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LEN : on s'en prend à nos libertés


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14 réponses dans ce topic

#1 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 21 décembre 2003 à 13:55

La Ligue Odebi vient de faire parvenir le texte ci-dessous* à l'ensemble des députés, avant la seconde lecture de la LEN le 7 et 8 janvier prochain.
La Ligue rappelle au gouvernement français sa totale opposition à tout élément du projet de loi qui :
- tendrait à placer le Net sous l'autorité du CSA
- imposerait un filtrage du Net français
- déléguerait des opérations de police au secteur privé
- imposerait au secteur privé de se substituer à l'autorité judiciaire
- imposerait la censure des internautes avant tout jugement
- priverait les citoyens numériques de leur droit à une justice
indépendante et impartiale
- par son flou ou la non-définition des acteurs concernés, mènerait un quelconque acteur du Net à censurer ou s'auto-censurer par précaution.

La Ligue dénonce une fois de plus ce texte écrit sur mesure pour l'industrie phonographique par Nicole Fontaine, au mépris de la réalité du Net et des droits les plus élémentaires des internautes comme leur liberté d'expression ou leur droit d'accéder à une justice indépendante et impartiale.

La Ligue rappelle que ce texte est rejeté par la totalité des acteurs du Net français : En persistant à présenter ce texte, le gouvernement commet une grave erreur et démontre aux citoyens français qu'il n'écrit cette Loi que pour servir les intérêts particuliers du Lobby des majors, quitte à sacrifier la liberté d'expression des internautes.

Les parlementaires, quant à eux, doivent savoir qu'au-delà de la discipline de groupe, c'est (pour l'instant) par dizaine de milliers que les internautes français ont protesté : ce chiffre va s'accroître.....

La Ligue appelle donc les internautes français à interpeller massivement leurs députés afin de leur faire prendre conscience des aspects irréalistes et liberticides du texte de Nicole Fontaine.

* texte envoyé / page d'action :  http://www.odebi.org...s/0justice.html

source : http://www.odebi.org/
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Comme le faisait aimablement remarquer un membre, si on est pas content du système en place on peut aller vivre ailleurs... C'est ce qu'il risque de nous rester si ça continue ainsi...  :redeyes:

Diamant

Ce message a été modifié par EcliptuX - 11 janvier 2004 à 15:16.


#2 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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  • Localisation : Toulouse

Posté 21 décembre 2003 à 15:26

Salut Diamant, je trouve interressant d'y rajouter le courrier au député

Monsieur,

en  tant  qu'élu, vous devez écouter et prendre en compte l'inquiétude de l'ensemble des acteurs du Net français, professionnels, et citoyens numériques : L'inadéquation  des  textes actuels à la réalité du Net a provoqué des affaires  juridiques qui ont soulevé de très nombreuses protestations.
Ainsi,  c'est  plus  de 90% des forums communautaires français qui ont fermé  leur  portes  lors  des  affaires  Perenoel.fr,  CPAM Nantes et Domexpo.  A cette occasion, c'est plus de 40.000 pétitions qui ont été signées  pour demander des textes clairs protégeant les intermédiaires techniques   et   la   liberté   d'expression. La  seule réponse du Gouvernement fut le projet de loi pour l'économie numérique,  qui,  tout  le  monde le sait, provoque l'unanimité contre lui.
C'est  plus  de  30.000 mails qui ont été envoyés à Jacques Chirac, et autant  à  Jean-Pierre  Raffarin afin de protester contre le projet de loi de Nicole Fontaine. A  une  exception  près  (les  majors), la totalité des acteurs du Net français professionnels,    fournisseurs    d'accès,   hébergeurs, prestataires   de   forums,   associations  d'internautes,  syndicats, magistrats,   ONG...)   a  rejeté  ce  projet  de  loi  irréaliste  et liberticide.

Qu'il soit clair que les citoyens numériques n'accepteront pas:
- le moindre rétrécissement des prérogatives de l'autorité judiciaire, dont l'indépendance et l'impartialité doivent rester absolues, et, partant, toute tentative de privatisation de la justice numérique.
- que des opérations de police soient confiées à des entités privées.

En  pratique,  au  moins  deux points clefs du projet de loi de Nicole Fontaine   sont  contraires  tant  aux  valeurs  républicaines  qu'aux principes  fondamentaux  du droit. En effet, les articles 43-8 et 43-9 de  ce projet instaureraient une justice privée sur le Net en imposant aux   intermédiaires   techniques   de   se  substituer  à  l'autorité judiciaire,  et  l'article  43-12  ferait  de  la  France le seul pays occidental  à  imposer un filtrage du Net à ses frontières, comme cela se fait par exemple en Chine populaire.....

Point clef 1 : Privatisation de la justice numérique:
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Les Articles 43-8 et 43-9, même modifiés par le Sénat, au but apparent d'engagement  de  la  responsabilité  des  "hébergeurs"  (?)  que l'on considèrererait  comme  des  complices,  imposent  en  réalité  et  en pratique à ces intermédiaires techniques le devoir de se substituer au juge,  et d'appliquer les peines, en l'occurrence la censure, qui plus est  avec  promptitude,  avant  toute  décision de justice établissant l'illicéité d'un contenu.

Ils  deviendraient  donc,  le  cas échéant, coupables de ne pas s'être substitués à l'autorité judiciaire.

Que  chacun,  dans une société responsable, soit amené à se forger une opinion  de  ce  qui  est  illicite  ou  non, et décide, au besoin, de s'adresser à l'autorité idoine : Rien de plus normal et souhaitable. En  revanche,  on  n'a  jamais  vu  en  France que quiconque puisse se substituer  à  l'autorité judiciaire, juger, et appliquer une peine en son  lieu  et  place : Or, on peut toujours se voiler la face, mais il n'en  restera  pas  moins  que  c'est -en réalité et en pratique- très exactement  ce  qu'exigent des hébergeurs les articles 43-8 et 43-9 du projet de loi de Nicole Fontaine.

Les  internautes français se verraient donc jugés et censurés de façon expéditive par des groupes privés.

Gênés  par l'évidente censure généralisée à laquelle ce texte ouvre la porte,  les sénateurs  ont adopté un nouvel article 43-9-1 instituant une  infraction  pénale  :  celle  de  présenter une information comme illicite pour en demander le retrait, c'est à dire de se substituer au juge en affirmant l'illicéité d'un contenu pour le faire censurer.

On  a  donc,  dans  le même texte, des articles immédiatement connexes rendant  les  uns  coupables  de ne pas s'être substitués à l'autorité judiciaire,  et les autres coupables de s'être substitués à l'autorité judiciaire.


Point clef 2 : Filtrage aux frontières (une ligne Maginot numérique):
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L'article   43-12  quant  à  lui,  dit  en  substance  que  l'autorité judiciaire  peut demander aux fournisseurs d'accès et aux "hébergeurs" (?)  de  supprimer  un  contenu  s'il  est hébergé en France, et de le filtrer s'il est situé à l'étranger.

Si  la  suppression  d'un  contenu  hébergé  en  France  ne pose aucun problème  particulier,  il  n'en  va  pas de même pour le filtrage des contenus hébergés à l'étranger :

Outre  que l'adoption de cette mesure constituerait un choix politique unique  dans  le  monde  occidental, le législateur doit savoir que la réalité  technique  est  que cela ne marche pas. On pourra par exemple consulter  à  ce  sujet  l'étude complète de l'expert J.R Lemaire, qui explique  que  pour  la tentative de filtrage d'un site (qui pourra au demeurant être déplacé ailleurs dans la seconde qui suit, et ce autant de  fois  que  nécessaire)  c'est jusqu'à des centaines de milliers de sites  -eux  parfaitement  légaux- qui deviendraient inaccessibles aux internautes français.

Par   ailleurs,   l'implémentation   de  ces  techniques  de  filtrage inefficaces imposerait  un  profond  remaniement  de  l'architecture technique  des  fournisseurs  d'accès,  dont  le coût important serait nécessairement répercuté sur le prix des abonnements.

Enfin,  une  décision  judiciaire étant publique, ce serait l'autorité judiciaire  elle-même  qui  ferait  de  la  publicité  pour  des sites illicites alors même que du fait de l'inefficacité du filtrage le site incriminé serait toujours accessible.

En résumé, ce filtrage serait : dévastateur, coûteux, et inefficace.

Si  aucun  pays  occidental  n'a  retenu  une  telle  mesure, c'est en particulier  parce  qu'elle  est  totalement  inefficace  : Qu'on nous explique  en  quoi  la France ferait exception? Parce qu'on a réussi à arrêter le nuage de Tchernobyl? Dominique  Perben n'a toujours pas répondu à la question qui lui a été posée publiquement par les fournisseurs d'accès français le 27 février 2003 quant à la faisabilité de ce filtrage.

Comment   justifier   la   demande   d'instauration   d'une  procédure inefficace  et  coûteuse,  là  où  la réalité pratique est qu'il est nécessaire  et  urgent,  pour  avoir  un  minimum  d'efficacité,  de développer une coopération internationale seule à même de supprimer en particulier les contenus pédopornographiques et faire poursuivre leurs auteurs et éditeurs?

