utilise également dans ce sens-là, du moins c'est comme cela que je l'ai compris.

Ce message a été modifié par axolotl_requiem - 22 juin 2004 à 12:16.


#14 clementine

clementine

    Chercheur de vérités

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Posté 22 juin 2004 à 12:26

Parmi les mots joli  j'aime aussi le mot critiques . Ca part d'une volonte de chercher a comprendre et si en plus on se met a questionner l'incomprehensible on s'offre une belle occasion d'obtenir des reponses .Cela peu prendre un temps plus ou moins long .

Le jugement m'apparait souvent comme un apriori et rarement comme etant une fin en soi .

C'est plus ou moins confortable que nos certitudes soient soigneusement en accord les unes avec les autres et ce n'est pas facile pour tout le monde de les remettre a jour !

C'est comme faire le menage avant que le resultat nous satisfasse on chamboule tout . Ca doit reluire dans les coins  :D ! C'est une bonne meditation ca le menage  :D !

A posteriori lorsque l'on a place   son jugement sous forme d'hypothese et que l'on se donne l'opportunite d'en emmagasiner de nouvelles on se surprend a observer que nos certitudes  nous faisaient mener une existence certe confortable  mais qui somme toute pourrait etre encore meilleur , plus heureuse .  

Un jugement est a mon sens une reponse  face a une situation donnee et nous devrions tous etre animee d'une volonte  qu'elle reflete la bienveillance pour soi et ceux qui nous entourent .
Ce qui est bon pour l'un a un moment donne ne l'est pas forcement pour l'autre donc il me parrait important d'etre ouvert a la diversite de nos reponses existentielles .
Ne rien imposer a qui que ce soit .

On va tous au resto de temps a autre et il ne viendrait a personne de s'imposer sur le menu un plat qu'il n'aime pas ou meme de l'imposer a son voisin  :horreur_grosyeux: . Ben la c'est pareil !

:calin: clementine

#15 Turquoise

Turquoise
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Posté 22 juin 2004 à 15:35

Je pense qu’il est important d’oser se positionner par rapport à ce que l’on trouve Juste ou moins juste dans la vie et de développer sa faculté de discerner ce qui est Juste de ce qui l’est moins. Selon MA définition de la Justice, je mets la plus grand part de ma vie au service d’un monde plus juste, ma démarche étant spirituelle avant tout.
Bien sûr, à chaque instant de ma vie, j’évolue, je bouge, j’apprends et mon appréciation de ce qui est Juste à un moment donné de ma vie peut donc évoluer, voire changer. L’important est de rester honnête avec soi-même, de toujours se poser la question « est-ce juste ? » non pas dans son propre intérêt personnel, mais en fonction de l’intérêt du Tout, tout en sachant que l'évolution du Tout rejoint mon propre intérêt.
Je crois que plus nous aiguisons notre faculté de discernement, plus les différents choix qui nous sont possibles dans la vie se raréfient et plus la notion de Justice deviendra similaire entre les hommes qui ont la même vision d'un monde juste.  
Ainsi, lorsque j’émets un jugement/opinion/critique/appréciation, je le fais dans la mesure du possible en mon âme et conscience, c’est-à-dire en visualisant l’Humanité telle que je désire la laisser pour nos descendants / nos vies futures.

« L’Amour inconditionnel, c’est le geste juste, la pensée juste et le verbe juste… et ce, sans conditions, même si cela nous attire des inimitiés. » C. Traks

Turquoise

#16 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 22 juin 2004 à 15:55

Turquoise,

J'ajouterai à ce que tu dis qu'il est aussi important d'accepter que d'autres aient leur propre vision de la justice et respecter ces différences sans vouloir à tout prix les changer. C'est à chacun de fixer ses limites d'ingérence.

Le concept "d'intérêt du tout" me parait subjectif et un peu dangereux. Je suis sûr que les intégristes de tous bords agissent au nom de l'intérêt du tout...

