Quel est la signification réelle de l'être? Qui est celui qui dit je pense? Celui qui dit je ressens? Celui qui dit j'ai mal? Celui qui dit j'ai une intuition? Y a-t-il plusieurs êtres dans notre être?
Il est déjà arrivé à chacun de se centrer sur lui-même lors d'une méditation, et de réussir à séparer sa composante intérieure du reste du tumulte des pensées et des sensations extérieures. C'est cet être là qui se détache dont je veux parler comme "être premier", celui qui est réellement.
En réfléchissant bien, on voit que l'être premier n'est pas celui qui ressent la douleur ou la faim, ou encore celui qui désire: ce n'est pas l'être physique ou de l'émotion, on le sait tous par nos lectures ésotériques; mais comment le traduisons-nous dans notre propre perception de nous-mêmes? J'ai trouvé un exercice intéressant, qui consiste à séparer le moi premier du moi du ressenti au moment où une gêne physique simple se manifeste (envie de se gratter, de remettre son col de chemise en place, ou autre). En se centrant par l'esprit comme un point au milieu de notre corps en cet instant, on peut arriver à se convaincre par autre chose que les mots qu'on n'est pas celui qui ressent la gêne; qu'on n'est pas de nature à la ressentir, et donc qu'elle n'existe en fait pas pour ce moi premier.
C'est une première étape qui permet le détachement dissociatif de ce moi premier du reste de nos composantes, en le situant comme une conscience intérieure qui peut se permettre de se sentir séparée du reste des autres composantes du moi.
Une autre chose qui se perçoit aussi, est le fait que la pensée raisonnée, la logique calculatrice permettant de planifier, prévoir, organiser, ou effectuer un travail nécessitant l'utilisation de la raison est une extension de ce moi de surface, qui finalement n'a plus l'appellation du "moi" mais pourrait être appelée le "tour de moi". En effet, qui n'a jamais ressenti la répétitivité d'une tâche nécessitant le raisonnement de base ou pensée rationnelle organisée minimale (il suffit d'effectuer à la suite 50 opérations de multiplication à la main de suite pour se convaincre de la chose). Alors la pensée est comme une extension de ce ressenti: elle est quelque chose qui nous occupe toute la journée, qui est au centre de notre fonctionnement (j'ai faim, j'ai soif, je suis fatigué, j'ai envie de ceci ou pas de cela, je pense à ceci, j'organise telle chose, etc); mais on arrive à percevoir de l'INTERIEUR (et encore une fois pas par les mots) que tout ceci n'est pas MOI (qui sera le seule appellation maintenant du "moi premier"). En se mettant à "ressentir" (le mot n'est pas adapté, mais c'est le seul que je puisse utiliser en ce cas) le MOI à l'intérieur du "tour de moi" à chaque moment de pensée rationnelle en plus de chaque moment de ressenti; on commence à "sentir" le MOI englober le "tour de moi", et en prendre le contrôle par moments pour véritablement exister par lui même quelques instants.
Et c'est là qu'est le problème: le MOI est en permanence endormi, noyé par le "tour de moi" qui le submerge de toutes parts et prend le dessus en permanence. En commençant à exister de l'extérieur et plus seulement camouflé sous des tonnes de ressentis émotionnels et de pensées, il prend une certaine autonomie, celle de comprendre qu'il est la seule conscience du corps, et peut décider de considérer le reste comme une annexe, un outil d'envoi de données; commencer à vivre un état de détachement perceptible.
Mais où se situe-t-il vraiment? Ce MOI est conscient, mais lorsqu'on n'y prend plus garde, il se fait "enterrer" par le "tour de moi", (on appelle cela être pris dans le tourment de la vie) et oublie qu'il existe; mais pourtant nous gardons un aspect de conscientisation de nous-mêmes: nous ne sommes pas des zombies, et le MOI influence et décide des orientations et des choix de notre corps et de nos ressentis, de nos pensées, etc (nous n'obéissons pas à nos instincts d'habitude). Il a donc un impact, mais il est souvent dépassé et sa part dans les décisions est parfois faible face à la force d'uné émotion, d'une envie, etc. Donc il existe un niveau d'éveil du MOI: allant de totalement étouffé sous le "tour de moi" jusqu'à parfaitement conscient de lui même et pouvant ignorer toute demande émotionnelle ou de la pensée. Ceci veut dire que dans tous les cas, lui seul existe, mais dans un état d'esclavage ou dans un état de liberté.