L'unanimité des acteurs contre ce projet de loi :
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Dès  la  publication du projet de Loi, de très nombreux acteurs du Net français  et de la société civile ont protesté contre la privatisation de  la justice numérique, le filtrage, ou la tentative de mise sous la tutelle  du  CSA  :  que  ce soient les FAI par le biais de l'AFA, les hébergeurs, les hébergeurs de Forums, des magistrats, des syndicats et des ONG. La société civile a apporté un très large soutien aux actions de protestations   initiées   par  la  Ligue  Odebi,  la  Fédération Informatiques   et   Libertés,   et l'association  Iris.  C'est  par dizaines de milliers que  les  internautes  ont  ainsi  signé  des pétitions contre le texte de Nicole Fontaine. Face à ce rejet général, Nicole Fontaine peut-elle citer au parlement  un acteur qui lui soit favorable? Lequel?

Le  député  UDF  Dionis  (qui  connaît  bien  la réalité du Net, voire certaines  de  ses subtilités) recevait en commission de très nombreux acteurs,  et  proposait  des  amendements  tendant  à  rendre le texte acceptable.  Claudie  Haigneré,  Ministre  des Nouvelles Technologies, intervenait  publiquement  dans  le  même  sens  :  "Nous devons à nos concitoyens  une  plus  grande  clarté  sur  le caractère des contenus répréhensibles,  en  distinguant les contenus manifestement illicites, tels  que  la  pédophilie,  l'apologie  des  crimes contre l'humanité, l'incitation  à  la  haine  raciale, et les contenus dont le caractère illicite est confirmé par décision de justice." Les amendements Dionis allaient dans ce sens ... Nicole Fontaine les a fait retirer. Au  sénat, en première lecture, le sénateur PS Weber déclarait :"à qui revient le rôle de juger de la licéité d'un contenu, d'un texte, d'une image  ?  Dans  notre  loi traditionnelle, ce rôle est dévolu au juge, garant de nos libertés publiques"
Lors  de  la même séance, le sénateur UMP Trégouët, qui est sans aucun doute   l'un   des   parlementaires  ayant  la  connaissance  la  plus approfondie  du  Net, intervenait pour dénoncer la privatisation de la justice  et  le  "flicage"  en  ligne  prévus  par le projet de Nicole Fontaine.  Sa  perspicacité,  la  profondeur  de  son  analyse,  et la prospective  qu'il  présentait  suscitaient  d'ailleurs  les  louanges unanimes   de   ses   pairs.Il   affirmait   ainsi  on  ne  peut  plus clairement:"les internautes n'ont pas à être jugés et censurés par des groupes privés."
Et  Daniel  Raoul d'exprimer ses doutes : "[...] je me pose un certain nombre  de questions, et les interventions de MM.Trégouët et de Ralite m'interpellent.  Je  ne  suis  dès lors pas sûr que nous soyons tout à fait prêts à adopter ce projet de loi."...


La réalité judiciaire:
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Deux  arguments  sont souvent avancés pour justifier les articles 43-8 et  43-9:  Ils  permettraient d'aller vite, et de ne pas encombrer les tribunaux.  En  clair,  il  s'agit  d'instaurer  une justice privée et expéditive.
A  supposer  que  le  législateur  soit  capable de trouver la moindre justification à l'instauration d'une telle "justice", remarquons que :
-Concernant  la vitesse : il est à souhaiter que le gouvernement donne à sa justice -fût-elle numérique- les moyens d'agir à la vitesse qu'il convient.
-Concernant  l'encombrement  des  tribunaux  :  On voudrait nous faire croire que les tribunaux seraient encombrés d'affaires liées au Net...
Comme si, par on ne sait quel tour de magie, un citoyen honnête voyait sa  probabilité  de  devenir  un délinquant soudainement augmenter dès l'instant où il se connecterait au Net! La réalité objective est qu'il n'en  est rien : ces affaires sont peu nombreuses, et les décisions de justice  qui  ont  été rendues sont d'ailleurs pleines d'enseignements que le législateur ne peut ignorer :
-Altern
La première affaire dans laquelle un hébergeur a été condamné pour des contenus  mis  en ligne par un tiers. Altern a donc disparu, ainsi que tous  les  sites  qui y étaient hébergés...L'amendement Bloche a aussi disparu,  censuré  par  le  conseil  Constitutionnel:  Depuis,  il est clairement affirmé dans la Loi que la responsabilité d'un hébergeur ne pourrait  être  engagée  que  dans  le  cas  où,  ayant  été saisi par l'autorité  judiciaire,  il  ne  supprimerait  pas  le  contenu jugé illicite.  Mentionnons  par  ailleurs  que l'Union Européenne a décidé qu'aucune  obligation de surveillance des contenus ne peut être exigée de  lui (ce qui semble assez raisonnable quand on a une petite idée de la  quantité  d'informations  qui  circule sur le Net, ainsi que de la vitesse à laquelle il est  possible de publier un contenu ou de le déplacer).

-JeboycotteDanone
Le  20  avril  2001,  le site JeBoycotteDanone.com disparaissait de la surface  du  Web,  les  intermédiaires  techniques  ayant  peur d'être considérés comme coresponsables. Il  s'agit  donc  de  l'exemple  type  de  ce  qui  pourrait se passer systématiquement   si  l'assemblée  votait  le  texte  en  l'état.  En engageant  la  responsabilité des intermédiaires techniques, on oblige ces sociétés privées à minimiser rationnellement le risque judiciaire. Les  seuls  critères  objectifs  à peu près fiables dont disposent ces sociétés  pour  déterminer  si  elles  doivent  supprimer  un  contenu litigieux  à  la  demande  d'un tiers sont : le poids économique et la notoriété  médiatique  relatives  du client publiant le contenu, et du tiers.  Elles donneront donc  rationnellement raison à celui des deux qui  sera  économiquement ou médiatiquement le plus puissant : Ce sera donc la censure au faciès économico-médiatique.
Dans  l'affaire  JeboycotteDanone,  on  a  donc  assisté  à la censure totale  d'un  site par un intermédiaire technique. Et qu'a donc -par la  suite-  demandé  le  juge dans cette affaire? Le simple retrait du Logo  Danone...Le juge a estimé que le reste du site était légal. Fort bien,  dans  ce  cas  on pourrait considérer que les acteurs impliqués dans  cette  affaire  ont  servi  de  rats  de  laboratoire,  mais que désormais  tout  intermédiaire technique sait qu'il suffit dans ce cas de  figure  de  faire  retirer  un logo détourné..... Passons donc aux affaires suivantes :

-GreenPeace vs Esso
Le  8  juillet  2002,  le TGI de Paris ordonne le retrait du Logo Esso affiché  sur le site de GreenPeace. Décision qui semble donc confirmer la  décision  rendue  dans  l'affaire  JeBoycotteDanone.  A  noter que l'hébergeur   de   GreenPeace  qui  était  aussi  attaqué,  n'est  pas poursuivi,  le  juge  constatant  qu'il  entend agir promptement. Cela étant, GreenPeace fait appel...

-GreenPeace vs Areva
Le  26  juillet  2002,  le  TGI  de  Paris déboute le groupe nucléaire français  Areva, qui demandait le retrait du Logo Areva affiché sur le site  de GreenPeace. Cette décision est donc très exactement  opposée aux  décisions  rendues pour Danone et Esso.Les notions d'apparence et d'évidence commencent à se diluer.....

-GreenPeace vs Esso (bis)
Le 26 février 2003, la cour d'appel de Paris infirme l'ordonnance de référé  du 8 juillet 2002 et condamne la société Esso. GreenPeace peut donc  de  nouveau  afficher  le logo incriminé sur son site. On notera tout  particulièrement  ce  passage  de  l'arrêt  de  la  cour d'appel :"Considérant que le principe à valeur constitutionnelle de la liberté d'expression  implique  que,  conformément  à  son  objet  statutaire, l'association  GreenPeace  puisse,  dans  ses  écrits  ou sur son site internet,  dénoncer  sous  la  forme  qu'elle estime appropriée au but poursuivi  les  atteintes à l'environnement et les risques causés à la santé humaine par certaines activités industrielles;"

-JeboycotteDanone (bis)
Le  30  avril  2003, la cour d'appel de Paris infirme le jugement du 4 juillet 2001, et condamne Danone.

-B2S Ceritex/Mediatel vs R@S/SudPTT
Le  22  Octobre  2003,  les  sociétés  Ceritex  et Mediatel mettent en demeure  l'hébergeur  R@S,  exigeant qu'ils censurent tout contenu les concernant  sur  le  site  sudptt.fr.  Rapidement,  l'association IRIS venait  épauler  le R@S. Le 24 Novembre 2003, une ordonnance de référé du  TGI  de  Paris  déboute les sociétés Ceritex et Mediatel de toutes leurs  demandes  à l'encontre du syndicat sudptt et du R@S. Ceritex et Mediatel  mettaient en cause la responsabilité du R@S, pour le contenu des   informations  diffusées,  invoquant  un  trouble  "manifestement illicite".  L'ordonnance  précise  utilement "qu'il appartient à cette juridiction d'examiner l'existence alléguée du trouble en question, en vérifiant seulement son caractère manifestement illicite éventuel".