Il existe une autre voie qui est de purement et simplement laisser tomber le concept de justice et donc de jugement: c'est le lâcher-prise, et je crois que c'est une belle forme de spiritualité à vivre. Avoir confiance dans la vie et ne pas essayer de contrôler ou d'adapter le monde à son propre système de valeurs. L'avancée vers le lâcher-prise est une démarche très progressive, et souvent plus facile à dire qu'à faire...

Je viens de réaliser que le titre du topic "Juger, est-ce bien ou mal?" est paradoxal puisque la réponse, si l'on doit choisir entre les deux options proposées implique forcément de faire appel au jugement (je juge que le jugement est mal! :) ), ce qui mêle objet et sujet. Marrant! C'est un peu comme l'expression "Je hais la haine".

Yann

#17 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 22 juin 2004 à 16:53

Tiens, je viens de relire la Charte, le point 11 est en plein coeur du sujet sur la distinction opinion/jugement:

Citation

11 - Afin de maintenir la courtoisie des débats, il est primordial de faire la distinction entre opinion et jugement : essayez de rester constructif. Ne portez pas de jugements («Vous êtes nuls...», «C'est du délire...» etc...) mais exprimez votre opinion de façon à permettre à ceux qui participent au débat de vous répondre de la même façon («Je pense que...», «Je ne crois pas...», «Je n'aime pas...» etc...)...

:)

Yann

#18 Turquoise

Turquoise
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Posté 22 juin 2004 à 17:05

axolotl_requiem,

Citation

Je suis sûr que les intégristes de tous bords agissent au nom de l'intérêt du tout...
Je ne le crois pas. Ca m'étonnerait que les intégristes mulsulmans par exemple pensent qu'eux-mêmes et les Juifs font partie du Tout et sont donc frères.

Citation

Il existe une autre voie qui est de purement et simplement laisser tomber le concept de justice et donc de jugement: c'est le lâcher-prise, et je crois que c'est une belle forme de spiritualité à vivre. Avoir confiance dans la vie et ne pas essayer de contrôler ou d'adapter le monde à son propre système de valeurs. L'avancée vers le lâcher-prise est une démarche très progressive, et souvent plus facile à dire qu'à faire...
Moi, je pense qu'il faut faire des choix dans la vie. Cela suppose discerner le juste et le moins juste (ce que Loom appelle "sain" et "pas sain" et ce que j'ai appelé "avisé" et "non avisé" dans mon premier post) dans ce qui nous entoure pour évoluer. Cela suppose porter un jugement sur les choses et les gens, sans pour cela forcément le leur exprimer. Moi, si je vois quelqu'un tourner en rond, je sens qu'il est de mon devoir de lui donner un conseil, s'il consent à m'écouter. Dans un forum, c'est différent, les débats sont ouverts.

Citation

Je viens de réaliser que le titre du topic "Juger, est-ce bien ou mal?" est paradoxal puisque la réponse, si l'on doit choisir entre les deux options proposées implique forcément de faire appel au jugement (je juge que le jugement est mal!  ), ce qui mêle objet et sujet. Marrant! C'est un peu comme l'expression "Je hais la haine".
Ca la fout mal pour celui qui pense que c'est mal, hein  :biglol: !

Turquoise

#19 axolotl_requiem

axolotl_requiem

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Posté 22 juin 2004 à 17:42

Turquoise,

Citation

Ca m'étonnerait que les intégristes mulsulmans par exemple pensent qu'eux-mêmes et les Juifs font partie du Tout et sont donc frères.

Je n'en sais rien. Ce que je veux dire, c'est que s'ils se détestent les uns les autres, c'est sûrement au nom d'un idéal, d'un absolu qui pourrait s'apparenter à ce tout dont tu parles.