Le MOI est capable de "traiter" l'émotion ou la pensée, les sens divers (vue, audition, etc); et de lancer des impulsions pour susciter des émotions, des pensées, etc. Il est donc "fait" pour comprendre et traiter le "tour de moi" comme un outil qu'il utilise à travers un canal de communication qui est plus ou moins éveillé et lui permet d'être plus ou moins esclave ou maître du "tour de moi".
Ainsi on commence à distinguer trois entités et non plus deux: "MOI", le "canal de communication" et le "tour de moi".
Il faut comprendre que seul le MOI existe, puisqu'il est capable de décider que tel ressenti n'a pas d'importance puisqu'il ne le ressent pas vraiment, c'est son "tour" qui le ressent. Lorsque le MOI a compris ceci, il sait que le seul objectif de sa vie est d'être LUI, de se libérer de l'esclavage dans lequel il est la plupart du temps. Seul moyen: apprendre à ma$itriser le canal de communication le mieux possible, car lui seul fait le lien avec le tour de moi, qui lui même n'ayant pas de conscience n'est donc pas un objet à dompter.
Toute l'objectif est donc que le MOI se libère en apprenant non pas à maitriser le "tout de moi", mais à maitriser le canal, car un canal efficient à 100% permet au MOI d'exister à 100%. Le MOI ne pouvant en effet pas s'affranchir du "tour de moi", il n'a pas d'autre choix.
Ceci montre que le travail à effectuer n'est pas un travail sur l'extérieur pour atteindre l'intérieur, que ce n'est pas en limitant ses ressentis, et en essayant de cesser de penser que le MOI va submerger; mais que c'est par un travail intérieur sur le canal que le MOI doit apprendre à exister, et le seul fait d'exister lui donne contrôle sur le "tour de moi", naturellement et sans efforts: l'effort est de réussir à exister de manière continue et ininterrompue. Essayez, une fois que le MOI a émergé, de le maintenir en place, et vous verrez comme c'est épuisant et difficile, car le canal est bien trop mauvais.
Le travail est donc à faire par l'intérieur, et il faut rendre le canal droit et large pour que le MOI passe à travers, ce qui se fait par la méditation; méditation dans le but de laisser émerger ce qui est intérieur. A chaque passage du MOI à travers le canal, le canal en devient meilleur, la connexion se fait plus longue et plus nette; un peu comme si le canal avait tendance à s'obstruer naturellement; et que le passage du MOI au travers l'érodait un peu plus comme le flot d'une rivière afin de l'ouvrir un peu plus.
C'est uen bataille longue, mais l'eau a toujours eu raison de toutes les montagnes et de tous les tunnels: la persévérance paye à ce jeu là.
Pourquoi essayer d'exister pleinement? Parceque c'est la seule chose que le MOI peut faire qui ait une action sur lui. Les textes ésotériques parlent d'éveil de la conscience, de continuité de conscience, et peu être bien que ce "césame" ne s'obtient que lorsque le canal est si droit que le flot qui nous parvient du MOI à travers ce canal est parfait et non distordu. Le MOI a pour but profond de retrouver ses origines, en les comprenant et les désirant; aussi il sait que ce n'est qu'en existant pleinement qu'il peut y parvenir. Il nous pousse donc tous à exister de plus en plus en tant que MOI afin d'arriver à ce but. Vie après vie, nous approchons de cette étape ou nous choisissons en conscience de pratiquer l'existence du MOI, et lorsque cette pratique commence, elle continue inélucatblement, car le MOI qui s'éveille prend goût à exister en tant que tel, avec force.
le MOI réel et profond de chacun
Commencé par
Pascuser
, 16 jan 2004 à 23:41
6 réponses dans ce topic
#1
Posté 16 janvier 2004 à 23:41
#2
Posté 19 janvier 2004 à 13:34
Salut Pascuser,
La question que tu pose pour le moi est un peu universelle: Est-ce que l'outil doit générer l'artisan ou est-ce l'artisan qui utilise l'outil.
Fort heureusement, notre être est toujours en mesure de prendre en charge de façon automatique ( involontiaire) un certain nombre de taches qui vont des taches endogènes, manger, digerer, etc... aux taches exogènes c'est à dire en relation avec l'environnement.
Toute l'articulation d'un être se fera entre lui et son environnement ainsi que l'a démontré Reich. Tout l'enjeu de l'existence est de développer en chacun de soi la capacité d'entendre et d'écouter ce que tu appele le moi central, c'est à dire de conserver avec lui une connexion fiable et durable.