Les forums de discussion :
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-PèreNoël.fr vs DefenseConsommateur.org
Le  28  Mai 2002, le juge ayant refusé le sursis à statuer demandé par l'avocate  de defense-consommateur en attendant que l'enquête en cours au  Parquet  de  Créteil  pour  escroquerie  en  bande  organisée soit terminée, le TGI de Lyon condamne le propriétaire de nom de domaine et le  webmaster  de  DefenseConsommateur.org  à  verser  80.000 euros de dommages  et  intérêts  à  pere-noel.fr pour des propos diffammatoires postés  par  des  internautes  excédés sur le forum de discussion  de defenseconsommateur.org. Le jugement est à exécution provisoire. Face à l'ouverture  de  cette  brèche  juridique  qui  menace l'existence des forums  de  discussion,  la  Ligue  Haut-Débit réagit, et organise une grève générale des forums de discussions francophones le 20 juin 2002. Plus  de  90%  des  forums  communautaires  français  ferment,  et  ce mouvement  de  protestation  s'étend  même à l'étranger. Le 18 juillet
2002,  à  la  suite  de  nouvelles  affaires  impliquant des forums de discussion  (CPAM  Nantes,  et Domexpo), la Ligue impulse une nouvelle grève  des  forums.  C'est plus de 40.000 pétitions qui seront signées par  les  internautes  français  afin  de  demander au législateur des textes  de  loi clairs, adaptés à la réalité du Net, et protégeant les hébergeurs,  prestataires  de  forums, webmestres, et propriétaires de noms  de  domaine.  Le  22  Août  2002,  des représentants de la Ligue Haut-Débit  sont  reçus par le conseiller TIC du Premier Ministre, lui relaient  les  voix  des  internautes  français,  et  lui exposent les dangers  du  vide  juridique entourant les forums de discussions et la nécessité   d'établir   des  textes  clairs  garantissant  la  liberté d'expression.

Le  10  Juin  2003,  alors  que la dgccrf a reçu plusieurs milliers de plaintes  de  consommateurs,  le Tribunal de Commerce de Lyon place la société pere-noel.fr en liquidation judiciaire. Le  19  Novembre 2003, soit un an et demi après la condamnation éclair du titulaire de nom de domaine et du webmestre de defense-consommateur.org,  le  tribunal correctionnel de Saint-Etienne condamne  l'ex-pdg  de  pere-noel.fr  à  30  mois de prison ferme pour publicité mensongère, tromperie, entrave à l'exercice de la profession d'inspecteur  du  travail  et  refus  de  communiquer  des documents à la Direction  générale  de  la consommation, concurrence et repression des fraudes, et un mandat d'arrêt est délivré contre lui.....

-CPAM Nantes
Le  21  Juin  2002,  le Directeur de la CPAM Nantes assigne le médecin webmaster du site de la coordination nationale des médecins, ainsi que l'hebergeur du site, et le prestataire de forum (les-forums.com) , des médecins  ayant tenus des propos peu urbains à l'égard du Directeur de la  cpam. Aucun de ces médecins n'est poursuivi... Le prestataire de forum, de son côté a immédiatement désactivé le forum incriminé. Sa réaction, pleine de bon sens, restera dans les annales du Net français :"si  on  m'accuse  moi,  pourquoi  pas non plus celui qui héberge mes serveurs voir ceux qui lui louent la salle..... c'est n'importe quoi"
On  serait  tenté  d'ajouter  :  "et  pourquoi  pas  EDF  qui  fournit l'electricité  qui alimente les machines, ou Microsoft qui a fourni le système d'exploitation?".
Cette  affaire  se  termine  le  28  juin  2003  par la signature d'un protocole d'accord enteriné par le juge. L'hébergeur et le prestataire de forum sont quant à eux écartés de la procédure.

-Domexpo
Le  5  Juin  2002,  une  ordonnance de référé du TGI de Toulouse, à la suite  de l'action intentée contre l'hébergeur et le webmestre du site ideesmaison.com  par  domexpo,  impose  la  suppression  des  messages litigieux  postés  sur le forum du site, ainsi que la suspension de la diffusion de tout nouveau message, précisant que "cette mesure cessera de  plein  droit  à l'expiration d'un délai de un mois à compter de ce jour  si l'association domexpo ne justifiait pas de la saisine du juge de  fond  compétent  d'une  demande tendant à voir juger du contenu du site  en  cause" : Le 28 Juin 2002, l'association domexpo assignait le webmestre  d'ideesmaison.com  pour  les propos publiés sur le forum du site.  A  ce  jour,  l'affaire  est toujours en cours, et le forum a disparu de la surface du web...
L'ordonnance  de  référé  apportait  cependant la précision suivante : "[...]  cette  suspension  ne  peut  toutefois  qu'être  temporaire en référé,  seul  un  débat  devant  le juge du fond pouvant permettre de déterminer de l'illégalité, de l'illicéité ou du caractère dommageable du  contenu  d'un site litigieux ainsi que des initiatives à prendre à l'effet  de  mettre un terme définitif au trouble subi par les tiers."
Dont acte.

-Le "remède" pire que le mal (chilling effect/délocalisation/filtrage)
Lors  de  la  première  lecture  au  Sénat, où le débat sémantique fut kafkaïen,  l'article  43-8 (ne concernant dans sa version actuelle que les  hébergeurs,  tout  comme  d'ailleurs l'article 14 de la directive européenne  2000/31/CE  ne  mentionne  que  les hébergeurs, ce que, au demeurant, nul ne conteste à Bercy) a été amendé de façon à "modifier" le  champ  des acteurs qu'il concerne: En proposant, dans l'expression alambiquée  qui  décrit  ces acteurs, de remplacer "stockage direct et permanent"  par "stockage durable", le rapporteur de la commission des affaires  économiques  expliquait  que  cela permettrait d'exclure les prestataires  de  cache, et d'inclure les prestataires de forums. Ce à quoi   Nicole  Fontaine  répondait  qu'effectivement  cela  permettait d'exclure   les  prestataires  de  cache,  mais  précisait  que  :"ces amendements  ne  visent  pas à définir le régime de responsabilité des prestataires de forums".... et ces amendements furent adoptés.

La  question -symptomatique- reste donc entière : Qui est concerné par l'  article  43-8 (et donc par les articles 43-9 et 43-14)? Comment un acteur du Net français pourrait-il respecter une loi s'il ne sait même pas  si cette loi le concerne?  En  l'état, la loi Fontaine est un traquenard juridique.

Force  est de constater qu'en omettant de cartographier les acteurs du Net,  la  loi  proposée  par  Nicole  Fontaine  va  très  exactement à l'encontre  d'une  évidente  nécessité  de  clarification par ailleurs affirmée   par   le  Premier  Ministre  :  en  se  défaussant  sur  la jurisprudence,  elle  change  les  acteurs  du Net français en rats de laboratoire.

Nicole Fontaine doit donc expliquer clairement à l'assemblée si oui ou non   il   s'agit   effectivement   d'engager  la  responsabilité  des prestataires  de  forums.Si  tel  était  le  cas,  au  vu des affaires perenoel.fr  et  domexpo ayant eu lieu sous l'actuel 43-8, sachant les protestations  exprimées  par  les  internautes,  en  particulier à l'occasion  des  journées  0forum, au cours desquelles plus de 90% des forums  communautaires  français ont fermé et plus de 40.000 pétitions ont  été  signées,  sachant que plus de 30.000 mails ont été envoyés à Jacques  Chirac et autant à Jean-Pierre Raffarin pour protester contre les  articles  43-8  et 9 du projet de loi, alors le message de Nicole Fontaine deviendrait assez clair pour les internautes:"vous avez juste le droit de vous faire arnaquer en ligne en silence!"

Les  conséquences seraient par ailleurs aussi simples qu'inéluctables: les  prestataires  de forums français cesseraient leur activité sur le sol  français, et les forums français fermeraient ou iraient s'abriter derrière  le  premier  amendement de la constitution américaine contre lequel le législateur est impuissant, sauf à instaurer un filtrage aux frontières comme en Chine Populaire.

Le projet de loi de Nicole Fontaine légitimerait la délocalisation des forums de discussion  français  aux  Etats-Unis, et confronterait le législateur au choix éminemment politique du filtrage, qui serait jugé à sa juste valeur par les démocraties occidentales.

Et  dire  qu'à  la  suite  de  l'annonce  du plan reso2007, le site du Premier  Ministre  annonçait  le  projet  de loi de Nicole Fontaine en expliquant   :"Ces   mesures  doivent  réponrde  à  un  paradoxe.  Les prestataires  assurant  un  hébergement des contenus, se sont en effet retrouvés  devant  les tribunaux, avec ou parfois en lieu et place des webmestres   assurant   le  contrôle  éditorial  des  pages  ou  sites
incriminés."