Citation

Moi, je pense qu'il faut faire des choix dans la vie. Cela suppose discerner le juste et le moins juste (ce que Loom appelle "sain" et "pas sain" et ce que j'ai appelé "avisé" et "non avisé" dans mon premier post) dans ce qui nous entoure pour évoluer. Cela suppose porter un jugement sur les choses et les gens, sans pour cela forcément le leur exprimer. Moi, si je vois quelqu'un tourner en rond, je sens qu'il est de mon devoir de lui donner un conseil, s'il consent à m'écouter. Dans un forum, c'est différent, les débats sont ouverts.

Je suis assez d'accord avec toi mais ce n'est pas la forme de jugement dont je parlais initialement. La vie n'est qu'une suite de choix, et donc de décisions qui sont prises en fonction des éléments en main au moment de chaque décision. Chacun évalue les options et en choisit une selon son propre jugement de la situation. Ce n'est pas du jugement-condamnation, c'est du jugement-évaluation.

Le jugement-condamnation repose sur la croyance que son propre système de valeurs est le bon, inébranlable, quitte à faire porter aux personnes jugées la culpabilité de ne pas y correspondre. Cette attitude est parfois complémentée de prosélytisme et malheureusement souvent de fermeture si ce prosélytisme ne porte pas ses fruits. Quand tu dis dans le topic sur les couples "je ne suis pas d’accord que vous colportiez cette idée de polygamie qui est contre nature", je retrouve le ton partisan du prosélytisme. D'autant plus que les éléments rapportés dans la suite du débat ont montré que la polygamie n'est pas si contre-nature que cela, que c'est plutôt l'inverse. En fait, je suis persuadé que les "vérités" que l'on se forge au fil des ans et auxquelles on s'accroche comme des bouées de sauvetage dans l'adversité ou les situations difficiles sont avant tout des moyens de se rassurer. Si l'on prend la peine de décortiquer ces "vérités", c'est un peu comme avec les particules élémentaires, on s'aperçoit rapidement qu'elles ne reposent sur rien et que finalement, c'est l'inconnu le plus total qui règne dans la quintessence des choses et des idées. Nos "vérités" finalement ne sont probablement que des idées arrêtées. Ca fait partie de la grande maya. :)

Yann

#20 spirit

spirit

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Posté 22 juin 2004 à 20:33

Bonjour turquoise  :D
Juste une petite réaction par raport à ce que j'ai lu dans ce topic

Citation

Ca m'étonnerait que les intégristes mulsulmans par exemple pensent qu'eux-mêmes et les Juifs font partie du Tout et sont donc frères.
.
les intégristes juif musulman et chrétiens pensent tous être les élu de dieu,il penssent tous agir pour le même tout (DIEU)et sont avennement futur  sur terre.Pourtant persoidé d'avoir seul la vérité ils jugent les autres par rapport à ce qu'il crois être le mellieur  .Leurs diférences parfois minimes sont alors monté en épingle  et entraine la haine.

Moi je fais partis des gens qui n'aime pas juger mais qui ne peuvent pas s'empécher de maitre les deux pieds dans le plat.:cpasmafaute:
Donner son opinion est toujours positif même si ça oblige parfois à s'éxcuser.D'autant plus dans un forum où le but finalement est de confronter nos idées.

  Je suis désolé de te dire qu'un jugement positif est aussi un jugement.

Citation

En fait, je pense que vous ne vous « permettez pas de porter un jugement » sur le trio de peur de froisser Clémentine.
je crois que si on avait le moyen de voir la façon dont chacun d'entre nous, vie. Beaucoup de chose nous generait les uns les autres, mais c'est cette diférence qui fait la richesse de l'humanité .Soyez Diférent est un des premiers commandements de Dieu, alors essayons de  respecter cette différence le plus possible.Tu as raison  d'exprimer ton opinion mais il faut savoir admettre que parfois son opinion n'est pas majoritaire et qu'il n'y a pas d'autre explication.

spirit

Ce message a été modifié par spirit - 22 juin 2004 à 20:37.


#21 littlemat

littlemat
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Posté 22 juin 2004 à 22:02

Question : est-il utile de juger l’autre ?