La perte de cette connexion se trduit par un mal être et par des comportement addictifs de manière large qui vont essayer de créer avec l'environnement un canal relationnel de même valeur que celui avec le moi interieur.
Nowar
La question que tu pose pour le moi est un peu universelle: Est-ce que l'outil doit générer l'artisan ou est-ce l'artisan qui utilise l'outil.
Fort heureusement, notre être est toujours en mesure de prendre en charge de façon automatique ( involontiaire) un certain nombre de taches qui vont des taches endogènes, manger, digerer, etc... aux taches exogènes c'est à dire en relation avec l'environnement.
Toute l'articulation d'un être se fera entre lui et son environnement ainsi que l'a démontré Reich. Tout l'enjeu de l'existence est de développer en chacun de soi la capacité d'entendre et d'écouter ce que tu appele le moi central, c'est à dire de conserver avec lui une connexion fiable et durable.
La perte de cette connexion se trduit par un mal être et par des comportement addictifs de manière large qui vont essayer de créer avec l'environnement un canal relationnel de même valeur que celui avec le moi interieur.
Nowar
#3
Posté 20 janvier 2004 à 21:46
Bon je recommence ce que je viens de répondre et qui est parti dans les limbes!
Je disais donc...n'est ce pas là le pourquoi de notre présence en cette vie?
La question que l'on oublie et qui reste là, au fin fond de nous, jusqu'a ce qu'on se la rapelle et que l'aventure commence ?
Personnellement j'ai bien aimé le "mantra" de la psychosynthèse que je reprenais entre les exercices:
"J'ai un corps et je ne suis pas ce corps
J'ai des émotions et je ne suis pas mes émotions
J'ai des pensées et je ne suis pas mes pensées,
Je suis une pure étincelle de Conscience animée par la Volonté."
Evidement c'est pas confortable pour les certitudes, mais quesque c'est vivant!
Une question dont aucune réponse ne peux être définitive puisque c'est un processus que nous cherchons à définir...
Ouai c'est pas une réponse ! Peut être...
A +
La Conscience ne s'approprie pas.
Elle se développe à elle même... Elle se Reconnait ! Natarajan
Pour moi convaincre, n'est plus envisageable, mais témoigner et partager le sont...
Elle se développe à elle même... Elle se Reconnait ! Natarajan
Pour moi convaincre, n'est plus envisageable, mais témoigner et partager le sont...
#4
Posté 21 janvier 2004 à 09:00
Citation
Le travail est donc à faire par l'intérieur, et il faut rendre le canal droit et large pour que le MOI passe à travers, ce qui se fait par la méditation; méditation dans le but de laisser émerger ce qui est intérieur
Après avoir lu une première fois la description qui est faite du MOI , j'ai eu du mal ensuite a donner un avis personnel ce jour là je n'étais pas en résonance avec cette proposition qui me parait suffisament complète dans l'explication de la définition du MOI . Après une seconde tentative de lecture, suite d'une réponse faite , je comprenais davantage le sens qui selon ma perception , nous donnons priorité au TOUR DU MOI et nous négligeons le véritable MOI qui est intérrieur ....
Nous sommes continuellement sollicités par l'extérrieur de ce fait nous ne pouvons pas exprimer ce moi par l'intermédiaire de l'esprit détendu qui délivrais une intuition plus conforme a nos espérances ....
Les conséquences multiples du TOUR DU MOI nous empêche de nous réaliser , d'écouter la voix intérrieure . Il faut passer le cap , c'est la plus grande difficulté , ne pas prendre conscience que c'est l'extérrieur qui mène le monde et que la force du dedans peu faire basculer ce que nous acceptons pas . Nous avons besoin dans ce cas de nous libérer d'un attachement pour suivre une autre voie , la pratique de la méditation nous fais découvrir . Dans un forum comme celui de Onnoucachetout , dans la diversité des échanges , il est posssible de s'ouvrir a ce MOI de le délivrer de ces chaines par un enfermement insconscient mais présent .....
Ce message a été modifié par Lunesoleil - 21 janvier 2004 à 09:02.
Passionnée d'astrologie toujours et encore ...
#5
Posté 21 janvier 2004 à 15:54
Salut Pacuser.
Ce concept d’être premier est très intéressant car il fait allusion à une démarche personnelle dans le cadre global de la société.
Que représentons-nous devant la société ?
En premier lieu, il faut être conscient que pour arriver à de tels raisonnements (constructions de l’esprit), c’est bien la société moderne qui nous l’a permis grâce aux acquis sociaux (Masse) et (ou) religieux (Elite). Finalement, on a bien de la chance.