Paradoxe  suivant:  Le  statut  du webmestre décrit comme "assurant le contrôle  éditorial"... Fort bien... Quid du webmestre qui propose sur son  site  un  forum  http?  Devrait-il  être  responsable  de  ce que n'importe  quel  internaute  peut  poster  à n'importe quel moment sur ledit  forum depuis n'importe quel point de la planète? A 80.000 euros (voire  200.000)  l'assignation,  la probabilité de trouver des forums http  sur  le  web  français  va  tendre  vers  zéro.  Là  encore, les webmestres  (par  exemple  de  sites  de  défense  des  consommateurs) n'auront plus qu'à délocaliser...

Autre point en matière de responsabilité des contributions postées sur les  forums  de discussion : Quid de Usenet? S'orienterait-on vers une loi protocole-dépendante (http vs nttp)? On  pourrait  aussi parler du concept de "directeur de publication", à l'évidence  totalement  invalide  en  ce  qui  concerne les forums, ou encore de la modération (qui serait assez fou pour endosser le rôle de modérateur  et  devenir  aux  yeux de la justice l'auteur principal de n'importe  quelle  contribution?),  et  de  nombreux  autres problèmes auxquels le projet de loi de Nicole Fontaine est totalement aveugle...

A  l'évidence,  le  texte  de  Nicole  Fontaine n'est pas suffisamment abouti  pour  être  valablement présenté au parlement, et n'apporte ni confiance ni clarification, bien au contraire.


Et bientôt les hyperliens?
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Un  peu  de  prospective : Après les sites et les forums, il s'agirait bientôt  de  pénaliser  le tissu sanguin du web qu'est l'hyperlien...A titre  d'exemple,  dans  une  récente publication, le Forum des Droits recommande  aux  exploitants  de  moteurs de recherche de "procéder au déréférencement  immédiat des pages à caractère illicite dès qu'ils en ont  connaissance".  Est-ce  à  dire  que  là  encore, ce serait à l'exploitant  de se substituer à l'autorité judiciaire? Et, encore une fois, le réréférencement devrait être "immédiat"?
Considérons donc un exemple réel décrit par l'AFA :
"Un  prestataire  d'annuaire  membre  de  l'AFA a reçu de la part du « Comité  officiel  Geneviève  et  Xavier  de  Fontenay » une demande de désindexation  du  « Comité Miss France » supposé usurper la marque du premier.  Le  demandeur  a  fourni, à l'appui de sa demande, plusieurs jurisprudences  lui  faisant  droit. L'exploitant de l'annuaire a donc procédé à la désindexation de ce site « comité Miss France ». Or, lors des championnats « Miss monde » suivants, la candidate choisie pour la France  a  été celle du « Comité Miss France » et non celle du «Comité officiel Geneviève et Xavier de Fontenay ». L'exploitant de l'annuaire a  appris  à  cette  occasion  que la bataille juridique concernant la marque   datait   de   1956   et   n'était   toujours   pas   tranchée définitivement."

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Au total, objectivement, au vu de ces affaires bien réelles, comment le législateur pourrait-il raisonnablement un seul instant exiger d'un intermédiaire technique qu'il se substitue au juge avec promptitude, alors  qu'il n'en a pas les compétences, et que la justice elle-même a besoin de temps pour s'y retrouver?
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La dérive solipsiste de Nicole Fontaine :
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La   commission   supérieure   du   service   public   des  postes  et télécommunications  a  dénoncé  le  10  décembre  2002 dans un avis de protestation  le manquement du gouvernement à son devoir d'information du  parlement : "La Commission supérieure du service public des postes et  télécommunications  (CSSPPT),  dont  la  composition  vient d'être largement  modifiée, saisie le 20 novembre 2002 sur un avant-projet de loi relatif à l'économie numérique, créant ou modifiant, notamment, le code  des  postes  et  télécommunications en ses articles L. 32-16, L.32-3-4, L. 32-3-5, L. 33-4-1, L. 34-11, L. 97-1, L. 97-2 et L. 97-3,
considérant  la  demande  du  gouvernement que réponse lui soit rendue dans  un  délai  de  deux semaines, au mépris des droits de la CSSPPT, maintes  fois  rappelés, de pouvoir travailler dans des conditions qui garantissent  la  qualité  de  ses délibérations (notamment article D. 96-15 du code des postes et télécommunications), considérant  qu'elle  est  une  fois de plus saisie sur un ensemble de dispositions  floues,  disparates, sans liens évidents entres elles et sans  que  le  gouvernement lui ait présenté la stratégie globale dans laquelle  elles  s'insèrent  ;  et  estimant que le gouvernement a, en cela, manqué à son devoir d'information du Parlement, A  DECIDE  D'EMETTRE  UN AVIS DE PROTESTATION ET DE LE FAIRE CONNAITRE AUX DIFFERENTS MINISTRES SUSCEPTIBLES DE LA SAISIR."
Dans  ce  même avis, la cssppt exposait de plus clairement sa position quant à la responsabilité des intermédiaires techniques et au filtrage :"[...]C'est  pourquoi, elle fait part à la ministre chargée de porter le présent avant-projet de loi :
- de son refus de l'option prise de faire endosser des responsabilités civile  et  pénale  aux intermédiaires techniques en leur déléguant un rôle  d'appréciation  sur  la  teneur  licite ou non d'activités ou de contenus, qui est du ressort exclusif de l'autorité judiciaire ;
-  d'une  contre-proposition consistant à instaurer une " procédure de coupure sur notification ", qui engage la responsabilité sur celui qui demande  la  coupure  parce  qu'il s'estime victime d'un préjudice, si cette demande se révèle abusive ;
-  d'une  demande  de  suppression de la nouvelle version de l'article 43-8-3  sur le pouvoir d'injonction qui serait donné au juge et qui se heurtera  à  des difficultés - voire des incompatibilités - techniques et juridiques."

En  première  lecture à l'Assemblée, C'est le député Dionis qui, alors qu'il  avait  auditionné  de  nombreux acteurs, se voyait contraint de retirer  ses  amendements : La veille de l'examen en première lecture, le  conseiller du Premier Ministre déclarait à la presse que ce serait le  texte  de  Nicole  Fontaine qui passerait... Nicole Fontaine ne se prive pas des bénéfices d'un arbitrage favorable.

Au  Sénat, en première lecture, le Sénateur Trégouët, intervenait dans un  premier  temps  pour  dénoncer  la privatisation de la justice, et présentait  ses amendements : Nicole Fontaine lui demandant de retirer son amendement 136, il se levait, et, animé d'un courage politique peu commun,  tenait  tête  en  maintenant  son  amendement.  Face à l'intransigeance  de Nicole Fontaine, il se retirait des débats. C'est l'opposition qui votait pour les amendements Trégouët! Nicole Fontaine faisait enregister son texte.


L'alibi de l'Europe et le pseudo-conflit de transposition :
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A chaque présentation de son projet, Nicole Fontaine s'abrite derrière le  sophisme  du  retard  de  transposition de la directive européenne 2000/31/CE qu'il est censé transposer. Pas une fois elle ne mentionne l'article  21  de  cette directive, qui stipule qu'elle aurait dû être réexaminée  avant le 17 juillet 2003... Pas une fois elle ne mentionne que   l'actuel   43-8   (qui,   après  censure  partielle  du  Conseil Constitutionnel,   affirme   le   rôle  incontournable  de  l'autorité judiciaire)  est  déjà  conforme  à  la directive.Pas une fois elle ne mentionne  que  c'est  au  droit  national  de  préciser  dans quelles conditions   un   hébergeur   peut  avoir  connaissance  d'un  contenu apparemment illicite.

Les   articles  43-8  et  43-9  ne  sont  pas  conformes  au  principe fondamental du droit qui réserve à l'autorité judiciaire le pouvoir de dire  le  droit:  En  droit  français, une activité ou une information acquièrent  leur  caractère  illicite  par  décision d'un juge. Nicole Fontaine ne peut ignorer que ce principe n'est pas incompatible avec la  directive européenne, ce que, au demeurant, Danièle Pourtaud lui a rappelé  lors  de  la  première lecture au Sénat: personne n'a pu la contredire.

Il convient donc de le réaffirmer clairement dans les articles concernés.


L'étiologie réelle du texte : le lobbying agressif des majors
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(un secret de polichinelle)...