Le jugement ne peut-il être remplacé favorablement par de l’expression personnelle, de l’échange d’information, une volonté simple et bienveillante de fournir un angle différent d’appréciation à l’autre.

On peut émettre un jugement tout en étant bienveillant et incluant
On peut émettre un jugement en étant malveillant et excluant.

Le jugement en soi n’est ni bon ni mauvais, c’est l’état d’esprit de celui ou celle qui juge qui va former le socle d’une coopération ou d’une exclusion.

Celui qui juge, plus il est virulent, plus il devrait retourner ses jugements vers lui même, car l’autre n’est qu’un prétexte à un combat indirect vers ses propres zones d’ombres inconscientes.

Sur Terre tout est relatif et ce qui est mauvais pour l’un est bon pour l’autre, tout n’est qu’une question de chronologie. Nous sommes chacun à une heure et dans un monde différent.

L’important est que chacun soi respecté à l’intérieur de son esprit et de son corps tout en respectant les autres dans leurs limites d’esprit et de corps... limites qui sont différents pour tous.

A mon sens, le vrai travail sur Terre n’est pas véritablement de juger mais plutôt d’apprendre à reconnaître où sont les limites des uns et des autres et de faire des trucs sympas de tout cela. :D

Ce message a été modifié par littlemat - 22 juin 2004 à 22:03.


#22 The Struggle Within

The Struggle Within

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Posté 25 juin 2004 à 15:33

Au risque de paraître inquisiteur, fanatique ou vieux jeu ...

Je dirais que le jugement appartient au Créateur, étant seul apte à juger du fait qu'Il a l'ensemble de l'Information concernant le système qu'Il juge/évalue - l'ayant créé.  :bravooo:

====================================================================

Néanmoins, si l'on part du principe que l'existence terrestre n'est qu'une collecte continue et désespérée d'expériences visant à édifier une connaissance libératrice (dans tous les sens, la mort étant une libération, au moins d'espace  :biglol: ), alors il apparaît que l'Autre est un élément incontournable de l'expérience "vie sur terre".

De ce fait, on en arrive rapidement à l'idée de "méééééééééé keskil fait le môôsieur ??  :o  cé pas bôô !!"

Les choix extrêmes qui s'offrent à nous sont : vivre en homme (femme) public ou vivre en ermite.

L'optimum étant bien sur compris entre les deux, dépendemment de notre patience ! Je pense que juger n'est pas de notre ressort mais je pense qu'il est absolument vital dans ce genre de situation de répondre en toute honnêteté intellectuelle et objectivité (tenir compte du plus grand nombre possible de paramètres) à la question "qu'aurais-je fait à sa place ?".
Par expérience, ce mécanisme de pensée est plus formateur, instructif et élévator :) que le fait de juger.

Mon maître dit souvent "l'Autre est le miroir de soi." (...) "On ne voit [en l'Autre] que les défauts qui sont en nous. Si nous ne les avions pas en nous [sous forme latente], nous ne les verrions tout simplement pas".

Moi, quand y s'agit d'en r'mettre une couche chuis pas l'dernier ...

'tite parenthèse : littlemat j'aime bôcou ton site !
Moi, quand y s'agit de fayotter faut pas m'prier ...

Paix et Salut,

Ce message a été modifié par The Struggle Within - 25 juin 2004 à 15:35.


#23 louisette

louisette

    Habitué

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Posté 25 juin 2004 à 23:32

Bonjour,

Une opinion, c'est effectivement une façon de penser sur un sujet ., un point de vue. Et les points de vue, on en hérite, famille, école, société...On les apprend, les consolide au fil des dissertations scolaires ...Et puis, petit à petit, on devient moins d'accord avec l'acquis, on est troublé, on sent que la vie nous étonne, parce que les hommes ne se comportent pas comme on pouvait s'y attendre; parce que soi- même on se surprend à regarder ailleurs, à voir que tout a sa place, que la condamnation paraît plus naïve que juste. Apprécier quelque chose, c'est dire en fait, que l'on se reconnaÏt , à ce moment précis, dans la chose,et à ce même moment, un autre sera porté par une chose différente...et cette symphonie d'élans c'est la vie même;les discordances ne sapent pas la cohésion.