La notion d’acquis religieux peut choquer mais c’est un fait. Qui peut de vanter du contraire ?
C’est évident, pour réfléchir sur soi-même, il faut bien en avoir le temps.
Le fait d’exister nécessiterait une forme de dépendance.
Le comble des combles.
Cela implique de se défaire des contraintes matérielles, au détriment des autres ?
Aucun système n’est parfait car il nécessite une forme d’exploitation des autres pour subvenir à ses propres besoins.
La volonté de croire des uns implique la nécessité de structurer la survie par les autres, l’organisation logistique des biens, du savoir, des contraintes purement matérialistes, à vrai dire nos sociétés.
On revient donc forcement sur la notion de libre arbitre individuel pur qui est fortement corrélée avec sa position sociétale, environnementale.
Comme le précise Nowar, on peut vraiment se poser la question de l’outil qui génère l’artisan ou le contraire.
Pierre.
Ce concept d’être premier est très intéressant car il fait allusion à une démarche personnelle dans le cadre global de la société.
Que représentons-nous devant la société ?
En premier lieu, il faut être conscient que pour arriver à de tels raisonnements (constructions de l’esprit), c’est bien la société moderne qui nous l’a permis grâce aux acquis sociaux (Masse) et (ou) religieux (Elite). Finalement, on a bien de la chance.
La notion d’acquis religieux peut choquer mais c’est un fait. Qui peut de vanter du contraire ?
C’est évident, pour réfléchir sur soi-même, il faut bien en avoir le temps.
Le fait d’exister nécessiterait une forme de dépendance.
Le comble des combles.
Cela implique de se défaire des contraintes matérielles, au détriment des autres ?
Aucun système n’est parfait car il nécessite une forme d’exploitation des autres pour subvenir à ses propres besoins.
La volonté de croire des uns implique la nécessité de structurer la survie par les autres, l’organisation logistique des biens, du savoir, des contraintes purement matérialistes, à vrai dire nos sociétés.
On revient donc forcement sur la notion de libre arbitre individuel pur qui est fortement corrélée avec sa position sociétale, environnementale.
Comme le précise Nowar, on peut vraiment se poser la question de l’outil qui génère l’artisan ou le contraire.
Pierre.
#6
Posté 22 janvier 2004 à 15:15
Est-ce que la conscience d'exister est déterminée par le tour du moi ou par le moi. Il s'agit là de la question essentielle.
La connexion au moi paraît difficile car le tour du moi joue ses tours pour la court circuiter, avec d'autant plus de facilité que la peur est présente ou la conviction défaillante
Nowar
La connexion au moi paraît difficile car le tour du moi joue ses tours pour la court circuiter, avec d'autant plus de facilité que la peur est présente ou la conviction défaillante
Nowar
#7
Posté 22 janvier 2004 à 22:05
Nowar, le Jeudi 22 Janvier 2004, 15:27, dit :
Est-ce que la conscience d'exister est déterminée par le tour du moi ou par le moi. Il s'agit là de la question essentielle.
Peut-être on commence avec le premier et notre devoir est de nous rendre au deuxième. Je pense que pour la plupart des gens, leur conscience d’exister est déterminée par le tour de moi ou dans la terminologie de Gurdjieff/Ouspenski, les petits « moi »s. Quand notre existence est basée sur ces petits « mois »s, nous agissons mécaniquement. Seule le vrai MOI peut AGIR.
Nowar, le Jeudi 22 Janvier 2004, 15:27, dit :
La connexion au moi paraît difficile car le tour du moi joue ses tours pour la court circuiter, avec d'autant plus de facilité que la peur est présente ou la conviction défaillante
Nowar
Nowar
Je pense qu'en prenant conscience de ce fait (le joue des tours), nous commençons à faire la part entre les deux.
J’ajouterai à ce que Pascuser à écrit que la méditation n’est pas le seul moyen pour faire ce travail. Il existe des moyens de le faire dans la vie de tous les jours. C’est le travail décrit par Gurdjieff, Ouspenski, et Mouravieff. On apprend à utiliser les choques de la vie quotidienne pour identifier les éléments du « tour de moi. » Quand on se fâche, on se regarde, on identifie le sentiment de colère qui montre en nous, on identifie aussi les réactions physiques dans notre corps, le tension dans les muscles, le cœur qui battre plus fort, le changement dans nos pensées. Peu à peu on est capable de voir la colère comme transitoire et ne pas comme élément essentiel.
Henry