Ce  n'est  plus un secret pour personne : ce projet de Loi a été écrit sous  la  pression  des Majors qui imaginent qu'il leur permettrait de lutter contre le téléchargement de fichiers musicaux via -entre autre- les  réseaux p2p. Demandez par exemple à Nicole Fontaine pourquoi elle refuse  de  supprimer l'exigence de filtrage : Parce que les majors ne seraient pas d'accord.
Ce  lobbying  agressif  des  majors  a déjà été dénoncé publiquement à l'assemblée  en  première  lecture,  tant  par  la  majorité  que  par l'opposition. Le  lobby  des majors,  le  CLIC  (Comité  de  Liaison des Industries Culturelles),  faisait  pression  pour  faire  retirer les amendements Dionis  à  la veille de l'examen en première lecture à l'assemblée, et c'est effectivement ce qui est arrivé. Au même moment, les producteurs de disques exerçaient le même type de pression,comme si l'instauration d'une  justice  privée  sur  le  Net  était de nature à défendre leurs intérêts...
Le  député  Dionis  dénonçait alors dans la presse l'impact des majors sur  le  projet  de  loi:  ''Alors que ce texte devait fonder le droit d'Internet, il devient anachronique    à   cause   d'intérêts particuliers"..."Ils  espèrent enrayer une crise grave avec des moyens absurdes et s'engouffrent dans une impasse"

Ce  n'est  certainement  pas en sacrifiant les droits fondamentaux des internautes  que le législateur pourra rassurer le monde de la musique :  c'est  même  exactement le contraire qui risquerait bien d'arriver. Si,  sous  la  pression  des  majors,  la  justice  du Net devait être privatisée,  avec les inéluctables atteintes à la liberté d'expression que   cela  entraînerait,  il  y  a  fort  à  parier  que  bon  nombre d'internautes  se  sentiraient  alors peu enclins à dépenser ne fût-ce qu'un  centime à acheter de la musique, que ce soit sous la forme d'un CD, ou en ligne.....
Et que diraient les Majors, si, le cas échéant, leur était imposée une justice privée analogue à celle qu'elles essaient de faire imposer sur le Net français?
L'instauration   d'une  censure  privée  sur  le  Net  français  n'est certainement  pas  la réponse la plus adaptée à l'inquiétude du milieu musical,  c'est  par  contre  le meilleur moyen de faire de l'Internet français une poudrière juridique.

Si  le texte de Nicole Fontaine est aveugle à la réalité du Net, c'est parce qu'il se polarise à la demande de l'industrie phonographique sur le  problème  du  téléchargement  de  fichiers  mp3  sur  les  réseaux peer2peer  : aveuglée par la problématique des droits d'auteur, Nicole Fontaine s'est tout simplement trompée de projet de loi.


En conclusion :
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S'il  est  évident  que  tout  n'est  pas  permis dans la République numérique comme dans la République réelle, il n'en reste pas moins que dans  la  justice  numérique,  c'est à l'autorité judiciaire de juger, comme dans la justice réelle.

Que les hébergeurs hébergent, et que les juges jugent. Qu'il y ait une censure  sur  le  Net?  Pourquoi  pas... A une seule condition : Après l'intervention  d'un juge indépendant et impartial disposant de textes clairs  et  adaptés  à  la  réalité  du  Net. C'est seulement dans ces conditions   qu'une   loi   pourra  prétendre  apporter  confiance  et clarification.  A  défaut,  si  même le législateur ne comprend pas le texte qui lui est proposé, comment un juge, pourrait-il s'y retrouver?
Et comment un simple internaute pourrait-il respecter une loi si ni le législateur ni le juge ne comprennent quels sont les acteurs concernés par tel ou tel de ses articles?

Il est donc demandé que le législateur s'attache non seulement à faire respecter  le  principe  fondamental du droit qui réserve à l'autorité judiciaire  le  pouvoir  de  juger,  qu'il  garantisse  le droit à une justice  indépendante et impartiale à tout citoyen, fût-il internaute, mais aussi, et surtout, qu'il commence par le commencement, à savoir : définir  quels  sont  les  acteurs de l'Internet, avant de rédiger des articles   dont   nul   ne   saurait  précisément  quels  acteurs  ils concerneraient.

Le sénateur Trégouët aura prévenu :
" IL NE VOUS RESTERA QUE VOS YEUX POUR PLEURER!"

Veuillez recevoir, Monsieur le Député, mes salutations républicaines.

Documents, liens, informations complémentaires :
www.odebi.org/deputes/0justice.html

En gros bougez vous le cul

Nowar

:cingle:  :petard2:  :cingle:

#3 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 23 décembre 2003 à 11:15

Il existe aussi une pétition : à signer en ligne...
Diamant
__________________________________________________

http://www.iris.sgdg...n/petition.html

Loi sur l'économie numérique (LEN)

Pétition - Pour qu'Internet ne devienne pas une zone de non droit


Aujourd'hui 23 décembre 2003 à 11:18:51, il y a 3973 signatures individuelles...

Action lancée le 5 février 2003 - Le projet de loi sera examiné à partir du 25 février

Une justice privée sur Internet : c'est ce que le gouvernement propose au Parlement d'instaurer avec son projet de loi sur l'économie numérique qui reprend en l'aggravant une tentative avortée en 2000.

L'article 2 du nouveau projet vise à modifier le chapitre VI de la loi sur la liberté de communication qui comprendrait désormais 8 articles (43-7 à 43-14).
Les articles 43-8 et 43-9 reprennent en substance les dispositions de l'amendement Bloche invalidées par le Conseil constitutionnel. Ils portent de la même façon atteinte à la liberté d'expression, d'information et de communication, à la présomption d'innocence et au droit à un procès équitable. Ils méconnaissent une fois de plus l'article 34 de la Constitution.
L'article 43-12 est totalement superfétatoire. L'autorité judiciaire a exercé à plusieurs reprises les pouvoirs qui lui sont inhérents sans problème d'application, lors d'injonction de suppression d'un contenu hébergé en France. Dans le cas du filtrage d'accès à des contenus hébergés à l'étranger, elle ne les a pas mis en oeuvre devant les immenses problèmes juridiques et démocratiques que pouvait susciter leur application.

L'article 3 du projet de loi, modifiant le code de la propriété intellectuelle, est également superfétatoire. Il réaffirme ces mesures dans le cas spécifique d'un contenu portant atteinte au droit d'auteur et aux droits voisins.

Par deux fois déjà, le gouvernement et le Parlement ont tenté de transférer les prérogatives de l'autorité judiciaire pour juger de la légalité des contenus diffusés publiquement sur Internet par les citoyens : à une commission administrative en 1996 (amendement Fillon au projet de loi sur la réglementation des télécommunications) ; à des sociétés commerciales en 2000 (amendement Bloche au projet de loi sur la liberté de communication). Dans les deux cas, le Conseil constitutionnel a invalidé ces dispositions en rappelant gouvernement et Parlement à leurs devoirs.

Les signataires considèrent qu'il n'est pas concevable, dans un pays démocratique, de permettre les atteintes aux droits fondamentaux des citoyens, en préconisant de dissimuler l'objet d'un délit supposé, plutot que d'en identifier les auteurs et de les sanctionner s'il y a lieu.
Il n'est pas plus concevable qu'Internet échappe au droit commun. C'est pourtant ce qu'instaureraient les dispositions citées des articles 2 et 3 du projet de loi sur l'économie numérique.

En conséquence, les signataires demandent la suppression des articles 43-8, 43-9 et 43-12 introduits par l'article 2 du projet de loi, ainsi que son article 3 ;
ils affirment que l'actuel article 43-8 de la loi sur la liberté de communication est pleinement à même de « concilier la liberté de communication d'une part, la protection de la liberté d'autrui et la sauvegarde de l'ordre public d'autre part », obligation du législateur constamment rappelée par le Conseil constitutionnel ;
ils notent enfin que les articles 43-10 et 43-11 introduits par l'article 2 du projet de loi viennent pertinemment compléter l'ensemble du dispositif, rendant ainsi la législation française parfaitement conforme aux dispositions de la Directive européenne sur le commerce électronique relatives aux intermédiaires techniques d'hébergement et d'accès.

#4 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 23 décembre 2003 à 11:26

Présentation de la loi actuelle, du projet de loi et analyse de ce projet par odébi et iris :  http://len.ouvaton.coop/P10

Diamant

#5 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 06 janvier 2004 à 23:21

Communiqué de Presse : LEN -> Boycott en vue....

A quelques jours de l'examen en deuxième lecture à l'assemblée nationale du projet de loi de Nicole Fontaine -dit de la "confiance" dans l'économie numérique-, la Ligue Odebi tient à faire savoir que c'est -à ce jour- par dizaines de milliers que les internautes ont écrit à leurs députés pour leur faire savoir leur refus des articles liberticides de ce texte : Les actions initiées par Odebi ont été relayées par tout ce que le Net français compte de sites importants, et dépassent les 100.000 signatures cumulées.

Comme nous l'avons à plusieurs reprises démontré dans nos articles et communiqués cette loi porterait gravement atteinte aux droits les plus élémentaires des internautes français en privatisant la justice du Net, et en imposant aux intermédiaires techniques de jouer le rôle de policiers/juges/censeurs, et ferait des citoyens numériques des citoyens de seconde zone.

Certains politiques défendent la position de Nicole Fontaine en accusant la Ligue Odebi d'avoir une attitude caricaturale et dangereuse lorsque ses communiqués affirment que cette loi ferait de la France le premier pays occidental à filtrer -à l'instar de la Chine Populaire- les frontières de son Net: Nous invitons donc ces élus à se renseigner plus avant, et les mettons au défi de nous citer une démocratie occidentale ayant voté une telle mesure.