#24 Loom

Loom
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Posté 26 juin 2004 à 07:58

The Struggle Within, le Vendredi 25 Juin 2004, 16:40, dit :

Je pense que juger n'est pas de notre ressort mais je pense qu'il est absolument vital dans ce genre de situation de répondre en toute honnêteté intellectuelle et objectivité (tenir compte du plus grand nombre possible de paramètres) à la question "qu'aurais-je fait à sa place ?".
Par expérience, ce mécanisme de pensée est plus formateur, instructif et élévator :) que le fait de juger.
Mais pour répondre à une telle question, ne faut-il pas avoir jugé qu'une autre solution était possible ?
"Cela n'est pas bien, mais qu'aurais-je fais à sa place ?". Et encore, ne pas se poser la question découle aussi du jugement que tout est parfait selon notre entendement.

Je pense que le problème ne vient pas du jugement lui-même, mais de la charge émotionnelle que l'on mets derrière, de la peur, qui va nous pousser à réagir de manière "négative", agressive.

#25 The Struggle Within

The Struggle Within

    L'homme qui a vu l'Homme qui a vu Dieu

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Posté 26 juin 2004 à 17:46

Ptêt bien Loom ...

En fait là encore c'est pas tout a fait exact, car on n'a JAMAIS tous les éléments en main, donc "se mettre à la place de l'autre" n'est qu'une vue de l'esprit, soit une façon de cautionner notre petit sentiment de self-righteousness (auto satisfaction), soit une manière d'atténuer la mauvaise conscience ...

Et puis ça nous ramène forcément au débat Bien/Mal ou plutôt SDA/SDS ...

P & S

#26 Loom

Loom
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Posté 26 juin 2004 à 18:23

The Struggle Within, le Samedi 26 Juin 2004, 18:53, dit :

Ptêt bien Loom ...

En fait là encore c'est pas tout a fait exact, car on n'a JAMAIS tous les éléments en main, donc "se mettre à la place de l'autre" n'est qu'une vue de l'esprit, soit une façon de cautionner notre petit sentiment de self-righteousness (auto satisfaction), soit une manière d'atténuer la mauvaise conscience ...

Et puis ça nous ramène forcément au débat Bien/Mal ou plutôt SDA/SDS ...

P & S
Qui a dit qu'on avait tous les éléments ? Est-ce utile d'avoir tous les éléments ?
Je dis simplement que le non-jugement est un refus de vivre (sauf si, à vérifier, on atteint un autre niveau de conscience hors mental).

#27 Turquoise

Turquoise
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Posté 26 juin 2004 à 18:46

Citation

Question : est-il utile de juger l’autre ?

Je pense que la question devrait être "est-il utile d'exprimer un jugement à autrui ?" Car pour moi juger les autres et les choses est utile pour soi-même. Le jugement permet d'aiguiser son propre discernement. Ce que l'on peut montrer à l'autre c'est un angle différent d'appréciation. Des conseils sont parfois nécessaires, mais ne sont à exprimer que si l'on sent que l'autre est disposé à écouter et est en état de demande d'aide (souvent inconsciemment - c'est une question de ressenti). Ces conseils ne peuvent nous venir à l'esprit que si au préalable nous avons émis un jugement sur la personne. Il est toujours plus facile de voir les problèmes des autres que les siens, parce qu'on est plus objectif par rapport à ce que les autres vivent que par rapport à ce qu'on vit soi-même. Cela suppose aussi d'être soi-même disposé à recevoir des conseils d'autrui.
En fait, je pense que tout est dans la manière de communiquer. Les mots sont très importants, ainsi que la manière de les dire.
Dire à autrui "tu es con, tu es fou, tu es..." n'apporte rien, c'est même nuisible.

Turquoise