Nous rappelons aux députés de la majorité parlementaire qu'au Sénat, c'est des rangs même de l'UMP qu'ont été dénoncés le "fliquage" en ligne et la privatisation de la justice du Net que tente d'imposer ce texte : peut-être serait-il judicieux d'y réfléchir.

Ce projet de loi se montre tout aussi dangereux pour les acteurs de la nouvelle économie, souvent fragiles, qui se verront imposer de nouvelles procédures, inefficaces, lourdes et coûteuses , et devront faire face à des procès en cas d'erreur de 'jugement' des contenus du Net.

Quels que soient les sophismes (lourdement médiatisés) utilisés par certains élus, nul n'ignore plus aujourd'hui que cette loi a en réalité été écrite sur mesure par Nicole Fontaine pour satisfaire uniquement les intérêts des Majors . De même, nul n'ignore plus que c'est la totalité des acteurs du Net (professionnels, société civile, et internautes) qui rejette ce projet irréaliste et liberticide.

L'arithmétique étant ce qu'elle est, si la majorité parlementaire devait suivre la politique autiste de Nicole Fontaine, elle devrait alors en assumer toutes les conséquences :

Au-delà du discours puéril de Bercy ("c'est la faute des majors, rendez vous compte, on est bien obligés..."), il ne faut pas oublier que dans le monde réel les internautes sont des électeurs... Le vote conforme a un prix : Les élus ayant suivi Nicole Fontaine dans sa dérive, ou ayant contribué à l'enregistrement de son texte seront donc individuellement sanctionnés par les urnes.

Les internautes sont aussi des consommateurs : Le cas échéant, dès le 8 janvier au soir, la Ligue Odebi appellera les internautes à frapper efficacement, largement, et durablement, les intérêts économiques des Majors, entre autre, par exemple, par un boycott total de leurs produits commerciaux, y-compris en ligne.

#6 EcliptuX

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Posté 08 janvier 2004 à 08:28

Dernière news :

Citation

Bonjour,

le débat à l'assemblée est écoutable sur :
http://www.assemblee...eance/livec.ram

Actuellement en suspension de séance, il se déroule depuis prés de deux heures. La majorité des députés (tout bloc confondu) ont plutot mal traité Nicole Fontaine et son texte.

MAIS malgré un bon début, en particulier de la commission des affaires économiques, les choses se sont gatées avec l'adoption 'à la hussarde' d'un sous amendement pour faire plaisir au CLIC (regroupement des patrons de l'industrie culturel-) apparemment - rencontré le matin même -

Amendement non réfléchi et hâtif qui enléve le terme 'Communication privée' dans cette définition extremement importante de la communication publique:

"On entend par communication publique en ligne toute transmission, sur demande individuelle, de données numériques n'ayant pas un caractère de correspondance privée, qui s'appuie sur un procédé de télécommunication permettant un échange réciproque d'information entre l'émetteur et le récepteur "

Le P2P semble donc rentrer sous le coup de cette définiton et devient donc une donnée non privée c a d publique avec toutes les conséquences....légales.

En gros en enlevant 'privé' sous la pseudo prétexte d'etre conforme à la législation européenne, les conséquences paraissent à premiére vue catastrophique pour nos libertés et pour aussi beaucoup d'autres domaines du net puisque toute communication sur Internet pourrait etre considéré comme publique (VPN d'entreprise et le reste)

ODEBI va rédiger calmement une explication précise du sous amendement qui a été voté mais d'aprés ce que nous avons pu comprendre à 'chaud', la communication entre deux ordinateurs ou deux personnes via le net ne serait plus considéré comme PRIVE mais comme PUBLIQUE.

A suivre sur notre site donc pour des éclaircissements...




Pour vous désinscrire de ce groupe, envoyez un e-mail à : 
ligueodebi-unsubscribe@yahoogroupes.fr

L'utilisation du service Yahoo! Groupes est soumise à l'acceptation des Conditions d'utilisation et de la Charte sur la vie privée, disponibles respectivement sur http://fr.docs.yahoo.../info/utos.html et
http://fr.docs.yahoo...fo/privacy.html


#7 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 09 janvier 2004 à 14:31

:puni:  Merci de faire circuler l'information....

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BIENVENUE EN CHINE

C'est avec colère et consternation que l'Internet français apprend les choix de l'Assemblée Nationale.

Si les députés présentent ce texte comme fondateur du droit de l'Internet, comme le droit de la presse a été fondé en 1881, et celui de l'audiovisuel en 1986, nul doute ne subsiste plus désormais sur ses conséquences :

Le Net français devient la honte de l'occident numérique. La réalité objective, que  nul  politique  ne peut contredire, est que la mesure de filtrage que le texte impose aux FAI a été rejetée par toutes les démocraties occidentales, et a été récemment explicitement décrite par l'Union Européenne comme attentatoire à  la liberté d'expression. Elle est dans le même temps attentatoire à la liberté d'information des  français.

Cette mesure délirante et qualifiée de "politiquement détestable" au sein même de l'Assemblée, a été demandée par l'industrie phonographique à Nicole Fontaine, et n'a  jamais été demandée par aucune directive européenne.

Toujours  pour  satisfaire les intérêts des Majors, le député Ollier a proposé  et fait adopter le sous-amendement 213 supprimant purement et simplement la notion de  "correspondance  privée"  de la définition légale du courrier électronique, au prétexte que cette notion pourrait offrir une protection indue à des échanges de fichiers musicaux.

Les hébergeurs quant à eux, ont été changés en juges/censeurs : il s'agit là au fond  d'une privatisation de la justice, présentée pudiquement  sous  le terme de "responsabilisation des hébergeurs". Le rapporteur Dionis expliquait lui-même à l'Assemblée qu'encore une fois cette mesure  était prise à la demande des majors :"Qui s'oppose à ce projet ? Les industries culturelles qui, c'est vrai, sont confrontées à   une   véritable transition, et subissent le contrecoup  du téléchargement. Nous n'avons eu de cesse de travailler en concertation avec  ces  industries, de tenir compte de leurs revendications. Nous avons aggravé les sanctions et accepté que le régime de responsabilité s'applique aux hébergeurs comme aux fournisseurs  d'accès.  Les responsables de ces industries culturelles étaient encore dans le bureau du président Ollier à midi."

Le  député  Dutoit  déclarait d'ailleurs clairement :"Voilà donc votre grand texte « fondateur de la République numérique » : les internautes français  se  verront  censurés  de  façon  expéditive par des acteurs privés !" (Ce qu'un député comme Simon présentait plutôt comme devant permettre de "soulager les tribunaux").

Ces  mesures sortent clairement le Net français du Net des démocraties occidentales : Certains politiques en ont décidé ainsi pour satisfaire les  intérêts  du lobby des majors. La limite de ce que les internautes français peuvent tolérer vient d'être franchie.

Pour  cette raison, la Ligue Odebi, comme elle l'avait promis, appelle l'ensemble  des  internautes  à  frapper les intérêts économiques de l'industrie phonographique,  "au moins" jusqu'à ce que la loi française réaffirme de façon totalement  claire  le rôle incontournable de l'autorité judiciaire et interdise  tout  filtrage : Un des moyens que la Ligue recommande pour atteindre  significativement  ce lobby consiste à cesser d'acheter  ses produits musicaux, que ce soit sous forme de CD ou en ligne.  Que  nul  ne  se  méprenne  : il ne s'agit pas là d'une action ponctuelle ou symbolique.

source : odebi.org
------------------------------

A noter que l'espèce de.... "parlementaire" qui vient de supprimer la notion de "correspondance privée" aux emails a un site web : http://www.patrick-ollier.com
N'hesitez pas à lui communiquer votre avis sur cette nouvelle définition de votre courrier électronique... en restant poli bien sur....


Diamant      :tresfache:

#8 EcliptuX

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Posté 09 janvier 2004 à 15:07

Topic renommé et déplacé dans la section "Les articles du site"

#9 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 09 janvier 2004 à 15:21

L'art et la manière d'acheter des parlementaires...
Diamant :tresfache:
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Loi Fontaine: guerre des formules autour d'un droit spécifique pour l'internet
Par Estelle Dumout
ZDNet France
Jeudi 8 janvier 2004

Après l'avoir validée, les députés ont supprimé la notion de "correspondance privée" dans la définition du courrier électronique fournie par la loi sur l'économie numérique. Préférant céder à la pression des lobbies culturels.

L’internaute avisé a dû bondir en lisant les premières dépêches relatant les débats des députés des 7 et 8 janvier, lors de l'examen du projet de loi pour la confiance dans l’économie numérique. Les parlementaires ont notamment adopté le sous-amendement 213, qui supprime la notion de "correspondance privée" de la définition du courrier électronique, comme l'a trop brièvement rapporté l’AFP mercredi soir.

Une mesure à première vue surprenante, puisqu'elle semblerait légitimer la surveillance des échanges par e-mail. Renseignements pris, les choses ne sont pas si manichéennes. Les parlementaires ont choisi de faire du projet de loi, «un texte fondateur du droit de l’internet en France, en le distinguant de l’univers de l’audiovisuel organisé par la loi du 30 septembre 1986», comme l’a expliqué à la tribune Jean Dionis du Séjour – député UDF et rapporteur de la loi pour la commission des Affaires économiques de l’Assemblée.
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Il est à l’origine de l’amendement qui crée un droit spécifique à l’internet, et fournit notamment une définition du courrier électronique, en tant que correspondance privée. Sa proposition a été adoptée en commission, malgré l’opposition de Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’Industrie, responsable du projet de loi.

Les représentants des industries culturelles écoutés par l'UMP

Or, cette mesure semble ne pas avoir plu à un certain lobby. C'est pourquoi les députés, en séance plénière, ont ensuite validé le fameux sous-amendement 213, rédigé par le député UMP Patrick Ollier. Lequel a justifié sa démarche en soulignant que «la notion de correspondance privée (...) risquait de faire indûment bénéficier de la protection liée au secret des correspondances des échanges, notamment de fichiers». «Cela aurait pu permettre de faciliter des infractions, en particulier en matière de respect des droits d’auteurs», s’est-il justifié.


Dès lors, il n’est pas sorcier de comprendre d’où émane une telle revendication. Jean Dionis du Séjour l’a lui-même avoué: «Les responsables [des] industries culturelles étaient encore dans le bureau du président Ollier à midi (le 7 janvier, Ndlr)», a-t-il lâché devant les députés. «Nous n’avons eu de cesse de travailler en concertation avec ces industries, de tenir compte de leurs revendications.»

Tentative de traduction : furieux de voir que l'internet ne serait plus considéré comme un sous ensemble de la communication audiovisuelle, ils ont demandé des compensations. Et n'ayant pas encore réussi à suivre à la trace les adeptes des réseaux d'échange de fichiers (en mode "peer-to-peer"), les industriels auraient voulu se prémunir contre les échanges de fichiers protégés par e-mail.

Les socialistes, visiblement soucieux de ne pas donner l’impression de cautionner le piratage sur internet, se sont montrés peu combatifs face à cette mesure. Patrick Bloche, député PS, a demandé le retrait du sous-amendement, «rédigé un peu rapidement», qui pourrait être «mal compris» et «frustrant pour les usagers». Tout en rappelant que les députés «auront l’occasion, lors de la transposition de la directive sur les droits d’auteur, de sanctionner les pratiques condamnables qui menacent notre création culturelle».

Définition conforme à la directive européenne

Ses arguments n’ont guère tenu devant la répartie du rapporteur et de la ministre: tous deux ont rappelé que la nouvelle définition du courrier électronique est entièrement conforme à ce qu’édicte la directive européenne du 12 juillet 2002, sur la protection des données personnelles. Selon cette loi, est considéré comme «courrier électronique, tout message sous forme de texte, de voix, de son ou d’image envoyé par un réseau public de communications, qui peut être stocké dans le réseau ou dans l’équipement terminal du destinataire jusqu’à ce que ce dernier le récupère». La notion de correspondance privée y est également absente.

Faut-il pour autant y voir une remise en cause de la protection de la vie privée des internautes? Non, selon les explications sont fournies par François d’Aubert, député UMP de Mayenne. Il a déposé un sous-amendement similaire à celui de Patrick Ollier, avec des justifications différentes. Selon lui, «le régime de la correspondance privée en droit français ne s’applique qu’à certaines formes de courriers électroniques». Il faut qu’il y ait une relation personnelle entre l’émetteur et le récepteur du message, et une relation personnelle entre l’objet du message et les personnes concernées, rappelle-t-il.

Ce qui permet justement de distinguer, entre autres, un courrier personnel d’un "spam". Celui-ci «deviendrait infiltrable, sauf mise en œuvre de la procédure d’écoute téléphonique, s’il était considéré comme de la correspondance privée», note le député. «Une boîte de Pandorre a été ouverte», explique pourtant à ZDNet Patrick Bloche, car cette mesure «lève le secret de la correspondance privée». «Je ne suis pas sûr que cela soit extraordinairement efficace et que la lutte contre le piratage y gagne», conclut-il.

#10 EcliptuX

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Posté 09 janvier 2004 à 17:21

LEN : Vos cauchemars deviennent réalité !!!

La discussion en deuxième lecture de la Loi dite de confiance en l'économie numérique confirme les craintes qu'avaient suscitées sa première mouture. Si la Loi est adoptée en l'état, la responsabilité des hébergeurs internet pourra être engagée s'ils n'ont pas réagi promptement à une demande extérieure en supprimant le contenu litigieux.

L'hébergeur devra donc essayer de se placer dans la peau d'un juge, ou plus simplement supprimera tout contenu litigieux dans le doute... Comme méthode de censure, on n'a pas imaginé mieux.

Pour éviter une nouvelle censure constitutionnelle, les rédacteurs du projet de Loi ont rajouté un délit de dénonciation abusive (puni d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende)... Deux atteintes au droit à un procès équitable pour le prix d'une (le droit d'obtenir justice doit pouvoir être exercé sans crainte de représailles) !

Pour courroner le tout, un amendement a été rajouté qui permettra d'ouvrir les courriers électroniques sans enfreindre le droit au secret des correspondances privées. Le but ? Officiellement prévenir toute tentative de défense du P2P. (Les juges n'ayant pas encore eu à trancher sur la nature des échanges effectués grâce à ces outils). Mais cette disposition risque aussi de satisfaire tous ceux qui auraient intérêt à lire vos courriers (en effet, le droit au secret des correspondances privées pour les mails a d'abord été reconnu dans le cadre de conflit entre salariés et employeurs indélicats).

On attend donc avec impatience et avec une certaine crainte le texte définitif tel qu'il sera publié dans cette charmante Loi, afin de pouvoir la commenter sans être accusé de lui faire un procès d'intention.

Politiquement détestable !


Source : http://www.pcinpact..../news/12500.htm

#11 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 10 janvier 2004 à 00:30

Un exemple de courrier publié sur le forum de Hardware.fr et que son auteur encourage à reproduire tel quel ou adapté. Merci à lui :)
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Lettre ouverte à Nicole FONTAINE, ministre déléguée à l'industrie.

Citation

Nicole FONTAINE
139, rue de Bercy
75572 – Paris – Cedex 12
01.40.04.04.04

Une copie est envoyée à Patrick Ollier, député a qui l'on doit l'amendement de derniere minute sur la correspondance privée, au président d'Universal Pascal Negre, et au Premier Ministre.

Qu'est-ce qui se passe ?

Informations sur
L'Assemblée Nationale
ZDNet - encore ZDNet
01net
Open-files

La LCEN (loi sur la confiance dans l'économique numérique) a été adoptée en l'état par les députés hier.
Les protestations des internautes et de l'ensemble des FAI ont été purement ignorées. les nombreux amendements proposés pour adoucir le texte n'ont pas été retenus.
Non seulement les passages liberticides et censeurs taillés sur mesure pour les maisons de disques sont passés, mais plus grave l'e-mail se voit retirer le statut de "correspondance privée", qu'ont le téléphone ou le courrier postal.
C'est une atteinte terrible à la vie privée des personnes. Les e-mails, mais aussi les conversations sur chat, MSN ou messages privés sont considérés comme publics et soumis aux mêmes lois. Ils peuvent être collectés, espionnés, utilisés contre leurs auteurs en toute impunité, tout ceci au nom de la guerre sainte contre le piratage. Les majors ont tout gagné.

Citation

Madame la ministre,

Suite à l'adoption en deuxième lecture de la LCEN par l'Assemblée nationale, je tiens à vous féliciter pour ce que vous avez accompli. Sincèrement. Je suis épaté. Vous et tous les députés qui étaient à leur poste ces 7 et 8 janvier 2004 nous ont donné une belle leçon.
  • Leçon de démocratie, en faisant de la France le quatrième pays à appliquer officiellement une censure d'Etat de l'Internet, après la Birmanie, la Chine et l'Iran (glorieuses références!)




  • Leçon de bon sens, de connaissance de l'Internet et de son fonctionnement, en imposant aux intermédiares techniques des tâches de censure titanesques qui ne les regardent pas. Appliquer ce que vous leur demandez causera à terme leur faillite. Est-ce là le plan de Mr. Raffarin pour faire de la France une «république numérique» ? Transposé dans le domaine -voisin- de la téléphonie, cela équivaudrait à imposer aux opérateurs d'écouter tous les appels de tous leurs clients et dénoncer tout appel suspect dans les plus brefs délais. A aucun moment cela ne vous semble absurde. J'admire votre pragmatisme.




  • Leçon d'intelligence économique, en déléguant le sale boulot à ces mêmes hébergeurs, chargés de faire eux-mêmes la police et d'en assumer les frais, économiques comme médiatiques. Ceci évidemment sous la menace, un valet obéïssant bien mieux quand il a peur. Vous avez raison! La justice a bien assez de travail avec les chauffards et les fumeurs de cannabis, laissons des sociétés privées faire la police dans le cyberespace. Tant pis pour l'éthique.




  • Leçon de bonne foi, en affirmant que considérer un e-mail comme une correspondance privée permettrait à des hordes de pirates sans merci de s'échanger des fichiers illégaux par e-mail. Même chez vos partenaires majors, qui ne sont pourtant plus à une énormité près, on n'avait pas osé la faire. Justifier l'atteinte à la vie privée de millions de gens par la guerre sainte contre la contrefaçon, c'est un concept d'avenir. Propriété intellectuelle, que de crimes on commet en ton nom!




  • Leçon de courage, en osant faire pour le courrier électronique ce qui appliqué à la Poste ou au téléphone ferait descendre les gens dans la rue. Mais après tout, c'est pas grave, c'est que Internet, c'est pas comme si c'était la vraie vie. Et puis j'ai pas le temps de manifester, j'ai les gosses à aller chercher et y'a Bachelor sur la 6.




  • Leçon d'indépendance politique, en entrant dans l'histoire comme le ministre le plus respectueux des exigences de l'industrie musicale. A croire que c'est rentré dans les moeurs, puisque vous n'essayez meme plus de cacher vos connivences, que ce soit en faisant présenter un projet de loi capital sur le droit d'auteur par l'épouse du P.D.G de Vivendi-Universal sans que personne ne s'en étonne, ou à travers des déclarations aussi éhontées que "«Les responsables [des] industries culturelles étaient encore dans le bureau du président Ollier à midi. Nous n’avons eu de cesse de travailler en concertation avec ces industries, de tenir compte de leurs revendications." (Jean Dionis du Séjour, Assemblée Nationale, 7 janvier 2004)

Vraiment, je suis admiratif. Mais je ne vais tout de même pas vous laisser partir si vite.
Juste le temps de vous rappeler l'échéance des élections régionales. Car tout vilain internaute que je suis, je suis aussi un électeur. Et j'entends sanctionner tous les hommes et groupes politiques qui ont soutenu cette loi. Des représailles qui frapperont aussi vos alliés, ces lobbys de la propriété intellectuelle dont nous savons tous désormais qu'ils vous dirigent comme un pantin pour dicter mot pour mot des lois dont ils sont les seuls bénéficiaires.

Jamais je ne tolèrerai que l'on sacrifie ma liberté au profit de ma prétendue sécurité. Les 100.000 signataires de la pétition de la ligue Odebi ne semblent pas plus de votre avis.

Ne croyez surtout pas que tous les français ont la mémoire courte, cette erreur coûte cher.

P.S : J'ai envoyé une lettre du même acabit à vos amis lobbyistes. Je vous en copie le contenu ci-dessous car je suis sûr qu'il fera un excellent livre de chevet. Vous avez je pense grand besoin d'un condensé de bon sens et de vérités qui fachent. Copie de ce courrier est également envoyée au Premier Ministre, au député Patrick Ollier ainsi qu'à Pascal Negre, président d'Universal Music France.

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Messieurs les grands patrons de l'industrie musicale,
messieurs les garants de la survie de la création,

Je vous invite à lire attentivement ce message, la fin pourrait vous plaire.

Je profite de l'adoption hier de la loi sur la confiance dans l'économie numérique (LCEN) pour vous adresser ce message longuement réléchi.

Je commence à en avoir sérieusement assez de voir mes libertés et mes droits les plus élémentaires sacrifiés sur l'autel de vos intérêts. Le lobbying existe et a par essence du poids dans les décisions politiques, mais quand il va trop loin, touchant à la démocratie elle-même, il devient insupportable. J'ai sincèrement l'impression que si tuer des petites filles pouvait servir vos intérêts, vous exigeriez une loi légalisant l'infanticide.

Attentif depuis longtemps à la dégradation progressive sur l'Internet du respect de ma vie privée et de ma condition de consommateur, je ne portais déja pas Monsieur Nègre et ses acolytes dans mon coeur. Je continuais pourtant à acheter leurs produits et leurs services, bien qu'étant coupable occasionnellement de ce que vous nommez abusivement la "piraterie".

Et oui, je suis quand même un bon consommateur. Non, j'étais. Car c'est fini. Si être un gentil client n'est pas incompatible avec l'usage du "Peer2Peer", il l'est en revanche avec mon dégoût et ma rancoeur envers des gens qui entendent me racketter, me traiter comme un criminel (c.f. les procès intentés outre-Atlantique) et prétendre que sans eux la musique n'existe plus. Et ça, c'est vous, vous SEULS qui l'avez engendré.

En représailles, J'entreprends dès aujourd'hui un boycott total, inconditionnel et durable à l'encontre de tous vos produits et services, tant que cette loi sera en place.
Je ne suis pas le seul à en croire les 100.000 signataires de la pétition de la ligue Odebi, qui appelle "les internautes à frapper efficacement, largement, et durablement, les intérêts économiques des Majors par exemple, par un boycott total de leurs produits commerciaux, y compris en ligne".

Mais ne vous en faites pas pour ça, ne vous occupez pas de nous (sauf bien sur s'il s'agit d'espionner nos e-mails pour y traquer des MP3). Rien ne semble pouvoir vous faire entendre raison, alors vous n'avez qu'à continuer dans cette voie, à vous reposer sur votre modèle économique qui vous a enrichi des décénnies durant, et croire naïvement qu'il est éternel. Appliquez-vous encore à devenir l'industrie la plus détestée au monde, à traiter vos clients comme des assassins. Continuez à exiger que le monde entier change pour vous, au lieu d'évoluer comme le font toutes les autres entreprises qui voient leur environnement changer.

Cependant j'ai une confidence à vous faire. Vous êtes plus mauvais devins que Paco Rabanne, alors devant tant d'énergie perdue à enrayer le piratage, j'ai une révélation : votre croisade n'aura pas l'effet escompté.

Faisons un peu de science-fiction : si demain le Peer2Peer s'arrête, si plus aucun fichier musical ne circule sans votre contrôle bienveillant, les millions de clients que vous avez perdus ne redeviendront pas soudainement les acheteurs dociles que vous cultiviez autrefois. Ils n'achèteront pas davantage vos produits.
A la place ils se tourneront massivement vers les réseaux paralleles, le piratage industriel qui leur fournit des copies pour 5 ou 10 euros, seul moyen désormais pour eux d'obtenir de la musique à un prix décent et qui ne soit pas infestée par vos DRM intrusifs.
Navré de saper vos rêves de reconquête, mais le peuple ne renonce pas d'un coup de baguette magique à un privilège qu'il a eu pendant des années.
Allez-y, messieurs, verrouillez l'Internet. Les réseaux mafieux d'Asie du Sud-est vous supplient de le faire, leur chiffre d'affaire stagne depuis que l'échange gratuit explose. Ils attendent ce jour autant que vous. Et quand ce jour arrivera, vos ventes s'effondreront comme jamais elles ne se sont effondrées. Vous connaîtrez alors vraiment le sens du mot "piratage", et regretterez de l'avoir employé à tort et à travers.
J'en viens à me demander si je ne serai pas moi aussi heureux de voir s'achever l'ère des dinosaures. Je ne peux pas prédire ce qu'il y aura après vous, mais à part de voir disparaître totalement la création musicale, on ne pourra pas faire pire.
Et je ne serai pas surpris qu'on découvre que des artistes ont survécu au cataclysme, qu'au fond vous n'étiez pas si indispensables.

Nicole FONTAINE
139, rue de Bercy
75572 – Paris – Cedex 12
01.40.04.04.04

Ce message a été modifié par EcliptuX - 10 janvier 2004 à 00:45.


#12 pilo

pilo

    Chercheur d'idées

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Posté 10 janvier 2004 à 13:39

BRAVO !

Ca fait plaisir de voir que les francais ne sont pas qu'une bande de veaux scotches devant star academy.


Nos democraties occidentales sont devenues des fricocraties sans aucun respect pour les etres humains.



pilo

#13 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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Posté 10 janvier 2004 à 15:22

S'il en est des courageux,

Cette loi ne devrait pas tenir devant le conseil constitutionnel. Seuls les parlementaires peuvent exiger cela s'il sont en nombre suffisant. J'ai quand même des doutes sur leur courage politique

Aucun problème pour boycotter, mais ne pas hésiter à faire du prosélytisme paisible, en informant tous ceux que l'on connait autour de soit des effets pervers de cette loi. Ne pas s'emporter, le dire calmement. Cela déclenche toujours un effet domino au levier autrement plus imortant.

Y a t il une liste des majors à boycotter?

Nowar

:cingle:  :petard2:  :cingle:

#14 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 10 janvier 2004 à 19:07

Nowar

Il n'y aura pas de liste citant les noms des majors car le boycott est illégal en France lorsqu'il désigne une personne morale ou physique (art. 225-2 du Code Pénal).

Par contre, il ne l'est pas si c'est un secteur économique en général qui est boycotté.
Boycotter l'industrie du disque et du DVD n'a rien d'illégal. Boycotter X ou Y si.

Diamant

suite du topic ici : http://www.onnouscac...t=0